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samedi 3 novembre 2007

Tant-BourrinCoup double

Jean-Claude (fulminant) : D'où reviens-tu ainsi ? Et à cette heure ?... J'en ai assez de tes allées et venues, tu fais tellement de boucan quand tu rentres que je n'essaie même plus de m'endormir avant que Môssieur Luigi daigne regagner ses pénates !

Luigi : Eh, oh, en veilleuse, s'il te plaît ! On est juste en coloc', t'es pas mon paternel !

Jean-Claude : Oh oui, je ne le sais que trop bien qu'on est en colocation ! Il me serait bien difficile d'oublier un colocataire de ton genre ! C'est moi qui me tape tout le ménage, c'est moi qui remplis le frigo, c'est moi qui paye les factures d'eau et d'électricité...

Luigi : Ouais, et alors ? Ça te défrise ?

Jean-Claude (continuant sa phrase) : ...et c'est Môssieur Luigi qui n'en fout pas une ici et qui va faire ses petites affaires louches à l'extérieur à la nuit tombée !

Luigi (s'emportant subitement) : Quoi ? Qu'est-ce que t'as dit, là ? Des affaires louches ? Ne t'avise jamais de redire un truc comme ça ! Je fais mon business, point barre. Et si ça t'empourpre le trou de balle, je m'en contrefous. C'est pas parce que t'as choisi de mener une vie de peigne-cul qu'il faut charogner sur ceux qui savent mener leur barque !

Jean-Claude (écarlate) : Peigne-cul ? Peigne-cul ? Attends un peu, c'est le tien de cul que je vais peigner à coups de pied, non mais !

Luigi (un rictus méprisant aux lèvres) : Oh, excuse, vieux, je voulais dire "expert-comptable". Mais peigne-cul, expert-comptable, tout ça, c'est synonyme, hein !

Jean-Claude (fou furieux) : Là, ç'en est trop ! Passe encore de jouer les bonniches pour un maquereau et un dealer, mais je ne vais pas me laisser insulter en prime ! Ce coup-ci, je...

Luigi (sortant un revolver de sa poche) : Tst, tst ! On se calme ! Je sens que t'as besoin d'un petit sédatif, toi !

Jean-Claude (pâlissant subitement) : Héééééééééééé ! Attends, pose-moi ce revolver, tu vas...

Luigi : Je vais ?

Jean-Claude (grelottant de peur) : Tu vas... faire une bêtise. Heu... écoute, on s'est peut-être emportés pour par grand chose, hein ?... Allez, retire-moi ce revolver de ma tempe ! Déconne pas !

Luigi (un éclat cruel dans le regard) : Peigne-cul... et impoli avec ça : t'as pas dit "s'il te plaît". Tant pis pour toi !

Jean-Claude (blème) : Nooooooon !




Rapport de police

Procédure judiciaire n°3392, novembre 2007
Commissariat de Police
Rintanbourg, 98200

Décès par arme à feu au domicile de la victime

Rapport de police
Officier au rapport : Commissaire Alban Tourrin
Numéro de matricule : 771-30
Samedi trois novembre deux mille sept


Nous, Alban Tourrin, Commissaire de la République et de la ville de Rintanbourg. En suite de la déposition faite par devant nous le vendredi deux novembre deux mille sept par Madame Maria Lamanou, 62 ans, célibataire de son état, femme de ménage, résidant au 77 rue de la Quintaine, à Rintanbourg, au sujet de la découverte du décès à son domicile de Monsieur Jean-Claude Foursif, 43 ans, célibataire de son état, exerçant la profession d'expert-comptable et résidant au 18 avenue des Variolithes, à Rintanbourg.

Nous nous sommes transportés, le même jour, sur les lieux du décès, accompagné de l'agent Jean-Ignacio Lorentez. Étant arrivés au dit endroit, nous avons procédé à l’examen des lieux. Le cadavre de la victime gisait sur le dos au milieu du salon et tenait un revolver dans sa main droite. L'examen visuel du cadavre permet d'attribuer selon toute vraisemblance la cause du décès à l'impact d'un projectile d'arme à feu sur la tempe droite.

Aucune trace d'effraction n'a pu être relevée. L'appartement de la victime était en ordre. La victime n'a apparemment subi aucune violence physique. Le relevé des empreintes digitales n'a fournit aucun élément susceptible d'infirmer l'hypothèse d'un décès par suicide. Seules les empreintes de la victimes ainsi que celles de Madame Maria Lamanou ont pu être identifiées. La présence des empreintes de cette dernière s'explique par le fait que Madame Lamanou faisait deux fois par semaine une heure de ménage dans l'appartement de la victime, dont elle disposait d'un double des clés. C'est en pénétrant dans le logement de la victime le vendredi deux novembre deux mille sept vers neuf heures trente que Madame Lamanou a constaté la présence du cadavre de Monsieur Foursif et a prévenu aussitôt les services de police.

Après avoir procédé à l'ensemble des examens et relevés d'empreintes, nous avons fait transférer le cadavre de la victime à l'institut médico-légal pour que soit pratiquée une autopsie.

Nous avons ensuite consulté le fichier central pour connaître les éventuels antécédents judiciaires du défunt. Il s'avère que celui-ci a par deux fois été mis en examen dans des affaires de proxénétisme et de trafic de stupéfiants. Ces deux mises en examen faisaient suite à l'interpellation en flagrant délit de Monsieur Jean-Claude Foursif, connu dans le milieu rintanbourgeois sous le pseudonyme de Luigi.

Ces mises en examen se sont par deux fois conclues par une relaxe, l'expertise psychiatrique de Jean-Claude Foursif ayant conclu son irresponsabilité au moment des faits. Selon le rapport d'expertise, la victime souffrait de schizophrénie profonde induisant des troubles importants de la personnalité, deux identités, à savoir Jean-Claude Foursif et Luigi, coexistant alternativement dans son psychisme. La victime a séjourné par deux fois en hôpital psychiatrique pour y recevoir un traitement, mais sans réel espoir de guérison. Ces troubles psychiatriques récurrents sont donc susceptibles d'avoir de nouveau altéré le comportement de Monsieur Jean-Claude Foursif et de l'avoir poussé au suicide.

Le rapport d'autopsie sera joint au présent rapport dès réceptions. Si aucun élément nouveau ne vient infirmer les premières conclusions, nous pourrons qualifier les faits en suicide et classer l'affaire sans suite.


Dont acte
Le commissaire de Police

Transmis à Monsieur le Directeur de la Police Centrale.
Rintanbourg, le 3 novembre 2007.

jeudi 1 novembre 2007

BofSuivez le guide !

Au moment ou vous lirez ces lignes, je serais quelque part entre le sud-ouest de la France et la Normandie, le point exact dépendant du sens du vent, de la nourriture fournie aux étapes et de mon envie de conduire. Je vais donc utiliser la technologie moderne dite du billet programmé pour vous permettre de lire icelui à jour et heure dits.

Dans ma courte carrière de blogueur, je vous ai déjà infligé : des élucubrations, une critique ciné et, dernier avatar en date, ma vie, mon œuvre.

Bien.

Aujourd'hui, je vais jouer le guide. Oh, pas un guide de la Provence connue et archi-visitée, non. Je vais vous mener à Trans-en-Provence, pas loin de chez moi.

Au premier abord, rien de transcendant dans la commune, je pense d'ailleurs que le nom vous est, pour la plupart, inconnu. Normal, le seul endroit digne d'intérêt figure rarement dans les fascicules touristiques.

C'est en fait l'œuvre d'un homme, ingénieux ingénieur qui se donna les moyens de valider sa théorie grandeur nature.

Et grandeur nature ça donne ça :




Euuuuuuh, c'est quoi, me direz-vous ? Déjà, non, c'est pas un pigeonnier. Ni un blockaus, ni un séchoir.

C'est un puits. Si si. Un puits aérien.

Notre ingénieur avait remarqué que dans les pays chauds et secs, le manque d'eau présente quelques inconvénients. Dont celui d'obliger à boire le pastis pur. Une croyance locale assure que c'est bon pour la digestion. Peut-être. Mais le foie, lui, n'est pas d'accord.

Soucieux de la bonne santé hépatique de ses contemporains, l'ingénieur résolut d'exploiter un phénomène connu depuis l'antiquité préhistorique : la rosée nocturne.

Nous sommes en 1928 et, trois ans plus tard, cet édifice de douze mètres de diamètre à sa base verra sa hauteur culminer à treize mètres, pour des murs épais de deux mètres cinquante, pas mal non ?

A l'intérieur, son centre sera occupé par un énorme cylindre, dans lequel seront enchâssées des ardoises, celles-ci devant accroître la surface de contact avec l'air nocturne, chargé d'humidité, canalisé par les ouvertures présentes dans l'ouvrage.



Pour recueillir cette rosée divine, une citerne de grande taille sera creusée en sous-sol.

De grande taille, car l'ingénieur du nom de Knappen, Belge de naissance (je sais, c'est mesquin de parler de sa nationalité), pensait, après savants calculs, recueillir environ 30 000 litres d'eau par nuit.

Le record avoisinera les 10 litres, ce qui est une très légère et très regrettable erreur de calcul.

Reste un joli but de promenade, et c'est déjà pas mal.

Voilà, dans un prochain épisode, nous nous rendrons à Pivaut, voir de quelle manière, à l'ère préfrigidairienne, les hommes stockaient l'hiver la glace nécessaire à l'anisette d'été.

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