Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 28 mai 2006

Tant-BourrinLa positive attitude

Tout a commencé sans qu'on n'y prête la moindre attention. Nous voulions acheter un petit siège pour que Tant-Bourriquet ait une assise à sa taille, et nous avions trouvé ce petit fauteuil de mousse particulièrement approprié.


D'ailleurs, Tant-Bourriquet l'adopta bien vite, indépendamment du fait qu'il soit décoré de petits Oui-Oui.

Et puis il y eut un cadeau d'une belle-soeur, une petite peluche de Oui-Oui. Il ne se passa rien dans les premiers temps, mais peu à peu, il apparut de façon claire que Tant-Bourriquet, qui avait passé près de vingt mois sans éprouver le besoin d'avoir un doudou, s'entichait du gnome à grelot.

Soit.

Mais hélas, un jour, le Oui-Oui fut égaré sans espoir de le retrouver, et il fallut en acheter un autre, plus grand, plus beau. Et par souci d'éviter le trauma d'une nouvelle perte, nous en avons acheter un second, histoire d'avoir un doudou de secours. Mais notre discrétion fut mise à mal : Tant-Bourriquet réussit à voir les deux Oui-Oui en même temps et les adopta derechef, ainsi que, quelque temps plus tard, un mini Oui-Oui en peluche.

La famille Oui-Oui ressemblait alors à cela...


A partir de là, ce fut l'escalade, la fuite en avant... Tant-Bourriquet n'avait plus que "Oui-Oui" à la bouche. Il y eut bientôt les livres de Oui-Oui,...


...la voiture de Oui-Oui,...


...puis une trentaine de divX de Oui-Oui...


...et même les chaussures de Oui-Oui !


Anténor verrait dans cette monomanie galopante de la graine de client pour le Docteur Schneider.

Personnellement, je ne le pense pas. D'ailleurs, malgré ce flux de Oui-Oui qui constitue aujourd'houi-oui mon environnement, je garde ma bouille réjoui-ouie et épanoui-ouie. Je laisse donc coui-ouiner les béni-oui-oui à la mine chafoui-ouine, je n'oui-ouis que coui-ouic de ce qu'ils baragoui-ouinent. Leurs affirmations gratui-ouites s'évanoui-ouissent dans le brui-ouit ambiant. Et pui-ouis je n'en sui-ouis pas rédui-ouit à prendre des cui-ouites inoui-ouïes au oui-whisky dans des bouis-bouis pour oui-ouiblier Oui-Oui.

Oui, oui, je vous ai assez ennui-ouyés avec Oui-Oui pour ce oui-week-end... Un bon sandwi-ouich, un petit chewi-ouing-gum, je me foui-ouis dans mon swea-ouiter, et je serai prêt à joui-ouir d'une bonne nui-ouit !

lundi 22 mai 2006

Tant-BourrinLa généalogie, c'est moche !

Réfléchissez-y à deux fois avant de vous lancer dans votre généalogie...

On s'imagine découvrir des ancêtres ressemblant peu ou prou à ceci...

Lire la suite

dimanche 21 mai 2006

Saoul-FifreLe ridicule ? Même pas mal !

Vous moquez pas, cœurs de brutes, le ricanement facile aux lêvres : j'avais 13 ans, ça faisait plaisir à ma mère, ça lui changeait les idées et elle devait considérer que ça me changerait les miennes, vu que son mari venait de mourir (24 juillet 69)...

sa mère itou (4 aout 69)...

et puis cette lettre (11 aout 69)...

Marrant, non, comme la vie s'accélère, comme elle se ramasse, se concentre, s'affine, trouve un sens, se formule ? La poésie est-elle solution, explication, refuge, consolation ? Ou démiurge, héraut de malheur ?

Mais n'insistez pas, je ne pousserai pas l'abnégation et le sens de l'auto-dérision jusqu'à vous faire lire les 2 œuvres en question. Fallait-il que la poésie soit en perte de vitesse et en manque de bras, en 69 et en Périgord, pour que ce mec en soit réduit à sélectionner mes poèmes de Fête des mères ?

Une question angoissante demeure pourtant, et me taraude, lancinante :

"Dans le fond, de ce concours, avait-il le choix dans la date ?"

mardi 16 mai 2006

Tant-BourrinPutain, un an !

Il me semble que c'était hier... Après des jours et des jours de discussion, après que je me sois tapé, comme il se doit, tous les travaux de mécanique pré-lancement (Saoul-Fifre se contentant de choisir la couleur de la tapisserie), bref après que notre projet eût mûri jusqu'à être tout mou sous la pression du doigt, Saoul-Fifre mettait enfin en ligne, le 16 mai 2005, le tout premier billet de Blogborygmes.

Billet qui causa grand émoi dans la blogosphère, comme en témoigne le nombre astronomique de commentaires qui y firent écho : deux !

Et encore, l'un des commentaires est signé "Tant-Bourrin", l'autre est signé "Saoul-Fifre" !

Depuis, il y eut beaucoup de billets (324 au total), beaucoup de commentaires (plus de 4600), des billets dont on était contents, des billets tout foireux, des coups de fatigue, des coups d'angoisse de la feuille blanche, pour arriver à cette première date anniversaire. Notre blog ahanant a un an !

Je sais bien que les blogs sont souvent des lieux d'autosatisfaction narcissique, mais tant pis, pour une fois, laissons-nous aller dans le sens de la pente savonneuse : je nous souhaite un bon anniversaire ! :o)

Et pour marquer le coup, j'ai ajouté dans le menu de droite un petit rétroviseur qui permettra jour après jour de voir ce qu'il se passait sur le blog environ un an plus tôt... Une petite session de rattrapage en douceur pour les retardataires, quoi !

dimanche 14 mai 2006

Tant-BourrinGive a little bit...

C'est dingue les jouets qu'ils fonts de nos jours !

Tenez, il y a quelque temps, afin de parfaire l'éducation de Tant-Bourriquet, nous lui avons acheté toute une série de petits animaux en plastique : un cheval, un âne, une vache et son veau, une brebis, un cochon et un chien. Reconnaissez que l'ensemble a fière allure...

Mais en vérité, l'objectif principal était de le préparer par avance au choc psychologique qu'il pourrait éprouver si, par une sombre nuit du côté de chez Souf', il tombait nez à groin avec Julie la grosse cochonne...

Voilà, rien de bien intéressant, me direz-vous. Tant-Bourriquet, en bon petit citadin sophistiqué qu'il est, joua pour la forme un peu avec ces bestioles, mais préféra bien vite retourner à ses petites voitures.

Mais voilà, l'autre jour, prenant la reproduction de Julie la grosse cochonne en main, j'eus une petite surprise. En quand je dis "petite", tout est relatif : petite certes compte tenu de l'échelle, mais sacrément maousse en proportion !

Eh oui, Julie n'est pas Julie, c'est Jules le gros cochon, en fait ! En apparemment en pleine forme !

Bref, nos fabricants de jouets (heu... chinois en l'occurrence) ont développé ces dernières années un souci du détail tout à leur honneur.

Pour le coup, je vérifiai immédiatement si la parité avait été respectée parmi les autres figurines... Et elle l'a été : le chien est certes un chien, mais la vache doit être appelée "madame", ainsi que la brebis et que l'âne (qui est donc une ânesse, si vous suivez bien).

Mais en revanche, ne vous attendez pas à un coup de génisse : le veau est bien un veau...

...et assez précoce, apparemment !

Restait le cheval, un bon vieux bourrin, bien viril comme il se doit...

Vu la taille moyenne des attributs chevalins, je me préparais à sortir le grand angle pour la photo "retournée", quand je suis tombé sur... ça !

Touti rikiki-ridiculos... La plus ignoble quéquette de l'homme !... Ce n'est pas possible, ils ont dû être à court de plastique lors du moulage !...





Dites, je peux changer de pseudo, hein ?

mercredi 10 mai 2006

Tant-BourrinNuages

La photo est ancienne déjà, en noir et blanc. Quatre gamins y posent dans la lumière d'un après-midi d'automne, sur les graviers d'une petite cité HLM de banlieue ouvrière. Mes frères, ma soeur et moi.

J'ai gardé des souvenirs immenses de cette époque. Tout me paraissait alors simple et solide. Solide comme la main de mon frère aîné que je tiens sur la photo. Solide comme les cailloux, innombrables et éternels. Solide comme les murs de la cité, construite vers la toute fin des années 50. Solide comme mon père qui prenait la photo.

La vie se résumait alors à des choses évidentes, bien tracées, aux jeux, à l'école, aux goûters... La réalité était la réalité, point barre. Les secondes étaient des années.

Le tout premier coin enfoncé dans cette sérénité, je m'en souviens comme si je le revivais, fut la découverte, un jour, d'une petite tête de mort en plastique - vraisemblablement un bout de porte-clé un peu macabre - au milieu des graviers de la cité. Je ramenai mon trophée à la maison, à la fois fier et intrigué, pour demander à ma mère ce dont il s'agissait. Un peu embarrassée, elle répondit que quand on était très vieux, on mourrait et que l'on devenait comme ça. Et là, horrifié (non par le concerpt de mort mais par la perspective de ressembler un jour à cette face grimaçante), du haut de mes cinq, six ans, je lui répondis que non, pas moi, on me ferait plein plein de piqûres et que je guérirais et que voilà.

Et je repartis dans mes jeux, retouchai du doigt la solidité du monde, et bien vite j'oubliai complètement cet épisode.

Et puis la mort, la vraie, pas celle de plastique, vint cueillir année après année quelques fleurs dans le jardin familial : une arrière-grand-mère, un grand-père, une autre arrière-grand-mère... Le poison instillait ses effets délétères. Les certitudes vacillaient et, vers treize, quatorze ans, je m'interrogeais de plus en plus souvent sur le sens de tout ça, de ce temps présent qui devenait passé avant même qu'on ait pu le saisir, de cette étrange dimension unidirectionnelle et impalpable. La réalité même de la vie ne me semblait plus si patente.

Et peu après, il y eut le premier infarctus de mon père. Et les cailloux se firent encore moins solides.

Je me réfugiais de plus en plus dans des mondes oniriques, je découvrais alors la poésie, celle qui me parlait une langue inconnue et que je comprenais pourtant, celle qui faisait voler les cailloux.

Apollinaire, bien sûr, dont je buvais les "Alcools" à la régalade.

Et puis Jules Supervielle.

En relisant l'autre jour "Les amis inconnus", j'ai mesuré rétrospectivement à quel point j'avais pu, adolescent, m'imprégner de sa poésie, à quel point les mauvais vers que j'essayais alors moi-même d'écrire transpiraient maladroitement la tentation inconsciente d'imiter son style.

Son poème "le nuage" me touchait tout particulièrement...

        Il fut un temps où les ombres
        A leur place véritable
        N'obscurcissaient pas mes fables.
        Mon coeur donnait sa lumière.

        Mes yeux comprenaient la chaise de paille,
        La table de bois,
        Et mes mains ne rêvaient pas
        Par la faute des dix doigts.

        Ecoute-moi, Capitaine de mon enfance,
        Faisons comme avant,
        Montons à bord de ma première barque
        Qui passait la mer quand j'avais dix ans.

        Elle ne prend pas l'eau du songe
        Et sent sûrement le goudron,
        Ecoute, ce n'est plus que dans mes souvenirs
        Que le bois est encore bois, et le fer, dur,

        Depuis longtemps, Capitaine,
        Tout m'est nuage et j'en meurs.

Les mots de Supervielle m'habitaient, m'habillaient, je me sentais moins seul, moins nu. Le monde réel n'était plus mien qu'à mi-temps, cette vie dans laquelle j'étais si peu à l'aise, je la réinventais sur des bouts de papier. Et puis...

Et puis le temps a passé, comme un nuage. J'ai refermé un jour le cahier où j'écrivais mes poèmes. Le coeur s'est endurci ou, tout du moins, a fait semblant. Pour se protéger. Pour survivre. Etudes, boulot, routine.

Des années comme des secondes. La tête toujours un peu ailleurs. A côté de la vie.

Jusqu'à ce jour de novembre 2004 où les cailloux se sont évaporés.

Mon frère aîné et moi étions descendus de Paris pour aller enterrer mon père. Et en arrivant chez ma soeur qui habite à deux pas de la vieille cité, tout avait changé. Les murs si solides n'étaient plus là, juste des gravats.

La démolition de la cité était prévue depuis un certain temps déjà, mais le mauvais hasard avait voulu tout s'écroule en même temps : la cité, mon père, les bribes du passé... Poussières. Tout s'envole un jour en un nuage de poussières.

Une pellicule de grisaille sur une vieille photo...

        Depuis longtemps, Capitaine,
        Tout m'est nuage et j'en meurs.

mercredi 3 mai 2006

Saoul-FifreLa famine ombreuse

Nan, nous n'avons jamais eu faim. Mais enfin, 6 enfants à faire manger, 8 personnes à table, et une incurie pécunière avérée et profondément installée, tout ce qui tourne autour de la bouffe nous a forcément marqué.

Ma mère, excellente cuisinière, mettait du génie dans ses plats avec des trucs à 3 sous. C'était un tour de magie de première force que de nourrir cette volée de moineaux qui avait passé la journée à se dépenser au grand air, et que l'entrée dans ces odeurs de cuisine délicieuse faisait saliver abondamment.

Si par exemple, le dessert était un flan. Le lait venait de nos vaches. Les œufs, de nos poules. Quand nous pelions une orange, la pelure ne faisait qu'une seule spirale et ma mère, l'ayant suspendue pour la faire sécher, s'en servait pour donner du goût. Finalement, le seul truc acheté, sur ce coup là, c'étaient les quelques cuillerées de sucre pour faire le caramel qui serait coulé sur les bords du moule, avant de verser le mélange, puis de mettre au four (à bois)...

Si elle nous servait d'autorité, c'était juste pour éviter que l'on s'entretue pour avoir une plus grosse part.

Si le plat était ce jour là un poulet fermier, oui, elle ne nous servait que du poulet fermier élevé au grain en liberté, l'acheminement d'un poulet industriel jusque chez nous revenant trop cher, il n'y avait pas de disputes autour des morceaux nobles. Qui se régalait du cou et de la tête dont il aimait fendre le crâne pour se délecter de la cervelle (un émule d'Hippobert), qui adorait ronger des os et réclamait la carcasse, qui voulait le "sot-l'y-laisse", à savoir : le croupion... Là également, la dépense était minime : le maïs qu'il avait mangé était une population locale non-OGM que nous ressemions d'une année sur l'autre, et nous faisions la récolte en famille et sans moissonneuse... L'abattage rituel catholique pouvait se faire sans versement de dîme au curé, et les prières prononcées pendant l'égorgement de la bête se résumaient à "Pourvu qu'il soit bon !".

J'ai donc reçu ce week-end ma nombreuse fratrie et sororie, les morceaux qu'ils se sont choisis et le résultat de leurs copulations. C'est surtout l'occasion de se remémorer les recettes familiales et de s'engueuler sur des points essentiels de la doctrine du genre de "l'ordre dans lequel on doit faire revenir les légumes". Je leur ai fait lire les migas , j'ai bien cru qu'une de mes sœurs allait m'arracher les yeux pour mon interprétation osée du socle basique qu'elle jugeait intangible.

C'est surtout l'angoisse de se mettre réellement en cuisine (et en danger) sous le regard inquisiteur d'une bande de gourmets professionnels, le couteau et la fourchette entre les dents. Pour le premier repas, et pour couper court aux comparaisons toujours déstabilisantes, j'ai choisi de traîter un plat qui ne fait pas partie de l'arsenal familial, pourtant vaste : le coq au vin. Jamais touché à ce truc là, et mon meilleur ami, cuisinier professionnel, s'est trouvé injoignable au téléphone. Tester une recette sur 25 personnes pour son premier essai est une idée bizarre et révélatrice d'un excès de légèreté, mais j'avais mes coquelets à faire filer et je disposais d'une bombonne de piquette que je subodorais propre à un usage de marinade. Je la préparai simple, sur une base de fenouil et de sauge frais. La piquette, pour mémoire, est un vin de soif, léger, que l'on prépare en rajoutant eau et sucre dans la rafle restant de la première pression. On refait bouillir et on soutire un truc qui ne dépasse pas 11°, qui ne passera pas l'été et qu'il conviendra de boire frais. La recette que je suivis, trouvée sur un site auvergnat, ce que je pris comme un gage de qualité, ne m'attira aucune insulte, ce qui était la barre à atteindre que je m'étais fixée.

Le couscous du lendemain, appuyé sur les 2 solides piliers que sont mon automatisme dû à une longue expérience, ainsi qu'une confiance absolue dans la qualité de la viande de mes cabris brouteurs de colline, sut diffuser la bonne humeur sur tous les convives, boutés en train par la khémia préparée par Margotte, et maintenus réveillés par sa salade de fruits et son thé à la menthe...

C'est qu'il ne faut pas leur en promettre, mais leur en donner, aux enfants de ma mère !