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jeudi 4 mai 2006

Tant-BourrinLe livre des bides - le retour de la vengeance

Manquant encore cruellement de temps pour vous proposer un billet digne de ce nom mais refusant la politique de la page blanche, je vous propose aujourd'hui quelques extraits supplémentaires du fabuleux Livre des bides dont je vous ai déjà parlé.


Enjoy !


Quelques individus, tel Pyrrhus, peuvent sortir vainqueurs de situtions apparemment désespérées. Le Général Ambrose Everett Burnside procédait exactement à l'inverse. Dès qu'il possédait un avantage, tant tactique que numérique, Burne (ainsi qu'on l'avait affectueusement surnommé) le réduisait instantanément.

Au cours de la Guerre de Sécession, Burnside disposait de 12000 hommes de troupe. Lors de la bataille d'Antietam, il annula cette supériorité en faisant défiler ses soldats en file indienne sur un pont à découvert, placé sous le feu des canons ennemis. Il n'apprit que par la suite que la rivière était pratiquement à sec et pouvait être traversée sans danger à n'importe quel endroit.

Deux ans plus tard, Burne fit creuser à la dynamite une tranchée grâce à laquelle ses hommes pourraient courir en toute sécurité jusqu'au coeur du cantonnement ennemi.

Tandis que la fumée s'estompait, les soldats sautèrent dans la tranchée et coururent... pour découvrir qu'elle était trop profonde et qu'ils ne pouvaient pas remonter de l'autre côté.

Les troupes Confédérées ne furent pas peu surprises de découvrir soudain la totalité de l'armée adverse prisonnière sous leur nez dans un goulet profond de trois mètres !

Averti de cette manoeuvre suicidaire, le Président Lincoln soupira : "Seul Burnside pouvait réussir un tel coup : semer la victoire et récolter la défaite".


Au printemps, en 1978, Tom Horsley, 30 ans, comptable à San José, Californie, invita Miss Alyn Chesselet à sortir. A la dernière minute, elle annula le rendez-vous. Alors M. Horsley la traîna en justice.

Se rendant au Tribunal de San Francisco, il intenta un procès à Miss Chesselet pour avoir "brisé un contrat moral de dîner puis d'aller voir la comédie musicale Le magicien d'Oz".

M. Horsley, qui avait effectué un trajet de 160 kilomètres pour aller voir la jeune femme, dit au tribunal qu'il entendait être remboursé pour deux heures de conduite jusqu'à San Francisco, au tarif habituel minimum de 5,50 dollars de l'heure, plus un demi-dollar par kilomètre pour frais de carburant. Le total de ses exigences, y compris diverses taxes, se montait à 350 dollars.

Quand la Cour notifia la plainte à Miss Chesselet, serveuse au Vesuvio Cafe, elle se contenta de hausser les épaules et de dire : "J'ai bien fait de ne pas sortir avec ce cinglé".


L'hypnotiseur Romark annonça en 1977 qu'il donnerait la démonstration publique de ses pouvoirs supra-normaux. "Je conduirai une voiture les yeux bandés à travers Ilford".

Le 12 octobre, par-devant témoins, il appliqua deux pièces de monnaie sur ses yeux, puis une couche de coton et un épais bandeau noir. Là-dessus il monta dans une Renault jaune et se lança dans Cranbrook Road.

Dix-neuf mètres plus loin, il emboutit en toute bonne foi l'arrière d'une voiture de police à l'arrêt. Une foule d'admirateurs enthousiastes s'agglutina autour de notre héros, qui expliqua par la suite : "cette voiture était rangée à un endroit défiant tout raisonnement logique".


En 1976, la Communauté Economique Européenne fit remarquer au gouvernement irlandais qu'il n'avait pas encore fait appliquer la législation sur l'égalité des sexes. Le gouvernement de Dublin fit aussitôt passer une annonce pour embaucher un contrôleur d'égalité des salaires. Les émoluments proposés étaient plus élevés pour un homme que pour une femme.

mercredi 3 mai 2006

Saoul-FifreLa famine ombreuse

Nan, nous n'avons jamais eu faim. Mais enfin, 6 enfants à faire manger, 8 personnes à table, et une incurie pécunière avérée et profondément installée, tout ce qui tourne autour de la bouffe nous a forcément marqué.

Ma mère, excellente cuisinière, mettait du génie dans ses plats avec des trucs à 3 sous. C'était un tour de magie de première force que de nourrir cette volée de moineaux qui avait passé la journée à se dépenser au grand air, et que l'entrée dans ces odeurs de cuisine délicieuse faisait saliver abondamment.

Si par exemple, le dessert était un flan. Le lait venait de nos vaches. Les œufs, de nos poules. Quand nous pelions une orange, la pelure ne faisait qu'une seule spirale et ma mère, l'ayant suspendue pour la faire sécher, s'en servait pour donner du goût. Finalement, le seul truc acheté, sur ce coup là, c'étaient les quelques cuillerées de sucre pour faire le caramel qui serait coulé sur les bords du moule, avant de verser le mélange, puis de mettre au four (à bois)...

Si elle nous servait d'autorité, c'était juste pour éviter que l'on s'entretue pour avoir une plus grosse part.

Si le plat était ce jour là un poulet fermier, oui, elle ne nous servait que du poulet fermier élevé au grain en liberté, l'acheminement d'un poulet industriel jusque chez nous revenant trop cher, il n'y avait pas de disputes autour des morceaux nobles. Qui se régalait du cou et de la tête dont il aimait fendre le crâne pour se délecter de la cervelle (un émule d'Hippobert), qui adorait ronger des os et réclamait la carcasse, qui voulait le "sot-l'y-laisse", à savoir : le croupion... Là également, la dépense était minime : le maïs qu'il avait mangé était une population locale non-OGM que nous ressemions d'une année sur l'autre, et nous faisions la récolte en famille et sans moissonneuse... L'abattage rituel catholique pouvait se faire sans versement de dîme au curé, et les prières prononcées pendant l'égorgement de la bête se résumaient à "Pourvu qu'il soit bon !".

J'ai donc reçu ce week-end ma nombreuse fratrie et sororie, les morceaux qu'ils se sont choisis et le résultat de leurs copulations. C'est surtout l'occasion de se remémorer les recettes familiales et de s'engueuler sur des points essentiels de la doctrine du genre de "l'ordre dans lequel on doit faire revenir les légumes". Je leur ai fait lire les migas , j'ai bien cru qu'une de mes sœurs allait m'arracher les yeux pour mon interprétation osée du socle basique qu'elle jugeait intangible.

C'est surtout l'angoisse de se mettre réellement en cuisine (et en danger) sous le regard inquisiteur d'une bande de gourmets professionnels, le couteau et la fourchette entre les dents. Pour le premier repas, et pour couper court aux comparaisons toujours déstabilisantes, j'ai choisi de traîter un plat qui ne fait pas partie de l'arsenal familial, pourtant vaste : le coq au vin. Jamais touché à ce truc là, et mon meilleur ami, cuisinier professionnel, s'est trouvé injoignable au téléphone. Tester une recette sur 25 personnes pour son premier essai est une idée bizarre et révélatrice d'un excès de légèreté, mais j'avais mes coquelets à faire filer et je disposais d'une bombonne de piquette que je subodorais propre à un usage de marinade. Je la préparai simple, sur une base de fenouil et de sauge frais. La piquette, pour mémoire, est un vin de soif, léger, que l'on prépare en rajoutant eau et sucre dans la rafle restant de la première pression. On refait bouillir et on soutire un truc qui ne dépasse pas 11°, qui ne passera pas l'été et qu'il conviendra de boire frais. La recette que je suivis, trouvée sur un site auvergnat, ce que je pris comme un gage de qualité, ne m'attira aucune insulte, ce qui était la barre à atteindre que je m'étais fixée.

Le couscous du lendemain, appuyé sur les 2 solides piliers que sont mon automatisme dû à une longue expérience, ainsi qu'une confiance absolue dans la qualité de la viande de mes cabris brouteurs de colline, sut diffuser la bonne humeur sur tous les convives, boutés en train par la khémia préparée par Margotte, et maintenus réveillés par sa salade de fruits et son thé à la menthe...

C'est qu'il ne faut pas leur en promettre, mais leur en donner, aux enfants de ma mère !

mardi 2 mai 2006

Tant-BourrinLes bons trucs de Tant-Bourrin (4)

Les lecteurs de votre blog sont des cochons affamés qui réclament leur confiture quotidienne, alors même que vous êtes en congé et avez bien autre chose à faire que vous souciez d'eux ?

Qu'à cela ne tienne : voici aujourd'hui un nouveau petit truc pour gratter un billet de longueur adéquate qui fera parfaitement illusion.

Le truc consiste a répéter et répéter encore le même concept mais en employant un vocable et des formulations différentes à chaque fois. Oui, c'est bien là l'astuce : un message banal itéré moult fois, mais en refaisant systématiquement la cosmétique de la phrase. Et changer un mot, changer un adjectif, changer un verbe et recommencer sans fin est ainsi la fondation sur laquelle s'appuie cette chafouinerie machiavélique. Car cette pirouette est bien en effet de paraphraser, d'emprunter des chemins de traverse, de divaguer dans les champs syntaxiques en tenant le lecteur par la main, sans dévier, ne serait-ce qu'un instant, de l'objectif du signifiant, intangible et inébranlable. Oui, car "droit au but", telle est la devise à suivre, même si la filature se fait à distance et dans des rues sémantiquement mal éclairées. Alors il est assez simple de ressasser le même concept, mais avec un décorum stylistique peu à peu altéré. Et la roublardise, en l'occurrence, c'est que, hormis un mot retouché par-ci, une tournure travestie par-là, rien ne change au niveau du discours énoncé. Seul le procédé d'expression est métamorphosé à chaque phrase, et chaque phrase fait écho à la précédente en une vertigineuse mise en abîme, c'est là toute la finesse du manège. Manège d'autant plus cauteleux que, sous des atours sans cesse renouvelés, le message, lui, ne se départit pas de sa mise initiale. Oui, seule la rhétorique est soumise à anamorphose, le ferraillage du sens résiste de son côté à toutes les contraintes : une bien fine combine que celle-là !

Voilà, je m'arrête là, mais je pourrais encore continuer des heures. Logiquement, rendu à ce stade, le lecteur est plongé dans un état de légère hypnose qui annihile tout sens critique.

Il aura ainsi eu sa dose bloguesque, et vous, vous n'aurez pas eu à vous creuser la tête pour trouver quoi raconter dans votre billet.

Car raconter sans fin la même chose mais en faisant évoluer la formulation, telle est le stratagème !

Merci qui ? Merci Blogborygmes !

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