Blogborygmes

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dimanche 15 avril 2012

Tant-BourrinTares trek (épisode 4)

An 2562. La Terre a, depuis près de trois siècles, intégré la Fédération intergalactique, regroupant des civilisations issues de milliers de galaxies différentes. Paix, connaissances et progrès règnent désormais en maîtres sur une immense partie de l’univers. Et chaque jour, des pionniers, à bord de leurs vaisseaux supraluminiques, explorent des espaces inconnus en quête de nouvelles planètes à pacifier.

Suite des épisodes 1, 2 et 3



- Mais qu'est-ce donc que cela ? On dirait...

Le lieutenant Taanb-Ouhrin, installé depuis la veille au soir au poste de commande du Blogborygmus, s'était brusquement redressé sur son siège pour mieux scruter l'écran de contrôle.

Son quart (qui, à bord du vaisseau, avait tendance à devenir son tiers, voire sa moitié, tant les bras cassés faisaient nombre parmi le maigre équipage) avait jusque-là été morne et ennuyeux à souhait, mollement bercé par les ronflement du caporal Andy Amo qui s'était assoupi en plein milieu du couloir, frappé par une crise de léthargie avant d'avoir pu atteindre sa cabine.

Comme rien n'était plus vide que l'hyper-espace (ce qui rendait les sensations de conduite du vaisseau peu excitantes), le lieutenant s'était occupé l'esprit, comme tous les jours, à vainement tenter de réparer l'ordinateur de bord, dont le cas relevait désormais plus de la psychiatrie que de l'informatique.

> boot

même pas peur !

> BIOS setup

ouais, le bio, c'est top !

C'est en levant les yeux au ciel de dépit que le lieutenant vit quelque chose sur l'écran de contrôle, qui lui arracha l'exclamation précédemment citée.

Il plissa des yeux pour mieux discerner les détails de ce qui s'offrait à sa vue.

- Mais oui ! On dirait bien...

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jeudi 12 avril 2012

Saoul-FifreRien n'est dicible

Sur votre Blogbo chéri, bien sûr, nous sommes comme des mouches tombées dans une jatte de lait et nous nous débattons, à tour de rôle, pour faire mentir ce titre. Et peut-être, je dis bien peut-être, arriverons-nous un jour, à force de barattage, cette espèce de bavardage silencieux si impudique auquel nous nous adonnons dans notre piscine lactée, à exprimer quelque chose, à dominer un sujet après avoir assisté à une espèce de miracle comme la transformation d'un liquide en solide sans - facilité - instaurer de froid glacial dans notre relation à vous, lectorat adoré. Non : des calories dépensées en pagaille, une noisette de beurre et des phonèmes inintelligibles deviennent on ne peut plus explicites.

J'aimerais vous faire loucher de l'œil sur ce que je ressens. L'importance du Printemps pour moi, par exemple, peut-être parce que je suis né aux alentours de son début officiel ? Toujours est-il qu'à cette période tout mon être est sollicité par les mille et un changements quotidiens imperceptibles autour de moi. Des questions angoissantes et existentielles m'assaillent (comme on dit au Kenya) :

Pourquoi ce micocoulier en est-il encore au dépli timide de jeunes bourgeons vert clairs alors que les six devant la cave nous offrent déjà une ombre dense ?

Pourquoi les jeunes fruits font-ils l'école buissonnière ?

Est-ce de la similitude de leur nom avec "perdront" que les perdreaux tiennent leur adhésion sans révolte au statut de gibier ?

Nos tomates rougiront-elles autant que l'an dernier ou bien se seront-elles habitué à voir Margotte se baigner à poils ?

Ne risque-je pas de me voir condamné pour maltraitances à mes céréales qui ont à crouter mais rien à boire ?

Les hordes affamées de sangliers épargneront-elles ma petite famille si je leur laisse à disposition quelques melons ?

N'est-ce pas un poil traumatisant, pour une jeune abeille vierge, de se voir soudain encerclée par une centaine de racailles velues, dont dix la violeront de fait ? Et pas un peu de mauvais goût d'appeler "vol nuptial" ce qui est surtout un transfert de cinq millions de spermatozoïdes, sa dose pour les cinq années de ponte à venir ?

La femelle Coucou va-t-elle réussir à trouver, cette année encore, une famille d'accueil pour son sale gosse, goinfre et insupportable ?

Et si toutes les fleurs décidaient un jour, pour rigoler, par caprice, de ne point s'ouvrir ?

dimanche 8 avril 2012

AndiamoLa lettre à Chauguise

Alfred, comme chaque matin, apporte le courrier dans les différents services du 36.

- Tenez commissaire, c’est pour vous !

Une enveloppe ordinaire, avec collé en haut à droite un timbre italien.

Signore commissario Chauguise
Quai de lorfevre
Parigi

Chauguise ouvre l’enveloppe à l’aide de son « Laguiole » qui ne le quitte jamais et commence à lire le « charabia » écrit d’une plume incertaine, digne d’un môme de cours préparatoire !

- Bordel ! C’est quoi ce « Patagon » ? s’écrie notre commissaire favori. Impossible à lire, à coup sûr une bafouille de dénonciation, on s’croirait revenus au temps de la rue Loriston ! Dugland !

Aussi sec Julien rapplique.

- Porte ça à Champollion, qu’il déchiffre, et quand ce sera fait qu’il me rapporte la traduction… Understand ?

- Euh… C’est qui Champollion ?

- Tu connais pas Rouillard ? Le gribouillou qui a son burlingue sous les combles ? Il peut traduire tout et n’importe quoi, c’est pour ça qu’on la surnommé Champollion !

Julien disparaît, obéissant aux ordres de son commissaire…


Trois ans plus tôt…

Robert Dugroin, tourneur sur métaux de son état et employé dans la très belle et florissante entreprise «l’ Electro-mécanique » dont l’usine est implantée au Bourget, arrive au volant de sa quatre chevaux Renault grise, afin de prendre son poste. Il est de l’équipe du soir : 14 heures - 22 heures, une semaine sur deux, la suivante ce sera : 6 heures - 14 heures, c’est ce qu’on appelle le travail en équipe.

Très peu d’ouvriers viennent au boulot en voiture, nous sommes en 1953. Robert est un privilégié, sa femme et lui travaillent, ils n’ont pas d’enfants. Ils occupent un petit pavillon en meulière dont Madame a hérité à la mort de ses parents, il n’habite pas très loin, à Aubervilliers, rue Crêve-cœur.

Après avoir garé sa voiture dans le parking réservé aux ouvriers, il se rend aux vestiaires afin d’enfiler son coletin, un bleu de travail avec le col arrondi genre « col Claudine ». Puis, après avoir traversé le grand atelier abritant les machines-outils que les ouvriers appellent familièrement « la mine de sel », rapport aux cadences infernales qu’ils doivent produire, il arrive près de « son » tour, un Cazeneuve dernier cri, qu’il partage avec Tatave, son doublard*.

- Ben dis-donc, t’en fais une gueule mon Bébert !

- M’en cause pas, Simone elle s’est tirée…

- Ben merde ! Et avec qui ?

- J’sais pas moi, p’têt’ toute seule, elle n’est pas réapparue depuis hier soir et elle a emporté ses fringues !

- T’as signalé sa disparition à ton commissouille de mes deux caires ?

- Arrête de déconner Tatave, j’irai demain matin si elle n’est pas réapparue.

Le gigale apparaît soudain…

- C’est fini la causette ? Faudrait p’têt’ tourner les manivelles Bébert, au lieu de tenir salon !

- Ecrase Lulu, quand t’étais aux manivelles, t’as jamais pété un banc d’ tour en le mettant en surrégime !

Véxé le contremaître se casse.

- Allez t’en fais pas Bébert, ça va s’arranger, le réconforte Tatave en lui serrant la louche.

Le lendemain, point de Simone au logis. Robert est allé au commissariat d’Aubervilliers déclarer la disparition de sa femme. Deux jours plus tard, devant son insistance, les lardus ont mené une enquête dite de routine : interrogatoire mollasson des voisins, visite au domicile, il manquait quelques fringues de Madame, ainsi que des chaussures.

L’enquête vite bâclée a conclu à une fugue… Le cocu magnifique en somme !

Les jours passent. Au début, les copains compatissants lui décrochaient un petit sourire timide, puis l’invitaient fréquemment à boire un p’tit gorgeon. Ils se sont enhardis, l’appelant le coucou !

Quelques mois se sont encore écoulés, Robert s’est laissé pousser la barbe. Alors là, les potes se sont déchaînés, ils l’ont baptisé : LANDRU, carrément !

- Allez, si ça s’trouve, ta bourgeoise, tu l’as cramée !

-Où tu l’planques, ton Godin ?

Ils arrivaient avec une cigarette éteinte : "t’as pas du feu" ? Et partaient d’un grand éclat de rire.

Robert se marrait également, comme c’était drôle ! Ça faisait maintenant près de trois ans que Simone était partie.

En arrivant au boulot cet après-midi là, Robert est tout guilleret.

- Ben dis-donc, t’es tout gai aujourd’hui, mon Bébert !

- Ouais, j’ai rencontré une belle femme, Tatave, elle s’appelle Josette !

- Raconte Bébert…

- Je suis allé aux puces hier Dimanche, elle cherchait des disques anciens, tu sais des cylindres, elle les collectionne.

- Et alors ?

- Ben, on a discuté, je lui ai offert un café, on a écouté les manouches gratter leurs guitares rue des Rosiers…

- Et puis ?

- Et puis c’est tout ! J’ai rencard mardi, voilà.

- J’suis bien content pour toi, mon Bébert !

Les jours passent, Robert est raide dingue de sa nouvelle conquête, ça se voit : il a retrouvé le sourire, rasé sa barbe. Les potes l’ont charrié et l’appellent désormais « cul de singe » !

Un matin, Robert arrive au boulot, il a l’air préoccupé. Dans les vestiaires, Georges, l’un de ses collègues l’interroge.

- Ça va pas Bébert ? T’en fais une tronche !

- Ben oui, ça va pas, figure-toi que je voudrais me remarier avec Josette, mais vu que je ne suis ni divorcé, ni veuf… Je suis marron !

- Ben merde, tu parles d’un bordel mon pote ! T’as qu’à vivre à la colle et pis basta !

- Ouais, mais figure-toi que ma future, elle voudrait qu’on fasse un mouflet alors….

- Ben, c’est pas simple ton affaire, Bébert !...


Retour quai des orfèvres.

Rouillard, dit « Champollion », rapporte la lettre à Chauguise, non, plutôt deux lettres : l’original, et la traduction.

- Ah la vache ! Tu te rends compte, Chauguise, il m’aura fallu deux jours pour traduire ta bafouille. Tu parles d’un charabia : deux mots de rital, trois d’argot, et un ou deux de français, et j’te cause pas des fautes. Je n’ai jamais vu un truc pareil, à croire que celui ou celle qui l’a écrit a tout fait pour nous emmerder… PFIUUU ! Bien sûr, j’ai interprété, j’ai traduit en « bon français » et je suis sûr de mon coup.

- J’te fais confiance, t’es un crack tu sais ? Allez fais voir.

- Ouais, mais ça te coûtera l’apéro ce soir !

- D’ac. On s’retrouve chez Nicole.

Nicole c’est le petit rade situé rue Séguier juste à côté, c’est aussi leur « cantine ».

Chauguise lit la traduction proprement dactylographiée.

Monsieur le commissaire Chauguise.

Je suis pris de remords, et je tiens à me confesser. C’est moi qui le 12 avril 1948 ai tué Madame Simone Dugroin, qui habitait Aubervilliers.

Elle était ma maîtresse et avait décidé de rompre, je ne l’ai pas supporté, dans un accès de folie je l’ai étranglée, et enterré son corps en forêt de Chantilly, près de la « table ronde ».

Suivait la description de l’endroit exact où l’on pourrait retrouver le corps.

Après cette horreur, je suis retourné en Italie mon pays d’origine, vous ne me retrouverez jamais, mais je tenais à cette confession.

Chauguise réfléchit, puis décroche le biniou et demande qu’on lui passe le commissariat d’Aubervilliers.

- Allo Francis ? Salut, c’est Chauguise.

- Ah salut ! Ça roule ?

- Ouais, pas trop mal... Dis voir, Simone Dugroin, ça te dit quelque chose ?

- Oui ! Elle a été portée disparue en avril ou mai 48, si ma mémoire ne me joue pas des tours.

- Chapeau mec, c’est le 12 Avril 1948 ! T’as une mémoire éléphantesque !

- Tu sais Chauguise, ça nous a paru un peu louche cette disparition, et puis je me suis rafraîchi la mémoire quand la mairie d’Aubervilliers nous a signalé que le gus voulait se remarier.

- Ecoute Francis, tu peux le convoquer, et je te demande d’être présent, si toutefois ça ne t’emmerde pas, c’est TON enquête après tout :

- Non, pas du tout, je vais le convoquer mercredi pour 15 heures, on aura le temps d’aller casser une croûte, je connais un restau route de Flandres pas dégueu !

- Banco, et merci, je serai accompagné de mon adjoint, biscotte j’aime pas conduire.

Ce petit restau bien sympa, dans lequel on leur a servi une rouelle de veau accompagnée d’un Juliénas, les a mis de bonne humeur.

En arrivant dans le commissariat de banlieue, ils repèrent Robert Dugroin qui se tortille sur un banc en les attendant. Nos deux commissaires et Julien, ont une bonne heure de retard, « histoire de le faire mijoter », a déclaré Chauguise.

En les voyant Robert se lève. ;

- Comm..

- Oui, oui, on va vous appeler.

Un quart d’heure plus tard, Le commissaire Francis Choupan fait entrer Robert Dugroin dans son bureau. Chauguise et Julien sont un peu en retrait.

- Asseyez vous, Monsieur Dugroin, je vous présente le commissaire Chauguise, et son adjoint l’inspecteur Crafougnard.

Petit hochement de tête respectueux envers les sus nommés.

- Monsieur Dugroin, le commissaire Chauguise a reçu une lettre vous concernant directement.

Alors Chauguise tend la lettre à Robert, il s’agit d’une copie de l’original. Ce dernier la saisit, puis commence à la parcourir assez rapidement.

- Mais… Mais cet homme s’accuse d’avoir tué ma pauvre épouse, il indique même le lieu où il l’a enterrée, je pourrai lui donner une sépulture décente. Cela m’attriste bien sûr, mais d’un autre coté maintenant que je suis officiellement veuf, je vais pouvoir me remarier.

- Ça m’étonnerait mon gars, lâche Chauguise, figure-toi que tu viens de lire ce charabia en deux minutes, alors qu’il a fallu deux jours à mon meilleur spécialiste pour déchiffrer TA bafouille….



(D’après une histoire vraie)

* Doublard : nom donné au co-équipier des ouvriers qui faisaient équipe.

jeudi 5 avril 2012

Scout toujoursDe notre liberté de penser

Mon dernier billet traitant d'un sujet ô combien délicat, j'ai pris la précaution de bien m'informer avant d'écrire n'importe quoi afin ne pas me laisser aller à des pulsions compassionnelles. En surfant sur internet, je suis tombé sur une interview d'Alain Soral qui donnait son avis sur le sujet et dont le discours m'était apparu assez intéressant. Ce monsieur un peu speedé au demeurant, mais semblant animé d'une très vive intelligence, je décidai de visionner plusieurs autres de ses films : dans l'un d'eux, j'appris ô surprise, qu'il semblait adhérer aux thèses négationnistes de M. Faurisson. Je savais que Dieudonné avait lui aussi beaucoup de sympathie pour ce dernier, et pour cause... Mais là, cela faisait deux cas, c'en était trop pour l'historien en herbe que j'étais. Même si je n'y croyais pas, je me devais au moins d'écouter le discours de ce Faurisson, au moins pour me faire une opinion. Je vous rassure de suite, son discours est loin de m'avoir convaincu car il n'apporte pour moi aucune preuve et quand bien même il y en aurait, que m'importe après tout que les prisonniers des camps aient été gazés ou fusillés, ils ont été tués, c'est pour moi l'essentiel.

Le même jour, j'apprends que Sarko 1er qui n'en rate pas une, se met à crier haut et fort qu'après une telle affaire, il faut légiferer : dorénavant seront punis de prison tous les internautes coupables d'avoir consulté des sites qui prônent la violence et l'antisémitisme. Santa Madre de Dios, heureusement que personne ne m'avait vu !

Avec mon insouciance habituelle, je continuai mes vagabondages internautiques surfant de youtube à Facebook en passant par quelques blogs plus ou moins recommandables... Et soudain, en consultant Facebook, un frisson me traverse le corps, tous mes poils se hérissent en même temps lorsque je découvre avec stupeur que mon nom figure en toute lettres, au vu et au su de tous les internautes annonçant que le docteur Scoot a consulté les clips de Faurisson et de Soral ! J'étais dénoncé ! Qu'allait-il m'arriver, fallait-il appeler un avocat ou fuir à l'étranger, ou alors changer de nom, je connaissais un bon chirurgien esthétique qui en le payant bien pourrait rendre mon visage méconnaissable ? J'allais être honni de tous mes amis et même mes enfants se détourneraient de moi, me reniant devant leurs camarades de classe... Je restai donc enfermé chez moi pendant plusieurs jours, dans l'état de prostration que vous pouvez imaginer, d'autant que malgré tous mes efforts pour effacer les traces de mon crime, mon nom réapparaissait aussitôt sur Facebook "le docteur Scoot a consulté..."

Durant ces jours de solitude extrême, chaque coup de sonnette, chaque sirène de police me faisaient craindre l'arrivée des gendarmes devant ma porte, j'en faisais des cauchemars, me réveillant en sursaut la nuit en criant "non, non, ne m'enlevez pas mes enfants, je suis innocent !"

Les journées passées enfermé étant très longues, l'ignorant que je suis eut le temps de se renseigner sur tout ce qui existait en matière de privation de liberté de penser dans notre pays : une loi affirmait que le génocide était arménien et non pas Algérien, et encore moins vendéen. Une autre loi affirmait que la colonisation était positive. Une autre encore définissait avec restriction la notion de crime contre l'humanité ! Avec de telles lois je ne pourrai donc plus m'adonner à ma passion d'historien.

Soudain, je fus pris d'une crise de révolte et sortis à moitié nu dans la rue en hurlant des propos incohérents "Mort aux flics, laissez moi penser, vive Platon et vive la dialectique !"

Voila ce qui m'est arrivé monsieur le commissaire, c'est pour cela qu'on m'a arrêté à moitié nu dans la rue ce matin.

lundi 2 avril 2012

Tant-BourrinEspèces de pauvres contes (3)

Cela faisait longtemps, longtemps que nous n'avions pas dépoussiéré quelques vieux contes pour illuminer les soirées de vos bambins... C'est chose faite aujourd'hui, avec trois nouvelles historiettes à leur conter !

C'est parti ! Il était une fois...


Hansel et Gretel

Hansel et Gretel sont les enfant d'un pauvre ajusteur-fraiseur qui s'est retrouvé ruiné lors de la crise économique pour s'être fait refourguer un tas de subprimes, présentés comme un placement de bon père de famille, par un employé indélicat de la Caisse d'épargne. L'épouse du bûcheron, belle-mère des deux mioches, convainc son mari d'aller les perdre dans la forêt, histoire d'alléger un peu les charges familiales et de pouvoir bouffer autre chose que des pâtes Lidl (et accessoirement de ne plus avoir à prononcer ces deux prénoms ridicules qui lui écorchent la gorge à chaque fois qu'elle doit les appeler).

Mais voilà, Hansel et Gretel, qui s'étaient planqués dans l'armoire de la chambre à coucher parentale pour mater les vieux faire zig-zig, ont tout entendu. Le lendemain, ils font un stock de cailloux blancs et les sèment sur le chemin derrière eux pour marquer le trajet à travers la forêt, ce qui leur permet de rentrer tranquillos chez eux, au grand dam de leur belle-mère. Celle-ci, après avoir pris soin cette fois de vérifier que les sales gosses n'étaient pas encore cachés dans la chambre, persuade son mari de retenter sa chance en essayant de les perdre à nouveau. Celui-ci se laisse d'autant plus facilement convaincre que le bois de Boulogne n'est pas dénué d'attraits pour les papas sans enfants.

Prétextant une sortie au jardin d'acclimatation pour les appâter, il entraîne ainsi de nouveau ses enfants dans la forêt. Hansel et Gretel se retrouvent marrons : ils n'ont pas vu venir le coup (ce qui illustre leur piètre niveau intellectuel) et doivent se résoudre à semer la seule chose qu'ils ont dans leurs poches, à savoir leur bloc de cannabis qu'ils émiettent de-ci, de-là. Comme prévu, le paternel s'enfuit en courant une foi rendu au plus profond des taillis.

Hansel et Gretel se réjouissent déjà en imaginant la tête de leur belle-doche quand ils rentreront à l'appart le soir-même. Hélas pour eux, tout le chichon dont ils ont balisé le chemin a été entre-temps fumé par les moineaux, qui restent là, hébétés, à rigoler bêtement dans l'herbe. Hansel et Gretel tordent le cou à ces sales bêtes pour se passer les nerfs, puis se mettent en quête d'une âme qui vive et qui pourrait les secourir.

Soudain, au détour d'un chemin, ils aperçoivent au loin une maison, toute de pain construite, dont ils ignorent le propriétaire : une méchante sorcière. Ils se mettent en route vers la demeure en se lêchant d'avance les babines.

Ils ne l'atteindront toutefois jamais : passant près d'un bosquet, le petit Poucet, qui s'y était mis en planque, surgit brusquement et leur fracasse le crâne à grands coups de gourdins, histoire de leur apprendre à plagier ses aventures. Non mais !



Blanche-Neige

Dans un pays fort lointain, une reine, un jour qu'elle a ses ragnagnas, se désole encore une fois de ne pas avoir d'enfant. Voyant les gouttelettes de sang qui s'écoulent de son entrejambe sur la neige et sur lesquelles viennent se jeter les corbeaux dès qu'elle s'éloigne, elle se met à rêver avoir une fille aux lèvres rouges comme le sang, aux cheveux noirs comme le ramage des sombres oiseaux et à la peau blanche comme la neige. S'en ouvrant à son amant sénégalais, celui-ci prend assez mal le dernier terme de la description et quitte le palais en claquant la porte. Ceci n'empêche pas la reine d'accoucher quelques mois plus tard d'une fille en tout point semblable à celle dont elle rêvait, car cette salope de reine trompait son amant avec son roi de mari. Après avoir longtemps hésité entre Monique ou Josiane, on baptise le bébé Blanche-Neige.

Comme tout finit par se payer ici-bas, la reine meurt en couche. Le roi, passé la période de deuil syndical, se trouve une nouvelle épouse bien gaulée, histoire s'assouvir ses instincts lubriques. Mais voilà : la méchante belle-mère de Blanche-Neige est imbue de sa propre beauté, qu'elle a accessoirement payée au prix cher, à coup de collagène, de silicone et autres botox. Tous les jours, elle interroge son miroir magique pour qu'il lui confirme qu'elle est bien la meuf la plus bonnasse du Royaume.

Mais un jour, le miroir magique, qui a un penchant pour les petits seins bien fermes et les petits culs bien rebondis, répond à la reine que, finalement, il trouve que Blanche-Neige est devenue plus belle qu'elle et qu'il lui ferait bien son affaire, lui, à la gamine. Pour le coup, la reine est très véner : elle ordonne à un garde d'emmener Blanche-Neige en forêt, de la tuer et de lui ramener son cœur comme preuve.

Le garde, qui secrètement aimerait bien se taper Blanche-Neige lui aussi, laisse la vie sauve à celle-ci et ramène à la reine un foie de veau acheté au Shopi du coin. La reine est nulle en anatomie et ne détecte pas le subterfuge.

Blanche-Neige, pendant se temps, perdue au cœur de la forêt, découvre une étrange maison, vide de ses habitants, dont l'unique chambre comporte sept lits. Épuisée, elle s'y endort. Les sept nains qui habitent là, rentrant de l'usine, la découvre encore assoupie. Leur sang ne fait qu'un tour dans leur bite : ils organisent illico une tournante. Blanche-Neige va ainsi devenir le jouet sexuel des sept gnomes lubriques.

Pendant ce temps, le miroir magique cafte tout à la reine, qui pique encore sa crise. Elle congédie pour faute grave son garde sans indemnités de licenciement et décide d'agir elle-même : elle prend l'apparence d'une vieille femme et s'en va toquer à la porte de la maison des sept nains, alors que ceux-ci sont au taf. Blanche-Neige, les traits tirés par les joutes sexuelles imposées par les sept rabougris, ne se méfie pas et croque dans la barre de céréales hypervitaminée à la pomme que la vieille lui propose de goûter pour se requinquer.

La barre était empoisonnée et Blanche-Neige s'effondre, raide morte. Les nains rentrent à ce moment-là, plus tôt que prévu car il y a un débrayage à l'usine pour exiger une seconde pause-pipi hebdomadaire. Ils aperçoivent le cadavre de leur esclave sexuelle et en sont fort marris car ils comprennent qu'ils vont devoir recommencer à se tirer seuls sur l'élastique, comme avant. De rage, ils poursuivent la vieille femme, la coincent dans un bosquet, et la baise par tous les trous avec tant de vigueur qu'elle rend l'âme. Revenus à leur gîte, ils mettent le cadavre de Blanche-Neige à poil dans un cercueil de verre, histoire de pouvoir encore se faire dégorger le poireau en la mâtant, tout en évitant qu'elle pourrisse trop vite.

Un prince charmant, passant par là, l'aperçoit et en tombe raide dingue ("raide" étant à considérer dans toutes ses acceptions). Il décide de l'emporter dans son château, au grand dam des sept nabots. Mais, dans son excitation, il fait choir le cercueil de verre. Sous le choc, un bout de barre hypervitaminée se décoince de la gorge de Blanche-Neige, qui se réveille aussitôt.

Émerveillé, le prince se jette aux genoux de Blanche-Neige pour lui demander sa main (et, accessoirement, mater de plus près sa foufoune). Ils se marient, vivent heureux et ont beaucoup d'enfants, jusqu'au jour où le prince, alerté par la morphologie de sa progéniture, fait faire un test de paternité et découvre le pot-au-roses : Blanche-Neige continue à fricoter en douce avec les sept nains.



La Barbe bleue

Un seigneur plein aux as a une barbe de couleur bleue, qui lui vaut le surnom de « la Barbe bleue », les bouseux du coin manquant singulièrement d'imagination. Comme il a une tronche de cake mixé et une haleine de rat musqué, il dégoûte les femmes. Mais grâce à sa fortune et à ses grosses bagnoles, il a déjà tiré un paquet de meufs.

Un jour, il propose la botte à une des filles du voisinage. Appâtée par la tune, elle vient s'installer au château du barbu. Celui-ci doit partir un jour en voyage. Il confie à sa nouvelle meuf un trousseau de clés qui ouvrent toutes les portes du château, mais il lui interdit formellement de pénétrer dans une petite pièce.

A peine a-t-il franchi le pont-levis qu'elle se rue naturellement dans la petite pièce en question. Ce qu'elle y découvre l'horrifie : une sex tape de « la Barbe bleue » et de la Schtroumpfette, dans laquelle il lui fait un long broute-minou... Elle comprend soudain mieux d'où lui vient la couleur de sa barbe !

vendredi 30 mars 2012

Saoul-FifreFeu les pompiers

Les plus attentifs de nos lecteurs, et surtout ceux qui ne sautent pas, par principe, les commentaires toujours hors-sujet du bof, mais bon : ça lui donne un genre, disons un genre "60 % autiste, 30 % payzous limouzi et 10 % décalé-branché", mais là n'est pas le sujet, putain c'est contagieux, en plus, il est en train de lancer la mode, ou quoi ? Ils auront remarqué, disais-je, les fines allusions du dit "bof" fustigeant la "maladresse" des provençaux, leur manie d'organiser des "feux-de-forêts-partys" et les heures supplémentaires qu'ils imposent à des pompiers déjà fragilisés par la canicule.

Et je viens de me rendre compte que, ne connaissant pas l'info initiale, vous ne pouviez comprendre ces private-jokes bofines. Vous êtes dans le monde bofesque le plus pur, où le manque de rigueur philosophique, l'amalgame et les associations mentales aléatoires règnent en maitres. Sans préjudice d'un désintérêt total pour la clarté et la concision et sans non plus aborder son mépris pour toute information objective, didactique et rationnelle.

Permettez que je vous démêle, sur ce point d'histoire, l'écheveau embrouillé des bofeuses et blogueuses interventions.

Oui : le départ de la rumeur colportée, radotée voire ruminée par l'obsessionnel bof a une triste et vraie réalité : un grand incendie ayant brûlé des centaines d'hectares et causé la mort de deux pompiers a bien démarré dans un de mes champs de blé dur que l'entreprise de battage dont je loue les services avait malencontreusement choisi de moissonner ce jour-là, pourtant fortement venté. J'ai juste été entendu comme témoin, même pas visuel, mais le patron de l'entreprise a été poursuivi en justice mais a finalement obtenu un non-lieu en appel car sa moissonneuse était vraiment très bien entretenue. J'en ai été super content et je m'adresse toujours à lui d'ailleurs, pour les moissons, qu'on aille pas dire que je lui en veux. C'était un accident.

Il y a toujours eu des feux en Provence mais celui-ci a été le coup de feu donnant le départ à tout un pataquès dont le monde agricole avait été protégé jusque là. Un peu cette habitude de la judiciarisation systématique qui nous vient des yanquis, un peu le réchauffement de la planète qui aggrave la combustibilité des plantes, un peu cette obsession pour la sécurité fortement initiée par nos dirigeants pour booster la consommation et un peu cette mode de pondre une loi dès qu'une poule te chie dessus depuis le perchoir, nous avons bien nos quatre tiers vu que nous ne sommes qu'à quarante cinq bornes du vieux-port de ce vieux Pagnol. Je reconnais qu'avant, on s'en foutait bien pas mal, de la météo, enfin : les moissonneuses ne s'arrêtaient de bosser que s'il pleuvait. Il faut dire que s'il pleut, la machine ne marche carrément plus et le grain récolté mouillé a de grosses chances de fermenter. Quoique. On se reconvertirait dans la bière...

Et allez donc, il m'a vraiment contaminé, le bof, avec sa manie de faire des dérapages hors-sujet ! Oui, maintenant, quand on travaille en tracteur à moins de 100 m d'une colline, ou avant d'appeler l'entrepreneur, il faut téléphoner à Météo France, voir s'ils n'ont pas prévu de période rouge. Ensuite Il faut téléphoner à la Mairie pour avoir une autorisation et ensuite, faut téléphoner au Comité Feux ou aux pompiers pour qu'ils surveillent le chantier avec un véhicule porteur d'eau !

Déjà que je suis plus trop vaillant, ça me donne plus du tout envie d'aller au boulot, tous ces emmerdements administratifs. Heureusement que nous sommes en France et que, pour paraphraser l'autre, les lois n'engagent que ceux qui les ont votées ?

Mes voisins et moi, on est analphabètes et les papiers qu'on reçoit du maire, on les lit pas. On continue à faire comme avant, en faisant un peu plus attention les jours où le mistral souffle à 120 km/h comme c'était le cas lors de mon départ d'incendie. En plus, dans notre commune, notre con de maire a attaqué en justice le Président du Comité Feux, un mec extra super honnête qui a eu le tort de ne pas l'inviter à une remise de chèque à une association humanitaire. Vexé, notre maire. Et condamné jusqu'en cassation car les comptes du Comité étaient scrupuleusement tenus. Mais le résultat c'est que personne n'a plus voulu s'occuper du Comité Feux, que la centaine de bénévoles qui assuraient les patrouilles de surveillance, sont partis, que la Commune n'a plus son Comité et que les pompiers maintenant, il faut les rémunérer à l'intervention, avec nos sous.

Pour résumer : si je veux passer un outil sous mes oliviers, pour enterrer les mauvaises herbes, et ce, en été, il me faut louer le forfait de base, comprenant le beau camion rouge, fantasme de mes jeunes années, et ses 2 pompiers tout équipés, avec le service trois pièces en état de marche, et le plein des liquides. Cela ouvrira des perspectives excitantes chez certains ou certaines, mais, dans l'ensemble, le monde paysan provençal reste dubitatif devant ces nouvelles mesures.

Et je reste poli.

mardi 27 mars 2012

AndiamoLa vérité si je mens sur le Blogborygmus

Non mais dites donc Lieutenant Tantan, vous croyez que l’équipage va se laisser traîner dans la poussière d’une comète errant à travers le cosmos infini ?

Vous avez le beau rôle (comme d’hab). Le Souf ; la Poulette ; le Scout ; et même le doyen (votre serviteur) sont traités comme des fientes de porc, des rôles subalternes… Et encore !

Alors, dans un souci d’équité et de justice, j’ai décidé et même décidément décidé en accord avec moi-même de rétablir la vérité et ce à l’aide de dessins, car un croquis en dit plus qu’un long discours.

Tout d’abord,le « Blogborygmus »...

Non soumis aux contraintes de l’atmosphère et de la pesanteur, les vaisseaux spatiaux revêtaient les formes les plus diverses, la palme de l’originalité revenant sans doute au « Blogborygmus » ! Un délire ambulant aux dires de certains, réplique approximative, aléatoire et allez les verts, de l’église de Goussainville (95) selon les autres…





Je vais maintenant vous présenter l’équipage :

Le Lieutenant Taanb- Ouhrin (dit Tantan), on le voit veillant sur le sommeil réparateur et ô combien mérité du Doyen de l’équipage : le Caporal Andy-Amo, le poète de l’équipage, celui sans qui une comète ne serait qu’un amas de glace dérivant dans l’espace…





Le scout et la Poulette : on notera la candeur de notre Poulette, sa naïveté naturelle, face à l’œil libidineux du scout usant et abusant de son statut de « médecin de bord ».

D’ailleurs, après vérifications , je me suis aperçu que le Scout était simplement muni d’un diplôme de secouriste, avec option « cul »….





Quant au Capitaine Saoul-Fifre injustement accusé de pochtronnerie par le lieutenant (un jalmince qui n’encaisse pas plus qu’un verre de Champomy à la fois), un ami des animaux, ce Souf’ là ! Je l’ai vu, de mes yeux vu, consoler une biquette que l’on séparait de son chevreau. Au fait, pourquoi portait-il des bottes alors qu’il faisait une chaleur écrasante et qu’il n’avait pas plu depuis des semaines ?

En voici un portrait que j’ai tenté de faire le plus ressemblant possible, pas facile dans les turbulences d’un champ d’astéroïdes.





La Poulette qui d'après « Tantan » se livrerait à des bricolages, des rafistolages d’urgence.

Tu parles ! Elle s’est lancée dans les travaux d’envergure. Hercule, à côté, c’est un bricolo du Dimanche ! Ainsi, elle s’est mis en tête de revêtir tous les sols du « Blogborygmus » d’un enrobé vert, écologie oblige !




Et enfin tant pis je balance : ça n’est pas une flaque d’urine que le Lieutenant Taanb-Ouhrin a récupéré à bord du Blogborygmus, mais une « droïde » plutôt bien gaulée, répondant au doux nom de Francesca ! C’est Taanb-Ouhrine qui va être heureuse de l’apprendre quand on reviendra (peut-être) sur terre.

Et puis y’en a marre du foin qu’ils font toutes les nuits. Durant plus de huit heures, la « droïde » gratte à la porte de Tantan. Mais lui droit dans ses bottes, fier comme bar-tabac, il tient bon : il ne la laisse pas sortir !





Vous avez enfin compris pourquoi le « Blogborygmus » erre dans les nébuleuses, se fourvoie au cœur des galaxies, musarde entre Aldébaran, Véga, et Cassiopée. C’est Tantan qui a saboté l’ordinateur de bord ! La droïde Francesca l’a littéralement ensorcelé, elle le tient par les sens (au prix où elle est), il n’en peut plus…

Et il voudrait faire accuser le reste de l’équipage… Quelle infamie !

(ch'tiots crobards Andiamo)

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