Curieusement, Saoul-Fifre vient de publier un émouvant billet rendant hommage à son frère disparu.

J'avais préparé ce billet il y a un petit moment. Chez Blogbo, nous avons le boyau de la rigolade en ribouldingue en ce moment. Alors je persiste et signe dans la même veine.



Telle une femme de petite vertu,
Elle arpentait le trottoir du
Cimetière,
Aguichant les hommes en troussant
Un peu plus haut qu’il n’est décent
Son suaire.


Tout d’abord, pour illustrer la jolie chanson de l’ami Georges, un ch’tiot crobard…



Debout, moitié nu, face au vent du nord qui frappe les falaises du cap Fréhel. Seuls des lambeaux de son suaire claquent au vent. Son large chapeau frémit sous l’assaut des rafales, le sifflement de la bise que fend la faux brandie face à la tempête, apporte une note guillerette à l'ambiance...

De sa face décharnée, entre ses dents jaunies, il lance cette phrase :

BRO GOZ MA ZADOU…*

Telle est l’image que l’on se fait de L’ANKOU, le symbole de la mort pour les Bretons. Qui entend le grincement de sa charrette, le soir sur la lande, est sûr de sa mort prochaine !

*BRO GOZ MA ZADOU : vieux pays de mes ancêtres.

Il est vrai qu’on lui a toujours collé « une sale gueule » ! Elle doit faire peur, cela nous aide peut-être à mieux apprécier la vie… Va savoir ?


Moi-même lorsque je la dessine, j’aime assez la rendre effrayante…



Elle a pris aujourd’hui un tout autre visage, elle met les bouchées doubles, même triples. Autrefois, elle prenait son temps, elle se préparait, venait cueillir les hommes un par un, même si elle était avide, d’ailleurs elle l’a toujours été.

Il faut dire qu’on lui a prêté main forte, elle n’a pas eu à se décarcasser (si j’ose dire !) pour trouver sa pitance, on lui en a fourni des âmes bien jeunes et vigoureuses…



Insatiable, toujours plus… Comme les hommes ! Encore et encore, on la gave comme une oie, toujours plus fort.

Regarde ma trouvaille : 450 000 d’un coup ! Qui dit mieux ?

Elle n’est pas belle avec son p’tit champignon anATOMIQUE ? Hiroshima mon désamour !



Et si elle n’était pas comme ça ? Imagine un instant, un instant seulement, qu’elle soit belle la garce. Bandante comme autrefois les actrices de mes films en Technicolor, les Jane Russel, Ava Gardner et autres Marylin…

Eh bien, je me dis que si elle n’a pas la sale gueule que je lui prête, j’aurai (on peut toujours rêver) la bonne surprise de la voir comme ceci, et là ça fait nettement moins peur !

- Pose ta serpette, Pèpette, je vais regarder dans le fond de tes yeux, histoire de voir s’il te reste un peu de tendresse !

Tu te rends compte : au bout du tunnel lumineux, dans le contre-jour, au travers du linceul transparent, tu devines les formes de la camarde… Câline, aimante, mais fais gaffe c’est une (a)mante religieuse ! Elle te bouffera, te digérera après l’amour.

Quelle belle mort ! Mourir comme Félix Faure, sous la bouche de la « pompe funèbre »…



Sourions un peu : le tiercé gagnant…

La mort.
L’ankou.
La camarde.

(ch'tiots crobards Andiamo)



J’ai déniché pour vous un vieux bulletin scolaire lui ayant appartenu… Mais oui !

NOM : LA CAMARDE

DATE DE NAISSANCE : inconnue.

ADRESSE : SDF.

Evaluation des capacités :

- Première guerre mondiale : 10 000 000 morts.

- Seconde guerre mondiale : 40 000 000 morts.

- Hiroshima : 450 000 morts. (en une seule passe)

- Grippe Espagnole : 20 000 000 morts.

- S.I.D.A. : 25 000 000 morts.

- Famine : (non communiqué)



OBSERVATIONS : Bien, mais peut mieux faire.