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vendredi 2 décembre 2005

Saoul-FifreRegarder pousser les arbres

Matthieu nous a évoqué les humiliations de l'enfance qu'avait soi-disant subi Sarkozy et ça m'a fait gamberger sur l'ambition. Je me souviens de la nouvelle "l'enfance d'un chef", de Jean-Paul Sartre, qui aborde le sujet, du "Rouge et le noir", aussi, bien sûr... Mais qu'est-ce qu'on a bien pu faire endurer à tous ces mecs qui ont les dents qui rayent le parquet, pour qu'ils aient en eux cette haine, cette hargne, ce plaisir jouissif d'enfoncer les autres, de les sentir à sa botte, à sa queue, s'il le fallait ...?

Perso je pense que l'éducation, les expériences vécues, les traumatismes, la génétique, ne suffisent pas à expliquer toute la personnalité d'un individu. Le petit Nico avait à la naissance un caractère qui ne supportait pas la contradiction, il réagissait sans doute fortement à tout challenge, et il était sans doute hyper actif. Tout le monde ne développe pas une paranoïa sociabilisée après avoir eu un grand frère grand et fort... Mais je ne veux pas discuter ici de l'innéité du caractère ou de son émergence circum-natale, de peur de me faire tambouriner sur la tête par mon associé q8^ )

Je voulais juste dire que j'étais fasciné par ces comportements de malades.

À qui veulent-ils prouver qu'ils valent quelque chose ? Quelle flamme de chalumeau ont-ils au cul pour qu'ils s'enfuient en écrasant tout devant eux, sans regarder ni à droite, ni à gauche ? Après quoi courent-ils ? Après rien puisque leur soif est insatiable. Ils sont "La Soif", ils sont "La Faim", ils en veulent toujours plus. Il ne peuvent pas dire "une fois président, je m'arrêterai", non, il leur faut un mandat, deux, trois, dix... C'est l'adrénaline, le goût du Pouvoir qui les mène par le bout du nez. Ça ne correspond plus à rien, ça ne veut plus rien dire, ce n'est plus que leur propre usine chimique organique qui leur prépare leurs petites giclées d'adrénaline ou d'autres drogues spécifiques à leur cas.

C'est quelque chose qui m'est complètement étranger. Je veux dire cette frénésie d'arriver socialement, financièrement. Cette manie de ne fréquenter que des gens susceptibles de servir tes intérêts, et, dès que tu montes en grade, couper les ponts avec ceux qui sont restés en dessous, les minables. Toujours regarder vers le haut, vers les futurs "égaux", considérer la vie comme un ascenseur qui t'es réservé personnellement de toute éternité. Pour obtenir cette mentalité, il a fallu concentrer son énergie sur les valeurs matérielles et le fric. Le reste devient le décor de cette obsession. La culture, oui, il faut qu'elle reflète la classe sociale souhaitée : à un certain niveau, il n'y a pas de salut sans de l'opéra, de la peinture cotée, des bronzes monumentaux, à la hauteur de sa mégalomanie. Les grandes idées, les valeurs éternelles, oui, elles permettent d'enjoliver un discours, de lui donner de la profondeur. L'humanité, très important, ça, la solidarité, l'attention à l'autre, les envolées lyriques pour le petit personnel doivent être chargées d'affect, ça marche depuis des siècles et la ficelle ne s'amenuise pas. Nous avons tous besoin d'amour.

Eux aussi. Eux, les ambitieux, les obsédés de l'épate, les accros au fric, à la réussite, et c'est là que le bât les blesse. Ils sont jaloux de ceux du dessus, ils sont prêts à les tuer pour avoir leur place, ils ont peur de ceux du dessous, ils entendent leurs grincements de dents de convoitise, ils vivent dans un monde de rapports de forces, où voulez-vous que l'amour trouve une place, même riquiqui, dans cette sorte de vie ? Ils sont en manque d'amour, alors ils compensent en se contentant de respect, d'admiration, de bravos, mais le manque est toujours là, prégnant, envahissant, et ils sont désespérément seuls.

Et loin de toutes ces grimaces, car les gens qui souffrent font aussi souffrir les autres, mes pôtes et moi, on écoute mûrir le vin et on regarde pousser les arbres.

jeudi 1 décembre 2005

Tant-BourrinGras tif y est

Sur sa tête, il y a comme un casque graisseux.
En effet, le petit Parigot se tartine
Largement les cheveux d'un produit mystérieux.
Qu'est-ce donc ? Eh, pardi, c'est de la brillantine !

Moralité : Le titi est gominé.

mercredi 30 novembre 2005

Saoul-FifreLe paumé de la vie

Je vous ai déjà parlé de l'agneau que sa mère ne voulait pas nourrir . Pour le moment, il va bien. Il a une envie de vivre impressionnante. Il a parfaitement compris la situation, il sait qu'il ne tête que quand je tiens sa mère, ou quand je lui ai préparé un biberon de lait de vache du commerce, alors il optimise ! C'est un professionnel de la tétine : sa mère retient son lait, se crispe, mais il déjoue ses manœuvres amorales, il donne des coups de tête dans les mamelles pour décoincer les sphincters, change de trayon à une vitesse supersonique pour la prendre par surprise, en défaut de défense, et tire le lait, par petites gorgées, bien conscient de voler la part que la mère aimerait garder pour son frère, le préféré.

Le faux-frère aussi commence à piger ce qu'il se passe. Déjà, après mon intervention, ya plus rien à gratter, et ça, il apprécie pas. Il faut qu'il attende que les mamelles se reremplissent, et c'est long, vu que, psychologiquement, une brebis qui retient son lait n'a pas tendance à battre des records de production. Elle lâche son lait quand c'est le chouchou qui aspire, mais comme les 3/4 du temps, elle est dans un trip de refus de maternité et de parano envers l'autre agneau, ben le lait n'est pas fabriqué... Le résultat, c'est que l'agneau mal aimé est bien gros (il a les biberons et il tête comme un goinfre, en spécialiste) mais on sent que ya quelque chose qui va pas, il regarde par terre, il fait la gueule... et que le "Choisi" est maigrichon, mais il a la tête haute, il est vif, il est certain de l'amour de sa mère, il est dominateur.

Le petit chef, comme un gosse gâté, imite sa mère. Il donne des coups de tête à son frère. Quand il le voit mâchouiller un peu de foin, il le pousse, se met entre lui et la mangeoire. Il lui grimpe dessus, en un simulacre d'acte sexuel, geste éternel qui, des grands singes anthropomorphes aux humains, en passant par les chiens, a toujours symbolisé la même chose : le rapport de forces t'est défavorable, tu vas passer à la casserole ! Faut que tu te fasses à l'idée.

Quand ils seront plus grands, il lui piquera sa copine...

mardi 29 novembre 2005

Tant-BourrinJ'ai chié

Amis de la poésie et de la parodie, bonjour !

Puisque certain(e)s d'entre vous ont apprécié la précédente parodie publiée ici, je vous en propose une nouvelle, histoire de tester plus avant votre résistance aux chocs esthétiques face à la beauté pure.

Et pour ne pas faire les choses à moitié, je m'attaque à un monument des Beatles, à savoir "Yesterday". J'entends déjà les cris des puristes hurlant au sacrilège, mais, de grâce, relisez les paroles originales, et vous constaterez que ma version, pour peu élégante que sa forme puisse paraître de prime abord, n'en est pas si éloignée que ça par le sens profond.

Allez, c'est le moment de pousser le volume de vos enceintes... Musique !

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lundi 28 novembre 2005

Saoul-FifreLes hommes sont de Mars, les femmes de Vénus.

Voici un exemple de premier choix que l'on doit a un professeur d'anglais d'une université américaine.

Aujourd'hui nous expérimenterons un nouvel exercice appelé "l'histoire en tandem". C'est assez simple. Chaque personne fera groupe avec la personne assise a sa droite. Un de vous ecrira le premier paragraphe d'une histoire courte. Son partenaire lira ce paragraphe et rajoutera un paragraphe à l'histoire. La première ajoutera alors un troisieme paragraphe et ainsi de suite. Souvenez vous de vous relire et de relire ce qu'a fait l'autre afin de conserver une histoire cohérente. Vous n'avez absolument pas le droit de parler ou de communiquer ce que vous voulez que votre partenaire écrive sur le papier. L'histoire est finie quand les deux s'accordent sur le fait de dire qu'ils ont trouvé leur conclusion.

Ce qui suit a été écrit par deux de mes élèves de cours d'anglais : Rebecca - nom de famille effacé - et Jim - nom de famille effacé

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dimanche 27 novembre 2005

Tant-BourrinLa vie comme un novembre

Quelques mots de ma soeur sur le répondeur : "L'hôpital nous a appelés. Papa est décédé ce matin..."

Un an déjà aujourd'hui...

Un an déjà que la longue descente de mon père dans les sous-sols de la vie a pris fin.

Je me souviens de ce goût si particulier, mélange aigre-doux de tristesse et de soulagement.

Je me souviens aussi de cette longue, si longue descente qui avait commencé à peu près à l'époque où la vie a pris force en Tant-Bourrine. Notre fils commençait à croître dans son ventre et mon père à décroître dans la vie, d'éclatement de vaisseaux sanguins dans le cerveau en perte de capacités physiques, comme si, par un macabre jeu de vases communicants, la vie de l'un s'était déversée dans l'autre.

Je me souviens de ce mois de septembre 2003, deux mois avant la naissance de Tant-Bourriquet, où tout a failli s'arrêter, de ce nouvel accident cérébral, de ce corps sans réaction, de l'hémiplégie, de cette grise maison de retraite. Septembre noir.

Je me souviens de la première fois où j'ai revu mon père après la naissance de Tant-Bourriquet. L'envie de hurler qui vrille le cerveau en découvrant la mort en marche sur le visage creusé, jauni, où se subsiste aucune expression. Presque méconnaissable. Absent. Je me rappelle que mon père n'était pas vraiment là ce jour-là, les yeux mi-clos, la lèvre pendante. Rendez-vous manqué.

Mais je me souviens aussi de ce jour de mars 2004. Mon père avait un tout petit peu récupéré de ses facultés. Il ne parlait plus, mais je lus la joie, la joie simple, la joie débordante dans ses yeux brillants de larmes, dans son ébauche de sourire quand il vit enfin son petit-fils. Comme un instant d'éternité. Un passage de relais. Court. Si court.

Je me souviens de ce gris mois de novembre 2004. Tant-Bourriquet fêtait son premier anniversaire, et l'on savait que c'était la fin pour mon père. Les reins morts. Plus d'espoir.

Jusqu'à ces mots sur le répondeur.

Novembre sera toujours ce mois si particulier, ce mois qui, dans ses premiers jours, m'aura donné un fils et repris un père dans ses dernier jours...

La vie comme un novembre.

samedi 26 novembre 2005

Saoul-FifreJean-Paul le pape

... ou "j'empale le pope" ? Voilà, c'est un contrepet, on inverse une partie des 2 mots, et c'est parti. C'est Eor Ar Bleizmor qui les a demandés, et je lui ai préparé une petite sélection. Comme il est breton, j'ai pris les blagues anticléricales du Canard Enchaîné. Il faut bien comprendre qu'une contrepèterie est obligatoirement vulgaire. Si ça ne parle pas de cul, c'est un jeu de mot, c'est une inversion de sons, c'est ce que vous voulez, mais pas un contrepet ! Bon, j'ai eu pitié de vous et j'ai écrit en majuscules les sonorités qu'il faut inverser.

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