Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 9 janvier 2010

Saoul-FifreConte de Noël écrit à la plume d'oie

Förzrestala était une grande et belle oie des neiges qui habitait quelque part chez les Inuits, avec ses congénères, pas loin du cercle polaire. Elle était d'un naturel curieux et, à toujours observer autour d'elle, à se torturer le neurone, elle avait fini par se forger, si ce n'est une intelligence, le mot serait trop fort, disons : une espèce de philosophie palmipède doublée d'une mémoire tout à fait correcte.

Dès son premier automne, imitant en cela son troupeau soudain surexcité, elle mit les bouchées doubles, se jeta sur tout ce qu'elle trouvait de comestible, se gava littéralement. Un profond instinct la poussait mais elle ne savait pas que de ce baffrage goinfre dépendrait bientôt sa survie. Son corps était en train de stocker des réserves dans son foie, sous sa peau, pour pouvoir supporter la longue migration que son peuple entreprendrait dès la survenue des grands froids.

Ces provisions, ce chaud manteau, ces munitions, ai-je envie de dire, elle leur devrait sa capacité de résistance quand il s'agirait de lutter contre le froid et le manque d'oxygène à 6000 m d'altitude.

Par une belle journée ensoleillée, la troupe prit son envol, de la hauteur et mit le cap vers le sud avec une précision que certains oiseaulogues attribuent à un morceau de magnétite secrété par leur cerveau. Mais une chose est sûre, boussole ou pas, ce grand voyage de milliers de kilomètres n'est pas à la portée de toutes les ailes. C'est un véritable exploit sportif et nombreuses sont les oies mal préparées qui s'écraseront, mortes de froid ou de fatigue.

Förzrestala comptait anxieusement les dévissages en vrille de ses voisines, leurs arrêts cardiaques, leurs abandons et, claquant du bec et de froid, se lamentait :

- "L'oie est bornée, certes, le fait est connu mais tout de même ! Au lieu de rester sagement au sol, dans un coinstot bien protégé du vent, on se les gèle par - 20°C, à battre des ailes le bec face au blizzard, et sans paupières. Moi qui suis un peu frileuse des aisselles, en plus ? 'tain j'le crois pas : on vole vraiment sur le dos, là !"

Elle tint bon, pourtant, et fit partie des rescapées qui atterrirent sans casser du bois sur les rives du Saint Laurent. Il neigeait ici aussi. Et quand ça gelait, elles faisaient une drôle de gueule, "les zones marécageuses source d'approvisionnement" dont parlaient les écolos. Enfin bon, elle passa l'hiver au Canada et repartit au printemps dans sa "zone de nidification", chez les esquimaux, avec les autres blondes.

Mais ça lui triturait la comprenette, cette vie de fous, toujours entre deux valises. Elle avait parfaitement remarqué que la banquise n'était plus aussi étendue qu'avant. Et que quand la glace fond, c'est qu'elle chauffe. Elle était aux toutes premières loges pour pouvoir vraiment prendre conscience du mythique "réchauffement de la planète" et elle n'y manqua point.

Förzrestala se trouva un beau mâle qui lui plut malgré sa démarche "en dedans", mais faut bien avouer qu'elle avait la même. Il lui fit la poussière dans la spermathèque, une giclée de please, on frotte et on fait reluire ; elle leur pondit six œufs à la pureté de forme épatante et elle les couva si bien, tandis que son Jules débarrassait les alentours des gêneurs et mettait une option sur une aire à nourriture, que six beaux petits en sortirent et se mirent à se bourrer la panse, à bouffer comme des étazuniens. Il ne fallait pas trainer : dans deux mois, le gel et la froidure séviraient à nouveau sévèrement.

Quand la grande tribu à laquelle ils appartenaient se réunit pour le grand pow-wow de départ, Förzrestala attira sa famille à l'écart et quand il furent hors de vue des autres emplumés, elle s'envola et se percha devant une anfractuosité de la falaise. La petite smala suivit et elle leur expliqua qu'avec le dérèglement du climat, les hausses de températures, les réserves de graisse corporelle qu'ils s'étaient préparées, l'hivernage sur place devenait jouable et leur éviterait beaucoup de risques, de souffrance, et peut-être la mort.

- "Tu te rappelles, Jules, comme on s'est gelé les miches, pendant leur fucking migration ?"

- "Tu as raison, ma chérie, comme toujours..." répondit Jules, et les six enfants caquetèrent aussi leur approbation, en saluant l'intelligence "hors-norme" de leur reum. Ce départ vers l'inconnu ne leur disait rien qui vaille, alors que rester tranquilous là où ils étaient nés, oui, ils étaient "partants", si j'ose dire. Ils coururent visiter leur nouveau logis d'hiver et le trouvèrent cossu, avec des prestations haut de gamme. Dès que les grands froids s'invitèrent, un peu avant le solstice d'hiver, ils tombèrent tous les huit dans une espèce de coma cataleptique, comme les ours, mais la tête sous l'aile.

Sommeil dont ils se réveillèrent un couteau sur la gorge, car la vraie raison pour laquelle les oies des neiges se barraient de l'Arctique avant la Noël, c'est qu'elles savaient très bien que leurs voisins Inuits étaient friands à la folie de foies gras d'oie et qu'il valait mieux ne pas lambiner dans les parages. Les canadiens, eux, leur aménageaient des parcs ornithologiques où elles étaient en sécurité.

Il n'y avait que cette débile profonde de Förzrestala qui n'avait pas pigé ça.

On se serait d'ailleurs bien entendus, elle et moi.

J'ai toujours préféré le foie gras mi-Q.I.

mercredi 6 janvier 2010

Tant-BourrinJuste un petit signe

Quand l’heure fut venue pour Radegonde Laverrue de rendre son dernier soupir, son âme était en paix et emplie de sérénité : Gédéon, son cher époux, était là, à son chevet, qui lui tenait la main et l’assurait de son amour éternel. Elle était en outre tellement convaincue de l’existence d’une vie après la mort que mourir ne l’affolait nullement : ce n’était juste qu'un passage obligé vers autre chose, voilà tout !

Certes, elle regrettait de quitter cette vie si prématurément, à 48 ans à peine, et de ne pouvoir vieillir aux côtés de son Gédéon, mais elle saurait l’attendre de l’autre côté : leur séparation de serait que provisoire.

- Gédéon ?
- Oui, ma douce ?
- Tu sais, je reviendrai te faire un signe…
- Un signe ? Mais quand ça ?
- Quand je serai morte. Je…
- Ne parle pas de malheur ! Tu ne vas pas mourir, le docteur a dit que…
- Ne prends pas cette peine, Gédéon, je sais très bien de quoi il retourne. Je sens le mal qui gagne en moi et je sens bien que c’est pour très bientôt. Mais sois-en sûr : je reviendrai te faire un signe, pour te dire que ça continue au-delà de la mort, pour te dire que je t’aime et que je t’attends…
- Ne parle pas, ma chérie, repose-toi plutôt.

Le soir-même, Radegonde Laverrue passait de vie à trépas.

Et elle fut très émue de voir son Gédéon pleurer sur son corps sans vie.

Oui, car elle avait bien eu raison d’y croire : son essence n’avait pas disparu avec son dernier souffle. Si elle n’avait plus d’enveloppe charnelle, elle avait encore une conscience qui lui permettait de voir, ou plutôt de sentir les choses du monde matériel qu’elle avait quitté. « Sentir » n’était d’ailleurs pas le mot exact et elle se dit qu’il eût fallu en créer de nouveaux pour exprimer cette étrange faculté. Percevoir ? Ressentir ? Bah ! Peu lui importait ! Elle savait que Gédéon avait de la peine et cela la renforça dans son intention de lui faire un signe.

Elle voulut lui caresser les cheveux. Mais très vite, elle réalisa que la chose était tout sauf évidente lorsque l’on n’est plus que pur esprit. Elle se concentra, tenta de réunir toute son énergie, mais sans le moindre effet.

Cela la contraria au plus haut point. Mais elle se dit que, le temps aidant, elle apprivoiserait mieux sa nouvelle condition et qu’elle finirait bien par développer une forme de force psychique qui lui permettrait de tenir sa promesse.

Radegonde avait pu, deux jours plus tard, assister à son propre enterrement, sonder les cœurs de ceux qui pleuraient ou prenaient des poses contrites autour du cercueil. Elle pardonnait les larmes feintes et l’hypocrisie des cousins éloignés : ce n’étaient après tout que des êtres de chair, de douleur et de veulerie, qui ignoraient tout de la vie immatérielle qui les attendait après la mort. Et Gédéon l'ignorait également. Cette pensée fit souffrir Radegonde : il fallait qu’elle le prévienne, qu’elle lui fasse ce petit signe promis.

Elle essaya de diriger toute sa force psychique vers ce but, tenta de pénétrer dans le corps d’un petit moineau perché sur une pierre tombale, à deux pas de là. « Si un moineau se pose sur son épaule pendant mon enterrement, Gédéon comprendra que c’est moi », se disait-elle. Mais hélas, il y avait comme un mur infranchissable qui barrait la route de la matérialité à son être éthéré. Ce fut un nouvel échec.

Et les jours passèrent.

L’esprit de Radegonde avait suivi Gédéon jusque dans leur pavillon de banlieue. Elle pu ainsi voir (ou plutôt ressentir) son cher époux au prise avec la vie de célibataire. Elle eût même souri, si elle avait eut une bouche, de le voir accumuler catastrophe sur catastrophe devant les fourneaux, véritable terra incognita pour lui. Et aux plats calcinés répondaient les chemises brûlées lors de séances de repassage tout aussi épiques.

« Pauvre Gédéon, se disait-elle, il faut vraiment que j’arrive à lui faire un signe pour le réconforter ». Mais toutes ses nouvelles tentatives se révélèrent vaines : il y avait un océan entre la matière et son incorporalité que sa puissance psychique ne pouvait traverser.

Quelques mois s’écoulèrent ainsi pour Radegonde, partagée entre la joie d’accompagner son Gédéon et la frustration de ne pouvoir communiquer avec lui.

Et puis il y eut ce jour funeste où Gédéon rentra du travail, comme tous les jours de la semaine.

A part qu’il n’était pas seul cette fois-ci.

Une accorte jeune femme l’accompagnait, qui gloussait beaucoup, d’un rire de crécelle qui eût vrillé les nerfs de Radegonde si elle en avait encore disposé.

Ce fut un cataclysme pour elle : son Gédéon avec une greluche ? Son Gédéon qu’elle attendait patiemment pour une vie éthérée et heureuse à deux ? Elle fulminait.

Car le Gédéon en question, lui, paraissait bien plus enclin à savourer une vie on ne peut plus matérielle : après un savoureux dîner aux chandelles (le traître avait fait appel à un traiteur !) suivi de quelques coupes de Champagne (lui qui n’achetait que du mousseux, même pour le nouvel an !), il entraîna sa cocotte vers la chambre à coucher. Vers LEUR chambre à coucher !

Radegonde était hors d'elle. Les deux tourtereaux s’étaient allongés dans le grand lit et commençaient leur effeuillage dégoûtant entremêlé de caresses obscènes. Il fallait que cela cesse ! Il fallait ABSOLUMENT que cela cesse tout de suite !

Un maelström de fureur emportait le pur esprit de Radegonde, sa rage enflait, vibrait, résonnait, grondait jusqu’à emplir toute la chambre à coucher. Et puis soudain, ce fut comme si elle explosait brutalement. Radegonde sentit comme un flux d’ondes sortir de son être immatériel. Le bouddha de bronze, qu’elle avait installé, dans sa vie antérieure, sur une étagère au-dessus du lit, se mit à avancer imperceptiblement tout seul, jusqu’à atteindre le bord et basculer.

Le crâne de Gédéon explosa sous l’impact de la lourde statuette. La femme, éclaboussée par le sang de son amant affalé sur son corps, passa des gémissements de plaisirs aux hurlements d’horreur.

Radegonde était ravie : elle avait enfin tenu sa promesse et pouvait attendre sereinement que son Gédéon agonisant la rejoigne, ce qui ne serait plus long. Dieu que la mort était belle !

dimanche 3 janvier 2010

AndiamoSarkmania

J’ai fait un grand retour en arrière, il y en a des talents sur ce BLOG, des chanteurs (euses) incroyables !

Bien sûr, les membres fondateurs :

- SAOUL-FIFRE

- TANT-BOURRIN

... et les guest-stars :

- CALUNE et même CALUNETTE à l’occasion de l’anniversaire de Choufifrounet !

- BILLY et ses talents d’imitateur !

- LA POULE et son café du pauvre….

Il y en a peut-être eu d’autres, manifestez-vous. (j'ajoute : Tant-Bourrin me l'a affirmé... Il n'y en a pas d'autres)


Alors je me suis dit (à mon âge on parle souvent seul) : "pourquoi pas ?"

J’ai voulu pasticher à ma manière STARMANIA l’opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamendon.

Vous rendez vous compte ? Il a trente-deux ans, cet opéra-rock ! On dirait un nouveau-né… Un peu comme moi !

Bien sûr, ma voix n’est pas terrible, mais c’est une vieille voix, alors un peu d’indulgence et on ne ricane pas !

Un grand merci à TANT-BOURRIN que j'ai mis une fois de plus à contribution afin de "nettoyer" les enregistrements, souffle, parasites, etc.


Tout d’abord :

La blouse du prolo’s man




Après ce chef-d’œuvre (y’en a qui ricanent), voici :

Bonne



Voulez-vous une suite ? Si oui : envoyez une enveloppe "garnie" (pas moins de cent euros) à Blogbo qui transmettra (peut-être) !

... Ou alors des oranges à la Santé !

lundi 28 décembre 2009

Tant-BourrinAstrologie, voyance : ce qui vous attend en 2010

Eh oui, la page de 2009 va bientôt être tournée et l'année 2010 pointe déjà son nez au portillon, chargée de son lot d'espérances, de joies à venir, mais aussi de craintes et d'angoisses...

Ah, si l'on pouvait connaître l'avenir !...

Eh bien, c'est tout à fait possible : en exclusivité mondiale, nous avons fait appel aux dons de voyance exceptionnels du grand marabout-astrologue Tant-Bourrinus pour révéler à chacun d'entre vous, lecteur(rice)s chéri(e)s, ce qui vous attend au cours de l'année à venir.

Lire la suite

samedi 19 décembre 2009

Tant-BourrinBrouillon de culture (6)

Après les premiers numéros (le 1, le 2, le 3, le 4 et le 5), il semble que vous n'êtes pas rassasiés et que vous en demandez encore.

Comme je ne sais pas résister à mes chers lecteurs et lectrices et que je sais que votre niveau culturel frise le néant et a cruellement besoin d'être élevé, voici donc un nouveau numéro de "Brouillon de culture", le billet qui fait briller les neurones !

Un "Brouillon de culture" aujourd'hui consacré aux séries de légende qui ont marqué l'histoire de la télévision...





Starsky et Hulk

Cette série mythique met en scène deux policiers californiens. L'un, Starsky, a grandi dans les rues de New-York et est très extraverti alors que son acolyte, Hulk, est généralement plus réservé, sauf quand il se met vraiment en colère.

Au cours des différents épisodes de la série, ils résolvent toutes les affaires qui leur sont confiées avec des méthodes peu conventionnelles et plutôt musclées. Ainsi, quand il s'agit de soutirer des aveux à un suspect, Starsky a-t-il l'habitude de glisser à l'oreille de Hulk que ledit suspect l'a traité de gros vilain, ce qui a pour effet de rendre Hulk vert de rage et lui donne l'énergie nécessaire pour la conduite de l'interrogatoire.

Malheureusement, leurs aventures s'achèvent quand Hulk est renvoyé de la police après qu'il lui ait été reproché d'avoir détérioré 214 uniformes au cours des six mois précédents.





Ma saucière bien aimée

Cette série culte était censée raconter sur plusieurs saisons la passion fétichiste d'un pervers, nommé Jean-Pierre, pour une saucière en porcelaine.

La série dut toutefois être réduite à un seul épisode après que Jean-Pierre, en voulant se gratter le nez, eût laissé choir la saucière vedette qui se brisa en mille morceaux. Craignant le courroux du réalisateur, l'acteur principal disparut immédiatement comme par magie, mettant définitivement fin au projet...





Julie l'escarre

Cette série phare entame sa quarante-troisième saison avec toujours autant de succès. Julie l'escarre, une femme commissaire de police essayait, lors des premières saisons, de concilier son métier stressant et sa vie de famille. Les années passant, les personnages et le cadre général ont peu à peu évolué : la plupart des enquêtes se déroulent désormais dans l'enceinte de la maison de retraite "les glaïeuls" où réside Julie. Elle y résoud toutes sortes d'affaires ténébreuses : vol de dentiers, contrefaçons de couches Confiance, traffic de camomille, etc.

La durée des épisodes a toutefois due être allongée à trois heures, les déplacements de Julie l'escarre n'étant plus aussi rapides qu'autrefois depuis qu'elle course les malfrats avec son déambulateur.





Zozo

Le jeune Don Sarko de la Vulga mène une double vie : anodine la plupart du temps sous sa vraie identité, mais héroïque quand il devient Zozo, l'injusticier masqué. Avec l'aide de son fidèle serviteur Fillono, que l'on n'entend jamais parler car Don Sarko le tient éloigné des micros, Zozo n'a de cesse d'aller combattre la justice sociale partout où il en reste quelques traces, en signant des textes de loi iniques d'un Z qui veut dire Zozo. A noter la présence dans la série d'un personnage grotesque, principale adversaire de Zozo : la sergente Ségo la Garcia, qui échoue dans toutes ses tentatives pour niquer Zozo.

lundi 7 décembre 2009

Tant-BourrinExercices de style audio

Vous avez sûrement déjà lu "Exercices de style", livre génial de l'inégalable Raymond Queneau, dans lequel celui-ci raconte 99 fois la même histoire banale (et sans intérêt) de 99 façons différentes. Si ce n'est pas le cas, je vous conseille de piquer un fard, de vous faire discret, d'aller vite suivre un cours de rattrapage et de revenir quand ça sera fait.

Lire la suite

samedi 28 novembre 2009

Tant-BourrinBrouillon de culture (5)

Allez, on ne lâche pas l'affaire : voici un nouveau quart d'heure culturel destiné à élever intellectuellement les lecteurs de ce blog. Les petits nouveaux peuvent s'offrir des cours de rattrapage , , et itou...

Voici donc quelques chefs-d'oeuvre de la littérature mondiale, sélectionnés par votre serviteur dans sa bibliothèque, dont je ne saurais que trop vous recommander la lecture...





Le désir de tartare - Dîno Buzzattend

Un roman magistral sur le thème de la fuite du temps. Le héros, Giovanni Drogo, décide un soir d'aller manger au restaurant "chez Bastiani", car il rêve de déguster un steak tartare.

Mais après avoir passé sa commande débute une longue, une très longue attente. Les heures, puis les jours passent. Giovanni Drogo essaie bien de temps à autre de héler un des serveurs. Ceux-ci lui affirment invariablement que ça ne va pas tarder. Alors Giovanni s'enferme peu à peu dans la routine. Avec les autres clients du restaurant, il rêve du jour où son tartare apparaîtra aux confins de la salle du restaurant.

Bien longtemps après, allant un jour aux toilettes, il réalise en voyant le reflet dans la glace qu'il est un vieillard et qu'il n'a rien fait de sa vie, sinon attendre son steak tartare.

Vient enfin le jour où un serveur sans âge sort péniblement, appuyé sur un déambulateur, des cuisines du restaurant en tenant le steak tartare de Giovanni. Il est hélas trop tard pour ce dernier : les médecins urgentistes sont venus le chercher et l'évacuent sur un brancard. A défaut de manger son steak tartare, il bouffera bientôt des pissenlits par la racine.





Adipeux roi - Sophoque

Cette tragédie est un des chefs-d'oeuvre de la graisse antique.

Un oracle prédit un jour au jeune Adipeux qu'il tuerait son père et épouserait sa mère, ce qui lui en touche une sans faire bouger l'autre, vu qu'Adipeux sait bien que tous les oracles sont des charlatans et des escrocs. Des années plus tard, après avoir attiré l'attention des médias en inventant une recette de sphinx aillé aux petits lardons grillé à la broche, Adipeux est sollicité pour animer l'émission culinaire "pour qui chauffe le gras ?", en remplacement de Laïos, le présentateur précédent, jugé trop maigre pour séduire les ménagères de moins de cinquante ans.

Il tombe aussitôt amoureux de Jocaste, la fille de Maïté, qui coanime l'émission tout en rondeurs. A eux deux, ils font vite péter l'audimat et le taux de cholestérol des téléspectateurs.

Ils décident un jour de se marier et vendent l'exclusivité des photos de la cérémonie à Voiça. Un journaliste de Gali, déçu, lui révèle alors que Laïos vient de décéder après avoir préparé chez lui et mangé un "délice de gras de porc à la graisse d'oie", une recette imaginée et présentée par Adipeux lors de l'émission précédente. Le journaliste prend en outre un malin plaisir à lui révéler que le vieux Laïos était son père et que Jocaste était sa mère.

Adipeux tombe des nues : il n'avait pas vu sa mère depuis vingt ans, et il n'avait pas reconnu la frêle jeune femme qu'elle était alors dans la sphère graisseuse quasi-parfaite qu'elle est devenue. Face à la menace du scandale de ces révélations dans Gali, Jocaste se suicide en s'enfermant dans son four et en se faisant cuire pendant 45 min à thermostat 7. Désespéré, Adipeux quitte tout et part en exil sur Arte pour y animer une version existentialiste de la "roue de la fortune".





Don Quichochotte - Miguel de Chercontès

Immense chef-d'oeuvre de la littérature médiévale, ce livre conte les aventures d'un pauvre hidalgo de la Manche, obsédé par les livres de broderie et qui finit lui-même par se prendre pour un grand artiste des travaux d'aiguille.

Aidé par Sancho Pincette, un bouseux stupide du coin auquel il fait miroiter la promesse de 10% sur les ventes de broderies et de canevas, il parcourt toutes les merceries d'Espagne. L'essentiel du livre narre ensuite par le détail les travaux de broderie de Don Quichochotte.

Dans l'un des passages les plus homériques du récit, celui-ci réalise un canevas représentant des moulins à vent. Mais ceux-ci sont peu ressemblants, tant et si bien que Don Quichochotte s'exclame qu'on jurerait des géants.

En résumé, un livre qui tiendra le lecteur en haleine, recommandé par la Faculté de médecine pour le traitement des insomnies.





Buvard et PQ cher - Gustave Flots-verts

Deux hommes font connaissance, un jour d'été, dans les rues de Paris, et découvrent qu'ils exercent le même métier de copiste et ont des centres d'intérêts communs.

Ils décident de s'associer et vont reprendre une ferme dans le Calvados. Mais leur bêtise crasse et leurs choix désastreux vont les amener à la faillite. Ils vont ensuite tenter leur chance dans la médecine, la chimie, la géologie, la politique, mais avec autant d'échec.

Finalement, c'est le renchérissement des matières premières, notamment du papier, qui leur donne l'idée géniale qui va faire leur fortune : ils vendent à prix d'or sur le marché tous les buvards usagés de leur administration en guise de papier-toilette. Mais leur succes-story prends brutalement fin quand certains de leurs clients les traînent devant les tribunaux après s'être aperçu qu'ils avaient des bilans comptables imprimés sur les fesses.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 >