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mardi 16 mai 2017

AndiamoChauguise et la bignole.

Quand Chauguise le célèbre commissaire du 36, entra dans la loge de la bignole du 12 de la rue des Petites Ecuries, dans le X ièmle arrondissement, elle était justement en train de se curer les écuries. Assise à califourchon sur une chaise sans âge, dont le cannage follement épris d'indépendance pendouillait lamentablement entre les énormes jambons qui lui servaient de cuisses. Ses gros doigts boudinés fourrageaient consciencieusement dans chacune de ses narines.

- Arrête ta perquisition, tu vas t'arracher une gobille, lâcha laconiquement le commissaire devant ce tableau affligeant.

Un chapelet dans une main, la concierge priait en vain depuis matines, implorant le ciel, à grands coups de "Pater Nestor" et autres "Lavez Maria" comme elle disait, une supplique, toujours la même litanie : "Mon Dieu faites que ce soye pas mon Célestin"...

Ses cheveux gras lui collaient aux joues, le merlan du coin lui avait fait une teinte pour la rajeunir : "Flavie Flament" avait il déclaré, je pense qu'il avait dit flavescent, mais à force de lichtronner, sûr que la bignole n'avait plus les portugaises en face des tympans, et entravait lapuche !

- Dites voir Sissi impératrice, (un vrai cinéphile notre commissaire préféré) demanda Chauguise s'adressant à elle, au juste, c'est pourquoi le coup de biniou que vous nous avez adressé tout à l'heure ?

- C'est rapport à mon Célestin, y z'ont monté un collège avec des locataires, et tous les après midi y s'réunissent au troisième depuis qu'il est à la retraite des chemins d'fer, y poussent la goualante jusqu'à pas d'heure, ça en fait un raffut, d'autant qui y'a de plus en plus de monde, qui vient dans c'te collège.

- Célestin ? C'est qui ce quidam d'abord ?

- C'est pas un quidam M'sieur le commissaire, il est tout c'qui y'a de plus Français mon Célestin, c'est mon époux.

- Hè la belle Andalouse, votre Célestin, ce serait pas plutôt une sorte de chorège qu'il aurait mis sur pied ?

- Qu'est ce j'en sais moi mon commissaire ? Le fait est qu'à six plombes du mat' j'ai entendu un de ces bruit ! Comme une chute M'sieur l'commissaire, j'vous jure... Alors depuis je prie pour que ce soye pas mon Célestin qu'ait fait une mauvaise culbute... Moi j'ose pas y aller vous m'comprenez ?

- Merde tout ce raffut pour ça ? Nan mais dis voir la mère Tape autour, tu t' figures qu'on a que ça à foutre au 36 ? S'occuper des culbutes d'un mari un peu trop porté sur le bigorneau ?

La bignole se remet à chialer de plus belle !

- Elle va faire radocher tout l'quartier c'te conne ! Puis se tournant vers son jeune adjoint Julien Crafougnard :

- Toi Dugland grimpe au troisième, et fais toi ouvrir la lourde, verstehen ?

- Jawohl commissaire !

- Fous toi d'ma tronche en plus.

En moins de temps qu'il en faut à un manouche pour te faire les glaudes, Crafougnard est devant la lourde du troisième gauche.

- Police... Ouvrez !

La porte s’entrebâille, et là devant un Crafougnard interloqué, une vingtaine de mecs et de gisquettes complètement à poil !

Crafougnard redescend sourire aux lèvres, pousse la lourde de la loge, puis sur un ton goguenard dit en regardant Chauguise droit dans les yeux : Ils sont en train de répéter la chanson de Bézu : "à la queue leu leu " !

jeudi 11 mai 2017

BofLady Laie...

Le 27 avril 2017 après la naissance de notre Seigneur, après un lever du jour gelé, il a neigé! Oh, bien sûr, je devrais dire neigeoté, mais putain, tu parles d'un printemps. Je me suis rappelé, la dernière fois qu'il a neigé un peu sérieusement.

Je descendais du Puy Peyradoux, doucement pour pas me planter dans le décor, certes très beau, mais à base de granit casseur de tôle et de chrétiens.

A ma gauche, loin en contrebas, les eaux glacées de l'étang n'osaient pas bouger, transies de froid.

A ma droite, la pente enneigée montait jusqu'à la forêt sombre des grands sapins.

Devant moi, des marcassins qui traversaient peinardement, pas du tout génés par la neige.

Coup de frein, et coup de bol, je réussis à m'arrêter sans en taper un et en restant sur le goudron couvert de neige. Je descendis de voiture pour vérifier qu'il n'y avait pas de blessés et morigéner les imprudents.

C'est à ce moment qu'elle me parla, la maman, sans doute inquiète du retard de ses petits. Oui, Andy, tu entends bien: elle me parla, moi qui étais à peine à deux grammes...

- Mais, Lady Laie, tu parles? Et cette voix aérienne, elle te vient d'où, hein Lady Laie, elle te vient d'où, cette douce musique?

- Elle me vient que, grâce à tes fabuleux réflexes, ma portée est intacte.

- Oui, Lady Laie, mais tu devrais quand même mieux les surveiller, tes petits, Lady Laie.

- Je fais comme je peux, tu comprends, mon Fernand, c'est pas un petit, alors il y en a beaucoup à chaque fois qu'il s'occupe de moi, le brigand!

- Il est balèze ton Fernand, dis donc, Lady Laie. Il faudrait qu'on se rencontre qu'on est presque voisins, hein, Lady Laie?

Je vis qu'elle s'agaçait ma nouvelle rencontre, mais je ne comprenais pas pourquoi. J'aidais un de ses petits à grimper le talus en rigolant de sa maladresse.

- Eh, Lady Laie, il est moins leste que ton Fernand, çui-ci, on dirait!

Ce fut d'une voix glaciale elle-aussi, maintenant, qu'elle me dit:

- Arrête de jouer ton Groscolas, ça suffit. Mais tu as laissé mes petits intacts, alors je vais te récompenser. Prends quelques uns de mes poils, ceux autour de ma troisième tétine à gauche en partant de la hure. Ils sont très doux et en plus, ils ont des pouvoirs terribles.

Je m'apprétais à m'exécuter, m'allongeai sur son dos, cherchant délicatement l'endroit. Sa voix était devenue moins glaciale, soudainement.

- Dépêche toi, imbécile, si mon Fernand arrive, il pourrait se demander...

- Mais, Lady Laie, je veux bien ma récompense, mais si je te fais mal, hein, Lady...heu, copine, si je te fais mal?

Je me décidai à arracher quelques poils, elle me dit de les mélanger à du tabac et de fumer le tout. Rentré à l'abri, je suivis ses instructions, trois jours d'un état comateux suivirent. Lady Laie? Lady Leurre, plutôt.

- Restez où vous êtes, toi, Fernand et tout le reste de la tribu.

Et voilà que je fredonne " Elise et moi ".

Tu trouves ça normal, toi, Andy?

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lundi 3 avril 2017

AndiamoLe fécaloscope.

J’ai ressorti la première enquête de CHAUGUISE, biscotte personne (à part BLUTCH) ne veut en jouer sur ce $£)§%µ* de blog !

- Où ça ?

- ………….

- 12 rue du ruisseau ?

- ........

- Oui, je sais que c’est dans le XVIIIème, j’suis pas né à la cambrousse Bérinelle, on y va !

- Crafougnard ! Prends ta fouillasse, on sort !

- Oui patron, j’arrive…

Julien Crafougnard a emboîté le pas de son patron le commissaire Chauguise.

Chauguise : la cinquantaine, un vieux bada délavé sur son crâne, le sommet du bloum est percé de part en part, une balle de 9 millimètres "parabellum" tirée par Lulu l’enfouraillé, un Julot casse-croûte qui s’était pris pour un caïd et avait failli tuer Chauguise après un casse qui avait mal tourné. Chauguise, alors jeune inspecteur, ne l’avait pas raté, lui : un pélot entre les deux gobilles, le troisième œil. Il avait conservé ce bada en guise de porte-bonheur.

Julien Crafougnard : jeune inspecteur fraîchement sorti de l’école nationale de police. Julien vient d’être mis sur sa première enquête, une chance. Nous sommes au mois d’août, 1953 pour être précis. Pratiquement tous les inspecteurs sont en vacances, ceux qui devaient rentrer sont bloqués dans les gares à cause d’une grève aussi brutale qu’inattendue des agents conducteurs de la S.N.C.F. Le gouvernement Laniel voudrait modifier de façon désavantageuse pour les salariés les régimes de retraite (déjà). Les vacanciers fauchés sont obligés de camper dans les gares… Un bordel !

Voilà donc Crafougnard assis au volant de la traction avant Citroën quinze chevaux six cylindres à suspension "Grégoire".

- Allez, emmanche, nom de Dieu, on n’a pas qu’ça à foutre, c’est pas un enterrement de première classe !

En 1953, et de plus au mois d’août, pas un chat dans les strass. Julien attrape le boulevard du Palais, l’avenue Victoria, le pont au change, le Sébasto, qui devient boulevard de Strasbourg, puis c’est le boulevard Magenta, suivi du boulevard Barbès, la rue Ordener, après, un à gauche sur les chapeaux de roues, et enfin la rue du ruisseau, le tout en dix-sept minutes ! Des lardus en kébourre sont déjà là, petit salut militaire à l’arrivée du commissaire.

- C’est au sixième, Commissaire !

- Et y’a pas d’ascenseur, j’suppose… Comme d’hab.

- Ben non, Commissaire.

Flanqué de Crafougnard, Chauguise monte lentement les six étages. Sur le palier, une porte grise crasseuse ouverte. Sur le pas de la porte, un autre cogne à képi est là, il monte la garde interdisant tout accès.

Salut militaire, claquement de talons.

- C’est la bignole qui nous a prévenus, Commissaire, on n’a touché à rien.

- Manquerait plus qu’ça, rétorque aimablement Chauguise.

Dans la piaule craspouille, un lit douteux défait. Gisant en travers du pieu, une blondasse, jambes et bras en croix et, autour du cou, bien visible, la marque d’une strangulation. Julien s’approche et scrute méticuleusement la marque laissée par l’étrangleur.

- Cherche pas d’empreintes, y’en a pas, le salopard qui a fait ça portait des gants…

- Comment vous savez ça, Commissaire ? balbutie Crafougnard.

- C’est le cinquième du genre, toujours le même scénar, Dugland : il attire ses victimes dans un hôtel de troisième zone, enfile des gants, avant d’enfiler la donzelle. Et là, il se marre de sa propre boutade. Puis il se "coiffe" d’une capote, bourre la donzelle comme un malade et, une fois terminée sa petite affaire, il l’étrangle ! Ni vu ni connu, pas d’empreintes, pas de sperme, ainsi il n'est pas identifiable.

Mais la bignole de l’hôtel, elle l’a vu, Commissaire…

- Ben non Dugland, il est malin le fumelard. La veille, il laisse une belle enveloppe avec un bifton d’un sac, accompagné d’un petit mot : "laissez une des piaules du sixième ouverte, voici le prix de la chambre". Alors tu penses, un sacotin pour une carrée à trois cents balles, la pipelette en mouille son caldé, elle lui en laisserait même deux de piaules à ce prix-là !

Faisant preuve d'une grande bonté, BLOGBO vous a dégotté une photo d'un bifton d'un sac de l'époque.

Le soir, il se démerde pour emmener la grognace qu’il vient de lever à l’heure du feuilleton. Tu penses ! Toutes les bignoles de Pantruche ne rateraient pour rien au monde leur rencard avec la famille Duraton*!

Chauguise se penche sur le lit, en scrute chaque centimètre carré… Soudain, un sourire éclaire sa face rougie par les côtes du Rhône à la pression.

- Il est fait, le garenne, exulte-t-il... Il est fait ! Au bout de sa pince à épiler en "Nogent" véritable, il tient un poil de cul harmonieusement roulé sur lui-même, et roux de surcroît.

- Il a enfin laissé un indice ! Tu vois, Crafougnard, on va l’analyser ce poil de fouindé, on va le passer au FECALOSCOPE !

- Au quoi, patron ?

- Fé-ca-lo-sco-pe, c’est un appareil scientifique que l’on vient de nous livrer, ignare ! On vous apprend quoi à l’école de police ? Je vais tout de même t’expliquer : tu places un poil de cul sur une plaquette de verre, tu passes la dite plaquette dans l’appareil et, en moins de temps qu’il en faut à un manouche pour te faire les glaudes, l’appareil t’a livré tout ce que le proprio du poil a bouffé. Car, comprends-tu Dugland, lorsque tu vas aux cagoinsses, tu t’essuies ? Mais il reste toujours des traces, et si tu n’as pas pu te savonner le derche, biscotte t’étais au restau par exemple, eh bien l’appareil sera capable de te restituer le menu !

- Ben merde alors... C’est le cas de le dire.

Retour au trente-six par le chemin inverse, point de sens interdits, ou si peu, en ces années bénies. Fébrilement, Chauguise se rend au sous-sol, toujours flanqué de Julien. Ils sont accueillis par Bourrieux, dit "Couillette".

- Salut Couillette ! Tiens, passe-moi ça vite fait dans ton fécaloscope.

Précautionneusement, Bourrieux dépose le poil sur une plaquette de verre stérile, pousse le tout sous la lentille en verre dépoli de l’engin trônant au milieu de la pièce, maintenue à température par un système de climatisation très en avance pour son époque.

Un très léger bourdonnement se fait entendre, puis le cliquetis d’une machine à écrire a remplacé le bourdonnement, enfin une feuille au format A4 sort d’une fente latérale.

- Putain, on n’arrête pas l’progrès, s’exclame Chauguise, puis il saisit la feuille.

- Nom de Dieu, écoutez ça : mouton ; poivrons verts ; piment d’espelette ; olives vertes ; et tomates marinées dans l’huile d’olive, et le tout arrosé au lacryma christi ! Il s’emmerde pas le tringlo ! Et c’est exactement la recette de quoi ? HEIN ? J’vous d’mande ?

- On sait pas répondent en chœur les duettistes de la rousse, Dugland et Couillette.

- Bande de miaules (la miaule étant comme chacun le sait la buse en Occitan…) ! C’est exactement la recette du "schtronzo", une spécialité Austro-Lombarde, que l’on vous sert dans UN SEUL restaurant Parisien : le "Casso duro".

- Allez, en route, Dugland, on va aller le serrer, ce maniaque !

Le Casso duro : un p’tit gastos situé rue des Italiens, une petite rue à droite sur le boulevard du même nom, peu après la rue Taitbout, en remontant vers la Madeleine, elle abrite encore à cette époque l’immeuble du journal "le Monde".

Crafougnard gare la pompe en plein travers du trottoir, manquant écraser deux piétons. En guise d’excuses, il leur brandit sa carte rayée bleu, blanc, rouge. Puis il pénètre dans le restaurant, précédé de son patron. Bien qu’il ne soit que dix-neuf heures, quelques dîneurs sont déjà installés.

- Buona sera signore, una tavola per lei ? s’enquiert le taulier, arrivé presto à la rencontre du duo infernal.

- Casse-toi, Mario, ou j’te fais avaler ta marmite de spaghettis, répond laconiquement Chauguise.

- Là, patron !

Julien vient d’indiquer à son commissaire de chef une table un peu en retrait, leur tournant le dos un homme roux, mange tranquillement.

- Bon Dieu, mais c’est bien sûr ! (Bourrel n’existait pas en 1953, il a dû pomper assurément) J’le reconnais c’t’endoffé, c’est "Pogne d’acier" ! Dans l’mitan, on l’appelle ainsi car un jour il a étranglé un clebs qui lui jappait dans les mocassins, et ce d’une seule main !

Lentement, nos deux flics s’approchent, chacun se plaçant à coté du rouquin, Crafougnard à gauche, Chauguise à droite.

- T’es fait, Ducon ! Suis-nous sans faire de schcroum, sinon j’te plombe comme un scaphandrier, lâche le commissaire, en lui braquant son très règlementaire sept soixante-cinq P.A HSC sur la nuque.

- Laissez-moi au moins finir mon "schtronzo", Commissaire, balbutie Pogne d’acier.

Chauguise soi même et z'en personne.

(ch'tiot crobard Andiamo)

* La famille Duraton, était un feuilleton radiophonique qui passait le soir sur : radio Luxembourg (devenue RTL) aux environs de 20H 30. Et qui avait pour interprètes principaux : Ded Rysel, Jeanne Sourza, Jean Jacques Vital (auquel on devait beaucoup d’émissions radiophoniques) et enfin dans le rôle du pique-assiette ami de la famille : Jean Carmet… Eh oui !

vendredi 17 mars 2017

BlutchGode mit uns en revenant d’Avignon (ou la chanson de satin rose)

Pour une fois je vous la fait courte... Enfin, façon de parler parce que le sujet ne s'y prête pas spécialement et que si vous allez chercher toutes les références citées dans ce billet, vous en avez pour la soirée... et le reste de la nuit à ne pas dormir.

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jeudi 9 février 2017

Saoul-FifreVisa pour la Papoésie

Très jeune, la poésie m'a kidnappé. J'apprenais avec beaucoup de plaisir et de facilité les poèmes que l'on devait savoir "par cœur", très belle expression dont on a oublié le sens premier, "par amour", pour la galvauder dans le sens "ânonner par cœur", sans essayer de comprendre, comme un âne...

Le vrai poète s'exprime effectivement "par cœur", ou bien "de toute son âme", comme chantait Charles Trénet. Les mots ne sont pas filtrés par le cerveau avant de gagner la bouche ou la main. La poésie est de l'écriture automatique non édulcorée par des contingences sociales, politiques, commerciales, raisonnables, elle est l'expression de la liberté de l'individu, mais aussi de sa soumission à une inspiration, un génie qui le dépasse. Qui transgresse ces deux conditions est un parolier, un pondeur de textes, un pisseur de copie.

La 1ère fois que mes parents m'ont demandé quel métier je voulais faire quand je serai grand, j'ai répondu : "poète". Ils ont tiré une drôle de tronche. La seconde fois, j'ai répondu "cantonnier". Ils ont pas eu l'air plus jouasse. C'était sous l'influence du sketch génial de Fernand Raynaud, "Heureux !". La troisième fois, j'ai répondu "designer". Un grand silence a envahi la pièce. Autant vous avouer tout de suite que je n'ai jamais réussi à faire grimper mes capacités sur la côte pentue de mes ambitions. Le poème que je vais vous recopier n'a aucune légitimité à sa sélection. Il est un peu nullos, c'est vrai, mais allez, faites péter les vôtres, ça sert à ça, les commentaires ?

Jeannot, le fin fond des promoteurs, à 120 mètres de hauteur, visitait le caca qu'il avait fait construire pour ceux qui savent LÀ où il faut investir...

Jobard, le pauvre garçon d'ascenseur, à 120 mètres de hauteur, faisait le métier le plus con. Et c'est dur, de savoir qu'on est perçu comme l'un des plus cons...

Jonas ! Ha, Jonas, le martin-pêcheur, à 120 mètres de hauteur, filait gaiement dans l'air d'azur, à la recherche d'une truite aux mœurs pures...

JBX23(*), le martien venu d'ailleurs, à 120 mètres de hauteur, décidait de s'amuser à atterrir pour foutre la trouille, les glandes et la quinte aux brav's gars d'Paris...

Une particule composée de cellules, d'atomes et d'électrons vengeurs, à 120 mètres de hauteur, comme elle était en chaleur, fit se liquéfier un peu d'vapeur...

Wouah, l'été pourri d'sa mère !?!?

samedi 14 janvier 2017

AndiamoA l'ombre du figuier

Avant propos : Ce billet je l'ai écrit il y a quelques jours pour les impromptus littéraires Le thème imposé était :"à l'ombre du figuier". Du boulot pour Chauguise en perspective !''

TSSSS TSSSS TSSSS, dans l'air brûlant de ce mois d'Août, seulement troublé par les stridulations lancinantes des cigales, Pascal sommeille à l'ombre du figuier. Ce figuier planté une trentaine d'années plus tôt par Papet Emile.

Papet Emile, dans le village il ne parlait que de son figuier, si bien que les habitants pour se moquer un peu, mais davatange par galéjade le surnommait "Escartefigue" comme le personnage dans la pièce de Pagnol.

Elle est belle la bastide de Papet Emile, située dans l'arrière pays niçois. Depuis la fenêtre du second étage, on aperçoit la mer, sur la droite une sorte de grangette, et entre deux LE figuier. Chaque année il donne d'excellents fruits, que Mamée Célestine cuisait, sucrait afin de confectionner d'excellentes confitures, qui régalaient son "pitchou" comme elle l'appelait.

Papet est parti le premier, non pas le premier du mois ! Mais un treize Décembre, une mauvaise grippe, et Mamée n'avait que cinquante cinq ans au décès de son époux. Une gaillarde Mamée Célestine, qui aurait pu vivre cent ans, disent encore les gens du village.

Mais qu'est ce qui lui a pris à cette vieille folle, de partir avec ce saisonnier de malheur ? On les a vus bras dessus bras dessous, prendre le car de 6 heures, ce matin de Printemps, il y a tout juste 10 ans, lui portait un grand manteau marron, et un large feutre à la "Frédéric Mistral" ont certifié le peu de témoins qui les ont vus ce matin là, elle une robe à fleurs, et un caban bleu marine. Et depuis aucune nouvelles.

Pascal se réveille, s'étire, baîlle bruyamment, il jette un regard vers la grangette, dans laquelle en fouinant un peu on pourrait trouver une cantine en fer, contenant un vieux pardessus marron, et un feutre à larges bords.



Une figue encore verte tombe sur le sol...

- Tiens Mamée c'est pour toi, articule Pascal en tapotant la terre amoureusement.

lundi 9 janvier 2017

FrançoiseMon dernier coup de cœur.

MON DERNIER COUP DE COEUR Je me souviens d'un temps encore proche: les trains arrivaient à l'heure et desservaient la moindre contrée rurale à un prix abordable, on trouvait un travail salarié en quelques jours, on voyageait vers l'Inde en passant par la Turquie, l'Irak, la Syrie, l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan sans risque de sauter sur une mine ou de se faire kidnapper, au contraire: l'hospitalité locale laissait un souvenir ému aux routards. Les salaires augmentaient doucement mais régulièrement et l'impôt sur les sociétés était à 50% sans que celles-ci hurlent à la mort. Bref, l'avenir de ce passé devait forcément être radieux, puisqu'on produisait de plus en plus et de mieux en mieux, en travaillant de moins en moins. La diminution du temps de travail grâce aux gains de productivité était considérée comme naturelle, souhaitable et allant dans le sens du progrès. Tout ceci ouvrait la voie à d'intenses réflexions sur l'écologie, le nucléaire, le féminisme, la culture, les relations avec les pays pauvres... Dans les années 75/78, plusieurs milliers de réfugiés Chiliens ou Argentins fuyant les dictatures fascistes furent accueillis en France, tout comme 40 000 vietnamiens arrivés entre 1975 et 1990.

En 1989, le mur de Berlin tomba, le rideau de fer disparut et les goulags s'ouvrirent. C'était certain: désormais, nous allions être des européens partageant une joyeuse Auberge Espagnole et des citoyens heureux dans un village mondial où chacun circulerait librement et vivrait décemment dans un monde plus créateur de richesses que jamais.

Souvent je pense à ce passé pas si lointain et me demande: “Mais comment en est-on arrivé là aujourd'hui?” Là? Guerre en Irak, Iran, Afghanistan, Syrie, Lybie, Egypte, Yemen, attentats un peu partout dans le monde, retour du racisme, montée de l'extrême-droite, chômage et pauvreté dans de riches pays occidentaux, déliquescence des services publics, faillite de la Grèce, retour de l'esclavage en Afrique, en Asie et dans le 16è arrondissement de Paris avec les domestiques Philippines, peur de l'Autre, sentiment que l'humanité n'en finit pas de s'auto-détruire et de détruire la planète qui l'abrite...



Dans mon roman, “Jouer au monde”, je situais le commencement de cette déroute au milieu des années 80, décennie où l'argent cessa d'être un outil pour devenir LE but, où l'ex-communiste Yves Montand criait “Vive la crise”, où l'on nous vendait “la mondialisation heureuse” comme un monde merveilleux où l'argent des riches ruisselleraient forcément sur les moins nantis. Bernard Tapie devenait un héros national, tout comme les Golden Boys jouant à la Bourse avec l'argent des épargnants. J'avais l'intuition que ce monde globalisé autour de l'argent était dangereux, intuition que je n'arrivais pas à formuler assez précisément, avec assez d'arguments pour que mon intuition ne soit pas balayée par un cinglant: “ Tu serais pas un peu gauchiste, toi?” Or voici que j'ai découvert et dévoré le livre de Thomas Guenolé “La mondialisation malheureuse” ( First). Thomas Guenolé est professeur à Sciences Po et chroniqueur dans des magazines et radios diverses, ce qui ne l'emêche ni d'avoir de l'humour, ni d'être sérieux sans se prendre au sérieux. Les livres d'économie ne sont pas ma tasse de thé préférée, mais celui-ci m'a tenue en haleine trois jours de suite tant je jubilais à chaque page...

Facile à lire et empli de données chiffrées dont les sources sont systématiquement indiquées et vérifiables, son livre n'est pas un plaidoyer contre la mondialisation, mais une démonstration point par point et dans tous les domaines – économique, financier, social, politique – que cette mondialisation qui se prétendait heureuse et se révèle plus que malheureuse: désastreuse, n'est pas une fatalité, mais le résultat d'une idéologie parfaitement consciente. La mondialisation malheureuse creuse les inégalités et détruit méthodiquement les ressources naturelles de la planète de façon consciente, dans un but unique: toujours plus de profit financier concentré entre les mains de quelques-uns, qui de ce fait ont davantage de pouvoir que n'importe quel gouvernement.

Thomas Guénolé n'a pas écrit seul dans son coin, il s'est informé auprès de nombreux universitaires spécialistes de chacun des domaines qu'il aborde, ce qui rend son livre totalement crédible et argumenté. Pas à pas, il nous guide dans le mécanisme qui a créé le monde d'inégalités, de désastre écologique et de fortunes indécentes dans lequel nous vivons. Il aborde aussi un point sur lequel peu de gens insistent: le rapport de forces inhérent à une société basée non pas sur la solidarité mais sur la compétitivité et la compétition. Rapport de forces qui rend ridicule l'idée d'un contrat de travail “librement discuté” entre employeur et salarié, et rappelle que malgré tous les beaux discours, les hommes sont loin d'être tous égaux en droits et en libertés.

Au-delà de ce constat déjà fait ici ou là quoique avec moins de précision, l'intérêt de la démonstration est aussi que Guénolé donne, à chaque pas, des solutions pour sortir de ce qui n'est plus vivable. Il y a des alternatives, à tous les niveaux: actions individuelles que chacun d'entre nous peut adopter, décisions politiques- et là, voyez si les candidats à la Présidentielle sont côté mondialisation malheureuse ou économie humaine- et solutions au niveau des entreprises.

L'auteur conclut en analysant le cas de la Grèce et l'échec d'Alexis Tsipras à résister aux diktats de “la Troïka” malgré le soutien de son peuple. Là encore, rapport de forces: que pouvait faire un pays plongé dans la misère dont l'économie ne représente que 2% de la richesse de l'Union Européenne face à la puissance de la France et de l'Allemagne? En revanche, si dans un de ces deux pays un candidat qu'il appelle “altersystème” arrivait au pouvoir, le rapport de forces deviendrait favorable à un monde plus équilibré, plus humain, qui entraînerait d'autres pays dans une spirale vertueuse. Et il conclut: “J'espère que ce pays sera la France”. A nous d'y penser le 23 avril...

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