Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 16 juin 2018

AndiamoUn sexe à éclipse

Six heures, la sonnerie aigrelette du vieux réveil tire Robert du sommeil, d'une main encore engourdie il appuie sur le petit bouton mettant fin au supplice. Il s'étire pète un coup, c'est la tradition, ne jamais faillir aux traditions.

Tout en bâillant il se dirige vers les toilettes, l'envie de pisser du matin ? Incontournable !

Robert lève la lunette des cagoinsses, combien de fois Simone ne lui a t-elle pas remonté les bretelles en essuyant pour la ènième fois la dite lunette mouillée de pisse. Il pisse toujours de la même manière Robert, il appuie ses jambes contre la cuvette, se penche un peu, puis il pisse sans tenir son "monstre" comme il l'appelle !

Un sourire béat sur les lèvres, Robert soulage sa pauvre vessie, mais que se passe t-il ? Il n'entend pas l'habituel clapotis montant du fond de la cuvette, par contre il perçoit nettement la chaleur d'un liquide coulant le long de ses jambes musclées !

- Putain j'suis en train de pisser à côté jure t-il, il se penche et ne voit pas son "monstre", sa main ne rencontre rien, l'émotion a fait cesser tout épanchement, fébrilement Robert se tâte... Rien ou plutôt si, quelque chose d'inhabituel, un joli paradis qu'habituellement il trouve entre les jolies jambes de Simone ! Il se plie carrément en deux, et sent un poids sur son torse qui suit tous ses mouvements, il porte les mains sur sa poitrine... Bordel j'ai des seins, une foufoune, AAAAAH Robert hurle, et part en courant dans la chambre.

-Simone lève toi crie t-il d'une voix suraiguë, regarde ce qui m'arrive, regarde bordel !

- La forme allongée sur le côté du lit émerge, une barbe naissante ombre son visage.

- Pourquoi tu gueules comme ça de bon matin ?

- AAAAH ! Regarde toi Simone, tu es devenue un mec, et moi une gonzesse durant la nuit, oh putain de putain qu'est ce qui nous arrive ?

Simone se lève hagarde, elle se dirige vers la salle de bain, Robert l'entend hurler, alors il court la rejoindre.

- Tu vois Robert articule lentement Simone de sa belle voix grave, ça n'était pas une bonne idée de vouloir changer de côté pour dormir !

jeudi 3 mai 2018

AndiamoTergeist Paul

Je m’appelle Tergeist, Paul Tergeist, dans notre famille et ce depuis des générations, nous faisons du bruit, même du tintamarre, c’est notre Graal, notre but ultime, emmerder les vivants, nous sommes nés pour ça les Tergeist !

Mon trisaïeul Paul Tergeist premier, arrivait par sa seule volonté à faire sonner le Bourdon de Notre Dame ! Plus tard mon bisaïeul Paul Tergeist second du nom, arrivait d’un souffle à faire carillonner « la Savoyarde » la grosse cloche du Sacré Cœur !

Ah ils en ont emmerdé du monde ces deux là, les bons Parisiens pensaient que c’était le tocsin ! Un raffut çacom en plein neuille pensez donc ! Tout l’monde dehors, qui à loilpé, la flamberge en berne, qui en liquette, la mère Tapautour, les miches en ballottage, gesticulant, vociférant comme une harangère, et mes ancêtres se marrant comme des bossus, se tapant sur les cuisses devant un tel spectacle !

Et moi me direz vous ? Paul Tergeist troisième du nom, incapable de faire bouger le moindre Bourdon ou la plus petite Savoyarde, tout juste si j’arrive à faire osciller une clarine… Alors !

Puis l’autre jour passant Rue Brise-Miches, j’avise à droite du portail du couvent des sœurs de la Sainte Constipation, j’avise disais-je une toute petite clochette, je souffle et… Miracle elle tintinnabule (j’adore ce mot pas facile à placer, surtout lors d’un repas de funérailles), aussitôt branle bas (expression choisie quand elle s’adresse à des religieuses) dans le couvent, sœur Marie des Angoisses se pointe (y’a pas de hasard) prête à faire choir la chevillette, après avoir tiré ( !) sur la bobinette, et là Nada !

Depuis ce jour, je tire les sonnettes à défaut de tirer autre chose, et je me marre, si une nuit le carillon de votre porte d’entrée sonne de manière intempestive, rendormez vous en pensant à ce pauvre Tergeist Paul troisième du nom, c’est long l’éternité disait l’autre, surtout sur la fin, alors je passe ma mort en farces et rigolades

vendredi 9 mars 2018

BlutchSwiss-Wars

Vous avez connu en long en large et en travers toutes les vicissitudes de la guerre des étoiles débitée au cours de nombreux épisodes. Il en est pourtant un qui vous a échappé :

La Saga Swiss-Wars.

C’est comme l’autre, pleine de rebondissements, de traîtrises, de coups fourrés ; mais l’avantage majeur pour un Suisse, c’est qu’il n’y a pas besoin de sous-titres.

Pour les autres, ce sera l’occasion de tester le rendu des leçons d’helvétisme que j’ai déjà tenté de vous inculquer.

Vous aurez le droit de poser toutes les questions après le visionnage. Juste une précision de départ : Il est fait de nombreuses allusions à un certain Couchepin. Personnage politique valaisan haut en couleur (car il fallait bien que quelque chose prenne de l’altitude en lui), omniscient si l’on en croit l’opinion qu’il avait de lui et auteur d’aphorismes dont la profondeur aurait donné des vertiges à Michel Siffre en personne.

N’oubliez pas de noter la dégaine des vaisseaux spatiaux.

On se retrouve après la projection, assis en bord de scène.

Lire la suite

mardi 13 février 2018

AndiamoBobsleigh

Vous avez tous vu "Rasta Rocket" ? L'excellent film dans lequel on assiste à la participation des Jamaïcains aux J.O, dans la discipline Bob à quatre.

Cette année nous verrons sans doute les "Nuclear Rockets" Nord Coréens ! Ce Kim Jong Un quel déconneur !

J'ai suivi leur entrainement, la preuve en image.

(ch'tiot crobard Andiamo)

mercredi 20 décembre 2017

celestineLa fente de timidité

Sommée, enfin non, disons pressentie, par notre cher doyen, de bien vouloir bouger mon auguste fion, afin que de commettre un bifton sur cette non moins auguste plate-forme à haute teneur intellectuelle, que le monde entier et ses environs nous envient avec des regards cupides et néanmoins jaloux, je ne puis qu’obtempérer à une requête exprimée de façon si élégante et spontanée par le susdit.

Me voilà donc dans l’obligation morale de trouver dard-dard un sujet de thèse, vaguement inquiète d’être obligée d’y passer la nuit, quand vlatipa qu’à force de traîner mes guêtres dans les bas-fonds mal famés du darknet, ledit sujet m’est tombé tout droit dessus telle la misère médiévale sur le clergé de la basse Lorraine, au temps de la grande famine, clergé qui comme chacun sait, n’avait plus, à cette époque-là, une seule quiche au lard à se mettre sous le chicot noir et branlant.

Ah ! Quelle félicité que cet heureux et opportun hasard qui m’a fait connaître un phénomène absolument prodigieux et totalement inconnu du quidam moyen (si tant est que l’expression ne soit pas pléonastique (Pléon qui est, comme, vous le savez le frère de Gymn et le cousin de Schol.)) Un phénomène dont je me demande comment il a pu échapper à ma légendaire sargassité d’anguille en bout de course ?

Mais de quoi parle-t-elle, vous direz-vous sans doute, en pratiquant pour cela une salutaire inversion du sujet et du verbe, comme il est de bon thon chez les sardines... Et pourquoi autant de circonvolutions oratoires et de contours sémantiques à consonances maritimes et piscicoles ? Au fait, allons, au fait !

Alors voilà. Foin du suspense insupportable, qui risque de finir par vous donner des poussées d’urticaire géant, selon le bon principe qu’il ne faut jamais abuser de la patience de ses lecteurs favoris, sous peine de réactions cutanées totalement anarchiques.

Je vais donc vous parler d’un fait scientifique avéré concernant nos amis les arbres, et que l’on appelle « la fente de timidité ».

Je vois d’ici s’allumer dans vos yeux égrillards et passablement lubriques une lueur lascive et concupiscente à l’idée que je puisse évoquer en toute impunité un truc vaguement sexuel.

Eh bien non. Au risque d’essuyer votre déception presque palpable dans l’atmosphère moite et chaude de ce blog, la réponse est non. Enfin, pas vraiment. Attendez que je vous explique.

Prenez donc deux ou trois arbres lambda poussant tranquillou bilou dans leur forêt de Gastine, les uns à côté des autres comme de juste. Le profane ne verra que des arbres poussant les uns à côté des autres comme de juste. Mais un œil aigu et avisé remarquera, en observant la ramure desdits arbres en contre-plongée, que les feuilles des uns respectent une sorte d’espace vide afin de ne pas toucher les feuilles des autres, que les professeurs Nimbus de la botanique appellent poétiquement « la fente de timidité ».

Chacun garde en quelque sorte son quant-à-soi. Son cercle vital, par une espèce de pudeur toute arbustive (pudeur qui est, je vous le rappelle, tout le contraire de l’escartefiguerie).

-Dites donc, vous ! bas les feuilles, malappris ! Nous n’avons pas gardé les écureuils ensemble, que je sache, alors prenez vos distances !

-Oh, désolé, je ne voulais pas vous causer de mélèze !

La fente de timidité, non mais, c’est-y pas émouvant ? Et d’une mignonnitude absolument fondante, de la part de ces grands échalas, chênes, érables, frênes centenaires, pudiques comme des pensionnaires du couvent des oiseaux.

Ah…la nature ne cessera jamais de m’étonner.

Et vous, sauf votre respect, ça vous la coupe aussi, ce truc, non ?

dimanche 10 décembre 2017

AndiamoL'effet papillon

Préambule : Ce billet je l'avais écrit en 2008 ! Une pure fiction à l'époque, et voilà qu'aujourd'hui il est d'une brûlante actualité, dans la première version il s'agissait du Président du Kamtchatka, je l'ai remplacé par le bouillant Kim Jong Un ! Pour les voyages dans le passé il faudra attendre encore un peu.

Depuis quinze jours les chaînes de télévision, les stations radios, les journaux, internet, tout ce qui touchait de près ou de loin à l'information, suivaient, minute par minute, l'actualité brûlante en ce début de juillet 2030.

Aurons nous la guerre ? La Corée du nord indépendante depuis 1953 suite aux accords de Panmunjon, reprenait ses hostilités à l'encontre du monde occidental, déjà en 2017 son président Kim Jong Un, plus jeune alors avait défié les Etats Unis, le président Trump avait failli suite aux provocations de ce truglion, déclencher une troisième guerre mondiale. La tension avait baissée, la Chine ayant réussi à calmer ce petit Coréen un peu trop nerveux.

Et puis, fin Août, le président de la Corée du nord, toujours Kim Jong Un, (réélu avec 98,5% des voix) ! Avait fait brusquement volte-face, on murmurait à titre officieux que la Chine aurait menacé le président Kim Jong Un, des pires sévices, si ce dernier ne se calmait pas.

Le calme était revenu, et pour longtemps. Un matin, on avait retrouvé le bouillant et très démocratique président de la Corée du nord, pendue dans sa résidence secondaire, située dans la banlieue de Pyongyang la capitale !

Rodolphe Mézières, planté devant l'affiche en 3D 4x3, lisait la pub de la très sérieuse agence "RETRO-TEMPO" : de la reine Margot à Mao, rien n'est impossible pour RETRO-TEMPO ! Un peu débile, leur slogan qui proposait pour 2000 "Mondos" seulement un voyage dans le passé (le Mondo était devenu la monnaie internationale officielle en 2019, après le crack de Wall Street, tous les pays l'avaient adopté, sauf bien sûr ceux en voie de développement qui avaient été écartés, trop pauvres pour partager le gâteau, comme d'habitude !). Quant aux Suisses : ils n'étaient ni pour ni contre, bien au contraire !

Deux mois plus tôt, Rodolphe avait gagné 2000 Mondos au grand jeu Internet-Bol, l'animateur demandait le nom de la capitale du Kamtchatka et, bizarrement, il venait tout juste de l'écrire à l'ancienne sur une feuille de papier, aussi avait-il été le premier à faire courir ses doigts sur le clavier : Petropavslovsk-Kamcatskij, et avait gagné, devançant de deux centièmes de seconde son plus proche concurrent.

Ayant pris rendez-vous via Internet, Rodolphe se rendit dans l'immeuble cossu de l'avenue d'Iena, qui abritait les luxueux bureaux et laboratoires de Rétro-Tempo. Là, une hôtesse genre "top-modèle", tailleur bleu pétrole, escarpins assortis, décolleté vertigineux, l'accueillit, sourire "Ultra-Brite" sur ses dents carnassières.

- Bonjour Monsieur, vous désirez ?

- Euh...Bonjour Mademoiselle, je suis Monsieur Mézières, j'ai rendez-vous aujourd'hui avec Monsieur Dampierre.

L'hôtesse coiffée de son casque-micro, manipula un minuscule interrupteur placé à son poignet.

- Monsieur Dampierre ? Pouvez-vous venir un instant, votre rendez-vous vient d'arriver, merci.

Un homme d'une quarantaine d'années s'avança, main tendue, sourire éclatant sur un visage légèrement hâlé, poignée de main virile : Monsieur Mézières ?

- Oui

- Si vous voulez bien me suivre...

Après s'être calé dans un profond fauteuil, Rodolphe, un peu gêné, expliqua à son interlocuteur que son fantasme absolu serait de voir Marilyn Monroe, pouvoir respirer son parfum, juste humer le numéro 5 de Chanel laissé dans son sillage !

Dampierre sourit : je vous comprends parfaitement Monsieur Mézières, moi-même, voyez-vous...

- Ah bon vous aussi ? Et les voilà partis à se rappeler : 7 ans de réflexion, Bus-Stop, Comment épouser un millionnaire, The misfits, etc, etc.

Monsieur Mézières, rien de plus facile, nous pouvons parfaitement satisfaire votre désir, toutefois, vous devrez nous laisser un petit délai : juste le temps de nous assurer que votre petit séjour dans le passé, ne risque pas, et ce en aucune manière, d'influer sur l'avenir. Le fameux "effet papillon".

L'effet papillon ? interrogea Rodolphe. Dampierre lui sourit, puis calmement lui expliqua : un battement d'aile de papillon au Chili, peut-il provoquer une tornade au Texas ? Cela vous fait sourire Monsieur Mézières, mais écoutez ceci :

A cause d'un embouteillage, une voiture dut s'arrêter.

A cause du passager qui se trouvait à bord, un homme s'approcha.

A cause de sa haine pour l'homme qui se trouvait à bord, l'homme sortit un pistolet de sa poche, et tira.

A cause de la mort du passager, un pays entra en guerre contre un autre pays.

A cause des alliances internationales de ces deux pays, le continent s'embrasa.

A cause de l'importance du continent sur la scène mondiale, la terre entière bascula dans la guerre.

Tout cela au départ, à cause d'un embouteillage !

Comme vous l'avez compris Monsieur Mézières, ça s'est passé le 28 Juin 1914 à Sarajevo, Gravilo Princip venait d'assassiner François-Ferdinand, héritier de l'empire Austro-Hongrois, cet assassinat a déclenché la guerre de 14-18.

Un embouteillage, Monsieur Mézières, un simple embouteillage, vous comprenez maintenant notre prudence, il nous FAUT prendre toutes les précautions possibles et imaginables avant votre "télé-portation".

Deux semaines plus tard, Rodolphe reçut dans sa boîte à mails, un message lui donnant rendez-vous pour le lendemain. Munissez-vous de votre carte de crédit, était-il mentionné à la fin du message !

Même accueil que précédemment, sauf que l'hôtesse avait troqué son tailleur bleu pétrole, pour une tenue hyper sexy : pull jersey beige moulant, ne cachant pas grand-chose de son anatomie, micro-jupe brun de madère, et enfin bottes cuissardes en box-calf, assorties au pull complétaient la tenue de la jeune femme.

Rodolphe, après avoir acquitté la totalité de son "transfert", fut conduit dans la partie laboratoire de l'établissement, cette pièce était située au sixième et dernier sous-sol de l'immeuble. Serré contre l'hôtesse dans l'étroit ascenseur, il louchait sans vergogne sur les courbes généreuses de la bimbo.

L'ascenseur s'immobilisa, la jeune femme sortit la première, large sourire à l'adresse de Rodolphe, puis elle s'engouffra dans l'étroite cabine et disparut.

Dans la grande salle aux murs en inox "brossés", étaient présents : Monsieur Dampierre, portant une blouse blanche, ainsi qu'un assistant habillé de blanc également, le long du mur une rangée d'ordinateurs, au centre de la pièce un grand fauteuil métallique.

L'assistant conduisit Mézières jusqu'à une cabine d'essayage placée dans un des coins de la pièce : "Monsieur Mézières, je vous prie de vous changer, vous trouverez dans cette cabine les vêtements que nous vous avons préparés, quand vous serez prêt, venez nous rejoindre s'il vous plaît".

Voilà un "machino" plus vrai que nature ! s'écria Dampierre en voyant arriver Rodolphe dans sa combinaison grise, avec dans le dos écrit en lettres rouges : 20th Century Fox.

Vous allez être heureux, Monsieur Mézières ! Nous allons vous transporter à Hollywood, dans les studios de la 20th Century Fox, sur le tournage de "Sept ans de réflexion" ! Vous assisterez à la "mise en boîte" de la scène culte sur la bouche de métro !

Alors Monsieur Mézières, heureux ?

- Ah oui alors, plus que ça même, c'est comment dire... WAOUH !

Mais je vous rappelle que vous ne devrez toucher à rien, ne pas vous faire remarquer, on vous a habillé en "machino", vous passerez inaperçu, votre séjour sera bref, cinq minutes à peine, mais de grâce pas d'incidents, l'effet "papillon" n'oubliez pas !

Dites voir, s'il se produisait une panne de courant interroge le futur "voyageur" ? Aucun risque, cher Monsieur, nous sommes alimentés par deux groupes électrogènes, eux-mêmes fonctionnant grâce à une pile à combustible, autonomie totale, allons détendez-vous, tout ira bien. Et puis une fois le processus enclenché, tout est automatiquement géré par notre batterie de supers ordinateurs, connectés entre eux. Si, par le plus grand des hasards, l'un d'eux tombait en panne, les autres le relairaient, et puis que voulez-vous qui arrive de fâcheux ? Nous sommes bien protégés au sixième sous-sol. Allez, keep cool, comme on dit en Auvergne, ah ah ah !

Rodolphe n'en mène pas large, malgré les efforts de Dampierre pour détendre l'atmosphère. Ce dernier s'affaire sur le clavier, l'assistant, lui, est aux manettes.

Léger bourdonnement, une petite sensation d'apesanteur, l'odeur d'ozone qui lui pique légèrement les narines, sensation de vertige...

Soudain, Rodolphe plisse les yeux, un énorme projecteur l'aveugle, il porte la main à son front, pour en faire une visière. Et là, au milieu du plateau, il aperçoit son idole, elle est debout sur une grille, un énorme ventilo est placé dessous, le courant d'air soulève sa jolie robe blanche. Marilyn a beaucoup de mal à retenir le tissu qui virevolte dans tous les sens, elle rit de bon coeur : "Oh my God" ! lâche-t-elle à tout instant.

Calé dans un fauteuil de toile, Billy Wilder observe la scène. A coté de la belle Marilyn, Tom Ewell sourit, l'air goguenard, les caméras ne tournent pas encore, une répétition en somme. La jolie blonde sort de son décolleté un Kleenex et s'essuie les yeux, le courant d'air lui a fait couler une petite larme.

Action ! hurle Wilder. Marilyn lâche le petit mouchoir, celui-ci, porté par le courant d'air, atterrit aux pieds de Rodolphe, il hésite un instant, puis n'y tenant plus, il se baisse, le ramasse et le glisse rapidement dans sa poche.

Le parfum de Marilyn, porté par l'air brassé grâce au ventilo, vient réjouir l'odorat du faux machino, il s'en gave les fosses nasales, quel spectacle ! La robe blanche se soulevant, découvrant les jambes de Norma Jean, le numéro 5 lui parvenant en pleine face,et puis ce plus qu'il serre dans sa main, le petit mouchoir de papier qui a essuyé une larme de Marilyn, peut-être sera-t-il imprégné de SON parfum ?

Sans transition, l'ôdeur d'ozone remplace le numéro 5, la désagréable sensation d'apesanteur, les légers picotements, puis Rodolphe se retrouve dans le labo, il est vide, personne pour l'accueillir, il descend du fauteuil métallique, appelle : oh ! il y a quelqu'un ? Personne, sa voix résonne contre les murs en inox.

Il se dirige vers le petit ascenseur, appuie sur le bouton d'appel, rien ne se produit. Alors il emprunte l'escalier. Merde, songe-t-il, 2000 Mondos, bonjour la technique !

Il traverse le hall, vide lui aussi, l'hôtesse n'y est plus, pourtant mon "voyage" n'a duré que cinq minutes, songe-t-il, que s'est-il passé ?

Il se retrouve sur l'avenue... Le chaos, des immeubles en ruines, les voitures enchevêtrées, des cadavres jonchent les trottoirs, façades noircies... Rodolphe se dirige vers la place de l'Etoile, même spectacle de désolation.

Puis il commence à descendre les Champs Elysées, un homme hagard surgit du Drugstore Publicis, des boîtes de conserves plein les bras, putain de Kim Jong Un, grommelle-t-il !

Il l'a fait, songe Rodolphe, il l'a fait, comment est-ce-possible ? Pourtant il est mort : PENDU !

Alors, il plonge la main dans la poche de la combinaison grise, sort le petit Kleenex, le porte à son visage, identifie immédiatement la fragance : Numéro 5 de CHANEL.

(ch'tiot crobard Andiamo)

jeudi 30 novembre 2017

AndiamoBillet à la sauce piquante

Préambule : Ce texte je l'avais écrit pour les impromptus littéraires, il y avait des contraintes, les voici :

-Acupuncteur

-Dans un salon de beauté

-Un caleçon

-Après la venue d'un gendarme dans le quartier

-Un coup de fil anonyme.

Et démerde toi avec ça !!!

Athanase Deté, se lève comme chaque jour à sept heures, s'étire, baîlle bruyamment, puis de son pas traînant se dirige vers l'étroite fenêtre de son studio niché au sixième étage du 16 de la rue des Abbesses, une moue dubitative : il pleut encore !

Il se prépare son "Nescafé" quotidien, pas trop de poudre, Athanase est pingre, il préfère voir gonfler son bas de laine plutôt que de se faire plaisir, un vieux garçon, qui chaque jour passe devant les prostiputes qui tapinent en bas de chez lui, elles lui ont souvent proposé la botte, mais lui plus par radinerie que par timidité, n'est jamais "grimpé" !

Autrefois il y a bien longtemps il avait exercé la profession d'acupuncteur, il louait pour se livrer à son activité professionnelle un petit local au 13 de la rue du Mont Cenis, pas très loin, une petite balade quotidienne pour s'y rendre, dans ce Montmartre qu'il affectionnait tant.

Après une (très) rapide toilette, un brossage de dents plus symbolique qu'efficace, il ouvre le grand tiroir de la commode en chêne ciré, et en sort une poupée de chiffon, une poupée du genre "vaudou", à côté une longue boîte en bois, un couvercle à glissière comme les plumiers des écoliers d'autrefois ferme le précieux coffret. Précautionneusement il tire le couvercle, une vingtaine d'aiguilles fines comme des dards de guêpes, et longues d'une dizaine de centimètres sont présentes, elles sont faites d'or !

Délicatement Athanase en saisit une, puis prenant la poupée de l'autre main, enfonce l'aiguille dans l'épaule... Au même instant chez Capucine, le salon de beauté du Boulevard Haussmann dans le très chic neuvième arrondissement, Vanessa la préposée aux soins esthétiques, pousse un cri tout en portant la main à son épaule droite, Madame Riboulet de Valombreuse à laquelle elle fait le maillot pousse également un cri horrible, dans son geste, Vanessa (de son vrai nom Germaine, mais pour un salon d'une telle classe, un blase pareil ça n'était pas possible) vient d'arracher une touffe de poils pourtant solidement implantée sur la noble foufoune de Madame Riboulet de Valombreuse !

Bien sûr Athanase n'imagine pas les conséquences inouies et inespérées de sa petite vengeance, Germaine (alias Vanessa) perdra sa place bien entendu, s'il avait su il en aurait éprouvé davantage de satisfaction, mais après tout elle l'a bien cherché, car figurez vous que trois mois auparavant ...

Traînant son ennui du côté des galeries Lafayette au moment de Noël, il avait malencontreusement croisé la trajectoire de Germaine (alias Vanessa) distrait comme il l'était, il ne l'avait pas vu, car il admirait à cet instant précis une vitrine animée des galeries Lafayette, justement.

Germaine avait chuté, un mec s'était précipité pour lui porter secours, et avait sévèrement enguirlandé Athanase devant les badauds agglutinés, allant jusqu'à le traiter de pédé ! Lui !

Discrètement, Athanase après avoir fait semblant de s'éclipser, les avait suivi, il apprit plus tard que l'homme n'était autre qu'un gendarme en goguette de passage dans le quartier, qui avait flairé la bonne aubaine en portant secours à l'accorte Germaine (alias Vanessa), puis en l'accompagnant jusqu'au salon de beauté, espérant un furtif de porte cochère ! C'est ainsi que notre acupuncteur avait repéré l'endroit où officiait Germaine (alias Vanessa).

Seul luxe que se permettait Athanase, le téléphone, un vieux bigorno à cadran circulaire, les gros tout gris tout moches, cadran que l'on fait tourner avec l'index... (Mais si t'as connu, un p'tit effort de mémoire) ! On ne l'appelle jamais, mais lui adore balancer des coups de grelots anonymes, et il y a vingt ans, aucune chance d'être repéré.

Un jour alors qu'il passait devant chez Michou, rue des Martyrs, un grand con maquillé comme une drag queen, le bouscule du haut de ses pompes à talons d'une quinzaine de centimètres de haut, il le traîte de "nabot" ! Certes Athanase n'est pas très grand 1 m.69 quand il monte sur une brique, mais tout de même, de là à le traiter de nabot !

Renseignements pris, cette grande folle n'est autre que "Zaza" qui imite entre autres Sylvie Vartan, à la perfection c'est vrai !

A traîner dans les bistrots de la place des Abbesses, il a appris que Zaza s'appelait en fait Roger Cagolle, un ancien docker de Marseille qui en avait chié des boules de pétanque afin de perdre son accent. Qu'importe il allait payer lui aussi.

Samedi soir, neuf heures, chez Michou la salle est pleine à craquer, on dîne avant le spectacle, les serveurs ne sont autres que les artistes qui tout à l'heure feront le show, l'ambiance est bon enfant, simple, pas guindée du tout.

Dix heures trente, les tables ont été débarrassées, sur scène les "Michettes" entonnent l'hymne de chez Michou :

Quand j'étais petit, on m'appelait Mimi

Plus tard quand j'ai grandi, on me nomma Chouchou

Un beau jour j'ai choisi, ni Chouchou, ni Mimi

Je n'ai plus qu'un nom, pour vous, moi c'est Michou...Etc.

Les numéros défilent, plus époustouflants les uns que les autres, enfin Michou en personne, lunettes assorties au costume bleu bien entendu, annonce dans un sourire jusqu'aux oreilles : "la grande Zaza"

Epoustouflant ! On jurerait Sylvie Vartan en personne qui s'avance sur scène, bien sûr Zaza ne chante pas, c'est une bande son qui diffuse "ce soir je serai la plus belle", Zaza (alias Roger Cagolle) est gracieux comme Sylvie, c'est incroyable.

Dans son tout petit logement de la rue des Abbesses, Athanase qui connaît par cœur le "timing" du cabaret, plante dans la partie charnue de la poupée vaudou à l'effigie de Zaza, l'une de ses aiguilles fine et longue, longue, longue. A quelques centaines de mètres de là, Zaza pousse soudain un cri horrible ! Arrache littéralement sa robe, porte le main à son fessier sous l'œil amusé des spectateurs qui s'aperçoivent alors que Zaza porte un caleçon blanc à pois rouges, comme celui de Belmondo dans "Le Guignolo" !

(Affiche "Le Guignolo" prélevée sur internet)

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 >