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mardi 17 avril 2007

Tant-BourrinRêver une impassible chêvre

Les lecteurs culturés auront reconnu dans le titre de ce billet un des vers immortels de "la biquête" de Jacques Brelle.

Pourquoi cette citation ? Eh bien parce je voulais juste profiter de ce billet pour signifier au Souf' qu'il arrête de nous les brouter avec ses biquettes, à nous regarder de haut alors qu'il habite en bas de la France, parce que nous aussi, à Paris, on en a des biquettes, na !

Voici quelques clichés, shootés par votre serviteur au Jardin d'acclimatation de Paris.


Non mais, admirez-moi ce port de tête !
Et l'élégance des boucles d'oreille, créées par les plus grands stylistes parisiens !


Une sublime robe noire, toute en sobriété et en élégance.
C'est autre chose que les tenues tape-à-l'oeil des biques du Souf' !


Non mais, franchement, on le voit que l'on est à Paris !
Admirez le style aux biques !

Bref, tout ça pour dire au Souf' que ce n'est pas la peine de la ramener avec ses boucs nubiens monocornes ! Gros frimeur, va !





Rappel : je serai toujours en vadrouille à l'heure où vous lirez ce billet et, oui, il s'agit encore d'un billet de remplissage. Même pas honte !

mardi 3 avril 2007

Saoul-FifreLa promesse faite à Ophise

À la suite d'un de mes récents billets sur les chèvres, Ophise me demandait des photos car pour elle, les chèvres sont dépourvues de cornes. Dans les gros élevages quasi industriels, il est vrai qu'une mode barbare veut qu'on écorne les bêtes pour éviter des bagarres sanglantes. Ceci se pratique surtout sur les vaches, les éleveurs de chèvres étant en général plus respectueux de l'intégrité de leurs animaux, mais les caprins aussi se font brûler ou scier leurs décorations cornées, quand ils ont la malchance de tomber chez des patrons obsédés par la maîtrise totale et l'autorité absolue sur leur troupeau.

L'étonnement d'Ophise peut venir aussi du fait que les chèvres qu'elle connaît sont "mottes". Dans toutes les races, il sort des "sans cornes" de temps en temps. Apparemment, il existe en Suisse des chèvres qui n'en ont naturellement pas, et par croisement, le gêne s'est répandu un peu partout, mais bien sûr surtout autour des alpes : ce sont les Saanen (blanches) et les Alpines chamoisées qui possèdent le plus de cas.

Les éleveurs ont tendance à sélectionner les individus mottes pour éviter les accidents, mais ils feraient bien de se méfier : des recherches semblent indiquer que le gène "motte" s'accompagnerait d'un autre, lié à des problèmes de sur ou sous-fécondité, voire d'inversion sexuelle !

Donc, prudence : bien renifler le lait des chèvres mottes après la traite ! Vous venez peut-être de traire un bouc !

En attendant, les nôtres ont de belles cornes, et donc du vrai bon lait de mamelle.

Le bouc Nubien s'en est cassé une en se bastonnant avec le bélier. Ça lui donne un style un peu déstructuré, la mèche sur le côté, voyou, bravache, le mec qui a vécu et qui montre ses cicatrices.

Vision d'ensemble du reste du troupeau. On voit bien le bélier qui suit toujours assidûment sa copine chèvre . La brebis de droite, sa "régulière", s'en branle complètement, je dirais même que ça la repose. Et le bouc, mon Dieu, avec l'âge, il s'est fait une raison...

jeudi 22 mars 2007

Saoul-FifreSonia

La journée de « travail » des cabres ne commence qu'à 11 H 30, à l'heure du « Grand Lâcher », mais démarre sur les chapeaux de roues, intensivement, à la saison des glands, qui sont un peu les calissons d’Aix ou les nougats noirs d'Allauch des chèvres.

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samedi 10 février 2007

Saoul-FifreTu fais une IVG, t'as rien

D'aucuns auront capté le jeu de mot du titre, c'est fin, c'est frais, ça donne envie d'embrasser le bonheur... J'ai un peu hésité avant d'attaquer ce billet : après Epictete II, le retour, je trouvais que ça faisait redondance dans le mortuaire, car je vais effectivement parler de croque-morts, mais dans le sens premier, croquer quelque chose de mort, non un croque-monsieur, ni un croque-madame, en l'occurrence un croque-cabri.

Bon je ne me renouvelle pas, mon dernier billet était un peu sur le même sujet, mais qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse si c'est mon actualité à moi ? J'écris la plupart de mes billets au dernier moment, d'un seul jet, sans ratures, avec ce que j'ai dans la tête à ce moment là. Je n'ai pas trop envie de me réguler "vraie vie"/poème de cul/amies les bébetes, et on recommence ?

Voilà : au commencement, au tout début de mes temps ici était le troupeau de chèvres. Gravitaient autour Margotte et ses parents, et moi je gravitais autour de Margotte. J'étais chez les amis des bêtes, et les amis des bêtes refusent de tuer quelque bête que ce soit. Ils délèguent au professionnel. Pro dont auquel qui venait chercher les bébés chevreaux pour les tuer loin du regard des amis des bêtes, complices, responsables, coupables mais pas victimes collatérales. J'ai toujours détesté cette lâcheté, certains diront sensibilité, ce refus de "porter ses couilles" (comme disent les djeuns d'aujourd'hui) du député ayant voté la peine de mort, par rapport au bourreau.

Les bébés partaient, pesant à peine 10 kgs, pour devenir cette ignominie traditionnelle provençale qu'est le "chevreau de Pâques", cette viande blanche et gélatineuse, sans goût, de téteurs de biberon. Une honte, vraiment, d'envoyer au couteau ces innocents arrachés au pis de leur mère.

Puis nous avons laissé des cabris sous leur mère pour en faire des broutards lourds que je tuais, dépeçais, découpais à l'automne. Les autres partaient toujours en "chevreaux de Pâques" jusqu'à ce que je gueule que nous en avions trop, trop de chèvres, trop de chevreaux, trop de fromages pour notre consommation personnelle. Le troupeau a diminué et maintenant nous laissons nos cabris vivre leur vie jusqu'à l'âge adulte. Je trouve ça plus cool pour eux, ils sont avec les adultes, en colline, tranquilles dans un grand parc, et une fois par an, le gentil boucher (il est adorable) arrive et zigouille tout le monde en même temps.

Ça donne ce spectacle, mais je vous épargne les phases intermédiaires. Quand la viande sera raidie, "ressuyée", il reviendra nous découper tout ça en gigots, épaules, côtes, ragoûts qui finiront au congélateur.

On ne mange pas tout : j'en échange un peu contre du pinard.

mardi 6 février 2007

Saoul-FifreJe vous paierai, foie d'animal

Les fêtes sont terminées, et j'aimerais faire un petit sondage parmi nos lecteurs/trices, une élite évidemment pas du tout représentative de la moyenne de la population française, mais dont l'avis n'a aucune raison de ne pas être pris en compte.

Il s'agit du foie gras. Qui n'y touche jamais, qui adore, qui en mange par politesse s'il est invité, qui casse la gueule à ceux qui en mangent, qui change de blog dès qu'on aborde le sujet, enfin vous savez ce que c'est qu'un sondage... ?

Personnellement, j'aime bien, même si nous n'en mangeons qu'aux fêtes. J'ai même commis un billet où je prenais sa défense . Je ne le renie pas, mais je suis tombé par hasard sur ce petit film qui m'a bien dégoûté. C'est bien simple : je n'ai pas réussi à finir le visionnage complet, je réessayerai peut-être. Je déteste, je hais les élevages industriels. Pour moi, les animaux d'élevage sont des animaux que l'on doit respecter comme les autres. C'est pour ça que "la mentalité SPA" me sort par les yeux, eux qui ne compatissent qu'aux animaux de compagnie ou aux animaux dont tout le monde se fout et que personne ne défendra ici et . Vous allez sur le site de la SPA, il n'y a qu'une actualité sur l'élevage ! Et en plus il s'agit d'un mauvais éleveur qui laissait un troupeau à l'abandon, c'est à dire en liberté, avec juste de l'herbe à manger. Sans doute insuffisamment, c'est sûr, mais il s'agit d'un cas isolé. La SPA est comme le loup : elle attaque le faible, le malade du troupeau. Elle ne s'attaquera pas au gros éleveur qu'on voit dans le film, et qui traite ses bêtes d'une manière insoutenable. Cet agri-manager est défendu par le syndicat dominant la FNSEA, par les trusts qui lui fournissent les aliments médicamenteux, Monsanto et compagnie. Ces lobbies ont fait voter par nos députés les lois qui permettent ce genre d'infamies. Ces gros élevages respectent les normes en vigueur et sont en règle ! Moi ça me tue. Qu'on fasse subir à des êtres vivants des avanies pareilles pour des raisons de rentabilité économique...

Je reste persuadé qu'il existe des petits élevages, bios ou non, où les canards et les oies à gaver sont élevés en semi-liberté. Tenez, on va charger Epictete, qui vit dans le triangle d'or du cassoulet au confit, de nous faire sa petite enquête et de nous trouver les adresses de petits producteurs méritants, honnêtes et aimant leurs volatiles. Évidemment, le prix ne sera pas le même, mais un produit de luxe ne se mange pas comme du pâté de ménage ? Notre carte bleue peut cautionner des horreurs ou bien être une arme pour financer des attitudes respectueuses. Sachons lire les éthiquettes (sic).

Bon, le fait que les animaux à la surface de la terre soient destinés à nous servir de nourriture ne me gêne pas. C'est dans la Genèse, j'ai ma caution biblique qui m'évite de culpabiliser, ça roule Raoul (mais touche pas à Julie la cochonne ni à Léon l'esturgeon !). Les végétariens, levez le doigt ! OK, vous changez de billet, là je parle aux autres. Mais il n'est nulle part question de les torturer, ces pauvres bêtes. Moi je les adore, j'essaye de les rendre heureuses, mais quand l'heure du couteau est arrivé, je les zigouille sans sentimentalisme excessif ni joie démesurée, bien entendu...

Ya quelques jours, c'était le tour des canards, justement. Je me suis fait prêter une plumeuse mais y avait un truc qui me gênait, et que j'ai enlevé, et j'ai la vague impression que j'aurais dû le laisser, car je me suis mis du duvet partout.

Je vous mets la photo juste pour vous faire rire, hein ?

mercredi 20 décembre 2006

Saoul-FifreC'est plein de p'tites bêtes et ça pue

Allez, un billet, puisque Martine insiste, mais c'est bien parce que c'est Martine, hein ! Je vois qu'il y a débat sur la campagne et je me dois d'intervenir. En photos, ce sera plus expressif.

Voici Beauté, une vieille jument batarde de comtois qui passe ici sa retraite en beauté, et Track, son copain lama, qui ne la quitte pas d'un sabot. Track descend d'une lignée qui remonte à l'Inca en passant par Guy Gilbert, le "prêtre des loubards", qui pratique l'animalothérapie sur ses fidèles voyous.

Tiens, voici Track de face, dédié à Chutney et à sa Chutnette, pour la persuader que je pense beaucoup à elles.

Et voici Black, un magnifique trotteur qui est en pension chez nous, avec permission, et même obligation de le monter, s'il vous plait...

Et pour finir, je trouve que les recherches Google sur "Julie la cochonne" ne sont plus ce qu'elles ont été, et je me permets d'en remettre une couche. Quel charisme, cette Julie ! Elle joue avec l'objectif comme si elle était née pour ça !

jeudi 14 décembre 2006

Saoul-FifreLa leçon de courage

Quand je suis arrivé dans la ferme de fous que "j'exploite", je mets des guillemets car c'est sans doute elle qui m'exploite, il ne restait comme outils qu'une brouette et une fourche. Mon beau-père avait vendu, donné, filé au ferrailleur tous les outils, dont un beau tracteur à chenilles, de peur que quelqu'un lui demande de s'en servir. Plus d'outils, plus de travail, plus de problèmes... Margotte et moi avons racheté petit à petit le matériel nécessaire, tout en nous faisant pourrir par l'autre zouave avec des arguments du genre "Mais qu'est-ce que vous voulez faire d'un tracteur ?". Oui, effectivement, quelle drôle d'idée d'acheter un tracteur pour s'occuper d'une ferme de 100 hectares dont 35 de cultivables ?? Quand j'y repense, il était zarbi, le beaup.

Je suis allé voir les voisins. Je leur ai racheté du matériel qu'il leur avait filé gratuit. On a trouvé un superbe petit Same d'occasion, en parfait état, et le premier outil que j'ai acheté fut un broyeur à marteaux, un truc devant qui rien ne résistait et je me mis à récupérer des terres avec, en broyant les ronces et les arbres qui les avaient colonisé, envahi.

J'ai fait la connaissance de mes amis les rolliers grâce à ce broyeur. Avec son rotor qui déchiquette toute la végétation, il met un brave bordel dans le biotope, et comme le rollier est surtout insectivore, il repérait l'outil et rappliquait sur le chantier aussi sec pour se régaler de toutes ces petites bestioles mortes, ensuquées ou juste étonnées de plus rien reconnaître autour d'elles. Le rollier d'Europe, donc, puisque nous avions fini par l'identifier à partir de bouquins, est un oiseau magnifique mais il a son petit caractère : il est très vindicatif avec les autres oiseaux et je l'ai d'ailleurs toujours vu seul ou en famille. En cas de disette d'insectes, il est bien capable de se croquer un bébé bergeronnette ou un petit lézard. En fait il est très courageux et a un peu une attitude de rapace. Je l'ai vu un jour faire le malin pour épater une femelle. Il plongeait en piqué et redressait son vol au dernier moment, au ras du sol, d'un air de dire : "Et des comme ça, t'en as déjà vu ?". Et puis des vrilles, des loopings, des huit, des vols sur le dos, tout ça pour persuader l'autre que sa génétique valait le coup d'être perpétuée...

La femelle, bec béant devant tant d'exploits, a dû lui dire oui-da, car je les ai revus revenir l'été suivant, pour faire bouffer de la poussière de broyeur au petit. Ha, il en menait pas large, le petit. C'est que ça fait du bruit, et puis c'est impressionnant, ce gros engin qui vous fonce dessus d'un air déterminé. Qu'est-ce qui m'veut, çui-là ? Je me rappelle, je broyais des tiges de sorgho qu'avait laissé la moissonneuse, avec plein d'autres mauvaises herbes. Donc je quadrillais consciencieusement mon champ en décalant un peu mon passage à chaque ligne. Les parents m'attendaient, perchés sur une tige située à l'endroit précis où la roue avant du tracteur allait passer. Le petit aussi, bien obligé sinon il prenait une rouste, enfin, sûrement pas, mais un petit fait toujours comme ses parents. C'est l'éducation par l'exemple. Bon. Le monstre mécanique approchait inexorablement, accompagné de nuisances sonores considérables. Je voyais le petit rollier devenir nerveux, osciller avec inquiétude sur son perchoir, regarder ses parents imperturbables, et finir par prendre ses ailes à son coup alors que j'étais encore à 15 mètres de lui. Les parents, eux, stoïques, s'envolaient au strict tout dernier moment, juste avant d'être écrasés... Le petit voletait au dessus d'eux, d'un air de dire : "Mes parents sont oufs. Quelle famille de merde, je vais me retrouver orphelin avec leurs conneries... !"

Passage suivant, même scénario. Mais le petit s'envole à 10 mètres de la roue du tracteur. "Quel froussard, ce mioche..." doivent penser les parents, mais bon, ya du mieux. Et ben, ils lui ont fait faire cet exercice pendant une heure, jusqu'à ce qu'il s'envole en même temps qu'eux, et pas avant !

Leçon du jour du petit rollier

1) Ce gars est un brave gars. Il a beau avoir cette grosse machine bruyante, il ne nous a jamais fait de mal.

2) Juste derrière le tracteur, il y a de la bouffe 3 étoiles toute fraîche. Donc, attendre le passage du tracteur, s'envoler au dernier moment, se reposer derrière et se gaver.

3) Le bruit abominable du broyeur est un DOUX bruit. Il est sympa, prometteur de félicités gastronomiques. Il ne faut pas en avoir peur.

4) De toutes façons, on est des rolliers, on a peur de dégun, pour les trouillards, faut aller voir ailleurs !

Ho, des oiseaux, j'en vois plein. Et des pas courants. On est en pleine zone natura 2000 spécialisée dans la protection des zoziaux. Pour l'anecdote, regardez la carte. Au milieu de la zone de protection, il y a un territoire non colorié en vert, et donc non concerné par la zone Natura 2000. Il s'agit d'un camp d'entraînement militaire. J'en déduis que les troufions ont conservé le droit de tirer sur les oiseaux rares ?

Ya des espèces très communes, voire banales, sur le site : c'est les triples buses, les crapahuts et le couard galonné des plaines, avec son joli plumage kaki.

Et elles sont loin d'être en voie de disparition.

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