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jeudi 11 janvier 2007

Tant-BourrinPassager clandestin

De maigres applaudissements s'élevèrent dans la salle des fêtes après le tour, passablement laborieux, des foulards sortis du creux de la main. Nitro Turban les entendit à peine : il voyait surtout les bien plus nombreux bâillements qui trouaient les faces des spectateurs, leur bouche formant un zéro, comme une triste note infligée à son spectacle.

Hélas pour lui, Nitro Turban, de son vrai nom Louis Farfe, était un tâcheron de la prestidigitation qui peinait à gagner sa vie en décrochant de-ci de-là des contrats misérables pour des animations dans des salles minables, voire des maisons de retraite.

Son numéro de magie eût même été un bide sans nom s'il ne s'achevait à chaque fois sur son meilleur tour : celui de la femme coupée en morceaux. Un grand classique des numéros de prestidigitation, mais que Nitro Turban réalisait avec une incroyable maestria. Une maestria qui tranchait terriblement avec le reste de son spectacle.

Et ce soir-là, comme tous les soirs de spectacle, des "oh !" et des "ah !" s'élevèrent dans l'assistance quand il balada les jambes de Lucette, son épouse, à un bout de la scène et sa tête à l'autre bout, avant de les rabouter avec son tronc sous une salve enfin nourrie d'applaudissements.

Evidemment, le public n'était pas dupe, il y avait forcément un truc. D'ailleurs, c'est pour ça que la femme était dans une caisse en bois, pour qu'on ne voie pas le truc, se disaient les spectateurs.

Mais en fait, non.

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mercredi 10 janvier 2007

Saoul-FifreJe m'étonne moi-même

Dites donc, mais c'est que je suis super louette ! Malin comme le singe mon ancêtre ! Je vous le dis tout net : je n'ai absolument pas envie de pondre un œuf ou quelque texte que ce soit ce soir. C'est l'anniversaire d'un souvenir douloureux, j'ai un peu d'acné sénile au bout des doigts et pour couronner le tout, on vient de m'identifier une allergie à l'écriture impromptue de billets.

Non, n'insistez pas.

À la place, je vais emmener Margotte au restaurant. Et puis, soyons fous, tiens, je vais rester manger en sa compagnie ! La belle doche va garder les nains... Et qui qui va oser me faire la moindre remarque ? Personne, pas même ce garde-chiourme de Tant-Bourrin !

Bien joué, non ?

'tain, j'en reviens pas comme j'ai joué fin sur ce coup là.

Allez, une 'tite photo de consolation. C'est-y pas mignon des pomponettes qui co-couvent ?

mardi 9 janvier 2007

ManouInfo ou intox ? (2)




Il paraitrait que François De WITT (dans une émission radiophonique du 8 janvier) préconise la privatisation totale d’EDF sous prétexte d’un gain de 85 milliards d’euros pour la nation.

Bien sur, on peut vendre tout et n’importe quoi pour que la nation s’y retrouve. D’ailleurs, pourquoi ne pas tenter de vendre nos meilleurs conseillers financiers (dont François De WITT) ? Ce serait peut-être l’occasion pour eux de se rendre compte si, oui ou non, l’herbe est vraiment plus fraiche dans le champ du voisin. Il n'est pas certain qu'on en tire grand chose.

En attendant de rencontrer François de Witt au bord du canal Saint-Martin ou dans un champ irlandais, je me dis que:

- La nation se met le doigt dans l'oeil s'il elle imagine pouvoir continuer à proposer à ses particuliers des tarifs d’électricité parmi les plus bas d’Europe en cas de privatisation d’EDF.
- Abandonner les choix énergétiques à la seule sphère privée tient de l'obscène voire du grotesque particulièrement dans un contexte environnemental délicat.
- Le patrimoine professionnel des 10 familles les plus fortunées de France avoisine les 80 milliards d’euros. Voilà aussi une somme qui pourrait rendre d’importants services à la nation. Mais cela est une autre histoire.
Quoique.

Et je remets le son.

lundi 8 janvier 2007

Tant-BourrinAh bin, je comprends mieux !

Je vous avais parlé, dans un billet précédent, de l'incroyable prolifération des Oui-Oui dans notre appartement, prolifération d'autant plus inexplicable que j'avais mis en place un contrôle très strict pour éviter l'introduction clandestine de nouveaux Oui-Oui dans celui-ci.

Las, tous mes efforts se sont révélés vains : leur nombre ne cesse de croître, tant et tant que j'ai finalement dû renoncer à en tenir le décompte.

Ne pouvant toutefois me résoudre à cet échec et fermement décidé à en avoir le coeur net, j'ai eu la bonne idée d'installer une caméra de surveillance dans le salon, afin d'espionner la population ouiouiste en mon absence.

Bingo ! Regardez plutôt ce que j'ai découvert dans les enregistrements : c'est assez instructif !


Oui-Oui se tape Mirou, apparemment consentante, sous l'oeil
de Petit Ours Brun et de ses congénères, visiblement intéressés


Et ça y va à la manoeuvre !


Tsssss... toutes ces saletés devant des enfants
auxquels cela va donner de mauvaises pensées !


Et encore, je ne vous ai pas mis la bande-son ! Vous entendriez ça,
tous ces grognements de jouissance d'ourse en chaleur !


Toute la lubricité du monde dans ce regard torve !


Bien, je pense qu'il n'est pas utile de chercher plus avant pourquoi les Oui-Oui croissent et se multiplient, j'aurais dû prévoir un coffre à jouets masculins et un coffre à jouets féminins bien séparés et fermés à clé pour éviter ce genre de désagréments.

Dites, ça existe les pilules pour ourse ?

dimanche 7 janvier 2007

Saoul-FifrePleine puberté

C'était pas facile, dans les années 60, moi je vous dis que çà ! Pour obtenir des infos. Les copains, il fallait même pas y penser, ils étaient encore plus ignares que moi. Et personne t'aidait, hein ? Le système tout entier était d'une solidarité sans faille avec les parents. J'allais à la bibliothèque du collège, je repérais un livre au titre prometteur, je sais pas, moi, au hasard : "L'Éducation sentimentale", je le posais sur le bureau de la dame, avec ma carte, la dame levait les yeux, bon, c'est vrai, j'étais petit, ça mettait pas d'huile de couille dans la relation, et elle me lançait, condescendante :

- "Mais tu n'as pas vu la pastille "3 ième", mon petit ? Tu n'auras le droit de lire ce livre que dans 2 ans..."

- "Ha bon, et pourquoi ?

- "Tu n'as qu'à demander à ta maman..."

La honte, quoi ? Tous ligués contre les honnêtes chercheurs de connaissance sur le cul. Le Larousse. Ha, parlons en, du Larousse ! En te rapprochant discrètement d'un groupe de grands, t'as réussi à capter un mot potentiellement "sexe". L'air niaiseux du gars qui le prononce, le rire agricole qui secoue les copains, sont des signes qui ne trompent pas. Tu reviens à la maison, et tu cherches "masturbation" dans le pavé de celle qui sègue à tous vents (hein, Byalpel, qu'on se sent plus intelligent ?). n.f. Action de se masturber. D'accord. Et dessous, t'as "masturber". v. Se livrer à la masturbation. Et merde ! Tout est verrouillé, je vous dis.

À force d'astuce et d'observation, tu subodores que "baiser" fait partie de ce lexique dont tu souhaites pénétrer les arcanes. v. Embrasser. Baiser la main de la reine. Et re-merde ! Je les aurai, je les aurai... Ne pas se décourager. Je ne prévoyais pas du tout de me décourager, mais bon, la recherche stagnait. Comme disait de Gaulle, mais à l'époque, je ne risquais pas de citer de Gaulle à la maison, c'était encore plus connoté "foutre-pipi-caca" que Sœur Soupirs des Anges se faisant administrer le Saint Sacripant dans le Fondement de la Doctrine, enfin, comme disait Mongénéral :

- "Des chercheurs qui cherchent, on en trouve... Mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"

Nous avons d'ailleurs là une très belle antimétabole, c'est un traité de rhétorique par le sourire qui me l'a appris, mais revenons à notre compulsif goût bien adolescent pour les mots sales. Alors je me rabattais sur l'Encyclopédie Familiale Larousse. Encore elle. Antenor ne va pas faire long feu sur ce billet, mais non, c'est pas elle, il s'appelait Pierre, reviens ?

Hygiène de la femme. J'avais vaguement rêvé d'une photo de nénette à sa toilette, mais j'en ai été pour mes frais. Les fiançailles ? Hé hé, c'est émoustillant, ça, les fiançailles... Voyons voir.

"Acte grave entre tous, l'un de ceux qui réclament la liberté la plus entière, qui font appel à la volonté la plus précise, qui exigent la prise la plus nette de responsabilités. Il n'est guère que l'obéissance mûrement réfléchie à une vocation religieuse ou l'acceptation parfaitement lucide de la mort qui soient des actes aussi révélateurs de la noblesse de l'homme"

Bon ben tout ça n'apporte guère d'eau à mon moulin.

J'ai continué à feuilleter, mais le cœur n'y était pas. Et le cul non plus, d'ailleurs. Et puis j'ai fini par tomber là dessus, coincé entre un truc bien paranangoissant sur les maladies vénériennes et un couplet sur les méfaits de l'alcoolisme, passage qui, je me le rappelle et je m'en souviens, m'avait laissé complètement indifférent.

RÔÔÔÔ, bé ça aura été largement suffisant pour initialiser un beau petit rêve bien chaud pour le petit 6 ième que j'étais ?

Mais c'était pas très "sexe", les sisties... Un peu la dernière année, peut-être ?

samedi 6 janvier 2007

ManouLes rêves de l'oie blanche




Aucune trace de violence, de politiquement correct ou de sectarisme quelconque dans ces extraits oniriques bénéficiant d'une unité de lieu et d'action exceptionnelle.

Rêve 1

Accoudée au bord d’une piscine, j’en regarde l’eau très bleue. D'importantes vagues l’agitent comme s’il s’agissait de la mer. En retournant vers mon siège, je m’aperçois que je suis nue et que tout le monde me regarde. Pas de serviette à l’horizon. Alors je m’allonge par terre et tente de me recouvrir imparfaitement à l’aide d’une chaise en plastique blanc.

Rêve 2

Je me trouve seule dans une salle de réunion. Une femme entre et me demande de lui faire l’amour. J’obtempère. Puis nous nous rhabillons. Un homme ouvre alors la porte et dit à la femme : « Tu t’es encore laissée tenter. » La femme lui répond : « Elle n’y est pour rien, c’est moi qui lui ai demandé ». Ils sortent tous les deux en refermant la porte.

vendredi 5 janvier 2007

Tant-BourrinLa vérité sur le Souf' (suite)

Il y a quelque temps déjà, je vous avais narré ma petite expédition commando destinée à dégonfler la baudruche Saoul-Fifre (d'un point de vue pseudo-culturel, s'entend, c'est une image ! Parce que pour ce qui est de la bedaine...).

Or donc, constatant qu'il la ramène toujours autant, j'ai à nouveau organisé une petite opération d'infiltration visant, cette fois, sa bibliothèque (prétendument emplie de la crème du bon goût littéraire).

Pour ce faire, un complice a attiré Saoul-Fifre hors de chez lui en se cachant dans les fourrés et en imitant le cri du cubicube de pinard. Une fois la place libre, je m'y suis introduit et j'ai enfin pu voir de visu la bibliothèque du Souf'... Eh bé, ce n'est pas glorieux !

D'ailleurs, pour vous en convaincre, j'ai photographié quelques-uns des bouquins qui s'y trouvaient. Jugez plutôt...



















Maintenant que ses lectures sont sur la place publique, j'en connais un qui va peut-être la mettre en veilleuse maintenant, non ?

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