Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 29 août 2005

Tant-BourrinLes monologues du machin

Mon titre de billet est trompeur : en fait de monologues, c'est plutôt un dialogue que je souhaite établir avec toi, ami(e) lecteur(rice), car voilà tout un tas de questions essentielles auxquelles je ne trouve pas de réponses, malgré une intense masturbation intellectuelle :

  • Les presbytes sont-ils aussi des casse-couilles ? (mouai, facile et sûrement déjà faite, celle-là)
  • Les pianos mâles, sont-ce les pianos à queue ?
  • Peut-on voir des accro-bites au cirque Pine-Dard ?
  • Pour un film porno, "mon dard, il colle" constitue-t-il un titre triporteur ?
  • Est-ce que "prendre à parties" et "tenir par les couilles", c'est la même chose ?
  • Sur les téléphones roses, faut-il entrer un code pine ?
  • Un neuneu peut-il faire dare-dare ?
  • Est-il concevable de parler de "survie" à propos de "soudard" ?
  • Les exhibitionnistes peuvent-ils être considérés comme des étendards ? Si oui, les exhibitionnistes eunuques sont-ils des étendards sanglants ?
  • Est-il vrai qu'en général les curés qui quêtent aiment admirer les aubes des premiers communiants ?
  • Les têtes de noeud, sont-ce ces "Messieurs qu'on nomme glands" ?
  • Et surtout... et surtout... suffit-il de bien bander pour tirer à l'arc ?

dimanche 28 août 2005

Saoul-FifreL'aveu

Cher Tant-bourrin, l'Hamitié avec un grand H me commande de t'avouer quelque chose. Dans le monde certes virtuel d'Outlook Express, d'Eudora Light, de Mail, tu m'as suscité tant d'éclats de rire, tu m'as apporté tant de bonheur, que je te dois la vérité. J'ai déjà eu un blog. Oui, j'aurais pu t'en parler avant, mais à chaque fois que je comptais le faire, l'incertitude quand à ta réaction, la crainte qu'elle soit violente (car, OUI, tu PEUX être violent, Tant-bourrin...), m'a fait reculer. Mais là, je ne peux plus vivre avec ce mensonge, ou cet oubli, ou cette faiblesse, appelle ça comme tu voudras, entre nous. Bien sûr, c'est vieux, c'était avant que nous fassions connaissance, et je te jure sur la tête de ... ma belle-mère, tiens, que depuis que nous correspondons, jamais il n'a occulté mes pensées pour toi, ni distrait l'intérêt sincère que je te porte. Il avait presque disparu de ma mémoire. Notre blog compte énormément pour moi, j'aimerais tellement que tu me croies...

C'est hier, que, parcourant les étagères de ma bibliothèque (des yeux, bien sûr >8-() à la recherche d'une idée de billet, mon regard s'est posé sur lui. Je ne te l'ai peut-être pas précisé, mais il s'agit d'un blog d'avant mon 1er ordinateur. Ne perds donc pas ton temps, avec tes techniques de fouille-(merde)net, à le chercher sur Google. Un blog à usage local, quoi. Et je refuse que tu parles à son sujet de "journal intime" ! Tous les gens qui venaient sur le site où j'habite étaient invités à le consulter et à m'en donner leurs commentaires, de façon libre. Bon, ne m'interromps plus à tout bout de champ, c'est déjà assez compliqué comme ça. Voilà, me suis-je dis à moi-même en mon fort intérieur : "Peut-être la publication du 1er blog de Saoul-fifre (pièce rare, littéralement inédite) intéressera certains de nos lecteurs ? On peut rêver. Hin les ami con peu révé ?" (merde, je parle comme Roger, le délirium est plus précox que prévu !)

Alors je me lance. J'ai un peu trié, je vous ai fait une sélection. Mon fils aîné avait 2 ans.

Depuis 2 jours, je prépare le terrain pour la plantation des amandiers. Attention ! Tu touches au vivant ! Inquiétude, responsabilité. L'homme est un petit futé : avant de toucher à l'arbre, il attend qu'il s'endorme, (l'hiver est un peu la nuit de l'arbre) puis il le tire du lit, lui évite si possible la lumière, le froid, le vent, et vite le recouche dans sa nouvelle maison. L'arbre s'est-il réveillé ? Personne ne le sait mais quelquefois son réveil au printemps est nauséeux, difficile ... une vraie gueule de bois ! Ou bien il s'éteint doucement avec des cauchemars douloureux. Mais l'homme ne regrette jamais d'avoir risqué une vie dans une transplantation hasardeuse. Il bisque d'avoir un arbre en moins.

Encore une journée de bûcheron, mais commencée plus tard, attendu que c'est le jour du Seigneur. Ça y est, j'ai réussi à régler la 020. Elle a fait sa journée sans broncher. Profitant qu'elle était de bonne humeur, j'ai donc fait avec elle tout le haut des arbres, les petites branches, réservant les gros troncs pour la grosse machine. Le plus gros des ormeaux avait de belles feuilles vertes de partout. En hiver... un arbre mort, ç'aurait été plus que bizarre si ce putain de lierre ne l'avait entièrement colonisé. Et ça s'accroche, un lierre. J'ai bien mis 1/2 h, 3/4 d'h pour le nettoyer. Et ça part dans un sens, et ça s'enroule de l'autre... Quand on tire, ça vient par tout petits bouts, et quand on veut s'en débarasser, ça ne brûle pas ! Comme je crains toujours d'être injuste, j'ai été vérifier dans le guide de l'anti-consommateur si ça servait à quelque chose. Et bien j'ai bien fait. Si on évite de manger ses baies toxiques, le lierre s'utilise dans le cas de règles douloureuses (je note, mais enfin, stricto perso...) ou d'aigreurs d'estomac (ha ?). Comme il contient de la saponine, on s'en sert aussi comme lessive ou comme shampoing. Dans des bains contre la cellulite, aussi (une marque utilise le lierre dans sa publicité). Ça y est, le débitage est fini. Les grands ormeaux ont perdu toute fierté. Un croche-pied les a fait tomber par terre et quelques milliers de coupes auront changé leurs membres biscornus qui colonisaient anarchiquement le ciel, en un tas régulier, tiré au cordeau. Mais les hommes ne sont pas mieux lotis. Leurs tombeaux aussi sont bien alignés.

Le fiston est décidément très bavard. Mais maintenant il s'applique plus : fauteuch, boutach, deviennent fauteuil, bouteille. Il a abandonné filla, remorqua et autres billa. Il reste fidèle à l'adorable Puchuchlan (l'hippopotame). Il tient à nous faire connaître la richesse de son vocabulaire en employant indifféremment voiture ou auto, bouffer ou manger (ce dernier étant prononcé "manié"). En zoologie, il dépasse certainement des petits citadins de 10 ans son aîné : le ch'val et son poulain, la poule, le coq, l'oie, le cochon, le mouton, l'agneau, la vache, le veau, le chien, le chat, la pie, la chouette, la mouette, le ver, le crapaud, la mouche, (les autres insectes étant : la bête !). L'autre jour, pour parler de tout ça, il a dit "les 'nimaux". J'oubliais le sanglier, le "gai yéyé" !!!

samedi 27 août 2005

Tant-BourrinRéclame ? Ta mère ! (2)

Il faut bien vivre. Pour la seconde fois, nous allons interrompre ce blog pour diffuser une page de publicités. Mais contrairement à la première fois où je vous avais ressorti des vieux rogatons écrits plusieurs années auparavant, celles-ci sont toutes neuves, écrites pas plus tard qu'hier. Savourez, c'est de la fraîche !

5... 4... 3... 2... 1... Jingle !


(Vue d'ensemble sur un camp de réfugiés - Zoom avant - Cadrage sur un jeune Soudanais émacié, regard perdu dans le vide)

Voix off : - « Dites-moi, jeune homme, vous avez l'air bien pensif... »
Jeune Soudanais : - « Moi ? oh non, c'est juste que je n'ai pas grand chose à faire, sinon crever la dalle... En 2004, on a eu des dizaines de journalistes qui sont venus ici pour parler de nous. Ça nous a fait de la distraction. Mais maintenant, ça fait longtemps que je n'en ai pas vu. Bah, au moins, je suis tranquille : j'ai toujours aimé le calme. »
Voix off : - « Vous crevez la dalle, dites-vous ? Est-ce à dire que vous ne mangez pas à votre faim ? »
Jeune Soudanais : - « Il est vrai que mes côtes commencent à saillir légèrement. Sucer des cailloux, ce n'est pas vraiment nourrissant. Bah, je me dis que j'ai de la chance : au moins, je ne mourrai pas d'hypertension artérielle ! »

Voix féminine (scandé) : « Moi au Darfour, je po-si-tive ! »


(Grande luminosité nébuleuse. Quelques personnes, tout de blanc vêtues, déambulent, avec des ailes dans le dos. Le décor suggère que l'on se trouve au paradis)

Deux anges, présentant tous les attributs d'une féminité exacerbée, discutent au premier plan. Leur tenue, blanche et immaculée, est composée de jupes fendues, de bas résilles, d'un petit boléro largement entrouvert sur une poitrine généreuse.

- « Ça alors, tu aurais cru ça, Ginette, qu'on irait au Paradis après notre mort et qu'on se retrouverait avec des ailes dans le dos ? Alors qu'on a passé notre vie à faire le tapin rue Saint-Denis ? »
- « Non, ça, c'est plus fort que de jouer au bouchon. Mais je me suis laissé dire par l'Archange Gabriel que le Saint-Pierre, il crache pas sur une petite gâterie buccale de temps à autre ! »
- « Ah ? Tu crois que c'est pour ça qu'il nous a accueillies ici ? Ah, ça, pour sûr, faut dire qu'y avait pas meilleures tailleuses de pipes que nous, hein, Ginette ? »

Voix off : « L'auréole, parce nous avalons bien ! »


Chez Total, avec la montée des cours du brut, nous avons fait plus de 9 milliards d'euros de bénéfices en 2004, et nous allons en faire encore plus en 2005. Nous aurions pu consacrer une partie de cet argent à indemniser les victimes de la marée noire de l'Erika ou des autres petits désagréments que nous causons ici ou là. Nous aurions pu nous acheter une éthique. Nous aurions pu investir dans la sûreté de la chaîne pétrolière pour réduire le risque de nouvelles marées noires.

Mais nous n'avons rien fait de tout cela. Nous préférons continuer à faire appel à des armateurs douteux et à leurs poubelles flottantes sous pavillon panaméen. Nous préférons détruire du capital en rachetant nos propres actions, juste pour augmenter les dividendes et faire plaisir à nos actionnaires. Notre prochaine marée noire ? On s'en tape royalement...

Total, nous ne fientons plus chez vous par hasard !


Fin du spot : vous pouvez reprendre le contrôle de votre cerveau !

vendredi 26 août 2005

Saoul-FifreBonjour

Ça mange pas de pain, c'est poli, ça coûte pas cher, moi je trouve ça bien comme titre. Comme tu peux le constater, Tant Bourrin, je reviens de congés sans trop d'idées. J'ai eu quelques échos positifs sur mon dernier billet de la part de l'Office Départemental du Tourisme de Haute-Vienne et de quelques amoureux de cette belle contrée (merci Audalie et la cousine) mais, en gros, beaucoup ont trouvé ça trop trash (ou trap trosh, je sais plus).

Par contre, un qui est revenu en pétant la forme, c'est le Torpédo !!! Il est allé voir la misère en Guinée, enfin, la misère par rapport à nous autres gavés, je veux vexer personne, je pense qu'il n'y a aucun rapport (ou très peu ?) entre le bonheur d'un individu et le PNB de son pays, enfin, tout ça est très compliqué mais ce que j'essaye de dire, c'est qu'à partir du moment où on a à manger (oui, il y a un minimum), les facteurs de misère (solitude, pertes d'êtres chers, métier (ou pas) dans lequel on ne se réalise pas, maladie, déprime, appartenance à un groupe dénigré, etc...) ne sont pas spécifiques à un pays.

En tout cas, Torpédo nous revient en crachant des flammes : tout est bon dans son blog, mais particulièrement ce billet. Et puis j'ai bien fait d'attendre un peu car les commentaires sont pas piqués des vers, eux non plus !

jeudi 25 août 2005

Tant-BourrinHistoire dramatique et édifiante

Il était fier de sa fiancée
Qui était belle comme le jour
Mais un jour il l’a présentée
A une bande de gros lourds

Ils ont zigouillé le pôv’ gars
Et violé la fille aussitôt
Moralité : il fallait pas
Mettr’ la chérie devant les beaufs !

mercredi 24 août 2005

Saoul-FifreQuand les politicards veulent lui mettre un doigt, le sage écoute Lalune.

Aujourdhui, le billet va être vite fait, bien fait. Et surtout : bien fait, car c'est le Pierrot qui s'y colle, et le Pierrot, il a pas la cervelle grisatre, c'est quelqu'un qui gamberge et il n'a rien d'un adepte du consensus mollasson !

Sans vous commander, et si vous avez un moment, et même si je n'ai aucune accréditation valable pour ce faire, j'aimerais que vous cliquiez là maintenant sur ce lien

Tant-BourrinL'ennui

"- Mais pourquoi es-tu si froide et si distante avec moi, Suzan ? Tu sais bien que je ne souhaite que ton bonheur."
"- Oh, John, j'ai... j'ai si peur de l'amour, si peur... de souffrir à nouveau... Je..."

CLIC

L'écran devient noir juste avant que les lèvres ne se rejoignent en un baiser torride, enveloppé de sirupeuses volutes de violons. Elle pose la télécommande sur le bras du vieux canapé. Ces séries l'ennuient tellement. Tout l'ennuie tellement.

Elle écoute le silence de l'appartement au coeur de cet interminable après-midi aux volets mi-clos. Le silence ? Non, pas tout à fait : quelques mouches bourdonnent, frôlent parfois son visage, heurtent sporadiquement le carreau.

Que pourrait-elle faire pour tromper son ennui ?

Elle est déjà sortie ce matin faire ses courses, a croisé quelques voisines, a échangé quelques banalités un quart d'heure avec Mme Ruiz, a feint d'oublier de courts instants sa lassitude. Et puis elle est rentrée.

Oui, que pourrait-elle bien faire pour se désengluer de cette torpeur qui la saisit ?

Aller au club du troisième âge ? Non, la compagnie de vieux et de vieilles aussi décrépits qu'elle la déprime, leur affaissement est le sien, leurs plaintes continues sur le temps qui passe, sur leurs douleurs articulaires, sur le monde qui était mieux avant, tout cela lui donne le cafard.

Lire ? Non, sa vue a bien baissé. Lire la fatigue désormais. Lire appartient au passé.

Quoi alors ? Rien. Elle sent l'usure en elle.

Elle préfère rester là à écouter les mouches bourdonner.

L'une d'entre elles se pose près de la trace brunâtre sur la banquette du canapé, là où Bernard posait sa nuque quand il lisait son journal ou regardait la télévision.

Et son regard s'y perd.
Elle revoit.
Elle revit.
Les années de joie, de galère, de tendresse, les coups de gueule, les réconciliations, les silences, la lente mue des sentiments, la complicité muette d'un vieux couple sous la patine du temps et des habitudes.

La souffrance aussi.

Celle, inextinguible, de ce jour de novembre, il y a plus de trente ans, où leur fils les a quittés brutalement dans un hurlement de métal fracassé.

Celle, tout aussi vivace, de la lame du cancer qui, en quelques mois, a décollé son Bernard de la vie.

Ses hommes. Réduits à l'état de photos sur le poste de télévision.

Elle songe à la chanson de Brel.
Il ne manque plus au décor que le ronronnement de la pendule d'argent.
Bernard, qui aimait tant Brel, ne pouvait plus écouter cette chanson. Elle lui déchirait les tripes, le souffle, le coeur, et lui laissait l'âme à nu. Il se voyait vieillir, il la voyait vieillir, il ne supportait plus le miroir des paroles.

   "Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
   Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer"

L'enfer, ce demi-sommeil languide ?
Peut-être.
Elle écoute les mouches bourdonner.
Elle n'attend plus rien.
Elle a comme un goût de terre dans la bouche.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 >