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vendredi 2 mai 2014

Mam'zelle KesskadiePermis moto... Prise 2.

Comme je vous l’ai annoncé, publié, pancardé, mon activité printanière est de prendre des cours de moto. Pour ce faire, on suit un cours et on passe des examens.

J’ai un aveu à vous faire. J’ai la phobie des examens. Je tremble à la pensée d’un examen chez le dentiste. Je ne vous raconte pas mon examen gynécologique annuel. Je me demande quand mon doc va se décider à me prescrire un calmant avant l’examen. Je pense qu’il espère qu’un jour, je ne me rappelle plus que je déteste les examens. Mais c’est comme la tartine qui tombe du côté de la confiture, les souvenirs s’effacent aussi sur ce qu’il y a de bon avant.

J’ai donc fait mon examen théorique de conduite moto. 32 ou 36 questions, je ne me souviens plus, mais je me souviens qu’il ne faut pas faire plus de cinq erreurs, parce qu’à la sixième, nous échouons.

L’examen se passe à l’ordinateur. Un ordinateur, c’est neutre, mais neutre dans le sens que ça se fout assez de ton énervement. Donc,, il donne, sans s’énerver, le score au fur et à mesure. Après quatre questions, deux bonnes réponses et deux erreurs. Hiiiiiiiii que les statistiques étaient en ma défaveur pour le reste de l’examen. Mais les statistiques, c’est comme les sondages dans les élections, faut attendre le résultat final pour se prononcer. Donc, j’ai fait une remontée spectaculaire jusqu’à la question qui demandait : Vous stationnez votre moto à cinq mètres : d’un arrêt stop, d’une borne fontaine, ou d’un débarcadère.

C’est parce que je ne sais pas moi, où je vais stationner ma moto ?

Cinq mètres d’un arrêt stop, c’est cinq mètres entre ma moto et le panneau, ou la moto et le début du poteau qui tient le panneau? Cinq mètre à partir du tiers gauche de la route, ou du bord du trottoir? (J’’aurais quand même dû me méfier, on ne stationne pas une moto à un arrêt stop, on l’arrête. Oui, je sais, on peut faire un stationnement près d’un arrêt stop, mais là, le verbe était stationner à …. Tsé, quand tu veux faire échouer quelqu’un??)

La borne fontaine, elle est sur un parterre? Proche de la rue? Bof, peu importe, la réponse était cinq mètres du débarcadère. Avoir su que j’allais faire débarquer quelqu’un, je l’aurais stationné là, mais il me semble qu’ils auraient pu le mentionner dans la question. Une troisième erreur.

Pas grave, j’ai quand même répondu correctement à toutes les autres, ayant presqu’appris le livre par cœur. Je me suis dépêchée à tout oublier en sortant, parce que selon mon prof, si je conduis comme dans le livre, je me tue. Si je deviens suicidaire, je n’aurai qu’à réétudier. Le temps que je fasse ça, je serai peut-être de meilleure humeur.

Toute guillerette, je m’en vais donc voir la dame au guichet. J’ai un autre aveu à vous faire. Bien que je sois obèse (non pas enrobée, obèse, en dehors des chartes, même le site internet special K ne veut pas enregistrer mes progrès, il dit qu’il faut que j’aille consulter mon médecin) donc, bien que j’en sois une, j’ai horreur des obèses. La dame qui m’a servi au guichet de la SAAQ était obèse et avait les cheveux teints en blond, mais blond, pas beau. En plus, elle ne souriait pas. Je pense qu’elle avait les hémorroïdes ou les dents jaunes, mais elle parlait les lèvres presque fermées et le regard hautain. ( je me demande si elle avait vu que je n’avais pas stationné ma moto au débarcadère dans l’examen et qu’elle me jugeait pour ça..) (à moins qu’elle n’aime pas les obèses non plus).

En tout cas, c’est à cause d’elle que ma carte guichet ne voulait pas fonctionner. Le fait que je n’ai pas vérifié le solde avant de m’aventurer à dépenser n’est qu’un événement accessoire. Je suis certaine qu’elle lançait des ondes négatives qui ont gelé tout le crédit que je pouvais avoir. Pas grave, j’ai fait un chèque. Le temps que je m’éloigne de ces mauvaises vibrations, je suis certaine que mon compte bancaire va avoir les fonds suffisants.

Étape suivante, je téléphone donc à l’école de conduite pour m’inscrire au cours pratique, youpi, c’est samedi! Samedi, c’est après demain! Youpi! Heu… c’est parce que pour le cours pratique, ça prend un casque, pis un coat pis des gants pis des bottes pis en plus, ça prend qu’il faut s’asseoir sur la moto et la faire partir et, accessoirement, ne pas se tuer.

Ciel! Qu’ai-je fait ?

Trop tard, me dis-je, buvons la coupe, et procédons à la première chose : Téléphonons au magasin. Pourquoi téléphoner au magasin? Parce que je suis obèse, ne l’oublions pas. Donc, est-ce que pour une dame enrobée, ils vendent des manteaux qui pourraient être assez enrobants? Oui, qu’elle me dit.

Parfait. Je me présente donc, et elle me reconnait tout de suite : ah! C’est vous qui avez téléphoné!

Soyons humble. Je réponds : J’imagine que vous n’avez pas eu d’autre grosse madame aujourd’hui.

Diplomate, la vendeuse, : Non, je vous ai reconnue au timbre de votre voix. Me semble.

Elle s’en va donc chercher un manteau haut perché sur une pôle à manteaux avec l’étiquette qui comprend plusieurs X. Je l’enfile, mais hélas, il ne ferme pas. Il couvre à peine les côtés de ma poitrine.

Oh. Défi. Bref, Dieu merci, après trois manteaux qui refusaient de me couvrir, on trouve un manteau qui arrive à fermer complètement sur le devant en relâchant les bandes velcro sur le côté. J’ai pu aussi relâcher mon souffle. Et ma carte de crédit a relâché aussi le peu de lousse que j’avais.

Là, on passe au casque. Un full face, c’est une coque très rigide. Aucune d’elle n’arrivait à passer le dessus de ma calotte. J’avais l’air de Caliméro.

On change. Le spécialiste me regarde essayer un casque avec comme étiquette de grandeur beaucoup de X, et il dit : "ben non, c’est trop grand pour vous". Il sort son gallon à mesurer, l’enroule autour de ma tête, mesure. Heu… ça se peut. Humilité, quand tu nous tiens, tu nous en mets par-dessus la tête… M’enfin.

J’essaie donc d’attacher le casque devant le miroir. Pas capable, il faut même un cours pour attacher son casque!!! La dame dit : investissez donc un tit $15.00 pour une attache quick release. Le spécialiste approuve. Me l’installe. Je n’arrive toujours pas à la détacher en moins de trois minutes, mais mon chrono s’améliore. Il y a de l’espoir !

Bref, ainsi vêtue et ficelée, je me rends à mon premier cours.

Bonne nouvelle! Marianne, une collègue de travail est là aussi! Marianne est le type même de la fille de moto. Blonde, souriante, mince. Même le casque lui va bien, c’est tout dire. Pas grave, elle a aussi peur que moi. Je lui avoue que j’ai pensé à prendre des Ativan, elle, a pensé à prendre de la Valériane. On a toutes les deux renoncé à la médoc, il parait que conduire droguée ralentit les réflexes, déjà qu’on avait comme seul réflexe actif celui de vouloir s’évanouir, on a bien fait de rester sobres.

Les moniteurs nous expliquent tout de l’art de démarrer. Chacune son tour, le moniteur vient nous chercher pour faire nos débuts. Le beau grand jeune homme me demande : ai-je déjà fait de la moto? Non. De cyclo moteur? Non. Quelle est ma motivation à prendre un cours de moto? Ben, ma fille voulait faire une activité mère-fille. Entre jongler ou cracher du feu, j’ai opté pour le cours de moto.

Il a dit : Je vois.

Et rien d’autre.

La première étape, le gars pousse la moto et nous, on manipule les manettes. Pour de vrai, le moteur ne tourne pas, mais on aide un peu le prof, la moto est au neutre. Je regarde le pauvre petit pit qui va devoir pousser ma moto. J’ai cru l’entendre soupirer de soulagement quand j’ai réussi tout de suite à bien manipuler l’embrayage et le frein, il s’est dit qu’il devrait conserver l’usage de son dos encore quelques années.

Bref, non seulement j'ai réussi les exercices, mais j’ai adoré ça. On remet ça demain.

Demain, on apprend à changer les vitesses. Aujourd’hui, ils ne nous ont pas permis de rouler plus vite que la première vitesse. Mon objectif personnel ?  Défaire la courroie quick release de mon casque en trente secondes chrono.

dimanche 27 avril 2014

Saoul-FifreChacha

Tout le monde l'appelle Chacha. Il déteste son vrai prénom, Alexandre, trop péteux plus haut que son cul, empereur de quoi, bon dieu, de mes fesses ? Alexandre le gland, oui... non, ce coup là, il est pas près de le pardonner à sa brave femme de mère. C'est vrai qu'on demande rarement au bébé de se choisir un prénom, c'est dégueulasse, ça le concerne au premier chef, non, on ne consulte jamais les principaux intéressés, non mais quel monde de merde ?

Alors, de temps en temps, il part en vadrouille, il se prépare à la fête, il s'immerge dans des festivals de théâtre de rue en électron libre, il débarque dans des teufs organisées sous les étoiles, il s'arrache surtout du carcan de notre monde doux aux dominants et dur aux différents, il désenfile sa camisole quotidienne pour se glisser avec bonheur dans sa plus jolie robe rouge, brosser longuement sa perruque blonde, se couvrir de décorations, se maquiller avec soin tout en fredonnant "Ce soir je serai la plus belle pour aller danser, hé hé hé ...".

Oui il est né garçon mais ce soir il est sapin de Noël, feu d'artifices, défilé de mode à lui tout seul, boule à facettes, palette de peintre impressionniste, vitrine de la place Vendôme... Oui, il fait un peu pute, il le reconnait, mais pas plus que la plupart des filles "de sortie", mêmes accessoires, nœuds, pompons, résilles, talons-stylos, châles, paillettes, chouchous-cerises, il faut savoir lancer des messages clairs si l'on veut pêcho dès le premier soir.

La nuit tombe, Charlotte est enfin elle-même, excitée comme une puce, le rouge aux joues et elle est fin chaude pour s'éclater à donf. Tout à l'heure, elle va rencontrer son prince charmant à l'arrière d'une camionnette, elle en est sûre, elle le sait, il aura les couilles comme des citrouilles et lui murmurera des mots bleus pastels. C'est son souhait le plus cher depuis toujours, les muscles lui font mal tellement ils sont tendus vers ce but, combien de fois a t-elle composé le numéro de sa marraine la fée, pour toujours et encore tomber sur la nana-robot d'un répondeur impersonnel ? Mais où sont les hommes qui préfèrent les hommes ? Ha bien sûr, à la capitale, il suffit de se baisser ramasser une pièce pour se faire tâter le paquet mais en province ? Si tu manques de discrétion, ou si tu fais courageusement ton "comment-goutte", les "braves gens", les "épiciers" ou les "croquants" fustigés par Brassens transformeront ta vie en un tel calvaire que l'évidente solution te semblera d'aller te pendre à la branche de l'un d'eux, au croisement des destins impitoyables.

Chacha est un poète maudit, Chacha est un architecte fou, Lewis Caroll aurait sans problème rajouté quelques pages à la gloire de Chacha, un rôle peaufiné pour lui dans "De l'autre côté du miroir", s'ils avaient été contemporains. Chacha est notre enfant "cadeau-bonux", surprise, non-programmé et je reconnais la patte évidente, lumineuse de ma nièce Delphine dans l'atterrissage de Chacha ici. Nos enfants bios n'auraient pas l'esprit aussi ouvert et respectueux sans Chacha et son décapsuleur à mentalités. Chacha a le vin tendre et sentimental, Chacha est compatissant aux animaux, Chacha est amoureux des poussins et des canetons, il est le joyeux chevalier de son château de sable éphémère , il se réfugie dans d'héroïques fantaisies, il rassure et calme son cœur au rythme de l'eau qui douche les dytiques, les libellules et les poissons rouges, il joue à Copain des bois avec ma fille, il installe des roues à aubes en bois de cagette sur les rigoles d'arrosage du potager...

Surtout il a pris en charge ce que nous ne savons pas faire : il trie, il range, il jette, il répare, il nettoie, il brûle.

Son rôle ici est on ne peut plus clair : il nous décore la vie. Encore merci d'être ce que tu es.

dimanche 20 avril 2014

AndiamoTes châsses

T'as qu'une paire de mirettes au poker des conquêtes, jolie môme... Chantait Leo Ferre .

Les yeux d'une femme, bleus, verts, noisettes, voire noirs, m'ont toujours séduits.. Ouais je vous vois, ça yest le Doyen nous fait le coup du :

"La première chose que je regarde chez une femme ce sont ses yeux".

Et vous pensez tas d'hypocrites si je vous connais : "ouais il regarde d'abord le décolleté ou le valseur" ! Erreur ! Je ne suis pas comme ça... Bien sûr je ne dis pas qu'au bout d'un moment...

Mais bon, là n'est pas le sujet, je vous propose un petit jeu, il s'agit de reconnaître le regard des jolies Demoiselles que j'ai dessinées.

L'heureuse gagnante, ou l'heureux gagnant se verra offrir un séjour de six mois sur la planète Mars !

Etonnés ? Mais non : Saoul-Fifre et Tant-Bourrin se sont fendus et offrent le voyage, merci les Boss !

.



Quand j'vois tes châsses

Moi ça m'suffit

Pour imaginer l'paradis

J'me débine c'est étrange

avec les anges

(Colette Renard : "Irma la douce")

crobard numéro 1

.



Des yeux

On pourrait dire des mirettes

Ou des quinquets qui s'mettent en fête

On pourrait dire en tenue de soirée

Des yeux

On pourrait dire la taverne.

Où l'on s'enivre où l'on hiverne.

On pourrait dire les lanternes.

Où mon ombre s'en va gueusant.

Tellement... tellement.

(Leo Ferre "Ta parole")

Crobard numéro 2.

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Tes yeux sont si profonds, qu'en me penchant pour boire

J'ai vu tous les soleils y venir s'y mirer.

S'y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire.

(Louis Aragon : "Les yeux d'Elsa")

Crobard numéro 3

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Toréador en garde.

Toréador, Toréador.

Et songe bien, oui songe en combattant.

Qu'un œil noir te regarde

Et que l'amour t'attend Toréador.

(Georges Bizet : "Carmen")

Crobard numéro 4.

(Ch'tiots crobards Andiamo 2014 pour Blogbo)



Voilà mon bon BLUTCH tu as trouvé le crobard numéro 2!

Pour le 1 désolé, je n'ai pas le modèle ! (Célestoche si tu me lis...)



Voilà le crobard numéro 3, on dit merci Epamin' qui a trouvé Jane Birkin !

Alors Blutch et Bof, heureux ?

mardi 15 avril 2014

Mam'zelle KesskadiePremier cours de moto


Premier cours de moto

par Miss Kesskadie


Pour conduire une moto, il faut d’abord prendre un cours théorique. 9 heures dans une salle de classe, 20 gars, 5 filles, un prof, macho. Il faut bien, sinon, il ne serait pas crédible. Imaginez une dame de 50 ans, tailleur Chanel, collier de perles, souliers escarpins. Les gars n’écouteraient même pas son avis sur l’arrêt stop.

Ceci étant dit, je me suis inscrite parce que fifille chérie voulait faire une activité mère-fille. Oui, je le concède, nous aurions pu nous inscrire à un cours de tricot, de l’aquarelle, mais fifille chérie a des idées, style : elle jongle, s’est initiée au crachat (déjà c’est pas féminin) du feu (c’est encore plus cool, han ?). Le cours de moto ou jongler avec des torches, savez-vous, j’aime encore mieux les cours de moto.

Ça fait qu’on se retrouve en classe, avec un livre qui explique la conduite de la dite chose. Mise en garde du prof : « Apprenez ce qui est dans le livre pour l’examen, mais ne conduisez pas comme c’est écrit, vous aller vous tuer. »

Femme de 54 ans ici, présente, a des problèmes de mémoire. Me semble, oui, que lorsque mon pneu arrière va éclater (parce que c’est toujours à moi que ça arrive) que je vais me dire : coup donc, freiner avec un ou deux freins ? Laquelle des directives déjà était celle du prof ou celle du livre ?

J’anticipe donc la pratique avec un rien d’appréhension. Heureusement, les cours supplémentaires sont gratuits. Au pire, je graduerai en 2025, à temps pour ma retraite.

Discussion fort importante : que pense le professeur des motos à trois roues, genre deux roues à l’arrière un roue à l’avant, ou l’inverse. Ah! Mais c’est que le prof, petite barbe proprette, yeux bleus, jeans juste assez ajustés, musicien dans un band (vous voyez le genre) est un adepte inconditionnel de deux roues seulement. (J’imagine que les trios sont réservés à d’autres fins).

Bref, il nous décrit une sortie, assis sur une moto. Ben oui, il y a une moto dans la classe pour nous démontrer les différentes parties et leurs dénominations respectives.. «  Au printemps, quand tu prends la courbe, que tu te couches avec la moto dans un virage prononcé, pis que là, tu lui redonnes du gaz… pis tu l’entends râler de plaisir… ah ! c’est pas comparable. »

Pas un mot , pas une question, silence de testostérone dans la classe.

Silence d’œstrogène pour certaines.

Fifille chérie et moi, ce matin, nous nous motivons l’une et l’autre à nous rendre aux aurores pour la suite du cours en nous rappelant les hauts-faits de la veille. Quand elle me dit qu’elle trouve ça dur d’être dans une classe plein de mâles, je renchéris, pis le prof qui nous parle de faire râler la moto.

Fous rires.

Donc, évidement, dans le cours, à tout bout de champs, une rappelait à l’autre : « c’est tu le moment de râler là ? »

Quand le prof, alerté par nos fous-rires très discrets, veut savoir de quoi il retourne, je lui dis :

« Comment appelle-t-on un steak derrière un arbre? » Il hausse les épaules.

« Un steak haché. »

Je ne comprends pas pourquoi, il s’en est retourné dré là, et fifille et moi avons presque fait pipi dans nos culottes tellement on riait.

Pour ma part, j’aime mieux faire pipi de rire que de peur, j’en profite tant que je suis assise sur une chaise et non pas sur la moto, dite « La Râleuse ».

samedi 12 avril 2014

AndiamoLes rues du Tréport

Ce matin là, il ne faisait ni très beau ni très moche, la valse hésitation propre à la côte de la Manche.

La côte d'Albâtre ou la côte des falaises, nommée ainsi grâce aux falaises impressionnantes qui s'étendent de Ault l'Onival jusqu'à Etretat. Il faut voit le soleil blanchir ces falaises calcaires magnifiques. La mer qui s'y fracasse, le roulement des galets de granit noir ou gris, l'un des plus dur qui soit.

Mon appareil photo à la main, mon cousin, je suis parti au zazard. Depuis un certain temps j'ai la rame, je photographie à l'aide mon smartphone, mais je dois reconnaître que la qualité des images n'est pas du tout la même qu'avec mon APN !

Alors une ch'tiote balade dans les rues étroites, pittoresques, et colorées ?



Quand je dis :"ni très beau, ni très moche", c'est juste afin de me faire plaindre !



En fait il faisait très beau, un peu frisquet mais BOF !



Comme c'est touchant ces petites plaques de céramique, avec le nom de l'être aimé inscrit dessus... Faut pas changer de femme, c'est tout !



Plus prudents ceux là ! (ou plus expérimentés), des noms de fleurs .



So British ! Is not it ?



Un balcon sur la mer ?



Au détour d'une ruelle, ce joli triptyque peint sur un grand mur de soutien.

Je ferai une suite, bien sûr...

(Daguerréotypes Andiamo)

lundi 7 avril 2014

Mam'zelle KesskadiePompon, dit "Vilebrequin 1er", et son valet

- Pompon, viens, mon chat !
- Rentre, tu vois bien qu’il est parti pour la nuit.
- Toujours les mêmes qui ont la chance..
- Tu disais ?
- Rien ma chérie, tu veux une tisane ?

- Pompon, mais d’où viens-tu avec une oreille en moins ?
- Ah, c’est bien fait, l’avait qu’à pas courir la femelle.
- Toujours les mêmes qui ont la chance.
- Tu disais ?
- Que moi aussi, je commence à perdre de l’oreille.

- Pompon, non, mais tu reviens de quel coin du pays tout crotté ?
- Tu fais rentrer ce chat et tu l’étrilles.
- Toujours les mêmes qui se font frotter.
- Tu disais ?
- Je ne suis pas crotté, mais je sais miauler.

- Pompon, chat dévergondé, c’est à cette heure que tu demandes la porte pour rentrer ?
- Tu viens te coucher ou tu y passes la nuit ?
- Toujours les mêmes qui ont du bon temps.
- Tu disais ?
- Je parlais du temps qu’il a fait.

- Pompon, non, mais est-ce que tu pourrais faire autre chose que de te prélasser ?
- Tu as réparé la poignée de porte ? Repeinturé l’escalier de la cave ?
- Toujours les mêmes qui n’ont pas de chance.
- Tu disais ?
- Gloire et Honneur à Vilebrequin 1er !

mardi 1 avril 2014

AndiamoLa librairie Rinaldi

J'avais quatorze ans, j'étais en vacances à Cannes, chez une tante... Mais non pas la sœur de Trigano ! Il faisait beau bien sûr, c'était en 1953, Louison Bobet en chiait dans le tour de France.

J'allais à la plage tous les jours, je prenais ma dose d'U.V., le soleil était très bon à l'époque ! Mais oui, c'est après qu'il devenu méchant avec ses saloperies de mélanomes à la con qu'il vous collait un peu partout, sauf sur les miches et les doudounes des Madames, car elles ne se faisaient pas bronzer à poil... hélas !

Bon, bref, je ne vais pas vous parler de ma couenne qui ressemblait plus à une peau de phoque mazouté, au bout d'un mois, qu'à un yaourt même périmé !

Vous le savez, à Cannes, l'été, on ne sort pas avant trois ou quatre heures, ancien horaire n'est-ce pas ? On était toujours à l'horaire que l'on appelle aujourd'hui "heure d'hiver", saloperie qui nous fait un coup j'avance, un coup j' recule... Comment veux-tu ?

Donc, après le déjeuner, petite sieste, puis surtout lecture... Ben oui, il n'y avait pas de télé en 1953, on avait dans les maisons une télé mais sans les images, putain c'était génial : on appelait ça une T.S.F (téléphonie sans fil), un poste de radio. Mais à lampes, le poste, sans les transistors, ça marchait aussi bien qu'avec les transistors du reste !

Bien sûr, des heures à lire, ça aurait coûté cher en bouquins ! D'autant que ma sœur, 15 mois de plus que moi, et ma Tante (plus de 15 mois), lisaient aussi, et facile chacune un bouquin par jour si ça n'est deux !

Alors on les louait, ça n'était pas cher, en transposant je dirais 30 centimes d'euro par bouquin échangé, au profit d'un autre.

Il existait, près de la rue d'Antibes, une petite boutique, placée en contrebas de la chaussée. Je la revois, avec sa façade d'un jaune pisseux, pour y accéder il fallait descendre deux ou trois marches, sur cette façade écrit en noir : "Librairie Rinaldi".

L’odeur en entrant ! Les vieux bouquins, des rayonnages pleins à craquer ! Et c'est là, dans cet antre que j'ai commencé à lire des bouquins de science-fiction.

Je choisissais toujours les bouquins des éditions "Fleuve Noir", série "Anticipation", au dos une fusée dessinée par Brantonne, les couvertures idem ! Putains de vaisseaux de l'espace ! Complètement délirants, avec même, tenez-vous bien : des tourelles munies de canons, comme sur les croiseurs, les cuirassés ou encore les porte-avions !



je vous ai dégoté un vaisseau à la Brantonne, délirant non ?.

C'est là que j'ai découvert : Jimmy Gieu (j'ai voulu relire l'un de ses bouquins alors que j'avais une quarantaine d'années, hier en somme, j'ai stoppé à la vingtième page ! La magie n'opérait plus !), Richard Bessière, Stefan Wul ou B.R Bruss, qui étaient les principaux auteurs de cette série. Stéfan Wul était à mes yeux le meilleur, quelques-uns de ses bouquins ont été adaptés au cinéma, tels que :

- OMS en série, devenu au cinéma un dessin animé intitulé : La planète sauvage.

- L'orphelin de Perdide, devenu au cinéma un dessin animé intitulé : Les maîtres du temps.

J'étais très jeune (oui je vous assure ça m'est arrivé). Eh bien ces deux bouquins m'avaient emballé ! Et quand j'ai vu un jour à la téloche la présentation des "Maîtres du temps", je me suis écrié : "la vache, mais c'est l'orphelin de Perdide de Stefan Wul" ! Mes enfants m'ont regardé, ils ont dû penser que j'étais devenu zinzin quand je leur ai affirmé que cette histoire avait environ trente ans !

Bien sûr, il n'y a pas eu plagiat, dans le générique du film on cite : librement inspiré du roman de Stefan Wul "l'orphelin de Perdide".

A l'époque, j'avais adoré ces deux bouquins qui émergeaient du lot ! Comme quoi, même très jeune, on sait reconnaître le bon du tout venant !

Ma Tante, elle, dévorait des bouquins d'espionnage, les OSS 117, Hubert Bonisseur de la Bath, écrits par Jean Bruce, il y avait aussi "Coplan" par Paul Kenny.

Ma sœur, elle, c'était plutôt le genre Delly, moi je la charriais, mais bon, à l'époque, elle était très jeune.

Plus tard, j'ai découvert Bradbury, Poul Anderson, Isaac Asimov, Aldous Huxley, George Orwell et son énoooorme frangin ! Et surtout René Barjavel, et ça m'a fait un véritable ravage.

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