Blogborygmes

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dimanche 27 mai 2007

Tant-BourrinJames Bouse 007½ - Tout va péter !

L'homme maniait la fourche avec une dextérité surprenante au vu de la lourde épaisseur de ses mains calleuses. Les pointes d'acier semblaient voltiger dans les airs avant de plonger régulièrement en piqué à travers une nuée de mouches sur le tas de fumier pour l'épandre en pluie odorante sur les plate-bandes du potager.

Oui, un bien étrange cul-terreux que celui-là : rustre comme ses pairs, sale, malodorant, habillé comme un plouc d'un vieux pantalon de toile élimé et d'une chemise à gros carreaux entrouverte sur un vieux marcel aux taches suspectes, mais on devinait en lui quelque chose de différent. Et ce quelque chose, c'est qu'il s'agissait de James Bouse 007½, un des meilleurs agents des services secrets botaniques.

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samedi 26 mai 2007

Saoul-FifreVersion sans prendre de gants

Voici la suite promise du billet "Version expurgée"

Où voulez-vous que ça se passe si ce n'est dans cette France toujours à la ramasse, peuplée de volaille volage, de cabris cabriolants, de moutons moutonnants, de volatiles volatiles et de veaux votant pour des chefs qui te la mènent à la faillite en 2 coups de cuillère à pots-de-vin ?

J.C. était le chef de ce poulailler pouilleux et hexagonal, le dernier tenant du titre de Grand Coq parmi les Coqs, perché à demeure sur les ors bruns du tas de fumier républicain, seul habilité à lancer le fier cocorico du rassemblement. C'était un vieux de la vieille, roué, blanchi à tous les coups tordus, docteur ès neurologie, spécialisé dans le trafic de nerf de la guerre; il était arrivé à ce poste en piétinant indifféremment amis et ennemis, en faisant des promesses qu'il tenait rarement, en exigeant de ses vassaux une fidélité à laquelle il ne se sentait nullement tenu. Il achetait ceux qui avaient un prix, il séduisait les autres avec un charisme sans faille, un réel talent d'acteur de proximité et le reste, le choix par le bon peuple, n'était qu'une formalité...

Un chef, pour rester sur les hauteurs de la réflexion, avoir une large vista, doit se former des missi dominici à sa botte, chargés des sales besognes et de la bonne parole qui éclaire les masses. Dans le groupe des lèche-culs qui se tenaient en permanence autour du tas de fumier pour le féliciter et répéter avec admiration la moindre des banalités qu'il sortait, il repéra N.S., un poulbot hyper-actif qui lui parut apte à une bonne carrière de salopiot pouleticard, et qu'il considéra comme son fils.

L'intuition de J.C., sans être erronée, lui fera néanmoins s'en mordre les doigts quelque temps plus tard. La longueur des dents virtuelles de N.S. le gênait pour s'incliner et tendre le croupion comme il convenait à un serviteur zélé. Il apprenait vite au contact de ce pro de la manipulation des âmes, mais ne développait en échange aucune reconnaissance envers son maître de stage d'exception. En s'alliant à un gros chapon dont il espérait se débarrasser aisément par la suite, il fomenta un coup d'état contre son bienfaiteur, qui échoua devant la grande expérience du vieux limier.

Griffé, blessé, mais nullement abattu, N.S. fit le dos rond et changea de tactique. Il fit le tour du poulailler en martelant son seul argument :

- "Il est fini, c'est un vieux con à moitié sourd. J'ai la jeunesse pour moi. Le prochain, c'est moi. Alors vous choisissez maintenant : si j'étais vous, je choisirais le gagnant. Mais ne vous trompez pas : plus un grain de maïs pour ceux qui auront voulu faire les malins !"

Il se débrouilla pour bien faire comprendre aux fermiers, les décideurs, qu'une ère touchait à sa fin, que c'était lui qui s'occupait dorénavant de la reproduction, de la sécurité, de la police du grillage. Que l'autre se contentait de pérorer sur son perchoir, indifférent aux métamorphoses, perclus dans ses nuages.

Et qu'il ne restait plus qu'à officialiser l'ordre nouveau par un geste fort.

Le Dimanche, tout le monde trouva le coq au vin très bon.

Mais dès le lundi, le coq nain N.S. chamboula tous les vieux principes démocratiques.

De manière simple et astucieuse, la devise de la ferme devint : LA FERME !

vendredi 25 mai 2007

ManouMioule et Foutrix


Il s’agit d’ une histoire d’amour réelle. Bien entendu, les noms, les lieux, les vêtements, les situations, les mots, les idées ont été changés afin qu’un anonymat total soit conservé. J’ai néanmoins gardé la véritable couleur du bandeau de Foutrix.

Mioule végète dans un petit deux-pièces de la banlieue ouest. Parfois de hommes passent la nuit avec elle. Mais sans prendre le petit déjeuner. Un jour, au détour d’un rayon du SUPER U, elle tombe sur l’HOMME, le vrai , le seul, l’unique, l’universel, le générique, l’initial, le global, l’astrolabe , l’inséparable, l’incomparable, l’inimitable, le sortable, le portable, le recyclable, le renouvelable, l’indomptable, l’incontrôlable, l’insupportable, l’exécrable, le lamentable. Il est brun, pas très grand et porte au front un fin bandeau vert pomme. Ses yeux noirs en amande interroge une boîte de flageolet extra-fins.

Mioule profite du mutisme de la boîte de conserve pour lancer au beau brun : "je ne vous ai pas déjà vu quelque part ?". Il la regarde puis lui tend la main : "Non, je ne crois pas. Je m’appelle Foutrix ". Mioule réalise à temps qu’il ne lui tend pas la main mais qu’il lui refile la boîte de flageolets. Elle laisse l’objet s’écraser à terre. "Foutrix ! Le grand Foutrix ? Celui qui vérifie toutes les dates de péremption des denrées périssables ??? ".
"Oui, c’est moi" répond-il en examinant ses ongles.

Je vous passe les détails suivants, le passage en caisse, le pot au bar du coin, la découverte de l’appartement de Foutrix, les préliminaires passionnés, la vérification de la date de péremption des préservatifs, les cris de jouissance de Mioule…. Etc.

Plus tard dans la soirée, Mioule fume une cigarette à sa fenêtre. Avant que la voisine du dessus ne lui lance un broc d’eau sur la tête, elle tourne celle-ci vers Foutrix et lui demande "Quel est ton secret, Foutrix ? Comment est-il possible de faire aussi merveilleusement l’amour ? ". Foutrix se met à plat ventre malgré son envie renaissante. Il lui avoue : "C’est strictement génétique. Mon père a été irradié par un camembert avarié. Il m’a transmis ses dons, faire l’amour et vérifier les dates de péremption ".

Trempée mais heureuse, Mioule referme la fenêtre.

jeudi 24 mai 2007

Tant-BourrinQuand j'étais modèle

Les plus anciens de nos lecteurs s'en souviennent peut-être, je vous avais narré, il y a quelque temps, comment j'avais posé pour Picasso.

Mais, voyez-vous, cette exaltante expérience n'est pas la seule incursion que j'ai faite dans le milieu de la peinture : j'ai eu d'autres occasions de poser pour les plus grands artistes peintres que la terre ait jamais portés.

En particulier, je me souviens très bien de ce jour où un dénommé Léonard de Vincennes m'avait supplié de bien vouloir lui servir de modèle pour un tableau, tant il était fasciné par mon léger sourire énigmatique.

N'étant pas un mauvais cheval, j'acceptai avec grand plaisir : je ne m'étais à cette époque pas encore trop attelé à préserver mon anonymat, et je trouvais ça beau d'aider de jeunes artistes encore dans leurs stalles de départ.

Il mit donc une toile sur le chevalet, prit son pinceau d'obstacle et cravacha comme un fou pour saisir la pose que j'avais prise.

Hélas, Léonard de Vincennes, qui était un joyeux luron, eut l'idée, pour m'aider à me détendre, de me raconter une blague, celle du cheval qui est l'animal le plus rapporteur parce cheval-dire-à-ta-mère.

Et là se produisit l'inévitable : pris d'une crise de fou rire inextinguible à l'écoute de ce morceau d'anthologie de l'humour le plus puissant et le plus ravageur qui soit, je ne pus jamais, des trois jours que dura la séance de pose, retrouver mon pur sang-froid.

Pour le coup, au lieu de peindre mon léger sourire énigmatique, Léonard de Vincennes dut se contenter de mon lourd rire évident de cheval.

Il n'empêche, le tableau, baptisé "la Jockonde" en l'honneur du prix du jockey-club que je venais de gagner, reste à ce jour une des pierres angulaires du patrimoine artistique mondial.


mercredi 23 mai 2007

Saoul-FifreVersion expurgée

Ya des romans, t'as beau être naïf, t'y crois pas, tu te dis : dans la vraie vie, t'as zéro chance sur zéro que ça se passe comme ça, et puis tu lis quand même, faut bien rêver un peu, c'est agréable, tu vas quand même pas trocarder l'auteur et son éditeur pour si peu ? Bon je vous ai écrit un truc, c'est pas crédible, hein d'un autre côté, c'est pour les enfants, le Père Noël aussi ça parait dingue qu'on puisse tomber dans un tel piège et puis ? Je le dédie à Tanbourriquet.

Mais comme j'ai honte, je vais essayer de vous écrire la version adulte et factuelle pour la prochaine fois.

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mardi 22 mai 2007

ManouMarre. Au canard.




Ras le pompon ...

Marre des machines à laver.

Ingurgiter des documents à la tonne et pondre de savants calculs de prix me donnent des boutons.

J'en ai ma claque d'entendre 10 fois dans le week-end que Sarkozy se repose au Fort de B ou que Brice Hortefeux ressemble à Charles Trebet.

J'en ai marre de voir dans les journaux des pubs d'objets de luxe dont je me contrefous, de trouver dans ma boîte aux lettres des prospectus en pagaille, de décrocher le téléphone pour qu’un mec ou une nana dont c’est le premier job cherche à me vendre des fenêtres, une assurance, un abonnement ou des conseils pour payer moins d’impôts.

Marre de souffrir du genou droit et du bras gauche.

Au bureau, j’avais envie d’appeler l’ascenseur à coups de pompes. Alors en rentrant j'ai cassé 3 pattes au canard en plastique de la salle de bain. C'est pratique, il ne se plaint pas et les pattes repoussent deux fois plus nombreuses pendant la nuit. Il commence un peu à ressembler à une araignée jaune. A une araignée jaune au bec orange.

La tortue n'a qu'à bien se tenir.

lundi 21 mai 2007

Tant-BourrinÇa rebande

Après avoir revisité Chopin ("Chopin"), Satie ("Boîtes") et Saint-Saens ("Aquarium"), j'ai décidé de continuer à parfaire votre culture musicale en m'attaquant à Haendel.

Bon, les mauvaises langues (toujours les mêmes, mais ça se paiera un jour) diront que "attaquer" est le mot juste, mais la bave des crapauds que vous êtes n'atteint pas la blanche colombe que je suis.

Ne trouvant aucune interprète féminine prête à s'investir corps et âme dans ce morceau, j'ai dû me résoudre à l'interpréter moi-même, non sans avoir sniffé une bonbonne d'hélium auparavant.

Voici donc, en exclusivité mondiale pour Blogborygmes, écrit par moi-même sur la musique de la "grande sarabande" de Georg Friedrich Haendel, interprété par moi-même, enregistré par moi-même, mixé par moi-même, produit par moi-même avec un graphisme de pochette réalisé par moi-même, voici donc, disais-je, "ça rebande", un morceau ô combien excitant !

En vente dès aujourd'hui chez tous les bons disquaires !... Achetez-le, c'est un ordre !



Tant-Bourrin - Ça rebande

(Paroles : Tant-Bourrin / Musique : Georg Friedrich Haendel)

Téléchargeable directement ici

Paroles (© Tant-Bourrin)

C'est incroyable
C'est admirable
J'en suis toute esbaudie
C'est trop beau, j'applaudis

Vingt ans, peu ou prou
Que c'était tout mou
Comme un vieux bout d'viande
Je n'en crois pas mes yeux : ça rebande !

J'arrive, mon amour
J'enlève mes atours
Mon corset à baleines
Mes faux seins et ma gaine

Et j'ôte mon dentier
Pour mieux t'embrasser
Me v'là en offrande
Mais j'n'en crois pas mes yeux : ça débande !

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