Blogborygmes

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mardi 29 mai 2012

Saoul-FifreMonsieur Laroza

Si j'ai toujours su vivre avec très peu d'argent, il m'en fallait néanmoins, je m'excuse de cette faiblesse auprès de la compagnie esgourdante. Vint un jour où, mes poches ne contenant plus que de la menue monnaie, je dus rendre visite à cette bonne vieille ANPE, ce repaire d'esclavagistes, ces pirates recruteurs ne reculant devant aucun moyen pour vous amener à signer des contrats d'embauche à vil prix. Ces laquais à la solde du patronat n'ont pas leur pareil pour vous embobiner en vous poussant à la consommation alcoolisée. Vous me connaissez, ils n'eurent pas à beaucoup insister et me firent miroiter des avantages imaginaires et des salaires mirobolants. Des étoiles lançaient des étincelles dans leurs yeux cupides et cruels et je me retrouvai nanti, au sortir des serres de leur verbiage mensonger, d'une adresse de patron potentiel, sis en la bonne ville de Bruges, pas la Venise Belge, mais la commune en périphérie de Bordeaux.

Monsieur Laroza était maraicher. Bien sûr, dès que je trouvais une maison à louer avec un terrain, j'y aménageais aussitôt un potager, par plaisir, mais je n'avais jamais fait ça en professionnel. Je le prévins avec honnêteté mais il ne tordit pas le nez sur l'info. Monsieur Laroza aimait transmettre son savoir. Et moi j'aime apprendre. Oh mon dieu le nombre de techniques, d'outils et de tours de main géniaux que j'ai pu emmagasiner en six mois passés chez ce gars là !

Le raclet. Je l'ai retrouvé sur internet sous le nom de binette provençale mais "raclet" semble bien une appellation locale médoquine. Monsieur Laroza en possédait de toutes sortes et de toutes largeurs, du petiot pour l'ail, qui ne faisait guère plus de deux centimètres de large, au gros de vingt ou trente, pour faire les interlignes. L'important était que la lame soit bien aiguisée, devant et derrière. En la faisant glisser, bien parallèle à la surface, à un ou deux centimètres de profondeur, avec un mouvement de va-et-vient, la lame coupe aisément toutes les mauvaises herbes, même celles avec une grosse racine pivotante. Le collet coupé, la racine pourrit dans le sol et ne repousse plus. Le raclet possède un manche suffisamment long pour que le maraicher ne se baisse jamais. Il se tient très droit, son geste est précis, la lame virevolte entre les plants sans en abimer un seul mais ce travail ne nécessite aucun effort : si le raclet est bien aiguisé (et il convient de vérifier son fil régulièrement) le bras ne ressent aucune secousse, aucune résistance. Encore faut-il que la terre soit parfaite pour le maraichage, sableuse, légère et sans cailloux ? Celle de Monsieur Laroza l'était, zone d'alluvions de la Jalle et de la Garonne, qui plus est amendée, améliorée par des générations d'ancêtres.

Dans ma doulce Provence, je ne pourrai me servir du raclet qu'après avoir fait appel au gros broyeur de rochers. J'y songe avec force.

Monsieur Laroza, qui ne laissait pas souvent ses neurones inactifs, avait imaginé une adaptation du système du raclet pour le tracteur. Un artisan ferronnier du coin lui avait bricolé sur ses indications une lame d'acier taillée en biseau, lui aussi soigneusement aiguisé. La lame, de la largeur du tracteur, était montée sur un bâti à l'arrière de celui-ci. Dès que nous avions fini de récolter une planche, il convenait de la désherber "en plein" pour la rendre propre à la culture suivante. Monsieur Laroza sonnait alors le ban et l'arrière-ban de sa petite entreprise pour venir faire "poids" afin que la lame s'enfonce d'au moins dix centimètres dans la terre et remplisse son office désherbant. Il s'installait dignement sur l'unique siège du tracteur et nous autres grimpions à l'arrière sur le bâti en nous agrippant (sacripants) les uns aux autres et où nous pouvions. Il y avait là dessus Madame Laroza, les deux ouvrières de l'emballage, mézigue et l'autre ouvrier, le portugais. Jamais les deux filles des patrons, toujours tirées à quatre épingles, élevées comme des demoiselles de la légion d'honneur pour leur faire oublier leurs origines bassement terriennes. Enfin on rigolait bien, à servir de poids pour que la lame arrive à s'enfoncer, c'était pas fatiguant, ça nous faisait une pause conviviale en milieu de journée. Du coup, puisque tout le monde était sur place, chacun prenait une fourche et, par des mouvements croisés en forme de X, on extirpait tous les végétaux dont la racine venait d'être tranchée. Hop hop, on chargeait les petits tas sur une remorque et hop : au compost. Tous ensemble, en une demi-heure, la planche était nettoyée.

Je vous parle de compost, de désherbage manuel, mais Monsieur Laroza n'était pas en bio. Il travaillait tout simplement par choix comme le faisaient ses parents avant lui, à une époque où les poisons chimiques n'existaient pas. S'il apercevait, dans son domaine si bien entretenu, une mauvaise herbe en train de fleurir ou pire, de grainer, la salope, son sang ne faisait qu'un tour, il se jetait sur elle et l'arrachait. Comme il travaillait comme il faut, sans cultiver deux fois la même famille de légume au même endroit, il ne connaissait pas trop la maladie.

Monsieur Laroza était d'une méticulosité extrême. Les gestes qu'il m'apprenait avaient la précision du rasoir, on sentait qu'ils se transmettaient avec ferveur d'une génération à l'autre, qu'ils avaient été testés et re-vérifiés et je me devais de les reproduire à l'identique, par respect pour le génie des anciens maraichers de Bruges. Quand il évoquait la rectitude de la marque laissée sur la terre par le cordeau, ce n'était pas une expression en l'air à traiter par dessus la jambe. Il convenait que ce soit droit, Nom de dju ! Les écarts des raies n'étaient pas non plus calculés au pif. Il possédait toute une série de gabarits-traceurs pour marquer les repères précis où nous devions placer notre cordeau, le tendre puis lui imprimer un mouvement régulier de va-et-vient, sans dévier d'un poil, avant de passer à la ligne suivante. Quand les lignes étaient tracées, un autre gabarit, ou le même, servait à indiquer l'endroit où le plant allait être repiqué sur la ligne.

Les plants se préparent à l'avance. Avec une fourche-bêche, on soulève précautionneusement un semis déjà bien levé et on rafraichit les plants, on ne garde que ceux de la bonne taille. Avec le plantoir, on fait un beau trou lisse, on lisse les racines du plant de façon à ce que tous les brins tombent verticalement, on maintient le plan à la bonne profondeur de la main gauche tandis que la droite fait avec le plantoir un nouveau trou à côté du premier et le bouche d'un mouvement de levier. La terre doit surtout être rabattue en contact étroit avec les racines. La parcelle repiquée sera arrosée mais ce serait très gênant qu'il reste un trou d'air sous les racines ! Pour le repiquage, il faut être souple. Les jambes restent droites, écartées de chaque côté de la ligne, et c'est tout le haut du corps qui se plie en avant et les mains qui travaillent au ras du sol.

L'année où j'étais chez lui, Monsieur Laroza me sembla titillé par le démon de la modernité. Nous avons fait des essais avec un presse-motte qu'il s'était fait prêter (un mélange terreau/écorce de pins) et aussi avec une planteuse Super-Prefer, que ses ancêtres ont dû faire un double salto dans leur cercueil !

Je m'étais inscrit à une formation agricole débouchant sur un BEPA (formation où s'était également inscrite Margotte, tiens quel hasard !) et lorsque le centre m'appela pour être "incorporé", je donnai mon congé à Monsieur Laroza. Ce n'est pas pour me vanter, mais ils avaient tous l'air triste de me voir partir vers un autre destin.

samedi 26 mai 2012

Tant-BourrinLe Blogbodico (16)

Allez hop ! Il est temps de faire prendre l'air à vos neurones empoussiérés et de reprendre votre infusion de culture ! Voilà une nouvelle fournée du Blogbodico, le beau dico qu'il vous faut !

Pour les petits nouveaux ou pour Andiam ceux dont l'Alzheimer est trop avancé, voici un petit rappel des épisodes précédents, à lire là : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14 et 15...

Après ça, plus personne ne pourra dire que je suis un vocabulleur !



Avortombola : (n.f.) Jeu de hasard consistant à chercher noise aux hommes chétifs, avec le risque de tomber sur un faux maigre ceinture noire de karaté. Synonyme : Ramolloterie

Blaireautomane : (adj.) Qui a des pulsions érotiques outrancières, mais se réveille toujours au matin dans les bras d'un gros lourd. Hélas, je suis blaireautomane : après l'amour, ce n'est jamais "Youpi !", c'est plutôt beauf !

Colosse-copie : (n.f.) Volonté de ressembler aux super-héros musclés des blockbusters américains, au travers d'une pratique assidue du body-building et de la prise d'amphétamines. La colosse-copie, c'est bon pour les trous du cul !

Compaustérité : (n.f.) Politique visant à restreindre la consommation et à laisser la vie d'une frange entière de la population se décomposer dans la misère. Une politique de compaustérité peut conduire à l'émergence de mouvements terreauristes

Contre-acception : (n.f.) Sens ou nuance sémantique prêtés par erreur à un mot, contresens. Il était proche de l'Académie française, mais après une contre-acception commise dans son dernier ouvrage, ça a capoté.

Crottocolère : (adj.) Relatif au courroux, à l'emportement qui s'emparent d'une personne ayant mis le pied par mégarde sur une déjection canine. "Ah bin merde alors !" s'écria-t-il sur un ton crottocolère.

Douanier du culte : (loc.) Vigile qui garde la porte d'une église pendant la messe et veille à ce que les fidèles ne s'éclipsent pas discrètement au moment de la quête. Le douanier du culte avait une coupe au bol.

Galipétarade : (n.f.) Action de rouler sur le sol après avoir posé la tête sur le sol, en lâchant de nombreuses flatulences du fait de la compression intestinale accompagnant le mouvement. Dans certains cas extrêmes, une galipétarade peut se terminer tragiquement en cacabriole.

Gonflérence : (n.m.) Exposé public particulièrement ennuyeux pour l'auditoire. Une gonflérence peut finir par tourner à la ronflérence. (voir ce mot)

Mate-lacet : (n.m.) Petit dispositif mécanique permettant de ne jamais faire de nœud inextricable en faisant ou en défaisant les lacets de ses chaussures. - Avec le mate-lacet, c'est enivrant de ne plus jamais faire de mauvais nœud en défaisant ses lacets ! - Enivrant ? Tu veux dire que le mate-lacet rend bourré ?

Micro-faune : (n.f.) Vermine de très petite taille vivant en parasite sur le corps humain, notamment dans la zone pubienne. Le beau parleur avait une micro-faune.

Occis-temps : (n.m., rég.) Terme désignant un temps mort pendant une rencontre sportive. Le mot occis-temps n'est en usage que dans le sud de la France

Régiscide : (n.m.) Meurtre d'un personne prénommée Régis, dans le but d'améliorer le niveau intellectuel moyen de l'humanité. Le régiscide peut être assimilé à une forme d'eugénisme, pour peu que le second prénom de Régis soit Eugène.

Ronflérence : (n.f.) Exposé public ennuyeux à l'extrême pour l'auditoire. La ronflérence est le stade ultime de la gonflérence. (voir ce mot)

mercredi 23 mai 2012

Scout toujoursLes Perses

Qui se souvient encore de cette colossale fresque grecque exhumée par Jean Prat pour l'ORTF en 1961 ? Cette tragédie d'Eschyle m'était apparue pour la première fois à l'époque où la télévision couleur n'existait pas. Les scènes n'en faisaient que plus vraies. Ces impressionnants personnages à la couleur de pierre étaient si authentiques qu'ils semblaient sortir tout droit des gigantesques bas-reliefs de Persépolis.

Quel spectacle grandiose pour l'enfant que j'étais. Plus tard, beaucoup plus tard, en contemplant les murs du palais de Darius, je crus revoir les perses de la frise bouger et se mettre à parler, ressuscitant ainsi les personnages de mon enfance. J'entendais la complainte des vieux gardiens du temple attendant le retour de leur armée vaincue.

Le mysticisme de Zarathoustra m'avait gagné. Aujourd'hui, en revoyant cette extraordinaire reconstitution théâtrale, je reste totalement ébloui. La pièce d'Eschyle n'a absolument pas vieilli et force mon admiration : avec quel respect et quelle empathie les grecs savaient traiter de leurs pires ennemis, quelle leçon pour nous. Tout ceci me plonge dans une inévitable réflexion : que serait devenu l'occident si Darius ou Xerxès avaient triomphé des grecs? Rome n'aurait probablement pas existé et nous non plus, qui sait, le monde aurait-il été meilleur? Rappelons que Bagdad alias Babylone, ancienne colonie Perse, deviendra plus tard le plus grand foyer culturel du monde... Mais qui étaient donc ces perses, imposants guerriers du désert à la barbe bouclée ? C'étaient ni plus ni moins les habitants de l'Iran, ce peuple dont nous ignorons tout mais que nous soupçonnons des pires intentions. Allah a pris la place d'Ahura-Mazda, et Mahommet celle de Zarathoustra. Les minarets ont remplacé les colonnes de Persépolis, mais les iraniens sont toujours perses et fiers de l'être. Alors, aujourd'hui, à l'heure où certains parlent de troisième guerre mondiale, comment ne pas s'interroger : devrons nous affronter à nouveau 25 siècles plus tard, les ennemis d'Athènes, ou aurons nous la sagesse du calife persan Haroun al Rachid* qui dès le huitième siècle, décida d'accepter la culture grecque et de la marier avec la culture orientale pour faire de Bagdad la capitale mondiale du multi-culturalisme ? Les "maisons de la sagesse" fondées par le calife, étaient d'impressionnantes bibliothèques où étaient traduits en arabe la quasi-totalité des ouvrages aussi bien littéraires, philosophiques, mathématiques, astronomiques, médicaux ou historiques, issus des différentes civilisations tant bien grecque que persane, hébraïque, indienne ou chinoise. Les savants venaient de toute part pour les consulter. Ce rayonnement dura plus de 4 siècles. Hélas, tout ceci disparut lors de l'invasion mongole de 1258...



* Le calife Haroun al Rachid, qui correspondait avec Charlemagne, est devenu plus tard un personnage des mille et une nuits (ne pas le confondre avec Haroun el Poussah qui en était un autre)

dimanche 20 mai 2012

AndiamoJe ne sais pas

J’entends, je lis aussi souvent :

C’ETAIT MIEUX AVANT !

Je ne sais pas si c’était mieux ou plus mal, mais ce dont je suis à peu près sûr, c’est que cette vie ne vous plairait sûrement pas !

Imaginez un peu : de la bouffe au compte gouttes, après la guerre tout était rationné.

Pas de télé bien entendu, à la maison la téloche est arrivé quand j’avais seize ans. Mais notre télé on allait la chercher dans la rue avec les copains.

La rue justement, pas de revêtement, de la caillasse, pour le vélo pas terrible ! Le vélo je vais vous en parler : nous n’en avions pas, j’ai donc appris très tard à monter sur un deux roues, celui de p’tit Claude, un copain de quartier. T’aurais vu la gueule du spad ! En guise de pneus, des bouchons mis bout à bout dans la jante. Chaque bouchon tenu à l’aide d’un fil de fer entortillé vaille que vaille autour de la jante !

Pas de freins bien entendu, tu arrêtais l’engin en appuyant ton pied sur la roue avant, gare quand la galoche passait dans les rayons ! Terminus tout l’monde descend, et sur la caillasse… Merci les rotules.

Pas de téléphone, j’ai eu le biniou à la maison en 1973 seulement !

Auparavant quand il fallait téléphoner : direction la poste, un sacré bout de chemin. C’était très rare que l’on téléphone, primo personne ou pas grand monde n’avait cet engin chez lui, et lorsque c’était urgent on envoyait un télégramme.

Quand le télégraphiste t’apportait un de ces petits plis bleu, tu n’en menais pas large, car onze fois sur dix : c’était une mauvaise nouvelle.

L’école…Le grand folklore, j’y suis allé en 1945, juste à la libération, directement en C.P, car à l’époque il n’y avait pas de maternelle dans ma pauvre banlieue. Des classes surchargées, 45 mômes par classe, j’aime autant te dire que ça ne mouftait pas ! Bras croisés, tête droite, lever la main pour poser une question, et ne répondre que lorsqu’on t’interrogeait.

Et puis une chose qui me turlupine : comment se fait-il que nous allions à l’école 5 jours par semaine, samedi toute la journée, repos le jeudi. La classe commençait à 9 heures, et se terminait à 16 heures 30 avec 1 heure ½ pour déjeûner. Et pas plus de vacances qu’aujourd’hui, les grandes vacances commençaient aux alentours du 13 juillet, et la rentrée sa faisait aux environs du premier octobre.

Souvent on nous faisait déchausser afin de voir si on avait les pieds propres ! Mais oui ne faites pas votre bouche en cul de poule, c’était comme ça ! Et de plus passage des cheveux au peigne fin, pour la détection des poux, les totos comme nous les appelions. Avec mes cheveux frisés comme un Rital, le peigne fin... AÏE, AÏE, AÏE...

Le soir nous écoutions la radio avant d’aller coucher. J’aimais bien la radio, les émissions présentées par Zappy Max ou Marcel Fort, sans oublier « Jaboune » Monsieur Jean Nohain.

Une émission que nous aimions particulièrement : 100 francs (des anciens) par seconde,

Un concurrent devait répondre à des questions, chaque seconde écoulée lui rapportait 100 francs, quand il chutait, le jeu s’arrêtait, et de plus ce que l’on appelait l’évènement extérieur, pouvait interrompre le jeu à tout moment.

Cet évènement pouvait être par exemple : l’arrivée d’un train voie numéro sept à la gare d’Austerlitz, ou bien le départ d’un bateau-mouche de son quai d’embarquement.

C’est à ce jeu je crois que l’abbé Pierre avait gagné une somme rondelette pour l’époque, au début des années cinquante !

En ce qui concerne le logement, nous étions privilégiés, mes parents louaient un pavillon. Ils avaient leur chambre, mon frère et moi partagions la seconde à l’étage, et ma sœur dormait en bas dans le salon transformé en piaule pour elle.

J’avais des copains qui s’entassaient à cinq dans un logement comportant une chambre et une cuisine !

Vous vous doutez bien qu’il n’y avait pas de voitures, pas une bagnole dans les rues, le panard pour les mômes. Aujourd’hui il m’arrive d’y repasser dans cette rue, plus une place le long du trottoir ! A tel point c’est qu’ils ont été obligés de les mettre en sens unique, car les autos ne pouvaient plus se croiser ! Et ce en soixante ans, soixante ans seulement !

Je ne vais pas refaire le monde bien sûr, mais enfin, tout se méritait, ainsi tu allais en sixième sur concours, aujourd’hui on monte à l’ancienneté.

Quand j’ai voulu entrer en école de comptabilité, concours également afin d’accéder à l’école de la rue Martel dans le Xème arrondisement. Plus tard comme la compta me gavait , ou bien c’est plutôt elle que je gavais, je suis entré dans une école afin d’y apprendre le noble métier (ne rigole pas) d’ajusteur, et bien re-concours !

Et oui tout se méritait ! Les dictées 5 fautes = O, les accents ½ point ! Le roi de la bulle c’était mécolle !!! A ce train j’ai été poursuivi par les études : ah ! Que n’ai-je étudié !

Et les fringues…Alors là vite fait, je l’ai déjà écrit je portais la marque : « de mon frère »

Les culottes courtes de mon frère

Les pulls de mon frère

Plus tard le vélo de mon frère, et comme je l’ai déjà dit : pas ses copines hélas !

Alors un jour je me suis offert une moto…Il n’en avait jamais eu !

Quant à l'adolescence... Les adoléchiants ne l'étaient pas longtemps. Pour beaucoup après le certif' : le boulot à quatorze ans, tu ne faisais pas le mariole quand tu étais plongé dans le monde du travail, au milieu d'adultes pères de familles, et même grand'pères pour certains.

Personnellement j'ai commencé à travailler à dix-huit ans, pour cette époque j'étais assez privilégié. Mes oncles me racontaient qu'à treize ans ils avaient été placés chez un boucher afin d'y apprendre UN METIER. Tu parles le louchébem les faisait gratter comme des malades oui. Les halles à trois heures du mat', quand tu as treize ans c'est dur, très dur !

Mais bon nous n’étions pas malheureux, tout le monde était logé à la même enseigne. La rue, les p’tits cinoches de quartier à trois francs six sous la place le jeudi après-midi, faisaient notre bonheur. La mare aux grenouilles, les hannetons, les tritons, que nous martirisions, on ne parlait pas d’écologie alors. Les lance-pierres et les cerfs volants de papier, occupaient sans doute bien mieux nos jeudis que la téloche fut-elle plate en z’en couleurs !

(Ma p'tite école 41 élèves sur la photo, forcément il y a des absents. Par contre votre serviteur est présent !)

jeudi 17 mai 2012

Saoul-FifreSept ans

Sept ans de réflexion, comme a dit Tant-Bourrin... Il est certain que les blogbo-members n'ont pas pu abattre un tel boulot sans réfléchir un tant soit peu quoique Tant-Bourrin, en me faisant cette suggestion, "réfléchissait" surtout à la scène où Marilyn Monroe se rafraichit la touffe sur une bouche ... d'aération.

On dit sept ans de malheur , aussi, et c'est vrai qu'on a bien contribué à "casser la glace" entre nous et plein de commentateurs, mais le malheur en résultant, je vois pas. Encore une superstition sans fondements.

Sept ans ! C'est embarrassant, pour rester dans une tonalité polie !

Dont cinq de sarkozisme, je tiens à le souligner !

Sept ans, c'est aussi "l'age de raison" et là-dessus j'abonde : je pense que nous avons été raisonnables en nous débarrassant de Pisse-Partout. D'ailleurs, nos pôtes allemands ont émis des velléités de virer Merkel aussi, dans la foulée. On va peut-être finalement réussir à supprimer les dispositions dévastatrices du traité de Maastricht, ainsi que la loi "Pompidou" dont parlait le scout , remettre en route la planche à billets et cesser d'engraisser les banquiers avec nos sous ?

Bon on aurait pu aussi vous déclamer Les poètes de sept ans mais ça aurait pu faire croire qu'on se la pète alors que vraiment, la main sur le cœur et la bouche en cul de poule, ça ne nous ressemble pas du tout !

Un peu Andiamo, peut-être, mais juste un poil, alors.... Non l'ancien, pas taper, pas taper !

Vous avez vu Sept ans au Tibet , bien sûr ? Un bien beau film mais trop froid pour nous. Je vous jure que sept ans au Teebee, c'est nettement plus chaleureux !

Bon ben voilà : après avoir patienté pendant sept ans, Blogborygmes va enfin connaitre un vrai succès, avec des abonnés en veux-tu, en voilà, des fans, des addictifs. La gloire, quoi !

Comme Tintin et Milou.

Ben oui : Blogborygmes va plaire aux jeunes qui aiment les blogs de 7 à 77 ans !

On a plus qu'à tenir le coup.

Je vous le dis : c'est pas gagné....

mercredi 16 mai 2012

Tant-BourrinBlogbo a sept ans !

Ça se fête !

dimanche 13 mai 2012

Tant-BourrinRadio Blogbo

Heu... Coucou ? Vous me reconnaissez ?

Oui, j'avoue, cela fait un certain temps que j'ai délaissé ce blog (mais moins que le Souf' quand même !) en laissant le soin à Andiamo d'en assurer l'animation. Ouais, je sais, faire bosser les vieux, c'est dégueulasse, mais lui a la flamme, et moi j'ai la flemme ! :~)

Bref, je vais tenter tout doucettement de m'y remettre et, pour me faire pardonner, je reviens avec un chtit cadeau dans les mains : une vraie radio sur ce blog, Radio Blogbo !

Comme vous pouvez le constater si votre regard, à l'instar d'un sarkoziste de base, porte sur l'extrême-droite (de l'écran) : il y a un petit pavé nouveau dans la colonne de droite, un truc qui ressemble à cela...

Vous l'avez deviné : c'est Radio Blogbo, qui diffuse tout ce que l'on a pu couiner en ces lieux depuis les débuts du blog, il y a bientôt sept ans !

Le problème, si vous voulez surfer en écoutant notre radio, est que tout changement de page va immanquablement couper la diffusion.

Qu'à cela ne tienne : les deux liens en dessous de la radio vous permettent de l'ouvrir (en grand format) dans une nouvelle fenêtre ou un nouvel onglet, que vous pourrez tranquillement laisser ouvert pendant que vous surferez ailleurs en musique. L'un des liens diffuse les morceaux en version aléatoire, l'autre les diffuse dans l'ordre (à savoir : ordre alphabétique de l'interprète, puis ordre chronologique de mise en ligne). Les dates entre parenthèses au bout du titre des morceaux sont celles du billet correspondant : vous pourrez donc vous rafraichir la mémoire si une chanson vous interpelle !

Alors, elle est pas belle, la vie ?

Merci qui ?

Merci Blogbo !

PS : à la réécoute de la plupart de mes "œuvres", je me dis que le Printemps n'a pas fini d'être pluvieux !
PPS : notre Blanche/Calune reste plus que jamais présente dans nos cœurs, et c'est dur de la réentendre sans qu'un rideau humide s'abatte sur les yeux...

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