Blogborygmes

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jeudi 11 août 2005

Tant-BourrinRénovons les vieilles lunes...

Proverbe chinois : "Quand le sage désigne du doigt la lune, le fou regarde le doigt"

Trouvant ce proverbe, mis à toutes les sauces, usé jusqu'à la corde, je vous en ai concocté quelques variantes résolument plus modernes, histoire de lui redonner un bon petit coup de neuf...

  • "Quand le sage désigne du doigt la lune, le fou regarde le doigt, et le prudent surveille son portefeuille car il connaît cette vieille ruse"
  • "Quand le sage désigne du doigt la lune, Gilbert Montagné regarde ailleurs"
  • "Quand Bush désigne du doigt la lune, les Sélénites ont du souci à se faire"
  • "Quand le proctologue désigne d'un doigt ganté la lune, le sage serre les fesses car l'heure du toucher rectal approche"

Merci qui ? Merci Blogborygmes !

mercredi 10 août 2005

Tant-BourrinAllez les vers !

Le Saoul-Fifre et moi-même avons dans la caboche
Un machin à deux roues tout rouillé, un vélo,
Autant dire un biclou, et on a la pétoche
De ne pouvoir passer pour de grands intellos

Car pour faire connaître et admirer son blog
Il faut y étaler sa bonne érudition
En racontant sa vie de brillant urologue,
D'avocat ou de geek plein de belle ambition.

Las, je suis fort marri, mon compère est bouseux
Et j'ai beau avancer mon cher parisianisme,
Je le sens malgré tout : notre blog est vaseux,
Son audience est minable et souffre de nanisme.

Pour attirer les foules, il faudrait, je suppute,
Agiter ses neurones et jouer les instruits
Avec d'autres billets que la guerre des putes,
La danse des connards ou bien Julie la truie.

C'est vrai, sur la finesse, nous avons lésiné.
Nous fûmes bien grossiers, nous battons notre coulpe,
Et pour le coup, merdoum, je suis enquiquiné :
Pas de rime à la "coulpe" si ce n'est le mot "poulpe".

De tous les beaux penseurs, nous sentons le mépris.
Des ligues de vertu, nous craignons la colère.
Mais alors qu'il faudrait exhiber son esprit,
Nous courrons sur le net avec les fesses à l'air.

Nous avons tout tenté pour ranimer la muse,
Le pinard, la fumette et même l'ecstasy,
Mais toutes ces substances, lorsque l'on en abuse,
Vous font voir gros Nounours déguisé en nazi.

C'est pourquoi, fidèles à notre trivialité,
Refusant de toucher à notre paradigme,
Nous pondons nos billets de piètre qualité
Sous le sceau d'infamie : le label Blogborygmes.

Mais je veux ici-même en un sursaut ultime
Relever le niveau par mes alexandrins.
Je sais, c'est nul, ça craint, ça vaut pas un centime,
Mais tant pis, je persiste et signe Tant-Bourrin.

mardi 9 août 2005

Tant-BourrinPensée express

Il ne faut pas confondre loi d'Ohm et droit de Volt.

lundi 8 août 2005

Tant-BourrinLa guerre des putes

On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ving-six trente-quatre trente-neuf gnnngnnngnnn ans. Saoûl-Fifre et moi-même n'échappons pas à cette fatalité, comme en atteste le petit récit que je vais vous faire.

Il y a quelques années, Saoûl-Fifre, qui découvrait alors les joies du surf, m'avait fait suivre une de ces nombreuses blagues qui se propagent sur la toile à la vitesse d'un sprinter survitaminé. Celle-ci avait trait aux subtilités de notre belle langue et pointait le décalage sémantique introduit par la mise au féminin de quelques phrases anodines, surtout dans l'esprit des gros beaufs machos de base.

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samedi 6 août 2005

Tant-BourrinHein ?

Ce matin-là, Ernest Robichu s'aperçut qu'il était devenu sourd pendant la nuit.

Oh, bien sûr, il lui fallut un certain temps pour se rendre à l'évidence. Ainsi, quand il alluma son poste de radio et que celui-ci resta bêtement muet, il se dit simplement que les piles étaient mortes et qu'il faudrait qu'il pense à en acheter des neuves à la quincaillerie du coin en revenant du boulot. Mais il se sentit vite mal à l'aise : tout semblait étrangement cotonneux autour de lui. La porte du frigo ne produisit pas son grincement habituel quand il l'ouvrit pour prendre le saucisson. Le pain se laissa découper sans le moindre petit bruit.

Ernest avala son quignon et ses trois rondelles en proie à une indicible panique. Puis il lâcha un énorme rot, un de ceux qui, d'habitude, résonnent longuement dans la petite cuisine. Il n'entendit rien : il était bel et bien devenu sourd. Que faire ? Prévenir son patron ?... A quoi bon ? Le téléphone était devenu inutilisable dans son état... Attendre que ça passe ?... Oui, mais si ça ne passe pas ?... Voir son docteur ! Oui, c'est ça ! La première chose à faire, c'est d'aller voir le docteur !

Dans la rue, Ernest Robichu se sentit perdu. Ses vieilles godasses ne couinaient plus, les voitures filaient, plus silencieuses qu'un pet de mouche anémique. Il ne pourrait plus écouter la radio, tailler le bout de gras avec ses vieux potes au bistrot du coin, et surtout, il ne pourrait plus entendre le son de sa télé !!! Bon sang, qu'allait-il devenir ?

Quand il appuya sur le bouton de la sonnette, Ernest n'était plus qu'une loque humaine, tremblante de toute son âme. Par chance, le docteur Bidonnard put le recevoir rapidement dans son cabinet.

Le docteur lui fit un grand sourire poli, et articula quelque chose. Sans doute lui demandait-il ce qui l'amenait. Ernest Robichu désigna ses oreilles, puis il haussa les épaules en signe d'impuissance. Puis il hurla : "DOCTEUR ! JE N'ENTENDS PLUS RIEN !!!" Le volume sonore utilisé, proche de celui d'un décollage de Boeing 747 par jour d'orage, en était d'ailleurs la meilleure des preuves.

Le docteur parut perplexe, ses lèvres s'animèrent de nouveau. Ernest n'osait maintenant plus bouger. Il laissait le docteur examiner ses oreilles, plaçant en lui ses derniers espoirs de retrouver une vie normale, avec télé et rots sonores.

Le docteur de redressa brusquement, écarquillant les yeux de surprises. Il se pencha de nouveau sur les oreilles d'Ernest, comme pour vérifier si ses yeux ne l'avaient pas trahi. Il cessa subitement son examen, visiblement en proie à un inextinguible fou rire. Ernest pâlit. Mais pourquoi se tenait-il ainsi les côtes ? Qu'avait donc sa surdité de si risible ?

Le docteur plongea alors ses doigts dans les oreilles d'Ernest, et en extirpa.....deux boules Quies !

Ernest sentit monter en lui un immense soulagement, ainsi qu'une terrible envie de rire. Ah, quel étourdi, quel ballot il faisait ! Paniquer pour deux malheureuses boules Quies ! 'Y a vraiment qu'à lui que ça arrive ce genre d'histoire stupide !

Il ne pouvait plus se retenir. Il éclata lui-même de rire....mais son sang se glaça aussitôt dans ses veines. Du rire qui était sorti de sa gorge, aucun son n'était parvenu à ses oreilles.

Ernest Robichu était réellement devenu sourd pendant la nuit.

jeudi 4 août 2005

Tant-BourrinLe grand jeu-concours de l'été

Eh oui, c'est l'été ! Les neurones fondent lentement, les gestes s'appesantissent, les marronniers emplissent les journaux télévisés, les blogs tournent au ralenti, bref la glande s'installe doucement... Alors, pour rester dans l'ambiance doucement ludique qui plane alentours, Blogborygmes a le plaisir de vous proposer son grand jeu-concours de l'été.

Voici donc une grille de mots croisés concoctée par mézigue. Le principe est simple : le premier qui me renverra par mail la solution de cette grille aura l'immense joie de recevoir ma photo dédicacée !... Comment ça, on s'en fout ??? De toute façon, c'est ça ou rien d'autre, espèces de malotrus, na ! Et puis, vu que mon maître à penser en matière de mots croisés était le grand Robert Scipion, vu que j'ai essayé de glisser un maximum de vice dans mes définitions, vous ne l'avez pas encore, ma photo dédicacée, de toute façon !

Pour ceux qui préfèrent, voici une version prête à imprimer en pdf de la grille.

Au travail !

Horizontalement :

  1. Sur les chemins de l’amas

  2. T’as d’bouseux, tu sais ?

  3. Bêcher    Fumer sans fin

  4. Chez des Anglais    Plus proche que cela

  5. Double à contresens    Sur la carte en Italie

  6. Plus il est gros, plus il est attirant    Pour les déplacements de Tant-Bourrin ?    Européenne chez les Américains, Américains chez les Français

  7. Une mêlée retournée    A toujours été carrément à l’Ouest

  8. Une femme très discrète

  9. Décorer en mettant du désordre    Rayons dans un miroir

  10. Ne font ni chaud ni froid

  11. Mettras enceinte ?

Verticalement :

  1. Joue en attaque

  2. Vieux cheval sur le retour, mais tellement parisien

  3. Trop anglais    Meurtries dans leur chair

  4. Un conquérant très remonté    Un ingrédient essentiel des tripous

  5. Mot de passe    Romains    Changeant quand il est grand

  6. On y prépare la cervelle    Drape ou marcheras à reculons    Strontium

  7. Référence circulaire    Station de lavage

  8. Doit être pris pour commencer    Adepte du « tous bourriques » ?

  9. Signifie oralement un renvoi    Une femme très populaire

  10. Contredisent donc la logique des portes


Edit du 6 août 2005 : le grand jeu-concours de l'été s'est achevé sur la victoire d'Audalie. Si vous souhaitez, pour votre plaisir personnel, faire quand même cette grille, évitez de regarder les commentaires (la solution s'y trouve).

mardi 2 août 2005

Tant-BourrinPour maigrir, faites de l'Aveyron

Dans un billet récent, je vous indiquais que, lors de mes pérégrinations estivales et provinciales, j'avais pu me livrer à d'intéressantes observations ethnologiques. Je vais ici vous faire part d'une partie de celles-ci, concernant les coutumes alimentaires aveyronnaises.

Je me focaliserai plus spécifiquement sur deux des bases du bien manger en Aveyron : les tripous et les échaudés. Oui, je sais : rien que les noms, ça fait peur, mais attendez donc la suite, vous n'en avez pas fini de vos émotions.


Les tripous

Le plat aveyronnais par excellence, casse-croûte du matin des peuplades indigènes, mais également plat de résistance à midi, petite collation l'après-midi, plat de résistance le soir. Bref, près de 80% des apports nutritifs chez l'Aveyronnais moyen.

Les tripous sont essentiellement constitués de panse de veau garnie de fraises coupées et assaisonnées. Je vous devine faisant la moue devant votre écran. Attendez, il faut que je vous précise : les fraises ne sont pas les fruits rouges auxquels vous pensez, il s'agit de fraises de veau, c'est-à-dire la membrane qui enveloppe les intestins de l'animal. Voilà, cette fois, vous pouvez vraiment faire la moue à bon escient.

Le tout fait ensuite l'objet d'une préparation chimique assez lourde et complexe (les usines de tripous sont classées Seveso II) qui lui confère une jolie teinte verdâtre relativement originale.

Quand on vous sert une bonne assiette de tripous, prenez votre temps, essayez de vous imprégner du moindre détail, profitez de cette expérience unique (unique, car il fort probable qu'on ne vous y reprendra plus). Admirez le remarquable camaïeu de verts. Respirez à pleins poumons le subtil fumet (qui donne à penser que les bouts d'intestin ne font l'objet d'aucun nettoyage entre l'abattage du veau et l'arrivée dans l'assiette). Testez du bout de votre fourchette la résistance surprenante de la texture spongiforme. Hmmmm, vous voilà prêts pour le suicide la première bouchée.

En aucune façon il ne faut raconter la fin d'un film. Aussi ne vous dévoilerai-je pas l'extraordinaire palette d'émotions qui se bousculent au portillon dès la mise en bouche du premier morceau, je préfère vous laisser découvrir cela par vous-même.

Tout au plus vous ferai-je part d'une ultime observation que j'ai pu faire : une ingurgitation et une régurgitation ne modifient en rien ni la couleur, ni l'odeur des tripous. Je suppose qu'il en est de même pour le goût, mais là, je n'ai pas eu la force de tester.


Les échaudés

Après les tripous, une petite gâterie : les échaudés, qui sont des petits gâteaux dont la recette, très ancienne, remonte au Moyen-Âge, ce qui ne nous rajeunit pas.

Les échaudés sont constitués d'une pâte parfumée à l'anis, mise en forme de triangle, pochée à l'eau bouillante puis cuite à four très chaud. A l'arrivée, un petit gâteau d'aspect fort sympathique et appétissant qui, après le traumatisme des tripous, vous réconcilie quelque peu avec les moeurs culinaires aveyronnaises.

Passons à la dégustation. Fermez les yeux pour mieux savourer. Plongez la main dans le paquet d'échaudés. Portez-en un à la bouche et croquez. Heu... là, vous ouvrez les yeux et vous ressortez de la bouche le caillou que vous avez dû prendre par mégarde. Mais non, ça a bien la forme d'un échaudé, la couleur d'un échaudé, ça doit donc être un échaudé. Bigre, plutôt coriaces, les gâteaux !

Essayez de nouveau en tâchant de trouver l'effet de levier maximal dans votre mâchoire. Gnnnnnnn.... non, ça résiste. Essayez alors de casser l'échaudé en dehors de votre bouche, cognez-le contre un mur, essayez de le couper avec une paire de ciseaux, avec un couteau, avec le hachoir à viande. Rien. Nada. Peut-être un grand coup de marteau ? Après avoir constaté que la table sur laquelle reposait l'échaudé est moins résistante aux coups de marteau que l'échaudé lui-même, lancez-vous dans des expériences de physique : essayez de ramollir l'échaudé dans de l'eau. Au bout d'une heure, vous constaterez à votre grand désespoir que le coefficient d'absorption de l'échaudé est très proche de zéro.

Vous sentant habité par une rage décuplée, revenez à la première méthode : mettez l'échaudé en bouche et mordez, mordez, mordez, MORDEZ !

CRAAA-AAAC !!!

Enfin ! Dans une nuée de débris divers giclant tout alentours, l'échaudé vient de céder sous vos dents. Soupir de soulagement. Vous regardez alors le bout d'échaudé qu'il vous reste entre vos doigts. L'échaudé est intact.

Et là, vous comprenez votre erreur : ce que vous avez pris pour la rupture de l'échaudé n'était en fait que l'explosion d'une dizaine de vos dents et d'une partie de votre mâchoire.

Les historiens attestent de l'existence de l'échaudé depuis l'an 1200 environ. Ce qu'ils ne précisent pas, c'est que ce sont les mêmes échaudés qui sont en circulation depuis lors : personne n'a jamais réussi à en manger un seul.


Conclusion

Messieurs et Mesdames qui cherchez à faire un régime, une destination de rêve : l'Aveyron. Une semaine là-bas à manger tripes et boyaux (et à vomir tripes et boyaux) et à sucer des cailloux, c'est dix kilos de moins assurés. Attention toutefois : l'abus d'Aveyron peut être dangereux pour la santé.

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