Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 8 février 2006

Tant-BourrinLes bons trucs de Tant-Bourrin

Ce billet s'adresse à vous, frères salariés, qui trimez du matin au soir pour un salaire de misère, au taquet dès sept heures du matin et qui ne relâchez la pression qu'à vingt et une heures passées. (Saoul-Fifre, en tant que travailleur autonome, tu n'es pas concerné, tu peux retourner à tes semis de luzerne)

Oui, vous qui vous usez la santé pour un employeur qui saura bien vous manifester sa gratitude en vous flanquant à la porte comme un malpropre le jour où il n'aura plus besoin de vous.

Bref, vous qui passez vos journées entières devant un écran d'ordi et ne trouvez plus le temps de vous occuper de votre blog.

Vous vous apercevez un jour que vous n'avez rien de prêt pour votre billet du lendemain, mais vous êtes scotché au boulot jusqu'à une heure vraisemblablement plus qu'indue. Vous aimeriez bien, entre deux coups de fil, prendre cinq minutes sur votre temps de travail pour torcher un mauvais billet vite fait (votre piètre lectorat mérite-t-il de toute façon mieux que ça ?).

Mais voilà : la configuration de votre bureau est toute pourrite : vous êtes assis de trois quarts dos par rapport à la porte. Toute personne surgissant dans l'encadrement de celle-ci a donc une vision certes imparfaite car oblique, mais vision tout de même sur votre écran.

Dans ces conditions, comment faire pour préparer votre billet discrètement tout en donnant une impression d'activité professionnelle intense ?

On peut certes taper son billet au beau milieu du document Word vachement important sur lequel vous travaillez d'arrache-pied depuis trois jours, mais il faut alors être extrêmement prudent quand, le billet fini, on en fait un couper/couper pour l'insérer dans son blog.

Il faut en effet prendre garde à ne point laisser traîner quelques scories dans votre document Word d'origine : mon directeur a ainsi été relativement surpris de tomber, il y a quelque temps, sur la formule suivante dans une de mes notes, destinée au Conseil d'Administration : "l'organisation transverse et la recherche systématique de synergies améliorent les paramètres opérationnels du projet dans ton cul" (il faut dire que je venais de préparer ce billet). J'avoue que cela m'a valu alors quelques menus soucis.

Voilà pourquoi j'ai développé depuis lors une autre technique beaucoup plus sûre, quoi que fort simple, dont je vais vous faire profiter...

Appelons ça la technique du caméléon.

L'idée de base est de préparer votre billet non pas directement sur votre blog (les connexions internet peuvent être fliquées, soyez prudents !), mais dans un simple fichier texte que vous n'aurez plus qu'à copier dans votre blog, le soir, à la maison.

Ouvrez un document de travail hyper sérieux de la mort qui déchire sa race, document sur lequel vous allez être censé travailler.

Ouvrez ensuite votre bloc-note, et dimensionnez la fenêtre pour la ramener à une taille toute riquiqui. Voilà, parfait.

Vous constatez alors un léger problème : la petite fenêtre de votre bloc-note reste trop visible à l'oeil nu. En particulier, la barre de titre (d'un bleu très foncé en général), tranche bien trop sur votre document de travail en arrière-plan.

Lancez alors l'opération camouflage : allez dans votre panneau de configuration, choisissez "affichage", puis "apparence", et choisissez une couleur, pour la barre de titre active, similaire à celle du fond de votre document (blanc en général). Vous pouvez également éclaircir la nuance de gris utilisée pour les menus, l'ascenceur, etc.

Pour peaufiner le camouflage, masquez la barre des tâches de Windows, positionnez la fenêtre du bloc-note sur le côté de l'écran le plus éloigné de la porte... et voilà !

Cliquez sur l'image pour l'agrandir sauf si vous êtes presbyte

Vous pouvez désormais travailler tranquillement sur votre fichier texte : on ne voit quasiment rien à distance. Gardez néanmoins toujours le pouce gauche à proximité de la touche "Alt". Si quelqu'un s'approche trop de vous, il vous sera plus aisé de faire un "Alt"+"tab" rapide et discret qui fera disparaître votre fenêtre bloc-note en arrière-plan.

Vous n'aurez donc plus d'excuse pour ne pas livrer au monde entier le fruit quotidien de vos pensées les plus profondes.

Merci qui ? Merci Blogborygmes !

dimanche 5 février 2006

Saoul-FifreLes sept Chokapis pétés

L'avarice

Citez les 7 objets dont vous auriez du mal de vous séparer :

- Une pipe en terre en forme de dragon qu'a faite mon meilleur ami, mort en delta-plane à l'âge de 25 ans. Désolé de plomber l'ambiance, mais fallait pas me filer des chaînes à la con q:^) ! Et moi, j'aurais mis "du mal À vous séparer", mais bon, j'ai recopié bêtement...
- Quelques sculptures de Marc Bellanger, un plasticien Toulousain extraordinaire. On va dire 3 pour pas vous faire attendre trop.
- Mon Laguiole. C'est pas un vrai de vrai au manche de corne, il est en bois d'olivier, mais c'est quand même un Calmels. Je l'ai toujours sur moi.
- Mon Mac, bien sûr ! C'est qu'on s'y attache, à ces petites bêtes !
- Ma fourche à fumier. Ha Elle, je ne m'en sépare jamais ! La dernière fois que nous avons pris le métro à une heure de pointe, il fallait voir le respect silencieux de ces parisiens pourtant mal dégrossis, face à ce symbole profond de notre mère Nature, qui les renvoyait à leurs racines. Leur recul plein de déférence. On se serait cru dans une église, et nos sièges y étaient réservés.

La luxure

Citez 7 choses (ou personnes, dit Byalpel) qui vous émoustillent :

- Traire les chèvres à la main. Et les entendre bégayer quand j'accélère le rythme.
- Une odeur de corne de sabot sur une cavalière.
- "L'origine du monde", de Courbet.
- Cécile de France (j'allais dire Maureen Dor, mais je veux pas d'embrouilles avec Byalpel)
- Monica Bellucci (je sais, c'est pas original), dans "Maléna", par exemple.
- "Vadrouille à Montpellier", de Pierre Vassiliu
- "Little ego" de Giardino, chez Glénat

L'envie

Citez les 7 célébrités dont vous avez envie :

Heu, envier des célébrités ? Admirer, ça marche ?
- Les 7 nains ? Un peu d'envie, oui, qu'ils aient une petite aussi adorable à la maison, mais surtout total respect de ne pas s'être entretués pour elle !

La colère

Citez 7 choses qui ont le don de vous faire grincer des dents / de vous faire hurler :

- Les rapports Nord-Sud (toujours peur que le café et le chocolat soient en rupture de stocks)
- Les platanes massacrés-taillés par la DDE
- Les hommes politiques condamnés à 2 ans d'inéligibilité, et qui sont réélus brillamment ensuite.
- Les dingues qui mettent des patates dans le couscous.
- Ceux qui "...n'écoutent pas la détresse de leur voisin,
mais qui ouvrent leur bourse pour sauver des chiens..." Anne Sylvestre
- Si j'attrape celui qui s'est servi de ma brosse à dents pour se cirer ses chaussures !
- Mon bruxisme congénital.

L'orgueil

Citez ce qui vous semblent être vos 7 plus grandes qualités physiques ou non :

- Je suis patient. Pour supporter de co-bloguer avec Tant-Bourrin, c'est une condition sine qua non.
- Je suis bon. C'est l'opinion unanime chez celles et ceux qui m'ont goûté.
- Je suis beau. Je n'y suis pour rien, je ne l'ai pas choisi et je ne souhaite à personne d'être aussi beau que moi.
- Je suis généreux. Et je pense que tout le monde devrait être généreux. Soyez généreux avec votre prochain, et n'oubliez pas que je suis votre plus proche prochain.
- Je suis fort. Fort honoré que TB m'ait transmis cette chaîne. Fort de quoi je me fais fort de faire l'effort de forcer fort en arrivant au fort. C'est mon point fort.
- Ma voix est juste, douce, chaude, mélodieuse, puissante, colorée... S'il n'y avait pas Yaelz la chouchoutte, je gagnerais tous les concours chez Byalpel.
- Je suis orgueilleux. On le serait à moins, non ?

La gourmandise

Citez les 7 choses qui font le ravissement de vos papilles gustatives :

- La salade juive. Poivrons grillés au four, épluchés, huile d'olive, sel, ail. Je ne me nourrirais que de ça, mais c'est un peu complexe à préparer.
- Les migas. Semoule grillée, ail, anchois, merguez, etc... Je vous donnerai la recette un jour.
- Le Tiramisu de Margotte.
- Le nougat noir. Miel caramélisé, amandes. Un must. Je ne connaissais pas avant de venir en Provence : ça ne supporte pas le voyage.
- Du Salers millésimé. 2003 est une excellente année, avec un bouquet puissant, des effluves persistants, long en bouche, long en gosier, long en trachée, long en estomac...
- Des tripoux aveyronnais. MMMmmmHHHhhh... Quand je pense qu'il y a des ignares pour ne pas aimer ça ! Tant mieux, ça en fera plus pour les autres.
- La poule au pot du pôte Jean-Luc. Indescriptible. Henri IV doit s'en lécher les cavités nasales dans sa tombe.

La paresse

Citez vos 7 ingrédients pour glander dans les règles de l'art :

- Ben, un ordi, déjà, ça me parait un ingrédient qui fait l'unanimité, vu le nombre de connexions à partir du boulot.
- Un club. Une vraie glande nécessite un club. Avec les bras à hauteur du cœur, surtout, qu'il ne force pas.
- Un bon bouquin. Evitez les Prix magouillés. Evitez les conseils des journaux : un article élogieux correspond toujours à une pub 1/4 de page achetée par l'éditeur du livre. Allez plutôt lire les critiques de chutney , ou celles du Canard (pas de pubs).
- Des bêtes à regarder vivre.
- Des arbres à regarder pousser
- Des pierres qui jouent à 1, 2, 3, soleil, infinitésimalement...
- Des hyper-actifs qui s'agitent dans tous les sens, sous nos yeux, pour bien apprécier la différence.

Heu, le coup des 7 blogueurs à patatechaudiser d'autorité, on va laisser tomber. Que se patatechaudisent tous ceux désirant se patatechaudiser spontanément.

samedi 4 février 2006

Tant-BourrinLes sept Pépitos cachés

...ou plutôt : les sept péchés capitaux !

Bon, pas moyen d'y couper : je me suis à nouveau fait enchaîner. Cette fois-ci, c'est Abscisse qui m'a refilé le bâton merdouilleux. Et par malheur, Byalpel est passé juste avant moi, il m'a piqué par anticipation toutes les bonnes idées que j'avais pour répondre à ce questionnaire à la con (By, tu devrais bientôt recevoir une citation à comparaître devant les instances judiciaires adéquates pour répondre de ton plagiat). Enfin, bon, puisqu'il faut y aller, allons-y...


L'avarice

Citez les 7 objets dont vous auriez du mal de vous séparer :

Ouille, ça commence mal : si on parle vraiment d'objets et non pas de personnes, je sens que je ça va être dur, vu que je suis au fond assez peu matérialiste et qu'il y a pas mal de choses dont je pourrais me passer, notamment les 1238 bibelots de Tant-Bourrine. Bon, allons-y quand même...

  • Mon ordi connecté au net : comment pourrais-je t'abandonner, cher lectorat adoré ? (un peu de fayotage pour se mettre d'entrée le public dans la poche)
  • Mes skeuds, accumulés au fil des ans et des envies, avec un petit penchant pour mes vieux vinyles, dans lesquels passaient tout mon maigre argent de poche en un temps où mes oreilles n'étaient pas encore blasées.
  • Une chaîne pour écouter les CD et vinyles en question, faut pas me prendre pour un con, j'aurais l'air de quoi avec mes skeuds sinon ?
  • Mes prothèses dentaires (7 ou 8 couronnes, 2 inlays, une quarantaine de plombages) : je n'ai pas envie de bouffer de la purée et des flambys jusqu'à la fin de mes jours.
  • Mon toit : Non, je ne pourrai jamais vivre sans toit, je ne pourrai pas, ne pars pas, j'en mourrai, un instant sans toit et je n'existe pas... (air connu)
  • Une paire de godasses : je ne suis pas un va-nu-pieds comme certains bouseux de ma connaissance que je ne nommerai pas.
  • Une petite boîte musicale qui fait "meuh" quand on la retourne : juste histoire d'arriver à sept dans cette putain de première série à la noix.


La luxure

Citez 7 choses qui vous émoustillent :

  • Une tapette à mouche
  • Un coup de savate bien placé
  • De la citronnelle
  • Un émetteur d'ultrasons
  • La suppression de toute eau stagnante
  • Une bombe d'insecticide
  • Une crème antimoustique

Voilà... heu... en relisant bien la question, je m'aperçois que j'ai parcouru la question un peu trop vite, j'avais lu "citez 7 choses qui vous émoustiquent". Zut, c'est ballot, ça...


L'envie

Citez les 7 célébrités dont vous avez envie :

Putain de série à la con ! Est-ce que j'en ai sais quelque chose, moi ? Ça fait si longtemps que je n'ai pas pu lire Gala chez mon coiffeur ! Bon, histoire de ne pas déclarer forfait, on va dire...

  • Lara Fabian, parce que j'ai besoin d'une alarme pour ma bagnole.
  • Bernadette Chirac, pour faire peur aux pigeons qui viennent chier sur mon rebord de fenêtre.
  • Maïté, parce qu'au poids, c'est la plus avantageuse de toutes.
  • Lance Armstrong, pour qu'il détartre mes chiottes rien qu'en pissant un coup dedans.
  • Richard Clayderman, pour faire l'habillage sonore de l'ascenseur de mon immeuble.
  • Ilona, pour lui chanter 72 fois par jour "colchiques dans les prés", histoire de lui faire subir à peu près l'équivalent de ce que je subis depuis que Tant-Bourriquet s'est entiché d'un "monde parfait".
  • Saoul-Fifre, parce que j'aimerais bien que Tant-Bourriquet voit à quoi ressemblent les animaux (je parle des animaux de la ferme du Souf', pas du Souf' lui-même !... quoi que...).


La colère

Citez 7 choses qui ont le don de vous faire grincer des dents / de vous faire hurler :

  • Les chaînes bloguesques
  • Surtout celles où il faut donner 7 fois 7 réponses
  • En quelque sorte, celles qui requièrent 49 réponses
  • C'est beaucoup, non ?
  • Enfin, moi, je trouve...
  • Saletés de chaînes !
  • Les dentistes


L'orgueil

Citez ce qui vous semblent être vos 7 plus grandes qualités physiques ou non :

  • Je suis un modèle absolu, parfait, quasi-inimitable, bref une sorte d'étalon - sans aucune connotation sexuelle, cela va de soi -, de mesure absolue, de standard accompli, d'archétype souverain en matière de concision, de synthèse, de laconisme essentiel dans le moindre de mes écrits, la moindre de mes phrases, le moindre de mes mots, car je trouve qu'il y a une certaine obscénité à étirer ses phrases en des longueurs oiseuses et byzantines, à se perdre dans une prolixité superfétatoire, à délayer l'idée sous un inutile et vain verbiage, hypnotique et creux, alors que le sens profond, la moelle de la pensée, le substrat neuronal pourraient être exprimés en trois mots brefs et percutants, ce que je m'efforce donc de faire en chaque occasion, dans le moindre de mes écrits, la moindre de mes phrases, le moindre de mes mots - comme je le disais précédemment -, ce qui permet de capter l'attention de mes lecteurs et de tracer une ligne droite - chemin le plus court, c'est une évidence, entre un point et un autre, tout du moins dans un espace euclidien - entre le signifiant profond de mes textes et le cortex neuronal de mes lecteurs, tapant ainsi droit dans le mille de leur sphère cognitive et assurant par là-même une efficacité maximale à mon processus de communication bloguesque.
  • J'écri dans un bon francé san faute.
  • Je suis doté d'une grande force de pensée et sais rester concentré sur l'essentiel, ce qui m'évite de passer sans arrêt du coq à l'âne. Ça me fait penser que j'ai eu un bruit bizarre dans ma voiture en passant sur un dos d'âne ce matin, il faudra que je l'emmène au garage pour faire vérifier les amortisseurs.
  • Les muses de l'inspiration ont déversé l'encre de l'humilité dans le stylo de ma pensée, et c'est pourquoi le papier de la simplicité sur lequel je couche le torrent de mes phrases ne se tord jamais sous les boursouflures de la métaphore.
  • Je relis toujours mes précautionneusement phrases.
  • Bref, je suis un écrivain accompli.
  • Je suis modeste et lucide.


La gourmandise

Citez les 7 choses qui font le ravissement de vos papilles gustatives :

  • Le chocolat noir
  • Le chocolat au lait
  • Le chocolat blanc
  • Le chocolat en poudre
  • Le chocolat aux noisettes
  • Le chocolat fondant
  • Le chocolat vomi


La paresse

Citez vos 7 ingrédients pour glander dans les règles de l'art :

  • Une chaise
  • Un fauteuil
  • Une chaise longue
  • Un canapé
  • Un lit
  • Un matelas
  • La moquette


Et enfin : Citez 7 blogueurs à qui vous faites circuler cette chaîne :

Aaaaaaah, enfin le moment tant attendu où je peux donner libre cours à mon sadisme naturel !...

Bon, évidemment, Souf', tu ne peux pas y couper. Pas besoin de te creuser la tête à chercher un sujet de billet... Et puis, en tenant compte de ceux qui sont déjà caramélisés dans cette chaîne, de ceux qui sont englués dans la migration de 20six, de ceux dont je pressens qu'ils ne voudront pas participer, de ceux qui ont quinze chaînes de retard, je vais aussi bâtonmerdiser Anténor, Twig, Salomé, Bakemono, Manou et Lalune.

Mais si vraiment ça vous gave trop, laissez tomber : je préfère ça à une malédiction jusqu'à la 74ème génération...

dimanche 11 décembre 2005

Tant-BourrinAllais, les verts (et les autres couleurs)

Saoul-Fifre se plaignait récemment dans un billet de ce que les pauvres bouseux provinciaux comme lui ne pouvaient pas bénéficier d'une offre culturelle aussi abondante que celle proposée aux Parisiens, notamment en matière d'expositions.

Eh bien, puisque Saoul-Fifre ne peut venir à la Culture, j'ai donc décidé, dans ma grande générosité, de faire venir la Culture à Saoul-Fifre et à tous les blogueurs du monde entier, en réunissant dans ce billet les oeuvres d'un artiste-peintre trop méconnu : Alphonse Allais.

Oh, bien sûr, Alphonse Allais, ce nom ne vous est pas inconnu : vous connaissez l'humoriste, le faiseur de bon mots, de petites phrases passées par dizaines à la postérité, mais que reste-t-il aujourd'hui de son oeuvre picturale dans la mémoire collective ? Peu de chose hélas, sinon le premier tableau de la galerie que je vous propose de visiter, le seul à avoir acquis une certaine renommée, même si, hélas, on en ignore généralement l'auteur.

Alors, n'hésitez pas : je vous propose une petite visite de l'oeuvre d'Alphonse Allais, peintre... Suivez le guide !

Lire la suite

samedi 5 novembre 2005

Tant-BourrinUn nouveau regard sur Placid et Muzo

Sûrement avez-vous eu l'occasion, en vos vertes années, de vous esclaffer bruyamment à la lecture des hilarantes aventures de Placid et Muzo, les inénarrables compères, nés sous la plume d'Arnal et repris par la suite - et avec quel talent ! - par Nicolaou.

Mais peut-être n'avez-vous pas su déceler, sous les dehors d'un humour bonasse, la cruelle et lucide satire sociale sous-jacente.

Non, ne vous excusez pas, vous étiez jeune et innocent, votre conscience politique n'était alors qu'embryonnaire et votre univers se limitait aux roudoudous et aux fraises Tagada.

Mais le temps a passé et vous voilà aujourd'hui beaucoup plus blet mûr et en âge de percevoir toute l'acidité de l'encre amère dans laquelle l'auteur de Placid et Muzo a trempé sa plume.

Je vous propose, à titre d'exemple, d'étudier en profondeur le gag suivant, bien innocent de prime abord, mais dont la profondeur d'analyse n'a d'égale, à mes yeux, que celle du gouffre de Padirac.

Pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous ? En êtes-vous si sûr ? Regardons-y de plus près, en décortiquant le gag...

Lire la suite

mardi 1 novembre 2005

Tant-BourrinA saint contraint...

Aujourd'hui, 1er novembre, jour de Toussaint, jour de tous les saints donc, je souhaite rendre un petit hommage au plus méconnu des saints, en citant à nouveau l'excellent "Livre des bides" de Stephen Pile dont je vous ai parlé dans un billet précédent.


Judas Thadée, l'un des apôtres de Christ, fut honoré sous le nom de Saint Jude. Toutefois, dix-huit siècles durant, il fut totalement ignoré. Alors qu'on invoquait quotidiennement tous les autres saints, jamais une prière ne s'envolait dans la direction du malheureux Jude l'Obscur. C'était simplement dû à une regrettable confusion d'esprit, les fidèles l'identifiant avec le Judas Iscariote qui avait trahi le Christ. Cette injustice fut partiellement rachetée quand l'Eglise fit officiellement de lui le "Saint Patron des Cas Désespérés".


Or donc, lorsque vous vous trouverez dans une impasse, que vous ne saurez plus à quel saint vous vouer, pensez au vieux Judas Thadée, ça marche ! La preuve ? Je n'avais aucune idée de billet pour aujourd'hui, et grâce à lui, me voilà sauvé !

lundi 24 octobre 2005

Tant-BourrinLe livre des bides

Je vais vous parler aujourd'hui d'un livre vraisemblablement introuvable, puisqu'il est paru en 1982 et n'a, je crois, fait l'objet d'aucune réédition.

L'histoire est simple et belle : Marcel Gotlib, le dessinateur bien connu, alors aux commandes de Fluide Glacial, tomba, lors d'un voyage à Londres, sur un bouquin sobrement intitulé "The book of heroic failures", signé d'un certain Stephen Pile, et qui avait eu, trois ans plus tôt, un certain succès (pour ne pas dire un succès certain) Outre-Manche.

Marcel Gotlib, maniant parfaitement la langue de Shakespeare, se plongea dans le bouquin et explosa immédiatement de rire (faisant 23 mort et 106 blessés par la même occasion), jusqu'à en avoir mal aux côtes.

Sa décision fut un coup de coeur immédiat : il allait publier une version française du bouquin, qui allait devenir "Le livre des bides". Ce qui fut fait. L'adaptation du texte fut confiée à Michel Lebrun, par ailleurs traducteur officiel en français des écrits de Woody Allen, et le tout fut richement illustré avec humour par les plus grands dessinateurs de l'époque, dont Binet, Goossens, F'Murr, Pétillon, Got, Tardi, Morris, Fred, Edika, et tant d'autres.

A l'arrivée, un objet luxueux, magnifique et jubilatoire, dont voici la couverture.

Mais de quoi qu'il cause-t'y donc, le bouquin ? Eh bien, comme le nom l'indique, ce livre est la Bible des foirages lamentables, de la loose piteuse, des échecs minables. Une somptueuse compilation d'histoires parfaitement authentiques (sinon tout ceci n'aurait aucun intérêt !) racontant autant de bides pathétiques... mais complètement hilarogènes !

Allez, je ne résiste pas au plaisir de vous en retranscrire quelques-unes, prises au hasard, ici.


La grande grève des pompiers de 1978 rendit possible l'un des plus spectaculaires sauvetages d'animal de tous les temps. Vaillamment, l'Armée avait pris en charge les sinistres urgents, et le 14 janvier, les militaires furent appelés par une vieille dame de Londres pour rattraper son chat, coincé en haut d'un arbre. Ils arrivèrent donc avec une promptitude remarquable et remplirent leur mission à la satisfaction générale. La dame, ravie, les invita tous à prendre le thé. En repartant, accompagnés de remerciements et de bénédictions, ils écrasèrent le chat.


Après la naissance de leur deuxième enfant, M. et Mme Len Trott jugèrent leur famille suffisante. La jeune femme entra en clinique en mars 1978 pour une hystérectomie. Dix-huit mois plus tard, elle donnait naissance à un fils de neuf livres, qu'elle baptisa Désiré.


Toutes les tentatives pour capturer le monstre du Loch Ness sont restées vaines. Mais aucune ne constitua un plus magnifique échec que celle que quatre pompiers de Hemel Hempstead effectuèrent en 1975.

Convaincus que l'attraction sexuelle pourrait seule attirer le monstre hors de ses profondeurs propices, ils fabriquèrent un monstre femelle en papier mâché, long de dix-huit mètres, garni de cils, d'un moteur hors-bord et d'un magnétophone poussant des appels érotiques. "Le sexe résout tout", affirmèrent les pompiers.

Le monstre, peint en vert et bleu, se mit à flotter vers sa lune de miel, piloté par deux pompiers. Ils voguèrent en long, en large et en travers, se heurtant à une totale indifférence hormonale du monstre marin. Ceci pour deux raisons possibles.

Primo, les pompiers apprirent que leurs cris d'amour enregistrés étaient ceux d'un veau marin, et ne risquaient donc guère d'émoustiller la libido de la bête du Loch Ness.

Secundo, le moteur hors-bord tomba en panne au milieu du Loch. La monstresse dodelina, changea brutalement de cap et s'entortilla autour d'un ponton.

Le sexe ne résout pas tout.


Dans le but d'attraper un voleur récidiviste, en 1978, la police de Doncaster installa une caméra invisible dans les vestiaires d'un club de tennis.

En se projetant le film, l'état-major découvrit que tout ce qu'on avait réussi à filmer, c'était un policeman déambulant, entièrement nu, à la recherche de ses vêtements volés.


En rédigeant le Traité de Versailles à la fin de la Première Guerre Mondiale, les grandes puissances oublièrent totalement d'y inclure la Principauté d'Andorre.

Comme l'armée régulière de ce minuscule état pyrénéen ne comprenait qu'un seul officier, six soldats et quatre hommes d'intendance, l'Andorre était probablement le pays le moins capable de continuer la Première Guerre Mondiale à son propre compte.

L'Andorre ne possédait ni artillerie ni mitrailleuses, mais tous les soldats arboraient sur leurs uniformes des boutons sur lesquels on pouvait lire la devise du pays : "Touche-moi si tu l'oses".

La position diplomatique de l'Andorre empira en 1939, quand la Principauté découvrit qu'elle avait une guerre de plus à disputer.

Pour en finir, le 25 septembre 1939, elle signa un traité de non-agression avec l'Allemagne, mettant ainsi officiellement fin à la guerre de 14-18. Cela apporta la paix à l'Andorre pour la première fois depuis 44 ans.

Le budget habituel de la défense se monte annuellement à environ deux livres, et est entièrement consacré à l'achat de cartouches à blanc pour les cérémonies officielles.


Voilà, j'espère que ça vous a plu. Or donc, si d'aventure vous tombez un jour par hasard sur ce bouquin dans un vide-grenier, n'hésitez pas : quel que soit le prix demandé, ACHETEZ-LE !!!

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 >