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samedi 22 juin 2019

BlutchLe triomphe de la vertu imbécile.

L'appel du 18 juin de Blutch

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mardi 18 juin 2019

FrançoiseEnfin un vote utile, voire indispensable.

Vous avez détesté la privatisation des autoroutes et les augmentations des prix qui s'en sont ensuivies (juste au moment où les autoroutes que nous avions financées allaient devenir gratuites)? Refusez par référendum la privatisation de ADP Aéroports de Paris qui aura les mêmes conséquences nocives. Brader les richesses de notre pays, c'est suicidaire pour nous, pour les citoyens mais aussi pour l'économie et l'écologie.

Je me souviens d'une France où les trains arrivaient à l'heure et étaient confortables, où une lettre à tarif unique mettait 1 jour pour arriver à destination, où les agents EDF se levaient dans la nuit pour dépanner des habitants privés d'électricité en cas d'intempéries, où des hôpitaux publics qui tournaient à flux non tendus fournissaient le meilleur service de santé du monde, où l'école de la République permettait à chacun.e d'accéder à l'éducation et à la culture à la campagne comme à la ville, etc.

Pour brader les services publics, la tactique est toujours la même: réduire leurs moyens et leurs effectifs pour rendre leur fonctionnement impossible. Le désorganiser par des "réformes" permanentes. En conclure que le service public ne marche plus. Le brader au privé.

Privatiser Aéroports de Paris relève de la même politique ultra libérale, mais là, nous, citoyens, pouvons l'empêcher par référendum. Et ouvrir la voie à d'autres référendums pour décider de l'avenir que nous souhaitons. D'où l'importance extrême de voter: il faut 4,7 millions de votants pour rejeter ce projet de privatisation, c'est un électeur sur 10.

Voici l’adresse du lien pour voter:

https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1?fbclid=IwAR2EJEEhUJhu1NwssU0KfoxPJ22LOfYPn2SNl-dEnWBVnq57ctVeaPfK3pA

Attention, il y a deux pièges:

1) en page 1 apparaît le TITRE de la loi soutenant la privatisation. NE SURTOUT PAS COCHER, cocher sur "suivant" et trouver en page 2 le SOUTIEN AU CARACTÈRE NATIONAL DE ADP.

2) au moment où j'ai indiqué mon lieu de naissance (GABON), la suite s'est grisée et il m'a été indiqué que je n'étais pas inscrite sur les listes électorales de Meudon... alors que j'ai voté aux élections européennes tout récemment, avec une carte toute neuve. Du coup, j'ai appelé la mairie pour leur signaler le bug et que je suis française et électrice, bien que née au Gabon. On m'a répondu qu'il y avait beaucoup de bugs en raison d'une surcharge du site. C'est une bonne nouvelle, preuve que le référendum intéresse les gens, mais une mauvaise: il ne faut surtout pas que ces bugs répétés découragent de voter. Recommencer tous les trois jours, jusqu'à ce que ça marche, on a qq mois pour ça!

Dernière minute: ça bloquait parce qu’il y avait une faute d’orthographe à mon nom sur ma carte électorale. J’ai écrit mon nom avec la faute sur le formulaire de vote, et ça a marché. Comme quoi, faut pas de décourager.

Et une petite vidéo de “Osons causer”, toujours excellente:

https://www.youtube.com/watch?v=hJdPAuPgf2w&feature=share

dimanche 12 mai 2019

AndiamoComme quoi.

J'ai parcouru votre scénario d'un derrière distrait, vous mettez en vrac : Une voiture américaine, qui est loin de valoir celle de Monsieur Dhéry

- La belle américaine vous voulez dire ?

- Ben oui, pas la belle de Cadix !

Vous ajoutez à cela un petit nerveux, bricolant la belle américaine sur l'air de "la danza" de Rossini.

- Je voulais faire du comique de situation...

- La vôtre de situation me paraît bien compromise... Tenez autant essayer de faire rire avec une histoire sous l'occupation, deux corniauds fuyant en zone libre, ou encore se faire poiler le public avec un Rabbin, tenez pourquoi ne pas adapter une pièce de ce bon Monsieur Victor Hugo en pastiche hilarant ?

Vous pensez peut-être engager un jour Monsieur Bourvil ou Monsieur Yves Montand ? On peut en vous lisant imaginer l'impensable, tenez pourquoi n'épouseriez vous pas une Reine de beauté, Madame Michèle Morgan par exemple ? J'espère que pour votre avenir vous avez un plan "B"...Monsieur ? Rappelez moi votre nom ?

- Oury, Monsieur le producteur, Gérard Oury.

Cette scène se déroulait le 4 juillet 1961, dans le bureau d'un célèbre producteur, dont je tairai le nom, par pudeur, et pour le repos de son âme.

dimanche 21 avril 2019

AndiamoL'auto du proprio.

Je vous en ai parlé de mon proprio, dans un billet intitulé "mon p'tit monde". Il était pingre au-delà de l'imaginable, mais il possédait une AUTO, si, si, elle couchait dans le garage, situé juste sous notre salle à manger.

Sa voiture, c'était une Renault Vivasix, limousine de 1931, de couleur noire. Elle ressemblait beaucoup à la bagnole d'Al Carbone, dans "les fous du volant".

Il ne la sortait guère, pour ainsi dire jamais, mais quand, par grand beau temps, il ouvrait les portes métalliques du garage, retirait les nombreuses et très usagées couvertures couvrant la relique, aidé de son fils, un grand costaud, ils poussaient le carrosse dans la rue, cette rue dans laquelle il ne passait jamais de bagnoles, c'était l'évènement !

Tous les mômes du quartier radinaient, admirant la calandre chromée, les marche-pieds caoutchoutés. Il ouvrait grand les portières, aérant les sièges en velours marron. Nous regardions, sans oser toucher, l'immense volant en bakélite noire, les multiples cadrans du tableau de bord.

Et lui, il roulait sa caisse, nous expliquant le levier de vitesses, trois pour la marche avant, une pour la marche "recul", le compteur étalonné jusqu'à 110 km/heure !

Cent dix à l'heure, t'imagines Paulo ? A c'te vitesse là, on s'rait à Marseille en... En... Heu... En moins de deux !

Mais là où ça devenait un rite, la grand'messe, le rituel du vin versé dans le ciboire, c'était le moment où il procédait au remplissage du réservoir !

Il n'allait pas à la pompe faire le plein, non, il avait dans son garage un jerrican plein du malodorant liquide.

Je pense qu'il devait user d'une combine pour se procurer du carburant à bas prix, radin comme il l'était, je le subodore.

Nous les gamins, nous étions priés de reculer, l'essence est très volatile, et particulièrement "flammable", disait-il, je ne voudrais pas refaire le coup de Jeanne d'Arc !

Tu penses, on était vachement impressionnés. Courageux, le père "la goutte" (j'sais pas comment il se démerdait, mais il avait en permanence une fuite au tarbouif !). Manipuler un jerrican d'essence ? Vu le cinoche qu'il nous faisait, c'était kif-kif "le salaire de la peur". Plus tard, quand j'ai vu le film, j'ai fait le rapprochement.

Mais ça n'était pas tout : le rituel n'était pas achevé, il sortait un grand entonnoir métallique, bien protégé dans son sac, puis un béret hors d'usage !

Il enfilait l'entonnoir dans le réservoir, garnissait celui-ci avec le béret, qui servait de filtre. Attention, pas de saloperies dans mon auto ! Que du clean, de la first quality, du bon pétrole, garanti première pression à froid !

Le fiston tenait l'entonnoir : "tiens ton entonnoir toujours droit" ! Et le vieux versait délicatement, religieusement, le précieux liquide ambré, le nectar, l'hydromel, sans en perdre une seule goutte !

J'aimais bien étant gamin renifler cette odeur, sans doute parce qu'elle était rare à l'époque. Aujourd'hui, elle me ferait plutôt gerber.

Puis, le rite accompli, le bouchon du réservoir méticuleusement refermé, il rangeait les accessoires, ressortait du garage en tenant sur son ventre un lourd paquet : la batterie.

Cette batterie était débranchée, après chaque usage, puis une journée avant la mise en service de la Vivasix, il la mettait en charge, il ne fallait surtout pas qu'elle s'abimât, d'où ce luxe de précautions.

Après avoir remis la précieuse batterie en place et rebranché les cosses, il faisait le tour de la vénérable, refermait les portières, s'installait au volant, alors son fils ouvrait le grand coffre de la Renault, et en sortait : "LA MANIVELLE" , heureux conducteurs d'aujourd'hui, qui n'avez pas connu ce bout de ferraille tordu, qui vous a pété plus de poignets qu'un curé peut en bénir !

Le fiston introduit l'embout de la manivelle au travers du pare-chocs, puis dans : la "dent de loup", située en bout du vilebrequin, et tourne lentement, plusieurs fois, ceci afin de dégommer le moteur, car après un aussi long repos, la mécanique est un peu coincée... Un peu comme votre dos le matin, vous les vieux !

Puis il adresse un signe de tête au Paternel, retire le morceau de ferraille, alors le père "la goutte" tire sur le démarreur (ces anciennes voitures ne possédaient pas de Neiman), une petite clé de contact, puis on actionnait une tirette : le démarreur.

Le six cylindres tousse, visage tendu et angoissé du père machin, nouvel essai : le moteur hoquète, pétarade, nous on applaudit, le vieux transpire, bouche ouverte, toc, toc, les gouttes de son nez sur le volant, il s'essuie le pif d'un revers de la main, retire sur le démarreur, la batterie tient bon, deux ou trois : pouf, pouf, et ça part !

On trépigne de joie, on gueule, on vocifère, le héros exulte, il se redresse, accélère doucement, le vaillant six-cylindres tourne rond.

Il sort enfin de la bagnole, un large sourire édenté éclaire sa face d'oiseau de nuit, il est content, pépère !

Alors pour se récompenser, il fera le tour du pâté de maisons, pas plus, il ne faut pas gaspiller l'essence.

Qu'est-ce que j'aurais aimé faire un tour dans cette auto, même le tour du quartier ! Mais penses-tu, il ne me l'a jamais proposé. Je ne le lui ai jamais demandé non plus, trop timide, et puis ma mère m'aurait passé un sérieux savon, si elle avait appris que j'avais demandé quelque chose à ce vieux grippe-sous !

Enfin, avant de la remiser, pour de longs mois, dans le garage, grand nettoyage à la "NENETTE". Tous les plus de quarante ans connaissent cet accessoire merveilleux, ça ressemble à un "O'CEDAR", un peu comme la coupe de cheveux de certaines que je connais !

Cette "nénette" était imprégnée d'un produit lustrant, on la passait sur la carrosserie, et là : miracle ! La peinture brillait...

Ah ! Comme c'était beau, le père "la goutte" prenait du recul, admirait son chef-d'oeuvre, petite bave de satisfaction aux commissures des lèvres, puis opération inverse : retirer la batterie, et rentrer la belle auto dans son dortoir, "à la main", pour ne pas envahir le saint des saints avec de nocives fumées d'échappement, coupables de ternir la belle "Ripolinée".

Ensuite, il la couvrait de ses antiques couvertures, comme on le ferait pour un crack après un steeple-chase. Alors la belle endormie pouvait se reposer un long moment, avant que son Prince Charmant ne vienne, de quelques gouttes bien morveuses, la tirer de son sommeil.


(photo internet)

mardi 16 avril 2019

AndiamoNotre Drame.

Et voilà... En quelques heures elle a QUASI(modo)MENT disparu.

J'avais posté ces dessins hier au soir alors que les flammes dévoraient encore la charpente.

Il est cinq heures du mat', je ne dors pas...

Notre Dame ce sont des souvenirs, les quais, ce matin d'hiver où Andiamette et moi étions montés sur les tours, puis cette nef immense, ce jour là un concert était donné, les voûtes de la vénérable Dame résonnaient, il aurait fallu être complètement insensible pour ne pas frissonner.

Je n'irai pas la voir ainsi mutilée, je préfère garder le souvenir d'un vaisseau de pierre majestueux flottant sur le plus beau fleuve du monde...

(ch'tiots crobards Andiamo)

vendredi 5 avril 2019

Saoul-FifreVernet-les-bains

Un jour, suite à la publication d'un billet sur mon arbre fétiche, l'olivier, l'un des quatre commentateurs - hé non, les affaires ne marchaient pas fort, en ces époques éloignées - m'écrivit ceci :

Cher Saoul-Fifre,

Je fais partie d’une grappe d’éveillés sans prétention qui édite, tous les trimestres depuis 7 ans, un petit journal (8 pages, ça va pas jusqu’au bout du monde…) destiné à sensibiliser les citoyens de notre mégalopole de 1500 âmes à la richesse et la fragilité de leur patrimoine arboré.
Le prochain numéro sera consacré à l’Oliver, arbre légendaire s’il en est, et je souhaiterais pouvoir diffuser le texte savoureux, et tellement d’actualité, que tu as écrit le 16 juin 2005 sur cet arbre mythique : « L’Oliver, Arbre de Paix ».
Mais pour cela il me faut 2 autorisations :
1/ Que tu m’autorises d’abord de le publier (tu peux découvrir notre petite association, loi 1901, sur notre site www.villagearboretum.fr ; rien de bien méchant).
2/ Que tu me permettes, et c’est plus délicat, de ne pas mentionner : « ton Pisseur tout Saignant ». Non pas que je sois une grenouille assidue des bénitiers, il y a même quelques temps qu’on ne marche plus du même côté de la rue avec le Très, Très, Très Haut… mais cette formule, que je respecte, me met un peu mal à l’aise et j’ai l’impression qu’elle ne colle pas avec ton texte jubilatoire et décalé (mais probablement n’ai-je pas compris ?)

J’espère que tu diras oui deux fois (ou que tu m’expliqueras).
Réponse avant le 5 décembre, si tu veux…

Sincèrement Roger Capela

Je lui donnai mon accord et me retrouvai publié dans une vraie revue papier "Le petit journal du Village arboretum". Roger en était le dessinateur ultra talentueux, ses dessins hyper réalistes d'arbres étaient somptueux et les textes les accompagnant, passionnants. Du coup, un jour que nous passions dans les PO, Margotte et moi, nous fîmes le pèlerinage à Vernet, ville natale du chanteur Cali.

Roger était très sympa, l'arboretum associatif superbe, la bourgade charmante et les sources chaudes du coin sulfureuses à souhait. Le petit resto conseillé par Roger, délicieux, et le camping paysan-réserve naturelle, pas prise de tête et quasiment gratuit. Vernet, allez-y en confiance. Pas loin vous avez la forteresse de Villefranche-de-Conflent (montée sportive) et à ses pieds, la gare de départ du Train Jaune dont je vous ai déjà entretenu jadis. Le billet qui avait tapé dans l'œil de ce brave Roger, le voici :

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dimanche 10 mars 2019

AndiamoPlaisirs minuscules.

Le 85 "A" me procurait de ces plaisirs que d'aucun qualifieraient de "minuscules", il n'est pas de "minuscule" dans le plaisir, il y a plaisir ou pas.

La vie ne m'a sans doute pas appris grand'chose, ou alors ma mémoire fout le camp, ce que je sais et nul ne me fera changer d'idée : je sais reconnaître le plaisir quand il est là !

Ah ce 85 "A" les merveilles que j'y ai contemplé, leur jolie couleur, le toucher... Tiens le toucher, ça n'est pas rien, et je vous assure que je n'avais jamais rien caressé de si doux, que les ivoires rapportés par mon ami lors d'un séjour en Indochine, au temps où cette partie du Sud Est Asiatique s'appelait encore ainsi, il y a fort longtemps. Depuis cet ami s'est fixé au 12 de la rue de Monbel dans le XVII ème arrondissement appartement 85 "A".

Et vous pensiez à quoi ?

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