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dimanche 10 février 2013

Tant-BourrinGuerre et pet

Ce jour-là, le garde-frontière Arturo Verbottsky-Dupond se sentait un peu ballonné. Sans doute aurait-il dû ne pas abuser des féculents lors de son déjeuner, mais Conchita Steinsteigger-Pichon, la cantinière du poste de douane, préparait les flageolets avec tant de talent qu'il n'avait pu résister et s'était resservi deux fois.

Après s'être éloigné de quelques dizaines de mètres du poste et assuré qu'aucun de ses collègues ne traînait alentours, il relâcha ses sphincters dans une gigantesque flatulence sonore qui lui fit le plus grand bien. Les tripes apaisées, il regagna le bâtiment pour aller taper le carton en attendant l'heure de la relève.

Les choses auraient dû en rester là. Malheureusement, elles ressemblent à de sales gamins excités et désobéissants : elles ne tiennent pas en place.

Le vent était ce jour-là orienté est-ouest, c'est à dire de la Pantalouchie vers le Gouzighoustan du Nord. Le sous-sous-brigadier Gunther Pepito, de l'autre côté de la frontière, urinait discrètement dans un buisson pour éliminer le trop-plein de bière de chou-rave qu'il avait ingéré avec ses collègues. Il faut dire que les toilettes du poste de garde étaient bouchées depuis de longs mois et que, faute de crédits, les gardes gouzighouzes avaient dû se résoudre à faire leurs besoins sous le regard placide des petits oiseaux.

Le sous-sous-brigadier urinait donc quand une étrange détonation le fit sursauter. Il jura : dans son sursaut, il avait arrosé le bas de son uniforme. Mais l'énervement laissa poliment sa place à la frayeur : une étrange odeur fétide se répandait alentours.

Bien sûr, on l'aura compris, il s'agissait là des effets sonore et olfactif de la grosse caisse lâchée par Arturo Verbottsky-Dupond de l'autre côté de la frontière, mais Gunther Pepito n'avait pas lu le début de cette histoire et l'ignorait donc.

Il se précipita, tout tremblant, vers le poste, sans même avoir pris le temps de ranger son matériel d'arrosage.

- Chef ! Chef ! Les Pantalouches attaquent !

Le sous-brigadier Wladimir Pronto écouta avec attention son sous-sous-brigadier, qui lui décrivait l'attaque chimique dont il avait été la victime. L'affaire remonta immédiatement jusqu'au brigadier Helmutt Rabanete qui, jugeant l'affaire de la première gravité, dressa un rapport en trois exemplaires qu'il fit parvenir à son cousin par alliance, Winston Ravioli, qui travaillait au Ministère gouzighouze des affaires étrangères.

Bien que ce dernier ne fût que technicien de surface au Ministère, il rédigea, en dehors des heures de bureau, pour faire plaisir à son cousin Wladimir, une lettre de vive protestation sur papier officiel avec l'entête de la République Démocratiquement Populaire du Gouzighoustan et l'adressa à l'ambassade de Pantalouchie.

Le chef de cabinet de l'ambassade, Genarro Zchwolmiskz-Duval, faillit s'étrangler en avalant de travers son sandwich banane-mozzarella lorsqu'il parcourut la lettre en question deux jours plus tard. Il y avait de quoi : jamais encore il n'avait eu l'occasion de recevoir un courrier officiel commençant par "Connard d'ambassadeur putride et gluant". Le texte qui suivait était assorti à cette entame fracassante et bourré de fautes d'orthographe. Ces Gouzighouzes du Nord étaient décidément des sauvages mal dégrossis !

Une cellule de crise fut vite réunie. Après avoir pris des consignes auprès du Ministère Extérieur aux Affaires de Pantalouchie, une réponse circonstanciée fut adressée aux autorités gouzighouzes par voie diplomatique, qui commençait par : "toi-même, trouduc !"

L'enquête diligentée sur place n'avait apporté aucun éclaircissement sur les "essais d'armes chimiques" qui auraient été pratiqués à proximité du poste frontière de Puerta del Schlumppsbrück, mais refusant néanmoins pour le principe de céder à l'ultimatum adressé par les Gouzighouzes et aux menaces de riposte armée en cas de nouvel essai, la réponse apportait un démenti formel aux allégations formulées et, au contraire, accusait les autorités pantalouches de pratiquer un épandage de produits neurotoxiques à proximité de la frontière dans le sens de l'écoulement des eaux et d'empoissonner les nappes phréatiques.

Ces graves accusations eurent l’heur de provoquer le courroux de Benvenuto Schlupfkopf-Chouinard, le Ministre des armées de la République Populairement Démocratique de Pantalouchie. Évidemment, il ignorait que les accusations des Gouzighouzes étaient très partiellement fondées, même si la nature du produit épandu dans les buissons n'était pas vraiment celle évoquée. Mais un Ministre des armées ne peut pas être au courant des problèmes de chiottes bouchées dans un petit poste frontière.

La mobilisation générale fut décrétée en Pantalouchie et la guerre déclarée au Gouzighoustan du Nord.

Immédiatement, le Gouzighoustan du Sud entra dans le conflit en faisant alliance avec la Pantalouchie, juste histoire de faire chier les Gouzighouzes du Nord.

Une première colonne de blindés franchit la frontière et pénétra sur le territoire gouzighouze. Malheureusement, la pente était assez forte et le sol plutôt boueux entre la Pantalouchie et le Gouzighoustan, tant et si bien que les tanks, emportés par leur élan, franchirent également la frontière avec le Guanoplano.

Les autorités guanoplanèques en prirent légèrement ombrage et firent décoller trois chasseurs pour aller procéder à quelques tirs de missiles en territoire pantalouche en guise de riposte graduée.

Malheureusement, Yamashita Rapoposandratanamanarive, le commandant de l'escadrille ne respecta pas le plan de vol et, pour aller plus vite, coupa tout droit et viola l'espace aérien mastoule.

Comme les forces armées de la Mastoulie étaient sur le qui-vive depuis le début du conflit dans la région, la défense anti-aérienne abattit les trois chasseurs, ce qui chagrina beaucoup le pouvoir guanoplanèque qui déclara la guerre à la Mastoulie, en même temps d'ailleurs que le Kamtchabwé sur le territoire duquel les avions s'étaient écrasés.

Face à l'embrasement général de la région, une séance extraordinaire du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Démunies fut organisée. Malheureusement, les intérêts des membres permanents du Conseil étaient fort divergents dans la zone du conflit.

Ainsi, la Fédération de Roussie était fortement présente au Gouzighoustan, qui constituait un gros débouché pour ses ventes d'armes et dont le sous-sol regorgeait d'uranium de schiste. Les États Sunnites d'Amémèrique avaient pour leur part mis le Guanoplano sous leur coupe réglée, allant même jusqu'à placer un homme à leur solde à la tête du gouvernement local. De son côté, la République Populaire de Choune avait quasiment acheté le Kamtchabwé. Quant à la Flanche, son représentant aux Nations Démunis se lançait dans de grandes tirades enflammées mettant en avant les droits de l'homme (et laissant, plus discrètement, le droit de continuer à exploiter le sous-sol de la Mastoulie en arrière).

Dans ces conditions, inutile de préciser que toute recherche de consensus en vue de l'adoption d'une résolution était vouée à l'échec : les débats houleux s'engluèrent dans des postures irréconciliables, jusqu'au jour où le représentant amémèricain, par ailleurs membre actif de la NFA (National Flingot Association), excédé par une insulte du représentant rousse qui l'avait traité de "galopin" (à cause d'un accent tonique mal placé par le traducteur, le représentant rousse l'avait en fait qualifié de "gros enculé chiasseux"), dégaina un gros calibre et l'abattit en pleine séance.

Le garde du corps du représentant rousse, vexé de voir qu'il allait perdre son boulot, défourailla aussi sec et transforma le représentant amémèricain en enseigne publicitaire pour le ketchup. Accessoirement, dans son dépit, il avait arrosé un peu large et abattu quelques représentants de nations diverses, dont celui de la Choune.

Les premiers missiles intercontinentaux furent lancés dans l'heure qui suivit, transformant nombre de mégapoles en poussière grisâtre et fumante.

Heureusement, toutes les choses, même les pires ont une petite faim : quand il apparut à tous les dirigeants que les perspectives de croissance économique liées à la reconstruction seraient suffisantes pour générer une période faste d'activité et de commissions occultes, un bel armistice fut signé par tous les belligérants (dont aucun toutefois ne reconnut sa défaite, hormis la république de Tulavu, île du Pacifrique qui se trouvait désormais à 500 mètres sous la surface de l'océan) . Dans la foulée, on érigea partout de beaux monuments pour perpétuer le souvenir de ce terrible carnage (deux milliards et demi de morts), en se jurant "plus jamais ça".

En, de fait, une longue période de paix radieuse s'ouvrit enfin pour l'humanité.

Enfin, disons plutôt : une période modérément longue.

De trois mois environ.

Jusqu'au jour où Conchita Steinsteigger-Pichon, cantinière au poste frontière de Puerta del Schlumppsbrück, se dit : "tiens, au fait, ça fait bien longtemps que je n'en ai pas fait : si je préparait des haricots pour le repas de midi ?"

mercredi 6 février 2013

AndiamoGay gay marions-nous !

J’aurais pu vous parler du mariage pour tous mais rien à foutre : ça ne me sert pas de dentifrice ! Et puis j’ai le droit de le dire, quand je vois deux mecs se rouler une pelle ça me gêne, deux nanas aussi d’ailleurs ! Déjà faire la bise à un homme… Je ne fais pas, alors une pelle !

Vous imaginez, Gabin et Ventura se rencontrant sur un plateau et se faisant la bise !

Certains diront il veut casser du pédé, meuh non je ne casse pas des briques, ni quatre pattes à un canard alors….

En attendant Flamby au lieu de s’occuper des chomdus, du pouvoir becqueter de ses concitoyens… Il emmerde le monde avec le mariage pour tous, on n’en a rien à foutre gros plouc ! A propos on engraisse sa maîtresse à Culbuto ! Même pas pacsé, et Rotweiller a droit à un bureau avec secrétaire et tout le toutim, un président normal en somme !

Et encore, vous avez remarqué ? Il n’y a plus un téléfilm sans voir deux mecs se raboter la culasse ou deux gonzesses se tondre la pelouse. Comme disait Coluche :

-Ils ne se reproduisent pas mais il y en a de plus en plus !

Hè ! Debout les damnés de la terre ! On va pas se laisser emmerder avec de faux problèmes.

Voilà quand il faut il faut... AAAAH ça fait du bien ! Je ne suis pas politiquement correct ? Par contre l'industrie automobile se casse la gueule, des milliers d'emplois jetés à la rue ça c'est un VRAI problème. Je viens d'entendre à la radio que depuis quatre ans ce sont plus de mille usines qui ont fermé, ça c'est un problème de société, un vrai ! Pas de l'enfumage, d'ailleurs je ne suis pas convaincu que ça leur plaise aux homosexuels tout ce battage médiatique, il est par contre nécessaire de protéger vis à vis de la loi les couples hétéros ou homos vivant ensemble par un VRAI PACS... ça oui !

Habituellement l'hémicycle est quasiment vide au moment des débats.. Là il était gavé ! Même la nuit, vachement important le mariage homo. Citroën à Aulnay va fermer ? ça reste anecdotique.

-Debout les forçats de la faim !

Allez Culbuto retrousse tes manches... Ah ! C'est déjà fait avec tes costars trop courts.

Je n'ai pas l'habitude d'écrire des billets "politiques" mais là ça me gave... Mais ça me gave !

Un ch’tiot crobard pour illustrer, ch'tiot crobard que j'ai fait il y a au moins trois ans !

samedi 2 février 2013

celestineLe plus grand amour de ma vie

A quatorze ans, j’ai rencontré le plus grand amour de ma vie. Mon père, ce héros, venait de m’offrir mon premier vinyle de Georges Brassens. Un beau « trente-trois tours » ocre brun, avec un atelier de luthier en couverture.

Mon paternel, anar dans l’âme, avait dû penser que j’étais assez grande pour écouter des chansons sulfureuses ou considérées comme telles par les bigotes et les pisse-vinaigre… Ce fut un éblouissement. Si si, je vous assure ! Quelque chose de tellement impérieux, de tellement juste et évident que cet amour ne s’est jamais démenti depuis… un certain nombre d’années.

Je vais vous étonner sans doute, mais je crois qu’il ne se passe pas une seule journée sans que je pense à lui, soit que je le fredonne, soit que je cite un de ses bons mots. Brassens, comment vous dire ? C’est ma seconde nature. C’est ma référence, mon viatique, ma consolation par temps agité.

Brassens, c’est une écriture. Une éthique. Un regard. Une poésie. Et aussi une musique incroyablement universelle. Un peu jazz, un peu swing, un peu blues. Et pas si binaire que ça. A dix-sept ans, je me suis mise à la guitare, pour pouvoir jouer Brassens, me l’approprier. La tête de mon père la première fois que je lui ai chanté la mauvaise réputation ! Trois accords, la mineur, mi, fa… et toute la magie de l’univers de Brassens dans cet inénarrable façon de marquer le rythme en opposant le pouce aux quatre autres doigts : POUM PAPOUM PAPOUM… Après j’ai diversifié les accords et varié les arpèges… Tiens, rien que de vous en parler, là, j’ai des fourmis dans les doigts.

Brassens, quand j’étais encore pucelle, c’est lui qui m’a délurée en m’apprenant tout un tas de mots que je ne connaissais pas… Ne vous moquez pas, je suis allée chercher souvent dans le dictionnaire, à cette époque-là. Tout un florilège de vocables étranges qui éloignaient l’enfance que je perdais peu à peu comme un manteau trop petit. Les filles de joie, les proxénètes, les claques et les tapins, la bandaison (papa, ça ne se commande pas !), l’ultime érection de l’Ancêtre, faire la bête à deux dos, les pensées interlopes de Pénélope, et les trompes de Fallope de Mélanie, qui se faisait reluire la pastille avec un cierge consacré ; et bien avant de passer à la pratique, j’ai fait tranquillement mon éducation sexuelle de chanson en chanson, tandis que ma mère, cette sainte femme, me croyait sagement occupée à faire mes devoirs.

Son petit théâtre m’enchantait par ses personnages hauts en couleur. Je découvrais que son monde était rempli de voyous au grand cœur, de filles accortes et pas chiches de leurs charmes, de femmes mariées à la recherche du grand frisson, de cocus sympathiques et de flics débonnaires ou très cons. Je m’émerveillais de ces petites fables au décor si bien campé en quelques mots, l’Orage, la Fessée, le Mouton de Panurge…

Je pleurais sur les Passantes, et Jeanne, la taulière au grand cœur, qui n’a pas eu d’enfants, mais qui a tous les enfants de la terre de la mer et du ciel….

En arrivant à Paname, la première fois, quel ne fut pas mon émerveillement de découvrir les noms de rues mythiques (pour moi) qui avaient bercé mes jeunes années. La rue de Vanves, la Porte des lilas, la rue Froidevaux, la rue Didot, le Père Lachaise, Champerret, Charonne…

Comme je le disais récemment à Blutch, Brassens m’a aidée à apprivoiser la camarde, en semant des fleurs dans les trous de son nez… L’autodérision, l’humour noir, la tendresse, la liberté, l’irrévérence, la modestie, tellement de valeurs que ce père spirituel m’a apprises pour toujours.

Un été, à une terrasse de café, un chanteur de rue chantait Brassens. Voyant sur mes lèvres que je reprenais toutes les paroles, il s’approcha de moi à la fin du concert, et me dit qu’il avait apprécié que je sois « bon public ». Il ne pensait pas si bien dire. Il faut dire que nombre de spectateurs étaient hollandais ce soir-là, allez donc traduire « pour donner la gougoutte à son chat » dans la langue d’Erasme… Je lui répondis que je connaissais par cœur tous les textes de Brassens. Je vis à son air goguenard qu’il ne me croyait pas. S’asseyant alors à notre table, il dut vite se rendre à l’évidence : je les connaissais toutes, y compris les plus méconnues. Nous nous livrâmes à un bœuf mémorable.

Il y a une chanson de Brassens pour chaque situation de la vie. Tiens, vous avez remarqué que lorsqu’on annonce la mort d’Untel dans les journaux, tout à coup le voilà paré de toutes les qualités… C’était un homme exceptionnel, et patati, et patata… Moi je fredonne automatiquement la chanson du Temps Passé « Les morts sont tous des braves types… » Vous étonnerai-je si je vous dis que j’ai donné à ma fille le doux prénom de Margot ?

Et pour ceux qui auraient encore des doutes sur cet amour ravageur et inconditionnel, je vous invite à aller lire (ou relire) mon texte marathon construit à partir de ses titres… http://celestinetroussecotte.blogspot.fr/2012/02/la-lettre-n.html

Après ce tour d’horizon des mille et une raisons que j’ai de l’aimer, je vais, en bonne maîtresse d’école, vous rouler un patin à chacun, (euh, les filles c’est seulement si vous y tenez absolument…je sais bien que c’est à la mode mais bon, moi, je serais plutôt une hétéroïne de roman). C’est pour moi une façon de lui rendre hommage en appliquant par là un de ses plus jolis conseils:


Des grands aux p'tits en allant jusqu'aux Lilliputiens, embrasse-les tous, Dieu reconnaîtra le sien

mercredi 30 janvier 2013

Tant-BourrinSortez couverts ! (ou les aventures de Sigismond la fourchette) (2)

La première série des aventures de Sigismond la fourchette vous a plu ? Eh bien réjouissez-vous (ou pleurez, si la réponse est "non") : voici une nouvelle salve !

A taaaable !




Fork-ast


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Que n'ai-je prévu ça ?


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Il reste un peu de rad ?


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Les dents de la mort


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A corps et à griffe


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Nous entrerons dans la carie hier


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Denture-lutte


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Faits liens pour l'autre


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samedi 26 janvier 2013

AndiamoLes fées

Ah la vache ! Y’en a qui racontent que les fées se sont penchées sur leur berceau quand ils ou elles sont nés… Elles sont arrivées avec plein de bons trucs :

- Une voix de miel, j’imagine les mouches autour….

- Quand tu parleras, des roses sortiront de ta bouche…Tu parles d’une saloperie, oui ! T’imagines dès que tu ouvres la gueule… Crac ! Interflora qui livre !

- Tes dents seront des perles.. pourvu qu’elle n’en lâche pas trop des perles !

- Tu auras des jambes de faon … Et des cornes de cerf ?

Moi aussi, elles sont venues, y’avait dans l’ordre : Pochtronnette, Lichtronnette, et Borracio, une vague parente Ritale qui aimait surtout se murger !

Avant même de venir me voir dans mon petit berceau bricolé à partir de la caisse du chat… Ben quoi ? On n’était pas bien riches chez moi, et quand il fallait retirer de la paye le paquet de gris du père, le douze trous de Préfontaine et les revues pornos qui traînaient un peu partout , il ne restait pas grand’chose !

Moi, j’étais comme qui dirait « l’accident de bidet » : ben oui, autrefois, point de pilule, alors les plus adroits sautaient en marche ! Les autres, ils se démerdaient, c’était les grandes ablutions… Ça vous laisse rêveurs ? Tas de nantis, tas de « baise à l’aise », la pilule ça a bien arrangé vos patins (les miens aussi au passage).

Et pis ça n’avait pas été une bonne idée de lui chourer sa caisse au furtif, biscotte il balançait ses pêches un peu partout... Après.

Alors on a dû s’en séparer, et comme on n’ était pas bien riches, j’vous l’ai déjà dit ? Ah bon ! Eh bien, on a bouffé du civet, vachement bon le civet, sauf que j’avais jamais vu un lapin avec une queue aussi longue ! Ma mère, elle nous a raconté que c’était un lapin de laboratoire, même qu’ils faisaient des expériences sur les pauvres bêtes afin qu’ils aient une queue plus longue ! Elle avait même ajouté, mais là j’avais pas bien compris, qu’elle allait peut-être y emmener Papa !

Les fées arrivent, la trogne enluminée comme un lampion au 14 juillet, y’avait surtout « Boracio » qui était bien allumée, elle avait emporté du « lacrima christi », c’est traître ce truc, ça vous fait l’coup du père François au troisième guindale, et pour la chanstiquer Rosa (c’est son prénom), il faut autre chose que trois godets ! Je la soupçonnais d’avoir fait une répétition générale avant, ça s’prépare ces trucs-là !

Elle arrive en titubant comme on dit dans les mauvais roman, moi je dirai, qu’elle faisait des fautes de carre à chaque changement de pied… C’est un peu plus technique, non ?

Elle se ramène, bouscule Pochtronnette et Lichtronnette, et VLAN la gerbe au tanin ! J’étais minot, hein ? Eh bien, je m’en souviens encore ! Tu penses, brûlure de pinard au deuxième degré, ça pardonne pas ! Même qu’après, chez moi, on m’appelait « vitriole », rapport à ma tronche gaufrée comme un carton d’emballage.

Les deux autres un peu éméchées, il faut bien le dire, perdent l’équilibre : brassage de vent et moulinets.. J’t’en fou, elles s'étalent sur ma pomme, bien sûr ! Maintenant, je ressemble à un Boxer qu’aurait pété ses freins !

Et puis comme Boracio avait gueulé « Andiamo* » au moment de se viander, et bien le blase m’est resté !



*Allons… Allons-y !

mercredi 23 janvier 2013

Tant-BourrinSortez couverts ! (ou les aventures de Sigismond la fourchette)

Souris, chat, chien, cochon, canard, Ford T, et même concombre masqué : tout a déjà été imaginé en matière de héros de bande dessinée !

Tout ? Pas sûr ! Car voici, en exclusivité mondiale, les aventures de Sigismond la fourchette !




La langue a fourché


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Whirlpool à facettes


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Fumier pue


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Valeurs de droite


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Une blague de potage


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Menu contrariété


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Un cliché, c'est du déjà vu !


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Baguettes out of here !


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dimanche 20 janvier 2013

Saoul-FifreComptine pour adultes 15

A Noël, je crois bien vous l'avoir déjà dit, on a eu Billy à la maison avec ses enfants, les enfants de Blanche. La Calunette a dans les 10 ans et le Bilune, 2 ans et demi, rien à voir donc avec nos trois grands dadais de post-ados qui ne croient plus en rien, même pas en eux, ni en la magie de Noël, ni à l'arnaqueur au nez et au manteau rouge, ah si, je suis en train de médire, il y a Zoé qui croit encore dur comme fer à l'insondabilité des cartes bleues de ses parents.

Enfin, j'étais surtout parti pour vous dire qu'on s'était donc arraché les doigts du luc pour que ce soit un vrai Noël. D'ailleurs le Bilune a de suite été mis au parfum quand il m'a vu sur le quai de la gare avec ma tignasse pleine de givre, ma longue barbe poivre et sel et mon pull couleur bordeaux (trente ans de vomi). Après on lui a montré les rennes (les chèvres et puis le lama) et le traineau (une vieille carriole hippomobile). Je reconnais qu'il n'a pas neigé, et ça manquait à la perfection du décor mais vraiment, la location des canons à neige on a pas pu : ils étaient tous pris par les stations de ski au dessous de 2500 m d'altitude, réchauffement de la planète oblige.

Mais j'avais coupé une branche de cyprès qui gênait le passage du tracteur et la Calunette l'a décorée avec plein de trucs qui brillent et font pétiller les mirettes aux mômes. Et le lendemain, elle a aidé Zoé à faire la crèche, disons que Calunette était le directeur technique du chantier, du haut de ses deux ans de catéchisme. Et puis on a attendu le matin pour ouvrir les cadeaux sous le "sapin" alors que les "grands" n'attendent même pas le début de l'apéro du 24 au soir pour déchirer leurs beaux emballages, d'habitude. Et puis Calunette nous a appris des comptines modernes et puis on a chanté ensemble des plus anciennes.

La Mère Michel , par exemple...

Et tout en chantant, je me disais in peto, comme Tant-Bourrin : maimais c'est que je n'ai pas encore traduit "La Mère Michel" en comptine pour adultes et pourtant, à première vue, à la louche, a priori et en première approche, ça ne devrait pas être trop difficile à dénaturer, cette sombre histoire de fille perdue et de chat éploré, ah mais non, c'est l'inverse. Oui je suis un peu comme ce faux-frère de Charb de Charlie-Hebdo qui vient de perdre son procès en appel contre Siné qui a obtenu du journal 90 000 € d'indemnités pour licenciement abusif.

Je ne recule jamais devant l'occasion de commettre un bon vieux sacrilège mais je choisis soigneusement mes sujets pour ne pas me retrouver devant un tribunal .

C'est la mère Belles-miches qui se caresse la chatte
Elle crie par la fenêtre à qui la lui mettra
C'est le père Suce-tout-cru qui lui a répondu :
"Tes cris, la mère Belles-miches, l'immeuble en a plein le cul !"

Sur l'air du dard qui se dilate
Sur l'air du drap qui devient moite
Sur l'air de la dame qui se doigte
et qui demande du rab' !

C'est la mère Belles-miches qui lui a rétorqué :
"Prenez donc vos deux pieds et grimpez l'escalier !
Montez-moi le matou qui est dans votre pantalon
Car ma chatte l'attend, elle veut votre étalon !

Sur l'air du dard qui se dilate
Sur l'air du drap qui devient moite
Sur l'air de la dame qui se doigte
et qui demande du rab' !

Mais le père Suce-tout-cru ne tient même plus debout
Faut dire que son matou n'a plus de jus du tout
Rien ne repousse derrière la mère Suce-tout-cru
C'est la reine du quartier pour la turlutte Hutue !

Sur l'air du dard qui débande
Sur l'air du drap qui en redemande
Sur l'air de la dame qui se doigte
mais qui n'aura pas de rab' !

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