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mercredi 4 juillet 2012

Saoul-FifreMargotte

La rencontrer pour la première fois, c'est un peu comme n'avoir jamais vu la mer, même pas à la télé, et enfin l'atteindre. Ça fout un choc. Ça en a flanqué à plein de gens, ça m'a filé une sacrée décharge, d'entrée, et ça en fichera à plein d'autres encore, si j'en crois les réactions que je peux surprendre, moi qui suis à ses côtés, en position d'observateur privilégié.

Elle fascine, elle interroge, par son mutisme dense, compact, phase d'analyse devant l'inconnu, qui évoluera vers plus de chaleur humaine si vous avez la chance rare d'être passés indemnes au travers de ses cribles critiques. C'est son regard droit, profond, présent à la relation, qui parlera pour elle au début, son visage atypique qui éveillera votre curiosité, ses longs cheveux "blond vénitien", parait-il, qui fouetteront vos fantasmes le long d'ornières creusées par les femmes mythiques éternelles chevauchant leurs ondulations sauvages.

Elle a su garder au fond de ses yeux cette flamme de phare porteur d'espoir pour des nageurs épuisés en dérive, jouets de courants contraires ou victimes espérées par les récifs. Des hommes la croisent au plus près et prennent la position instinctive du chien d'arrêt, le regard interloqué, un peu de bave aux commissures, aux ordres de leur cochon intérieur. Je le connais bien, ce moment hors du temps et des normes en vogue, pour l'avoir vécu et revécu. Des hommes lui décrivent les sentiments vrais qu'ils éprouvent et l'histoire se répète, repiquant à l'envi ce sentiment de déjà-vu. D'autres restent muets, ne parvenant qu'à rouler dans leur âme infiniment un trouble hors du champ lexical.

N'avoir que l'embarras du choix : cocagne, mais son choix est essentiellement d'ordre temporel.

Ou bien c'est "Tout de suite !", tu me plais à condition qu'entre nous cela devienne "Plus jamais !"... Je te choisis étranger, nomade dans l'âme, avec ton billet de bateau ou d'avion dans la poche, sans bagages et sans mémoire, sans remords ni culpabilité...

Ou bien c'est "Pour toujours !", et dans ce cas là, j'ai besoin d'un temps de réflexion pour m'engager dans la durée. Je recherche, pour que ma petite entreprise ne sombre pas dans la crise, un amant, mais aussi le futur père de mes enfants, leur éducateur, mon co-retraité et, soyons triviaux, un côté animal, mais quand même cultivé, un jardinier, un affineur de fromages, un lécheur de timbres soigneux et un défricheur de garrigue.

Sans grand espoir, je présentai mon curriculum vitae. Je vins à tout hasard avec mon kama-soutra illustré par Dubout sous le bras. Après moultes tergiversations et une longue période d'essai, j'obtins enfin mon CDI.

Et depuis, je ne compte plus les regards torves et incrédules, tant masculins que féminins, que je suis obligé de supporter, et que je vous traduis à la louche ainsi :

- Mais qu'est-ce qu'elle lui trouve ?!?!

vendredi 22 juin 2012

Saoul-FifreHuile rouge

Ma mère a eu beau plonger ses recherches généalogiques profondément dans le temps, elle n'a pas réussi à nous exhumer d'origines provençales. Catalanes, oui et aussi minorquines, alsaciennes, franche-comtoises, algériennes, mais la Provence a débarqué dans notre arbre par hasard.

Même du côté de Margotte, née à Marseille mais de lignées débarquant d'Aveyron, du Limousin, d'Italie ou du Béarn. Devant ce fait établi, nous n'avons fait ni une ni deux et sommes partis à la conquête de connaissances locales pour nourrir nos racines transplantées. La langue principalement car il faut des mots pour nommer les choses et comprendre les gens. Et puis la climatologie, très liée à la tradition avec ses proverbes prédictifs bien pratiques, les fêtes votives, ses jeux et ses symboles qui nous mènent tout logiquement à sa gastronomie et à la chimie des liquides. A ce stade du petit coup dans le nez, nous accédons directement à la culture de la joie, aux poètes et aux félibres, sans intermédiaires endimanchés. Les yeux sombrés dans ces constellations que notre ciel clair et pur rend fascinantes, nous comprenons mieux Mirèio. Le jour venu, les étoiles, ne tenant pas en place, s'appuieront sur leurs ailes et sillonneront l'espace en piaillant. L'ornithologie nous apprendra à saluer, de leur nom et d'un coup de casquette ces compagnons de vie, nos locataires du dessus.

Et l'indispensable botanique, bien sûr. Les plantes nous nourrissent, nous dessoiffent, nous meublent, nous condimentent, nous enjolivent et nous soignent. Justement, un des premiers stages de Flore et Vie que nous avons suivi, avec Margotte, était sur les herbes de la Saint-Jean. Car la Saint-Jean est la période de l'année où, sous nos latitudes, le soleil reste visible le plus longtemps et monte le plus haut au dessus de l'horizon. Les plantes "solaires", celles dont la quantité et la force de leurs principes actifs dépendent de l'ensoleillement, abondent et les herboristes savent que c'est le moment de les cueillir, de les préparer pour s'en servir tout au long de "l'an que ven". Il s'agit du caille-lait, de la cataire, de la reprise, de la toute-bonne, de l'armoise, du chrysanthème commun, de la cynoglosse, de l'immortelle jaune, de l'herbe-au-vent, de la mélisse, du bouillon-blanc, de l'épine-du-christ, de la rue...

Mais la plus célèbre, c'est le millepertuis, l'Hypericum Perforatum ou erbo de sant Jan, erbo de millo traou, Trescalan, en langue d'Oc.

On ne peut pas confondre cette plante avec une autre. Déjà ce petit buisson couronné de fleurs jaunes en cette saison attire l'œil de loin. Rapprochez-vous, prenez un bouquet floral et frottez-le entre vos doigts, ils devraient rougir. Allez, si vous voulez être bien sûrs, prenez une de ses petites feuilles et présentez-la au soleil. Ses rayons traversant la feuille par des dizaines de trous microscopiques vous indiqueront le pourquoi de son appellation en français. Nous sommes le 22 Juin, vous avez donc, selon votre lieu de vie, un mois pour préparer votre huile rouge. La plupart des sites internet qui en parlent vous conseilleront de ramasser votre millepertuis au midi solaire (14 h, en été). Permettez-moi de corriger ici cette erreur. Traditionnellement, les provençaux se levaient très tôt le matin du 24 Juin afin de se trouver aux lieux de récolte, au sommet des collines, au lever du soleil. Il faut ramasser les sommités florales encore noyées de rosée, et les tasser au fur et à mesure dans un petit bocal en verre. Quand celui-ci est bien plein, remplir les vides avec une bonne huile d'olives, fermer et abandonner le bocal en plein soleil pendant un mois. Filtrer, conserver votre huile rouge dans un flacon pendant 2 ans maximum. En fait les provençaux se faisaient leur "oli roudgé" tous les ans.

Plusieurs études scientifiques ont paré le millepertuis de qualités. Il serait analgésique, anti-inflammatoire, anti-dépresseur léger, anti-prurigineux, utile pendant la ménopause, en cas de règles douloureuses... Vous avez là surtout un produit cicatrisant à l'efficacité redoutable, tellement qu'il ne faut surtout pas l'utiliser sur plaies profondes : la plaie se referme si vite qu'elle risque d'emprisonner un foyer infectieux. Il est donc idéal pour :

- Brûlures
- Râpures superficielles
- Coups de soleil. En curatif ! En préventif, il a au contraire un effet inverse photosensibilisant. Ce n'est pas une crème solaire !
- Bonne huile de massage en cas de douleurs articulaires, rhumatismes, ulcères...

Perso, nous en avons été ravis pour nos trois enfants en période de couches. On nettoyait bébé à l'eau, on le séchait à la serviette, on l'enduisait d'huile rouge bien dans les plis et on lui remettait une couche propre. Pas un seul érythème fessier, ni boutons, ni démangeaisons... Ah ça ! On s'est pas ruiné en talc Mort-ange !

dimanche 10 juin 2012

Saoul-FifreNulle verge

Ce contrepet sur son nom peut avoir un sens si l'on se rappelle que sa cousine Caroline a refusé de l'épouser, elle dont il était amoureux depuis leur plus jeune âge. L'aurait-elle essayé, et en fut-elle déçue ?

Et pendant que j'y pense, Tant-Bourrin ne l'aurait-il pas déjà utilisée, cette contrepèterie si évidente, dans ses "Brouillons de culture" ? Vérifions. Et merde ! Bien sûr : et dès le premier, je l'aurais parié ! Mais pourquoi faut-il que je me fasse doubler systématiquement par cet Anquetil de l'intellect et que je me retrouve systématiquement dans la position du suceur de roue, éternel "ce con", genre "la poule, y dort"... Tiens qu'est-ce qu'elle devient, celle-ci, d'abord ? (Je me bofise à une vitesse, moi ? Ça fait peur ...)

Bon je ne m'appesantirai pas sur l'organe sexuel de Jules Verne ni ne relèverai plus avant l'absence d'intérêt à en évoquer la pertinence comme biais pour aborder son génie littéraire.

On peut gloser sans fin sur ses influences : Wyss et son Robinson suisse, Daniel Defoe, Fenimore Cooper, Edgar Poe, Victor Hugo... mais force est de reconnaitre qu'il a su se créer son propre créneau, inclassable, irréductible à un domaine étroit mais toujours habité par un souffle épique inégalé et un sens du suspense de quasi-thriller. Si influences il y a, elles sont clairement assumées. Mathias Sandorf, dédié à Alexandre Dumas père, est à peu de choses près une déclinaison-hommage au "Comte de Monte-Christo". "Le sphinx des glaces" est tout simplement la suite des "Aventures d'Arthur Gordon Pym", de Poe.

Un mythe à qui il convient de tordre le cou sans plus attendre est celui qui affirme que seul son frère Paul, officier de marine, aurait voyagé et rapporté à son frangin toutes "ses" idées. Non, Jules n'est pas resté le cul collé sur une bite du port de Nantes. Il a même pas mal baroudé dans le monde entier, mais ce qu'il aimait par dessus tout, c'était les voiliers, et il en eut trois avec lesquels il cabota en France et en Europe du Nord.

Par contre, c'était un gros bosseur qui nous a pondu 62 romans, 18 nouvelles, des poèmes et de nombreuses pièces de théâtre, son premier domaine d'activité. Cancre scolaire, il déçoit son père qui aurait bien vu son ainé reprendre la charge d'avoué paternelle, ça se faisait en ce temps-là. Enfant critiqué, moqué, une vie entière à courir après la gloire (on ne compte plus ses demandes recalées pour rentrer à l'Académie) ne lui suffira pas pour se sentir "justifié", autorisé dans son choix de vie. Il sacrifiera sa vie de couple et l'éducation de son fils unique Michel à cette ambition littéraire dévorante.

Le résultat, et la seule chose importante, finalement, sera cette œuvre immense qui part dans tous les sens et où il y a très peu de déchets. Je n'ai pas lu tous ses 62 romans, comme je l'ai un peu imprudemment écrit dans ce billet mais une très grosse partie. C'est qu'il faut les trouver !

Son fond de commerce principal était cet espèce de balbutiement de science-fiction. Il y excellait, accumulait de la doc technique, se tenait au courant des dernières découvertes en réactivant ses réseaux d'informateurs. Ses héros sont ingénieurs, professeurs, journalistes, scientifiques. Son XIXième siècle est celui de la raison, de la confiance dans le progrès. La science va aplanir toutes les difficultés, apporter le bonheur. L'énergie inépuisable du futur, gratuite et propre, ce sera l'électricité, produite autour de l'hydrogène et de l'oxygène. Les classes sociales ne sont pas un problème pour Jules Verne : les citoyens sont solidaires et égaux, quelque soit leur niveau de formation ou leurs origines. Verne est un anti-esclavagiste convaincu, politiquement, il était rad-soc. Elu de sa ville d'Amiens, il y a construit un cirque dans le but de sédentariser des gens du voyage, ce qui était assez couillu pour l'époque.

On ne peut pas dire qu'il ait vraiment fait œuvre de prophète. Il a simplement fait des gammes et imaginé des applications à partir d'inventions juste nées. Par contre, ses romans sont admirablement construits, passionnants, dépaysants au possible. L'avenir est ouvert, le positivisme lumineux de Verne fracture des portes fermées jusqu'alors. Il parait que vers la fin de sa vie, son œuvre se fit plus noire et que son éditeur Hetzel s'arrachait les cheveux et devait le caviarder sévère.

Perso, je n'aime jamais autant Verne que lorsqu'il délaisse sa SF pour faire des incursions dans le lyrique, dans l'humain, le sentiment. Michel Strogoff, Un capitaine de quinze ans, Les tribulations d'un chinois en chine, Deux ans de vacances, Le château des Carpathes...

Même si je garde une fidèle tendresse pour "Vingt-mille lieues sous les mers", le premier Verne que j'ai lu, au primaire, et pour sa suite, bien sûr, "L'île mystérieuse", ma robinsonnade préférée, et de loin !

lundi 4 juin 2012

Scout toujoursLe bonheur sur Facebook

DUGLAND : POUR VIVRE HEUREUX, VIVONS NOS PASSIONS AU PRESENT

GLANDU : Yes, carpe diem !!!

DUGLAND : Décidément, les grecs ont tout inventé.

GLANDU : C"est vrai mais aussi les romains.

DUGLAND : Excuse-moi, mais comme la plupart des gens tu fais un contresens : dans l'esprit d'Horace, carpe diem voulait dire "tu es mortel ton bonheur présent est éphémère" et non pas le traditionnel "jouissez sans entraves", d'autre part, Horace avait appris la philosophie à Athènes, les romains ont tout repris des grecs, et nous par la suite...

GLANDU : Mais non, pas du tout de contre sens en ce qui te concerne, puisqu'en tant que jouisseur émérite la passion et le bonheur ne font qu'un pour toi. N'est-il pas? En tout cas je suis tout à fait d'accord avec toi sur le fait que dans cette locution latine Horace a largement été inspiré d'Epicure.

DUGLAND : Non en effet, pas vraiment de contresens avec moi, encore que "jouisseur émérite" me semble assez exagéré, mais contresens avec la citation d'Horace qui est plutôt négative et menaçante, et qui est tout sauf un encouragement à la jouissance, d'ailleurs ne penses-tu pas qu'il l'ait piquée plutôt à quelqu'un d'autre qu'à Epicure? J'ajoute que la passion n'est certainement pas suffisante au bonheur. Je crois qu'il faut en plus un minimum de satisfaction personnelle qui est plus importante que la passion, car tout le monde n'est pas passionné (j'entends la satisfaction d'avoir fait ici-bas ce que l'on devait faire, sinon ce que l'on pouvait). On va bientôt pouvoir ouvrir un forum philosophique...

GLANDU : Bon sang mais c'est que maintenant il va me faire réfléchir sérieusement le bougre. Je me demande si tu n'as pas été traumatisé par ta prof de philo quand tu étais petit. Je l'imagine de latex vêtue, avec un fouet dans la main droite, te répétant sans cesse "carpe diem, carpe diem" et après le pauvre Horace qui n'avait rien à voir là dedans en a pris plein la tronche. Blague à part je crois que le bonheur n'est pas inné mais qu"avec le temps et un peu de réflexion on peut s"en rapprocher. L'exégèse philosophique me parait à côté de cela bien insignifiante mais reste à mon avis un jeu intellectuel tout à fait salutaire.

DUGLAND : Si tu connaissais mon prof de philo, c'était un communiste pur et dur, et j'ai beau faire un gros effort, j'arrive pas à me l'imaginer avec du latex. J'ai retrouvé son blog sur internet, il est devenu libéral, sacrés enseignants, on les refera pas... Blague à part, tu as raison tout ceci n'est que discussion, à chacun sa façon d'approcher le bonheur, les anglo-saxons prétendent même que le bonheur est génétique alors...

GLANDU : Allez pour finir cette discussion et avant d'aller faire dodo, cette citation de St Augustin : le bonheur c'est de continuer à désirer ce que l'on possède déjà... à bientôt cher ami philosophe

DUGLAND : J'ai déjà lu cette citation, mais je l'avais oubliée, je crois en effet qu'on peut trouver son bonheur dans les choses les plus élémentaires par simple contemplation de la nature par exemple, dans le simple bruissement du vent dans les feuilles d'un arbre, Montaigne trouvait le sien dans la volupté qu'il avait à s'endormir et demandait même à se faire réveiller la nuit pour cela. Mais c'est quand même très bien de vivre ses passions, bon je me couche moi aussi.

GLANDU : Bon alors toujours en train de dormir pendant que moi je commence à me geler !!! Allez réveille toi il est l'heure de penser. Ah St Augustin, égérie de la décroissance avant l'heure. Voir à la limite un peu subversif, non ? Concernant les anglo saxons et leur programmation génétique du bonheur, je ne suis pas surpris. Après des siècles de chape luthérienne, ils ont des excuses. Entre le déterminisme génétique et la prédestination divine, on retrouve une constante d'aliénation. Et puis après il faut naître et vivre, et là qu'est ce qu'on trouve ? Le déterminisme social des naturalistes, Zola en tête. Vain Diou les croquants ! Révoltez vous, brisez vos chaines. Le bonheur est à portée de main, lisez Montaigne.

DUGLAND : Oui tu as raison, d'ailleurs ce déterminisme anglo saxon n'est peut être pas totalement désintéressé puisqu'il pourrait le cas échéant leur servir à justifier leur domination du monde, mais la morale reste sauve puisqu'une enquête récente a démontré que malgré leur richesse, ils n'étaient pas plus heureux que le reste du monde...

vendredi 10 février 2012

Saoul-FifreDe quel bois je me chauffe

Des appels angoissés me parviennent des quatre coins de l'hexagone, de son centre, voire même de terres sauvages l'environnant, encore mal explorées.

- Saoul-Fifre ? J'ai froid...

L'appel est identique, quel que soit l'appelant. Là, malgré l'enchifrènement, j'ai bien reconnu la voix, pâteuse à cette heure tardive, de ce bon Bof.

- Ne me dis pas que tu as encore spéculé, pariant sur une peu probable baisse du prix du fioul en plein hiver, et que ta chaudière s'est éteinte, faute de carburant ??? L'erreur est humaine, certes, mais la persévérance dans sa connerie est diabolique. Ce n'est pas à un petit chanteur à la bite en bois comme toi, spécialiste des cantiques en latin, que je vais l'apprendre ?

- Non, la chaudière marche mais tu comprends, la source a gelé ! Elle ne coule plus et ça, c'est un signe qui ne trompe pas : le thermomètre est passé au dessous de zéro !!

- Oui figure-toi que je lis les journaux. Le froid a fait 500 morts en Europe, - 25 ° en Italie, le Danube gelé, plus personne aux balcons dans les Balkans... Tu serais pas en train d'essayer de me faire pleurer sur ton sort ? Comme quoi les routes glissantes t'obligeraient à aller à petons jusqu'au bar du village, qui est bien à 800 mètres, genre ? Je te signale que les algériens se caillent les glaouis sous la neige et que chez nous, au pays du soleil, je n'arrive pas à faire monter la pièce à vivre au dessus de 9° et que les canalisations d'eau ont gelé entre le RC et le premier étage. Est-ce qu'on se plaint ?

Enfin : si. Je me plains du traitement de cette vague de froid tout à fait de saison par les médias (les copains à Sarko : Bouygues, Lagardère, Hees etc...). Aaargh, on va mourir, alerte rouge, on va manquer d'électricité pour se chauffer, on est obligé d'en acheter aux allemands (Tiens je croyais que c'était eux qui nous en achetaient depuis qu'ils sont sortis du nucléaire ? C'est un peu comme ça vous arrange, hein, les journaleux ?)

Vraiment, le but des médias est on ne peut plus clair : il faut bien faire flipper les français pour qu'ils votent pour le seul qui a des couilles, le héros qui ne tremble pas devant Fukushima : Zébulon 1er !

IRRADIER PLUS POUR CHAUFFER PLUS

HYPER-ACTIF AUJOURD'HUI RADIOACTIF DEMAIN

Tous les autres candidats n'ont qu'un seul programme : vous faire crever de froid ! Seul le nucléaire peut vous fournir les précieuses calories qui vous permettront, en petite tenue et en plein hiver, de regarder sur TF1 un reportage objectif et édifiant (sponsorisé par AREVA) sur les japonais courageux, pas pleurnichards et de plus en plus majoritairement pro-centrales atomiques.

Les hommes politiques véreux et responsables ironisent sur les énergies renouvelables qui ne seraient pas "rentables". J'ai un peu de mal à croire leurs chiffres. Le rapport de la cour des comptes sur le sujet reconnait déjà la compétitivité de l'énergie hydraulique et l'éolienne ne serait guère plus chère que le nucléaire. Pour le solaire, il se trouve qu'un ami agriculteur a fait construire un hangar couvert de photopiles. Avant, il recevait comme tout le monde sa facture EDF tous les deux mois. Maintenant, EDF lui envoie un chèque en rachat de sa production électrique, la somme correspondant à sa consommation est bien sûr déduite. Ce chèque suffit à rembourser le crédit qu'il a été obligé de faire, n'ayant pas le premier sou pour cette opération. Dans sept ans, le crédit sera remboursé et le chèque d'EDF sera donc son bénéfice net.

Dans ces conditions, et par rapport à sa situation antérieure, j'aimerais bien qu'on m'explique cette assertion :

"Le solaire n'est pas rentable"

mardi 7 février 2012

Tant-BourrinComment survivre en temps de crise

Que vous le vouliez ou non, 2012 sera l'année de la crise. Et pas une petite crisounette de rien du tout, non : la big crise, bien maousse et poisseuse, le merdier absolu, quoi !

Dans ces conditions, plus d'un risque de voir sa situation personnelle se détériorer sévèrement et de ne plus pouvoir profiter du haut niveau de vie que lui offrait jusque-là notre brillante civilisation occidentale.

Vous-même, peut-être, êtes-vous inquiet pour votre avenir ? Que faire si vous vous retrouvez, du jour au lendemain, sans emploi, sans revenu, démuni de tout, pour conserver un train de vie plus proche du TGV que du vieux tortillard poussif ?

Pas de panique : Blogborygmes est là pour vous aider !

Voici quelques exemples de situations auxquelles vous pourriez être confronté et les réponses à y apporter...

Lire la suite

mardi 10 janvier 2012

Saoul-FifreArriver à bon porc

D'aucuns, nouveaux ou peu attentifs lecteurs du dernier billet de Taanb-Ourhin , ont pris cette histoire de cochons embarqués dans un voyage interstellaire mal barré pour un délire névrotique aigu mais il n'en est rien : ce texte eut presque pu avoir sa place dans notre catégorie "La vraie vie", n'eut été (et non : "nus tétés", n'est-ce pas, Andiamo ?) son style nettement connoté futuriste.

Ce que j'aimerais que vous compreniez, c'est qu'emporter un cochon pour un long voyage n'est pas du tout une idée idiote. Même les amis des bêtes se refusant à tout sacrifice animal pourront, en toute bonne éthique, s'adresser à la générosité naturelle au cochon qui se rendra gentiment à leur convocation du "Don du sang". Un bon litre toutes les 3 semaines est un bon rythme qui permet une reconstitution correcte de son capital sang. Un peu de lard inutile lipposucé aux endroits disgracieux, quelques kilos d'oignons finement hachés, du 4 épices et voici de quoi manger pour tout l'équipage le mardi, jour du boudin.

Et vos petits Porcinets, animaux propres sur eux, conviviaux et sympathiques, restent ainsi les bons vivants que vous appréciez, tout en vous remboursant en nature de boudin noir la farine d'orge et les restes de votre table dont ils font leurs délices.

Bien sûr, si le voyage s'éternise, comme dans le cas précité dans le billet de TB, il est bien plaisant de n'avoir pas à tirer à la courte paille pour savoir "qui, qui, qui... qui serait mangé ?". L'un des Porcinets s'auto-désignera naturellement, dans un bel élan atavique dû aux habitudes congénitales de son Espèce, appréciée par la bouche dont la main l'a de tout temps nourrie.

La Céleste Inn, je veux bien, mais ça fait un sacré détour, ça nous oblige à nous arrêter et je vous dis pas les prix ! Céleste, elle en profite, de pas avoir de concurrence à plusieurs milliers d'années-lumières alentour !

Non : embarquer quelques cochonailles sur pattes, c'est vraiment la solution soies-soies idéale. L'en-cas pour les cas graves non-prévus. Et même les sensibles, les adorateurs de BB deuxième version, les ceusses qui balancent des pavés dans les vitrines de charcuterie ? Ils ont cette attitude désinvolte car ils savent que trois numéros plus loin dans la rue ils vont trouver un bel étal coloré de fruits et légumes ?

Mais quand arrive la faim, la vraie faim qui te fait baver en zieutant le fauteuil en daim défroissé et le mec assis dessus, ben tu ne fais plus la fine bouche devant un sandwich jambon-saindoux ! C'est-y pas bon ? On dit merci qui ? Hein ? Fais rillette à papa Saoul-Fifre ?

Etudions le paradoxe. Il y a des animaux non consommés mais certains par respect : la vache sacrée ou bien la jument de Margotte (On ne mange pas sur qui l'on monte. Voire) et d'autres par dégoût. Vous avez d'un côté deux parmi les trois religions abrahamiques qui crient haro sur le goret/nourriture et de l'autre, la troisième qui lui est plutôt sympathisante (relire "Les trois messes basses" de Daudet). Ajoutez-y les Sikhs, les Adventistes du Septième jour et bien d'autres mouvements protestants, les Messianniques... Les nombreux Hindouistes et Boudhistes sont bien sûr également partisans de le laisser gambader en dehors de sa terrine et les végétariens "sanitaires", dirais-je : aussi. Cela fait déjà beaucoup de monde mais quand arrivent les photos ou les films, on voit rappliquer en renfort les "sentimentaux".

Jean-Luc Godard, qui a filmé une scène où un cochon saignait du groin dans son film "Week-End", a vu débarquer en hurlant la dernière caste citée, offusquée.

- "Je voulais juste démontrer ceci :" leur répondit-il, "vous tuez un cochon à l'écran, un millier de personnes crient leur horreur. Vous tuez un soldat au Vietnam, personne ne réagit."

En hommage à Godard, que Blanche aimait beaucoup, entre parenthèses, je vous ai donc filmé l'égorgement de notre dernier cochon charcuté, Naaaaaannn, je décoooooonne, vous n'aurez droit qu'à un extrait du résultat :

Juste un hommage, pour la forme, à des passionnés qui consomment religieusement le porc par amour, dans sa mûre perfection, pour lui éviter les pitoyables affres de la déchéance dans un mouroir. Ce beau mâle pesait 380 Kgs vivant, il s'agissait d'une espèce de chippendale porcin et j'imagine bien d'ici les sifflements jaloux des scorpions limousins se suicidant par dépit sous cette nouvelle gifle provençale reçue. Faudra que je leur envoie aussi des photos de silures pêchés dans les étangs de par chez nous.

Toujours est-il que nous voilà suffisamment achalandés en sauciflards et autres confits pour atteindre la prochaine planète habitable.

Mais y trouverons-nous du réseau ? De l'ADSL et du WIFI pour vous tenir au courant de nos prochaines aventures ? Clystèreetboules.com ! Vous le saurez en restant à l'écoute, grâce à votre agrégateur, de l'Univers Blogbo !

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