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lundi 13 novembre 2006

ManouViolence. Vukovar (Bernard Hreglich)

(C'est BYBY qui a demandé )

insulte
coup
humiliation
pendaison
mépris
indifférence
médisance
cris
explosion
blessure
viol
haine
meurtre
guerre
torture
sang
famine
froid
maladie
mouches
pauvreté
vermine
puanteur
exécution
douleur
pleurs
gifle (à un faible. Car gifle à un Old-Black, on appelle ça découverte ou suicide)

Et aussi toute la petite violence quotidienne :

Le réfrigérateur vide
La sac à linge sale plein
Le chauffe-eau en panne
Les WC sans papier
Le train bondé
Le petit orteil dans le pied du lit
L’absence de chaussettes dans l’armoire
La portière de la voiture se fermant sur la main
Le spaghetti coincé dans la trachée
L’eau brûlante sur le pied
Le réveil qui sonne


VUKOVAR

Pour Jean-Claude Renard

En sentinelle avec tes griefs, tes chevaux endormis,
Ton corps maigre sous la tenue réglementaire,
La plaine à tes yeux devient indicible ;
Un monstrueux terrain de chasse obscur, inopportun ;
Pauvre exilé ayant perdu ses légendes et l’espoir de fuir
Ce paysage de lacs et de pièges ;
Tu n’es plus
Qu’un pantin revêtu des couleurs militaires, avec le casque
Et le fusil, qui demeure selon l’humeur du temps
Aussi droit que possible, cherchant dans l’obscurité
Celui qui viendra te trancher la gorge, jeune homme
Comme toi mais plus vif et couvert de boue.

Avant la mort tu songes aux femmes qui pleureront,
Qui oublieront après cinq sacrificielles
Le nom de ton père qui mourut sous la neige
Monténégrine, et le tien ; tu porteras
Un grand nombre de coups pour défendre Vukovar
Avant de rejoindre cet exil où abondent les merveilles,
Mais nulle jeune fille pour répondre au chant de la fauvette.

Bernard Hreglich


Evidemment, je me dois de transmettre cette chaîne : Tee Bee (le chevaleresque), Michou (qui s'en fout), Bake (la toulousaine)

dimanche 12 novembre 2006

Tant-BourrinPour un peu de pouvoir

Dieu que le cuir de son fauteuil paraissait doux et sensuel à la main de Bruno Tartin ! Il savourait pleinement ces premiers instants passés dans son nouveau bureau. Son nouveau bureau de chef de service pour lequel, avec le départ annoncé de Monsieur Piécette à la retraite, il avait dû faire montre d'un dynamisme et d'une efficacité redoutable dans son travail ces derniers mois, les candidats potentiels à la succession étant nombreux dans le service.

Mais maintenant, c'était fait, le Directeur l'avait convoqué pour lui proposer le poste qu'il s'était bien évidemment empressé d'accepter.

Tout à son bonheur et à sa volonté de marquer rapidement son territoire, il décida de provoquer une série d'entretiens avec chacun de ses ex-collègues, désormais subalternes, pour leur assigner des objectifs ambitieux dans leur activité. Et aussi un petit peu pour le plaisir de les sentir verts de jalousie, assis sur une simple chaise, en très léger contrebas de son imposant fauteuil, digne d'un ministre.

Bruno Tartin passa ainsi une semaine sur son petit nuage. Puis cela se gâta quelque peu, par toutes petites touches.

Oh, ce ne fut vraiment pas grand chose au tout début, il eut juste l'impression que les choses lui échappaient par moment : un dossier qu'il retrouvait à un endroit tout autre que celui où il croyait l'avoir posé, un stylo déniché dans la corbeille à papier après l'avoir vainement cherché partout, des tâches étranges qui apparaissaient sur la moquette...

Sa première réaction fut d'engueuler sa secrétaire. Sa seconde fut de faire poser une serrure sur la porte de son bureau, afin de s'assurer que personne ne puisse y pénétrer en son absence.

Mais cela ne changea rien. Bruno Tartin commença peu à peu à douter insidieusement de lui-même, à se demander s'il ne fallait pas mettre cela sur le compte d'un petit surmenage passager. Car il faut dire qu'il se dépensait sans compter depuis sa prise de fonction, alignant des journées de quinze heures, emportant du travail chez lui pour ne pas perdre une seconde de son précieux temps. Dans ces conditions, quoi de plus normal que la fatigue lui fasse parfois louper une marche ? Il avait tellement de choses en tête qu'il pouvait bien de temps en temps ne plus se rappeler où il avait mis un dossier !

Il consulta un médecin, se fit prescrire quelques médications ravigorantes, essaya même de se ménager quelques petites pauses pour souffler, rien n'y fit. Au contraire, il semblait même que les choses empiraient. Il retrouva un jour sa veste sur la moquette de son bureau et non dans son vestiaire, son fauteuil en position basse, un gobelet empli de café froid dans son tiroir de bureau... Bruno Tartin ne savait plus trop que penser de tout cela. La raison lui disait clairement qu'il avait affaire à des malversations orchestrées contre lui, mais une petite angoisse sourdait en lui. Et si...

C'est un soir, alors qu'il était le seul encore présent dans les locaux de l'entreprise, que tout se précipita. Il était au téléphone avec un important client italien, à mettre la dernière main aux termes d'un contrat juteux qui allait, il en était convaincu, constituer son premier coup d'éclat dans son nouveau poste.

- ...so, if we refer to the memorandum of understanding, we should agree on these specifications. That's why I propose you to join an annex with the memorandum. Do you agr...

- Bruuuunooooo !

Un murmure s'était fait entendre au milieu de la conversation. Un étrange murmure qui semblait...

- Bruuuunooooo !

...oui, qui semblait prononcer son prénom, comme une plainte lointaine, très lointaine. Et ce n'était pas la voix de son client potentiel. Celui-ci avait l'air également surpris par la tournure des événements.

- Mister Tartin ? Is there any problem ?
- Heu... no... no... I just told you that we could...

- Bruuuuuuuuuuunooooooo ! Reeeeejoins-moi... Reeeejoins l'ombre !... Bruuuuuuunooooo !

Cette fois, il n'y avait plus de doute : une voix sépulcrale, dans le combiné, l'appelait dans un souffle sans vie...

- Bruuuuunoooooooooooooo ! Je suis mort, viens me rejoindre !

- ...
- Mister Tartin ? Is there any trouble with the line or is this a stupid joke ?
- Heu... No, Mister Manini, c'est un... heu... it's... je ne sais pas... je pen...

- Bruuuuuuuuuuuuuuuuunooooooooooooooooooo ! Paaaasse sur l'autre rive ! Viens !

- Well, Mister Tartin, I think it's no use having any further discussion. Good bye !

Le client italien venait de raccrocher. Un contrat perdu, vraisemblablement. Bruno Tartin regardait encore avec hébétude le combiné téléphonique dans sa main.

Le ver était cette fois dans le fruit, qui allait le bouffer peu à peu. Après s'être fait copieusement sermonner par le Directeur pour la perte inexpliquée du contrat italien, Bruno Tartin eut comme un ressort définitivement cassé en lui. Même si son solide cartésianisme voulait toujours croire à un mauvais coup, ses tripes se tordaient à la pensée d'être dans un bureau hanté.

- Dites, Mademoiselle Racledot, vous savez s'il y a déjà eu un mort dans les locaux ?
- Pardon, Monsieur Tartin ? Vous voulez savoir quoi ?
- Heu... non, rien...

Bruno Tartin retourna s'asseoir dans son bureau, le regard absent.

Le soir même, alors qu'une fois encore il était le dernier présent dans les locaux, mais cette fois pour essayer d'écluser le retard accumulé par manque de concentration, il leva un instant le nez de son écran, pour constater que la lumière du jour tombait et que la pénombre avait déjà envahi son bureau. Il tendit le bras pour allumer la lampe de bureau.

Il ne finit pas son geste : là, en face de lui, sur le mur, une pâle lueur verdâtre. Une tête de mort. Luminescente.

Bruno Tartin, déjà passablement ébranlé par les événements récents, ne voulut pas en savoir plus : il planta tout sur le champ, s'enfuit littéralement de son bureau et rentra chez lui en bras de chemise. Tout plutôt que de rester une minute de plus dans ce bureau hanté.

Le lendemain, l'oeil hagard, harassé par une nuit sans sommeil, il refit son apparition au bureau. Il demanda à sa secrétaire de le suivre dans son bureau, dont il se mit à fermer les volets pour y faire l'obscurité.

- Regardez bien le mur, là, Mademoiselle Racledot, vous allez voir, attendez que j'ai fermé complètement les volets...
- Heu... oui... heu... je ne vois pas grand chose.
- Mais si... heu... non... enfin...

Il n'y avait rien là où la veille au soir il avait vu une tête de mort lumineuse et grimaçante. Il rouvrit les volets et retourna s'affaler dans son fauteuil, sous le regard inquiet de sa secrétaire.

Sa conduite étrange commença bientôt à faire jaser dans l'entreprise. Il fut de nouveau convoqué par le Directeur qui le menaça de le rétrograder, voire pire, s'il ne se ressaisissait pas. Ce fut comme un coup de poignard pour Bruno Tartin, qui ne se sentait plus capable de faire face.

Le soir même, il entendit à nouveau la voix, qui semblait sortir de son ordinateur en un mince râle d'agonisant :

- Bruuuuuuuunoooooooo ! Reeeejoins-moi ! Viens ! Bruuuuuuuunoooooo !

Nouvelle fuite.

Il n'osait plus rester seul le soir dans son bureau, accumulait le retard, perdait définitivement pied.

Jusqu'à ce matin où Mademoiselle Racledot poussa un terrible cri en ouvrant la porte du bureau de son chef de service : Bruno Tartin gisait, affalé sur son bureau, le crâne explosé par la balle qu'il s'était tirée dans la tête.




Dieu que le cuir de son fauteuil paraissait doux et sensuel à la main de Raoul Sieff ! Quinze jours à peine s'étaient écoulés depuis l'enterrement de ce pauvre Tartin et il accédait enfin à son rêve : devenir chef de service, ce poste qui lui était passé sous le nez quelques mois plus tôt à cause de Tartin, justement.

Il caressa avec délice le bois massif du bureau. Magnifique ! Aucune trace de sang n'y demeurait, tout avait été méticuleusement nettoyé après que son prédécesseur s'y soit donné la mort.

Tout s'était si bien passé, encore mieux qu'il n'aurait jamais osé l'espérer. Au début, il avait juste, par dépit et par jalousie, voulu se venger de Tartin et des grands airs qu'il se donnait, en déplaçant ou en volant des objets dans son bureau. Vengeance puérile et stupide, mais la réaction de colère de Tartin l'avait incité à continuer, après avoir réussi à se procurer un double de la clé du bureau.

Ensuite, il avait commencé à pressentir que ce petit jeu pouvait, en le poussant plus avant, rapporter gros. C'est pour cela qu'un soir il était resté caché au bureau et avait attendu que Tartin soit en ligne avec le client italien pour aller hanter la conversation. Rien de bien complexe à mettre en oeuvre : le secrétariat de Tartin était désert à cette heure avancée, et le poste téléphonique de Mademoiselle Racledot pouvait filtrer les appels de Tartin... et accessoirement permettre de s'y infiltrer. Un mouchoir sur le combiné, une voix travestie, et l'effet avait été total : Tartin s'était révélé beaucoup plus impressionnable que prévu.

Encouragé par ce résultat dans son intention de le faire craquer, il avait alors enfoncé le clou : un peu de dessin à la peinture phosphorescente sur le mur de son bureau, soigneusement nettoyé après que Tartin se soit enfui, une petite bidouille sur son ordinateur pour que celui-ci diffuse à heure programmée un petit fichier sonore, et le tour avait été joué.

Bien sûr, il n'avait pas prévu que Tartin se tirerait une balle dans la tête, il espérait juste obtenir son licenciement en le rendant à moitié fou. Mais tant pis pour lui, Tartin était un faible et il n'allait pas pleurer sur son sort des jours et des jours. De fait, Raoul Sieff n'éprouvait aucun regret, aucun remord. Il était même plutôt satisfait de son coup.

Il regarda l'heure. Sept heures quarante-cinq. Mademoiselle Racledot, désormais sa secrétaire, n'était pas encore arrivée. Il imprima les fiches de mission qu'il avait préparées et se rendit à la photocopieuse. Ses ex-collègues, désormais subalternes, allaient voir ce qu'ils allaient voir : chacun aurait des objectifs quantifiés précis et ambitieux à atteindre, il allait leur faire voir ce que c'était qu'un vrai chef !

Mais quand il appuya sur le bouton du photocopieur, celui-ci produisit un étrange bruit, semblable à une plainte. Une plainte presque humaine. Et un étrange halo lumineux verdâtre enveloppa l'appareil, se fondant en mille fumeroles.

Dans sa stupeur, Raoul Sieff eut un mouvement de recul et resta interdit face à cet étrange phénomène. Ce n'est que quand le halo eut disparu, que la plainte se fut tu qu'il osa, d'une main hésitante, prendre la photocopie qu'avait recrachée la machine.

Rien n'y figurait du document qu'il voulait reproduire. Sur la feuille qu'il tenait d'une main tremblante, il pouvait discerner comme des traits. Les traits surexposés d'un visage humain. Celui de Bruno Tartin.

Les traits d'un visage humain grimaçant et qui semblait lui dire : "maintenant, ces bureaux sont VRAIMENT hantés et je te promets bien du plaisir !"

samedi 11 novembre 2006

Saoul-FifreAllez tous vous faire sloubi !

Il est sloubin comme un renard, ce Matthieu ...

Il a fait exprès de pondre une sloubade hyper facile à trouver, et je suis tombé dans le sloubiège comme un bleu. Il m'a vraiment sloubisé à sec et sans sloubiminaires, sur ce coup ! J'en ai le sloubotin en feu.

Mais ça ne se sloubera pas comme ça. Je ne suis pas du genre à m'incliner devant des sloubtateurs et leurs éructations parasloubiaques. Fais sloubi par ci, prends slouba par là, j'en ai ras le sloub, moi, ça tourne à la sloubsession cette slouboire sloubirante ! Les sloubettes qui ont sloubu ce slub de slouf, moi je slib qu'elles ont trop floumé la sloquette ! Ya perslonne qu'a rien sligé d'ailleurs... Encore un sluc slob de sloubisien. Slavent plus quoi slinbenter.

Bon, moi qui vis à l'abri, au temps (sic) que faire se peut, de ces hystéries collectives que sont les modes d'un jour, j'ai tout de même compris que "faire sloubi" voulait dire "être victime d'un gage", et je m'incline en vous racontant un truc de la vraie vie, car là, j'ai vraiment besoin de retrouver mes marques de la bonne vieille terre solide sous nos pieds.

J'ai déjà dû le dire, Margotte est instite et un jour elle faisait travailler ses cancres du CP ou du CE1 sur la formule "participe présent + futur".

- "Allez allez, trouvez vos propres exemples ! Quelqu'un a une idée ?

Le meilleur élève de la classe, fils de militaire catholique pratiquant, se lève et dit :

- "En travaillant dur en classe, je deviendrai le maître du monde"

- "Heu oui, Matthieu, tu peux en trouver une autre moins, heu..."

- "Et bien oui : "En priant, je fortifierai mon âme"

- "D'accord, d'accord. Ça suffira comme ça. Quelqu'un a une autre phrase à proposer ? Oui, Marc ?"

Marc est notre second fils, dont j'ai déjà publié plusieurs rédactions sur ce blog, et qui cette année là se trouvait dans la classe de sa mère.

- "Maman, en courant très très vite, je sauverai ma vie...

Salut les sloubis, et Bon Armistice q:-D !!!!

vendredi 10 novembre 2006

ManouFaire Sloubeee (ou pas)

Recette dédiée à Ab6, Yael et Matthieu.

Ingrédients

- 1 à 8 joueurs,
- Environ 54 556 bouts de bois de 5 pouces, 10 pouces, ... jusqu'à des poutres de 7 mètres. Soit des bouts d’à peu près 55 longueurs différentes,
- 23 dés
- 1 ou plusieurs chariots de levage,
- 1 timbale de baptême conséquente,
- 1 à 8 boules de pétanque.

Préparation

On distribue les bouts de bois après les avoir battus. Chaque joueur ramasse ses bouts de bois. Il peut éventuellement se faire assister d’un (ou plusieurs) chariot(s) de levage. Celui qui a le plus grand nombre de poutres de 7 mètres lance les dés le plus loin possible. Le joueur suivant (à gauche du premier dans le sens inverse des aiguilles d’une montre) part à la poursuite des dés. Il peut se faire aider de ses chariots de levage. Une fois que tous les dés sont récupérés, on compte les points (en misant sur un minimum d’honnêteté de la part des chariots). Les points sont écrits sur une boule de pétanque tandis que le premier joueur et son (ses) chariot(s) crient « Sloubeeee ».

Le deuxième joueur lance les dés à son tour.

Une fois qu’un tour complet a été effectué, on mélange le score des joueurs dans une timbale de baptême. Deux solutions se présentent :
- la timbale ne bronche pas, tous les joueurs commencent à compter le plus rapidement possible : « Sloubeee 1, sloubeee 2, ... » .
- Si la timbale bronche, le premier joueur a un gage. En général il se les taille en pointe. Mais il peut aussi se les bouffer. Au pire il s’en bat.
De toute façon, que la timbale la ramène ou pas, les boules de pétanque sont immolées (une bonne chose de faite) et chaque joueur construit une machine à café avec les bouts de bois qui lui ont été distribués.

Le joueur le moins performant servira de cochonnet lors de la rituelle partie de pétanque qui clôt invariablement toute séance de Sloubeee. Les boules immolées se montrent en général bien plus coopérantes.

Suggestions

- Ne remplacer surtout pas les chariots de levage par des filets de ping-pong. l’efficacité s’en trouverait amoindrie.
- Si vous ne disposez pas de timbale de baptême, il est temps de penser à vous convertir. Ce sont des choses qui se pratiquent.
- Si par mégarde vous vous êtes associé avec un (ou des) chariot(s) de levage amoureux, ne vous étonnez pas de le(s) retrouver au petit matin couché(s) dans votre lit. Levez-le(s).

jeudi 9 novembre 2006

Tant-BourrinSympathy for jeu des villes

L'autre jour, je me disais :"té, je trouve que ça fait longtemps que je n'ai pas organisé de petit jeu musical sur Blogborygmes" (oui, je me fais souvent la causette, ça fait passer agréablement le temps et ça permet de faire connaissance).

Et comme je suis quelqu'un de très réactif et de relativement logique, éh bé je vous propose aujourd'hui un petit jeu musical sur Blogborygmes.

Bon, je sais, certains (certaine en fait) vont se plaindre d'être lésés car ils n'ont pas de carte son sur leur micro. Je le sais, mais qu'y faire ? Ils n'auront qu'à applaudir aux exploits culturels de leurs petits camarades et revenir demain pour un billet muet accessible aux mal-esgourdants.

Pour les autres, tout du moins pour les petits nouveaux qui n'ont pas connu les premiers grands jeux-concours musicaux qui ont fait la gloire de ce blog, je vous explique : le jeu consiste à reconnaître 15 chansons à partir de leur intro. C'est tout.

Et pour donner une thématique à ce nouveau quiz, je vous propose une balade de ville en ville à travers le monde. En d'autres termes, les 15 chansons (francophones et anglophones) contiennent toutes le nom d'une ville dans leur titre, ce qui devrait faciliter vos recherches.

Ecoutez le fichier ci-dessous, composé donc de 15 intros de chansons enchaînées, essayez d'identifier le maximum de chansons, et envoyez-moi par mail (histoire de laisser tout le monde jouer) vos réponses sous la forme :

1 : nom de l'artiste - titre du morceau
2 : nom de l'artiste - titre du morceau
3 : nom de l'artiste - titre du morceau
etc.

Un nom d'artiste correct rapporte un point, un titre correct rapporte également un point. Je donnerai dans les commentaires les scores réalisés par les uns et les autres au fur et à mesure de l'arrivée des réponses. Le gagnant sera celui qui atteindra le plus grand score ou qui obtiendra le premier la note parfaite de 30.

Il gagnera un cadeau d'une valeur inestimable : un repas en tête-à-tête avec Saoul-Fifre (Souf', je ne t'ai pas prévenu de cette modalité, t'es d'accord, hein ? Et si c'est toi qui gagnes, tu mangeras en face d'un miroir !). La date limite de participation sera déterminée en temps réel selon mon bon vouloir et selon la motivation des candidats.

Pour départager les éventuels ex-aequos, j'ai prévu cette fois-ci une question subsidiaire : quelle est en millimètres (on pourra arrondir au millimètre inférieur) la distance à parcourir pour aller de la première ville à la quinzième, en passant par les treize autres dans l'ordre d'apparition dans le fichier ?

Allez, on y va... A vos marques... Prêts ?... Ecoutez !

(nb : pour ceux qui le souhaitent, le fichier mp3 peut être directement téléchargé ici)

mercredi 8 novembre 2006

Saoul-FifreNotre dard de pas mis

Je pense être tombé dans la M.H.U.B. en cours moyen 1ère année. Comment, vous ne connaissez pas la M.H.U.B. La Marmite Hugolienne Universelle Bouillonnante ? Pffff... Enfin, vous aurez appris quelque chose aujourd'hui, c'est déjà ça ?

Je revois ces poèmes éparpillés un peu au hasard dans notre livre de "Lectures", au milieu de dictées potentielles, extraites de romans de Grands Auteurs. La censure régnait. Ça sentait la purge à pleins naseaux, le texte tailladé, réécrit par de hauts fonctionnaires certains d'être les caryatides nationales de la morale, protecteurs des jeunes oreilles et des jeunes yeux innocents.

Ô, que je hais ces versions raccourcies, guillotinées, expurgées, intelligibilisées à la mesure des cerveaux enfantins réputés perméables et dénués d'esprit critique ! Que je hais le Reader Digest, ces petites saynètes sorties de leur contexte, et le mépris sous-jacent pour l'auteur libre et sa pensée fine, riche, complexe, que l'on retrouve déchiquetée et amoindrie. Aïe, lire des textes de la bibliothèque verte et se retrouver ensuite confronté à la flamboyance géniale des versions intégrales ? J'ai eu ce choc avec l'Île mystérieuse, de Verne, Le comte de Monte-Cristo, de Dumas et Les Misérables, de Hugo. Ça secoue.

Même les poèmes. Evidemment, ils ne les réécrivaient pas, ces résidus de l'Ecole Normale en auraient été incapables, mais ils passaient à la trappe des strophes entières.

Mon livre de "Lectures", je le lisais en entier dans le mois qui suivait la rentrée, en commençant par les poésies. Et là, y avait pas photo : c'était le Grand Victor le meilleur. Hin hin, les autres, les Verhaeren, les Ronsard, les Delafontaine, on voyait bien qu'ils s'essoufflaient derrière la comète, en ramant avec leurs petits bras, les lourdauds... Cette année, on avait eu droit à Océano Nox . La claque ! À l'époque, on apprenait par cœur, avec le cœur, et c'était facile car c'était beau. Ça avait traversé les siècles, ce n'était pas des vers à la mapipoune tonton larimette, imposés par la copine du ministre...

"Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli."

"Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encor de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur!"

"O flots! Que vous savez de lugubres histoires!
Flots profonds redoutés des mères à genoux!
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous!"

Chapeau. Et tout ça en signant des autographes génétiques aux bonnes. Avoir un enfant du Grand Homme ? Ça devait se bousculer au portillon... Ha, vous appelez ça un portillon, vous ?

Pour les cadeaux d'anniversaire, de Noël, ce n'était pas compliqué de me faire plaisir : un livre, et j'étais le plus joyeux des bambins. Mon frère aîné m'offrit un jour "La Légende des Siècles", une belle édition sur papier bible avec des encres du maîtres. Waw ! Je continuai à explorer le Grand Œuvre et Notre Dame de Paris eut une influence énorme sur moi. Esmeralda, qui d'ailleurs aurait préféré s'appeler Goton et s'appelait en réalité Agnès, n'est pas trop maligne : elle est émue par l'apparence avantageuse du beau Phœbus qui est l'archétype du gros con. Mais elle est charismatique et permet à Hugo de faire une analyse fascinante des motivations des hommes qui gravitent autour de sa beauté fatale.

Quasimodo est le pur de la bande. Son Amour pour Esmeralda le transcende et le transforme en héros généreux. Il en oublie ses intérêts, son obéissance à son maître, il est l'Amour absolu et quand sa bohémienne finit torturée, pendue par la faute de Frollo, il tue celui-ci, qu'il vénérait pourtant. Quasimodo, c'est la locomotive de l'Amour, rien ne l'arrête, ni sa laideur, ni le fait qu'elle en soit dégoûtée, ni aucune contingence, ni la Mort. Il retrouvera le corps de sa dulcinée dans les caves de Montfaucon, l'enlacera et se laissera dépérir ainsi...

Claude Frollo est le méchant. Son Amour, peut-être encore plus passionné que celui de Quasimodo, est égoïste. Pour lui, l'affaire est claire : si il n'arrive pas à la sauter, personne d'autre ne l'aura. Et comme la petite sait ce qu'elle veut (son beau Phœbus), c'est ce qui se passe. Le prêtre poignarde Phœbus juste avant que Phœbus ne fasse revenir Esmeralda à la casserole avec un peu de beurre (ne vous inquiétez pas : Phœbus n'en meurt pas, se mariera avec une autre conne et aura beaucoup d'enfants. Cet Hugo, quand même, quel conteur !) et puis il dénonce la sorcière à l'Inquisition. Tout du putain de moine, quoi. Bon, Quasimodo le jette du haut des tours de Notre Dame. Ça c'est fait. Il ne l'emportera pas en Enfer. Guerre à son âme.

Il y a aussi Pierre Gringoire. Comme Quasimodo, dont Esmeralda a eu pitié en lui donnant à boire sur le pilori, elle sauve Gringoire de la mort en acceptant de se marier avec lui selon la Loi de la Cour des Miracles. Mariage blanc, bien entendu. Elle fait ça car elle est bonne fille et qu'elle a bon cœur. Gringoire ne cracherait pas sur une petite concrétisation vite fait sur le coin de la paillasse, mais l'altruisme d'Esmeralda ne va pas jusque là, elle a des idées précises sur le mari idéal : un homme a le casque en tête, l'épée au poing et des éperons d'or aux talons ! (je vous l'ai dit, elle est gentille mais un peu concon). Gringoire aussi. Tout poète, tragédien, intellectuel qu'il est, c'est un homme-enfant épris de gloire, qui livrera sa fausse femme à Frollo, sans rien comprendre à la situation...

Et puis il y a un autre personnage féminin dans le livre, omniprésent, c'est Notre Dame de Paris elle-même, masse imposante et impressionnante autour de qui tout tourne. Elle donne asile, elle recueille, mais elle abrite aussi des donneurs de question pas vraiment tendres. Les siècles passent et elle contemple toutes les turpitudes et les atrocités commises dans la capitale, avec son sourire contraint de mater dolorosa pas vraiment concernée.

Victor Hugo est un créateur de mythes éternels, à l'instar d'Homère ou de Shakespeare, alors évidemment, il est repris, pillé et quelquefois réduit en charpie, massacré. Il n'aurait pas fallu que je croise un américain à la sortie du "Bossu de Notre Dame", le dessin animé de Walt Disney S.A., le célèbre gang de cambrioleurs. Hugo même pas cité au générique, Phœbus le flic priapique et ripoux, qui devient le héros, et le curé qui se transforme en juge pour ne pas choquer les puissants lobbies religieux américains !!! Ha les fuckings salauds !

Quasimodo del Paris, de Patrick Timsit, tout dérisionneux qu'il était, respectait à la perfection la thématique hugolienne.

Et la comédie musicale, mon dieu, je ne l'ai pas vue, mais la chanson Belle me parait cadrer assez bien les personnages. Et si vous trouvez que je suis trop gentil, vous pouvez aller savourer une satire ici

mardi 7 novembre 2006

ManouToussaint, cimetière, etc...(histoire de casser l'ambiance)


Je suis allée samedi sur la tombe de mon frère. Presque 20 ans que son corps pourrit sous une dalle. Dans un cimetière de Seine-et-Marne au milieu de champs immenses qu’aucun arbre n’égaie. Il n’a pas vraiment choisi. Ma mère souhaite reposer à côté. Elle s’est faite à l’idée. Pour elle, il s'agit d'une façon d’exister après la mort. Par le corps en terre. Près des corps aimés.

Indifférente naturelle, la vie ne permet pas de s'appesantir. 1987, mort de mon frère. 1988, je rencontre L. 1989, M naît. 1990, mariage. 1991, V naît. Entre 1994 et 2000, à raison d’une mort par an dans la famille, je ne me suis jamais habituée à voir les visages cireux, méconnaissables, préparés par des mains étrangères.

Et hier, vers 22h43m11s nouvelle heure, j’en ai eu marre des cheveux longs. Je les ai taillés compulsivement au carré. Il a fallu que la chair de nos chairs fignole tout ça avant de se plonger alternativement dans Montaigne et Le petit Nicolas. J’aime entendre les poussées de rire qui lui viennent quand elle lit. Cela me donne une furieuse envie de monter et descendre les escaliers au pas de course.

Alors j'en ai profité pour nettoyer les sanitaires. Nous avons de la visite. Il est prévu de se piétiner dans 80 m2. Je n’aime pas la promiscuité, mais j'apprécie encore moins la solitude. Mention spéciale à L. Il me supporte. Il supporte ma mère. Avec mon père, il supporte l’équipe de France. Malgré toutes les maltraitances, L est resté.
Respects.
Et plus quand affinités.


J'ai voulu placer ici un morceau de musique. Seulement Tee Bee et sa patience légendaire devront s'y reprendre à 3 fois pour m'expliquer. Cette fois-ci je n'ai pas trouvé le répertoire où aller stocker le morceau. Shame on me ...
Et merci au passage à Yves qui donne des tas de renseignements sympas, instinctivement.

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