Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 9 août 2011

AndiamoSarah Fouchtra

La petite Sarah était née il y a... PFIUUUU… C’était exactement l’année - si ma mémoire est Bonn (comme on dit outre-Rhin) et elle l’est ! - l’année où la récolte des châtaignes était si abondante qu’on en donnait même aux pauvres ! Car habituellement on ne prête qu’aux riches ! De mémoire d’ovaires peints, on n’avait jamais vu ça !

La famille Fouchtra habitait à la fin du village… Ou au début, tout dépend d’où vous venez. J’ai toujours pensé que c’était con de déterminer l’entrée ou la fin d’un village. A moins d’habiter un bled qui se termine en trou du cul de lazor (cul de sac pour les puristes, y’en a je le sais), je ne vois pas bien comment on pourrait décider, arbitrairement et réciproquement, du début ou de la fin.

En tout cas, c’était une pauvre masure, faite de bouses de vaches et de paille tressée en guise de toit. Le père Fouchtra labourait et la mère Fouchtra mastiquait : elle était employée chez un vitrier (j’en vois qui rigolent, toujours l’esprit à la gaudriole, nos commentateurs et commentatrices). Ce bonhomme était un besogneux, lutineur de grande classe, ne lésinant jamais sur le devoir conjugal :

- Ch’est gratis, autant qu’j’en profite... Cha alors ! répétait-il à la cantonade !

La mère Fouchtra, une luronne, ne crachait pas non plus sur le guignol, et à force de taquiner l’animal, elle se retrouva engrossée de belle manière.

La gestation dura vingt-deux mois, y’avait toujours kékechose à faire ! Et point moyen de trouver le temps de se poser pour mettre bas, expliquait-elle dans son langage un peu rustre à ses voisines, curieuses, intriguées, de la voir trimballer pareille « devanture » aussi longtemps !

- Point besoin de le nourrir tant qu’il est là, disait-elle en tapotant son bide démesurément arrondi, dévoilant dans un large sourire le désert de sa bouche, dans laquelle s’emmerdaient encore quelques chicots bien noirs.

Enfin, la délivrance arriva le neuf octobre. Ce beau matin, la mère Fouchtra n’avait rien de spécial à faire. Il faisait un temps de chien, la tempête soufflait en rafales violentes sur la chaîne des Puys, père Fouchtra, désœuvré, commençait à loucher de façon lubrique sur sa femme…

- Ch’vas encore y passer ! songeait-elle en voyant son vieux tomber les bretelles.

C’est alors que la première douleur la tordit littéralement ! Elle s’allongea sur le sol et accoucha comme une bête, à même la terre battue !

Se penchant au-dessus de sa femme, père Fouchtra s’exclama :

- Vingt dieux, chè une fumelle ! J’aurions préférence pour un garçu, ma ché une fumelle… Tant pire ! Ch’fra avec…

- Au lieu d’raconter des conneries, prends ton « Laguiole » et coupe moé ch’cordon !

- Ché vré cha ! Coupe z’y chon cordon, che me les chèle moé !

La voix provenait de la fillette nouvellement née ! Médusés les deux péquenots reluquaient leur progéniture.

- Cha alors, elle cause, articula père Fouchtra.

- Dis point d’conneries mon homme, articula la nouvelle maman.

- Ch’t’assure la mère que ch’en dis point !

C’était tout de même invraisemblable, une nouvelle née qui parlait !

Comme elle était née un dix octobre, on la baptisa Sarah du nom de la sainte du jour.

Tout le village venait voir et surtout entendre le phénomène. Des journalistes de « La Montagne », très sérieux journal du centre de la France, étaient même venus, crayons et calepins en main, afin de noter les mots et phrases proférés par la petite Sarah Fouchtra.

- Ché vous ches cons d’journaleux ? Interrogeait la petite depuis son berceau, fabriqué à partir d’un vieux tonneau coupé dans le sens de la longueur par son bricoleur de paternel.

- Ça alors, ne cessaient de répéter les visiteurs, ça alors !

- Eh oui ! Elle répète tout ch’qu’elle a entendu dans le ventre de cha mère… expliquait le père pas peu fier.

A la une du canard, Gravillon Jolieflaque (un ancêtre de Pierre Bellemare) avait écrit un article, dans lequel il relatait les exploits verbaux de la petite paysanne. Le journal avait triplé son tirage durant plusieurs jours !

Tout se déroula pour le mieux jusqu’au jour où... Félicien, le colporteur qui passait par ces montagnes une fois l’an, tirant sa carriole à bras, remplie d'un fouillis invraisemblable : lacets, rubans, boutons, œillets, ciseaux de couturières, aiguilles, quelques jolies pièces de dentelles qui serviraient à parer les robes que les femmes confectionnaient pour les cérémonies. Enfin toutes sortes d’objets bien utiles que l’on ne fabriquait pas soi-même.

Donc ce Félicien ayant appris, comme tout un chacun, l’évènement incroyable que représentait la petite Sarah Fouchtra, se rendit d’un bon pas jusqu’au pauvre logis des heureux parents.

La nuit tombait, étendant son ombre inquiétante sur la verdoyante vallée (c’est beau, n’est-il pas ?)

Toc, toc, toc… Il tire la chevillette et la bobinette choit !... Ou le contraire, démerdez-vous !

Le père Fouchtra ouvre…

- Chalut Félichien, quel bon vent t’amène ?

A ce moment précis une petite voix monte du demi tonneau

- Félichien, tu « m’arranges » bien mieux que mon connard de père Fouchtra !

- Tais-toi donc, chale mioche ! Hurle la mère Fouchtra, se précipitant vers le berceau, et appliquant derechef sa main sur la bouche un peu trop bavarde.

- Chalop, tu m’as donc fais les cornes, fumelard ! S’écrie père Fouchtra.

Saisissant son esclop, il en assène un vilain coup sur la tronche du colporteur, dont la cervelle en profite pour prendre son indépendance !

Les gendarmes sont montés, puis ont emmené père Fouchtra, menottes aux poignets, jusqu’à Riom. Le jugement intervînt quelques mois plus tard. A l’époque « la bascule à Charlot » n’avait guère le temps de rouiller. Père Fouchtra fût condamné à être raccourci, et la sentence exécutée quelques semaines plus tard !

Quant à Gravillon Jolieflaque (toujours ancêtre de Pierre Bellemare), il écrivit un superbe article, relatant l’incroyable évènement. Depuis la naissance de la petite Sarah, jusqu’à l' éxécution de son pauvre papa.

Il conclut son article par cette phrase : « AINSI PARLAIT SARAH FOUCHTRA »




dimanche 26 décembre 2010

AndiamoUn joli conte de Noël.


-

-Nono ?

-Nono ?

-NONO !

-Oui ma chérie, une seconde, tu vois bien que je prépare ma tournée…

-C’est ça, et à propos de tournée, j’espère que tu ne recommenceras pas ta DEBAUCHE de l’an passé. Enfin Nono tu penses qu’il était convenable de te murger comme un soudard, avec Père Fouettard et cette morue qui l’accompagne... Hein ?

-M’enfin Noëlla, mère Fouettard est une femme tout à fait convenable.

-Ah oui ! Convenable ? Une pouffe oui ! Bas résilles, body en cuir noir, piercing dans les narines, quant à ses cheveux… Rouge vermillon ! Les bottes cuissardes, les nibards à moitié sortis, on dirait deux gros pigeons dans un nid trop petit ! Ca t’excite oui, espèce de gros pervers !

-T’es injuste ma Noëlla d’amour, on a juste trinqué après ma tournée.

-A P R E S ta tournée ? Menteur ! Elle était à peine commencée oui ! Tous ces pauvres mômes qui n’ont eu que des cadeaux à la con !

-Ben, j’ai tout de même terminé la distribution non ?

-C’est ça gros malin : tu as distribué des bateaux radios commandés aux enfants du Sahel ! Des skis nautiques ou des surfs « longs boards » aux victimes du tsunami, des matelas de plage aux petits Inuits, sans compter les rubikub’s que tu as donné à une association pour l’aide aux aveugles !

Et cerise sur le gâteau : des rollers et des skate-boards dans une maison de retraite, des déambulateurs pour une crèche, sans compter les sex toys aux sœurs de la charité de la rue du Bac !

-T’es sûre ma Noëlla ?

-Parfaitement ! Les sœurs de Saint Vincent de Paul, rue du Bac dans le VIIème ! C’est moi qui ai dû répondre au courrier, calmer les esprits, me confondre en excuses, cirer les pompes : j’en passe et des meilleures !

-Oui, bon… Ben, j’vais aller faire chauffer les rennes avant de partir !...

La vache ! Y’a encore cette saloperie de « Nez rouge » qui est en train de jambonner !

-Laisse faire Nono : ça nous fera un renne tout neuf pour l’an prochain, d’autant que « Neunoeil » n’est plus très frais !

-AH ça ne risque pas ! Nez rouge est grimpé sur Mimile, c’est qu’il est pédé comme un phoque ce con ! Avec toutes ces pubs cochonnes qui passent à la télé, sans compter la vie des animaux, et toutes ces bestioles en rut, forcément ça détraque leur libido ! Ca déglingue leurs phéromones, ça booste la testostérone !

- Tu vois mon Nono, tu devrais regarder la télé plus souvent…

-C’est quoi t’est-ce que ça veut dire cette fine allusion ?

-Rien, rien, mon Nono, c’était juste histoire de causer. Tiens mon barbu préféré, je t’ai tout de même préparé un sandwich jambon beurre, ainsi qu’un grand thermos de vin chaud à la cannelle, et sais-tu ce que j’ai ajouté dans le vin chaud ?

-Euh… Non !

-Du viagra mon Nono, du viagra ! Après tout : c’est Noël aussi pour moi !

La Mère Fouettard... Quelle horreur ! Mais quelle horreur !

(Ch'tiot crobard Andiamo)

mardi 12 octobre 2010

Saoul-FifreGentil coquelicot

Tiens, une comptine pour adultes ? Y avait longtemps... Je crois que c'est la 16 ième, si vous voulez lire ou relire les autres, vous tapez "Comptines pour adultes" dans la fenêtre de recherche, mais il en manque, elles doivent se cacher.

La pudeur, sans doute.

L'original est

Andiamo m'a fait l'immense plaisir et l'honneur d'interpréter cette bluette, ou plutôt cette "rougette", de sa voix chaude et con vainc cul. Comme je ne suis pas un rat, je vous en fais partager l'écoute (sans vous la brouiller) :

Gentil coquelicot

J'ai descendu dans vos jardins
J'ai descendu dans vos jardins
Pour y cueillir vos fruits coquins.

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Pour y cueillir vos fruits coquins
Pour y cueillir vos fruits coquins
Et vous y sucer le lupin.

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Pour vous y sucer le lupin
Pour vous y sucer le lupin
Et vous brouter le cresson nain...

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Pour vous brouter le cresson nain
Pour vous brouter le cresson nain
Et encor' bien d'autres larcins...

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Encore bien d'autres larcins
Encore bien d'autres larcins
Grivèlerie de meurt-de-faim...

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Grivèlerie de meurt-de-faim
Grivèlerie de meurt-de-faim
Bec fin fourré dans vos festins...

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Bec fin fourré dans vos festins
Bec fin fourré dans vos festins
Exquis, sucrés, friands, sanguins...

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Exquis, sucrés, friands, sanguins
Exquis, sucrés, friands, sanguins
Mangez, buvez votre prochain...

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Mangez, buvez votre prochain
Mangez, buvez votre prochain
Prêchez-vous sur le traversin...

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Vous prêchez sur le traversin
Vous prêchez sur le traversin
Car ceci est mon corps divin...

Juteux vos clitos, Mesdames
Juteux vos p'tits abricots.

Car ceci est mon corps divin
Car ceci est mon corps divin
Un doux fruit sans un seul pépin...

Gouteux vos clitos, Mesdames
Crémeux, vos si bons gateaux.

mardi 21 septembre 2010

AndiamoButterfly

Constant Maloine avait tout pour être un homme heureux ! Trente-sept ans, taille moyenne, petite moustache bien entretenue, de très solides études l’avaient mené à occuper un très important poste d’agent de change pour la très sérieuse compagnie « Suez and consorts ».

Il avait épousé dix ans plus tôt, en 1901, la douce Edmonde, de cinq ans sa cadette.

Une jeune provinciale comme on disait alors, originaire de Nuits-sous-Ravières, une bourgade de l’Yonne, aux portes de la Bourgogne.

Elle en avait conservé un léger accent, roulant gentiment les « R ». Cela lui donnait un charme qui émouvait Constant.

Une jeune fille très « comme il faut », élevée chez les religieuses de la congrégation des filles de la charité. Elle en avait gardé cette modestie, ces gestes mesurés, et cette parole rare, qu’on leur enseignait dans ces austères institutions. Le regard baissé, les mains croisées devant elle, comme pour préserver sa précieuse virginité !

Edmonde était la fille de Rosalinde, une amie de sa mère. Elle avait été présentée à Constant, lors d’un goûter que sa chère Maman donnait régulièrement, et qui réunissait des connaissances de la chère vieille dame. Le jeune homme un peu timide qu’il était alors avait été immédiatement séduit, et il semble bien que la réciproque fut vraie.

Le mariage avait été célébré dans la plus stricte intimité : l’oncle Adrien, le frère de son père ; Rosalinde, la maman de la mariée ; ainsi qu'Anaïs sa sœur cadette ; la mère de Constant, veuve éplorée d’un capitaine de dragons : Anselme, mort à Sedan en octobre 1870, alors qu’elle attendait le bébé.

Anselme avait été un militaire courageux, intrépide. N’était-ce pas lui qui, le 20 octobre 1870, avait lancé sa compagnie de dragons, sabres au clair, contre les canons de sa majesté le Konprintz, devant les murs de Sedan ?

La charge de cavalerie avait littéralement été éparpillée, par les charges des bouches à feu, mais que peut un valeureux cavalier, si courageux soit-il contre un obus de « 90 » ?

L’oncle Adrien, lui, avait été réformé, à cause ou grâce à ses pieds plats. Homme d’affaires fort peu avisé, il avait acheté en 1879 de « l’emprunt Panama », initié par le très sérieux Monsieur Ferdinand de Lesseps, le génial ingénieur qui avait mené à bien le percement du canal de Suez. Et qui voulait réitérer son exploit, en entreprenant le percement d’un canal, reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique, en territoire colombien.

Muni des précieux coupons, il bramait haut et fort que bientôt il serait un rentier heureux. Dix ans plus tard, il devait déchanter de belle manière ! Depuis, il avait trouvé un emploi de « gratte-papier » chez un notaire cacochyme de la rue Rambuteau, dans le IVème arrondissement.

Constant, en homme avisé, de surcroît « bien placé », avait acquit en août 1906 une conséquente poignée d’obligations baptisées : "emprunt Russe"…

Du solide ! Le très sérieux et populaire Tsar Nicolas II s’en portait garant en personne… Alors !

Tout aurait été pour le mieux en cette douce année 1911 : une bonne place, des revenus conséquents, un bel appartement au second étage d’un immeuble haussmannien rue Coquillière, dans le très huppé deuxième arrondissement.

Une épouse dévote sans être bigote, ne manquant jamais la grand’ messe du Dimanche matin, en l’église notre Dame des Victoires, toute proche.

Lui-même se rendait à pied chaque matin au palais Brogniard, en empruntant la rue des Petits Champs, puis la rue des Victoires, pour se retrouver rue du Quatre Septembre. Négligeant les « sapins », nom populaire que l’on donnait aux fiacres, ainsi que le tout nouveau « métropolitain » de la compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP), dont quelques lignes venaient d’être mises en service. Quant au reste du réseau actuellement en construction, il occasionnait une gêne si considérable, que notre brave Constant se demandait si tout cela était bien nécessaire !

Parfois, il lui arrivait, certains dimanches de printemps, d’aller en compagnie de son épouse flâner sur les grands boulevards.

Ils empruntaient la rue du Louvre, puis la rue Montmartre, pour se retrouver boulevard Poissonnière, et là, tranquillement, ils remontaient parfois jusqu’à la porte Saint-Denis.

Tout au long du chemin, ils se régalaient du spectacle de la rue, les bateleurs, les « forts » et leurs haltères, les briseurs de chaînes, et même des montreurs de singes, ainsi que des toutous savants.

Ils s’asseyaient à une terrasse, Edmonde commandait un thé, Constant un bock de bière, puis ils repartaient tranquillement. Parfois, quand Edmonde était un peu lasse, ils rentraient avec l’omnibus, sorte de grosse diligence à impériale, tirée par quatre chevaux de trait.

Tout aurait été pour le mieux, disais-je, si son épouse s’était montrée un peu plus lascive dans les jeux du déduit !

Sa stricte éducation, due au long séjour chez les sœurs, ne lui avait apportée qu’indifférence pour les choses de l’amour. Ainsi, elle obligeait Constant à éteindre le bec de gaz chaque fois qu’il voulait « faire la chose ». C’est de cette façon qu’elle désignait l’acte d’amour.

Et pire encore : jamais au grand jamais, elle n’avait retiré sa longue chemise de nuit, en fin coton brodé, pour accomplir l’acte amoureux ! Constant en était réduit à de hasardeux tâtonnements dans les replis de ce qu’il appelait : « la camisole » ! Et, bien entendu, il lui fallait impérativement disposer une serviette « nids d’abeilles », ceci afin de ne point tacher le drap ! Autant de contraintes qui l’exaspérait et, disons-le franchement, seraient venues à bout des plus viriles ardeurs !

Il aurait aimé pouvoir admirer ce corps souple et gracieux qu’il devinait lors de ses brèves étreintes, la regarder également lors de ses ablutions dans le grand tub en fer blanc étamé.

Mais hélas, il n’avait pas le droit de pénétrer dans l’exigu cabinet de toilette lors des grandes ablutions hebdomadaires. Il la voyait faire chauffer l’eau dans un grand faitout, puis la verser dans le joli broc en faïence de Moustier. Mais au moment de franchir la porte du cabinet, elle le repoussait gentiment, en faisant non de la tête.

Jeune homme, il était allé maint fois au « Chabanais », une maison de tolérance comme on les nommaient à l’époque, pas moins de trente-cinq « pensionnaires » animaient les soirées parisiennes !

Tout un monde ! La baignoire de verre, que le Prince Edouard VII faisait remplir de champagne !

Le palais des glaces, une chambre garnie de miroirs du sol au plafond : à deux, on s’y croyait en pleine partouse !

La suite du Cheik, un décor des mille et une nuits, avec les pensionnaires déguisées en princesses Berbères. Et puis surtout : le cabinet des spécialités, où trois pensionnaires masquées vous faisait faire le tour du Bosphore, la visite de Sainte Sophie, sans oublier l'ascension du grand minaret, en une heure seulement, mais quelle heure !

Certains soirs, en rentrant du palais Brogniart, il aurait bien fait un détour par la rue Chabanais toute proche, mais il y renonçait chaque fois, espérant que son épouse….

Edmonde s’était trouvée depuis peu, une vocation pour une œuvre de charité. Ainsi, chaque après-midi de la semaine, elle se rendait à Notre Dame des Victoires, et là, près de la basilique, dans un petit immeuble, au sixième et dernier étage, elle retrouvait d’autres femmes, bourgeoises un peu coincées, en mal de ragots, pour des travaux de broderies. Ces ouvrages étaient ensuite vendus. Les bénéfices allaient aux nécessiteux des bons pères blancs, qui veillaient sur la santé et les âmes de nos chers indigènes.

Elle s’imaginait, dans sa candeur, les dangers encourus par ces braves missionnaires, perdus au milieu des tribus cannibales, dispensant la bonne parole, baptisant des villages entiers, leur apportant « la bonne religion » et les bienfaits de notre magnifique civilisation occidentale…

Enfin, un après-midi, après avoir encore essuyé la veille un refus de son épouse au prétexte de migraines tenaces et lancinantes, Constant, alors qu’il descendait la rue des Petits Champs, bifurqua sur sa gauche et emprunta la rue Chabanais !

Il s’arrêta devant le numéro 12, frappa : on lui ouvrit, il entra.

Même ambiance feutrée que quelques années auparavant. Les lourdes tentures de velours pourpre, surchargées de passementeries : pompons et franges dorés, cordelettes tressées, et puis aussi les canapés Louis Philippe, les chaises longues style Récamier, sur lesquelles trois ou quatre hétaïres fort peu vêtues étaient langoureusement allongées...

Derrière son haut bureau, juchée sur un tabouret : Madame Marthe, la sous-maîtresse, qui tenait « ses filles » d’une main de fer ! Elle avait pris du galon, la petite Marthe, il lui avait fallu en arpenter des kilomètres de pavés à « Mama la ventouse », comme on la surnommait alors, avant d’en arriver là ! Maintenant, c’était une « gâtée », comme on appelait alors les anciennes prostiputes, arrivées à ce stade.

- Monsieur Constant, ça faisait bien longtemps !

- Chuuuut ! rétorqua ce dernier, mettant son index en travers de sa bouche, afin de lui signifier le silence. Bonjour Madame Marthe, Lucette est toujours là ?

- Non Monsieur Constant, elle a fait un beau mariage… Un ministre à ce qu’il paraît ! Par contre, nous avons une nouvelle : Miss Butterfly, une perle rare, si je puis vous conseiller….

- Je vous fais confiance. Toutefois, pouvez-vous me prêter un loup : j’aimerais, maintenant que je suis marié, rester discret.

Le visage masqué, Constant se rend au premier étage, pousse la porte du cabinet du cheik, entre…

Paresseusement allongée sur un sofa de velours rouge, une femme jeune, magnifique, le visage couvert d’un masque en forme d’ailes de papillon, le regarde. En s’approchant, Edmond remarque, au-dessus de son sein gauche, une tache de naissance légèrement rosée, cette marque a la forme d’un petit papillon.

- Butterfly ? interroge-t-il, désignant le petit papillon.

Pour toute réponse la jolie femme hoche la tête affirmativement. Les instants qui suivent transportent Constant au septième ciel et même au-delà !

Constant est dans tous ses états, il ne peut plus sortir Miss Butterfly de son esprit, aussi deux fois par semaine se rend-il au numéro 12 de la rue Chabanais. Cette créature l’a littéralement envoûté. Ah ! On est loin de la prude Edmonde et ses travaux de broderies, songe notre débauché débridé.

Dimanche matin, sa tasse de thé avalée, Edmonde comme chaque semaine a fait chauffer l’eau dans le grand faitout, puis l’a versée dans le joli broc en faïence de Moustier.

Elle est entrée dans l’exigu cabinet de toilette, a tiré la porte, elle s’est entièrement déshabillée, puis lentement, elle a fait couler l’eau chaude sur son corps superbe. L’eau ruisselle sur ses seins et contourne la légère protubérance, que forme la jolie petite tache rosâtre représentant un petit papillon…. Juste au-dessus de son sein gauche.


(Ch'tiots crobards Andiamo)


Lorsque ce billet paraîtra, je serai absent (encore des vacances... Fait ch... la retraite !) Si vous me faites le plaisir de commenter, je répondrai dès mon retour, MERCI.'' ''(sauf si je trouve un sémaphore)

dimanche 2 mai 2010

Tant-BourrinSex toy

Ah, mon Dieu, quel émoi au pays des jouets !
Car Mirou vit tantôt son ami le pantin
Se promener gaiement, la culotte trouée,
Qui laissait entrevoir un peu son popotin.

A force de marcher, son accroc s'élargit
Et chacun put mirer ses bijoux de famille.
Quand il s'en aperçut, le pantin en rougit
Et s'en alla quérir du fil et une aiguille.



Moralité :



Oui-Oui, Oui-Oui l'recoud...
Oui-Oui, Oui-Oui l'recoud...

dimanche 25 avril 2010

AndiamoHanami

Avant d'écrire ce petit billet, je veux adresser un grand merci à Cassandre qui m'a fourni quelques renseignements sur les moeurs des Japonais. Ce qui m'a permis d'agrémenter un peu mon récit.


Shirô Nakamura marchait d’un bon pas, il s’agissait de ne pas arriver en retard. Monsieur Tanaka, le professeur d’histoire, ne supportait pas le moindre retard, ni le moindre manquement aux règles élémentaires de la bienséance.

L’air était doux en ce matin d’Avril, les sakuras (cerisiers) commençaient à fleurir. Dans deux jours, ce serait la fête. Kasumi irait avec sa famille pique-niquer, sous les arbres en fleurs.

Parfois et par chance, une brise printanière se levait, faisant voltiger les pétales, ajoutant un nuage virevoltant au bonheur de la journée.

Deux mois plus tôt, Shirô avait osé aborder Kasumi. La douce et timide jeune fille l’avait impressionné par la perfection de son visage aux traits si fins. Ses cheveux coupés courts, avec une frange bien délimitée, juste au-dessus de ses yeux à peine bridés, en soulignaient la beauté.

Un soir après les cours, il lui avait proposé de la raccompagner chez elle, afin de lui porter ses livres !

Futile prétexte, arguant que les professeurs perdaient la raison : obliger de frêles jeunes filles à trimballer pareil fardeau !

Kasumi avait souri, elle n’était pas dupe, Shirô lui plaisait bien, il était gai et enjoué, alors elle accepta.

Tout au long du trajet, Shirô se moquait gentiment en voyant les « Teru-Teru Bouzu », ces petites poupées de papier pendues aux fenêtres et censées éloigner la pluie ! Mais le Dieu Suijin, le maître de la pluie, n’en avait cure et agissait à sa guise. Kasumi souriait à chacune de ses moqueries, fort discrètement, pratiquant à merveille l’enryo (la retenue) comme il sied à une jeune fille bien élevée.

Pas question non plus de se tenir par la main, ce serait inconvenant. Il leur arrivait d’aller se promener au bord du fleuve Ota, restant de longues minutes à contempler les vaguelettes, échangeant un regard, un sourire. A ses cotés, il était bien loin le Shirô un peu fanfaron, voulant épater ses copains !

Dimanche serait la fête appelée ici : « Hanami » (regarder les fleurs). Kasumi et Shirô avait mis au point un stratagème afin que leurs familles respectives se rencontrent.

Chacun de leur côté, ils tenteraient de convaincre leurs parents d’aller pique-niquer dans le joli parc, situé près du siège du commerce et de l’industrie : Genbaku dôme.

Le Mercredi, ils s’étaient retrouvés près du fleuve complice de leurs moments de plénitude.

- Ils sont d’accord, Kasumi, tu entends : d’accord !

- Les miens aussi, avait ajouté Kasumi en même temps que ses joues prenaient une jolie teinte rosée.

Alors dans un élan, Shirô avait déposé un baiser sur la joue de la jeune fille. Surprise, sa bouche s’était arrondie, puis la stupeur avait laissée place à un large sourire.

Maintenant Shirô en était sûr : elle l’aimait !

Le lendemain, Kasumi avait préparé les « bentô » (le repas du midi, une collation) pour eux deux, les Kappamaki, ces petits rouleaux de riz remplis de concombres, avec une feuille de Noki autour. Lui signifiant ainsi qu’elle saurait le moment venu bien s’occuper de lui, élever les enfants et tenir une maison : tels étaient les devoirs de l’épouse Japonaise en ces temps.

Bien sûr, le jeune homme l’avait vivement complimenté, en rajoutant même, roulant les yeux de plaisir à chacune des bouchées avalées. Kasumi le gratifiait d’un sourire à chacune de ses facéties.

Le dimanche, Madame et Monsieur Kimura, les parents de Kasumi, s’étaient installés pour le traditionnel pique-nique de Hanami, sous un très joli cerisier en fleurs. Le ciel était radieux et l’ombre qu’il dispensait était la bienvenue.

A peine installés, Shirô arriva, suivit de ses parents ainsi que de son jeune frère. En passant devant Kasumi, il feignit la surprise, s’inclina pour un salut très respectueux.

- C’est un camarade de classe, balbutia Kasumi…

Si vous voulez vous joindre à nous, proposa Monsieur Kimura en s’inclinant également devant Monsieur Nakamura et en désignant la place vacante près de la leur, car je crois qu’il y a beaucoup de monde ici, et que les places sont rares.

- Avec grand plaisir, et ce sera un honneur, répondit Monsieur Nakamura, en se pliant littéralement en deux. Nous partagerons les « dango » (boulettes de riz que l’on partage lors de la fête des cerisiers).

Ainsi, la ruse grossière dont personne n’était dupe fonctionna à merveille.

Les deux jeunes gens se virent de plus en plus fréquemment. Les présentations avaient été faites, les parents de Shirô s’étaient rendus chez ceux de Kasumi.

En guise de présent, quelques oranges soigneusement emballées. Au pays du soleil levant, ces quelques fruits étaient hors de prix et représentaient une marque d’attention exceptionnelle.

Près de quatre mois s’étaient écoulés depuis que Shirô avait raccompagné la douce Kasumi pour la première fois. Le mois d’Août commençait. La chaleur n’était pas trop accablante sur l’île de Honshû, baignée par la mer intérieure. Leurs longues promenades le long du grand fleuve Ota, leur apportait fraîcheur et détente à l’ombre des vieux saules.

Loin des regards, ils s’étaient embrassés, prenant garde à ce que personne ne les voient !

Ce lundi d’août, Shiro avait donné rendez-vous à Kasumi, ainsi qu’à une bande d’amis. C’étaient les vacances, le soleil radieux commençait à chauffer malgré l’heure matinale, ils devaient se retrouver dans le parc dans lequel ils avaient pique-niqués quelques temps auparavant.

Shirô arriva le premier, il était huit heures. Quelques minutes plus tard, ce fut Kasumi. Il la vit de loin avec son corsage blanc et sa jupe plissée bleu marine, de fines sandales aux pieds, elle courait en agitant les bras, insouciante des regards qu’on aurait pu lui porter, elle ne voyait à cet instant que son amour, elle entendit à peine le vrombissement de l’avion très haut dans le ciel radieux.

Tous deux ne levèrent pas les yeux, habitués de voir passer depuis quelques années, de nombreux bombardiers.

Celui-ci était pourtant différent : il s’appelait Enola Gay, il portait dans ses flancs un « little boy » couvert d’injures à leur encontre, et lui-même portait dans son ventre les mille soleils d’Hiroshima.



PS : Je serai absent une partie de la semaine, et je me ferai un plaisir de répondre aux commentaires... Si toutefois vous en laissez !

vendredi 2 octobre 2009

AndiamoJeux (presque) interdits

Avertissement : j'ai scribouillé cette histoire il y a une quinzaine de jours, je ne savais évidemment pas ce qui allait se passer aux îles Samoa. Prémonition ?


Daniel se réveille, il a nettement entendu le ressac. Elle est déjà là, songea-t-il en s’extirpant de son lit, le dos trempé de sueur.

Dans le noir, il se dirige vers la fenêtre. Elle est grande ouverte, seuls les volets sont rabattus afin d’éviter la lumière des quelques réverbères. Il écarte les légers vantaux fait de plastique.

Tout est calme, il a rêvé… Encore une fois, songe-t-il, ça n’est pas pour tout de suite, pas encore, mais cela viendra. De cela, il est sûr, toutes les simulations qu’il a effectuées corroborent ce qu’il pensait depuis longtemps : la mer gonfle, s’enfle, la calotte glacière de l’Arctique a complètement disparue, les glaciers de l’Antarctique ont déjà fondus de plus de la moitié !


- Salaud ! T’as envoyé ton onde calorifique, on avait dit qu’on s’en servirait pas !

- Fallait pas me flanquer un tsunami sur B 413 !


Il fait encore très chaud malgré l’heure avancée de la nuit, vingt-sept degrés au bas mot. En cette saison - nous sommes en hiver - et puis ici, à 48° 51’ 44’’ NORD - 2° 21’ 3’’ EST, il devrait faire froid.

Daniel se souvient des hivers d’autrefois, cet autrefois pas si lointain - il n’a que trente-cinq ans. La neige tombait en cette saison. Avec ses parents, Christian son père et Michèle sa mère, ils partaient skier dans les Alpes, aux sept Laux dans le massif de Belledonne.

Quelques années avaient suffi pour tout détériorer, et cela de façon exponentielle. Daniel est sceptique, les rejets ne sont pas la cause essentielle de l’accroissement aussi rapide de la température, toutes les simulations qu’il a faites en arrivent à la même conclusion : il y a autre chose… Autre chose, mais quoi ?


- Te plains pas, j’aurais pu faire chuter S 012 sur ta T 856 pourrie !

- Tu peux pas… Tu peux pas, t’es pas équipée du ralentisseur d’orbites… Na !


Certes les humains inconscients avaient rejeté dans l’atmosphère des millions de tonnes de gaz carbonique, favorisant l’effet de serre. L’énergie nucléaire maîtrisée un siècle plus tôt n’avait pas été sans danger non plus : nombre de centrales avaient explosées, à cause de la négligence de ces inconscients qui pensaient tout savoir, tout maîtriser. Les radiations mortelles avaient fait des millions de victimes et, dans certaines régions, provoqué des naissances monstrueuses.

Daniel songeait à tout cela en contemplant sa ville pratiquement plongée dans le noir. Des mesures drastiques avaient été prises depuis deux ans afin d’enrayer la montée fulgurante de la température terrestre. Un peu tard, beaucoup trop tard, le processus était enclenché, irréversible, il faudrait des milliers d’années pour que tout redevienne normal. L’espèce humaine y survivrait-elle ?

En retournant se coucher, il jette un regard sur la photo en 3D, un hologramme que lui a offert Mélodie, sa fiancée. Ces hologrammes sont interdits, car trop voraces en énergie. Daniel n’en a cure, depuis le temps qu’il a averti le centre des catastrophes naturelles sur l’inéluctabilité des bouleversements à venir, ils auraient dû en tenir compte. Il passait à juste titre pour une sommité en matière de simulations, et ce malgré son jeune âge.

Sa main passe à quelques millimètres de l’image comme pour une caresse, le léger frémissement de l’air fait trembloter l’icône, puis tout redevient normal, le joli sourire se fige à nouveau.


- N’importe quoi ! Papa m’achètera la nouvelle console pour mon anniversaire, y’aura le ralentisseur d’orbites, et même l’écroûteur de noyau central ! Nananère…

- L’écroûteur ? AH AH AH ! L’ ECLATEUR, pas l’écroûteur, nunuche !


Ils ne se marieraient jamais. A quoi bon fonder un foyer, avoir des enfants qui ne survivraient pas ? Bon nombre de villes et villages avaient été engloutis, la mer remontait chaque jour davantage au gré des marées dans les estuaires. Le grand fleuve, celui qui arrosait sa ville, avait failli déborder et tout engloutir, il avait fallu construire des digues, afin de le contenir.

Daniel s’allonge, sachant que le sommeil ne viendra pas. Il prend un "Calmax" dans le tiroir de sa table de chevet, ferme les yeux et attend le sommeil…


Illéa pousse la manette de sa Playstation…

- Et voilà vingt degrés supplémentaires ! T’as vu, Iban, elle va fondre littéralement ta T856 pourrave !

- Eh ben tiens : explosion des chaînes volcaniques en série sur ta B 413 ! Elle est nase, elle est nase, disloquée, éparpillée… Stop ! J’ai gagné.

- Un partout, la balle au centre ! J’ai fait bouillir tous les océans de ta planète pourrie… Elle fume maintenant, et fumer c’est pas bon pour la santé !

-Vous n’avez pas fini de hurler comme ça !

La créature qui vient d’entrer, mesure en dimensions terrestres trois mètres cinquante. Assis à même le sol, deux bambins de deux mètres environ jouent avec leurs consoles, leurs petits tentacules agiles légèrement rosâtres courent sur le clavier et activent rapidement des petits leviers. Devant eux : un écran relié à un télescope électronique, on y aperçoit une petite planète située dans un tout petit système solaire à des milliers d’années-lumière. Cette petite planète est la troisième à partir de son étoile. Autrefois, elle était bleue.

- Vous avez ENCORE massacré une planète ! Et si elle était habitée, hein ?

- Voyons M’man, qui pourrait survivre sur un gros caillou rempli d’eau avec de l’azote et de l’oxygène dans l’atmosphère ?

- T’as raison mon chéri, s’attendrit la Maman en inspirant une profonde bouffée de monoxyde de carbone, tandis qu’elle fourrage nerveusement son orifice nasal avec l’un de ses nombreux tentacules.




P-S : au fait 48° 51’ 44’’ NORD - 2° 21’ 3’’ EST, ce sont les coordonnées de la rue Lafayette à Paris dans le Xème arrondissement… Là où je suis né.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 >