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samedi 13 décembre 2014

AndiamoNoëls

C'était hier, oui hier, ils préparaient dès la mi-décembre la maison, en vue des fêtes.

C'était hier, oui hier, ils descendaient tous les trois, le "grand" en tête dévalant les escaliers de la cave.

- Doucement, criait la Maman, tu vas te rompre le cou !

Derrière suivait la fille, longs cheveux châtains embroussaillés, et enfin mi-geignant, mi-riant le petit dernier du haut de ses trois ans, tête blonde frisée.

- 'Tendez moi, ze peux pas aller vite !

Ils ont ressorti les cartons poussiéreux rangés au sous-sol et contenant des trésors : la crèche avec son âne à trois pattes, l'ange "Bouffaréo" avé ses grosses joues gonflées comme celles de Dizzy Gillespie, le trompettiste, le bœuf "la vass" comme dit le dernier, bien écaillé par les longues années de service, les guirlandes dorées que l'on va étendre sur les étagères de la bibliothèque.

- Non, pas sur la cheminée ! C'est dangereux, ça pourrait prendre feu, a dit la Maman.

- Hein qu'après on s'ra brûlé de tout partout ? a dit le petit...

- Oui mon amour !

Et le baiser a claqué sur la joue rose.

- C'est quand qu'on achète le sapin ? demande cheveux châtains en bataille.

- Quand achètera-t-on le sapin ? rectifie Maman qui ne transige pas avec le français. Nous avons encore le temps, il va avoir trop chaud dans la maison, et il perdra toutes ses aiguilles.

- Moi z'aime pas les aiguilles, ça pique.

Et les deux "grands" se sont moqués de "tout p'tit".

C'était hier, oui hier ! Le samedi qui précédait Noël, ils allaient en famille acheter LE sapin ! Joyeuses disputes autour de l'enclos à "Normans"

- On prend ç'ui-là !

- Celui-là !

- Nan ! Il est moche comme toi, moi j'veux le gros là !

- Ze peux en soisir un petit pour moi ?

- Bon d'accord, c'est Papa qui choisit, comme ça tout le monde sera d'accord !

Ils sont rentrés, le sapin bien emmailloté remisé au fond du garage.

- Demain dimanche on décorera le sapin, a déclaré Maman le regard brillant.

Pas besoin de les réveiller, dès sept heures "ils" étaient tous les trois dans le grand lit.

Le sapin, on "fait" le sapin !

- MMMH on décore le sapin !

Le petit déjeuner avalé vite fait, les bols trainent encore sur la table, les trois "anges" sont déjà au garage, lorgnant, louchant, sur le bel arbre.

C'est Papa qui l'a dressé près du grand canapé, comme à l'habitude. Fébrilement les trois chamailleurs ont sorti les boules multicolores, et PAF la grosse bleue est tombée !

- Poussez-vous, Maman va ramasser, vous pourriez vous blesser.

- C'est Marie qui a cassé la boule !

- Même pas vrai, menteur !

- Moi ze l'aimais bien cette boule, SNIF !

Deux heures plus tard, le chef-d'œuvre est achevé, les guirlandes électriques fonctionnent, débauche de couleurs, un coup étoiles, un coup le noir, les trois enfants ont les yeux qui brillent.

- Qui va accrocher l'étoile tout en haut ? demande Papa.

Les trois "MOI" ont fusé ensemble !

- Eh bien ce sera Maman, parce que c'est notre fée, et que les fées ont toujours une étoile au bout de leur baguette magique.

Alors Maman est montée sur l'escabeau, avec d'infinies précautions elle a accroché l'étoile symbolique tout en haut du Norman.

C'était hier... Oui hier, aujourd'hui la grande pièce est vide, il n'y a plus ni guirlandes, ni sapin, ni étoile... Ni enfants !


Le petit dernier, tête blonde frisée...

mardi 2 décembre 2014

BlutchMes poètes de légendes [3ème acte - Spécial Noël]

Acte 1 : c'est par ici !

Acte 2 : c’est par !


La fin de l’année approche à grands pas et je sens monter en vous une angoisse grandissante. A fin novembre déjà c’était d’ailleurs plus (+) qu'une angoisse. Maintenant c'est déjà une terreur si manifeste qu’elle transpire à travers tous les pores de vos commentaires.

Ça se résume en quelques mots qui se conjuguent en mode majeur :

« Putain comment vais-je m’organiser pour réussir ces merdes de fêtes de fin d’année. »

Alors autant commencer par le début : Une fête c’est quoi ?
Comment peut-on aborder « les fêtes » ?
C'est là qu'intervient toute la poésie vaudoise de François Silvant (qui malgré son prénom n’en est pas moins un Lausannois pure souche).


Les fêtes sont trop souvent synonymes de cadeaux et là, ça peut rapidement devenir un bâton merdeux si on n’est pas organisé. Car autant le dire pendant qu'on peut encore le faire, les cadeaux coûtent la peau du cul. Chacun mérite le plus beau, le plus cher aussi (c'est du moins l'avis de l'intéressé).

Tu invites.... alors tu as déjà le prix de la dinde et les petits légumes, le sapin et les boules (ben oui, obligé de les changer le beauf les avait trouvées nulles à chier l'année dernière). C'est mathématique, les invités boivent deux fois plus que ce qu'ils ont apporté, alors tu finances la moitié de la gonflée du beauf, qui pour cette raison se croit obligé de te la restituer sur ta moquette neuve. Alors si en plus on te fait chier pour tes petits cadeaux à cinq euros...

Donc il faut un argumentaire pour faire face à ces ingratitudes :



Noël, ça va encore pour y échapper car il y a deux solutions qui pour être diamétralement opposées, bien que partant de la même option de base, n’en arrivent pas moins au même point final. Le seul qui soit intéressant par ces temps de marasme généralisé :

Petit A : (je sais que c’est con de dire petit A en le mettant en majuscule, mais il faudra faire avec) Noël est une fête religieuse. C’est le petit Jésus qui est né, il est le seul à pouvoir légitimement recevoir des cadeaux, donc allez vous faire voir ailleurs…

Petit B : (même remarque que pour petit A) : Noël est une fête religieuse et je n’en ai rien à branler des Églises, donc allez vous faire voir ailleurs.

Si pour les cadeaux c’est rapidement et péremptoirement résolu, il n’en va pas de même pour les agapes, car il faut s’entendre sur une date qui convienne à tout le monde. C’est là que ça se complique sérieusement.

Pour résoudre ce problème, je vous propose aussi la méthode François Silvant.

Je vous la livre sans jouer à cache mystère car on ne peut pas être gros-niqueur chez Blogbo sans être pris d’une empathie furieuse pour ses congénères de tous bords et de tous poils, bien qu’avec une mention spéciale pour ces dames :



Vous voilà parés. Vous avez calé une date la plus proche possible de la fin de l’année en tenant compte des desiderata de chacun. Mais il y en a toujours au moins un qui ne connaît pas votre nouvelle adresse. Ça pourrait rapidement se compliquer sans le secours de Denise Pahud...



Peut-être faut-il aussi réviser quelque peu l’éducation de ces chères têtes blondes afin qu’elles fasse bonne figure dans la famille… qu’elles ne nous foutent pas la honte intégrale devant Tati Mimi qui n’a pas encore rédigé son testament.



L’approche des fêtes provoque quelques dégâts collatéraux difficiles à éviter sans passer pour un grossier mufle.

On échappe assez facilement aux marmites de l’armée du Salut en évitant les portes principales des supermarchés, ou à la rigueur en passant une bordée à son mouflet au moment adéquat.

Sans progéniture à disposition, on peut aussi essayer le faux-pas qui nous fait bousculer la guitariste de service et se confondre en excuses au lieu de décramponner son crapaud pour alimenter la marmite.

On peut aussi tenter la séduction ("t'as d'belles châsses, tu sais" semble toujours avoir la cote...) et lui demander le Gorille, le Mécréant ou Putain de toi, mais là, les chances de réussites ne sont pas énormes (à moins de tomber sur le bal costumé des dirlettes de l'E.N.).

Par contre, c’est plus problématique avec les visites à domicile. C’est tout de même fou le nombre de gens qui veulent notre salut malgré nous!

Alors si par malheur vous attendiez l’épicier avec votre commande de Champomy et que vous tombez sur un VRP de la foi, pensez très fort à François… (pas le pape, ni le normal, oui un comique aussi, mais celui qui est sérieux dans son boulot)



Il y a toujours des esprits chagrins ... lucides qui, malgré les bons conseils de François Silvant, ne supportent pas les fêtes de famille. Il leur reste l’ultime solution d’aller se réfugier au bistrot :



En tenant compte du délai incompressible nécessaire pour dessaouler et rapatrier les neurones rescapés, à partir du 3 janvier vous passerez obligatoirement par la phase récupération. Là encore Blogborygmes veille sur vous et se met en quatre pour vous retaper.



Bonnes fêtes, santé et conservation.

Blutch