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jeudi 23 février 2006

Tant-BourrinLe label est cahin-caha

Le label musical "duck records" périclite.
Il est lourd à gérer, et Daisy est bien seule
Car son Donald est mort et les créanciers gueulent :
Chaque paiement de plus la mène à la faillite !

Moralité : Le label décati à Daisy, veuve, est lourd
(c'est que d'chèque en chèque... aïe, aïe, aïe !)

mercredi 22 février 2006

Saoul-FifreLe romancier

Pour nos 10 ans de mariage, un couple d'amis "de mon côté", sachant que j'aimais les vieilles choses, m'a offert un adorable Romancier, très beau, qui m'a donné beaucoup de plaisir. Je sens un frémissement de la foule, et des murmures, là-bas sur la gauche, dans le coin des anti-esclagistes, mais je vous jure qu'ils n'ont pas lieu d'être. Le propriétaire initial de ce "Romancier" ne lui donnait pas le même sens que vous. Son Romancier est un carnet de format A5, à la couverture cartonnée et joliment relié. Ses feuillets étaient vierges, sans carreaux, et il y fut écrit sur la page de garde, dans une police bigrement bizzaroïde, sans doute de son cru :

ROMANCIER
DU
SIEUR LESTANG

Le dit Sieur Lestang y ayant copié à la plume, jour après jour, les paroles des "romances" qui lui plaisaient ou qu'il avait l'habitude de fredonner, et dont il trouvait pratique de conserver le texte à portée d'œil. La calligraphie en est classique, telle que toute personne un peu éduquée la pratiquait à cette époque, mais les enluminures qui décorent chaque texte dénotent un sens esthétique certain. Le bougre avait un bon coup de crayon de couleur.

Chose qui m'a fait tiquer dès l'abord : aucun auteur n'est cité. Ce monsieur Lestang serait-il poète à ses heures, et ces "romances" seraient-elles ses œuvres ? Certaines inélégances, des naïvetés, un lyrisme outrancier dans la facture me l'ont fait croire au début, jusqu'à ce que j'identifie formellement un des textes : "La légende de la nonne", du grand Hugo. Une romance, assurément, mais que venait faire cette belle histoire racontée de main de maître, au milieu de ce fatras d'envolées patriotiques, de bouts-rimés gnangnans, et de cantilènes bien-pensantes ? Car si les dessins prouvent une application sympathique et non dénuée de talent, les textes, remplis de poncifs et de sentiments à l'eau de rose, sont clairement datés "14-18" !

Une certitude, néanmoins : Lestang, l'ami des poètes, a eu une note déplorable, en dictée, à son certificat d'études !

Fleur des champs, brune moissonneuse
aimait le fils d'un laboureur.
Par malheur, la pauvre glaneuse
n'avait à donner que son cœur.
Elle pleurait. Un jour, le père
lui dit : "Fauche ce pré pour moi.
Si dans trois jours, il est par terre,
dans trois jours, mon fils est à toi !"

Refrain
Le doux récit que je vous chante
est un simple récit de cœur,
ou une histoire bien touchante
que m'apprit un moissonneur.

En l'écoutant, la pauvre fille,
crut mourir de joie et d'Amour.
À l'instant, prenant sa faucille,
elle travaille nuit et jour,
prête à défaillir à l'ouvrage,
elle priait avec ferveur.
Dans la prière, du courage,
la prière donne du cœur.

Sur ses pas, une marguerite
jette des regards attendris.
Il faut tomber, pauvre petite,
car mon bonheur est à ce prix.
Prête à tomber, la fleur naissante
jette des regards si touchants
qu'elle fit pleurer l'innocente
comme une simple fleur des champs.

Le troisième jour dans la plaine,
parait le riche laboureur.
La pauvre fille, pâle, hors d'haleine,
ses yeux respirent le bonheur.
"Je t'ai trompé, dit-il, ma fille,
mais pour toi, voilà dix écus...

Et le soir, sous la faucille,
Expirait une fleur de plus.

mardi 21 février 2006

Tant-BourrinLa très aventureuse vie du Chevalier de Tant-Bourrin et de son écuyer Saoul-Fifre (Chapitre VII)

(lecture préalable des chapitres I, II, III, IV, V et VI conseillée - Test de connaissances optionnel)

Où il est question d'amour courtois

XIIIème siècle après Jésus-Christ - Quelque part dans le Royaume de France

L'étrange cortège cheminait sur la route qui se volutait en poussière.

A sa tête, chevauchait le Chevalier Hippobert Canasson de Tant-Bourrin, arborant les anneaux clinqueballants de son armure déstructurée et désarticulée. A quelques coudées derrière lui bourriquait miteusement Saoul-Fifre son écuyer, arborant une épaisse nuée de mouches.

Le Chevalier semblait quelque peu soucieux. Son regard était comme perdu dans le vague, absent. Il chevauchait son blanc destrier, mais c'était le blanc destrier qui menait la course : le Chevalier paraissait ruminer quelque triste langueur.

- Oh, Messyre, regardesz doncques ! N'estoit-ce poinct là-bas un malandrin quy venoit de marauder une poularde ? s'exclama soudainement Saoul-Fifre qui, pour une fois (et la chose était suffisamment rare pour être signalée), ne s'était pas assoupi en cuvant son vin sur le dos de sa bourrique miteuse.

- Un malandrin, disois-tu ?... Bah, grand bien luy fassoit. J'estois las de trucider les malandrins...

Saoul-Fifre fut estomaqué par la réponse de son Maître. Lui qui n'avait jamais besoin d'être poussé pour aller passer par le fil de son épée tout ce qui pouvait être assimilé aux forces du Mal, voilà qu'il faisait la fine bouche devant un maraudeur.

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lundi 20 février 2006

Saoul-Fifre39°2, le soir

Marc (par respect pour les protagonistes, les prénoms ont été modifiés), notre fils de 17 ans, a été fiévreux samedi soir. Ouais, Saturday night fever, mais nous, ça nous fait pas du tout rigoler, c'est notre enfant, on est inquiet, quoi... En pleine nuit, Margotte l'entend tousser comme un malade, et puis délirer en dormant. Elle va voir ce qu'il en est, et voilà le dialogue (elle a tout marqué car notre homéopathe est friand de nos rêves...) :

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dimanche 19 février 2006

Tant-BourrinUne médaille d'argent de plus pour la France...

Non, malgré le titre de ce billet digne de l'Equipe, il ne sera pas question ici de jeux olympiques, mais plutôt de quelque chose qui m'est arrivé cette semaine au boulot. Quelque chose d'inattendu et d'assez violent.

Voilà, mardi dernier, je bossais, comme à mon habitude, d'arrache-pied et générais par mon travail, au bas mot, un million d'euros de chiffre d'affaires à l'heure pour mon employeur (par commodité, j'ai arrondi au million d'euros supérieur).

Et puis, au milieu de la matinée, j'ai eu l'idée d'aller vérifier dans ma case à courrier s'il n'y avait rien pour moi.

Une grande enveloppe à mon nom m'y attendait bien sagement. Je l'ouvrais. Une lettre. M'informant que...

Et là, ce fut comme une gigantesque mandale dans la gueule. Comme un direct du droit que je n'aurais pas vu arriver. Boum. Sonné pour le compte, compté par l'arbitre dans les cordes.

L'arbitre : le temps.

"Et le direct du droit en question, c'est quoi ?" me demanderez-vous...

Eh bien, c'est ça !


Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Oui, vous avez bien lu : 20 ans !!!

Punaise... En un éclair aveuglant je me suis revu, timide et emprunté, passant mes entretiens d'embauche. Et d'un seul coup, je me retrouve avec vingt balais de taf dans le placard, sans m'en être rendu compte... Et je vois défiler devant mes yeux les contrats d'assurance-vie, les couches Confiance, les clubs du troisième âge, les contrats obsèques, les problèmes de prostate, les prothèses auditives, les cartes vermeil, les dentiers mis à tremper le soir...

C'est fou ce que je me sens vieux, tout d'un coup ! Je vais aller me préparer une camomille...

samedi 18 février 2006

Saoul-FifreCe coin

J'avais 20 ans, je travaillais dans une imprimerie, à me colleter avec de gros monstres de machines, des contre-colleuses, des ensacheuses thermiques, des massicots... J'aime bien les machines, c'est fiable, faut juste pas laisser traîner ses doigts là ou il faut pas, et ça, je sais faire. Une infime partie du cerveau bosse pour gérer sans faille les quelques automatismes nécessaires, mais l'esprit reste libre de vagabonder où il veut. Bon, le travail à la chaîne, je n'aurais pas fait ça toute ma vie, mais là, ça me convenait à la perfection. J'écrivais mes chansons dans la tête, et le soir, je les recopiais au propre.

Patrice, un pote musicien qui était encore en terminale, m'en a habillé quelques unes de musique. On en a même envoyé une à un concours, sur cassette. Elle n'a bien sûr pas été retenue, mais, 30 ans plus tard, je trouve que je mériterais bien le 1er prix de la prophétie réalisée q:^) ! Je ne pense pas un traître mot de cette plaisanterie, mais quand même, on dirait bien que je savais déjà à cette époque ce que je voulais !

Vous serez étonnés
des précisions
qui vous seront
divulguées !

Amour, beauté et gloire,
quels que soient vos espoirs,
de la voyance pure
en direct-live du futur <8^D !!

Tous ces Marabouts-arnaqueurs peuvent aller réenfiler leurs boubous ! Voici le Docteur Saoul-Fifre, le seul dont les prédictions se réalisent à 112 % !!!

Je connais bien ce coin :
je l'ai vu dans mes rêves,
au flanc d'une colline,
dans cette terre ferme
où le soleil qui point
a la force des Hommes libres,
et où le vent qui souffle
nettoie notre regard.

Je sais où il se cache
des riches jeunes filles
qui vivent sans soucis,
sans violence, sans cris.
Elles mangent leurs sardines,
s'allongent nues à son ciel bleu
et laissent en partant
des odeurs de la ville.

Je connais cet endroit
et j'irai droit sur lui
sans me tromper d'une herbe.
En cueillant des couleurs,
épinglant mon regard
à un jupon de toile brune,
en demandant chemin
à l'écorce du chêne.

Je le reconnaîtrai
et il me sourira,
m'offrira ses amandes
à croquer dans le foin,
et puis tous ses oiseaux
mettront leurs notes à ma musique...
Son sol me soufflera
des vers d'un autre siècle...

vendredi 17 février 2006

Tant-BourrinLes bons trucs de Tant-Bourrin (2)

Il vous arrive sûrement parfois, malgré votre imagination débordante, de manquer d'idée et de matière pour pondre un billet sur votre blog. Que faire dans ce cas-là ?

Eh bien, aujourd'hui, je vais vous livrer un petit truc qui vous permettra de chiader un billet proustien composé d'une seule phrase, basé sur une méthode oulipienne, la littérature définitionnelle, conçue par Raymond Queneau, Marcel Bénabou et Georges Perec en 1966.

Le principe est, partant d'une phrase d'une extrême banalité, de remplacer tous les substantifs, adjectifs, verbes et adverbes par leur définition piochée dans n'importe quel dictionnaire, puis de recommencer la même manoeuvre sur la phrase obtenue, et ainsi de suite.

Par exemple, partons de cette phrase tellement plate et anodine que même Bernard Werber n'en voudrait pas pour ses bouquins :

Le bouseux écrit dans son journal.

Prenons un dictionnaire et cherchons les définitions de tous les mots...

  • Bouseux : fam. péjor. paysan
  • Ecrire : tracer les signes d'un système d'écriture
  • Journal : relation jour par jour de ce qui se passe

Je remplace les mots par leur définition, et j'obtiens la phrase suivante :

Le paysan trace les signes d'un système d'écriture dans sa relation jour par jour de ce qui se passe.

Reconnaissez que la phrase a déjà beaucoup plus de gueule ! Et ensuite, il suffit d'appliquer le même traitement à cette nouvelle phrase. Cela nous donne :

La personne qui vit à la campagne de ses activités agricoles représente par des lignes et des points les marques d'un ensemble ordonné d'idées scientifiques ou philosophiques de représentation de la parole et de la pensée par des signes graphiques conventionnels dans son lien existant entre des choses, clarté par clarté, de ce qui a lieu.

Pas mal, non ? Mais encore un peu court pour balancer cette phrase en guise de billet. Allons-y pour une itération supplémentaire...

L'être humain qui se procure les moyens de subsister dans l'étendue de pays plat et découvert par sa vivacité et son énergie dans l'action qui concerne l'agriculture rend perceptible par des traits continus dont l'étendue se réduit pratiquement à la longueur et des signes de ponctuation les traces de contact d'une réunion d'éléments formant un tout, que l'on considère en lui-même, qui a de l'ordre et de la méthode, de représentations abstraites d'un être, d'un rapport entre des choses relatives à la science ou relatives à la philosophie, d'action de rendre sensible quelque chose au moyen d'une figure de la faculté de parler propre à l'être humain et de la faculté de penser par des marques matérielles distinctives qui représentent par des dessins qui résultent d'une convention dans son rapport logique ou de dépendance actuel entre des êtres, des objets inanimés, éclairage répandu par quelque chose de lumineux par éclairage répandu par quelque chose de lumineux, de ce qui se produit.

Voilà, c'est parfait ! Il n'y plus qu'à balancer cette phrase magistrale en guise de billet. Votre piètre lectorat passera des heures à essayer vainement de saisir le sens profond de votre prose, n'osant pas dire qu'il n'y comprend rien par crainte de paraître ignare et limité intellectuellement (ce qu'il est de toute façon).

Et vous, vous avez alimenté votre blog sans aucun effort intellectuel, par un procédé purement mécanique, tout en renforçant votre prestige de grand penseur...

Merci qui ? Merci Blogborygmes !

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