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samedi 14 septembre 2019

FrançoiseTout ça pour ça.

Sept mois de manifestations et de rencontres sur les ronds-points, d’éveil de citoyens qui, jusqu’ici, ne s’étaient jamais intéressés à la politique, 3 mois de “grand débat” où prétendument le Roitelet avait compris la détresse de ses prochains ( mais heureusement, des cahiers de doléances bourrés d’idées intéressantes et d’autres plus idiotes, l’humain n’est pas parfait), tout ça pour accoucher de quoi?

De quelques miettes d’aumône là où les gens voulaient juste vivre dignement de leur travail, sans aumône justement, mais avec des salaires décents, d’une politique écolo qui ne touche pas aux lobbies, reporte l’interdiction des pesticides, ne touche pas à la publicité ni aux Big Data qui participent à l’effet de serre autant sinon plus que les voitures, vénère toujours une croissance infinie par définition incompatible avec la sauvegarde de l’humanité (et pas pourvoyeuse de bonheur) continue à casser des services publics qui fonctionnaient bien en réduisant leurs moyens jusqu’à ce que, exsangues, ils soient déclarés inefficaces… et privatisés, au grand plaisir des actionnaires. Tout ça pour ça!

Mon premier article sur le nucléaire et ses risques (gestion des déchets notamment et coût exhorbitant à long terme) date de 1977 dans “la Gueule Ouverte” et j’en ai fait bien d’autres dans les années 80. En 1995, énorme dossier sur le changement climatique et ses effets sur l’eau, le sol, et l’air. Rubrique “santé et environnement” tenue pendant 16 ans pour avertir de tout ce qui fait l’urgence écologique aujourd’hui sans que ça engendre plus que quelques “petits gestes pour la planète”, expression qui m’horripile. Le seul point positif: l’agriculture “bio” si longtemps décriée comme “bobo babacool” et incapable de nourrir les milliards d’êtres humains apparaît aujourd’hui comme le seul avenir alimentaire cohérent. Pas à tout le monde néanmoins, voir l’excellent “Envoyé spécial” consacré à l’industrie des semences… Côté perso, entre trier les photos et documents accumulés depuis des décennies, continuer d’apprendre l’espagnol, jouer un peu de piano, écrire le livre en cours et rewriter deux manuscrits auxquels je crois, me perfectionner en escalade, tricoter pour mes proches, voyager encore et prendre du temps et du plaisir avec celles et ceux que j’aime, j’ai de quoi m’occuper des années, mais combien?

Combien de temps me reste-t-il? Aucune idée!

A force de voir autour de moi des amis tomber malades ou disparaître, je ne me risque à aucun pronostic. Je ne sais plus qui a écrit: “On se sait mortel, mais un jour on se sent mortel et c’est très différent”. J’en suis là, et je me dis que pour réaliser au moins une part de mes projets, il faut m’isoler du brouhaha du monde, des vidéos, articles, émissions parfois passionnantes mais souvent redondantes et terriblement chronophages: ça fait 40 ans que tout va mal, que je l’écris et le vis, même si dans ma vie ça va plutôt bien.

Mais comme Jean-Luc Mélenchon- qui ne dit pas que des bêtises- comment être heureux dans un océan de misère? C’est à cause de cet océan de misère que je me suis souvent dispersée: tant de causes à défendre, de scandales à dénoncer.

Mais à poursuivre ainsi, je n’aurai pas le temps pour le reste… et j’ai aussi besoin du reste.

https://www.youtube.com/embed/ewY-adQ6IWo



La terre vue depuis l'espace !

(texte Françoise, ch'tiot crobard Andiamo)

samedi 22 juin 2019

BlutchLe triomphe de la vertu imbécile.

L'appel du 18 juin de Blutch

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dimanche 21 avril 2019

AndiamoL'auto du proprio.

Je vous en ai parlé de mon proprio, dans un billet intitulé "mon p'tit monde". Il était pingre au-delà de l'imaginable, mais il possédait une AUTO, si, si, elle couchait dans le garage, situé juste sous notre salle à manger.

Sa voiture, c'était une Renault Vivasix, limousine de 1931, de couleur noire. Elle ressemblait beaucoup à la bagnole d'Al Carbone, dans "les fous du volant".

Il ne la sortait guère, pour ainsi dire jamais, mais quand, par grand beau temps, il ouvrait les portes métalliques du garage, retirait les nombreuses et très usagées couvertures couvrant la relique, aidé de son fils, un grand costaud, ils poussaient le carrosse dans la rue, cette rue dans laquelle il ne passait jamais de bagnoles, c'était l'évènement !

Tous les mômes du quartier radinaient, admirant la calandre chromée, les marche-pieds caoutchoutés. Il ouvrait grand les portières, aérant les sièges en velours marron. Nous regardions, sans oser toucher, l'immense volant en bakélite noire, les multiples cadrans du tableau de bord.

Et lui, il roulait sa caisse, nous expliquant le levier de vitesses, trois pour la marche avant, une pour la marche "recul", le compteur étalonné jusqu'à 110 km/heure !

Cent dix à l'heure, t'imagines Paulo ? A c'te vitesse là, on s'rait à Marseille en... En... Heu... En moins de deux !

Mais là où ça devenait un rite, la grand'messe, le rituel du vin versé dans le ciboire, c'était le moment où il procédait au remplissage du réservoir !

Il n'allait pas à la pompe faire le plein, non, il avait dans son garage un jerrican plein du malodorant liquide.

Je pense qu'il devait user d'une combine pour se procurer du carburant à bas prix, radin comme il l'était, je le subodore.

Nous les gamins, nous étions priés de reculer, l'essence est très volatile, et particulièrement "flammable", disait-il, je ne voudrais pas refaire le coup de Jeanne d'Arc !

Tu penses, on était vachement impressionnés. Courageux, le père "la goutte" (j'sais pas comment il se démerdait, mais il avait en permanence une fuite au tarbouif !). Manipuler un jerrican d'essence ? Vu le cinoche qu'il nous faisait, c'était kif-kif "le salaire de la peur". Plus tard, quand j'ai vu le film, j'ai fait le rapprochement.

Mais ça n'était pas tout : le rituel n'était pas achevé, il sortait un grand entonnoir métallique, bien protégé dans son sac, puis un béret hors d'usage !

Il enfilait l'entonnoir dans le réservoir, garnissait celui-ci avec le béret, qui servait de filtre. Attention, pas de saloperies dans mon auto ! Que du clean, de la first quality, du bon pétrole, garanti première pression à froid !

Le fiston tenait l'entonnoir : "tiens ton entonnoir toujours droit" ! Et le vieux versait délicatement, religieusement, le précieux liquide ambré, le nectar, l'hydromel, sans en perdre une seule goutte !

J'aimais bien étant gamin renifler cette odeur, sans doute parce qu'elle était rare à l'époque. Aujourd'hui, elle me ferait plutôt gerber.

Puis, le rite accompli, le bouchon du réservoir méticuleusement refermé, il rangeait les accessoires, ressortait du garage en tenant sur son ventre un lourd paquet : la batterie.

Cette batterie était débranchée, après chaque usage, puis une journée avant la mise en service de la Vivasix, il la mettait en charge, il ne fallait surtout pas qu'elle s'abimât, d'où ce luxe de précautions.

Après avoir remis la précieuse batterie en place et rebranché les cosses, il faisait le tour de la vénérable, refermait les portières, s'installait au volant, alors son fils ouvrait le grand coffre de la Renault, et en sortait : "LA MANIVELLE" , heureux conducteurs d'aujourd'hui, qui n'avez pas connu ce bout de ferraille tordu, qui vous a pété plus de poignets qu'un curé peut en bénir !

Le fiston introduit l'embout de la manivelle au travers du pare-chocs, puis dans : la "dent de loup", située en bout du vilebrequin, et tourne lentement, plusieurs fois, ceci afin de dégommer le moteur, car après un aussi long repos, la mécanique est un peu coincée... Un peu comme votre dos le matin, vous les vieux !

Puis il adresse un signe de tête au Paternel, retire le morceau de ferraille, alors le père "la goutte" tire sur le démarreur (ces anciennes voitures ne possédaient pas de Neiman), une petite clé de contact, puis on actionnait une tirette : le démarreur.

Le six cylindres tousse, visage tendu et angoissé du père machin, nouvel essai : le moteur hoquète, pétarade, nous on applaudit, le vieux transpire, bouche ouverte, toc, toc, les gouttes de son nez sur le volant, il s'essuie le pif d'un revers de la main, retire sur le démarreur, la batterie tient bon, deux ou trois : pouf, pouf, et ça part !

On trépigne de joie, on gueule, on vocifère, le héros exulte, il se redresse, accélère doucement, le vaillant six-cylindres tourne rond.

Il sort enfin de la bagnole, un large sourire édenté éclaire sa face d'oiseau de nuit, il est content, pépère !

Alors pour se récompenser, il fera le tour du pâté de maisons, pas plus, il ne faut pas gaspiller l'essence.

Qu'est-ce que j'aurais aimé faire un tour dans cette auto, même le tour du quartier ! Mais penses-tu, il ne me l'a jamais proposé. Je ne le lui ai jamais demandé non plus, trop timide, et puis ma mère m'aurait passé un sérieux savon, si elle avait appris que j'avais demandé quelque chose à ce vieux grippe-sous !

Enfin, avant de la remiser, pour de longs mois, dans le garage, grand nettoyage à la "NENETTE". Tous les plus de quarante ans connaissent cet accessoire merveilleux, ça ressemble à un "O'CEDAR", un peu comme la coupe de cheveux de certaines que je connais !

Cette "nénette" était imprégnée d'un produit lustrant, on la passait sur la carrosserie, et là : miracle ! La peinture brillait...

Ah ! Comme c'était beau, le père "la goutte" prenait du recul, admirait son chef-d'oeuvre, petite bave de satisfaction aux commissures des lèvres, puis opération inverse : retirer la batterie, et rentrer la belle auto dans son dortoir, "à la main", pour ne pas envahir le saint des saints avec de nocives fumées d'échappement, coupables de ternir la belle "Ripolinée".

Ensuite, il la couvrait de ses antiques couvertures, comme on le ferait pour un crack après un steeple-chase. Alors la belle endormie pouvait se reposer un long moment, avant que son Prince Charmant ne vienne, de quelques gouttes bien morveuses, la tirer de son sommeil.


(photo internet)

mardi 16 avril 2019

AndiamoNotre Drame.

Et voilà... En quelques heures elle a QUASI(modo)MENT disparu.

J'avais posté ces dessins hier au soir alors que les flammes dévoraient encore la charpente.

Il est cinq heures du mat', je ne dors pas...

Notre Dame ce sont des souvenirs, les quais, ce matin d'hiver où Andiamette et moi étions montés sur les tours, puis cette nef immense, ce jour là un concert était donné, les voûtes de la vénérable Dame résonnaient, il aurait fallu être complètement insensible pour ne pas frissonner.

Je n'irai pas la voir ainsi mutilée, je préfère garder le souvenir d'un vaisseau de pierre majestueux flottant sur le plus beau fleuve du monde...

(ch'tiots crobards Andiamo)

vendredi 5 avril 2019

Saoul-FifreVernet-les-bains

Un jour, suite à la publication d'un billet sur mon arbre fétiche, l'olivier, l'un des quatre commentateurs - hé non, les affaires ne marchaient pas fort, en ces époques éloignées - m'écrivit ceci :

Cher Saoul-Fifre,

Je fais partie d’une grappe d’éveillés sans prétention qui édite, tous les trimestres depuis 7 ans, un petit journal (8 pages, ça va pas jusqu’au bout du monde…) destiné à sensibiliser les citoyens de notre mégalopole de 1500 âmes à la richesse et la fragilité de leur patrimoine arboré.
Le prochain numéro sera consacré à l’Oliver, arbre légendaire s’il en est, et je souhaiterais pouvoir diffuser le texte savoureux, et tellement d’actualité, que tu as écrit le 16 juin 2005 sur cet arbre mythique : « L’Oliver, Arbre de Paix ».
Mais pour cela il me faut 2 autorisations :
1/ Que tu m’autorises d’abord de le publier (tu peux découvrir notre petite association, loi 1901, sur notre site www.villagearboretum.fr ; rien de bien méchant).
2/ Que tu me permettes, et c’est plus délicat, de ne pas mentionner : « ton Pisseur tout Saignant ». Non pas que je sois une grenouille assidue des bénitiers, il y a même quelques temps qu’on ne marche plus du même côté de la rue avec le Très, Très, Très Haut… mais cette formule, que je respecte, me met un peu mal à l’aise et j’ai l’impression qu’elle ne colle pas avec ton texte jubilatoire et décalé (mais probablement n’ai-je pas compris ?)

J’espère que tu diras oui deux fois (ou que tu m’expliqueras).
Réponse avant le 5 décembre, si tu veux…

Sincèrement Roger Capela

Je lui donnai mon accord et me retrouvai publié dans une vraie revue papier "Le petit journal du Village arboretum". Roger en était le dessinateur ultra talentueux, ses dessins hyper réalistes d'arbres étaient somptueux et les textes les accompagnant, passionnants. Du coup, un jour que nous passions dans les PO, Margotte et moi, nous fîmes le pèlerinage à Vernet, ville natale du chanteur Cali.

Roger était très sympa, l'arboretum associatif superbe, la bourgade charmante et les sources chaudes du coin sulfureuses à souhait. Le petit resto conseillé par Roger, délicieux, et le camping paysan-réserve naturelle, pas prise de tête et quasiment gratuit. Vernet, allez-y en confiance. Pas loin vous avez la forteresse de Villefranche-de-Conflent (montée sportive) et à ses pieds, la gare de départ du Train Jaune dont je vous ai déjà entretenu jadis. Le billet qui avait tapé dans l'œil de ce brave Roger, le voici :

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mardi 18 décembre 2018

AndiamoLes gueux.

Nous ne sommes que des gueux ?

Alors cette année la "gueux pride " se déroulera sur les Champs Elysées.

Cons se le dise.

(Images issues du web)

mardi 4 décembre 2018

AndiamoJaune devant, je tache...

Certaines et certains n'aiment pas Madame Mireille Mathieu, elle a tout de même vendu 200 millions de disques... Est-ce un hasard ?

Petite saynette en un acte, décors Roger Hardt, costumes Louis Vuitton.

Nous sommes dans un appartement (très) cossu du 8 ème arrondissement de Paris, rue du Faubourg Saint Honoré (patron des pâtissiers) .

Deux personnages : un petit pédant, l'air sûr de lui, un Dame d'âge mûr, sa Maman probablement.

La Dame s'approche du jeune Monsieur, lui roule une pelle... Rectification, ça n'est pas sa Maman, c'est sa femme, bon tout le monde peut se tromper disait le hérisson en descendant d'une brosse à habits.

- Manu, mon petit Manu, t'as vu la chienlit ? Tu comptes faire quoi afin d'arrêter cette grogne populaire, et extrêmement désagréable à l'approche des fêtes de la nativité, je ne pourrai pas aller faire mes emplettes, ni chez Vuitton, ni chez Cartier, ou bien il va falloir que j'en change.

- Que tu changes de quoi ma Bribri d'amour ?

- De quartier justement, décidément tu manques sérieusement d'humour ces temps çi.

- Je suis préoccupé ma douce, jusqu'ici, tout ça que j'ai réformé c'est passé comme un suppositoire dans le cul d'un éléphant.

- En voilà un langage Emmanuel, on ne dit pas "tout ça que j'ai réformé" mais on dit : "toutes les vacheries que j'ai faite"

- Oui ma Bribri d'amour, je la refra plus c'te faute.

- Allons élève Macron, ça n'est pas une faute, c'est le populo qui n'a rien compris, tu aurais dû insister, être davantage pédachiotte... Pardon pédagogue.

La suppression de l'I.S.F , à quoi bon emmerder les plus riches pour ne récolter que 5 milliards d'euros ? Mieux vaut voler 20 ou 30 Euros à des millions de retraités, ça rapporte beaucoup plus, la loi du nombre élève Macron, que de fois ne l'ai je répété, en classe tu n'écoutais jamais ! Tu me reluquais petit voyou.

- Arrête de m'appeler élève Macron, je ne suis plus un écolier !

- Je me le demande parfois, tu sais ceux qui n'ont pas une Rollex, les sans dents, ceux qui ont traversé la rue sans trouver de boulot, aujourd'hui ils portent des gilets jaunes devant, et toi tu pourrais te retrouver avec un pantalon marron derrière, si tu continues à rester droit dans tes "Gucci".

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