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samedi 21 avril 2012

AndiamoVacances de gamin (2)

Je vous ai raconté dans un précédent billet mes vacances en Auvergne, je venais d’avoir neuf ans. L’année suivante, nous y sommes retournés, j’avais donc :…. BRAVO !

Toujours ce même village auvergnat qui s’appelle Cunlhat (on prononce toujours CUN YAT), un village typique des années quarante (on ne dit, ni ne pense : vieux machin), qui nous plaisait bien.

Cette année-là (1949), les sœurs qui tenaient l’hospice dans lequel ma mère et quelques autres louaient pour pas cher des chambres durant les vacances, avaient loué une piaule à une Mamie accompagnée de ses trois petits-enfants : deux garçons, une fille, sensiblement du même âge que nous (mon frangin, ma frangine et moi).

La fille, « Babette », je m’en souviens encore : élevée avec deux garçons assez turbulents eux aussi, elle en avait pris les manières, ainsi elle pissait debout comme les hommes, en prenant soin d’écarter les jambes afin de ne pas mouiller ses socquettes !

Un jour, elle se fait gauler par une sœur alors qu’elle était en train de satisfaire un besoin naturel… Scandale ! La sœur fait son rapport à la supérieure qui est venue trouver la mère-grand. La Mamie lui a rétorqué : « et alors ? Elevée avec deux garçons, vous ne voudriez pas que ce soit eux qui s’accroupissent pour pisser ? »

Décidément, je l’aimais bien cette Mamie-là, bien sympa.

Un jour, grand branle-bas : voyage organisé en camion, à notre Dame du Puy. Avec les frangines, on n' aurait pas fait la tournée des boxons de Clermont-Ferrand, tu penses. Mais à bien y songer, à dix ans, ça ne m'aurait guère intéressé.

Départ à l’aube dans un grand camion plate-forme avec ridelles, banc de bois posés à même le plancher. Je vois ça aujourd’hui ! Vachement dangereux, un virage brusque ou un coup de frein violent et tout le monde se retrouvait pêle-mêle, avec des jambes cassées à coup sûr, mais à l’époque nul ne songeait à cela, et la circulation était quasiment inexistante.

Nous voilà partis, chants joyeux accompagnaient les lacets des routes auvergnates. Pas des trucs religieux, mais pas les trois orfèvres non plus (vous voulez que je vous les chante ?) Vers midi, déballage des paniers avec le pique-nique. J’ai un vague souvenir de cette journée, je ne me souviens plus du tout de Notre Dame du Puy : les trucs religieux, ça n’était déjà pas ma tasse de thé, ou mon bol de chocolat, à dix ans, n’est-ce pas ?

Mais ce dont je me souviens, c’est LE RETOUR…

Voilà que tout à coup le ciel s’obscurcit… TIN TIN TIN (musique d’ambiance) ! Un éclair zèbre le ciel. Vous avez remarqué ? Les éclairs zèbrent toujours le ciel dans les romans, ils ne le girafent pas, pas plus qu’ils ne l’éléphantent.

Et voilà l’averse ! Quand il pleut en montagne, ça ne plaisante pas, des seaux vous dis-je, et l’autre branque avec son bahut qui n’avait pas prévu une bâche. Les sœurs avaient débité un p’tit chapelet avant de partir : voilà qui nous garantissait un temps magnifique.

Depuis le temps que le grand barbu entend des prières il doit être sourd, il n’en a rien à secouer de nos misères ! Et dire que certains l’appellent le BON Dieu, ouais parce qu’il y a des MAUVAIS Dieux. Je pense qu’il n’y en a pas du tout, car soyons objectifs, ça reste une hypothèse ? Tentante certes, mais une hypothèse.

J’en étais resté au déluge qui s’abattait sur notre pauvre camion, et là tout à coup je vois les cornettes des sœurs qui commencent à s’affaisser : l’amidon, qui les tenait rigides, se liquéfie sous l’orage et voilà les coiffes qui commencent sérieusement à ressembler à des oreilles de cocker.

Je me marre comme de juste, ma mère qui me balançait des coups de coude dans les côtes. Gênée elle était ma brave Maman, devant le manque de respect du fiston.

Au bout d’un moment, elles les ont retiré les cornettes. Sous cette coiffe, elles portaient un sorte de toque blanche, leur couvrant entièrement leur boule à zéro !

Au cours des ces vacances, nous « montions » parfois à l’Alleyrat.

L'Alleyrat, c’est un lieu dit, ou bien le nom de la ferme qui s'y trouvait. Pour s'y rendre, si je me souviens bien, il fallait marcher une bonne heure. Par beau temps, c'était très agréable, et les gamins il faut les fatiguer un peu, "user les piles" comme je dis à mes petits enfants, afin que la nuit soit bonne.

Beau morceau de grimpette, mais à l’arrivée, la récompense. La ferme ! Avec les vaches, les cochons, les oies... Nous jouions tous les trois un bon moment, pas trop près du jars, tu penses. Au moment du goûter la fermière allait nous traire une casserole de lait.

Du lait « bourru » avec le jaune de la crème qui surnageait, ce lait encore tiède nous le buvions goulûment, accompagné de tartines de gros pain au goût inimitable, une bonne couche de confitures de myrtilles faites "maison". J’en ai encore le goût au palais quand j’écris ces lignes.

Je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui on autoriserait une fermière à vendre son lait de la sorte. Même les fromages sont fabriqués avec des laits pasteurisés ! Mamans qui allaitez vos bébés, un jour, il vous faudra recueillir votre nectar, le faire bouillir avant de le dispenser à vos chers petits !

Tout compte fait, je ne suis pas mécontent d’avoir connu une époque où on ne nous cassait pas (les couilles) les pieds avec toutes ces mesures à la con !

mercredi 18 avril 2012

Scout toujoursItinéraires en amérique du Sud

Rendre visite aux derniers descendants des Incas, l'idée me trottait depuis un moment, et puis je lui devais bien ça à elle, qui avait toujours souhaité voir le pays de ses frères de couleur, eux, ces indiens qui à travers les siècles, avaient su conserver toutes leurs traditions, résistant fièrement au monde occidental du haut de leurs montagnes.

1991. L'avion qui nous conduit en Equateur est un vieux zinc qui vibre de toutes ses tôles. Le vacarme est tel qu'on croirait à tout moment qu'il va exploser, j'ai pas entendu un tel boucan dans un avion depuis que j'ai sauté d'un nord-atlas en 76. On nous annonce des zones de turbulence, ça vibre de plus en plus. L'hôtesse s'attache sur son siège, fait son signe de croix, et se met dans la position du foetus. Soudain, l'avion pique du nez, les coffres à bagage s'ouvrent les valises volent, les femmes hurlent, l'avion continue à chuter de plus en plus à la verticale, on va s'écraser ! La chute dure encore plusieurs secondes puis l'avion se redresse, fausse alerte !

L'arrivée en pays andin est toujours un choc culturel. On se retrouve subitement transporté au siècle des conquistadores. Les indiens Quechuas, minuscules de taille, la peau raclée par le froid et le soleil, descendent de la sierra, hommes et femmes chargés d'énormes fardeaux pesant jusqu'à deux fois leur poids, pour aller au marché vendre le produit de leur récolte, je devrais dire troquer, car le troc existe encore chez eux. Ceux de l'altiplano mâchent des feuilles de coca pour ne pas sentir la douleur. Jamais de ma vie je n'ai eu une telle image de l'homme écrasé sous le poids du labeur ; mais chose unique, ces indiens des montagnes savent rester beaux malgré leur misère. Les marchés sont magnifiques de couleur, les tissus sont tous faits à la main, au métier à tisser. La couleur du poncho diffère selon chaque village.

Demain nous prenons le train à Alausi, qui nous conduira du sommet des Andes jusqu'au pacifique. C'est une locomotive à vapeur du siècle dernier, semblable à celles qui avaient servi à la compagnie du Rio-Grande-Western. Elles ont disparu aux Etats-Unis, mais ici, on continue à les utiliser ; elles sont régulièrement réparées (1). Je choisis le wagon de tête, on sait jamais, si le train déraille, on restera accrochés à la loco ou aux autres wagons. Les passagers affluent et s'entassent sur les bancs en bois, la moitié des gens voyagent sur le toit, faute de place. Deux grands gaillards en salopette s'acharnent à grands coups de masse sur la roue de notre wagon. J'apprends qu'elle est cassée, on s'arrêtera à chaque gare pour la remettre en place, toujours à grands coups de masse. Allons bon, voila que ces farceurs me retournent le train maintenant, nous voila dans le wagon de queue, plus moyen d'en changer, le train est bondé. La locomotive démarre, nous roulons en flanc de montagne, la pente est vertigineuse, et les rails sont très souvent montés en équilibre sur des trépieds en flanc de falaise, et bien sûr notre banquette est du côté ravin, donc pas moyen de sauter en cas d'accident. Enfin, il nous reste l'espoir qu'en cas de déraillement notre wagon reste accroché au précédent, c'est du moins ce que j'espère au début ; mais je ne tarde pas à déchanter, lorsque j' aperçois mes deux gaillards en salopette, positionnés un pied sur chaque wagon, prêts à le décrocher en cas d'accident, et prêts aussi à sauter du bon côté, ça va de soi ! Pocahontas rouspète, c'est moi qui ai insisté pour qu'on prenne le train. Néanmoins les paysages sont vraiment fabuleux, nous passons du climat des montagnes aux zones désertiques avec pour seule végétation des cactus. Des milliers d'indiens sont morts ici pour construire cette voie ferrée taillée dans le roc, nous arrivons dans des endroits inaccessibles, le paysage est lunaire, nous sommes au bout du monde. La pente est raide, la locomotive monte, monte, ralentit, s'essouffle, halète, continue à monter encore un peu, puis finit par caler. Alors le train redescend à reculons en roue libre, il prend de la vitesse, c'est une course folle, on va s'écraser... Mais je constate que tout le monde reste calme. Fausse alerte, tout était prévu. Nous venons tout simplement de négocier le fameux virage de la "nariz del diablo" qui est tellement aigu qu'on le franchit à reculons, sur deux rails croisés en pointe. Les paysages sont extraordinaires, jamais je n'ai rien vu d'aussi beau, nous sommes toujours en flanc de falaise, la montagne en face est gigantesque. C'est tellement beau, que je me penche par la fenêtre pour faire une photo. Au moment où je me rassois, nous passons dans un tunnel, je l'ai échappé belle !

Soudain, nous pénétrons dans la forêt amazonienne comme dans un tunnel, les arbres forment un toit au dessus de nous, il fait presque noir, les branches fouettent les fenêtres, incroyable qu'un train puisse s'enfoncer dans des zones aussi impénétrables. On s'arrête dans un village perdu en pleine jungle. Toutes les maisons sont en bois, ça ressemble à un village de chercheurs d'or, c'en est peut être un, nous faisons de l'eau pour remplir la cuve, puis nous repartons. Petit à petit, nous sortons de la forêt et traversons des plantations de bananiers à perte de vue sur plusieurs dizaines de kilomètres. Plus loin encore, les haciendas. Nous croisons les gauchos à cheval, avec leurs lassos, qui escortent leur bétail, et dont la tenue a inspiré plus tard celle des cow-boys, c'est la pampa. Puis nous arrivons à Guayaquil, la mer, le Pacifique! En une journée, nous avons traversé tous les climats. Je vois pour la première fois les fameuses têtes réduites des indiens Jivarros, grosses comme le poing. Puis le lendemain, nous prenons un bus pour remonter dans la montagne, direction Cuenca. Le chauffeur est un excité qui roule à fond en flanc de falaise, et fait déraper le bus à chaque virage. Bientôt nous apercevons un autre bus qui vient de quitter la route et s'est retrouvé à cheval sur l'angle de la falaise, deux roues dans le vide, chancelant au bord du ravin, et retenu seulement par les maigres branches d'un arbre. Mais ça ne dissuade en rien notre acolyte qui roule encore plus vite et prend ses virages à fond pour conjurer le mauvais sort. A chaque virage, j'ai un haut le cœur en voyant la profondeur du précipice, seuls quelques centimètres de graviers nous séparent de l'abîme. j'aperçois une carcasse de bus dans le fond du ravin. Le conducteur s'arrête dans un virage pour faire une prière dans une mini chapelle, au moins grâce à lui on crèvera bénis.

1994 La Paz, Bolivie. Nous sommes à 4000 m d'altitude, presque la hauteur du Mont Blanc, c'est dimanche. Ça fait deux semaines que ça caille chaque jour un peu plus, j'en ai marre, je décide de filer vers un endroit plus chaud, Cochabamba, le QG de Pablo Escobar, j'ai pas fait exprès. Nous décidons de prendre le bus du matin, puis après s'être ravisés deux fois, nous prenons finalement le bus du midi. A mi-chemin, nous croisons des ambulances, des véhicules de pompiers, très inhabituel sur une route où on ne voit que des indiens à dos de mulet. Soudain, nous l'apercevons, le bus du matin, celui que nous avons failli prendre : drôle de bouille ce bus, en accordéon, rétréci de moitié! Il avait percuté un poids lourd de face, très peu de survivants d'après ce qu'on m'a dit.

Retour en arrière : 1988 Macapa, Brésil. Plus assez d'argent pour prendre un avion. Obligé de traverser toute la forêt amazonienne, direction la frontière à Oyapoque, dans la benne d'un camion, avec dix malheureux garimperos (3). Le voyage est gratuit, mais faudra pousser le camion en cas d'enlisement. Je négocie pour avoir une place à côté du chauffeur, les autres sont dans la benne. La piste est boueuse et étroite. Il n'y a de la place que pour un seul véhicule de grosse taille, c'est le plus gros qui passe, l'autre doit s'écarter, c'est la loi de la jungle, au propre comme au figuré. Les attaques sont fréquentes, le chauffeur est armé. Tout le long du trajet, la piste ne fait que monter et descendre. C'est la saison des pluies, et à cause de la boue le trajet doit être fait d'un seul élan sous peine de rester embourbés en bas des côtes, ce qui ne tarde pas à nous arriver. Tout le monde descend pour pousser le camion, on a de l'eau jusqu'à la taille, je perds une chaussure dans la boue, les moustiques nous dévorent, quelle misère ! Un amérindien en pagne, s'approche de nous et distribue une poignée de manioc à tous les passagers. Nous repartons enfin ! Un peu plus loin, le camion s'arrête en haut d'une colline, le chauffeur coupe le moteur, il a l'air inquiet ! La piste redescend en pente vertigineuse jusqu'à un petit pont en bois, pour remonter jusqu'au sommet d'une autre colline. J'interroge le chauffeur : "sans visibilité, on doit s'arrêter pour écouter si un autre camion n'arrive pas dans l'autre sens, derrière la colline la bas". La piste est trop étroite pour que les deux camions se croisent ; en cas d'erreur, c'est le choc frontal en haut de l'autre colline ! Le chauffeur prête l'oreille, aucun bruit de moteur de l'autre coté! Il boit une gorgée de kachaza, fait son signe de croix, et démarre, en accélérant à fond, la sueur perle sur son front. En traversant le pont en bois, les planches s'enfoncent, le pont voltige et craque de partout nous ballottant dans tous les sens ; sur les côtés pas de rambarde, rien ne dépasse, y a juste la largeur du camion. En bas, le précipice. On remonte la côte toujours à fond de cale, on arrive au sommet, je me cramponne en fermant les yeux, et miracle, on passe ! Quelle frayeur! Cet enfer durera encore trois jours, avec à chaque côte le risque de percuter un autre camion. (2)

(1) Ces locomotives à vapeur n'existent plus : elles ont été réformées il y a quelques années et remplacées par des michelines.

(2) La piste Macapa-Oyapoque a été refaite : aujourd'hui, elle est beaucoup plus large et en grande partie goudronnée.

(3) Garimpero : chercheur d'or en brésilien.

dimanche 15 avril 2012

Tant-BourrinTares trek (épisode 4)

An 2562. La Terre a, depuis près de trois siècles, intégré la Fédération intergalactique, regroupant des civilisations issues de milliers de galaxies différentes. Paix, connaissances et progrès règnent désormais en maîtres sur une immense partie de l’univers. Et chaque jour, des pionniers, à bord de leurs vaisseaux supraluminiques, explorent des espaces inconnus en quête de nouvelles planètes à pacifier.

Suite des épisodes 1, 2 et 3



- Mais qu'est-ce donc que cela ? On dirait...

Le lieutenant Taanb-Ouhrin, installé depuis la veille au soir au poste de commande du Blogborygmus, s'était brusquement redressé sur son siège pour mieux scruter l'écran de contrôle.

Son quart (qui, à bord du vaisseau, avait tendance à devenir son tiers, voire sa moitié, tant les bras cassés faisaient nombre parmi le maigre équipage) avait jusque-là été morne et ennuyeux à souhait, mollement bercé par les ronflement du caporal Andy Amo qui s'était assoupi en plein milieu du couloir, frappé par une crise de léthargie avant d'avoir pu atteindre sa cabine.

Comme rien n'était plus vide que l'hyper-espace (ce qui rendait les sensations de conduite du vaisseau peu excitantes), le lieutenant s'était occupé l'esprit, comme tous les jours, à vainement tenter de réparer l'ordinateur de bord, dont le cas relevait désormais plus de la psychiatrie que de l'informatique.

> boot

même pas peur !

> BIOS setup

ouais, le bio, c'est top !

C'est en levant les yeux au ciel de dépit que le lieutenant vit quelque chose sur l'écran de contrôle, qui lui arracha l'exclamation précédemment citée.

Il plissa des yeux pour mieux discerner les détails de ce qui s'offrait à sa vue.

- Mais oui ! On dirait bien...

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jeudi 12 avril 2012

Saoul-FifreRien n'est dicible

Sur votre Blogbo chéri, bien sûr, nous sommes comme des mouches tombées dans une jatte de lait et nous nous débattons, à tour de rôle, pour faire mentir ce titre. Et peut-être, je dis bien peut-être, arriverons-nous un jour, à force de barattage, cette espèce de bavardage silencieux si impudique auquel nous nous adonnons dans notre piscine lactée, à exprimer quelque chose, à dominer un sujet après avoir assisté à une espèce de miracle comme la transformation d'un liquide en solide sans - facilité - instaurer de froid glacial dans notre relation à vous, lectorat adoré. Non : des calories dépensées en pagaille, une noisette de beurre et des phonèmes inintelligibles deviennent on ne peut plus explicites.

J'aimerais vous faire loucher de l'œil sur ce que je ressens. L'importance du Printemps pour moi, par exemple, peut-être parce que je suis né aux alentours de son début officiel ? Toujours est-il qu'à cette période tout mon être est sollicité par les mille et un changements quotidiens imperceptibles autour de moi. Des questions angoissantes et existentielles m'assaillent (comme on dit au Kenya) :

Pourquoi ce micocoulier en est-il encore au dépli timide de jeunes bourgeons vert clairs alors que les six devant la cave nous offrent déjà une ombre dense ?

Pourquoi les jeunes fruits font-ils l'école buissonnière ?

Est-ce de la similitude de leur nom avec "perdront" que les perdreaux tiennent leur adhésion sans révolte au statut de gibier ?

Nos tomates rougiront-elles autant que l'an dernier ou bien se seront-elles habitué à voir Margotte se baigner à poils ?

Ne risque-je pas de me voir condamné pour maltraitances à mes céréales qui ont à crouter mais rien à boire ?

Les hordes affamées de sangliers épargneront-elles ma petite famille si je leur laisse à disposition quelques melons ?

N'est-ce pas un poil traumatisant, pour une jeune abeille vierge, de se voir soudain encerclée par une centaine de racailles velues, dont dix la violeront de fait ? Et pas un peu de mauvais goût d'appeler "vol nuptial" ce qui est surtout un transfert de cinq millions de spermatozoïdes, sa dose pour les cinq années de ponte à venir ?

La femelle Coucou va-t-elle réussir à trouver, cette année encore, une famille d'accueil pour son sale gosse, goinfre et insupportable ?

Et si toutes les fleurs décidaient un jour, pour rigoler, par caprice, de ne point s'ouvrir ?

dimanche 8 avril 2012

AndiamoLa lettre à Chauguise

Alfred, comme chaque matin, apporte le courrier dans les différents services du 36.

- Tenez commissaire, c’est pour vous !

Une enveloppe ordinaire, avec collé en haut à droite un timbre italien.

Signore commissario Chauguise
Quai de lorfevre
Parigi

Chauguise ouvre l’enveloppe à l’aide de son « Laguiole » qui ne le quitte jamais et commence à lire le « charabia » écrit d’une plume incertaine, digne d’un môme de cours préparatoire !

- Bordel ! C’est quoi ce « Patagon » ? s’écrie notre commissaire favori. Impossible à lire, à coup sûr une bafouille de dénonciation, on s’croirait revenus au temps de la rue Loriston ! Dugland !

Aussi sec Julien rapplique.

- Porte ça à Champollion, qu’il déchiffre, et quand ce sera fait qu’il me rapporte la traduction… Understand ?

- Euh… C’est qui Champollion ?

- Tu connais pas Rouillard ? Le gribouillou qui a son burlingue sous les combles ? Il peut traduire tout et n’importe quoi, c’est pour ça qu’on la surnommé Champollion !

Julien disparaît, obéissant aux ordres de son commissaire…


Trois ans plus tôt…

Robert Dugroin, tourneur sur métaux de son état et employé dans la très belle et florissante entreprise «l’ Electro-mécanique » dont l’usine est implantée au Bourget, arrive au volant de sa quatre chevaux Renault grise, afin de prendre son poste. Il est de l’équipe du soir : 14 heures - 22 heures, une semaine sur deux, la suivante ce sera : 6 heures - 14 heures, c’est ce qu’on appelle le travail en équipe.

Très peu d’ouvriers viennent au boulot en voiture, nous sommes en 1953. Robert est un privilégié, sa femme et lui travaillent, ils n’ont pas d’enfants. Ils occupent un petit pavillon en meulière dont Madame a hérité à la mort de ses parents, il n’habite pas très loin, à Aubervilliers, rue Crêve-cœur.

Après avoir garé sa voiture dans le parking réservé aux ouvriers, il se rend aux vestiaires afin d’enfiler son coletin, un bleu de travail avec le col arrondi genre « col Claudine ». Puis, après avoir traversé le grand atelier abritant les machines-outils que les ouvriers appellent familièrement « la mine de sel », rapport aux cadences infernales qu’ils doivent produire, il arrive près de « son » tour, un Cazeneuve dernier cri, qu’il partage avec Tatave, son doublard*.

- Ben dis-donc, t’en fais une gueule mon Bébert !

- M’en cause pas, Simone elle s’est tirée…

- Ben merde ! Et avec qui ?

- J’sais pas moi, p’têt’ toute seule, elle n’est pas réapparue depuis hier soir et elle a emporté ses fringues !

- T’as signalé sa disparition à ton commissouille de mes deux caires ?

- Arrête de déconner Tatave, j’irai demain matin si elle n’est pas réapparue.

Le gigale apparaît soudain…

- C’est fini la causette ? Faudrait p’têt’ tourner les manivelles Bébert, au lieu de tenir salon !

- Ecrase Lulu, quand t’étais aux manivelles, t’as jamais pété un banc d’ tour en le mettant en surrégime !

Véxé le contremaître se casse.

- Allez t’en fais pas Bébert, ça va s’arranger, le réconforte Tatave en lui serrant la louche.

Le lendemain, point de Simone au logis. Robert est allé au commissariat d’Aubervilliers déclarer la disparition de sa femme. Deux jours plus tard, devant son insistance, les lardus ont mené une enquête dite de routine : interrogatoire mollasson des voisins, visite au domicile, il manquait quelques fringues de Madame, ainsi que des chaussures.

L’enquête vite bâclée a conclu à une fugue… Le cocu magnifique en somme !

Les jours passent. Au début, les copains compatissants lui décrochaient un petit sourire timide, puis l’invitaient fréquemment à boire un p’tit gorgeon. Ils se sont enhardis, l’appelant le coucou !

Quelques mois se sont encore écoulés, Robert s’est laissé pousser la barbe. Alors là, les potes se sont déchaînés, ils l’ont baptisé : LANDRU, carrément !

- Allez, si ça s’trouve, ta bourgeoise, tu l’as cramée !

-Où tu l’planques, ton Godin ?

Ils arrivaient avec une cigarette éteinte : "t’as pas du feu" ? Et partaient d’un grand éclat de rire.

Robert se marrait également, comme c’était drôle ! Ça faisait maintenant près de trois ans que Simone était partie.

En arrivant au boulot cet après-midi là, Robert est tout guilleret.

- Ben dis-donc, t’es tout gai aujourd’hui, mon Bébert !

- Ouais, j’ai rencontré une belle femme, Tatave, elle s’appelle Josette !

- Raconte Bébert…

- Je suis allé aux puces hier Dimanche, elle cherchait des disques anciens, tu sais des cylindres, elle les collectionne.

- Et alors ?

- Ben, on a discuté, je lui ai offert un café, on a écouté les manouches gratter leurs guitares rue des Rosiers…

- Et puis ?

- Et puis c’est tout ! J’ai rencard mardi, voilà.

- J’suis bien content pour toi, mon Bébert !

Les jours passent, Robert est raide dingue de sa nouvelle conquête, ça se voit : il a retrouvé le sourire, rasé sa barbe. Les potes l’ont charrié et l’appellent désormais « cul de singe » !

Un matin, Robert arrive au boulot, il a l’air préoccupé. Dans les vestiaires, Georges, l’un de ses collègues l’interroge.

- Ça va pas Bébert ? T’en fais une tronche !

- Ben oui, ça va pas, figure-toi que je voudrais me remarier avec Josette, mais vu que je ne suis ni divorcé, ni veuf… Je suis marron !

- Ben merde, tu parles d’un bordel mon pote ! T’as qu’à vivre à la colle et pis basta !

- Ouais, mais figure-toi que ma future, elle voudrait qu’on fasse un mouflet alors….

- Ben, c’est pas simple ton affaire, Bébert !...


Retour quai des orfèvres.

Rouillard, dit « Champollion », rapporte la lettre à Chauguise, non, plutôt deux lettres : l’original, et la traduction.

- Ah la vache ! Tu te rends compte, Chauguise, il m’aura fallu deux jours pour traduire ta bafouille. Tu parles d’un charabia : deux mots de rital, trois d’argot, et un ou deux de français, et j’te cause pas des fautes. Je n’ai jamais vu un truc pareil, à croire que celui ou celle qui l’a écrit a tout fait pour nous emmerder… PFIUUU ! Bien sûr, j’ai interprété, j’ai traduit en « bon français » et je suis sûr de mon coup.

- J’te fais confiance, t’es un crack tu sais ? Allez fais voir.

- Ouais, mais ça te coûtera l’apéro ce soir !

- D’ac. On s’retrouve chez Nicole.

Nicole c’est le petit rade situé rue Séguier juste à côté, c’est aussi leur « cantine ».

Chauguise lit la traduction proprement dactylographiée.

Monsieur le commissaire Chauguise.

Je suis pris de remords, et je tiens à me confesser. C’est moi qui le 12 avril 1948 ai tué Madame Simone Dugroin, qui habitait Aubervilliers.

Elle était ma maîtresse et avait décidé de rompre, je ne l’ai pas supporté, dans un accès de folie je l’ai étranglée, et enterré son corps en forêt de Chantilly, près de la « table ronde ».

Suivait la description de l’endroit exact où l’on pourrait retrouver le corps.

Après cette horreur, je suis retourné en Italie mon pays d’origine, vous ne me retrouverez jamais, mais je tenais à cette confession.

Chauguise réfléchit, puis décroche le biniou et demande qu’on lui passe le commissariat d’Aubervilliers.

- Allo Francis ? Salut, c’est Chauguise.

- Ah salut ! Ça roule ?

- Ouais, pas trop mal... Dis voir, Simone Dugroin, ça te dit quelque chose ?

- Oui ! Elle a été portée disparue en avril ou mai 48, si ma mémoire ne me joue pas des tours.

- Chapeau mec, c’est le 12 Avril 1948 ! T’as une mémoire éléphantesque !

- Tu sais Chauguise, ça nous a paru un peu louche cette disparition, et puis je me suis rafraîchi la mémoire quand la mairie d’Aubervilliers nous a signalé que le gus voulait se remarier.

- Ecoute Francis, tu peux le convoquer, et je te demande d’être présent, si toutefois ça ne t’emmerde pas, c’est TON enquête après tout :

- Non, pas du tout, je vais le convoquer mercredi pour 15 heures, on aura le temps d’aller casser une croûte, je connais un restau route de Flandres pas dégueu !

- Banco, et merci, je serai accompagné de mon adjoint, biscotte j’aime pas conduire.

Ce petit restau bien sympa, dans lequel on leur a servi une rouelle de veau accompagnée d’un Juliénas, les a mis de bonne humeur.

En arrivant dans le commissariat de banlieue, ils repèrent Robert Dugroin qui se tortille sur un banc en les attendant. Nos deux commissaires et Julien, ont une bonne heure de retard, « histoire de le faire mijoter », a déclaré Chauguise.

En les voyant Robert se lève. ;

- Comm..

- Oui, oui, on va vous appeler.

Un quart d’heure plus tard, Le commissaire Francis Choupan fait entrer Robert Dugroin dans son bureau. Chauguise et Julien sont un peu en retrait.

- Asseyez vous, Monsieur Dugroin, je vous présente le commissaire Chauguise, et son adjoint l’inspecteur Crafougnard.

Petit hochement de tête respectueux envers les sus nommés.

- Monsieur Dugroin, le commissaire Chauguise a reçu une lettre vous concernant directement.

Alors Chauguise tend la lettre à Robert, il s’agit d’une copie de l’original. Ce dernier la saisit, puis commence à la parcourir assez rapidement.

- Mais… Mais cet homme s’accuse d’avoir tué ma pauvre épouse, il indique même le lieu où il l’a enterrée, je pourrai lui donner une sépulture décente. Cela m’attriste bien sûr, mais d’un autre coté maintenant que je suis officiellement veuf, je vais pouvoir me remarier.

- Ça m’étonnerait mon gars, lâche Chauguise, figure-toi que tu viens de lire ce charabia en deux minutes, alors qu’il a fallu deux jours à mon meilleur spécialiste pour déchiffrer TA bafouille….



(D’après une histoire vraie)

* Doublard : nom donné au co-équipier des ouvriers qui faisaient équipe.

jeudi 5 avril 2012

Scout toujoursDe notre liberté de penser

Mon dernier billet traitant d'un sujet ô combien délicat, j'ai pris la précaution de bien m'informer avant d'écrire n'importe quoi afin ne pas me laisser aller à des pulsions compassionnelles. En surfant sur internet, je suis tombé sur une interview d'Alain Soral qui donnait son avis sur le sujet et dont le discours m'était apparu assez intéressant. Ce monsieur un peu speedé au demeurant, mais semblant animé d'une très vive intelligence, je décidai de visionner plusieurs autres de ses films : dans l'un d'eux, j'appris ô surprise, qu'il semblait adhérer aux thèses négationnistes de M. Faurisson. Je savais que Dieudonné avait lui aussi beaucoup de sympathie pour ce dernier, et pour cause... Mais là, cela faisait deux cas, c'en était trop pour l'historien en herbe que j'étais. Même si je n'y croyais pas, je me devais au moins d'écouter le discours de ce Faurisson, au moins pour me faire une opinion. Je vous rassure de suite, son discours est loin de m'avoir convaincu car il n'apporte pour moi aucune preuve et quand bien même il y en aurait, que m'importe après tout que les prisonniers des camps aient été gazés ou fusillés, ils ont été tués, c'est pour moi l'essentiel.

Le même jour, j'apprends que Sarko 1er qui n'en rate pas une, se met à crier haut et fort qu'après une telle affaire, il faut légiferer : dorénavant seront punis de prison tous les internautes coupables d'avoir consulté des sites qui prônent la violence et l'antisémitisme. Santa Madre de Dios, heureusement que personne ne m'avait vu !

Avec mon insouciance habituelle, je continuai mes vagabondages internautiques surfant de youtube à Facebook en passant par quelques blogs plus ou moins recommandables... Et soudain, en consultant Facebook, un frisson me traverse le corps, tous mes poils se hérissent en même temps lorsque je découvre avec stupeur que mon nom figure en toute lettres, au vu et au su de tous les internautes annonçant que le docteur Scoot a consulté les clips de Faurisson et de Soral ! J'étais dénoncé ! Qu'allait-il m'arriver, fallait-il appeler un avocat ou fuir à l'étranger, ou alors changer de nom, je connaissais un bon chirurgien esthétique qui en le payant bien pourrait rendre mon visage méconnaissable ? J'allais être honni de tous mes amis et même mes enfants se détourneraient de moi, me reniant devant leurs camarades de classe... Je restai donc enfermé chez moi pendant plusieurs jours, dans l'état de prostration que vous pouvez imaginer, d'autant que malgré tous mes efforts pour effacer les traces de mon crime, mon nom réapparaissait aussitôt sur Facebook "le docteur Scoot a consulté..."

Durant ces jours de solitude extrême, chaque coup de sonnette, chaque sirène de police me faisaient craindre l'arrivée des gendarmes devant ma porte, j'en faisais des cauchemars, me réveillant en sursaut la nuit en criant "non, non, ne m'enlevez pas mes enfants, je suis innocent !"

Les journées passées enfermé étant très longues, l'ignorant que je suis eut le temps de se renseigner sur tout ce qui existait en matière de privation de liberté de penser dans notre pays : une loi affirmait que le génocide était arménien et non pas Algérien, et encore moins vendéen. Une autre loi affirmait que la colonisation était positive. Une autre encore définissait avec restriction la notion de crime contre l'humanité ! Avec de telles lois je ne pourrai donc plus m'adonner à ma passion d'historien.

Soudain, je fus pris d'une crise de révolte et sortis à moitié nu dans la rue en hurlant des propos incohérents "Mort aux flics, laissez moi penser, vive Platon et vive la dialectique !"

Voila ce qui m'est arrivé monsieur le commissaire, c'est pour cela qu'on m'a arrêté à moitié nu dans la rue ce matin.

lundi 2 avril 2012

Tant-BourrinEspèces de pauvres contes (3)

Cela faisait longtemps, longtemps que nous n'avions pas dépoussiéré quelques vieux contes pour illuminer les soirées de vos bambins... C'est chose faite aujourd'hui, avec trois nouvelles historiettes à leur conter !

C'est parti ! Il était une fois...


Hansel et Gretel

Hansel et Gretel sont les enfant d'un pauvre ajusteur-fraiseur qui s'est retrouvé ruiné lors de la crise économique pour s'être fait refourguer un tas de subprimes, présentés comme un placement de bon père de famille, par un employé indélicat de la Caisse d'épargne. L'épouse du bûcheron, belle-mère des deux mioches, convainc son mari d'aller les perdre dans la forêt, histoire d'alléger un peu les charges familiales et de pouvoir bouffer autre chose que des pâtes Lidl (et accessoirement de ne plus avoir à prononcer ces deux prénoms ridicules qui lui écorchent la gorge à chaque fois qu'elle doit les appeler).

Mais voilà, Hansel et Gretel, qui s'étaient planqués dans l'armoire de la chambre à coucher parentale pour mater les vieux faire zig-zig, ont tout entendu. Le lendemain, ils font un stock de cailloux blancs et les sèment sur le chemin derrière eux pour marquer le trajet à travers la forêt, ce qui leur permet de rentrer tranquillos chez eux, au grand dam de leur belle-mère. Celle-ci, après avoir pris soin cette fois de vérifier que les sales gosses n'étaient pas encore cachés dans la chambre, persuade son mari de retenter sa chance en essayant de les perdre à nouveau. Celui-ci se laisse d'autant plus facilement convaincre que le bois de Boulogne n'est pas dénué d'attraits pour les papas sans enfants.

Prétextant une sortie au jardin d'acclimatation pour les appâter, il entraîne ainsi de nouveau ses enfants dans la forêt. Hansel et Gretel se retrouvent marrons : ils n'ont pas vu venir le coup (ce qui illustre leur piètre niveau intellectuel) et doivent se résoudre à semer la seule chose qu'ils ont dans leurs poches, à savoir leur bloc de cannabis qu'ils émiettent de-ci, de-là. Comme prévu, le paternel s'enfuit en courant une foi rendu au plus profond des taillis.

Hansel et Gretel se réjouissent déjà en imaginant la tête de leur belle-doche quand ils rentreront à l'appart le soir-même. Hélas pour eux, tout le chichon dont ils ont balisé le chemin a été entre-temps fumé par les moineaux, qui restent là, hébétés, à rigoler bêtement dans l'herbe. Hansel et Gretel tordent le cou à ces sales bêtes pour se passer les nerfs, puis se mettent en quête d'une âme qui vive et qui pourrait les secourir.

Soudain, au détour d'un chemin, ils aperçoivent au loin une maison, toute de pain construite, dont ils ignorent le propriétaire : une méchante sorcière. Ils se mettent en route vers la demeure en se lêchant d'avance les babines.

Ils ne l'atteindront toutefois jamais : passant près d'un bosquet, le petit Poucet, qui s'y était mis en planque, surgit brusquement et leur fracasse le crâne à grands coups de gourdins, histoire de leur apprendre à plagier ses aventures. Non mais !



Blanche-Neige

Dans un pays fort lointain, une reine, un jour qu'elle a ses ragnagnas, se désole encore une fois de ne pas avoir d'enfant. Voyant les gouttelettes de sang qui s'écoulent de son entrejambe sur la neige et sur lesquelles viennent se jeter les corbeaux dès qu'elle s'éloigne, elle se met à rêver avoir une fille aux lèvres rouges comme le sang, aux cheveux noirs comme le ramage des sombres oiseaux et à la peau blanche comme la neige. S'en ouvrant à son amant sénégalais, celui-ci prend assez mal le dernier terme de la description et quitte le palais en claquant la porte. Ceci n'empêche pas la reine d'accoucher quelques mois plus tard d'une fille en tout point semblable à celle dont elle rêvait, car cette salope de reine trompait son amant avec son roi de mari. Après avoir longtemps hésité entre Monique ou Josiane, on baptise le bébé Blanche-Neige.

Comme tout finit par se payer ici-bas, la reine meurt en couche. Le roi, passé la période de deuil syndical, se trouve une nouvelle épouse bien gaulée, histoire s'assouvir ses instincts lubriques. Mais voilà : la méchante belle-mère de Blanche-Neige est imbue de sa propre beauté, qu'elle a accessoirement payée au prix cher, à coup de collagène, de silicone et autres botox. Tous les jours, elle interroge son miroir magique pour qu'il lui confirme qu'elle est bien la meuf la plus bonnasse du Royaume.

Mais un jour, le miroir magique, qui a un penchant pour les petits seins bien fermes et les petits culs bien rebondis, répond à la reine que, finalement, il trouve que Blanche-Neige est devenue plus belle qu'elle et qu'il lui ferait bien son affaire, lui, à la gamine. Pour le coup, la reine est très véner : elle ordonne à un garde d'emmener Blanche-Neige en forêt, de la tuer et de lui ramener son cœur comme preuve.

Le garde, qui secrètement aimerait bien se taper Blanche-Neige lui aussi, laisse la vie sauve à celle-ci et ramène à la reine un foie de veau acheté au Shopi du coin. La reine est nulle en anatomie et ne détecte pas le subterfuge.

Blanche-Neige, pendant se temps, perdue au cœur de la forêt, découvre une étrange maison, vide de ses habitants, dont l'unique chambre comporte sept lits. Épuisée, elle s'y endort. Les sept nains qui habitent là, rentrant de l'usine, la découvre encore assoupie. Leur sang ne fait qu'un tour dans leur bite : ils organisent illico une tournante. Blanche-Neige va ainsi devenir le jouet sexuel des sept gnomes lubriques.

Pendant ce temps, le miroir magique cafte tout à la reine, qui pique encore sa crise. Elle congédie pour faute grave son garde sans indemnités de licenciement et décide d'agir elle-même : elle prend l'apparence d'une vieille femme et s'en va toquer à la porte de la maison des sept nains, alors que ceux-ci sont au taf. Blanche-Neige, les traits tirés par les joutes sexuelles imposées par les sept rabougris, ne se méfie pas et croque dans la barre de céréales hypervitaminée à la pomme que la vieille lui propose de goûter pour se requinquer.

La barre était empoisonnée et Blanche-Neige s'effondre, raide morte. Les nains rentrent à ce moment-là, plus tôt que prévu car il y a un débrayage à l'usine pour exiger une seconde pause-pipi hebdomadaire. Ils aperçoivent le cadavre de leur esclave sexuelle et en sont fort marris car ils comprennent qu'ils vont devoir recommencer à se tirer seuls sur l'élastique, comme avant. De rage, ils poursuivent la vieille femme, la coincent dans un bosquet, et la baise par tous les trous avec tant de vigueur qu'elle rend l'âme. Revenus à leur gîte, ils mettent le cadavre de Blanche-Neige à poil dans un cercueil de verre, histoire de pouvoir encore se faire dégorger le poireau en la mâtant, tout en évitant qu'elle pourrisse trop vite.

Un prince charmant, passant par là, l'aperçoit et en tombe raide dingue ("raide" étant à considérer dans toutes ses acceptions). Il décide de l'emporter dans son château, au grand dam des sept nabots. Mais, dans son excitation, il fait choir le cercueil de verre. Sous le choc, un bout de barre hypervitaminée se décoince de la gorge de Blanche-Neige, qui se réveille aussitôt.

Émerveillé, le prince se jette aux genoux de Blanche-Neige pour lui demander sa main (et, accessoirement, mater de plus près sa foufoune). Ils se marient, vivent heureux et ont beaucoup d'enfants, jusqu'au jour où le prince, alerté par la morphologie de sa progéniture, fait faire un test de paternité et découvre le pot-au-roses : Blanche-Neige continue à fricoter en douce avec les sept nains.



La Barbe bleue

Un seigneur plein aux as a une barbe de couleur bleue, qui lui vaut le surnom de « la Barbe bleue », les bouseux du coin manquant singulièrement d'imagination. Comme il a une tronche de cake mixé et une haleine de rat musqué, il dégoûte les femmes. Mais grâce à sa fortune et à ses grosses bagnoles, il a déjà tiré un paquet de meufs.

Un jour, il propose la botte à une des filles du voisinage. Appâtée par la tune, elle vient s'installer au château du barbu. Celui-ci doit partir un jour en voyage. Il confie à sa nouvelle meuf un trousseau de clés qui ouvrent toutes les portes du château, mais il lui interdit formellement de pénétrer dans une petite pièce.

A peine a-t-il franchi le pont-levis qu'elle se rue naturellement dans la petite pièce en question. Ce qu'elle y découvre l'horrifie : une sex tape de « la Barbe bleue » et de la Schtroumpfette, dans laquelle il lui fait un long broute-minou... Elle comprend soudain mieux d'où lui vient la couleur de sa barbe !

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