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jeudi 16 juin 2005

Saoul-FifreL'olivier, arbre de paix

Quand l'Ethernet, ton Dieu, ton Pisseur tout Saignant, ton Yahvé Quà, s'aperçut que l'Homme n'était pas bon (il avait goûté à sa côtelette), il envoya sur terre un réchauffement de la planète pas piqué des vers. Ce fut un peu comme le naufrage du Titanic, mais filmé à l'envers : les icebergs commencèrent à fondre (et aussi les 2 calottes glaciaires), le niveau des mers à monter et pour s'en sortir, il fallait vraiment prendre le bateau. Mais à l'époque, point de bateaux et seul Noé Lardo Di caprio fut prévenu par Yahvé Kapa et eut le temps d'en construire un pour lui, pour sa copine (une fille de bourges) et pour tous les animaux de la ferme car il était éleveur. L'eau recouvrit tout. Les passagers du vaisseau Terre, en train de se noyer, regrettaient amèrement d'avoir laissé leurs ruminants péter leur méthane, et frappaient aux hublots de l'Arche pour qu'on les prenne en stop, mais ça n'aurait pas été prudent car la ligne de flottaison était déjà bien sous l'eau. Quand tous les méchants eurent été tués, Yahvé Komuntruc envoya le Mistral pour sécher la Terre. Tous les jours, Noé lâchait un pigeon voyageur pour essayer de retrouver ses collègues éleveurs et tenter de remonter une amicale colombophile digne de ce nom. Un beau jour, la quille de l'Arche racla le fond et un pigeon revint avec un rameau d'olivier dans son bec. Noé et Noette étaient seuls : enfin LA PAIX !

De le boue et encore de la boue : tout portait à croire qu'ils avaient atterri dans le Loire-et-Cher. Yahvé Trodo sépara la boue du dessus de la boue d'en dessous mais ça ne régla en rien le problème. Par contre la bouture d'olivier prit racine impeccablement : Noé n'avait pas que la tige, de verte... Il fit plein d'enfants à sa Noette, mais au décès du dernier vivant, les héritiers se foutirent sur la gueule pour le partage de l'entreprise familiale florissante de bains de boue thérapeutiques "Les atours de Bab-el-oued". Yahvé Léboul leur passa un savon, leur fit perdre la mémoire et inventa un nouveau concept : le brouillage de communication. Ils utilisaient les mêmes mots mais chacun leur donnait un sens différent. Yahvé Vrémenléboul excommunia et exila tout autour de la Terre les fils et les filles de Noé et Noette. Toutes les guerres vinrent de cette absence d'échanges : personne ne cherche à savoir quel sens l'autre met derrière ses mots et préfère rester persuadé que sa traduction est la meilleure et la plus fine. Mais Yahvé Oubliédètcon, avant de les bannir, leur a glissé dans la poche un symbole d'Espoir : une bouture d'olivier, bien racinée.

Car la branche de l'olivier est souple, forte et diplomate, pour plier sans casser sous le souffle du maître des vents.
Son bois est dense, ses veines aux riches dessins nous racontent des légendes.
Il est sobre, patient, prudent. Sa matte racinaire, gorgée d'humide et de réserves comme les bosses du chameau, lui permet de prendre avec philosophie les violences climatiques.
Ses feuilles et ses fruits sont d'une amertume extrême, tout comme la Vérité dont nous parle Francisco de Quevedo dans son poème "Es amarga la verdad".
Mais si on y porte la pierre en confiance, l'huile qui en coule a la douceur de la récompense due au courage.
Elle a le fruité naturel de qui ose se regarder sans masque.
Elle a le calme de l'arbre millénaire qui a su puiser dans ses racines assez de vivant pour se remettre en question à chaque gel intérieur.
Elle délie la chaleur dans les silences assourdissants.

Elle entonne le Chant de Paix de l'Olivier...

lundi 13 juin 2005

Tant-BourrinDeux blogueurs sur la toile

Grâce aux talents graphiques de Zoé, dont l'oeuvre orne l'en-tête de ce site, vous avez tous une bonne idée de ce à quoi les auteurs de ce blog ressemblent. Mais peut-être ignorez-vous, amis lecteurs, que Saoul-Fifre et moi-même avons cotoyé les plus grands artistes que notre terre a portés et que ceux-ci nous ont également tiré le portrait.

Laissez-moi vous en apporter la preuve au travers de deux toiles, pièces essentielles du patrimoine mondial de l'humanité...


Portrait de Saoul-Fifre, par Edouard Manet


Ce portrait a été peint par Manet en 1866, alors que l'ami Saoul-Fifre n'était encore qu'un frêle bambin. Saoul-Fifre, âgé de sept ans, avait été abordé dans la rue par Manet, fasciné par son extraordinaire costume d'apparât.

Notez que l'apparât en question, bien qu'extraordinaire aux yeux de Manet, n'a rien de bien surprenant pour qui connaît Saoul-Fifre : 139 ans plus tard, il arbore toujours fièrement son bel uniforme - bien que légèrement défraîchi - chaque jour que dieu fait (mis à part son petit calot : il a depuis appris à se décalotter).

Manet, dans ses mémoires, a décrit avec force l'émotion qu'il a ressenti en réalisant cette toile. Jamais il n'avait réussi à capturer avec autant de force, autant de justesse, autant d'évidence, la fragile flamme de l'innocence qui brûlait dans le regard de Saoul-Fifre. Jamais artiste ne toucha d'aussi près l'essence même de l'enfance, cette quête de vie et d'amour, cette lumineuse candeur qui brille dans le regard perdu du jeune Saoul-Fifre.

Manet regrette toutefois avec une émotion tout aussi intense de n'avoir pas su trouver autant de force, autant de justesse, autant d'évidence, pour capturer également l'indicible désarroi qui traversa le regard de Saoul-Fifre quand il se mit à dégueuler tripes et boyaux à son troisième litron, mais il faut dire qu'à sa décharge, Manet était alors surtout occupé à essayer vainement de protéger plusieurs de ses toiles des projections gastriques du jeune bambin.

Commentaire de Saoul-Fifre : boaf, c'est pas que je tenais pas déjà l'alcool à l'époque, mais son picrate, c'était de la bibine... Et en plus, il n'avait pas arrêté de tripoter mon instrument, ce vieux cochon !


Portrait de Tant-Bourrin, par Pablo Picasso


Il m'est arrivé, le croirez-vous, de poser pour Picasso en 1937. Pablo Picasso, solide noceur, ne savait alors passer le plus clair de ses nuits qu'à courir la gueuse ou à peindre. Ce soir-là, je le croisais par hasard dans une sombre ruelle d'un quartier mal famé où je passais moi aussi par hasard, m'y étant malencontreusement égaré en faisant du tourisme culturel.

Picasso, qui venait de se faire rembarrer car il n'avait pas un sou vaillant en poche, n'avait qu'une idée en tête : peindre une toile qu'il chercherait à vendre au plus vite pour remplir sa bourse (le premier qui rajoute "et accessoirement se les vider" est prié d'aller se faire voir ailleurs). Etant le premier imbécile venu qu'il croisait, il me proposa de poser pour lui, je que je fis illico pour assouvir mes penchants exhibitionnistes prononcés.

Toute la maestria de Picasso est présente dans la toile qu'il peignit ce soir-là : l'étalon écartelé, langue tendue vers la dive mais inaccessible bouteille symbolise avec une puissance impressionnante la frustration sexuelle d'une soirée où il n'avait guère niqué.

Commentaire de Tant-Bourrin : quand j'y repense, je suis vert. Poser quatre heures à poil dans un atelier glacial pour finir représenté en bourrin bourré, ça fait ièch ! Y'a vraiment des coups de sabot au cul qui se perdent !

samedi 11 juin 2005

Saoul-FifreJulie, la grosse cochonne

Ça fait bien 6 ans qu'elle crapahute en liberté partout dans la ferme, qu'elle renverse les seaux d'eau, qu'elle éventre les bottes de foin, qu'elle démolit des trucs à grands coups de tête, qu'elle creuse des trous là où on aimerait que ça soit bien plat, mais bon, pas touche : c'est Julie, c'est la mascotte, c'est la petite chérie et si on faisait un référendum familial "papa ou Julie", je ne suis pas certain que...

Elle est tabou.

Au départ, un ami me les avait donnés, elle et son frère, pour les faire se reproduire entre eux. Je sais, c'est de l'inceste, mais dans ses mémoires, Brigitte Bardot dit que c'est naturel, alors j'ai ma caution morale. On aurait engraissé les petits, bien sûr, et on aurait fait comme quand j'étais petit moi-même, dans la ferme périgourdine de mon père : on aurait "TUÉ LE COCHON". On aurait fait une grande fête avec les voisins, on aurait suspendu le bestiau par une patte, égorgé avec un grand couteau, assommé à coups de masse (ou l'inverse, je me rappelle plus) on aurait soigneusement recueilli le sang vite vite mélangé avec du vinaigre pour pas qu'il caille, on aurait dépecé, découpé, haché, mélangé, lavé des boyaux, rempli des bocaux, glissé de la barbaque dans des orifices, tripoté des saucisses, tout ça dans une atmosphère de hammam, dans une vapeur épaisse, car tout doit être très propre, bouilli, stérilisé, et de gaieté, d'excitation indescriptible. Le clou de la journée étant "la soupe au boudin" du soir, dont je garde encore le fumet incomparable dans les narines et n'y voyez aucune allusion graveleuse aux formes plantureuses de la cuisinière. Cette soupe, seul l'ami Jean-Luc serait capable de nous en refaire une, approchante, pour peu qu'il force un peu sur le poivre et qu'on lui fournisse l'ingrédient indispensable : du boudin frais du jour, encore palpitant. Je crois que je vais arrêter de rentrer dans les détails car j'en connais qui vont gerber. Matthieu dit plein de contre-vérités avec un air dégoûté sur l'abattage rituel musulman, mais il oublie l'abattage catholique ! J'ai beau fouiller dans ma mémoire, à gratter la couenne au goret, il n'y avait que de bons et vrais chrétiens français à casquette, baguette sous le bras, fourche à fumier dans l'autre, et calendos derrière l'oreille. Pas un beur et pas un feuj !

En fait, en grandissant, le frère a sailli sa soeur (jusque là : normal) mais quand la Julie a commencé à lui dire "non, je suis pleine, j'ai peur que tu fasses du mal aux petits", la queue du mâle n'a fait qu'un tour (alors qu'en principe, elle en fait trois) et il s'est mis à donner des coups de tête partout, et surtout sur Julie, qui a avorté. Bon, c'est encore des espèces où il faut des écoles de filles et des écoles de garçons, bien séparées... Mais, ça m'avait pas trop plu, le coup qu'il avait tapé Julie et qu'il avait même cassé sa cabane, alors on a invité plein de pôtes et je suis allé chercher mon meilleur ami qui a un fusil et qui sait s'en servir (moi, j'ai qu'un Laguiole et je me coupe tout le temps) et on l'a tué, vidé et on l'a mangé en méchoui. Ça lui aura appris. Et on a joué à la pétanque pour digérer.

Après, on a pris en pension un cochon vietnamien, c'est tout ce qu'on a trouvé. On se disait : "il va lui faire son affaire, à la Julie, et après, on le rend à son proprio et on évite les problèmes relationnels mâles/femelles". Quand elle nous a vu arriver avec notre nain, là, la tronche qu'elle nous a tiré ! C'est qu'elle en voulait pas ! Mais lui, on voyait bien qu'il demandait pas mieux que de lui mettre le couteau à beurre dans la motte, à la Julie... Mais comme il était riquiqui, il fallait obligatoirement qu'elle y mette du sien. Bon, il a fini par lui déclencher les chaleurs. C'est qu'elle avait jamais été courtisée avec autant d'assiduité, dame ! Alors, y'avait 2 techniques : ou elle s'aplatissait par terre, les pattes complètement écartelées et il arrivait à lui grimper dessus, ou bien il montait sur un muret pour être à la hauteur et elle se laissait secouer sagement, sans trop avancer ni trop reculer. Ils alternaient. Ils se sont donnés du bon temps plein de fois, elle était toute guillerette quand elle le voyait arriver, mais ça n'a jamais rien donné : je crois que les coups fraternels l'ont rendue stérile.

Moi, nourrir une reproductrice qui ne reproduit pas, ça va un moment. Je commençais à lui lancer des regards concupiscents, à estimer son poids : je supputais le prochain méchoui. Mais mon beau-père en tomba amoureux : la veuve, même sans orphelin, quoi de plus émouvant ? Il lui préparait des soupes complexes et appétissantes, l'arrosait au tuyau quand il faisait trop chaud, lui parlait, restait des heures à la contempler... Je me suis toujours demandé ce qu'il lui trouvait, s'il se l'imaginait avec des bas résilles et des portes-jarretelles dans un film cochon ? Et ses deux rangées de nichons, hein ? Qui peut le plus, peut le moins... En tout cas, le jour de sa mort, il s'est occupé de Julie dix minutes avant d'entamer la sieste dont il ne se réveilla pas.

Quelques jours plus tard, ma belle-mère m'appelle : "Hé bien, maintenant que Emile n'est plus là, vous allez pouvoir tuer la Julie, depuis le temps que vous en rêvez ?". Je la regarde étonné, et secrètement ravi de ce nouveau partenariat, mais c'était compter sans Margotte, dont les oreilles traînaient dans le coin. "Qu'est ce que vous complotez ? Il n'est pas question de toucher à un poil de Julie ! Tu m'entends, toi ? C'est Julie ou moi !"

Alors, voilà : Julie rentre partout, elle m'éventre les sacs de grains, elle fait exploser les baignoires de mes canards en se vautrant dedans, elle mange les fleurs, elle est devenue énorme et, à chaque fois qu'elle me croise, elle grogne. Et je lui répond sur le même ton.

Si elle est tabou, moi aussi, je suis z'à bout !!

mercredi 8 juin 2005

Tant-BourrinUne enquête du commissaire Miszer

Il y a des jours où l'on ferait mieux de se torcher la gueule au méthanol et de rester au pieu avec une gueule ligneuse. Le commissaire Miszer se disait que s'il avait opté pour cette solution, il n'aurait pas eu à subir le spectacle de ce pauvre gusse baignant dans un étang de sang, la poitrine perforée, déchirée, labourée avec une rage apparente qui laissa Miszer pantelant.

"Merde, quel espèce de fou furieux a pu s'acharner ainsi sur ce type ?" Question purement formelle : évidemment, aucun de ses assistants n'avait la réponse.

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jeudi 2 juin 2005

Saoul-FifreAs-tu ouï le Non ?

Je vais quand même dire 2 mots sur le résultat du référendum car je suis très étonné des réactions de beaucoup de blogueurs dans la tonalité j'ai honte ou bien et merde

Autant je comprends que pendant la campagne, on... fasse campagne, autant une fois la voix de la France exprimée, j'aimerais que les français ferment leur grande gueule. C'est ce que Chirac a fait et il me semble que c'est la seule chose à faire quand on est un tant soit peu attaché à la démocratie.

Bon, les blogs sont des espaces de dialogues libres qu'il n'est bien sûr pas question de censurer et nous pouvons continuer à en parler, mais le style "les français sont tous des cons : ils n'ont pas voté comme moi" me met en joie au premier rabord mais me fout les boules au deuxième.

Il y a quand même une vraie vague populaire non manipulée dans ce vote : tous les tenants du oui "tenaient" et avaient accès aux médias . La pub pour le oui a battu son plein, ce ne sont pas des racontars, ça a été mesuré, il y a eu un temps de parole supérieur pour les hérauts du oui. Ça ne me choque en rien, le monde est ce qu'il est et le pouvoir c'est ça : avoir les rênes d'organes décisionnaires et maîtriser les médias (blogs à succès compris).

Mais, messieurs les puissants, un peu de pudeur : quand on a les leviers, les points d'appuis et qu'on n'arrive pas à remuer la pierre, on la joue "profil bas"...

Et un peu de sens esthétique aussi, par pitié ? C'est beau, un peuple qui s'exprime. C'est un peu cacophonique vu que c'est une addition d'individus, mais un peuple qui, pour une fois, résiste à la publicité ? Fait preuve d'esprit critique ?

Lavasse publicité lance une grande campagne, elle inonde de spots hachement convaincants la télé en prime time, la radio, Libé, Le Monde, le Figaro etc... Et les dirigeants se rendent dans la salle aux ordinateurs pour voir les résultats obtenus : les ventes du produit baissent dans la France entière !!! C'est pas beau ça ?

Alors, juste pour le fun, vous pouvez aller là, ou vous trouverez un billet mignon tout plein indécrottables Et bravo Psyché pour tout le blog !

et, de là, vous pouvez aller là, lire un billet ironique de Michel Onfray

et puis aussi une transcription d'une émission de Laurent Ruquier très éclairante

mardi 31 mai 2005

Saoul-FifreFais pas ta Geneviève...

Héhéhé... Tant-bourrin est en mission à l'étranger (enfin : dans un des états de notre beau pays, l'Europe) et m'a mailé "Ne fais pas ta Geneviève" en me confiant les clés du blog. Un peu, mon nœud vieux, que je vais faire "ma Geneviève" ! Depuis le temps que j'attends cet instant !

Vous l'aurez compris sans coup férir à la lecture des phonèmes pseudo-intellos dont il truffe ses billets, Tant-bourrin est l'archétype parfait du Parigot / tête de veau. Son baragoin hyperspécialisé n'est pas imprimable à l'extérieur de l'enceinte de la grosse structure qui l'emploie. Ces modernes Diafoiri se doivent de justifier leurs salaires d'un niveau dont vous n'avez point idée et marquent leur différence et soi-disant supériorité en utilisant une sorte de latin technocratique imbittable dont les mots ne sont dans aucun dictionnaire. Le Savoir, c'est le Pouvoir et chaque corporation s'est inventé un lexique abscompréhensible par les autres citoyens. Merci aux médecins, aux avocats, aux théologiens, aux rédacteurs de constitutions, aux inspecteurs d'académies, aux psycho-socio-choses... Chacun son patois, et Tant-bourrin, interdisant à sa langue les subtilités de celle du Bas-Armagnac, choisit d'intégrer les rugosités de celle de l'élite parisianiste.

Il n'a conservé de ses robustes et rurales ascendances gersoises que ses lèvres régulièrement gercées (sic) malgré la douceur climatique francilienne. Ses ancêtres, propriétaires de 30 hectares de vignes en appellation d'origine Armagnac contrôlée, superbement exposés sur un coteau plein sud, y distillaient une liqueur dont l'arôme reléguait loin derrière elle les meilleurs whiskies des Highlands. Des bienfaiteurs de l'humanité souffrante, en un mot.

Leur descendant, toute honte bue, est inscrit à la section des anti-alcooliques anonymes de son quartier, sous le pseudo de Tant-bourrin, et NE BOIT QUE DE L'EAU. C'est de l'assassinat économique pur et simple ! Cela s'appelle maintenir la tête de la viticulture française sous l'eau ! (saoulaud, bof) Ah, où est-il, l'heureux temps où les travailleurs de force se sifflaient leurs 3 litres par jour comme qui rigole... Ha, ça y allait à la tirette ! Et le travail était quand même fait, et mieux qu'à l'heure actuelle !

Ses cousins engraissaient le plus gros troupeau d'oies à l'ouest d'Auch avec les céréales et le maïs qu'ils récoltaient sur les gras et noirs boulbènes entourant la Baïse, dans la famille depuis de nombreuses générations. Des colis partaient pour le monde entier, remplis de confits, de foies gras truffés, de cous farcis, de pâtés en croûte cuisinés avec Amour dans le petit atelier artisanal.

Tant-bourrin, la question de le renier ou de le bannir de la tribu revient souvent sur le tapis au cours de ces repas familiaux interminables et truculents, car il SURVEILLE SA LIGNE ! Il saute son repas de midi et le soir, se contente d'un steak, d'une salade sans sauce et d'un yaourt 0 % à l'astarpame. Vous parlez d'un exemple ! Quelle contre-publicité pour les bons produits diététiques et gastronomiques du Sud-Ouest ! Ce manque flagrant de fidélité envers ses anciens, sans qui nous ne serions pas ici et ce mépris pour tout lien du sang est vraiment confondant.

Ha vraiment, comme le monde a pu changer en si peu d'années ! Le sens de la discipline s'est littéralement évaporé : Thierry Chaporon te dit de consommer plus pour relancer l'économie et toi, Tant-bourrin, tu te serres la ceinture ! Regarde les américains, ils se bourrent la gueule au bour-plus-ou-moins-bon et vont se goinfrer de bicmags. Un pays d'obèses est un pays de bons citoyens responsables qui ont à cœur de faire pencher la balance économique du bon côté ! Et un bon indien est un indien ivre-mort.

dimanche 29 mai 2005

Tant-BourrinIggy Popaul

L'ami Saoul-Fifre, vous l'aurez finaudement deviné au travers de sa prose, est un bouseux noble représentant de la gent agreste et, si vous restez bien sagement à l'écoute de ce blog, vous saurez bientôt tout des moeurs ovines, caprines, porcines, bovines, équines, sans oublier les moeurs bibine (histoire de justifier son pseudo).

Mais tout ça, c'est crâneries et compagnie : ne croyez pas pour autant que l'urbain fin et distingué que je suis n'y entend goutte en chroniques animalières, et je vais vous le prouver sur l'heure en vous entretenant d'un sujet particulièrement grave, qui peut tous nous concerner un jour : la pilosité auriculaire chez les iguanes mutants. Ce sujet me tient particulièrement à coeur car je possède un iguane mutant domestique (il s'appelle Popaul) et suis hélas confronté à ce problème.

Mon Popaul et moi, c'est une longue histoire...

C'était il y a plus de cinq ans. Il pleuvait. Je me promenais dans les tristes allées d'un refuge S.P.A. crasseux d'une banlieue miteuse de la lugubre région parisienne, quand, tout à coup, je suis tombé en arrêt devant une cage. De l'autre côté, un doux regard mélancolique et globuleux était posé sur moi. Nous sommes restés longtemps ainsi, les yeux dans les yeux, totalement fascinés l'un par l'autre. Qui n'a jamais vu le regard plein d'amour d'un jeune iguane n'a rien vu.

Puis j'ai étendu la main au travers des barreaux et ai caressé longuement sa délicate peau verdâtre et grumeleuse. Lui fermait les yeux pour mieux goûter par chacun de ses pores le contact voluptueux de mes doigts sensuels. La pluie cessa soudain de tomber, une trouée se fit dans les nuages et le soleil vint réchauffer des mille feux de l'amour notre passion naissante. Quand je voulus retirer ma main, il essaya de la retenir de sa papatte griffue et sa petite langue fourchue s'agita désespérément, comme pour me crier : reste !... C'en était trop, les digues de mon coeur se rompirent : je fondis en larmes. Le soir même, je ramenais Popaul à la maison.

Mais venons-en à notre sujet... Popaul est un iguane ukrainien. En effet - beaucoup de gens l'ignorent - une population non-négligeable de ces charmants sauriens vivait en paix aux abords du lac Onik, près de Tchernobyl. Je dis "vivait en paix", car le terrible accident nucléaire de 1986 a énormément troublé cette quiétude : les iguanes ont subi des mutations génétiques. Celles-ci se sont traduites essentiellement par deux effets :

  • par quelque modification hormonale encore assez mal connue, les iguanes ukrainiens, animaux quelque peu farouches par essence, sont devenus particulièrement sociables, affectueux même. Ainsi, mon Popaul n'est qu'amour et tendresse, alors que les iguanes des Galapagos, qui eux n'ont pas subi de mutation génétique, sont vraiment mal embouchés. Voilà pourquoi la majorité des iguanes domestiques sont originaires des rives du lac Onik.

  • cette modification du dosage hormonal s'est également manifestée par l'apparition d'une pilosité auriculaire abondante. Popaul, comme tous les iguanes mutants, a des poils de 80 cm dans les oreilles.

Cette pseudo-chevelure, fort seyante au demeurant, devient vite le cauchemar de nos amis sauriens. En effet, très fréquemment, ils posent, en se déplaçant, leur papatte dessus, ce qui s'avère dramatique à la fois pour eux et pour leurs maîtres.

Pour nos compagnons favoris, on le conçoit aisément : ils sont surpris, déséquilibrés, et leur menton heurte le plancher. C'est d'ailleurs pourquoi la plupart des iguanes domestiques finissent par avoir un menton en galoche. Le problème est tout aussi tragique pour le possesseur de l'iguane : la tension sur les poils auriculaires est si brutale qu'elle provoque souvent un jet de cérumen ô combien dommageable pour les moquettes de nos appartements modernes.

De plus, vous imaginez bien qu'à chaque fois qu'ils marchent sur leurs poils, cela n'est pas sans douleur pour eux : ça tire sec au niveau des oreilles. La souffrance est telle qu'elle finit en général par traumatiser le pauvre animal, qui n'ose plus faire un pas et reste alors dans un état de prostration complet, ce qui peut être particulièrement gênant si votre iguane se trouve à ce moment-là aux W-C.

Les plus grands experts se sont donc penchés sur cet épineux problème, et des propositions de solution ont rapidement vu le jour. Mais l'efficacité, comme nous allons le voir, n'était pas toujours au rendez-vous.

La première idée qui vient à l'esprit est de raser ces poils si gênants. L'efficacité à court terme de cette méthode est indéniable : l'iguane recouvre toute sa liberté de mouvement et, par la même occasion, le goût à la vie. Mais tout cela n'est qu'un court répit. Je n'apprendrai rien à mes lectrices en rappelant qu'un poil coupé repousse encore plus dru. Imaginez ce que cela peut donner avec des poils particulièrement vigoureux d'iguanes mutants ! Au bout de six mois de ce régime, leur longueur peut facilement doubler, et ils finissent même par atteindre les papattes arrières, multipliant ainsi par deux les risques de chute.

Une autre approche du problème serait d'amidonner les poils, qui, ainsi rigidifiés, ne traîneraient plus par terre. Hélas, si la théorie est séduisante, le passage à la pratique s'avère redoutable. Si l'on amidonne les poils à l'horizontale se pose rapidement avec acuité la question du passage des portes : votre cher animal ne pourra plus circuler dans votre logis (ça ne l'aidera pas à sortir des W-C si c'est là qu'il était prostré). Qu'à cela ne tienne, me direz-vous, il suffit de raidir les poils à la verticale ou en oblique ! Certes cela semble la panacée et votre iguane y gagnera un look "punk" assez sympathique, mais avez-vous pensé à vos précieux bibelots que les poils du saurien, tels autant de lances, ne manqueront pas de mettre à bas des étagères ? N'oubliez pas non plus que maints enfants ont été éborgnés par des iguanes ainsi amidonnés !...

Une autre façon d'appréhender le problème est d'apprendre à votre compagnon à marcher à reculons, les poils ne venant plus ainsi traîner dans ses papattes. Malheureusement, outre le fait que cela nécessite un très long dressage, cette solution est à proscrire si vous habitez une maison à étage : on a vu plus d'un iguane se casser lamentablement la gueule dans les escaliers, avec parfois une issue hélas tragique (quoique dans ce cas vous pouvez toujours vous faire tailler un portefeuille, un sac, et une paire de chaussures en peau d'iguane, vous n'avez pas tout perdu). Bien sûr, on peut équiper l'animal d'une paire de rétroviseurs, mais c'est oublier que l'iguane est un animal foncièrement narcissique... Celui-ci ne résistera pas à l'envie d'admirer son joli teint verdâtre en oubliant de surveiller ce qui se passe derrière lui.

En fait, la seule solution réellement satisfaisante est de faire des couettes ou des nattes à votre compagnon, et d'utiliser une pince à linge pour les attacher sur le sommet de son crâne. J'ai moi-même testé cette méthode sur mon Popaul. Il a complètement repris goût à la vie, et c'est un vrai plaisir de le voir se gambader et faire de pirouettes au milieu du salon !

Laissez-moi pour finir vous donner un conseil d'ami... Si après avoir fait des couettes à votre iguane, vous lui apprenez à chanter "l'école est finie" en dodelinant de la tête, je vous certifie que vous aurez beaucoup de succès dans vos soirées entre amis. De plus, cela flattera l'ego de votre compagnon, qui, soyez en sûr, saura vous récompenser de tout son amour de saurien !

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