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samedi 27 octobre 2018

AndiamoMaître Clary (Chauguise reprend du service).

Le commissaire Chauguise, et son adjoint Julien Crafougnard dit "Dugland", sont dubitatifs, ils sont là les mains dans les poches, à leurs pieds le cadavre gonflé par son séjour dans l'eau d'un homme d'âge mûr, le costume de bonne coupe, les mains soignées. Le visage est salement amoché, sans doute a t-il percuté des rochers au cours de sa descente.

En haut lieu on a préféré dépêcher le célèbre commissaire du 36, afin d'élucider au plus vite l'affaire, le macchabée retrouvé dans le Rhône à Montélimar n'est autre que Maître Clary le célèbre notaire de Grenoble.

Ce dernier a déjà été impliqué dans des affaires plus ou moins louches de terrains classés inconstructibles dans la régionde Grenoble, et qui miraculeusement s'étaient tout à coup vus octroyer des permis de construire en bonne et due forme.

- Ben dis donc Dugland il a fait un sacré voyage le Tabellion, de Grenoble à Montélimar...

- Sans compter patron, que par les cours d'eau ça lui aura épargné les nougats ! Et à voir sa tronche, si les voyages forment la jeunesse, ils déforment la vieillesse !

- Et t'es fier de toi ? Décidément je m'demande ce que ma Juju fout avec toi, l'amour est aveugle décidément.

Bon allez tu t'bouges le fion, fais chauffer la quinze, on déhotte, direction Grenoble, c'est là qu'il crêchait ce Clary pas clair, et là Chauguise se marre de sa propre connerie.

Valence, Romans, Voiron, Grenoble, pas le temps d'admirer le coucher de soleil sur Belledonne encore enneigé.

- C'est quand même beau Patron soupire Julien.

- Toi t'as trop lu Heidi étant petit, bougonne le Patron en question.

- Bon tu nous dégottes deux piaules pour la nuit, pas à l'hôtel du pou nerveux, ni au Négresco, tu t'démerdes, verstehen ?

- Comme d'hab. Patron.

Au matin Chauguise et Julien se retrouvent pour le petit déjeuner.

- Ma Juju va bien ? Demande Chauguise.

- Ben oui Patron, mais comment vous savez que je l'ai appelée ?

- J'ai eu 23 ans avant toi Dugland !

Bon allez tu finis ta tartine c'est pas un repas de première communion, et direction Veurey-Voroise, là où se trouve le siège du "Dauphiné Libéré".

- C'est où Veurey-Voroise ?

- Tu t'démerdes Dugland, tu verras qu'un jour y'aura une téloche dans les tires, et tu programmeras ton itinéraire, et tu sais ce que tu pourras en faire des cartes Michelin ?

Chauguise a été reçu par le Directeur en personne, l'As du 36 est archi connu.

- Dites voir il me semble qu'il y a quelques années avait eu lieu une catastrophe horrible, 21 morts il me semble, et ce à cause d'un permis de construire accordé en zone avalancheuse reconnue.

- Oui cela s'est produit il y a quatre ans dans le massif des Sept Laux au-dessus d'Allevard, un hôtel avait été construit dans un couloir d'avalanches bien connu, et répertorié, la catastrophe s'était produite en pleine nuit, 19 enfants d'une classe de neige ainsi que deux institeurs qui les accompagnaient avaient péris dans l'accident.

- Et qui avait rédigé l'acte de vente ?

- Attendez Monsieur le Commissaire je vais appeler Célestine, c' est notre archiviste elle a une mémoire éléphantesque, elle va vous renseigner mieux que moi.

Plutôt bien gaulée l'archiviste, Chauguise d'habitude impassible se dandine d'un pied sur l'autre en reluquant la belle rouquine.

- Dites voir Madame, l'avalanche ayant fait 21 morts il y a quatre ans vous vous souvenez ?

- Comment aurions nous pu oublier pareille horreur ?

- Oui excusez moi ! Vous souvenez vous du notaire ayant passé les actes officiels relatifs à l'obtention du permis de construire, ainsi que de la construction de l'hôtel ?

- Maître Clary répond la jolie Dame sans hésiter. Il y avait eu 21 morts dont 19 enfants, une famille avait même perdu ses trois gosses, deux filles et un garçon, tous les gamins étaient scolarisés dans une école de la région parisienne, Bobigny si ma mémoire est bonne.

De retour à Paris c'est un jeu d'enfant pour notre commissaire et son équipe, de retrouver la liste des victimes de l'avalanche des Sept Laux. Un nom retient particulièrement son attention, Madame et Monsieur Blanchard qui avaient perdu leurs trois enfants dans cette horreur.

Chauguise flanqué de Crafougnard se rend au domicile des Blanchard, ceux ci les font entrer dans leur modeste pavillon, sur le buffet une photo en noir et blanc : deux fillettes et un garçon sourient à l'objectif...

- Nos enfants articule Madame Blanchard, un pâle sourire en guise d'excuse.

- Vous l'avez retrouvé cette ordure de Clary articule lentement Chauguise en regardant Robert Blanchard droit dans les yeux.

- Oui commissaire, ma femme et moi nous nous rendons chaque année chez la sœur de Martine ma femme qui habite à Montélimar, nous y passons quelques jours. Il y a deux semaines, alors que nous achetions des nougats destinés à être offerts à des amis, j'ai croisé ce salaud de notaire dans la boutique "La ruche dorée", il m' a reconnu c't'enflure, faut dire que je l'avais copieusement insulté lors du procès, il s'en était tiré avec un non-lieu ! Arguant qu'il n'était pas au courant au moment des faits et que toute la faute incombait au maire et au Préfet, lui était blanc comme neige... Si j'ose dire.

Dans la boutique il m'avait jeté un regard méprisant, je n'ai pas supporté commissaire, il aurait pu au moins afficher de la compassion. Alors je l'ai suivi et comme il s'approchait du fleuve pour regarder, je l'ai poussé.

Crafougnard au volant, Chauguise à côté le bada enfoncé jusqu'aux yeux, le retour sans encombres en ces années cinquante.

- Tu vois Dugland, il est très rare que je n'arrête pas un coupable, Clary aura glissé, c'est un accident point barre, maintenant je connais dans le coin un p'tit gastos dans lequel la taulière mijote un navarin d'agneau, à en bouffer la fourchette ! Prends à droite...



Sympa le doyen, je vous ai crobardisé l'archiviste !,
Toute ressemblance avec une personne connue, n'est absolument pas fortuite !

(ch'tiot crobard Andiamo)

jeudi 18 octobre 2018

AndiamoSens dessus dessous et inversement.

Ce qui est bien... Ou pas trop mal c'est selon lorsque tu vieillis, c'est que tu as accumulé un tas de choses parfaitement inutiles, stockées dans de vieux tiroirs poussiéreux au fond d'un improbable lobe de ton misérable cerveau.

Tiens pas plus tard que ce matin, en écoutant les (tristes) nouvelles sur mon poste à galène, m'est revenue une chanson, à l'époque elle était chantée par "Les compagnons de la chanson". En fouinant un peu j'ai trouvé la version que je vous propose, interprétée par Jean-Pierre Ferland, un Canadien, je l'ai préférée à celle des Compagnons, qui est très bonne également, question de goût...

Curieusement ou pas elle s'applique véritablement à ce qui commence à se produire, au sud le chaos, tandis qu'au nooooord nous subissons un temps plus que clément, grand ciel bleu, et sècheresse !

Françoise et moi avons eu une petite conversation par billets interposés, au sujet du réchauffement climatique, qui pourrait aussi paradoxal que cela puisse paraître, apporter un refroidissement catastrophique à cause de l'arrêt brutal du Gulf Stream. J'avais évoqué cette possibilité dans un billet.

Mais bon avant d'en arriver là ,soyons positifs :

- On se fera bronzer la Lune à Bray-Dunes,

- On vivra en maillot de corps au Tréport,

- Les chapeaux en paille de riz à Saint Valéry,

- De la crème sur la peau à Saint Malo,

- Et où k'c'est-y que l'soleil cogne ? à Boulogne !

Mais inversement :

- Des doudounes en duvet de canard à Montélimar,

- Les parapluies et les cirés à Saint Tropez,

- On se gèlera les orteils à Marseille

- On aura la goutte au nez au Cap Ferret.

On plantera du Gamay, du Syrah, Pinot noir, Chardonnay, Cabernet ou autres cépages à Valenciennes, Tourcoing, voire Nœux-les-Mines, on dégustera un Valenciennes 2018 classé "grand crû", allez les ch'tis !

Bon on rigole, on rigole, mais ce qui m'inquiète c'est qu'on ne peut toujours pas se baigner dans la Seine, elle coule près de chez moi, il fait beau et chaud, alors j'enrage !

jeudi 11 octobre 2018

AndiamoLa guerre des immondes.

J'aurais pu tout aussi bien intituler ce billet : "Mers attack", étant donné que la ville de Mers jouxte celle du Tréport.

Je vous ai rebattu les oreilles maintes fois avec Le Tréport , ce charmant petit port de pêche situé sur la Manche, limite Nord de la Normandie.

Il y fait bon vivre, avec son poisson débarqué chaque jour sur le port, vendu encore frétillant sur les étals. Les gens du Noooord de la France, si accueillants, un port qui grâce à son activité justement vit toute l'année, loin de ces villes côtières moribondes durant neuf mois, puis dès qu'arrive l'été voient débarquer son lot de pâles des miches, en quête d'U.V !

Cette année Le Tréport a obtenu le label d'excellence : "Station Touristique" récompensant les efforts de chacun, pour faire de ce petit port une ville accueillante et jolie, comme quoi on peut travailler dans une ville sans l'enlaidir, au contraire, je connais cette station depuis fort longtemps et je l'ai vu s'embellir d'année en année.

Une énorme barge au nom tristement évocateur "Excalibur" a débarquée au Tréport, chargée d'effectuer des sondages en vue de l'implantation d'éoliennes en mer, les vibrations occasionnées par ces carottages ont fait fuir le poisson ! Résultat les pêcheurs ne prennent plus la mer, car disent ils, à quoi bon ? Les filets remontent vides, mais les frais eux restent les mêmes, certains ont encore cette qualité rare nommée "bon sens".

En sus, ce seront deux cents emplois, et huit cents personnes en tout qui seront impactés, c'est ce qu'on appelle "les dommages collatéraux", car ce sera la bande de zéro à vingt miles des côtes qui sera condamnée.

On sait parfaitement que ce qui attire particulièrement les touristes, c'est justement l'activité de ce petit port de pêche. J'entendais justement Jean-Sébastien Petitdemange Sur R.T.L, il y a une quinzaine de jours, il vantait le côté sympa et typique de ce port, pour l'anecdote il disait s'y rendre avec une glacière, de manière à rapporter du poisson, des tourteaux ou des coquilles selon la saison.

Ne croyez pas que ces pêcheurs pratiquant une pêche côtière, respectueuse de son environnement soient "contre" les énergies renouvelables, ils demandent simplement à ce que ce parc éolien soit implanté à quelques miles plus au large, ne gênant pas ainsi leur activité.

Le ch'tiot Pierre, le p'tit Célestin (un parent de belles châsses ?) La Belle Héloïse, La Fée des mers, Le Cédric Jean-Charles, sont ils condamnés à rouiller, éternellement ancrés au port ?

Après ch'mineurs de ch'nord, verra t-on les péqueux de l'Manche pointer au chômdu ?

Une petite info comme ça : dans le même temps, le projet d'implantation d'un parc éolien face au Touquet, a été définitivement abandonné... Trogneugneu.

Personnellement je ne suis pas contre les énergies renouvelables, les éoliennes en particulier, je n'approuverai ces projets QUE le jour où implantera un tel parc face au Touquet, Deauville, Biarritz, Brégançon, Cannes, ou toute autre ville à nantis, mais qu'on arrête d'emmerder ceux qui bossent.

Allez les péqueux, inscrivez vous au chômage, il suffit de traverser le port ! Car décidément, je pense que ce pays n'aime pas ceux qui retroussent leurs manches.

(Daguerréotypes Andiamo)

samedi 6 octobre 2018

AndiamoIl faut savoir...

Quand Charles Aznavour a chanté "Je m'voyais déjà", j'avais vingt ans ! Je travaillais chez "Sud Aviation", je m'en souviens comme si c'était hier... Hier encore j'avais vingt ans en quelque sorte.

Et voilà lui aussi, on le croyait indévissable, le vendredi qui a précédé sa mort je l'ai vu dans l'émission C à vous.

En pleine bourre Charles ce soir là, 94 balais, Il portait un blouson de d'jeun' en jean avec un aigle dans le dos, comme l'homme à la moto ! Il nous a parlé de sa prochaine tournée... Mais non mon bon Bof, pas une tournée de kirounet, une tournée je ne sais où. Il comptait bien devenir centenaire.

Et puis la camarde est arrivée, en loucedé, la serpette bien affûtée, et TCHAC ! Je croyais que le fil qui le reliait à la vie était fait d'acier, et bien non.

Il y a quelques années j'ai perdu un ami, il avait demandé à ses enfants de passer une chanson d'Aznavour, lors de la bénédiction à l'église, cette chanson c'était : "Il faut savoir".



Il faut savoir
Quitter la table,
Lorsque l'amour est desservi...,

(Ch'tiot crobard Andiamo)

lundi 1 octobre 2018

AndiamoMoi je m'balance.

Barbara... Vous aimez ? Moi OUI, alors je me suis fait plaisir, l'été continue à Paris, vive le réchauffement climatique, Boulogne sera Pampelonne, et Pampelonne je m'en fou. Cette chanson accompagnait l'excellent film de Nelly Caplan, "la fiancée du pirate", avec notamment : Bernadette Lafont, et Michel Constantin.  !



Moi je m'balance.
Je m'offre à tous les vents,
Sans réticences,
Moi je m'balance,
Je m'offre à qui je prends.
Le cœur indifférent

(Ch'tiots crobards Andiamo)