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samedi 6 mai 2017

BlutchPetit billet express de circonstance

Juste pour le plaisir...

lundi 27 mars 2017

BlutchUn coup ne fait pas pute dirait Célestoche.

Vous me connaissez! Toujours de bon poil dans n'importe quelle situation, le verbe feutré, aimable avec les cons et, de plus, diplomate en diable. Un peu comme ça:

https://www.youtube.com/watch?v=YRxPRwmn6IM

Mais bon, bien que ce ne soit pas mon genre, je vais, pour une fois, pousser un coup de gueule…. c’est qui qui ricane bêtement au fond du blog , près du radiateur (là où les cancres s’épanouissent) ?

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jeudi 17 mars 2016

BlutchLes enquêtes d’Hippolyte Tayze-4

Prélude à l’appétit d’un fauve

Note à l’inspecteur Hippolyte Tayze.

Il semblerait que ton enquête sur l’affaire de Caluire et Cuire déplaise assez fortement dans les hautes instances politiques. L’atmosphère vire à la tornade car ça renaude sec et il y a un vent de tempête sur les cimes de l’état. Je te joins le courriel reçu de l’Elysée : « Commissaire, le Président ne doute pas du sérieux de votre bureau d’enquêtes sur les falsifications historiques, mais dans le cas de l’affaire dite de Caluire et Cuire, votre inspecteur a prit des libertés inadmissibles avec le travail des historiens. Vous voudrez bien recadrer votre inspecteur et cette enquête car nous ne pouvons admettre que le père de la 5e République soit ainsi traîné dans la boue. »

Cl. G. porte-parole du Président

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dimanche 13 décembre 2015

Saoul-FifreOn parle de moi dans Le Canard !

Et oui, dans le dernier Canard Enchainé, un article m'a tiré l'œil. Oui c'était bien moi, "l'électeur inconnu", je me reconnaissais parfaitement, j'étais même super-bien décrit, portrait fidèle ! Allez je vous le recopie car vous pouvez chercher sur internet, Le Canard n'y est pas, Le Canard, faut s'y abonner ou mourir idiot, blague dans le coin-coin ! Disons que c'est un coup de pub et, pitié, ne nous attaquez pas en justice pour cet "emprunt" ?

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vendredi 13 novembre 2015

BlutchLes enquêtes de l’inspecteur Hippolyte Tayze 2

Hippo Tayze et l’affaire de Caluire et Cuire :

Rapport d’enquête pour la commissaire Genveut.

En préambule et pour commencer, je te dirai que pour une voie de garage aux seules fins de te foutre la paix, c’est un raté de première. Il m’est avis que le bal téléphonique des petits cons va recommencer de plus belle… Tu peux même t'attendre à des menaces, alors enclenche les écoutes et on va bien se marrer...

Ce que j’ai lu à ce jour sur l’affaire de Caluire et Cuire tient de l’enfumage de troufignon. Il fallait donc tout reprendre différemment.

1° J’ai décidé de m’intéresser d’abord aux 11 protagonistes de cette affaire.

2° Ensuite je me suis occupé du bilan de santé de la résistance.

3° Et comme personne n’a cadré cette affaire dans le contexte historique de juin 1943, je l’ai fait, et il me semble que c’est là l’explication de toute cette affaire…

Outre Klaus Barbie qui fait sans état d’âme son boulot de militaire, 11 autres personnes sont concernées.

Je te rappelle la version officielle de l’arrestation de Jean Moulin :

8 résistants se réunissaient pour désigner le nouveau chef d’Etat-major de l’armée secrète. Ils sont arrêtés par Klaus Barbie le 21 juin 1943 dans la maison du docteur Dugoujon à Caluire et Cuire. C’était pas malin d’aller se faire griller dans une ville avec un nom pareil, mais bon…

Le 10e Homme : Le Docteur Dugoujon

qui recevait cette réunion dans sa maison, mais sans y participer.

Le 1er Homme : André Lassagne

adjoint du général Delestraint pour la Zone Sud (rentré de déportation).

Le 2e : Bruno Larat

chef national des opérations de parachutage et d’atterrissage (mort en déportation).

Le 3e :Albert Lacaze

récemment intégré à l’Etat-major de l’Armée secrète, incarcéré puis relâché en juin 1944, en même temps que le docteur Dugoujon.

Le 4e : Henry Aubry chef de cabinet du général Delestraint, incarcéré puis relâché à la fin de l’année 1943.

Le 5e : René Hardy

alias Didot, membre du mouvement Combat (extrême droite), responsable du NAP-Fer, qui coordonnait les sabotages ferroviaires, mandaté par Pierre de Bénouville pour le remplacer à cette réunion alors qu’il n’y était pas convié. Quelques jours avant cette réunion Hardy est arrêté à Chalon-sur-Saône et libéré de façon assez incompréhensible. Il ne fait part de cette arrestation qu’à de Bénouville qui le maintient à le remplacer et qui n’averti pas les autres de cet incident. Il s’évade lors de l’intervention de la Gestapo, les allemands lui tirent dessus à bout portant….. et le ratent. Lors de son procès, Barbie dira textuellement : «Hardy s’est évadé de Caluire avec ma complicité, les menottes étaient truquées… sa trahison a eu une importance considérable pour nous».

Le 6e : Jean Moulin

Le représentant du général de Gaulle, arrivé au rendez-vous sous l’identité de Jacques Martel. Il s’occupait de l’intendance des maquis, en particulier de l’argent qu’il versait équitablement, y compris aux maquis cocos. Il est le chef du tout jeune Conseil National de la Résistance.

Le 7e : Emile Schwarzfeld

chef du mouvement « France d’abord », pressenti par Jean Moulin pour succéder au général Delestraint à la tête de l’Armée secrète (il mourra en déportation).

Le 8e : Raymond Aubrac

Communiste de confession juive, il est chef des groupes paramilitaires du mouvement « Libération », attaché à l’état-major de l’Armée secrète. Il s’évade de prison en octobre grâce à une opération montée par sa femme Lucie. Des rumeurs organisées diront que c’est lui qui avait trahi. Juif et communiste, c’est beaucoup pour ne pas servir de bouc émissaire… et permettre d’acquitter Hardy par la suite au profit du doute.

Tous des grosses pointures de la résistance qui ne peuvent pas avoir, comme le dit la version officielle « organisé cette réunion avec une incroyable légèreté ». Celui qui a rédigé ce commentaire était manifestement aux ordres de celui qui a organisé la trahison.

A ceux là, il faut rajouter :

Le 9e :Pierre Guillain de Bénouville

Militant d’extrême droite, cagoulard, anti-juif. (mort en 2001) qui s’est fait porté pâle et avait envoyé Hardy le remplacer, sans obtenir l’accord des autres présents et sans présenter un mot d’excuse de ses parents pour expliquer son absence.

Le 11e Homme : Charles de Gaulle

Ex militant d’extrême droite, anti-communiste et anti-juif notoire qui cultivait une amitié douteuse avec Franco. Les parcours similaires de de Gaulle et de Bénouville présument qu’ils se connaissait de bien avant la guerre. Mais rien n’en atteste officiellement. Je n’ai pas eu le courage de lire l’intégrale des mémoires de guerre de Charlot…. Et en avait-il parlé…

Un fait méconnu illustrant le personnage : Lorsqu’en 19 il était en Pologne pour participer à la réorganisation de l’armée, il avait écrit à sa famille : «… Et au milieu de tout cela d'innombrables Youpins, détestés à mort de toutes les classes de la société, tous enrichis par la guerre dont ils ont profité sur le dos des Russes, des Boches et des Polonais, et assez disposés à une révolution sociale où ils recueilleraient beaucoup d'argent en échange de quelques mauvais coups. » ( http://www.valeursactuelles.com/tous-gaullistes-sauf-moi-56411 )

Il prouva par la suite que ce n’était pas juste un égarement de jeunesse…

Le bilan de santé de la résistance:

Donc pour ce qui est du contexte interne de la résistance, on a Jean Moulin, chef du tout nouveau Conseil National de la Résistance, donc appelé à avoir un rôle majeur à la libération.

Avec d’un côté les maquis juifs et communistes qui ont alors une grande importance et ne sont pas contrôlables politiquement par Londres.

Et de l’autre les nationalistes et l’extrême droite française, incarnée par de Bénouville et dont Charlot ne s’est jamais démarqué. A la libération, il lui avait ouvert son parti et il est mort étant à la fois militant de l’UMP et toujours aussi anti-juifs et anti-cocos...

La date : 21 juin 1943. La date de cette arrestation est très importante, elle ne fut jamais considérée comme élément déterminant de cette affaire. Pourtant, c’est la clef pour comprendre la mort de Jean Moulin.

1) En février 43 la bataille de Stalingrad est perdue par le général Paulus, les Allemands quittent l’URSS la queue basse en ayant perdu la quasi-totalité de la 6e armée. Paulus est fait prisonnier et finira par collaborer à la chute de l’Allemagne nazie.

2) En mai 43 Rommel lève le pied de l’Afrique du Nord, laissant 250'000 prisonniers de guerre italiens et allemands.

3) Le 10 juin 1943 le débarquement allié en Sicile commence.

La défaite de l’Allemagne ne fait plus l’ombre du moindre doute. C’est en France un moment de tension extrême entre les ténors de la résistance pour savoir qui détiendra le Sceptre d’or au moment clef. C’est le fin moment pour prendre son contrôle et la purger des maquis cocos. Dans 6 à 12 mois, elle devra avoir retrouvé tout son mordant et être bien tenue en main par le futur patron.

En juin 43, il y a, pour la résistance un moment de flou. L'essentiel de l'effort allié est fait à l'extérieur de la France, mais pour l'heure, on doit accorder les violons des résistants au gré du chef d'orchestre auto-désigné pour qu'au printemps prochain l'automne puisse déverser ses sanglots longs à la BBC.

Jean Moulin est alors en pole position. Il a pour lui l’aura de l'homme intègre et de celui qui est en première ligne, sur le terrain, là où se récoltent la gloire et les honneurs. Il préside le CNR qui montrera toute son importance après la libération, puisqu’on lui doit (entre-autres) la SECU, l’assurance chômage et la retraite.

Les autres présents à cette réunion n’ont pas la carrure ou l’ambition nécessaire. Pierre de Benouville est un exécutant, pas regardant dans ses haines. Boches, Juifs, Cocos c’est tout dans le même sac. Sans nuances, il ne peut espérer rassembler. En fait, ce qui le différencie de de Gaulle, ce n’est que son manque d’ambition personnelle.

Mais regardons un peu ce qui a changé dans la résistance après ce 21 juin 43 : Il y a 4 chefs qui, durant 6 mois, passent plus de temps à saboter la position 3 des autres que le matériel allemand… Les maquis communistes se voient confier les missions les plus mortelles et se mettent à manquer de logistique. L’hécatombe sera sérieuse. C’est alors le parti qui a le plus d’influence en France et c’est un obstacle majeur aux ambitions du 11e Larron, resté à Londres et qui voudrait bien profiter de l’aspiration pour doubler Jean Moulin avant la dernière ligne droite. La sortie de route de Jean Moulin est trop providentielle pour être accidentelle dans la carrière dictatoriale de Charlot. Si Jean Moulin avait survécu à la guerre, il aurait été à n'en pas douter le premier président du Conseil de l'après-guerre, la France aurait eu une politique foncièrement différente, on ne parlerait plus de Charlot depuis longtemps et la 5e république n’aurait jamais vu le jour.

Partant de ce constat, j’ai cherché comment Hardy fut arrêté à Chalon et pourquoi il fut si vite libéré. J’ai retrouvé à Munich un planton encore vivant de la Kommandantur de Chalon. Je te joins l’enregistrement de l’entretien.



''- Guten tag Herr Ulrich von Glott.

- Bonchour Monsieur Tayze, fous bouvez barler français car ch’aime beaucoup cette langue. Excusez ma mauvaise français, je n’ai plus l’occasion de le barler depuis 20 ans que ma femme est morte, elle était française.

- Monsieur von Glott, vous étiez affecté à la Kommandantur de Chalon-sur-Saône en juin 1943, est-ce exact ?

- Ya, heu oui, c’est exact.

- Vous souvenez-vous de René Hardy de la résistance ?

- C’est bossible pouvez-fous me dire bluss ?

- Il a été arrêté dans le train de Paris, en gare de Chalon et il fut libéré quelques heures plus tard.

- Ach So ! Che me soufiens bien barsque c’était très…. Spézial. Ch’étais la garde à la borte de l’Oberführer de la Kommandantur. Ch’ai fu et ch’ai entendu aussi.

- Pouvez-vous m’expliquer ?

- Un chour l’Oberführer est zorti du pureau en criant les ordres pour aller à la gare arrêter Hardy.

- Il a dit le nom « Hardy » ? Savaient-ils qui il était ?

- Foui, autrement comment j’aurais su le nom ? L’Oberführer savait que c’était un Terroristischer Kapo.

- Des soldats sont donc partis à la gare, ont-ils ramené Hardy ?

- Oui, ils l’ont amené directement dans le bureau de l’Oberführer. Normalement on laisse toujours attendre avant d’interroger, mais pas pour lui.

- Savez-vous comment s’est passé l’interrogatoire ?

- Non pas du tout, mais normalement on entendait les brisonniers crier, pas lui, sauf juste une fois au début.

- Que s’est-il passé par la suite ?

- L’Oberführer est sorti avec Hardy. Il était moitié chantil et moitié méprisant. A la borte, il a tapé sur le dos de Hardy et il lui a dit en français pour que bersonne écoute : Che gompte sur fous. Bersonne savait que ch’ai abbris le français à l’école jésuite…

- Je vous remercie Monsieur Ulrich Von Glott pour ces précisions. Puis-je encore vous demander pourquoi vous avez gardé un souvenir si précis de cette arrestation ?

- Lorsqu’une chose arrife zeulement une fois dans la vie d’un soldat, il se rappelle toute sa vie et che suis content d’avoir pu la dire à vous.''



Je te fais grâce des heures de discussion sur la politique actuelle que j’ai eues avec ce vif esprit de 90 ans. Partant de là et en l’absence d’un autre témoin possible, je conclu :

1° Que Hardy a été informé de cette réunion à laquelle il ne devait pas faire partie.

2° Que les allemands ont été avertis de la présence d’Hardy dans ce train.

3° Que pour sauver sa peau Hardy a parlé de la réunion de Caluire et Cuire.

4° Que de Bénouville s’est défaussé pour lui laisser la place. C’est probablement lui qui a informé Hardy de cette réunion. Tout plaide pour dire qu’il l’a fait sur ordre. Si tel n’était pas le cas, de Bénouville aurait eu à en subir les conséquences, hors il n’en fut rien, au contraire. Il n’a pas eu le cran d’être lui-même sur place, C’est pourquoi il s’est démerdé pour qu’Hardy s’y colle. Il y avait tout de même un risque que les Allemands gardent l’informateur en tôle et le confronte par la suite à ceux qui ont été arrêtés. Une fusillade collective n'était pas exclue non-plus.

5° Que les Allemands ont joué la prudence en laissant Hardy être présent sur place afin d’identifier Jean Moulin. Faut dire aussi que s’il en manquait un, la réunion aurait certainement été reportée et qu’ils ne savaient pas que le vrai délégué était de Bénouville.

6° Que Barbie a remercié Hardy comme il a pu.

7° Que les vrais traîtres ont allumés des contre-feux entre autre contre Aubrac pour que le doute fasse acquitter Hardy lors de l’inévitable procès qui a suivi. de Bénouville n’avait en rien été mis en cause dans ce procès.

Le seul qui avait à la fois la vision globale du contexte militaire, les infos sur la résistance (par Jean Moulin lui-même) et les contacts nécessaires pour mener à bien cette trahison était à Londres… C’était aussi le seul à avoir l’ambition de gouverner la France sans partage, il l’a prouvé par la suite. J’en déduis que Jean Moulin a été le premier mort de la 5e République.

Les chefs mafieux rédigent eux-mêmes l’éloge funèbre de ceux qu’ils ont assassinés pour bien montrer qu’ils sont les vrais patrons. De Gaulle n’a pas échappé à cette règle par la grâce du discours du Sinistre des affaires culturelles André Malraux. Plus grandiloquent que ça, tu meurs…. C'était tellement empesé que ça puait la fausseté.

Ca me rappelle l’assassinat de Jaurès, l’acquittement de son assassin, les éloges unanimes de la classe politique qui ne pouvait pas le saquer et ça me donne des aigreurs d’estomac parce que Jaurès aussi a été assassiné par la droite française et affairiste.

Putain, t’as pas des trucs plus rigolos à me donner, par exemple pourquoi Mickey a des oreilles rondes ou qui a bouché les chiottes du 2e la semaine dernière … J’aime pas voir les salauds triompher et ça fait 70 ans que ça dure.

Hippolyte Tayze

PS : Pour les chiottes du 2e, c’est Chavais-pas (plus connu de la hiérarchie en tant qu’inspecteur adjoint Chavez Pascal) qui s’est dénoncé. Ben oui, il ne Chavais pas que, dans le service, le broyeur à documents se prénomme "les chiottes" et que le bouton de broyage s'appelle la chasse. quand je lui ai dit de mettre toutes les notes de ce rapport dans les chiottes et de tirer la chasse, il a scrupuleusement balancé la paperasse dans les cagoinces.

jeudi 29 octobre 2015

BlutchLes enquêtes de l’inspecteur Hippolyte Tayze 1

- Hippo, tu peux venir dans mon burlingue au lieu de te curer le nez béatement…

- Tu sais pertinemment que c’est chez-moi un signe d’intense réflexion et j’en ai vachement besoin pour éventualiser les suites de ma dernière enquête.

- C’est bien pour ça que je te convoque, alors rapplique fissa.



Mais il faut peut-être commencer par présenter la scène. C’était il y a quelques mois de ça…

Lui, c’est l’inspecteur Hippolyte Tayze, dit Hippo mais ça n’a rien à voir avec son physique ; la seule chose monstrueuse qui le caractérise est sa volonté de traquer le mensonge étatisé. Elle, c’est la commissaire Marie-Rose Genveut, parfois surnommée Fleur de cactus parce que si elle ne marque pas dommage pour envoyer des épines, elle n’est pas, malgré son prénom, toujours bien disposée à y mettre les fleurs avec. Ils travaillent dans la BVFH, la Brigade de Vérification des Falsifications Historiques.

- Il me semble, mon cher Hippo que tu as pris quelques libertés dans ton emploi du temps ces dernières semaines. Qu’est-ce qui t’a pris d’aller enquêter sur la mort de Boulin. On se prépare un sacré bouzin avec ça…

- Que veux-tu cheffe, lorsque je vois qu’un ministre se suicide, je suis déjà dubitatif. Un mec qui a une place de rêve, un salaire mirobolant, rien à glander d’autre qu’inaugurer des chrysanthèmes et qui se fait un solde de tous comptes prématuré, ça m’interpelle. Des cas de ce genre dans la 5e, t’as pas besoin de gratter fort pour en trouver plus de 15 et ce n’est pas mon dernier prix…

Lorsque en plus je lis que le type a commencé son suicide par se tabasser lui-même au point de se faire péter les os de la face et en ajoutant la fantaisie d’un solide coup de matraque sur l’occiput. Que ce faisant, il se déboîte une épaule (là, tu me diras que ce n’est pas très ergonomique de se balancer une série de crochets dans la poire et que pour le coup de matraque, ça demande un sérieux déhanchement de l’omoplate qui peut s’expliquer ainsi, mais tout de même) qu’en suite, il avale une dose de valium capable de tuer un cheval et qu’il fini par trouver une mare de 50 cm de profondeur pour s’y noyer. Donc lorsque je vois tout ça en même temps, je me dis que l’art de se foutre de la gueule du monde vient de faire un grand pas en avant.

Le ministre Boulin dérangeait les appétits de Chirac car Giscard voulait le nommer premier sinistre pour emmerder le RPR. C’est à la fois avéré et beaucoup pour un seul homme, alors il fallait le casser.

Selon mes informations, c’est le SAC qui a fait le sale boulot, Pasqua et Foccart se chargeant d’organiser la communication. Je peux te dire qu’ils ne furent pas brillantissimes dans l’art de convaincre, annonçant le décès le soir du 29 octobre 79 alors que ce n’est que le 30 à 8h40 qu’il fut officiellement découvert. Chevènement l’avait dit quelques années plus tard : Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Boulin ne voulait ni l’un ni l’autre, alors « on » lui a trouvé une troisième voie originale.

Il ressort de mon enquête que ses petits copains de parti ont tenté de lui accrocher quelques casseroles aux fesses et il n’avait pas aimé la plaisanterie, mais alors pas du tout. Il pensait s’en sortir en menaçant de dévoiler quelques coups fumeux du RPR, mal lui en a pris, puisqu’il fut menacé de mort. Il avait pris peur et s’était décidé, trop tard pour lui, de planquer des dossiers d’escroqueries et d’extorsions de fonds pour alimenter les caisses du RPR qui pour être électorales n’en étaient pas moins très noires… Peut-être en savait-il trop sur le hold-up de la poste de Strasbourg, qui eu pour épilogue en juillet 1975 l’assassinat du Juge Renaud. Il a disparu le soir où il transportait ces dossiers. Lui fut très rapidement retrouvé dans sa mare au fond d’un bois, mais les dossiers jamais. Ils servent maintenant de moyen de chantage à un élu pour se maintenir en place. Il fut donc retrouvé d’autant plus vite que pour ne pas perdre de temps en circonvolutions inutiles, l’avis de recherche fut donné avant la signalisation de la disparition, et que l’avis de décès précéda celui de la découverte de son corps. Comme un tiers des effectifs du SAC émanait des forces de police de la République, la localisation du cadavre ne fut pas trop longue.

Dans mon rapport, je te narre la chronologie de mes trouvailles. En fait, tout est dans les rapports officiels, il suffisait de remettre les éléments dans l’ordre chronologique en gommant les absurdités que ces rapports contiennent. J’ai pu noter que tous les éléments de preuve possible ont malencontreusement disparus par des moyens divers : Ordre donné de passer des éléments à la casse pour faire de la place, des éléments ont été perdus, un juge avait mis des prélèvements d’organes de Boulin sous scellés dans un congélo cadenassé, celui-ci fut retrouvé fracturé et vide. C’est con, mais il contenait les poumons du ministre et la preuve qu’il était déjà mort au moment de faire trempette. Comme il est assez rare de voir un mort aller se noyer dans une mare, ça faisait un peu bordélique ces poumons sans la moindre trace de flotte. Il me reste une incertitude : Combien ont touchés les divers juges et procureurs pour déclarer que Boulin s’est suicidé, parce que dans cette affaire, c’est certainement eux qui ont fait preuve de la plus grande inventivité. A moins qu’il ne s’agisse pour eux de sauver leur peau, une phrase suffisait : Tu te souviens du juge François Renaud ?

- J’ai transmis ton dossier à la veuve, elle devrait obtenir la réouverture de l’enquête…. Si ses assassins ne reviennent pas au pouvoir.

Maintenant tu te fais un peu oublier de la politique actuelle, tu pars enquêter comment Klaus Barbie avait pu arrêter Jean Moulin. Là au moins je n’aurais pas à subir un tir de barrage des politocards actuels. Parce que putain c’est une levée massive de boucliers. La moitié des héritiers à de Gaulle a sorti les crocs.

- Ben tiens ! Faudrait que je m’étonne ? Par contre, ça me troue le cul de voir que même le Canard enchaîné persiste dans sa théorie du suicide, sans pouvoir expliquer le coup de matraque derrière la tête, la mâchoire fracturée et l’os du nez cassé, les lettres caviardées, les preuves qui disparaissent, etc. Il se fait vieux le volatile, je l’ai connu plus futé que ça…

Giscard prônait la continuité dans le changement (ou était-ce l’inverse ?) C’est un slogan qui cadre avec le gaullisme… Après chaque gros scandale le parti de de Gaulle change de nom pour se payer un nouveau pucelage : - 1947 le Rassemblement du Peuple Français - après le coup d’état de 1958, ça devient l’Union pour la Nouvelle République. - Puis c’est l’Union des Démocrates pour la Ve République - Ca suit avec l’UDR, le RPR, l’UMP et les Répus. Mais le métier de putes politiques est indélébile et tu retrouves toujours les mêmes aux manettes des magouilles.

- Il y a eu du changement tout de même !

- C’est vrai que Foccart et Pasqua ont une bonne excuse pour avoir déserté, mais ce sont des Phénix, les méthodes et les fichiers ont juste changé de mains…

- Toujours est-il que ce n’est pas le moment de remuer la merde, Tu t’occupes de Barbie et tu me lâches la grappe. Je viens de passer 22 heures en continu à rembarrer sèchement la valetaille des Raies pues parce que depuis Paul Bismuth, les boss n’osent plus faire certains téléphones eux-mêmes. J’en a raz le bol des menaces de ces minables… Eh là, pourquoi tu te fends pareillement la pipe ?

- J’imagine le tableau ….Tu n’as pas usurpé ton gentil surnom…. Je visualise ces petits connards se faire agrafer par Fleur de Cactus et en ramasser une deuxième couche par leurs patrons pour n’avoir pas su te faire peur….

Ceci dit, je te trouve bien optimiste à propos de Barbie, mais je prends le challenge avec plaisir parce que c’est pas pour dire, mais là aussi j’ai quelques petits doutes…

Hippolyte Tayze

Pour ceux qui veulent la version sérieuse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Robert_Boulin

lundi 1 juin 2015

FrançoiseFoutu anniversaire !

Ce 8 décembre 2020, Guy Kaddict s'apprêtait à fêter ses 40 ans. Le temps avait passé depuis sa rencontre avec Clochette. Il se souvenait parfois avec émotion de cette fille au nom de fée qui l'avait accueilli lorsqu'il déprimait. Il lui arrivait de sourire en évoquant la façon sans façons, tendre et désinvolte, dont elle l'avait aimé sans rien demander en échange. Le temps passant, il avait espacé ses coups de fil, puis cessé tout contact. La vie l'attendait, propice.

Guy Kaddict s'était lancé à corps perdu dans la finance et ça lui avait réussi. Il était riche. Évidemment hostile à toute augmentation d'impôts qui aurait nui un tant soit peu à l'état de son compte en banque. Révolté par toute ingérence de l’État dans sa vie et farouche partisan du libéralisme, seul système à ses yeux capable de créer de la richesse et du bien-être. En 2013, il avait vécu un temps aux USA et constaté avec soulagement que malgré ses intentions socialisantes, le président Obama ne pouvait pas aller trop loin dans ses projets de santé pour tous et de valorisation des populations noires et hispaniques. Trop d'intérêts s'y opposaient.

De retour en France, Guy Kaddict était décidé à défendre son pré carré avec la bonne conscience de celui qui pense être arrivé par ses propres mérites et considère les moins chanceux comme des assistés ou des loosers. Ces prétendus artistes payés à ne rien faire une bonne partie de l'année, ces enseignants râleurs accrochés à leurs privilèges, ces postiers s'enrichissant à Noël en vendant des calendriers hideux décorés de chiens-chiens ridicules. Il avait applaudi le président français qui avait imposé une drastique politique de réduction des prestations sociales pour aider les entreprises à redevenir compétitives et à créer des emplois... qui n'étaient d'ailleurs pas venus et pour cause : que ce soit en France ou ailleurs, les biens ne se vendaient plus faute d'acheteurs, faute d'argent.

Seuls résistaient les biens de luxe et les loisirs que s'offraient les 10% de la population qui en a les moyens, dont Guy Kaddict. Il était heureux, sa start-up avait grandi grâce au travail forcené de jeunes diplômés embauchés à bas prix et néanmoins enthousiastes à l'idée que s'ils bossaient dur, ils en toucheraient un jour les dividendes. Guy souriait de leur naïveté. Pourquoi leur donnerait-il davantage, puisqu'ils acceptaient de vivre avec si peu ? Pourquoi se priverait-il de cet argent qui lui permettait de gâter sa famille? La famille, c'est tout de même la priorité, se disait-il, les pauvres n'ont qu'à se débrouiller, l’État n'est pas une nounou.

Ce 8 décembre 2020, il reçut moult souhaits d'anniversaire via Fesse-bouc, mais fut déçu de ne trouver dans sa boîte aucune carte ni lettre comme celles qu'il recevait quand il était petit. Faute de postiers, le courrier n'était plus distribué que deux fois par semaine.

Il appela la Comédie Française pour réserver trois places: un répondeur l'avertit que le théâtre national était fermé depuis un mois faute de subventions pour boucler son budget. Il se souvint qu'il avait applaudi à la réduction du budget de la Culture au profit de l'aide aux entreprises : « Enfin, on s'occupe des vraies priorités ! » Néanmoins, il fut contrarié de voir sa soirée compromise.

Qu'à cela ne tienne, ils iraient à l'Opéra. Même message : faute d'argent pour assurer les salaires du corps de ballet, l'Opéra avait fermé ses portes pour une durée non précisée.

Guy Kaddict descendit acheter un journal. La liste des nouveaux spectacles et des nouveaux films était incroyablement réduite. La quasi suppression du statut des intermittents avait décimé les rangs des comédiens dont beaucoup avaient quitté la capitale pour vivre sous d'autres cieux où la vie serait moins chère. Du coup, peu de spectacles nouveaux se montaient. De riches amateurs d'art s'insurgeaient contre cette misère culturelle : « On ne vit pas que de brioche et de foie gras, disait l'un, l'humain a besoin de nourriture spirituelle, intellectuelle... Ou alors nous devenons des animaux. » Guy Kaddict se souvint que c'était l'argument des intermittents lors d'une de leurs grèves, plusieurs années auparavant : « La culture est vitale ». Ça l'avait fait rire : « Vitale ? Mais c'est l'industrie, les nouvelles technologies qui sont vitales ! »

Son téléphone vibra, c'était son fils :
« - Impossible de venir pour ton anniv', je dois garder ma fille.
- Elle n'est pas à la crèche ?
- La crèche a fermé, la municipalité n'a plus les moyens de la financer. De toutes façons, il neige, l'autoroute est impraticable.
- L’Équipement ne déneige pas ?
- Papa, ce n'est plus l’Équipement, les autoroutes sont privées depuis des années, et on ne déneige pas les tronçons non rentables.
- Prends le train !
- Impossible, la gare près de chez moi a été supprimée, la plus proche est à dix kilomètres ».

En rentrant chez lui, Guy Kaddict aperçut un attroupement. De la fumée sortait par une fenêtre. Il demanda si les pompiers avaient été appelés. On lui répondit avec aigreur qu'il n'y avait plus de service public du feu depuis fin 2016, le service était désormais privé et les tarifs doubles le week-end. "Qui va payer ? demanda quelqu'un. L'appartement qui brûle est inoccupé, c'est un court-circuit dans les communs ou une malveillance qui a mis le feu, les occupants de l'immeuble sont en train de se disputer pour décider s'ils acceptent de prendre ou non en charge l'intervention".

Guy Kaddict se souvient de l'adage : une seconde pour éteindre un feu naissant, une minute après une minute d'incendie, au-delà on ne garantit rien. Il regarda les flammes s'élever dans le ciel, entendit le craquement sinistre des vitres de son appartement. Foutu anniversaire !



(cette chanson n'a de rapport avec le texte que l'instinct destructeur de l'homme. Et puis j'adore Nougaro)

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