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dimanche 8 juillet 2007

Saoul-FifreMasser, c'est tromper ?

Je pensais Margotte moyennement jalouse, enfin, normalement, quoi, juste assez pour que je sois persuadé qu'elle tient à moi, qu'elle n'est pas complètement indifférente à mes activités lorsque nous ne sommes pas ensemble ? J'avais juste cru remarquer qu'elle était certaine mordicus c'est pas possible autrement, que j'avais couché avec l'ensemble de nos connaissances féminines. Bon, j'exagère. La moitié, c'est sûr, les autres, elle attend de pouvoir recouper les preuves avec les soupçons et les constats d'huissiers avec les intimes convictions.

Et bien non. Pas du tout. Margotte est une femme libérée. Enfin : libérée sur parole, je lui accorde un sursis.

Hier, j'étais occupé avec mes poules, complètement surexcitées, gloussant de contentement entre 2 prises de becs quand elles se disputaient ma semence que je leur distribuais largement, et Margotte s'activait de son côté. Voilà qu'arrive la Julie , la plus grosse cochonne à l'Ouest du Rhône, et elle avance en se dandinant et en tortillant du cul vers Margotte. Elle se colle contre elle et la pousse du nez pour se faire caresser, ce qu'elle arrive à obtenir sans insister outre mesure. Et puis, vite lassée, elle s'ébroue, et de sa démarche chaloupée qu'elle croit érotique et suggestive, elle se dirige sans plus hésiter droit vers moi, pour s'arrêter à quelques millimètres de mes cuisses. Elle relève la tête, me regarde crânement par dessous l'abat-jour de ses paupières à demi baissées et laisse échapper du plus profond de sa gorge un son rauque et plaintif.

Margotte me dit avec un sourire et une moue à la Bardot des grandes années : "Mais caresse-la, tu vois bien qu'elle n'attend que ça ? Vas-y, tu peux bien lui faire ce petit plaisir... ?"

Heu, les soies que Julie a sur la tête, c'est de vraies cordes à piano, c'est raide, on dirait des aiguilles à matelas, rien de soyeux, du tout, vraiment rien à voir avec la douceur de la soie, je sais pas le malade qui a fait un tel rapprochement ? Bon, je lui en ai tiré 2 très fort, pour voir...

Et Margotte : "Tu as vu comme sa peau est douce, douce, derrière les oreilles ? Je suis sûre que tu ne l'as jamais caressée à cet endroit. Essaye, tu ne t'imagines pas comme c'est agréable. Et elle adore qu'on la grattouille là car elle ne peut pas se le faire toute seule... Ne la laisse pas ainsi, insatisfaite, elle ne demande qu'à devenir ton amie !"

Alors je me laisse circonvenir. Moi dont la fidélité absolue pourrait servir d'exemple éclairé à toute une génération-sida allergique au latex, je me retrouve à masser les zones érogènes d'une véritable truie haletante et souffrant visiblement de carence affective, s'appuyant sur ma main, soupirant, mais elle est en chaleur, ou quoi ? Et ceci avec le consentement, que dis-je, le consentement, à la demande pressante, sous la supplique, la sommation, l'exigence de ma compagne !

Incitation à la débauche et à l'adultère, Monsieur le juge ! Et, circonstance aggravante, par personne ayant en son pouvoir arguments féminins à l'efficacité maintes fois vérifiée. Dans le vil but, subséquemment, de modifier une honnête attirance pour la charcuterie fermière en luxure perverse teintée de zoophilie !

Je demande à la cour une sévérité exemplaire !

samedi 7 juillet 2007

ManouQui est-ce et pourquoi ?






vendredi 6 juillet 2007

Tant-BourrinAutomatismes

Les techniques médicales avaient connu une fantastique accélération au cours des premières décennies du XXIème siècle. Oui, qu'il paraissait déjà loin, le temps des premières télé-interventions chirurgicales, où un praticien de Melbourne opérait de l'appendicite un patient à Chicago !

Et pourtant, dieu sait que cela avait fait les gros titres des journaux de l'époque ! Mais, la chose devenant rapidement banale, on s'en était vite blasé pour s'intéresser à d'autres révolutions, déjà en marche.

C'est ainsi qu'il ne fallut guère plus d'une dizaine d'années pour que l'on annonce la première intervention chirurgicale entièrement automatisée, sans qu'aucun chirurgien n'ait à manipuler le moindre scalpel. L'humanité toute entière applaudit, émerveillé par la prouesse technique que cela représentait.

Et, après la première mondiale, il y eut la seconde, puis la troisième, et la technique se diffusa, s'affina, fut diversifiée sur les différents types d'interventions chirurgicales possibles.

Le saut technologique, en moins de cinq ans, fut considérable : on avait déjà atteint un stade industriel, fiable et relativement peu coûteux. La profession de chirurgien s'en trouva considérablement dévalorisée, et les facultés de médecine désemplirent, avant de fermer les unes après les autres.

Il faut dire que l'automatisation médicale avait atteint des sommets : n'importe quel type d'intervention était alors géré par l'appareil. Il suffisait d'installer le patient à l'intérieur du caisson, de saisir au clavier le type d'intervention souhaitée, et la machine y procédait avec une rigueur, une méticulosité et un niveau d'hygiène dépassant tout ce qui eût pu être obtenu manuellement par une équipe médicale humaine.

De fait, les dépenses de santé se réduisirent considérablement et le trou de la sécu ne fut vite plus qu'un lointain souvenir, la gestion des hôpitaux n'étant plus assurée que par des équipes extrêmement réduites et de moins en moins qualifiées.

C'est ainsi qu'un jour de 2033, un homme débarqua dans une de ces usines à santé, se plaignant d'éprouver une légère douleur au niveau d'un gros grain de beauté sur son abdomen.

Le soignant-homme de service-technicien de surface, comme à son habitude, ne chercha pas la complication.

- Tenez, installez-vous dans le caisson, s'il vous plaît. Ne vous inquiétez pas, je vais refermer le couvercle et la machine va vous faire automatiquement un petit prélèvement et l'analyser.

Une fois le couvercle hermétiquement refermé, le soignant-homme de service-technicien de surface s'installa au pupitre, sembla hésiter une fraction de seconde, puis tapota sur le clavier. Un ronronnement se fit entendre : l'automate initiait son intervention.

Sachant qu'il y en avait pour un petit quart d'heure, le soignant-homme de service-technicien de surface sortit de la pièce pour aller discuter avec un de ses collègues en sirotant une bière.

- Ouais, mon vieux Mathurin, j'te l'dis, je commence à en avoir plein le dos de ce boulot de merde !
- Je te comprends, j'ai aussi envie de tout lâcher. Je vais d'ailleurs pas tarder à le faire, vu que j'en perds le sommeil. Même mes gosses ont honte de dire ce que fait leur père !
- Ouais, c'est moche de chez moche. Moi, j'arrive plus à me concentrer sur rien et je ne retrouve souvent plus mes mots. Tiens, pas plus tard qu'il y a quelques minutes, j'arrivais plus à me souvenir de comment qu'on appelle les prélèvements pour analyse en langage machine.
- C'est "biopsie", non ?
- Heu... ah ouais, t'as raison !... Mais merde, qu'est-ce que j'ai bien pu taper, moi, alors ? J'ai un doute d'un seul coup...

A l'autre bout de l'usine à santé, la machine continuait à ronronner. Mais son ronronnement était couvert par d'atroces cris de douleurs qui sortaient du caisson. Des cris de souffrance qui faiblirent peu à peu et s'éteignirent totalement, avant que le ronronnement n'en fasse de même.

Sur l'écran de contrôle, un message clignotant s'afficha : "procédure d'autopsie terminée".

jeudi 5 juillet 2007

Saoul-FifreLe temps kiffé

Ici, le dérèglement des sens est roi, la perversion gangrène nos goûts. Quand vient l'été, nos penchants nous marginalisent aux yeux de nos contemporains, tous avides de ce soleil brûlant symbole de désir torride et haletant.

Ici, une certaine douceur s'empare du ciel, les cumuli s'amoncellent, s'agglomèrent, leur épaisseur augmente, leur poids nouveau les rend proches de nous, la lumière s'assombrit, on dirait que le soir descend en courant, un friselis des feuilles annonce que le vent s'accélère en s'engouffrant en coin sous la dépression. Ici, les sourires des gens s'élargissent, les têtes se tournent vers le ciel noir plein de promesses, de grondements lointains évocateurs d'espoir...

Un peu plus loin, les dents grincent, les insultes claquent, des divorces s'initient, des vacances sont gâchées, des chiffres d'affaire s'écroulent. Des malins qui comptaient sur les 3 mois estivaux pour vivre tranquilous le restant de l'an sont au bord de la crise d'hystérie. Des locataires de gîtes ruraux tentent d'obtenir un remboursement sur le prix du séjour. Des fourmis speedées empêtrées dans des K-ways démontent leur tente en catastrophe. L'oreille vissée aux messages enregistrés de la météo nationale, ils rouleront sous le plafond bas et noir à la recherche d'une trouée de ciel bleu horizon pour accueillir leurs tendances UMP. Leurs marmots, drogués à l'iode, infra-rougeauds-dépendants, hurlent leur inquiétude à l'idée de quitter la bande côtière civilisée pour l'inconnu des terres encore sauvages où le pire peut arriver. Si la pluie continue, les indigènes auront-ils un simple jeu de 1000 bornes à leur vendre ?

Ici, les grosses gouttes se déposent à nos pieds comme autant de présents. Nous restons dessous cet arrosage naturel pour bénéficier d'un rafraîchissement à bas prix après cette suffocante période de canicule. Les arbres entonnent un hymne à la joie en l'honneur du grand Aigadier, leurs tiges se redressent sous la caresse liquide, leurs racines sont tendues dans les starting-blocks pour se gorger les cellules d'eau bienfaisante, s'en bâfrer, reconstituer leurs stocks de guerre, le vert des feuilles tourne au luisant, au vif, il se lave des poussières poussées par le vent sec. Le troupeau de cabres, statutairement sevré de piscine, de brumisateurs et autres jacuzzis, frétille sous cette vague fraîche bienvenue, cette douche à poils, cette trempette revigorante.

Le monde végétal, animal, paysan connaît la liesse absolue.

Partout ailleurs, les airs catastrophés s'installent. Les présentateurs de JT se confectionnent un masque misérabiliste et contractuel. Lors de congés pluvieux, le deuil national et solidaire est de rigueur. Les señors y señoritas météos sont les proches parents du défunt beau temps. Par symbiose, osmose, somatisation, analogie, déformation professionnelle, mais surtout par crainte d'une foule toujours prompte à se choisir des coupables parmi les innocents présents, ils laissent couler leurs larmes sans pudeur, elles ruissellent, creusent des canyons, emportent des ponts... Leur tristesse a des zèles, ils s'excusent, ils mouillent la chemise à vos côtés, ils souffrent, ils compatissent. Vous ne méritiez pas que l'horreur la plus inhumaine depuis Hiroshima vous tombe dessus : un orage estival.

Ici, l'eau, c'est le Messie. Qu'on l'attende ou non, on sait qu'il ne viendra pas en Été, alors c'est Fête quand il arrive. La pluie, on la voudrait au quotidien. Je suis content même si elle me mouille du foin sec, prêt à rentrer : mon revenu est écorné, mais la Nature entière autour de nous a la banane, elle susurre un grand Ouf de soulagement. Une bonne pluie, ici, sauve la vie d'un arbre en train d'agoniser, freine un feu, réalimente une source, une nappe, elle reverdit les gens, met de bonne humeur tout ce qui est vivant. Car sans Eau, la Vie ne serait jamais apparue sur la Terre.

Et sans Eau, elle disparaîtra.

Je radote, hein : le nombre des billets sur le même sujet commence à prouver un côté obsessionnel certain. ici , ici , ici et

mercredi 4 juillet 2007

ManouOù a été prise cette photo ? (2)






mardi 3 juillet 2007

Tant-BourrinChat - rat - deux (6)

C'est Mamascha qui me l'a suggéré lors d'un échange mailesque. Et comme je ne peux rien refuser à cette peau de vache ma chère belle-maman, je me suis mis illico à cogiter pour vous en pondre une nouvelle.

"Une nouvelle quoi ?", me demanderez-vous. Ce à quoi je vous répondrai qu'il serait temps d'aller consulter un ophtalmo, car c'est écrit en gros caractères dans le titre de ce billet : une nouvelle salve de charades foireuses, pardi !

Il est vrai que cela faisait longtemps que je ne vous avais pas soumis à cet exercice, mais en cette période estivale où l'on a envie de bosser moins tout en gagnant autant, un esprit ludique flotte dans l'air et on va tâcher de l'attraper avec un filet à papillons.

Je vous rappelle que les charades que vous allez voir sont 100% TeeBee-made. Foin des trucs copiés/collés que l'on trouve en mille endroits différents sur le net : que de l'inédit donc ! Pas la peine de vous ruer sur Gogol dans l'espoir d'y trouver la bonne réponse !

Petit rappel : les à-peu-près infâmes sont quasiment une religion pour moi ! D'ailleurs, la chose est vérifiable sur les séries précédentes, comme vous pouvez le constater , , , et itou.

Les propositions de réponses sont à donner directos dans les commentaires, juste histoire de voir si le mode coopératif vous permettra d'arriver au bout de cette série-là. Les éventuelles réponses non trouvées seront dispensées à une date non fixée, selon mon bon vouloir.

La thématique de cette série de charades tourne autour des grands peintres (histoire d'apporter un peu de culture et de finesse dans votre misère intellectuelle)...

A vos marques ! Prêts ? Partez !


Charade n°1

Mon premier est une bétaillère
Mon tout est un peintre célèbre


Charade n°2

Mon premier est ce que dit un arbitre de tennis de table lors d'un tournoi entre séminaristes après qu'un crucifix se soit décroché du mur et soit tombé sur la table en plein milieu d'un échange
Mon tout est un peintre célèbre


Charade n°3

Mon premier est ce que dit celui qui a prêté son 45 tours "Qui saura ?" à son ami et qui aimerait bien le récupérer
Mon tout est un peintre célèbre


Charade n°4

Mon premier est ce que répond la bonne portugaise à sa maîtresse pour se justifier d'avoir utilisé le seau à champagne pour passer la serpillière
Mon tout est un peintre célèbre


Charade n°5

Mon premier est un encouragement à se plonger dans la lecture dès que Dean Martin part aux sports d'hiver
Mon tout est un peintre célèbre


Charade n°6

Mon premier est un paisible rouquin bouseux, mais encore plus stupide que les animaux qu'il mène
Mon tout est un peintre célèbre


Charade n°7

Mon premier est l'exclamation de surprise de l'épouse de Barbe-Bleue en découvrant la forte myopie de sa soeur (forte myopie qui expliquait d'ailleurs pourquoi elle ne voyait jamais rien venir)
Mon tout est un peintre célèbre


Charade n°8

Mon premier est la constatation que les plus mauvais blogueurs sont originaires de la banlieue sud de Paris
Mon tout est un peintre célèbre


Charade n°9

Mon premier est une exhortation à remettre à sa place une partie de l'anatomie peu ragoûtante
Mon tout est un peintre célèbre


Charade n°10

Mon premier est un slogan pour exiger l'attribution d'or aux mal-assis
Mon tout est un peintre célèbre


lundi 2 juillet 2007

Saoul-FifreLe petit dernier

Étant le plus jeune d'une famille de 6 enfants, 3 garçons/3 filles, j'ai eu droit à un statut un peu particulier : 1/3 couvé, 1/3 badé et 1/3 moqué.

Faut dire que d'entrée de jeu, j'ai attrapé toutes les maladies qui traînaient, le genre de problèmes qui font s'assombrir la gueule des docteurs, on voit clairement qu'ils pataugent complètement, on comprend qu'ils ont sauté tous leurs cours et qu'ils ont eu le diplôme par piston et là, sur ce cas précis, ben ils ont pas la plus petite idée de ce qu'il faut faire, donner comme médoc, couper comme organe inutile... Instinctivement, ils ont envie de prendre ce gosse par les pieds et de le secouer en espérant un bon choc psychologique qui remettrait tout en place, mais ils sont un peu inquiets de la réaction de la famille réunie en cercle, attendant le diagnostic. Alors ils disent d'une voix blanche :

"Attendons de voir comment ça va évoluer..."

Bon, vous le savez puisque vous êtes en train de lire un de mes billets, mais j'ai envie de vous rassurer sans plus attendre : je ne suis pas mort ce coup là. Mais pendant des années, j'ai fait flipper mes parents, et par voie de conséquence, mes frères et sœurs, et même ma santé une fois consolidée, je suis resté "le petit", "le fissou", et on me surveillait comme le lait sur le feu, j'allais faire une rechute, j'allais me casser en 2 comme une brindille, après tout le stress que j'avais provoqué à la famille, ce serait dommage et du vrai gachis que je leur claque entre les doigts, après toutes leurs attentions délicates, quelle ingratitude ce serait de ma part, il fallait continuer les efforts, les soins et la surveillance.

Oui, je suis un ingrat, oui, je me sentais profondément brimé de voir ma liberté encadrée, bornée ainsi. D'accord, comme ma sœur aînée me collait aux basques en permanence, ça lui a permis de me sauver la vie une fois que je me baignais dans l'étang sans savoir nager, et que ma bouée s'était dégonflée. D'accord. Mais elle me l'a fait payer cher, ce sauvetage, en me le rappelant systématiquement et à voix haute, debout sur une table et dans un micro si ça lui pétait, à toutes les fêtes de famille. Quand on s'est marié avec Margotte, elle a repéré la sono, l'a squattée pour nous narrer à nouveau l'anecdote, et a conclu son discours en disant qu'elle m'appelait "petit Saoulfifre" pour la dernière fois. J'avais trente ans, ça m'a fait plaisir.

Et tenez, je suis tombé sur un tas de cartes d'anniversaires de la famille. Oui chacun se fendait d'une carte personnalisée. Moi, je les fabriquais généralement, mais les nuls en Arts Plastiques ou les fiers achetaient des modèles du commerce. Voici un exemple de la prose pondue par cette sœur aînée, particulièrement "poule couveuse" (j'avais 12 ans, Toto était notre chien et Mémère, notre grand-mère) :

Cher petit Saoul-Fifre, Tu m'as souvent écrit des gentils mots qui m'ont fait très plaisir. C'est très gentil de me donner des nouvelles de Toto, mais je vois que tu es toujours méchant avec les animaux. Et tu dois être bien content que je ne suis plus derrière toi pour t'empêcher de les embêter.

Objection, votre honneur ! Ma sœur fait allusion aux tests de QI pour dindes que je mettais au point, dans ma soif de connaissance du monde animal. Rien que du scientifique éthique !

J'ai beaucoup apprécié ta façon de me souhaiter une meilleure année. Moi je te souhaite surtout une très bonne année scolaire. Tu as eu de bonnes notes ce 1er trimestre de 6ième. Mais tu peux certainement en avoir de meilleures encore. J'ai été très contente de savoir que dès le début, le lycée t'a plu et que tu t'es fait beaucoup de camarades. Je t'embrasse maintenant très fort. Continue à bien t'occuper de Mémère. C'est très bien.

Bon, j'avais quand même envie de hurler : "Mais de quoi, tu t'mèles, tu va m'lâcher la grappe, un jour". Ma seconde sœur a le ton plus naturel :

Cher petit Saoul-Fifre, (Encore !) Je te souhaite un très joyeux anniversaire pour tes 13 ans. J'espère que tu fais toujours des poésies aussi belles et je pense que tu as eu le journal du lycée où il y a ta première. Je t'embrasse bien fort.

Mais la même m'écrivait sans façons, l'année suivante :

À notre cher œuf, de grosses bises pour son anniversaire !

Sur la même carte, ma mère m'écrivait :

Heureux anniversaire à mon grand fils (Ha, quand même !?) pour ses 14 ans, avec tout de même, en réserve, un billet pour récompenser de bonnes notes... Gros baisers, Maman

Là, je sais pas si vous avez capté la carotte, mais je n'ai pas eu de billet. J'avais des notes catastrophiques, c'est l'année où j'ai redoublé, je venais de perdre mon père et Mémère coup sur coup... Le billet dont ma mère parle, "en réserve", c'est le billet qu'elle me donnerait si ma moyenne remontait. Un billet virtuel, en l'occurrence... Et ma 3ième sœur, 3 ans de plus que moi, brillante élève, toujours à m'asticoter, et sans doute ravie de l'engueulo qu'elle espérait me voir prendre, qui rajoute :

Gare au tape-cul à la maison !

Je n'ai pas retrouvé de cartes de mon frère aîné, mais j'en recevais, toujours dans le ton "travaille bien à l'école". Sarkozy n'a rien inventé. Et mon 2ième frère s'essayait à un ton un peu distancé, mais toujours avec cette obsession des études, alors que je n'ai jamais été scolaire pour 2 sous.

Cher Saoul-Fifre, je te souhaite un joyeux anniversaire pour tes 16 ans. Tu sais que ta lettre et tes cadeaux m'ont fait énormément plaisir. Je souhaite que tu gardes longtemps cette manière de voir les choses. D'après ce que me dit Maman, tu as beaucoup d'activités. C'est très bien. J'espère que tu continues à très bien travailler en classe, que tu fais du sport (notamment de la natation) et que tu es gentil à la maison. Je n'ai pas encore utilisé le pétard, mais je n'y manquerai pas. Je t'embrasse très fort.

C'était un pétard à faire exploser, que je lui avais envoyé, soyons bien d'accord, hein ?

Cher Saoul-Fifre, Je viens te souhaiter un joyeux anniversaire pour tes 17 ans. Et puisque j'y suis, je te présente mes Meilleurs Vœux (il faut bien liquider les vieux stocks) (c'était une carte de Nouvel An) J'espère que quand je ne suis pas là, tu t'arranges pour mettre de l'animation dans la maison, raconter des bêtises, faire des calembours toujours bien venus, mettre le sourire sur toutes les lèvres et qu'en plus tu travailles un peu (ne force pas trop si tu veux vivre vieux) J'espère que Maman ne te fait pas trop de remontrances (je ne voudrais pas que tu nous fasses un gros complexe). Pour te remercier d'être présent sur cette terre depuis tant d'années, je t'offre une raquette de ping-pong avec 6 balles qui se trouve quelque part sur un meuble dans la maison. Puis tu demandera à Maman de te donner 50 F sur mon compte. Je t'embrasse sur les 2 oreilles (ou joues, au choix)

Bon, c'est bien mignon, c'est gentil, tout ce qu'on veut, mais la famille, j'ai toujours trouvé ça assez lourd, trop présent. Alors par opposition, mes gosses, je leur ai peut-être un peu trop laissé la bride sur le cou ? On verra bien. Ça n'a pas l'air la cata, pour le moment...

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