Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 23 septembre 2011

AndiamoLes vacances de Chauguise

Septembre, Chauguise est en vacances… Enfin, songe-t-il, après une année bien chargée.

Il a laissé Juliette, Juju comme il l’appelle familièrement, en lui recommandant d’être sage. Surtout avec l’autre zigoto de Julien, son adjoint et fiancé de sa fifille !

Chauguise a été invité par son copain de promotion, Fernand Cassignol, qui occupe le poste de commissaire à Cannes. En tant que séjour pour des vacances, y’a pire songe notre commissaire.

Un brave type ce Fernand, un peu porté sur les "mominettes" (1) mais bon !

Après douze heures de train, un changement de locomotive en gare de Marseille Saint-Charles, on troque une « CC » contre une « Pacific »à vapeur ! Car, au début des années cinquante, la ligne n’est pas encore électrifiée de Marseille à Vintimille ! En cause, les nombreux tunnels qu’il faudra agrandir afin d’assurer le passage des caténaires.

Chauguise débarque avec une simple valise, son pote l’attend… Accolade.

- Bon voyage ?

- Mouais !

Toujours aussi loquace notre héros.

- Dis donc, Chauguise, tu en penses quoi de Marie Besnard ?

Nous sommes en 1952, et le procès de celle qu’on appelle « la bonne dame de Loudun » vient de s’ouvrir à Poitiers.

- Tu sais, Chignole…

- Ah non ! Laisse tomber, tu ne vas pas m’affliger de ce sobriquet, j’en ai assez chié à l’école de police !

- Bon, d’accord, Fernand… Alors cette bonne femme, elle a la tronche d’une empoisonneuse ! La mantille, les grosses lunettes , son air sévère, j’en passe et des meilleures. Mais ça n’en fait pas une coupable ! Je pense comme Frédéric Pottecher : elle est innocente ! Que des racontars, des jalousies, des mesquineries de province.

Après avoir remonté la rue d’Antibes en direction du port, que surplombe l’église du Suquet, la 203 Peugeot arrive près du marché Forville, son joli porche peint en ocre rouge, puis emprunte la rue Meynadier.

Une rue assez étroite, bordées de commerces en tous genres et extrêmement animée. Cassignol gare la pompe, puis invite Chauguise à descendre.

- Monseigneur est arrivé !

Un immeuble assez ancien, un escalier de bois propre, deuxième étage. Fernand ouvre la porte face à l’escalier.

- Oh Rose ! C’est nous.

Une petite brunette apparaît, un peu rondelette, sous les bouclettes, un joli visage au large sourire.

- Rose, je te présente Chauguise, mon copain : le COMMISSAIRE Chauguise !

- Allez zou ! Pas de manières, je vous fais la bise !

Deux gros poutous qui claquent, Chauguise entre : sur la table de la salle à manger, le pastis attend déjà ! Une bonne odeur de viande rôtie lui chatouille agréablement l’odorat.

A la tienne, à la mienne, ils ont pas mal éclusé nos flics en goguette et, après une nuit blanche dans le train, une 'tite sieste s’impose !

Il est dix-sept heures quand Chauguise se réveille, la chambre qu’on lui a réservée donne sur une cour très calme.

- Ça va mieux ? demande Rose.

- Oui, merci !

- Fernand rentrera d’ici deux heures : peu après que vous soyez allé vous coucher, il a été appelé pour une affaire sur la Croisette, un type qui s’est fait flingué qu’il m’a dit !

Chauguise a bondit. En bas de l’immeuble, il se met en travers d’un taxi en brandissant son sésame, sa carte rayée bleu, blanc, rouge.

- Sur la Croisette et fissa, je ne joue pas les touristes, cappice ?

- Oui, inspecteur !

- COMMISSAIRE, s’il te plaît !

- Bi ...bien.

Doucement, le taxi se dirige vers le Palm Beach. Une simple rue à deux voies à cette époque, elle a été élargie vers 1976 puis séparée en son milieu. Des milliers de tonnes de sable ont été apportées afin de reconstituer la plage.

Soudain à hauteur du palais des festivals (l’ancien, pas le « bunker »), un attroupement.

- Stop ! hurle Chauguise en tendant un « Chateaubriand » (2) au chauffeur : Garde la mornifle !

- Merci, insp… Commissaire.

Chauguise est descendu, un flic en képi étend ses bras afin de lui interdire le passage.

- J’suis d’la baraque, lâche Chauguise en lui montrant son carton aux couleurs de la République.

- Pardon Commissaire !

Les bras s’abaissent, Chauguise s’avance.

Cassignol est là. Un mec assez grand semble-t-il est étalé face contre terre, il est vêtu d’un pantalon beige et d’une chemise pied de poule très à la mode à cette époque, des mocassins de toile blancs aux pieds.

- Ah, t’es réveillé ?

- Non, je dors, je suis dans un rêve !

- Putain, pas d’bol, le jour où t’arrives, je pensais qu’on seraient peinards !

- Tu permets que je jette un œil, Fernand ?

- Oui, bien sûr, fais comme chez toi !

Chauguise s’est penché, à droite de la tête, à hauteur du pariétal, un petit trou bien rond, où suinte un filet de sang.

Discrètement, Chauguise a sorti un crayon « Baignol & Farjon » de sa poche puis en a glissé l’extrémité dans le petit trou. L’angle que forme le crayon indique clairement que la balle a été tirée « d’en haut ». Or la victime se dirigeait vers le Palm Beach, trottoir côté mer, il tournait le dos au port.

Pour qui connaît un tant soit peu les lieux, le coup est parti de la mer et en hauteur ! Point d’immeuble d’où aurait pu s’embusquer le tireur…

Merde, songe Chauguise, c’est quoi ce truc ?

- Bon, j’te laisse, Fernand, je vais m’en jeter un en face.

- OK, je te rejoins, il n’y en a plus pour longtemps.

En face, c’est le « Blue Bar »(3), situé en bas de l’ancien palais des festivals, juste à côté du bijoutier « Lacloche »(3).

Arthur le limonadier fait d’incessantes allées venues afin d’abreuver la clientèle, qui a rappliqué en masse pour assister à l’évènement.

- Dites voir, garçon, vous n’avez rien entendu ? demande Chauguise après avoir commandé une « Carlsberg ».

- Non, répond le loufiat, avec un accent niçois bien prononcé, je suis bien trop occupé, et puis je me souviens qu’il y avait un avion, un bi-plan jaune qui tournait, et vous savez comme c’est bruyant ces coucous !

- Un bi-plan jaune ? Il a tourné longtemps ?

- Cinq bonnes minutes, c’est après qu’il soit parti que j’ai vu un attroupement, y’a un mec qui est entré téléphoner, afin d’appeler les flics.

- Merci mon gars !

Une demi-heure plus tard, le corps a été enlevé, les badauds dispersés, Fernand a rejoint Chauguise.

- T’en penses quoi ?

- Trop tôt encore, il faut attendre les analyses, l’autopsie, les empreintes… A propos d’empreintes, si tu veux, envoie-les au "36" en express, je te recommanderai, tu auras les résultats demain, je demanderai à Couillette, pardon Bourrieux de s’en occuper.

- Merci ! T’es un frère Chauguise.

Retour rue Meynadier :

- Tiens, au fait, commente Fernand, notre gus c’est un chleu, un certain Dieter Schwartz, il avait son « ausweispapiere » sur lui.

- Ouais, bon, si on allait s’en jeter un avant d’escalader tes deux étages ?

- Je connais un p’tit rade sympa derrière le palais : « le petit Carlton »(3), rien à voir avec le grand Carlton, le taulier c’est un pote à moi !

Le patron, un gras du bide à l’accent marseillais, a déjà entendu parler de l’affaire du boche trucidé !

Après une demi-douzaine de mominettes retour au bercail.

- Un p’tit pastaga ? propose la charmante Rose.

- Non merci, répondent en cœur les Dupont, Dupond, on a déjà donné !

A table, on parle un peu de l’affaire, Fernand envisage un règlement de comptes de la maffia. Mais il ne s’explique pas le coup de « 22 » tiré depuis la mer !

Le rosé de Provence, plus les mominettes ont bien étoilé la tête de nos deux héros, une petite promenade digestive sur le port, est la bienvenue.

Quelques pêcheurs s’en vont pour une pêche au lamparo, le Suquet illuminé de lumières orangées se détache sur le ciel noir. Les lampes des réverbères font scintiller l’encre du port, au loin les guirlandes électriques des bateaux de la flotte américaine ancrée au large, ajoutent une note féérique.

- Putain, c’est bon les vacances, articule Chauguise entre deux bâillements.

Quand notre commissaire se réveille le lendemain, l’appartement est vide, sur la table une cafetière et un petit mot de la main de Rose : "faites vous chauffer le café, je vous ai laissé un trousseau de clés, ainsi vous pourrez aller à votre guise".

Le café avalé, Chauguise a composé le numéro du standard, car à l’époque, on ne pouvait pas obtenir directement les abonnés hors de sa circonscription. Il fallait obligatoirement passer par « l’inter », et les délais d’attente étaient parfois très longs !

- Paris ? Trente-cinq minutes d’attente ! lui répond la préposée.

- Rien du tout, gueule Chauguise dans le bigophone, je suis LE commissaire Chauguise, et si tu ne veux pas te retrouver aux archives le reste de ta carrière, t’as intérêt à te bouger le fion, et me passer en priorité ….. Fissa ! Verstehen ?

- Oui Commissaire, fallait le dire tout de suite !

Sonnerie, la standardiste du 36 n’a même pas le temps de parler !

- Passez-moi Bourrieux et fissa, a-t-il commandé à la standardiste.

- De la part ?

- De Pie XII ! C’est moi, Chauguise !

- S’cusez patron, je vous le passe.

- Couillette ? C’est Chauguise, alors les empreintes que Cassignol t’a fait parvenir ?

- C’est du lourd, patron ! Il s’agit en fait, non pas de Dieter Schwartz, mais de Otto Von Adler !

- Otto Von Adler… Ça me dit quelque chose…

- Ben oui ! C’est un criminel nazi recherché par Interpol, et même davantage : par les sbires du « Mossad » ! S'ils l’avaient chopé, il aurait passé un sale quart d’heure !

- Bien bossé Couillette ! Pour le sale quart d’heure, c’est fait ! Écoutes : tu gardes ça pour toi, tu annonceras le résultat des courses demain à Cassignol… Capito ?

- Reçu cinq sur cinq, patron !

- Merci.

Dans la foulée, petit coup de téléphone à Juliette, histoire de se rassurer. Il joue les gros durs, Chauguise, mais pour sa Juju, c’est un tendre !

Tout de même, cette histoire de mec descendu en plein jour, sur La Croisette, le turlupine. Il n’a pas envie de faire part de sa découverte de la double identité du mort tout de suite !

A midi, Fernand et Rose sont rentrés pour déjeuner : spaghetti à la bolognèse… Et toujours le rosé de Provence.

- Dis donc Fernand, tu pourrais me prêter ta bagnole c’t’aprèm’, histoire de visiter un peu ?

- J’allais te le proposer ! Tu sais on a une tire de service, une « Juvaquatre », c’est pas rapide, mais bon….

Cassignol parti, Chauguise, se met au volant de la « 203 », puis direction Mandelieu, petit village au bord de la grande bleue, sur le territoire duquel figure un petit aérodrome.

A cette époque, l’aérodrome ne comporte qu’un hangar et une seule piste faite de tôles perforées, comme les pistes provisoires qui servaient de terrain d’atterrissage aux « war birds » durant la seconde guerre mondiale.

Il est trois heures, la chaleur est encore écrasante. Devant le hangar, sont alignés quelques appareils : un Jodel, un Piper « Apache », un Super Cab et même un Norécrin. Un peu à l’écart un biplan jaune, un « Stamp » fameux avion de voltige des années trente, d'origine Belge.

Un mécano travaille sous le capot relevé du "Super Cab", il inspecte le « Continental », un moteur quatre cylindres à plat de soixante cinq chevaux. Chauguise s’approche.

- Bonjour, il appartient à qui le bi-plan ?

Le mécano relève la tête : Ah ! Le « Stamp » ?

- Ouais.

- Demandez à Josette, la secrétaire, là dans le bureau.

Josette une très jolie blondinette, accueille Chauguise avec un large sourire.

- Vous désirez ?

- Je voudrais savoir Madame, à qui appartient le bi-plan jaune ?

- AH le Stamp ! Il appartient à Claude, vous le trouverez au bar de l’aéroclub !

- Merci !

Chauguise se dirige vers l’établissement.

Sur la terrasse couverte de canisses, deux types sont attablés, chacun devant un coca.

- Bonjour Messieurs, il est à vous le joli « Stamp » ?

- Oui, à moi, répond le plus jeune, pourquoi, il vous intéresse ?

- Non, mais ce qui m’intéresse, c’est ce que vous foutiez hier à quinze heures, à tourner en rond en face du palais des festivals !

- Vous êtes qui pour nous poser des questions ?

- Commissaire Chauguise !

- A quoi bon jouer au plus con, Commissaire, lâche le plus vieux. C’était une ordure ce Von Adler, un bourreau qui sévissait à Birkenau ! Un médecin officier Allemand, qui s’est livré à d’horribles expériences sur des déportés juifs.

J’étais dans ce camp, nous avons été délivrés par les Russes en 1944. Il y a quinze jours, je l’ai reconnu cette ordure, je prenais un verre à la terrasse de chez « Gaston et Gastounette » (3) sur le port, quand je l’ai vu à la table d’à côté, il ne m’a pas reconnu, pensez donc ! On était maigres à faire peur à l’époque, mais par contre, lui, je l’ai retapé tout de suite !

Pendant près de deux semaines, je l’ai suivi, toujours le même itinéraire.

L’après-midi, il partait du port, direction le Palm Beach, puis revenait. Nous faisons, Claude et moi, des photos aériennes que nous vendons ensuite à des magazines. Claude pilote le « Stamp » pendant que je photographie. Vous savez, « shooter une image » ou shooter un mec au bout d’un fusil à lunette, c’est à peu près la même affaire, Commissaire !

- Tout de même ! Ajuster une cible dans un appareil qui se déplace n’est pas à la portée du premier aveugle venu !

- J’ai été finaliste au tir à la carabine aux jeux de Berlin en 1936… Ça aide ! Commissaire, Claude n’y est pour rien, il pensait que je photographiais, alors que j’alignais l’autre salopard, arrêtez-moi, mais laissez mon pote.

Les deux amis se regardent, Claude a les yeux humides, ils se serrent la main, puis Henri le « photographe » se lève.

- Emmenez-moi discrètement, Commissaire, je ne ferai pas de schkroum !

Le soir, Chauguise a invité Rose et Fernand au « Blue Bar ». Marius, l’un des garçons, s’occupe d’eux. Il est tout jeune et plein d’attentions, il apprend vite et bien son boulot !

Au moment du dessert, Fernand a allumé un « cigarillo ». Chauguise, lui, reste fidèle à ses Boyards papier maïs.

- Alors tu t’es bien baladé tantôt ? demande Cassignol.

- Ouais, j’ai poussé jusqu’au Trayas… Putain, c’est beau ces roches rouges qui plongent dans la mer !

-C’est sûr !

Puis revenant à l’affaire qui le préoccupe :

-Putain je n’y comprends rien à cette affaire ! C’est sans aucun doute un coup de la maffia. Tu sais, ajoute-t-il à voix basse, c’était un ancien nazi » alors les fonds secrets, le pognon qui a été planqué après la guerre… Patin, couffin, et tout le toutim… Je vais classer l’affaire aux pertes et profits et BASTA !

-T’as raison, répond Chauguise en lui reversant une rasade de rosé, classe et laisse pisser le mérinos !

(Le Suquet, ch'tiot crobard Andiamo)




1) : mominette : un pastis version miniature !

2) : Chateaubriand : billet de 300 francs (d'avant 1958) représentant Chateaubriand... Un beau pourliche !

3) : tous ces endroits ont réellement existés, mais je parle d'un temps que les moins de ...(mets ce que tu veux) ne peuvent pas connaître !

lundi 19 septembre 2011

Tant-BourrinLa très aventureuse vie du Chevalier de Tant-Bourrin et de son écuyer Saoul-Fifre (Chapitre XVIII)

(lecture préalable des chroniques précédentes conseillée)

Où le Chevalier de Tant-Bourrin avance masqué

XIIIème siècle après Jésus-Christ - Quelque part dans le Royaume de France

L'étrange équipage cheminait cahin-caha, tout empoussiéré de volutes terreuses que le pas de leurs montures arrachait au chemin sec et caillouteux, sous les dards puissants d'un soleil médiéval.

En tête, l'écuyer Saoul-Fifre somnolait comme un bébé, bercé par les zigs et les zags de sa bourrique miteuse. Enfin, pour être plus précis, comme un bébé qui aurait ingurgité une bonne douzaine de pintes de mauvaise vinasse. Autour de sa face rubiconde et joviale, les mouches vrombissantes lui faisait une aura mordorée.

Derrière, loin derrière, le Chevalier de Tant-Bourrin, l’œil inquiet d'un lapin pris dans la lumière des torches, le col de son armure déstructurée relevé, la visière de son heaume-melon baissée, la tête entrée dans les épaules pour mieux se camoufler, laissait à son écuyer le soin d'ouvrir la route, par crainte de croiser le moindre gueux hilare, suite à sa dernière aventure. Son aura de gloire semblait définitivement en berne.

Soudain, Hippobert Canasson de Tant-Bourrin, pensif depuis un bon moment, sembla pris d'une soudaine résolution, fit stopper net sa monture et dit :

- Cela suffisoit ! Les miennes aventures s'arrestoient icy-mesme !

Lire la suite

jeudi 15 septembre 2011

Saoul-FifreLes canassons

Je m'aperçois avec stupéfaction, mon cher Tant-Bourrin, que je ne prends pas assez souvent la peine de te parler de mes branquignols d'équidés, tes congénères, en quelque sorte.

Au départ, l'Esprit "Cheval", c'était plutôt ma belle famille, des gens zarbis toujours au grand galop le long des longues plages camarguaises, dans des raidillons de garrigues ou à l'ombre des traverses forestières limousines. Le père de Margotte connaissait par cœur la généalogie de tous les pur-sang arabes du monde, mis bas ou prêts à naître mais ce mec plus qu'ultra ne possédait qu'une petite jument née sous la tente d'un bédoin, au milieu d'un désert de la corne arabique.

Pour la petite histoire, cette Djeïda fut donnée à Jacques Chirac, alors ministre de l'industrie, par Sadam Hussein, pour marquer poliment le coup après un modeste achat de quelques centrales nucléaires françaises. Elle qui rêvait d'intégrer le musée du Président, à Sarran, fut confiée au haras de Pompadour, puis prit sa retraite chez nous, quelques années plus tard. Destinée en dégringolade.

Perso, même s'il m'est arrivé de monter, jeune, dans un haras, et plus tard de prendre quelques leçons avec Margotte et son père, je me suis toujours méfié de ces véhicules au déplacement aléatoire et au klaxon intempestif. Et si l'on m'incitait en insistant à grimper dessus, je n'ai jamais poussé ma monture au delà du trot enlevé.

Et très sincèrement, aujourd'hui comme depuis toujours, si je dois faire quelques kilomètres, je préfère encore prendre le vélo. Vous l'avez compris, le meilleur ami de l'Homme n'est pas celui de Saoul-Fifre, il n'a pas accès à mon mur Facebook, il n'a pas l'adresse de mon blog et je le laisse debout dehors au lieu de lui proposer une anisette à l'ombre dans un fauteuil.

Ceci dit, à force, des liens se tissent. Un beau soir, un ami monta à la ferme avec un van et dedans ce van il y avait la jument de sa copine (de ch'val !). Il fixa tout seul le prix de la pension, nous topâmes là et il lâcha la jument dans une clôture que j'avais. Puis ce fut la fille d'une amie qui nous emmena son champion de concours incomplet, puisqu'il refusait la rivière, ce trouillard. Et ainsi je devins aubergiste pour chevaux, en une sorte de glissement progressif.

Même si le cheval est un bestiau éminemment stoïque aux intempéries, il lui faut un abri, ça rassure sa proprio. Oui je dis "sa" car le proprio du cheval est toujours une fille, vous allez pouvoir briller dans les afters parisiens avec ce scoop. Dans les débuts d'une liaison, son compagnon la suit en trottinant d'un air énamouré, lui porte la selle, les sacs de grains, l'écoute des heures lui réciter le carnet de santé de "Roudoudou", ses coliques, tous les soucis et tout le plaisir que lui a donné son "Pioupiou" ou son "Dindin" chéri. Certains copains poussent l'abnégation jusqu'à les accompagner en VTT dans leur tour en colline.

Et puis, assez rapidement, la proprio vient toute seule.

Faut dire que son hongre "Nadier" est un véritable despote qu'elle seule peut supporter. Il est gâté-pourri et n'obéit à aucun ordre. Quand par hasard elle réussit à l'engager dans le chemin qui mène à la colline, "Nadier" ne tarde pas à exiger le divorce et le couple revient en deux paquets : le hongre au petit trot, tout fier d'avoir échappé à la ballade, et sa maitresse un quart d'heure plus tard, toute courbaturée de sa chute.

L'Amour monstre existe aussi en version zoophile.

J'en ai visité, des "clubs", des "ranches", des "écuries"... Des quadrillages de paddocks minuscules équipés d'un abri de deux mètres sur deux... Le pauvre cheval solitaire regarde à distance soigneuse ses voisins équins, dans la cellule d'à-côté. Il a essayé de s'en rapprocher mais une bonne décharge électrique l'a dissuadé de recommencer. Il déprime sec en plein cagnard et il est bien trop claustro pour aller dans l'abri. Il s'ennuie d'une force que vous ne pouvez imaginer. Et c'est souvent sur demande de sa patronne, qui a peur que les autres vilains chevaux fassent du mal à son gros poussin, qu'on le condamne ainsi à l'isolement sensoriel total.

Les mustangs vivent libres, en troupeau, avec une vie sociale dense et une hiérarchie stricte, garante de paix et de sécurité pour tous. Ils sont affectifs, tactiles, joueurs. Ces comédiens en herbe s'amusent à s'impressionner en lançant des ruades spectaculaires, à distance de sécurité, puis ils se mettent tête-bêche et se chassent mutuellement les mouches avec leurs queues, en un soixante-neuf plus utilitaire que coquin. Ils s'embrassent, se reniflent, se lèchent, se frottent contre l'autre et, à intervalles réguliers, se lancent des défis et démarrent de folles courses-poursuites.

Jamais je n'accepterai cette mode des boxes et des mini-paddocks individuels, ça me choque profondément. Chez nous, les chevaux vivent en troupeau. Quand un nouveau pensionnaire arrive, il y a présentation aux résidents. Selon son caractère, il va frimer, être agressif, ou cool, a priori. Il y a certes un risque la première journée et nous restons là pour intervenir au cas où. Je touche du bois, mais nous n'avons jamais eu de gros problèmes avec ce système basé sur la confiance.

Un jour un bourrin est arrivé (il y a des branques aussi chez les bêtes). Il a mordu assez profondément un des autres, le troupeau était tout désemparé. Non mais vous avez vu ce voyou ? Il mord !! Mais qui a donc pu faire son éducation ? Dans quelle époque vivons-nous ?

Ils l'ont boycotté. Mais pas qu'un peu ! Dès que l'autre mal élevé s'approchait, il y avait esquive et fuite vers les copains. Un cheval qui mord ? Non mais je rêve ? En un rien de temps, il y eut le troupeau solidaire d'un côté, et "Dents d'la merde", seul, à l'amende, puni, sans amis, de l'autre côté. Il se mit à déprimer et sa proprio partit essayer autre part.

Le vrai chef démontre sa supériorité, certes, mais tout en préservant l'avenir de la relation et l'indispensable cohésion du groupe.

Là nous avons une petite tribu de punks à crinières qui fonctionne super et l'ambiance est bonne. Mais régulièrement, je vois débarquer des filles qui voudraient bien leur-petit-paddock-personnel-à-elles. Je leur explique gentiment comment aime, vit, s'exprime et s'intègre un cheval et si elle ne capte pas bien, pour cause de tunnel ou autre, je lui montre tout aussi gentiment la sortie.

Car ce respect sans condition de la nature profonde du cheval porte ses fruits.

Nous n'avons pas de chevaux cherchant à s'échapper, comme n'importe quel prisonnier lambda. Et si l'un passe les fils, par hasard, il tourne autour du parc, pressé qu'on lui rouvre, pour retrouver les copains.

Le véto vient rarement, et pourtant la moyenne d'age est de haut niveau.

Quand nous rentrons dans le parc, chacun remue des épaules pour se faire cajoler en premier.

Et, morceau de sucre sur le seau de granulés, quel beau cadeau que le spectacle de ces galopades impromptues dont l'un donne le départ, sur un coup de tête, juste pour célébrer la joie d'être ensemble et pour se dégourdir les paturons.

Tu vois, Tant-Bourrin, tu n'as aucune crainte à avoir : si tu viens ici (et que tu ne mords pas), tu seras bien traité.

dimanche 11 septembre 2011

AndiamoQuand Bush rit...

Tout le monde se souvient exactement de ce qu’il faisait ce jour là ! Personnellement je me souviens parfaitement de l’endroit où j’étais et ce que j’y faisais.

Je pense qu’il est assez exceptionnel, qu’un évènement marque autant les esprits.

Je n’ai pas écrit ce billet en occultant les 2 973 victimes ! Loin de moi cette idée. J’ai simplement voulu employer ce ton afin de ne pas pleurer.

Tous les copains
Suivaient l’sapin
Le coeur serré
En rigolant
Pour faire semblant
De n’pas pleurer

(Georges Brassens)



Quand Bush rit, disait-on, c’est qu’il n’a rien compris !

Un matin radieux vient de se lever sur Manhattan. Telles des phallus monstrueux, les « Twin Towers » se dressent insolemment dans le ciel d’azur, pas au-dessus des nuages, puisqu’il n’y en a pas !

Ce matin, Georges W. Bush rend visite à des petits écoliers. Il est distrait ce Georges : il tient un livre à l’envers !

A quoi songe-t-il en ce matin du 11 septembre ? Il songe qu’il est LE président du plus puissant pays of the world et des environs.

Il pense aussi au bol de corn-flakes qu’il a avalé ce matin, et à la part de tarte aux pommes qu’il a baffrée après la bouillie infâme des flocons d’avoine trempés dans du jus de soja (transgénique le soja).

Cette part de tarte était pour son épouse, elle avait calé la veille au soir et avait déclaré à son Georges de mari :

- JO ! Don’t bouffe my part please, it’s for me tomorrow !

- Sûr, Laura, don’t touch… I cross my hart !

Sur ce, il avait tracé une croix sur son cœur, laissant sur sa chemise immaculée une tache de ketchup « Heinz », dont il avait abondamment arrosé ses flocons de maïs.

Bien sûr, ce ne sont pas exactement ses propos, mais ça leur ressemble.

Il est là, assis face au gentil écolier, bien propret, white de préférence, quand soudain…

Andrew Card, son chef du personnel, s’approche :

- Monsieur, we are attacked !

- Why ? Répond Georges dans un anglais très pur.

- A-TTA-CKED ! Monsieur.

D’un bond l’ex-pochtron s’est levé !

- Mettez les chariots en cercle ! Les femmes et les enfants au centre, bien à l’abri derrière les barils de poudre ! Apportez-moi ma Winchester, ainsi que mon six coups « Remington new model army 1858 »

- Six coups ? Monsieur ne pensez vous pas que vous vous vantez un peu ?

- Faites ça que j’dis, c’est qui qui commande here ? Tu sais mec, tu vas paumer ton trou du cul, ouaip, et t’entendras pas tomber les morceaux ! Sûr… Ouaip !

Il est comme ça, Jo, un peu vulgaire, un Texan bon teint, calviniste mais vulgaire.

Il a retrouvé son bel accent du sud, Georges. Un accent qui sent bon le T-bone, les fayots rouges et le bison pas frais !

- Mon Stetson, mes santiags et mon lasso, sellez mon mustang ! Putain, « ils » vont voir ce qu’il en coûte de s’attaquer au pays le plus puissant of the world (et des environs), les « beardeds » !

La caisse qu’il retenait depuis ce matin, fruit d’une lente décomposition des haricots rouges qui accompagnaient la tête de cheval ingurgitée la veille au soir, explose au beau milieu de la classe, répandant son odeur nauséabonde. Subtil mélange de serpillière moisie et de blaireau en rut.

- God bless you ! Balbutie l’institutrice, qui ne s’attendait certes pas à ça !

On lui en appris des trucs et des machins à dire si LE président : rit, trébuche, sort une vanne à la con, genre : "how do you do…Yau d’poêle !"

Mais on ne lui a pas dit quoi faire ou quoi dire si LE président lâche une caisse. Daisy a improvisé, voilà tout….

Goguenard, LE président lui a rétorqué avec son à propos et humour habituels :

- Encore un qui ne payait pas son loyer, alors je l’ai expulsé ! Étant donnée l’odeur, il m’aurait gâché l’tiroir sous peu !

Il a été pilote de F102, ce Jojo-là ! Pendant la guerre du Viet-Nam, il s’est engagé dans la garde nationale : la baston, ça n’était pas pour lui !

Il reprendrait bien du service, un peu comme l’alcoolo dans le film « independance day ».

Je ne sais pas vous, mais moi ça m’a fait marrer : un pochtron qui pilote un biplan pourri, dans le film il s’agit d’un PT 17 « Stearman » des années trente. Ce pilote fait de l’épandage et, tout à coup, on lui confie un F 18 « black knight », sans préparation ni entrainement !

Waouh ! Trop forts les Yankees…

C’est un peu comme si après avoir appris à monter sur un tricycle, on vous collait le cul dans une formule 1… Et roule ma poule !

D’accord, c’est de la S-F me direz-vous, mais on est loin de Stanley Kubrick !

On n’a pas trouvé de Stentson, ni de santiags ou de lasso, encore moins un mustang. Piteusement, il est monté à bord de « Air Force One », destination… un lieu sûr !

On lui mettra l’index sur le bouton rouge, il attendra bien sagement les avis de son état-major, avant d’enfoncer peut-être ? Ce doigt qui le démange… Mais qui le démange….

mercredi 7 septembre 2011

Tant-BourrinComment aider un co-blogueur à surmonter une panne d'inspiration

Imaginons (cas totalement fictif, toute ressemblance avec une situation existante ou ayant existé ne saurait être que fortuite) que vous soyez un blogueur jeune, beau, intelligent et talentueux et que, dans un accès de faiblesse coupable, vous ayez accepté de dispenser vos fulgurances géniales sur un blog écrit à plusieurs mains.

Imaginons encore (hypothèse tout aussi improbable que la précédente) que, parmi les multiples mains en question, se trouvent deux grosses paluches velues, couvertes de terre, de glaise et de morve mêlées.

Imaginons toujours (mais où vais-je donc chercher tout ça ?) que ces pognes quasi-animales soient emmanchées sur des bras d'allure simiesque au bout desquels se trouve un individu fruste et rural, originaire d'Outre-Périphérique.

Imaginons encore et toujours (dreamland est proche) que le bouseux mal dégrossi en question qui, bon an, mal an, éructait quelques grognements sous forme de billets sur le blog, ne poste plus rien depuis deux mois, prétextant une panne d'inspiration.

Imaginons pour finir (je le répète, tout cela est absolument fictif) que vous en ayez marre de vous taper le boulot tout seul (aidé, il est vrai, par un individu du énième âge, carburant visiblement à la coke) et que vous vouliez remotiver le bouseux susnommé, dont les initiales pourraient (exemple totalement aléatoire) être SF.

Vous y êtes ? Bon, alors, maintenant que le tableau est dressé, que faire ?

Les 0,3 lecteurs qui se sentent concernés par ce cas de figure particulièrement fréquent n'ont qu'une chose à faire : suivre le guide, pour une petite revue des méthodes envisageables !



Méthode de l'apitoiement

Procédure :

Malgré son allure semi-animale et ses manières qui ne le sont pas moins, votre co-blogueur a sûrement un cœur que l'on peut attendrir. Pourquoi ne pas profiter de cette faiblesse en essayant de l'apitoyer sur votre sort ? Pour cela, rien de plus simple : écrivez-lui (si tant est que vous ayez acquis la certitude qu'il sait à peu près lire) une lettre déchirante dans laquelle vous lui expliquez que ce blog est toute votre vie mais que vous n'en pouvez plus d'en supporter seul la charge, que votre santé se dégrade, que vous allez mettre fin à vos jours si personne ne vient à votre rescousse, le tout accompagné d'une photo de vous laissant découvrir votre face ravagée par la souffrance. Pour cela, une petite astuce : faites-vous photographier pendant l'écoute du dernier disque de Lady Gaga, vingt secondes sont généralement suffisantes pour devenir la douleur incarnée. En toute logique, votre co-blogueur devrait fondre instantanément à la lecture de votre courrier et se remettre illico à la tâche.

Avantages :

Méthode utilisable à distance, aucun déplacement nécessaire.
Méthode faisant appel aux quelques traces d'humanité présentes dans l'âme de votre co-blogueur.
Récupération possible du CD de Lady Gaga pour faire un joli dessous de verre.

Inconvénients :

Risque de retrouver votre photo largement étalée dans les médias sociaux assortie de commentaires peu flatteurs.
Risque non négligeable de sous-estimation du sadisme de votre co-blogueur et de renforcement de sa volonté de ne plus écrire.



Méthode du chantage

Procédure :

Votre co-blogueur a sûrement une vague forme de respect pour les croulants anciens et un peu de commisération pour ses co-blogueurs : si ce n'est pas le cas envers vous (voir méthode de l'apitoiement), ça le sera sûrement pour un autre de vos co-blogueurs passablement blet âgé. Faites une descente chez votre co-blogueur du énième âge, armé d'un fusil à pompe. Prenez-le en otage et en photo, le canon appliqué sur sa tempe. Envoyez la photo à votre co-blogueur bouseux, assortie du commentaire suivant : "si tu n'écris pas rapidos un billet sur le blog, je flingue le vieux"... Logiquement, effrayé à la perspective d'avoir un mort sur la conscience, il devrait s'atteler immédiatement à la tâche.

Avantages :

Méthode un peu musclée donnant à vivre le frisson de l'aventure.
Valorisation de votre ego en montrant à vos co-blogueurs qui est le chef.

Inconvénients :

Nécessite l'achat d'une arme à feu.
Risque de sous-évaluation de l'insensibilité de votre co-blogueur bouseux.
Risque de réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans.



Méthode de la torture physique

Procédure :

Les méthodes à distance ont-elles échoué ? Qu'à cela ne tienne : passez à l'action et faite une descente au-delà du Périph', dans cette zone sale et malodorante que d'aucuns appelle la campagne et où réside votre co-blogueur. Profitez d'une de ses nombreuses siestes avinées pour le ligoter solidement. Vous allez maintenant pouvoir passer aux choses sérieuses : une petite séance de torture jusqu'à ce qu'il promette de se remettre à l'ouvrage. Pour cela, c'est simple : enfournez-lui un entonnoir dans la bouche et déversez-y une à une la centaine de bouteilles de Champomy que vous aurez pris soin d'emmener avec vous. Logiquement, l'aversion des co-blogueurs bouseux aux boissons délicates est telle qu'il devrait demander grâce assez rapidement.

Avantages :

Résultat obtenu en direct live.
Spectacle réjouissant de la face de votre co-blogueur, qui devrait passer par un joli assortiment de couleurs successives.

Inconvénients :

Obligation de gâcher quelques bouteilles d'un nectar divin.
Déplacement nécessaire dans une région glauque et mal famée, avec des risques de mauvaises rencontres.
Risque de projections de vomi susceptibles de tâcher votre beau costume de chez Dior.



Méthode chirurgicale

Procédure :

Le blocage mental de votre co-blogueur glaiseux trouve assurément son origine quelque part dans le magma gluant qui lui tient lieu de cervelle. Pourquoi dans ces conditions ne pas s'attaquer directement à la source du problème en procédant vous-même à une trépanation ? Ouvrez la boîte crânienne, tranchez au scalpel ce qui semble passablement bloquant (au feeling), un peu de mastic pour refermer le trou, et le tour est joué ! Vous voilà en présence d'un nouveau co-blogueur plein d'allant qui va vous torcher au moins trois billets par jour et vous permettre ainsi de goûter un repos bien mérité...

Avantages :

Résultats immédiats.
Peu de traces extérieures visibles compte tenu de la tignasse abondante de votre co-blogueur.
Possibilité de ne pas reboucher le trou avec du mastic et d'y mettre un bouquet de fleurs, histoire d'agrémenter un peu le crâne de votre co-blogueur.

Inconvénients :

Nécessite de faire au préalable une dizaine d'années d'études de médecine.
Nécessite également une certaine aptitude au bricolage pour manier convenablement la perceuse à percussion.
Risque de transformer votre co-blogueur en psychopathe sanguinaire en cas de coup de scalpel mal ajusté.



Méthode à l'insu de son plein gré

Procédure :

Vous préférez la jouez profil bas et ne pas faire de vagues ? Pas de problème : il existe une méthode adaptée ! Louez les services de quelques détectives privés avec pour mission de récupérer discrètement le moindre écrit de votre bouseux de co-blogueur. Il ne vous restera qu'à transcrire la chose par écrit, et hop, quelques billets à refourguer à vos crétins de lecteurs !

Avantages :

Méthode douce.
Conservation de rapports cordiaux avec votre co-blogueur (mais est-ce vraiment un avantage ?)
Possibilité de récupérer un grand nombre de billets.

Inconvénients :

Tarifs élevés des détectives privés.
Qualité littéraire douteuse des billets récupérés.
Risque important de perte des derniers lecteurs après la publication de 14 listes de courses, de 18 post-its divers, de 93 pages d'éphéméride, d'une lettre d'adhésion à la FNSEA, d'un bulletin de réabonnement à "France-Labours", de 27 grilles de mots croisés à moitié remplies du magazine en question et de 31 feuilles de papier-toilette usagées (collectées par les détectives dans un excès de zèle).



Méthode forte

Procédure :

Toutes les méthodes ont échoué ? Très bien ! Fi des méthodes trop sophistiquées : allez droit à l'essentiel et utilisez la force brute, même s'il vous en coûte (car vous êtes un être fin et cultivé) ! Faites une descente chez le bouseux co-bloguant et allez lui casser la gueule pour lui apprendre les bonnes manières. Ça devrait le ramener à un peu plus de zèle dans l'écriture...

Avantages :

Un bon défoulement.
Résultat immédiat.

Inconvénients :

Risque de trous de fourche dans votre beau costume de chez Dior.
Risque de déchirures à coups de faux dans votre beau pantalon de chez Dior.
Risque de morsures de chien sur vos belles chaussures Berluti.
Risque de chevrotines dans des parties sensibles de votre anatomie.
Risque d'épandage de lisier sur votre cuir chevelu.
Risque de moissonnage-battage.
Risque d'écrasement dans un pressoir à huile.
Risque de sulfatage de gueule.
Risque de servir de repas à une dizaine de porcs.
Risque de mort violente.



Voilà ! Selon toute vraisemblance, une fois testées toutes ces méthodes, votre problèmes devrait être résolu. Définitivement.

Merci qui ?

Merci Blogborygmes !

mardi 30 août 2011

Tant-BourrinLes Blogbobandes dessinées (6)

Ça vous dirait, un petit strip des membres de Blogbo ? Oui ? Eh bien en voilà huit d'un coup pour vous exaucer, sous la forme d'une nouvelle fournée de Blogbobandes dessinées !

Pour ceusses qui débarquent de leur cambrousse perdue, je rappelle que ça bande sec ici depuis longtemps, , , , et itou...

Le tout, je le rappelle, est réalisé avec l'aide de , qui pallie légèrement ma nullité crasse en matière de dessin...

And now, enjoy ! :~)




Saoul-Fifre : métempsychose toujours !


Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Tant-Bourrin : ne pas se tromper dans l'addiction


Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Andiamo : dépiste-âge


Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Mam'zelle Kesskadie : ordre de bourses


Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Saoul-Fifre : lard primitif


Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Tant-Bourrin : l'art de s’accommoder des restes


Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Andiamo : cou de vieux


Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Mam'zelle Kesskadie :


Cliquez sur l'image pour l'agrandir

vendredi 26 août 2011

AndiamoLe météore

L’écran radar veille…

A bord de l’ « Alfacentaury » , tout est calme, les giros fonctionnent parfaitement, guidant notre astronef aussi sûrement qu’un TGV sur ses rails !

Les « autres » roupillent… Enfin, quand je dis « roupillent », je devrais dire « léthargisent » !

Ouais, je sais : terme impropre ! Mais vu qu’ils sont plongés dans le coltard depuis plusieurs semaines, personne n’est là pour me reprendre.

J’ai un peu l’impression de vivre « 2001 : odyssée de l’espace » ! Ce vieux film que j’ai vu à la cinémathèque, une vieillerie en 2D, faut être sacrément accro aux antiquités pour aller passer deux heures et demie devant pareil film ! Ce Kubrick, tout de même : quel as pour l’époque !

Tout à l’heure, je réveillerai Paul, ce sera son tour de « veiller », c’est la consigne : un membre d’équipage veille sur les autres durant quinze jours, puis retourne faire « dodo ». Etant donné que nous sommes dix, on roupille 18 semaines ! Elles sont bien loin les trente-cinq heures… AH ! AH ! AH !

Putain, v’là que je me marre tout seul ! PFFFIU, je déraille moi !

TIÛÛÛT… TIÛÛÛT… TIÛÛÛT… TIÛÛÛT…

C’est quoi ce truc ?

Alerte rouge… Alerte rouge… Champ de météorites très compact…. Collision inévitable…. Alerte rouge… Alerte rouge… Impact dans :

- 15 minutes et 35 secondes. TIP… TIP… TIP…

- 15 minutes et 30 secondes. TIP… TIP… TIP..

- 15 minutes et 25 secondes. TIP…TIP…TIP…

- Ta gueule, merde, j’ai compris, j’suis pas sourd, bordel !

Impossible de sauver les autres : le temps de réveil est de trois heures, et encore en brûlant certaines étapes ! Leur dire adieu… Oui, leur dire adieu, puis enfiler mon scaphandre.

Lentement, Nicolas a passé la main sur chacun des « sarcophages », s’attardant davantage sur celui de Marjorie…

Puis il a enfilé son scaphandre, vérifié les branchements.

Quand le choc s’est produit, ouvrant une brèche dans la coque, Nicolas a été littéralement aspiré, la dépressurisation l’a propulsé dans le vide. Par miracle, son scaphandre n’a pas été déchiré.

Il reprend lentement ses esprits, couché sur ce qui semble être un morceau de roche… Non, c’est de la glace, un fragment de comète sans doute.

Ce bloc est blanc, suffisamment grand pour qu’il se tienne debout. Plus loin, tournoyant sur lui-même et présentant à chaque rotation son flanc déchiré, l’Alfacentaury blessé à mort.

Nicolas a baissé la tête, une prière silencieuse pour ses compagnons, une larme pour Marjorie…



- Comment va-t-il, Docteur ?

- Aucune amélioration, Madame Danglot…

- Appelez-moi Marjorie, Docteur !

- Soit, vous savez, Marjorie, depuis son AVC, votre mari Nicolas ne bouge pas du carreau blanc de sa chambre, il refuse de poser le pied sur un carreau noir, prétendant qu’il va tomber dans le vide sidéral, et que ce carreau blanc… c’est un morceau de comète !

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 >