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lundi 17 juillet 2017

AndiamoAvant.

- Comment tu as dit qu'elle s'appelait cette grosse bête ? Un rhino féroce ?

- Mais non un rhinocéros !

- C'est rosse parce que c'est méchant, et si c'est méchant c'est féroce, c'est bien kèskejedisais...

- Ce que je disais !

- Et celle là avec son grand cou c'est une rivache ?

- Non une girafe.

- Et l'autre avec sa cinquième patte devant, c'est un éfélant.

- NAN, un éléphant, et puis ça n'est pas une patte mais une trompe.

- Une trompe, pour tromper qui ? Et ça bouffait quoi toutes ces bestioles ?

- De l'herbe, des feuilles...

- Comme dans mes cahiers ?

- Mais non des feuilles qui poussaient dans les arbres.

- C'est quoi un arbre ?

- Ecoute Lucie, va jouer dehors, mais pas longtemps, n'oublie pas ton respirateur, ainsi que ta combinaison antiradiations...

(ch'tiot crobard Andiamo, l'aînée de mes p'tites fillottes)

mardi 6 juin 2017

AndiamoLa corrida

Je me souviens que notre amie "La Poule " n'aimait : Ni Brel, ni Ferré, ni Ferrat, Cabrel non plus, Brassens je ne me souviens plus, Et Chelon je n'en parle même pas ! Ah les empoignades avec Calune, une inconditionnelle de Chelon, elles nous faisaient bien marrer, et elles aussi se marraient bien.

Je rejoins La Poule pour Cabrel, je ne l'aime pas non plus, tant pis pour ses fans.

Toutefois au milieu de toutes ces chansons, une m'a emballé "LA CORRIDA" ...



J'ai assisté une fois à une corrida, et j'ai eu la même impression que Cabrel, lorsque le taureau est entré dans l'arène, il pensait s'amuser, et puis sont venues les banderilles, ça ne suffisait pas, le taureau était encore bien trop fougueux, alors sont venus les picadores, avec leurs lances, au bon endroit afin de saigner la bête, l'affaiblir, avant qu'arrive le danseur en ballerines...

Pauvre bête elle saignait comme un goret, avouez que pour un taureau c'est descendre bien bas, ce jour là le taureau ne voulait pas mourir, le torero était sans doute trop maladroit pour porter l'estocade fatale, et bien ils ont abattu la bête au révolver !!! AUTHENTIQUE ! C'était en 1963 à Andorra la Vella.

Ce serait trop simple de s'arrêter sur ces images pourries, la corrida c'est aussi autre chose, des milliers d'aficionados...

Me reviennent en mémoire ces paroles d'une chanson interprété pa Dalida intitulée "El Cordobès"

Puis vînt l'instant de ton premier combat

L'ombre et la lumière dansaient sous tes pas...

Tolède, Barcelone, Séville, Linarès,

Que le chemin fut long Manuel Bénitez.

Avant qu'on ne t'appelle "El Cordobès".

Alors j'ai cherché sur internet qui était vraiment "El Cordobès", comme beaucoup de toreros, il était issu d'un milieu très pauvre, comme le chantait Jean Ferrat :

Allons laissez moi rire

Quand le toro s'avance

Ce n'est pas par plaisir que le torero danse

C'est que l'Espagne a trop d'enfants pour les nourrir

Qu'il faut parfois choisir

La faim ou le toro.

Il n'était pas trop apprécié des "puristes", pensez donc, un jour il a même enfourché un taureau, à la manière d'un cheval, s'en servant de monture ! D'ailleurs il disait : "Je ne torrée pas, je fais des trucs avec le taureau" !

Son "truc" favori était "« El salto de la rana » (« le saut de la grenouille »). Il se mettait à genoux devant le taureau, lui présentant sa muleta par un côté, puis il sautait en l’air, se retournait pendant son saut, et présentait alors la muleta de l’autre côté !

Sur la vidéo on voit très bien ce saut peu académique. A 77 ans il est redescendu dans l'arène et a torée encore, incroyable ! Souplesse, maestria, tout était encore là !

Je ne cherche pas à convaincre, ni à désapprouver, la tauromachie est l'affaire de chacun, en Espagne cela fait partie de leur culture la plus profonde.

Le soleil, les clameurs, le défi d'un homme de 70 kilos face à une bête de 500 kilos, et bien il faut tout de même avoir les cojones bien accrochées !

Enfin je lève mon verre de Xérès à Manuel Bénitèz "El Cordobès" et à Manuel Rodriguez Sanchez "Manolete" mort à Linarès, encorné par le taureau "Islero" en 1947, la corne lui avait sectionné l'artère fémorale, il n'avait pas survécu.

(Ch'tiots crobards Andiamo pour Blogbo)

lundi 1 mai 2017

BlutchUne vie de chien

Girobus : En voilà un qui n’a pas usurpé son blase…

C’était un clébard comme on ne peut plus en faire . Bâtard de souche Bouvier appenzellois, il n’acceptait aucune contrainte, aucune restriction à sa liberté de mouvement, et pourtant... ce n’était pas mon chien.

Déjà petit il se fit une belle réputation de mauvais coucheur lorsque sa maîtresse voulu le caser chez-elle pour faire sa virée en ville. Quelle ne fut pas sa surprise de voir Girobus rappliquer à la terrasse du troquet où elle s’appliquait à refaire le monde.

Au retour dans ses pénates, elle comprit la chose et sa douleur : Girobus avait bouffé le bas de la porte en chêne (SVP) pour se barrer par le trou. Forte de cette expérience, la patronne à Girobus choisit prudemment de le laisser libre de ses mouvements.

La vie de ce chien fut ainsi émaillée de petites aventures particulières. Puisqu’il fit deux fois l’objet d’un article dans les journaux locaux, je les reproduis ici :

Impartial, le 5 mai 1987

Girobus le chien de la marge

Il y a les petits roquets mondains, l’espèce canine de concours ou de performances. Les gardiens ou les cabots. Et puis, il y a Girobus, le chien barjo, cleptomane et clochard. Girobus fait du stop (mais il est prudent), il va à l’apéro et prend le bus tout seul. Tellement assimilé à l’humain qu’il l’a imité. Cessons tout mystère, Girobus est devenu le personnage de la vieille ville de N. Si vous le saluez, vous êtes du coin…

Girobus a tout d’abord été gagné comme lot dans une foire. Déposé à la SPA, il a été recueilli par celle qui partagea sa vie. D’emblée le chien fit des siennes.

« Tout petit, il piquait des crises d’épilepsie, raconte sa patronne, __et ne supportait pas de rester enfermé. Il a démoli plus d’une porte pour fuguer. Il hurlait. Combien de fois je l’ai retrouvé au poste de police, à la SPA. Amendes pour vagabondages, blâmes, regards inquisiteurs des voisins et des « amis des bêtes ». Girobus m’a fait passer pour une irresponsable. Mais je savais que c’était sa nature, et qu’il ne vivrait pas autrement que sans laisse. » __ Petit apparté : Routinier des arrestations gendarmistiques, Girobus apprit à feinter les gabelous et, dès lors, ne fut plus jamais trainé au poste de police…

Girobus donc entamé sa vie de chien sans laisse au vu et au su de tout le monde. On a commencé à le repérer dans les trams et les bus, où il faisait des courses incessantes pour dire bonjour aux patents de sa propriétaire. Mêmes navettes épisodiques de V. en ville quand il n’y descend pas à pied, par la route des gorges.

La vieille ville reste son lieu privilégié, son quartier-général. Pistée chez les commerçants et les restaurateurs, où le chien s’assure des repas de Mardi-Gras. Chapardeur aussi : croquant son butin sur un coin de verdure.

Autre habitude : l’apéro. Son ex-patron l’y emmenait chaque jour sur le coup de midi. Depuis, dès que les cloches sonnent, Girobus, où qu’il soit, devient fou. L’heure c’est l’heure et il galope au bistrot. Mais le chien n’a pas que des amis, parce qu’il lève la patte sur les robes exposées devant les boutiques, ou ne paie pas ses courses en bus. Habitant V., il a son pied à terre en ville, chez une de ses fans. Il exaspère au plus au point quelques agents de police, d’autant plus qu’il ne s’affiche jamais avec ses maîtres.

Que penser d’un tel personnage ? Quel rapports les habitués du quartier entretiennent avec ce chien ?

Chiens à visages humains

Chat et chien ont gagné depuis longtemps leur certificat d’humanité, commente M.O.Gonzeth, ethnologue, Ils ont leurs médecins, leur psychiatre, leur hôtel, leur cimetière, leurs bijoux pour les plus aisés d’entre eux. Chiens de luxe ou chiens aportifs, végétariens ou carnivores, ils sont ce que leurs maîtres désirent qu’ils soient. Girobus n’échappe pas à la règle : c’est le chien de la marge, le hors norme : il s’est singularisé tout petit déjà. C’est l’emblème d’une communauté qui se sent à part, qui cultive la différence.

Dans la vieille ville, on retrouve un esprit de village : on aime se reconnaître et se saluer. Connaître Girobus, c’est intégrer cet esprit. Girobus, c’est une manière d’humaniser la ville.

Mieux encore, on laisse faire à Girobus ce qu’on admettrait pas qu’un autre chien fasse sans réprimande. Son impertinence fait rire. Lever la patte sur un sac à commissions, renifler une chienne en laisse. Il casse le jeu de l’ordre. On le gâte de mille particularités. Tua F. qui loge souvent Girobus, repère fréquemment des gens en train de lui acheter des pâtés de viande, Girobue est reconnu comme le fétiche d’une manière d’être, d’un mode de vie de plus en plus difficile à maintenir.

Girobus a été mis sur un pied d’égalité, pour ne pas dire d’humanité. Humanité dont le privilège suprême sera de choisir sa mort, selon sa maîtresse. Girobus a maintenant 15 ans, il souffre d’asthme. Mais je suis sûre que quand ça n’ira vraiment plus, il se laissera probablement mourir. C.Ry

Le samedi 15 juin 1991, à 9h15, Girobus traversait le miroir.

5 jours après, L’Express titrait sur ses manchettes* :

  • Affichette en format A2 servant d’accroche pour le journal

Avec un aticle en pages intérieures.

V. / le plus indépendant des chiens du canton est mort.

Il est libre Girobus.

Ne le cherchez plus : il est mort. Finis les petits billets glissés dans son collier, finies les balades en bus ou en tram, finie la tournée des bistrots de la vieille ville de N. Girobus est mort. Le plus indépendant des chiens du canton a rendu son état civil de bâtard mâtiné d’appenzellois samedi : une attaque, une chute dans l’escalier pentu de son port d’attache de V, la piqûre. Ce malin aura mis 17 ans tout juste pour ronger le seul lien qu’il ait jamais eu, avec la vie, et trouver l’absolue liberté d’une interminable virée dans les souvenirs de ceux qui l’ont aimé.

Est ce d’avoir commencé sa vie comme lot dans une foire que Girobus a tiré son intarissable soif de liberté ? Quand sa maîtresse a fondu pour lui dans un refuge de la SPA, il avait trois mois et demi et, déjà, un seul rêve : sortir seul, fût-ce au prix de ronger une porte en chêne.

- Au début, il m’a vraiment fait passé pour une irresponsable, mais j’avais compris que c’était un chien qui voulait vivre libre, sans laisse ! J’ai du payer pas mal d’amendes pour vagabondage et puis la police locale a fini par le tolérer : il ne nuisait à rien, ni à personne.

Girobus habitait alors N. ses premières errances, anarchiques se muèrent très vite en un circuit gastronomique aux étapes multiples : le café du Cerf, son lieu de prédilection, le Marché, la droguerie où l’attendait un biscuit, la boucherie Margot et la chevaline, le café du Cardinal… il entrait, choisissait une chaise libre, s’y asseyait….

Tendre avec les autres animaux – n’avait-il pas une nuit réveillé sa patronne avec, entre les dents, un chaton qui réclamait son biberon ? - Intelligent – il a réussi, entre autres, à empêcher un bébé de dégringoler une rampe d’escalier – Girobus a rendu sa dernière visite en ville il y a trois ans.

- Il restait de plus en plus longtemps en ville et se reposait dans la cave d’un ami avant de remonter. Un jour, il a croisé un couple d’ami de V. et les a suivis jusqu’au parking. Le couple prit l’ascenseur et retrouva Girobus assis derrière leur voiture. Il n’est jamais redescendu.

Il avait un penchant pour les poubelles de V. et sa patronne faisait la tournée du village tous les mercredis matin pour réparer les dégâts.

- Girobus n’aura essuyé que deux plaintes au procureur dans toute sa vie de chien libre : les deux déposées coup sur coup par le gendarme du lieu qui pourtant le connaissait bien. (Deux PV annulés par le juge avec un grand sourire pour ce cabot exceptionnel.)

Mais Girobus n’en a cure, les hommes, que son mode de vie faisait rêver, l’on déjà érigé en mythe. Mi.M

N'allez surtout pas dire que je ne me suis pas foulé en recopiant ces articles de presse car c'est pluss ardu que de les écrire soi-même...

Blutch, témoin d'une vie de chien

mercredi 1 mars 2017

BlutchDieu et Nolutch

Tout le monde sait maintenant que je parle à Dieu, que même, c’est un pote terrible.

Pour les ceusses qui en doutent encore...

http://blogborygmes.free.fr/blog/index.php/2015/01/19/1739-a-la-bande-a-blognot

C’est probablement pour ça qu’un jour….

- Nolutch !

- ….

- Nolutch, j’te cause !

- Oh putain voilà que j’entends des voix et en plus y doit être bourré le type pour estropier pareillement mon nom. Et puis il est où le zigoto, y a personne ici….

- D’abord, tu restes poli parce que :

1° Je ne suis pas bourré, comme tu dis.

2° Tu devrais t’appeler Noé comme ton lointain ancêtre.

3° Si tu ne me vois pas, c’est parce que je suis Dieu.

4° Si je t’appelle, c’est que j’ai besoin de toi.

- Bon, si j’ai bien compris, je finirai mon sudoku plus tard….

- Nolutch, j’ai un problème avec l’humanité et j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Je sais que j’avais promis à ton ancêtre de ne pas récidiver le coup du déluge, mais franchement ça va trop loin. Il y a trop de monde, les humains deviennent de plus en plus inhumains, les dirigeants sont de plus en plus tarés et ne pensent qu’à dépouiller les peuples.

ils sont revenus à l’ère du veau d’or. Même qu’il lui ont donné un nom : Dollar... alors j’ai décidé de faire table rase de cette humanité, avant que des fous de Moi s’occupent à faire ce travail à la bombe… Et bien oui, je n’aime pas que des abrutis prennent des décisions à ma place. Voilà!

Je te charge de construire une arche comme ton aïeul, mais un peu plus grande car il te faudra aller plus loin que le mont Ararat puisque le seigneur du lieu est complètement zinzin.

Tu as 6 mois pour la faire avant que j’envoie la pluie.

Les six mois écoulés, il se met déjà à pleuviner lorsque Dieu regarde du côté de chez moi, je balaie tranquillos ma cour en sifflotant.

- Nolutch ! Je t’ai demandé de me construire une arche pour la sauvegarde des espèces et tu n’as rien fait. Qu’est-ce à dire !

- Excuse moi Dieu, mais ce n’est pas aussi simple que pour la première fois. Tu penses bien que je n’ai pu aller dans une forêt privée pour y couper les arbres qu’il me fallait. Maintenant, il faut passer commande et verser des arrhes. J’ai eu beau expliquer que bientôt l’argent ne servira à plus rien, scieur ne voulait rien entendre.

J’ai tenté d’obtenir un prêt à la banque du lieu, mais je n’avais pas les garanties suffisantes pour un remboursement ; et je peux t’assurer que ça n’a pas rassuré le banquier que je lui dise que les banques disparaîtront bientôt.

Toutes ces démarches ont mis la puce à l’oreille du Maire qui a exigé un dépôt de plan pour faire une construction dans ma cour. Je lui ai dis que c’est juste le temps de construire le bateau et après il partira. Et bien ça n’a pas simplifié les choses. Il a transmis le dossier à la DDE qui a exigé un plan de transport pour l’arche, de ma cour à la mer. Ils m’ont pris pour un fou lorsque je leur ai dit que ce sera la mer qui viendra à l’arche et ils ont refermé le dossier rageusement. Encore heureux qu’ils ne m’aient pas enfermé comme dément.

Les voisins ont fait circuler des pétitions contre la construction de cette arche :

Une parce que ça ferait du bruit.

Une autre parce qu’il ne faut pas défigurer les forets.

Une autre encore à cause de la circulation des camions dans le village.

Mon voisin a fait opposition car l’arche lui ferait de l’ombre sur sa terrasse.

J’ai du prendre un architecte car la surface de planchers dépasse 175 m². Celui-ci exige des calculs de résistance faits par un ingénieur naval. J’ai eu beau lui expliquer que Dieu s’en charge, il n’avait pas confiance. Je viens de recevoir une lettre de la DDE disant qu’il manquait des pièces au dossier et qu’ils exigent une étude d’impact environnemental.

Pour ne pas perdre de temps, j’ai fait les démarches pour avoir un couple de chaque espèce animale, mais là encore c’est compliqué. Pour les puces, les cafards, les morpions, ça ne posent pas de problèmes, mais il y a des espèces protégées par la loi et ça n’a servi à rien que je leur dise que c’est pour leur survie que j’ai besoin d’un couple de chaque espèce. Quant aux espèces sauvages, je dois posséder un permis spécial qui exige des études vétérinaires. Je me suis inscrit à la faculté, mais il y a 5 ans d’attente à cause de Numérus Clausus. Ils n’ont pas su me dire pourquoi il fallait l’avis de ce Romain, mais qu’il n’y a pas à charrier, car c’est le règlement.

La SPA a voulu voir les plans de l’arche et elle a estimé qu’il n’y avait pas assez de place pour que les bêtes s’y sentent bien. Brigitte Bardot a lancé une pétition mondiale contre la détention des bébés phoques.

L’URSSAF m’a demandé comment je comptais payer les charges sociales. Les syndicats ont exigé le respect des 35 heures et 75 % du personnel en CDI. Comment tu fais pour leur expliquer qu’un CDI à 6 mois de la fin du Monde, c’est un peu illusoire… Et puis tiens, le rabbin est venu me dire qu’il est exclu de travailler le samedi à deux pas de la synagogue. L’Imam m’a menacé d’une Fatwa si je faisais du bruit à l’heure des prières, et pour le vendredi, pas question de travailler. Comme le curé était déjà venu me dire que dimanche est le jour du Seigneur…. Il n’a même pas voulu comprendre que c’est un travail pour Toi, SON Seigneur.

Voilà où j’en suis, j’attends les conclusions de l’étude d’impact de ces travaux sur l’équilibre des biotopes naturels et la protection des zones humides.

Je dois encore proposer un plan de reboisement pour être autorisé à faire les abattages nécessaires à la construction de l’arche.

Avec les élections qui se profilent et la nécessité pour les nouvelles équipes gouvernementales de revoir entièrement les dossiers je ne peux raisonnablement pas m’attendre à avoir toutes les autorisations nécessaires avant 12 à 15 ans.

Alors qu’il s'était mis à pleuvoir à gros bouillons. inondant déjà ma cour, le ciel s’est brusquement éclairci, laissant place à un Soleil si chaud que l’eau disparu bien vite de mes pavés. Je me suis alors écrié :

- Dieu, tu renonces donc à détruire l’humanité ?

- Non, mais plus besoin d’un déluge, l’administration y parviendra toute seule.

Pour rendre à Césaria ce qui n’est pas forcément à Evora, c’est la libre interprétation d’une petite histoire racontée par une petite sœur des pauvres dans une réunion de patronage.

mercredi 8 juin 2016

AndiamoPapillonnons un peu...

Mon dernier billet était un peu... Comment dire ? Un peu dure à avaler, triste, déchiran an an an ant !

Les Mômans m'en ont voulu ! Si, si (pas l'Impératrice hein ?) je l'ai bien sentU dans les commentaires...

Alors afin de me faire pardonner, et de rameuter un peu la gent féminine, et masculine, je poste quelques ch'tiots crobards qui plairont je l'espère aux deux genres.

Lou parpaïoun.

Les deux premiers parpaïouns faisaient partie d'un mobile (on voit encore les trous servant à passer les fils de nylon) que j'avais fabriqué en contreplaqué très fin, pour ma p'tite fillotte, il y en avait d'autres bien sûr, et notamment une jolie libellule aux ailes de rhodoïd. Son frère avait eu droit à des très anciens modèles d'avions, Sopwith Camel, Piper J3, Gee-Bee etc..

Le dernier ch'tiot crobard ne faisait partie d'aucun mobile !!

(Ch'tiots crobards Andiamo)

samedi 8 août 2015

BlutchVous les attendiez depuis 112 ans: voici..... les Culs noirs

Tel un Messie sortant des eaux à la nuit tombante parce qu'il a soif et pris d'une culpabilité familiale intense à cause du silence assourdissant de Saoul Fifre concernant les culs noirs, Bof m'a remis en courriel propre (ben oui, il n'avait pas le bras assez long pour que ce soit sa main) une affiche de la foire annuelle des culs noirs. Petite mise en garde tout de même, les culs noirs sont une variété de porcidés il n'y a donc aucune allusion désobligeante envers les Limousines qui, dans le cas d'espèce, ne sont ni des chiottes, des bagnoles, des tires, des chars ou des minounes, pas plus d'ailleurs que des vaches, mais des dames de bonne convenance habitant le Limiousin. (là, si vous avez suivi, vous avez de la chance parce que j'ai du repasser par le start pour m'y retrouver...) Donc, a défaut d'un article circonstancié sur l'élevage des culs noirs (que je serais bien incapable de pondre), je vous transmets l'affiche de la foire en question (dont il est déjà inutile de vouloir faire le déplacement autrement que dans une machine à remonter le temps (si tant est qu'un mécano maladroit l'ait préalablement démonté (peut-être en même temps que la mer de Raymond Devos (trois parenthèses gigognes je trouvais ça un peu court)))). On y apprend, entre autre, que les Limousins mangent au moins deux fois par jour et qu'une partie des participants ne pourront pas raconter la fin de la fête, puisqu'ils auront été mangés avant. Mais clore la fête à 23 heures, je suis perplexe.... Est-ce parce qu'ils doivent gouverner tôt ou à cause du gouvernement? traduction vaudoiso-française: Est-ce à cause de la traite du lendemain ou à cause de bobonne?

Blutch

vendredi 29 août 2014

AndiamoPoulpe fiction

Elle s’avança vers lui, la démarche féline, ses hanches magnifiques accompagnant ses pas d’un balancement propre à réveiller un mort. Face à lui, elle s’arrêta, découvrit ses dents magnifiques par un large sourire, passa ses bras autour de son cou, et l’embrassa à pleine bouche devant les passants médusés !

Lui, Anselme Petitpas, plutôt petit, rondelet, chauve, la soixantaine bien sonnée, comment pouvait-il avoir séduit pareille créature ? Sûrement pas pour son fric ! Une maigre retraitre de petit employé de ministère, pas celui des oiseaux perdus comme ce pauvre Tardieu, mais presque !

Le baiser durait, procurant à Anselme des sensations oubliées depuis belle burette, comme disait sa bignole de la rue Montorgueil. Alors il commença à s’agiter, à baîller, puis se réveilla tout à fait. Les chiffres lumineux de son vieux réveil indiquaient : 03.35.

Putain, quel beau rêve ! songea Anselme en émettant un rot sonore, suivi d’un pet qui ne l’était pas moins. Cela ne risquait pas de gêner grand monde : Anselme était célibataire, ou plutôt vieux garçon. Il en avait tous les défauts : maniaque, étroit d’esprit, grincheux, et même avare !

Mais, depuis quelques jours, sa vie avait changée… Ou plutôt ses nuits, depuis cette journée où…

- Bonjour Monsieur Petitpas, l’avait accueilli Gaston le vendeur de l’animalerie de son magasin préféré.

Il s’y rendait très souvent, achetant des poissons pour son bel aquarium, la seule fantaisie qu’il s’autorisât dans sa morne vie. Ils lui plaisaient bien, ces compagnons silencieux et multicolores : pas trop contraignants, quand l’aquarium était bien « équilibré », le bon pH, la bonne température, guppys, scalaires, blacks, cœurs saignants, néons,et autres « laveurs de vitres » étaient en harmonie et ne réclamaient pas grands soins, veiller à la nourriture distribuée automatiquement, et de temps en temps, un grand nettoyage, mais rien de bien méchant.

- Bonjour Gaston ! Alors vous avez du nouveau pour moi ?

- Oui Monsieur Petitpas, vous allez être content !

L’œil ordinairement terne d’Anselme s’alluma comme un lampion au 14 juillet, signe d’une intense jubilation.

Depuis longtemps Anselme Petitpas rêvait de posséder un N.A.C*. Il s’en était ouvert à Gaston, lui laissant entendre qu’il serait prêt à le récompenser généreusement si ce dernier lui procurait un animal généralement interdit à la vente ! Oh ! Pas un animal dangereux, ou venimeux du genre crotale ou vipère du Gabon : courageux Anselme, mais pas téméraire !

- C’est quoi ? interrogea notre retraité en se hissant sur la pointe des pieds afin de compenser la différence de taille entre lui, et le vendeur.

-Surprise ! lui dit Gaston dans un murmure, suivez-moi discrètement.

Dans le fond du magasin, une porte métallique, un verrou. Gaston sort une petite clef en laiton, coup d’œil circulaire, il pénètre dans le cagibi, suivi par Anselme.

Sur la dernière étagère, tout en haut, planqué derrière un carton à chaussures, Gaston extirpe un petit pot à confitures de taille standard. Il s’approche de l’ampoule couverte de chiures de mouches, le présente à la lumière délicatement…

L’éclairage est suffisant pour que Anselme aperçoive un genre de poulpe, muni de quatre tentacules, de couleur mauve avec deux grands yeux jaunes. Son premier réflexe est un recul.

- C’est quoi ce truc ?

- Je ne sais pas, Monsieur Petitpas, c’est un homme qui me l’a vendu il y a trois jours, assez cher d’ailleurs. Il dit que c’est un animal rarissime, pas dangereux. Ça vit dans un terrarium, quelques vers pour nourriture, et un peu d’eau. Ah oui ! Il m’a aussi confié que sa nourriture essentielle ne se voyait pas, ne se touchait pas !

- Et ça n’est pas dangereux ?

- Du tout !

Joignant le geste à la parole, le vendeur dévisse le couvercle muni de minuscules petits trous et caresse délicatement la chose, qui se pelotonne et semble visiblement heureuse !

- Si ça continue, elle va ronronner, plaisante Anselme.

Après avoir déboursé 300 euros, Anselme repart tout content, non sans avoir acheté un petit aquarium, un sac de sable fin, des vers pour oiseaux, et quelques pierres fantaisies, afin d’aménager un terrarium pour son nouveau pensionnaire.

Le soir, il a longuement admiré son « poulpe », ses jolies couleurs changeant selon l’éclairage, puis il s’est couché.

Cette nuit-là, il a fait son premier joli rêve, une blonde magnifique croisée dans la rue lui a souri !

Le lendemain, elle a marqué le pas, et il en est certain, elle lui a fait un clin d’œil ! Incrédule, Anselme s’était retourné afin de regarder si un homme le suivait, en ce cas le clin d’œil eût été pour lui ! Même en rêve, Anselme ne se faisait aucune illusion ! Et bien non, c’était bien à lui que le clin d’œil s’adressait…

Les jours suivants, il y a eu le baiser dans la rue, puis un rendez-vous pour un dîner. La nuit suivante, Sarah - puisque c’est ainsi qu’elle se prénomme - l’a invité à prendre un dernier verre, comme dans les films ! Au matin, Anselme gardait ses merveilleux souvenirs dans sa tête dans son cœur, et comme dans la chanson les draps s’en souvenaient aussi…

Anselme ne vivait plus que pour ses nuits. Il avait essayé de faire la sieste afin qu’il y eût encore plus de plaisir, mais nada : ça ne « marchait » que la nuit. Il savait bien Anselme que ça n’était que du virtuel, mais ses rêves étaient si réels quand il les vivait qu’il s’était pris à y croire, jusqu’à dormir nu ! Lui pourtant si frileux !

La première semaine passa ainsi, des rêves de plus en plus torrides, et son petit animal de compagnie dans son joli terrarium se portait à merveille, exigeant peu, un ver chaque jour et un peu d'eau pour sa baignade quotidienne.

Les rêves d'Anselme devenaient de plus en plus élaborés. Ainsi, la nuit précédente, ils s'étaient retrouvés à la Fenice de Venise, on y donnait "La Traviata", ensuite dîner au café Florian, et enfin une suite au Danieli... Rien que ça ! Et, bien entendu, champagne et toujours la sublime Sarah qui le rendait fou !

C'est à partir du dixième jour qu'il y eut le premier bémol, Sarah prétexta une affreuse migraine après une soirée bateaux-mouches avec souper aux chandelles, une suite au Crion, et au moment de se coucher, cette maudite migraine qui priva Anselme de ses ébats nocturnes.

Au matin, il s'éveilla d'humeur chagrine, se pencha au dessus du terrarium et s'aperçut qu'une légère protubérance était apparue entre deux tentacules de son nouvel animal !

La journée se déroula morose, il flâna entre le métro Abbesses et la place du Tertre, passa même un bon moment à glandouiller square Nadar, observant deux amoureux se bécotant à bouche que veux-tu , assis sur un banc de bois faisant face cette magnifique ville, s'étalant à leurs pieds.

Il acheta une boîte de cassoulet chez l'Arabe du coin, se fit chauffer le contenu dans une casserole en inox vachement bien cabossée, mangea à même le récipient, faillit s'endormir devant un feuilleton style : elle est belle et rebelle, mais à la fin elle tombe dans les bras du riche laboureur qui n'a pas de gosses, même pas grave, elle va lui en faire une demi douzaine !

Puis il alla se coucher. A peine allongé, il se retrouve square Nadar derrière le Sacré-Cœur. Il a rendez-vous avec sa Sarah. Il attend, une heure deux heures. Personne.

Son portable sonne : c'est elle !

- Anselme, je ne pourrai pas venir, j'ai un contretemps...

- Ah bon , que t'arrive-t-il ?

- Pas le temps de t'expliquer, Anselme, à plus !

Anslme est catastrophé, c'est en sueur qu'il se réveille. Il n'est qu'une heure et quart ! Le reste de la nuit, il ne dort pas !

Putain ça n'est QUE du virtuel, Anselme, secoue-toi nom de Dieu, se raisonne-t-il ! Il n'empêche que toute la journée il erre comme une âme en peine, attendant le moment du coucher avec impatience.

Quand il s'endort, le décor est sombre, il a du mal à reconnaître l'endroit, une passerelle, un pont plutôt, ça y est ! C'est le décor d'hôtel du Nord le film de Marcel Carné ! Sarah est là, un homme la tient dans ses bras, il l'embrasse, elle a pour lui les yeux de Chimène. Quand leurs bouches se séparent, Anselme lit sur les lèvres de Sarah un "je t'aime" qu'elle adresse à cet inconnu.

Huguette Bernot, la concierge du douze de la rue Montorgueil, a découvert Anselme Petitpas ce matin-là, en lui apportant son courrier. La porte était légèrement entrebaîllée. En entrant, elle a découvert le locataire du troisième face, pendu à la suspension du salon. Le visage violacé, la langue pendante, il tournoyait mollement sur lui-même...

Dans un terrarium, près de lui, un étrange animal, une sorte de poulpe muni de cinq tentacules.

- Tiens ce doit être le N.A.C* dont m'a parlé Monsieur Petitpas, je vais le prendre. Ainsi, étant seule, il me tiendra compagnie, et puis que va-t-il advenir de cette petite bête, si je ne m'en occupe pas ?



*N.A.C : nouvel animal de compagnie.

(ch'tiot crobard : Andiamo)

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