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dimanche 22 février 2009

Mam'zelle KesskadieMa mère, prise II

Le samedi matin a, depuis toujours, été le matin où j'ai voulu dormir. Adolescente, ma mère entrait dans ma chambre avec la balayeuse en marche, me signifiant à 9.30 que ma grasse matinée était terminée.

Quelques années plus tard, samedi matin est mon matin de clavardage, de niaisage, de rien pantoute de travail en âge. J'ai enfin le contrôle de mon horaire, crois-je à tort.

Donc, je m'assied, mon café au lait et mon ordi et ma copine en ligne. Bon, elle est au téléphone et Jean-François (9 ans) vient squatter mes genoux, mais, un matin de St-Valentin, n'est-ce pas, on ne fafine pas sur l'âge ni sur le genre d'amour. Ma tranquillité reviendra ben assez vite quand il sera ado. Je veux dire, après qu'il sera ado. Je veux dire quand je serai au centre d'accueil et que ses enfants seront grands.

Horreur, les chiennes jappent. Non pas que le bruit me dérange, mais ici, elles font office de sonnette. Quelqu'un vient. À cette heure, ce sont de mauvaises nouvelles. Eh oui, c'est ma mère qui toute en forme et guillerette, vient emprunter l'escabeau.

Tant qu'à faire, elle note aussi que le store qu'elle m'a acheté pour ma fenêtre de salon est trop petit pour la fenêtre

J'ai une fenêtre énorme, du temps que la conservation d'énergie n'était pas ni dans le vocabulaire ni dans l'esprit de personne. Or, l'été, en plein soleil, ma fenêtre combat le climatiseur et gagne. Comme j'ai pas un sou pour acheter un store convenable à cette grandeur, je mets une couverte. Ça tombe bien, l'été, j'ai des couvertures qui ne servent pas.

Ma mère, par contre, trouve qu'à mon âge raisonnable, le look fenestration étudiante, style drapeau du Québec comme rideau, est dépassé. Elle a acheté, sans m'en parler, un store de porte-patio, l'a amené chez nous et a dit : tu demanderas à Olivier (mon aîné, 20 ans) de te l'installer dans le temps des fêtes. Elle avait pensé à tout, la chère femme. Sauf au fait qu'Olivier n'installe jamais rien, qu'il ne demeure pas ici, et que j'haguis les stores verticaux. Elle rajoute, tu lui demanderas qu'il ouvre comme ça en me désignant de gauche à droite ou vice-versa, j'ai pas remarqué, j'étais occupée à cramper un sourire et à régurgiter un "Merci, comme c'est gentil".

Ça tombe bien, il y a un 15% de rabais chez Rona, aujourd'hui seulement ! Je pourrais mettre mon escabeau dans mon gros truck, arrêter chez Rona prendre un autre store. Mon café est fait, je n'ai qu'à le mettre dans un thermos. Mais je peux prendre le temps d'aller mettre un pantalon. Merci ma maman chérie.

Ma mère va m'enterrer, j'en suis certaine. Oubliez mon précédent courriel.

Ma maman chérie arrive avant moi chez Rona, se stationne dans un stationnement pour handicapés (mon père a une vignette) et trottine allègrement vers le magasin pendant que je tourne en rond avec mon estifie de gros truck pour trouver un stationnement dans lequel je vais pouvoir entrer ET sortir. Finalement, je la rejoins et nous entrons, ma mère qui trottine et moi qui traîne mon spleen.

Bon, j'ai toujours pensé que les quincailleries étaient des lieux privilégiés pour rencontrer un homme charmant. Et bien, voici une autre légende urbaine. Premièrement, à cette heure, j'avais le choix entre des personnes âgées du style de ma mère, ou à des jeunes pères avec leur fillette qui les avait aussi levés de bonne heure. De toute façon, allez donc chercher l'âme sœur, à 9.30 le matin de la St-Valentin, pas peignée PIS avec votre mère.

Soupir.

Par contre, j'ai eu le temps de raconter à ma mère, que la veille, mon fils en retirant son instrument de musique du siège arrière du truck avait fait tombé ma sacoche hors de l'auto. Il l'a remis sur le siège, sans le porte-monnaie. Quoi, il peut pas tout faire à son âge (16 ans), non?

Alors, je n'ai plus de porte-monnaie en état de fonctionner, parce que lorsqu'un gentil monsieur (style bedaine et jogging) m'a rendue la chose trouvée sur le trottoir, les coutures de la dite chose étaient rompues (il ne manquait pas d'argent parce qu'il n'y en avait pas).

Donc, ma mère dans un autre de ses élans de générosité m'offre le porte-cartes de mon frère décédé. Mon frère a toujours été notre idole. Il était têtu et généreux comme pas un, on l'a toujours adoré, Elle va me chercher l'objet en me le tendant. Il y avait encore un petit mot écrit de la main de mon frérot dedans. Elle me dit : c'est ton cadeau de St-Valentin.

On avait un peu les larmes aux yeux toutes les deux.

Pis, en embarquant dans le truck, le CD qui jouait, c'est les grands succès de Simon Garfunkel. et la toune part : When youuuuuuuuu really feeling down, when tears are in your eyes, I will confort youuuuuuuuuuuuuu

I'm on your side, ohhhhhh when darknest coommmmmmmmmmmee

C'est comme si mon frérot me chantait qu'il était là avec moi, dans les temps que je trouve difficiles.

Fait que oui, j'ai ben braillé.

C'est une fête ben émotive, han, la St-Valentin ?

M'a dire comme ma mère : une chance qu'on s'a.

vendredi 13 février 2009

Mam'zelle KesskadieS'agit de voir le bon côté des choses

Toute médaille a un revers, me disait ma mère.

Elle me disait aussi de regarder des deux côtés de la rue.

Et bien, je peux vous annoncer que j'ai retenu 50% de son éducation, j'ai regardé au moins d'un côté de la rue ! Hélas, c'est de l'autre côté qu'arrivait l'auto qui a frappé mon Echo de plein fouet en pleine aile causant un plein d'émois.

Bilan de l'éducation de ma mère : une femme à moité éduquée et une auto avec une aile défoncée, la roue qui fait pitié et l'essieu je veux même pas y penser.

Petite note de la rédaction : la dite auto n'est pas encore finie de payer.

Petite remarque insidieuse : c'est de valeur , han ?

Bon, voyons le bon côté de la chose, toute médaille ayant un revers, l'autre aile de mon auto est en parfait état.

Tiens donc, aucune émotion significative à cette pensée.

Essayons plutôt ceci.

J'ai des assurances qui me payent un auto de location. Comme l'entreprise qui me loue un auto n'avait pas d'économiques, elle m'a refilé un VUS.

Attention, comme dirait François Pérusse, un VUS n'est pas un véhicule juste pour être vus, c'est aussi un videur USA siphonneur de gaz.

Par contre, avez-vous vu les roues qu'ils ont mis après ça ? GIGANTESQUE.

Ça tombe bien parce qu'il tombe des clous et les rues sont transformées en piscines municipales. Les congères (tas de neige) bloquant la plupart des trous d'égout, l'eau ne s'écoule pas.

Or, mon Echo, nonobstant ses qualités économes, a de toutes petits petons (roues), et que fait une auto dans une piscine municipale si elle est mal équipée ? Elle se noie.

Et bien, sachez que je traverserai la ville de Gatineau en fière amazone et en arrosant quelques piétons (ça me fera plaisir vu que ce n'est pas ma plaque minéralogique héhéhéhé) sans prendre l'eau.

Tout ça, pour noyer le requin de la finance qui me montre les dents quand je regarde la mer à boire, c'est à dire, comment je vais bien faire si je dois acheter un autre auto.

Mais en attendant, tout baigne.

samedi 7 février 2009

Saoul-FifreBaptême si vil

Je dois avoir une tête à être parrain, c'est pas possible autrement.

Ils n'ont même pas eu la décence d'attendre ma majorité, à quatorze ans, ils me tombaient dessus et me mettaient un bébé braillard dans les bras, me faire ça à moi qui ai les oreilles si sensibles. Et puis évidemment, la totale, le riz à la sortie de l'église, les rubans, les dragées, le costard obligatoire, et ça m'est une vraie souffrance, la cravate, les souliers qui craquent, le col trop raide, m'enfin que voulez vous y faire, faut reconnaitre que ça dure pas des mois. Un petit effort, merde, ça va pas te tuer ?

D'autant que dans le cortège, il y avait une amie de la famille, de mon âge, belle, si belle que l'on n'aurait pas dû le lui permettre, rapport aux dégâts sentimentaux collatéraux possibles. Glups, pur et dur désir que le notre, pourquoi n'y a t-il pas un bouton "pause" dans la vie, pour savourer ces instants, ou même, "rewind", et pourquoi pas, grands dieux, qui qui l'est pas d'accord ?

Quelques années plus tard, rebelote. Après le filleul, la filleule. Ceux-là m'avaient subtilement acoquinés avec une marraine d'un tout autre monde, la femme d'un banquier de haut-vol. Si je n'ai fait tâche qu'un seul jour, c'est lors de ce baptême, mais rassurez-vous, j'eus d'autres maintes occasions de passer pour un pèquenal mal débourré. Les parrains-marraines devant s'occuper du cadeau principal, une croix en or massif, genre, avec chaîne de forçat, j'ai donc pu me ridiculiser aussi grâce à mon impécuniosité chronique. La famille venant à ma rescousse essentiellement pour éviter son propre déshonneur.

Maintenant, avec le recul, je dois reconnaitre que j'ai un bon feeling avec mes filleuls. Lui me ressemble beaucoup, en moins bien, faut pas exagérer, et nous nous comprenons, il peut parler avec moi de sujets qu'il évitera d'aborder avec ses parents, plus pénétrés de l'importance de l'apparence et de la réputation. Description euphémistique, hé hé. Bon, on habite pas la porte à côté et je ne suis pas trop donneur de nouvelles, mais la relation est bonne.

Ma filleule, elle, ha, elle, j'ai une grosse admiration pour elle, toujours du côté du vivant : lycée agricole, puis fac de Bio, jusqu'à la thèse, et puis marre du milieu insécurisant et sans doute gonflant de la Recherche, elle veut revenir au concret, à la terre, elle étudie la possibilité de cultures rares, de niches pointues. Se créer son emploi, quoi, En période de financements en chute libre, c'est pas con...

Et puis hier soir, ya calune qui me maile comme quoi elle veut me passer la troisième couche. Elle veut organiser pour la calunette, avec son accord, un baptême républicain !

Avec un maire à la place du curé, de la sangria à la place du sang du christ, de l'eau de vie qui remplacera l'eau bénite, pas de signes de croix, mais d'ébriété, des rondelles de saucisson faute d'hosties et des discours de politique générale plutôt que des lectures d'évangiles.

Je ne voudrais pas paraitre rabat-joie, enfin, je veux dire, pas plus que d'habitude, quoi ? mais je n'accepterai d'être à nouveau parrain que si ce baptême est célébré dans une église catholique, apostolique et romaine, au dessus de fonts baptismaux dûment consacrés à cet usage, avec le curé décoré de toutes ses fucking fanfreluches baptismales, non mais c'est vrai, quoi, sinon c'est la porte ouverte à toutes les hérésies barbares et une cérémonie qui a largement fait ses preuves de sérieux dans le respect de la tradition a vite fait de se retrouver caricaturée en finale de jeux olympiques de tee-shirts mouillés.

Mais non, calune, je déconne, allez respire un bon coup, mais z'oui : j'accepte avec joie d'être un des parrains de la calunette, sans conditions, tu peux même choisir un maire UMP, si tu préfères !

Vive la république ! Vive la france !

jeudi 5 février 2009

Mam'zelle KesskadieLe plus pathétique

Je sais que vous allez avoir envie de rire.

Pour ma part, je suis partagée entre le fou rire et les larmes de désespoir.

Voici mon compte-rendu, mes chummes chéries.

Le prince d'Égypte a continué sa cour avec insistance. Au téléphone, il est très gentil, sauf qu'il a un accent libanais et parle anglais et bégaie parfois ce qui rend la conversation difficile.

Il veut venir me voir. Pas de problèmes, mais je demande à le voir sur la webcam avant.

Bon, j'ai une connexion téléphonique, donc la webcam saute. Il me dit qu'il boite, mais bon, j'ai pas vraiment noté étant donné la pauvre qualité des images que je reçois.

Il a l'air assez bien, un peu grassouillet, mais moi, je lui trouve un air respectable qui ne me déplaît pas.

Donc, on prend rendez-vous.

Ah oui, j'oublie, il me dit qu'il fait cinq pieds cinq.

Il prend l'autobus parce que son auto est en réparation, il est de Montréal.

Pas de problèmes, je vais aller le chercher.

Seigneur, Dieu du Ciel, je le vois descendre de l'autobus.

Il me va au menton, non, soyons généreuse, au nez. il marche comme un vrai canard, la légère boiterie fait que je dois marcher super lentement pour qu'il me suive jusqu'à l'auto. Il sent le patchouli.

il m'a apporté un souvenir qu'il me remet derechef : une porte-carte en simili cuir marqué Montréal avec une feuille d'érable et une feuille d'érable en simili-brass trois couleurs marqué Montréal.

J'en avais les bobettes mouillées... d'avoir envie de rire !!!!

Et comme je lui ai promis qu'il pourrait au moins m'embrasser, il l'a fait en arrivant sur la bouche... yéârk !!!!!!! Une sainte chance que je lui ai jamais promis un french kiss, câlisse, ça m'aurait guéri la libido pour le restant de mes jours...

Bon, je me dis, il a peut-être des qualités cachées... va falloir que je lui en trouve vite, il est onze heures et je suis pognée avec lui jusqu'à huit heures à soir...

Aussitôt embarquée dans l'auto, je sais que je pourrai pas tenir. je me mords les lèvres constamment pour ne pas rire.

Comme toute bonne femme affreuse dans ces situations-là, j'imagine ma gang de chummes sur le siège arrière en train de se bidonner et je suis pas capable, mais pas capable...

Dieu Merci, il doit aller à la pharmacie parce qu'il a oublié ses médicaments, pour le cœur, pour la haute tension, pour le diabète. J'ai pas osé écouter la fin, j'avais peur d'entendre le mot viagra.

Une demie-heure de négoce avec le pharmacien pour qu'il reçoive de la médication...

Je me sentais séduite... par l'idée horrible de le laisser là...

Pendant ce temps, je dis que je dois aller à la toilette.

Là, j'ai fait le bottin complet de toutes mes connaissances de bitches sur mon cellulaire pour trouver une disponible, merci Carole, elle l'était. Je lui dis : tu me rappelles dans une demie-heure, mon père est mourant, pis il faut que j'aille à l'hôpital...

Pis là, je raccroche, soulagée.

De retour avec mon nabot, tout le temps qu'il me parle, je me dis qu'il va falloir que je fasse cet appel-là l'air catastrophée, pis si Carole niaise, je serai juste pas capable de pas pouffer de rire.....

J'ai mal aux joues de me retenir.

Là bon, on va déjeuner. Je trouve une terrasse. Ô horreur, qui vient s'assoir juste à côté de moi ?

La pire langue sale de tout l'hôpital où je travaille !!!!!!!

Heureusement, je le soupçonne de ne pas parler anglais. J'ai juste peur qu'il veuille me prendre la main...

Ce qu'il fait quand nous sortons du restaurant.

On avait l'air de Blanche-neige avec le huitième nain... j'enlève ma main au plus sacrant en lui disant qu'ici, tout le monde me connaît et qu'on pourrait penser qu'il est mon boyfriend.

I am not your boyfriend ?

Stie, ça fait pas une heure qu'on se voit, non !!!!!!

Bon, Carole me téléphone et m'aide en gardant un ton catastrophé (vive les cellulaires, mon Dieu, il m'a sauvé la vie) et là, les filles, je suis assez désespérée que j'ai réussi à pleurer pour de vrai !!!!! De vraies larmes sortaient de mes yeux !!!!!! Je devais aller le reconduire à l'hôpital pour aller au chevet de mon père qui est aux soins intensifs...

Je me serais battue d'être aussi vile, mais je me demande ce qui était mieux, de le laisser partir en lui disant qu'il est une horreur ou que mon père est entre la vie et la mort ?

Bref, j'étais pas capable, j'ai choisi le mensonge.

Alors, là, il me reste une heure à passer avec lui.

Il veut m'acheter plein de trucs la prochaine fois qu'il vient à Ottawa. On s'assoit dans un café, et il fait quoi ?

Non, il a pas regardé les autres femmes, nous étions seuls.

Non, il a pas pris ma main (je la gardais précieusement sur mes cuisses).

Non, il a pas essayé de me pogner les cuisses.

Il a pogné le journal et s'est mis à lire !!!!!!

Je n'en pouvais plus d'être séduite par son besoin d'érudition !!! Cliss, on vient de se voir, et il lit devant ma face le journal d'Ottawa !!!!!!

Enfin, l'heure fut venue de le remettre à l'autobus.

Il m'a demandé si on allait se revoir. J'ai dit non. Qu'un gars qui lit son journal devant moi, chu pas capable. Et que plein d'autres petits détails (dont les petits mensonges qu'il m'a dit sur lui...) font que je ne pense pas que nous ayons une relation.

Il était triste et a dit qu'il n'aurait pas dû venir.

Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas savoir que mon père serait à l'hôpital (moi non plus d'ailleurs) et qu'il fallait se voir pour savoir si nous étions compatibles.

Il m'a donné un bec sur la joue en partant.

Les filles, je trouve ça pathétique d'être looser de même. Pas beau, bégayant, boiteux, petit et comptable (scusez pour les CA ET CGA et autres comptabilités...).

Je suis triste et en même temps, j'ai envie de rire à m'en faire mal aux côtes.

Je vais prier pour lui, qu'il rencontre une femme qui va l'aimer, il est généreux à sa façon.

Et je vais prier pour que ça m'arrive pu...

Mam'zelle Keskadie encore en état de choc, toute seule, un dimanche pm, mais contente de l'être !