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vendredi 13 juin 2008

BofDe l'eau et des photos

J'avais rarement vu ça, rendez-vous compte, il pleut quasiment tous les jours depuis trois semaines par ici.

Heureusement, les orages ont le bon goût d'attendre l'après-midi pour éclater, ça nous laisse un peu de marge pour bricoler. Mais l'orage, lui, quand il pète au secours, c'est pas pour rigoler.

Les cerises apprécient moyennement,



...et je songe à acheter une barque, la vue que j'ai depuis ma cuisine étant bien moins réconfortante que celle qu'on a pu découvrir ici même depuis les chiottes à Saoul-Fifre.



Saoul-Fifre, d'ailleurs, j'ai une pensée émue pour toi, faire du foin dans ces conditions-là, c'est la migraine assurée... Alors la photo qui va bien pour te réconforter.



Vé, dans le même dossier de vacances percheronnes, un autre truc sympa, devrait plaire à Andiamo celle-là : c'est un banc de coupe motorisé. Dans un temps pas si lointain, c'était pas l'arbre qui venait à la scierie, mais l'inverse. Le proprio de la machine se déplaçait de ferme en ferme, et découpait aux mesures demandées. Celle-ci a été restaurée par une scierie locale, juste pour le plaisir de la faire fonctionner les fins de semaine, dans les fêtes locales.



Mardi, j'ai fait un saut en Italie, San Remo c'est pas si loin, et j'avais envie d'étudier le collègue transalpin dans son biotope, histoire de lui piquer quelques idées.



J'ai rien piqué, mais j'ai redécouvert la conduite à l'italienne : grosso modo comme la portugaise, sauf qu'on respecte parfois les stops et un peu les feux rouges. Les deux lascars qui régissaient le parking, ça fleurait bon la chasse au pigeon. J'ai pas eu de remords de partir sans payer.

Y avait déjà des beaux bolets, et j'ai aperçu des pêches toutes plates. Comme les pastèques carrées, je subodore une manipulation pour mieux les empiler, j'enquête et je vous tiens au courant. Le poisson était triste, et y a rien de plus triste que du poisson triste, vendu dans une halle triste. J'ai eu une pensée émue pour celui encore rigide, brillant, l'œil vif, vendu dans la rue à Palerme, enveloppé dans du papier journal.

Tombé aussi sur une sortie d'église, oui, l'Italien est encore croyant, et même le mardi, y a foule à la sortie. Le plus marrant étant le nuage de fumée qui s'élève aussitôt du parvis.

Pour le tabac y a, mais pour la foi je sais pas, on peut y mettre un patch ?

mercredi 11 juin 2008

ManouEté 1994
























lundi 9 juin 2008

Tant-BourrinColocataire

"Adieu Maman."

Une poignée de terre s'abattit mollement sur le bois vernis du cercueil, deux mètres plus bas, au fond de la fosse.

Rigobert Legrouillu essuya une petite trace d'humidité au coin de son oeil et reçut, d'un air contrit, les condoléances de toute la famille, venue de l'autre bout de la France, rendre un dernier hommage à sa pauvre mère, décédée trois jours plus tôt d'une rupture d'anévrisme.

Une fois les dernières mains serrées, les dernières joues embrassées et les derniers au revoir lancés, Rigobert quitta le cimetière. "Enfin crevée, la vieille ! Pas trop tôt !", se dit-il. Un petit rictus de contentement dessiné au coin des lèvres : il avait été parfait, offrant le spectacle d'un fils ravagé par une douleur contenue à grand peine, mais digne dans le malheur. Voilà, les apparences étaient sauves, le qu'en dira-t-on resterait sagement tapi dans le terrier des jalousies et des rancunes.

Rigobert s'efforça toutefois de garder sa contenance jusqu'au seuil du minuscule pavillon de banlieue dans lequel il habitait depuis sept ans déjà. Ce minuscule pavillon de banlieue dans lequel sa mère ne risquerait plus de débarquer à l'improviste pour y jouer les régisseurs, en râlant et maugréant contre son incapable de fils "qui vivait dans la crasse et le désordre, même que ç'en était une honte". Enfin libre !

A peine eut-il refermé la porte derrière lui qu'il poussa un grand cri libérateur, relâchant les tensions du jeu de rôle qu'il venait de jouer, les envies de fou rire pendant la messe, la tentation qu'il avait ressentie de changer le texte de l'émouvant discours qu'il avait lu pour improviser une litanie impromptue des griefs contre la chère défunte qui lui avait pourri pas loin de trente ans de vie depuis sa naissance. Sa chère mère si intrusive, si acariâtre, si chiante ! Il avait encore peine à réaliser qu'il en était définitivement débarrassé.

La bouteille de champagne était au frais depuis la veille. En faisant sauter le bouchon jusqu'au plafond, il eut l'impression de tirer à la carabine sur les années perdues. Rigobert, seul dans son salon, leva un toast à sa nouvelle vie.

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samedi 7 juin 2008

Saoul-FifreLettre à la dame sur le quai de la gare de Montlouis

Ou de Font-Romeu, ou de La tour de carol, ou la gérante, ou la chef de gare, ou la chef de ligne itinérante, je n'ai pas vraiment compris votre fonction, mais celle-ci est chargée d'affect. Vous travaillez sur la ligne du célèbre "train jaune" qui circule par tous temps sur ses rails à écartement métrique, dans une région à la beauté époustouflante, la Cerdagne.

Wagons mythiques depuis que Brigitte Fontaine y a oublié son gilet et a écrit sur cette anecdote banale une chanson puissante qui en a laissé plus d'un (dont moi) knocked out.

Vous que nous avons perçue si sérieuse, si avenante, si bonne camarade avec les collègues, vous avez la chance de vous mouvoir sur ce canari inscrit au patrimoine mondial par l'UNESCO. Un endroit qui détient le record de l'ensoleillement maximal français, et qui pour cette raison a accueilli le four d'Odeillo et la centrale solaire Thémis qui s'est reconvertie récemment dans la production photovoltaïque. L'ambiance chez vous est insolemment familiale, on sent que vous ne donneriez votre place pour rien au monde. Ha Ophise , tu peux toujours y demander ta mutation ! Encore faudrait-il que quelqu'un consente à quitter le paradis ? Un décès peut-être ? Il y a bien un ersatz de solution : il existe un camp de vacances SNCF au dessus de La tour de carol. Hasard mon œil.

Bon les lignards en hiver ne doivent pas être à la fête. C'est que la ligne grimpe jusqu'à 1592 m (Bolquère-Eyne, plus haute gare SNCF) ! J'espère qu'on les paye rubis sur l'onglée ! Il leur faut dégeler les aiguillages au chalumeau, installer le chasse-neige devant la motrice, prévoir les pelles ... Le train jaune passe toujours, comme la Wells Fargo !

Si un cheminot se fait voyageur, c'est gentiment qu'il joue le rôle de guide bénévole pour les touristes. La passion, c'est aimer transmettre son plaisir.

La tour de carol est une gare internationale. C'est la seule gare proposant 3 écartements de rails différents (les 1668 mm espagnols, les 1435 français et le mètre tout rond du Train Jaune). On y respire le transit de frontière, le contrebandier en sueur, le passage à l'acte délictueux. Il faut dire qu'à vol d'oiseau, nous ne pouvons nous éloigner davantage du Palais de l'Elysée sans tomber dans le camp ennemi. Ici la révolte gronde contre les diktats du centralisme parisien. La Cerdagne, magnifique plaine d'effondrement, véritable trouée permettant de traverser aisément les pics pyrénéens, a été de tout temps convoitée, conquise, reprise par les tenants des deux versants, jusqu'à ce que le traité des Pyrénées (1659) tente sans y réussir d'y mettre le Ôla et ne trouve rien de mieux que de la couper en deux tout en laissant espagnole llivia , une enclave de 13 km2.

Depuis, à part celui de la Catalogne, ses habitants se méfient des drapeaux.

Entre le train de midi qui nous amène et celui de 15 heures et quelques qui doit nous ramener, nous avons juste le temps de visiter un peu Enveigt et de marcher jusqu'à La tour de Carol (3 km) où nous avons un pot monstre, un gars du coin nous donne le conseil du siècle : manger chez Peypoch . Ho la bonne adresse ! Ho la proposition avisée ! Ho que nous ne regrettons pas de l'avoir suivie !

Peypoch est débordé. Il a un repas de fiançailles ou de mariage à honorer, il est déjà tard, mais il nous accepte de bon cœur avec le sourire. Nous nous installons dans une salle impressionnante au plafond perdu tout la haut, devant une cheminée monumentale. Sur le linteau, sont posées des reproductions à l'huile de caricatures de Sarkozy dans le style Charlie-Hebdo. Nous sommes dans l'antre d'un ogre anarchiste. Les murs sont couverts de tableaux de tous styles, mais choisis avec un goût très sûr.

Sa cuisine est à l'aune du sérieux et de l'authenticité des murs. Loin des essais autistes de cuisiniers brouillant le dialogue entre le plat et son gourmet, Peypoch a fait le choix humble et difficile de rechercher le produit de qualité et de le cuisiner en respectant son goût.

Cela faisait bien 10 ans que je n'avais aussi bien mangé.

Une bouteille à deux et nous avons repris d'un pas guilleret la route qui serpente entre les vaches le long du riu Carol et qui mène à la gare.

jeudi 5 juin 2008

AndiamoLe parc

Le parc... C'est le nom que porte le centre de rééducation (médical, et non pas pour délinquants... Mauvais sujets !) dans lequel je séjourne actuellement.

Il est magnifique, tellement inattendu, si près de Paris, que j'ai eu l'audace (pardon Manou) de faire quelques photos.

Vous trouverez un cèdre qui, nous assure-t-on, est âgé de trois siècles, un érable, monstrueusement gigantesque, les hommes posant devant ces vénérables ancêtres, ne sont pas des gringalets : 1m81 pour l'un, 1m85 pour l'autre !

Un personnel hors-pair, des médecins, aux infirmiers (ières) et tous les autres.... Magnifique !



Un jardin extraordinaire,
Loin des noirs buildings, et des passages cloutés,
Y'avait un bal que donnaient les primevères,
Dans un coin de verdure, les petites grenouilles chantaient.

Charles Trenet          





Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière,
Baignant ses pieds, qui coule entre ses fleurs.

Gérard De Nerval          









Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l'heure passé,
Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux spectres ont évoqué le passé...

Paul Verlaine          





Des ombres, des hommes, des femmes,
Traînant derrière eux
Des petits caddies,
Avec, en guise de provisions,
Une bouteille d'oxygène,
C'est leur "respire-machine".
Et ils s'en vont...
CLOPE HEIN ? CLOPE... ANT !

mardi 3 juin 2008

BofLa genèse...

Anne et Marie étaient amies d'enfance, chaque soir après le boulot, elles avaient rendez-vous à la taverne d'Yvine, histoire de partager une petite liqueur et leurs affaires de cœur en cours.

- Alors, t'en est où avec Joseph ?

- Une catastrophe, je t'avais dit que bien que spécialiste du tenon et de la mortaise, il avait du mal à mettre ça en pratique le soir au fond du lit, hein ? J'ai pourtant la mortaise accueillante, mais son tenon à lui il est du genre mou du genou. Alors je me faisais pas trop de soucis. Ben, au final, il a dû avoir une illumination, et paf, je crois bien que j'ai l'ovocyte en pleine croissance.

- Oh la vache, ça c'est pas de bol !

- Ouais, comme tu dis, enfin bref, faudra bien faire avec. Et toi, le boulot ?

- Bof, tu sais, scribe pour l'édition de Bethléem soir, je suis pas sûre de garder le job, paraît que je fais pas rêver assez les gens, et la direction envisage de me licencier pour embaucher une pétasse. Ève qu'elle s'appelle, haute comme trois pommes, je suis sûre qu'Adam, mon boss, a dû lui faire le coup du serpent enchanté et qu'elle s'est laissé faire.

- Ma pauvre, on a bonne mine, hein, deux looseuses de première ! Et le pire c'est que je dois rentrer, y a mon Joseph à la triste bite qui va me encore me faire une crise de foie si je suis pas là pour lui faire sa popote.

- Warf, triste bite, t'es dure avec lui ! Mais tu sais quoi ? Ça me donne une idée pour mon billet de demain : "Marie, Joseph, et l'histoire de la verge marrie", bon ça changera pas le monde, mais avec un peu de chance, ça prolongera mon cdd....









PS : j'ai eu un doute, me suis demandé un moment si verge marrie n'était pas une réministruc de que j'aurais lu ailleurs, mais j'ai pas trouvé, alors si oui, vraiment désolé :))

dimanche 1 juin 2008

ManouMioule et Foutrix avant Mioulefritx (Jeu concours)






Foutrix habite au 10ème étage d’un petit appartement dans le 19ème arrondissement. Mioule est venue chez lui en parfaite connaissance de cause. Une évidente bonne cause.

Elle se penche par la fenêtre ouverte. Il fait lourd en cette fin de journée, Paris n’en fint pas de rendre la chaleur accumulée. Les mains de Foutrix se posent sur les épaules de Mioule. Le voisin écoute Miles Davis.

Mioule se retourne, pose ses lèvres sur celles de Foutrix. Le baiser commence lentement. Il devient plus appuyé, réclame d’autres contacts. Les moineaux piaillent sur le toit d’en face.

C’est Mioule qui emmène Foutrix au bord de lit. C’est elle qui se déshabille pour ne garder qu’un shorty noir. C’est elle encore qui déboutonne la chemise de Foutrix, lui dégrafe la ceinture, baisse son pantalon et enlève son caleçon. Charly Mingus remplace Miles Davis.

Le corps de Foutrix a un étonnant goût de vanille. Le carillon de la boulangerie résonne.

Ils s’allongent sur le lit. Foutrix ôte son dernier vêtement à Mioule et déguste lentement le pubis offert. Les bruits de la ville envahissent la pièce.

Mioule s’ouvre, les voitures stoppent au feu rouge. Mioule coule. Deux enfants se disputent un ballon. Mioule demande un répit à Foutrix.

Elle lèche, caresse à son tour. Ses joues sont en feu. Foutrix l’encourage. un avion strie le ciel.


Le concours : écrire une suite à ce début d'histoire ...

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