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lundi 13 juin 2016

AndiamoC'était quand ?

Je t'ai rencontré par hasard, su' l'pont des arts, c'était une petite journée d'hiver, une journée au petit vent aigre.

On s'est regardés, tu m'as embrassé, ton baiser était chaud, et me promettait une éternité.

Nous sommes partis le long des quais, bras dessous dessus ou dessus dessous... Je ne sais plus, qu'importe c'était ton bras. Notre Dame face à nous, sa façade blanche, et devant elle cette estrade... Incongrue, laide et déplacée, je ne l'ai pas remarquée il n'y avait que toi, toi, et ton léger parfum, toi, ton regard si profond qu'il m'a fait voyager...

Pourquoi ? Pourquoi vouloir prolonger l'éphémère ?

Je suis resté, seul... Je navigue arrêté, la magie c'est furtif, la magie ça tient à un rien, une étincelle, un mot, une place, un pont, ensuite... Plus rien.

C'était quand ? Il y a une heure, un jour, un mois, un siècle, c'était hier...



Le Pont des Arts, le premier, celui chanté par l'ami Georges.

(ch'tiots crobards Andiamo)

dimanche 17 janvier 2016

AndiamoDeux cents ans...

Deux cents ans !

Et si je vous offrais 200 ans de vie au lieu de nos médiocres 80 de moyenne ?

J'ai entendu il y a peu à la radio que le plus sérieusement du monde un jour peut-être, nous pourrions vivre 200 ans en moyenne !

Alors je suis parti à rêver, 200 balais... Que vais je en faire ? Tout d'abord cela implique qu'à 76 ans (mon âge) je serai comme un homme de 35, en pleine possession de mes moyens bien sûr !

En même temps à 76 ans mon âge actuel, mes enfants volent de leurs propres ailes depuis belle burette ! Alors que fait on ? Est ce qu'on vivra avec le même conjoint, ou la même conjointe encore 120 ans ? Ne me regardez pas comme ça ! C'est long 200 ans ! Et si à 80 ans on a la forme physique d'un adulte dans la force de l'âge, forcément que nous voudrons aller voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs !

On pourra se permettre d'avoir plusieurs vies, les différences d'âge seront sans grande importance, j'explique :

Si à 80 ans vous en paraissez 35, un homme ou une femme de 20 ans de moins que vous c'est à dire de 60 ans en paraître en fait 7 de moins (simple règle de trois) et là tout devient possible, on ne vous appellera plus des "cougars", quelle horreur ce terme, car enfin ça ne choque personne qu'un vieux sorte avec une jeunette, par contre qu'une femme d'âge mûr sorte avec un mec de 20 ans son cadet et ça devient scandaleux !

Il n'y a pas que le côté couple qui sera à revisiter, nous travaillerons beaucoup plus longtemps également, jusqu'à 120 ou 130 ans ? Peut-être... Nous aurons aussi plusieurs carrières : lamineur de nouilles chez Panzani, marchand de glaces en terre Adélie, testeur de matelas chez "Simmons" (pub gratos, il faut que je change le mien justement... Hein M'sieur Simmons ?) Alors nous verrons sans doute nos arrières arrières petits enfants, putain la tribu ! Réunion de famille samedi soir au Bataclan, euh non tout compte fait pas là ! Jé déconne vous me connaissez !

On retrouvera des vieux potes : "Tiens ça fait bien six présidents de la République qu'on ne s'est pas vus" ! On ira faire du sport avec nos enfants et petits enfants, j'ai beaucoup skié avec mes premiers petits enfants, j'ai été Papi à 41 ans ! Mais hélas pour la dernière fournée, je ne peux plus aller skier avec eux, et ça m'emmerde copieusement !

Non mais vous rendez vous compte ? Je pourrai dire à mes arrières arrières petits enfants : "j'ai vu Jacques Brel, Léo Ferré, Sammy Davis Junior, Gilbert Bécaud, et même Cloclo sur scène ! Sans oublier : Tant-Bourrin; Saoul-Fifre; Françoise; Célestine et même Blutch" !

- Euh... Dis donc Papounet c'est qui tous ces dinosaures ?

Ah cruelle jeunesse ! Malgré le prolongement de nos pauvres vies, nous resterons toujours aux yeux des jeunes "des vieux croûtons" !!

(Cht'iot crobard Andiamo)

jeudi 7 janvier 2016

celestineLes âges de la vie

Variations autour d'une lampe...

Baby sitter

Allez, dodo, petit gouzi gouzi , papa et maman vont bientôt rentrer, enfin, s’ils se souviennent qu’ils m’ont payée pour supporter tes vagissements, changer tes couches dégoûtantes, et éponger ton vomi sur la lampe de chevet…parce que là, quand même, ils exagèrent, je vais leur faire le tarif de nuit, non mais qu’est-ce qu’ils foutent ? Ah enfin, j’entends marcher, ça doit être eux !


***

Terreurs nocturnes

Mamaaaaan !!! laisse la lumière allumée, j’ai peur !!! Mamaaaan, pourquoi t’es pas là ? Maman ? C’est toi qui marche dehors ? Maman, t’es sûre que t’as bien fermé la porte ? J'entends des bruits bizarres! Reviens maman, s’il te plaît…Mamaaaaan ! J’ai peuuuurrr !!

-(Bon sang, ce gosse regarde trop la télé)...Tais toi et dors!!!


***

Lendemain de teuf

Wow !!Chuis déchiré, grave ! Chais pas pourquoi j’ai bu hier soir, chais même plus c'que j'ai bu...oh la la ! j’ai un mal de crâne…Il est pas tard !à peine quatorze heures trente du mat ! J’vais dormir encore une heure ou deux…J’entends marcher dehors, ça c’est ma daronne, elle va encore me dire que j’ai le bac à la fin du mois, et que chuis un feignant…Grounf ! J’ai mal à la tête et cette lampe qui m’explose les yeux, il est où l’interrupteur , VDM* !


***

Agence immobilière

Vous allez vous plaire, dans cette maison, monsieur, madame, c'est moi qui vous le dis !

-Oh, regarde chéri, ici, là, nous ferons le salon, nous mettrons le canapé, la petite lampe rose, on va être bien… -Oui, l’endroit est très calme, remarquablement bien placé! Vous n’entendrez pas un chat marcher dehors à partir de huit heures du soir. Il vous suffira de bien fermer les doubles vitrages ! (J'ai bien fait de choisir un jour de grève des trams pour vendre cette baraque invendable...)


***

Cinq à sept

-Alors, heureuse ?

-Oh oui, bien sûr, mais tu dois partir maintenant, mon amour. Il est tard…

-Attends, encore un peu, laisse-moi te regarder, tu es si belle à la lueur de la lampe…

-Ciel, tu n’entends rien ? Oh mon dieu, des pas dans le jardin…Vite, sauve-toi, c’est lui, j’aperçois son Audi derrière les volets clos, il a un revolver, méfie-toi !


***

Absence

J'entends marcher dehors. Tout est clos. Il est tard. Ma lampe seule veille... je ne sais pas si j’aurai la force de tendre le bras pour l'éteindre cette lampe…de toutes façons, personne ne vient jamais me voir…Tiens la porte s’ouvre. Bonjour Madame !

-Mais papa, c’est moi, Madeleine, ta fille…

VDM * = Vie de Merde.

lundi 29 décembre 2014

AndiamoLe Père Noyel aime le Lagavulin

Il est passé ce con ! A la bourre mais il est passé, si, si (pas l'impératrice un peu chtarpée).

Je l'ai vu dans ma piaule, le pif cramoisi, le bénard descendu, laissant apparaître sa panse plus que rebondie, il s'est pris les ribouis dans les Gobelins, et s'est vautré vilain entre le Godin et le vase de nuit !

J'ai frotté le briquet (chez moi il n'y a pas l'électricouille de mes deux cités) et j'ai allumé la candella.

- Tain ! Késtufoulà ?

- Je livre, kimarépondu !

- T'es à la bourre (et bourré en plus).

- C'est encore la faute du Père Fouettard, il m 'a entraîné dans une virée infernale, et on a un peu lichtronné, mais moi tu m'connais habituellement je ne bois pas !

- En attendant il ne t'a pas pincé le tarbouif pour te faire écluser, t'as trouvé le chemin tout seul. C'est Noëlla qui va être contente !

- Bof ! Noëlla, elle s'est tirée avec un barbu...

- Un islamiste ?

- Nan ! Un éleveur de "culs noirs" dans le sud, un écolo façon José Bové, troupeau de chèvres, culs noirs, mulet pour tirer l'araire, une terre ingrate, en pleine moisson même les piafs crêvent de faim. On se lave avec une poignée de sable, et concernant les cagouinsses j'te raconte pas, quand tu lui demandes : "où sont les gogues" ? Il te répond : "t'as qu'à suivre les mouches" !

- Dis voir Nono, tu l'as un peu cherché ? Déjà il y a quelques années, tu t'étais torché, et t'avais fait n'importe nawoique ! Comme livrer des sex toys aux sœurs de la charité de la rue du Bac, ou des "Rumiskubs" aux petits aveugles ! Bon c'est pas le tout : tu m'as apporté quoi ?

- Ça, a t-il déclaré en extirpant de sa hotte une bouteille de "LAGAVULIN" certifiée 16 ans d'âge. (pub gratos, mais si monsieur Lagavulin veut m'envoyer une boutanche c'est pas de refus)

- Bon il te sera beaucoup pardonné mon Nono, et si on lui faisait une bise à ce Jacquot hein, KESTENDIT ?

Alors c'est pas une bise qu'on lui a fait au kilbut', mais une véritable pelle de voyou, et si vos cadeaux ne sont pas encore arrivés, c'est que ce brave Nono est en train de cuver quelque part le long du quai de la Marne, entre deux guitounes Quechua, sur le canal Saint Martin, pas loin du bassin de la Villette.

(ch'tiot crobard Andiamo)

samedi 5 octobre 2013

AndiamoLa vie passionnée et passionnante de Jésus

Ce soir, je vous emmène au théâtre AMAR HIGNI.

Les décors sont de Roger Hardt, et les djellabas de Donald Cardwell.

Nous sommes en l'an vingt (à la louche hein ?) de notre ère, dans un pauvre squat de Nazareth.

Une pièce pauvrement meublée, le père nommé Joseph sous-traite pour un menuisier richissime ALI KHEHA.

La mère se prénomme Marie, elle est femme au foyer, elle veille sur l'éducation de son fils Jésus qui, à vingt balais, n'a toujours pas quitté le foyer familial, un "Tanguy" dirait-on aujourd'hui...


- Jésus !

- Oui, M'Man ?

- Ne joue pas avec les clous de Papa, c'est dangereux ! Et toi Joseph, si tu ne laissais pas tout traîner... Ah j'te jure, c'est la croix et la bannière pour te faire entendre quelque chose ! Et pis tu sais, mon bébé, j'veux pas qu'tu joues avec ce vaurien de Judas, il est toujours là à épier avec son regard en dessous, il vendrait Père et Mère pour quelques deniers...

- Des nouveaux ou anciens deniers, M'Man ?

- C'est ça, fais l'malin ! Et pis c'est quoi ces façons Jésus ? Il paraît que tu as viré Ben Soussan du temple, ainsi que Monsieur Serfati, l'un parce qu'il vendait des merguez dans le temple et l'autre parce qu'il faisait le bonneteau, ça te regarde tout ça ? Tu sais, mon Jésus, ça finira mal, crois ta mère ! C'est comme l'aut' jour sur le lac de Tibériade, mercredi après-midi, tu marchais sur des cailloux légèrement recouverts par la flotte, et tu as fait croire à tout le centre aéré que tu marchais sur l'eau ! Tu te prends pour Mosché ? Lui, il a écarté les bras, et hop ! La mer rouge s'est ouverte en deux !

- Tu sais M'Man, ce jour-là, y'avait un coefficient de marée exceptionnel ! Alors le miracle, hein ? C'est con comme la Lune... C'est le cas de le dire.

- Et tu blasphèmes en plus ! Tu ne l'emporteras pas au paradis, mon Jésus !

- Jésus !

- Oui, P'pa ?

- Qu'est ce que tu fous ? Tu m'as encore piqué deux planches, tu les fixes l'une sur l'autre à l'aide des clous, pour faire quoi j'te d'mande ?

- Une machine volante, P'Pa !

- Une machine volante, deux planches en croix ? Autant croire qu'un jour tu monteras au ciel avec ta pauvre mère ! Et pis ta bande de douze... J'me d'mande un peu, Pierre, Paul, Jacques et les autres : une bande de vauriens ! Tiens, ce Paul, il paraît qu'il fait le pitre ?

- Non P'pa, il a écrit une épitre, une lettre si tu préfères, aux Corinthiens...

- Aux quoi ?

- Aux Corinthiens ! Des Hellènes si tu préfères...

- J'en ai connu une d'Hellène, qu'est ce qu'elle était belle ! Mais revenons à toi. Tu vois, ta mère et moi, on se disait que tu devrais plutôt fréquenter le petit Pompon, le fils de Pilate : voilà un garçon bien propret, toujours en train de se laver les mains, tu devrais prendre exemple. Encore une chose : tu as fait beaucoup de peine à Madame Lazare, tu as ressuscité son mari alors qu'elle venait de toucher l'assurance-vie de son pauvre époux. 762 sesterces tout de même ! C'est le G.A.N. (Groupement des Araméens Nantis) qui doit être content, le bonheur des Huns fait le malheur des autres, comme on dira beaucoup plus tard. Et pis pendant que tu es debout, ferme donc la fenêtre, y'a ENCORE un pigeon posé sur l'appui, j'ai pas envie qu'il refasse un môme à ta mère !


(ch'tiot crobard Andiamo)

lundi 6 mai 2013

AndiamoLes contes revus par Andiamo (III)

La série continue vous avez lu le I. Puis avides de connaître la suite vous avez lu le II

Alors soucieux de plaire à notre lectorat voici le : III.

Blanche-Caille et les 7 mains.

On appelait autrefois blanche-caille une blanchisseuse…

Il était une fois dans une laverie un peu sordide, dans une banlieue non moins sordide une blanchisserie… Heu… Je dirais plutôt une laverie, avec une vingtaine de bécanes complètement pourraves, qui transpiraient la rouille par les hublots, ces bécanes avaient noyé plus de morbacks qu’un curé peut en bénir !

Ca schmouttait le renfermé, la moisissure et les culottes mal lavées. Au milieu de ces barbottoires vaquait une douce jeune fille qui s’appelait Pétronille. Tout le monde avait oublié son blase et l’avait surnommée « Blanche-Caille ». Elle était casquée à coups de lance-pierres, tout juste smicarde, elle s’occupait du ménage, de vendre les jetons destinés à alimenter les tirelires des bécanes, et de temps en temps elle ne dédaignait pas un furtif de comptoir afin d’arrondir ses fins de mois.

Elle crêchait chez sa mère et son beau-dabe un gommeux qui s’prenait pour Rudolph Valentino, tellement gominé que même une mouche n’arrivait plus à décoller des ses ronces quand par inadvertance elle avait fait un atterrissage d’urgence sur son crâne.

Il s’appelait Fernand, mais se faisait appeler « Fernando » ça faisait plus Hidalgo avait-il déclaré ! Et plus d’une fois au prétexte de venir lui frotter les endosses au moment des ablutions, il avait essayé de la composter en cachette de Clémenceau !

Un jour la mère de Blanche-Caille qui répondait au doux prénom de Dominique, deux qui la tiennent trois qui…. Les surprit alors que Blanche-Caille se défendait bec et ongles contre les assauts furieux de Fernado, flamberge au vent, tentant de faire subir les derniers outrages à notre héroïne !

-C’est ELLE qui m’a provoqué s’écria Fernand, elle se balade la boutique à l’air, à loilpé ! Le capot grand ouvert, alors forcément ma Bibiche tu m’connais : deux mouches qui copulent déjà que ça m’excite, alors là forcément …

-Salope s’écria Dominique ! Et derechef elle balance une poignée de phalanges dans la tronche de sa fillotte ! Casse-toi, et au lieu de piquer les hommes des autres, trouve-toi un michton qui soit capab’ de te faire reluire ! (c’est peut-être pas exactement ce qu’elle lui a dit, mais je fais court).

Blanche-Caille à la rue ! C’était l’hiver, la neige recouvrait de son blanc manteau, la grisaille de cette pauvre banlieue du neuf cube, conférant à l’horreur une virginité éphémère… Putain appelez moi Delly !

Blanche-Caille grelottait, un pauvre sac poubelle à la main contenant tout ce qu’elle possédait… Pas grand’chose en vérité.

Soudain apparut Momo, un p’tit dealer, il refilait de la beuh à des paumés du quartier, pour pas bien cher c’était un gagne petit, un laborieux, un pousse-cailloux. Il devait faire jaffer ses six frelots, biscotte ses vieux s’étaient tirés au bled et n’étaient jamais revenus. Le barlu sur lequel ils s’étaient embarqués, une barcasse, dont le capitaine un pochtron, faisait moyennant une somme modique traverser la mare aux harengs à des locdus sans fric , avait fait naufrage quelque part entre Marseille et Bizerte !

Momo s’arrêta dévisagea la frêle jeune fille..

-Z’y va j’te connais cécolle tu laves les fringues dans la laverie de la téci Maurice Thorez ?

-Oui répondit-elle de sa petite voix tout en claquant des dents.

-T’es trop bonne kès tu fous à zoner ?

-Ma vieille m’a jetée elle croit que je kiffe trop mortel son keum…

-L’est trop relou ta remè ! Z’y va, monte tu vas zoner pour la neuille chez moi !

Un quatre pièces cuisine, des photos de chameaux sur les murs, une autre de la Casbah, et enfin le tapis en vraie fausse laine aux motifs Hispano-Arabes et vachement bien mité, jeté à terre.

Et là au milieu de la pièce les six frangins . .. Âgés de 13 à 19 ans pour Momo.

-C’est qui c’te meuf ? Demandent –ils dans un chœur parfait.

-C’est Blanche-Caille la meuf qui tient le « lav’au poids » de la téci Maurice Thorez ;

-J’te connais toi déclare Mouloud, t’es bonne ! Mes potes y t’appellent la ventouse rapport à tes extras derrière le comptoir !

-Blanche-Caille rosit un peu et bredouille un HEU… Faut bien bouffer !

-Bon allez j’vais ouvrir les boîtes de choucroute..

-Mais y’a du porc Momo ça t’gène pas ? Interroge Blanche-Caille.

-Du porc ? Qui te dit que c’est pas du ch’val ? Hein ? Nous on n’ en a rien à foutre !

Après ce repas et un film insipide à la téloche, Blanche-Caille alla se coucher, Momo la suivit… puis Mouloud, Abdel, Farid et tous les autres…

Ce fut : les sept mercenaires, la charge de la brigade légère, la neuvième porte, le trou Normand, les amants du Pont Neuf, les guichets du Louvre, le trou (film de Jacque Becker) … Sans oublier les gaietés de l’escadron , les grandes manœuvres, et peut-être même les 101 dalmatiens !

Le matin Blanche-Caille alla enfin se rafraîchir le trésor, épuisée mais ravie ! Les jeunes c’est bien connu ça fait n’importe quoi… Mais ça le fait toute la nuit !

Le lendemain elle avait les châsses en capote de fiacre et les paupières bordées de reconnaissance, elle alla à son taf comme d’hab ! Et là au beau milieu de la laverie un mec qui la renouchait depuis bien longtemps, un peu timide, il n’avait jamais osé l’aborder. Ce matin là il s’était fourré de la coke dans les naseaux, il s’était tiré une ligne et avait toutes les audaces, speedé à donf qu’il était, hardi comme un chat maigre, fébrile et tout le toutim !

-Salut je m’appelle Louis Leprince Ringard, j’te kiffe trop mortel j’voudrais qu’on s’mette à la colle ! Et pour l’amadouer il lui offrit deux doses d’héro et une pompe toute neuve !

-Oh y’a pas l’feu l’michton ! J’en ai rien à foutre de ta poudre, j’sniffe pas d’farine et j’me shoote pas, quant à ton bigorneau rabougri, tu t’le carres où tu veux, j’ai sept fois mieux à la baraque !

Ainsi vécurent heureux des petits enfants d’une pauvre banlieue et une douce jeune fille qui au lieu d’accorder sa main à un seul michton, la mit au sevice de sept chevaliers servants….

(ch'tiot crobard Andiamo)

samedi 26 janvier 2013

AndiamoLes fées

Ah la vache ! Y’en a qui racontent que les fées se sont penchées sur leur berceau quand ils ou elles sont nés… Elles sont arrivées avec plein de bons trucs :

- Une voix de miel, j’imagine les mouches autour….

- Quand tu parleras, des roses sortiront de ta bouche…Tu parles d’une saloperie, oui ! T’imagines dès que tu ouvres la gueule… Crac ! Interflora qui livre !

- Tes dents seront des perles.. pourvu qu’elle n’en lâche pas trop des perles !

- Tu auras des jambes de faon … Et des cornes de cerf ?

Moi aussi, elles sont venues, y’avait dans l’ordre : Pochtronnette, Lichtronnette, et Borracio, une vague parente Ritale qui aimait surtout se murger !

Avant même de venir me voir dans mon petit berceau bricolé à partir de la caisse du chat… Ben quoi ? On n’était pas bien riches chez moi, et quand il fallait retirer de la paye le paquet de gris du père, le douze trous de Préfontaine et les revues pornos qui traînaient un peu partout , il ne restait pas grand’chose !

Moi, j’étais comme qui dirait « l’accident de bidet » : ben oui, autrefois, point de pilule, alors les plus adroits sautaient en marche ! Les autres, ils se démerdaient, c’était les grandes ablutions… Ça vous laisse rêveurs ? Tas de nantis, tas de « baise à l’aise », la pilule ça a bien arrangé vos patins (les miens aussi au passage).

Et pis ça n’avait pas été une bonne idée de lui chourer sa caisse au furtif, biscotte il balançait ses pêches un peu partout... Après.

Alors on a dû s’en séparer, et comme on n’ était pas bien riches, j’vous l’ai déjà dit ? Ah bon ! Eh bien, on a bouffé du civet, vachement bon le civet, sauf que j’avais jamais vu un lapin avec une queue aussi longue ! Ma mère, elle nous a raconté que c’était un lapin de laboratoire, même qu’ils faisaient des expériences sur les pauvres bêtes afin qu’ils aient une queue plus longue ! Elle avait même ajouté, mais là j’avais pas bien compris, qu’elle allait peut-être y emmener Papa !

Les fées arrivent, la trogne enluminée comme un lampion au 14 juillet, y’avait surtout « Boracio » qui était bien allumée, elle avait emporté du « lacrima christi », c’est traître ce truc, ça vous fait l’coup du père François au troisième guindale, et pour la chanstiquer Rosa (c’est son prénom), il faut autre chose que trois godets ! Je la soupçonnais d’avoir fait une répétition générale avant, ça s’prépare ces trucs-là !

Elle arrive en titubant comme on dit dans les mauvais roman, moi je dirai, qu’elle faisait des fautes de carre à chaque changement de pied… C’est un peu plus technique, non ?

Elle se ramène, bouscule Pochtronnette et Lichtronnette, et VLAN la gerbe au tanin ! J’étais minot, hein ? Eh bien, je m’en souviens encore ! Tu penses, brûlure de pinard au deuxième degré, ça pardonne pas ! Même qu’après, chez moi, on m’appelait « vitriole », rapport à ma tronche gaufrée comme un carton d’emballage.

Les deux autres un peu éméchées, il faut bien le dire, perdent l’équilibre : brassage de vent et moulinets.. J’t’en fou, elles s'étalent sur ma pomme, bien sûr ! Maintenant, je ressemble à un Boxer qu’aurait pété ses freins !

Et puis comme Boracio avait gueulé « Andiamo* » au moment de se viander, et bien le blase m’est resté !



*Allons… Allons-y !

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