Blogborygmes

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vendredi 26 mai 2006

Tant-BourrinPour un peu de silence

Allongé dans le noir, il soupira profondément. Encore ces bruits de pas chez les voisins. il épongea la moiteur de son front d'un revers de main. Le bruit, le bruit, le bruit...

Il ne pourrait pas se rendormir de sitôt, il le sentait bien. Assis maintenant sur le bord du matelas, il entendait des bruits de chaises déplacées. Les voisins du dessus qui déjeunaient, sans doute. Et puis le bruit de la rue, incessant. Et celui d'un poste de radio qui grésillait quelque part dans l'immeuble.

La tête entre les mains, comme pour amortir la résonance du vacarme dans son crâne, il sentait ses pensées se muer en vermine. Une vermine qui lui bouffait définitivement son énergie vitale, ses espoirs et sa raison.

Un chien aboyait à présent. Le choc d'un objet lourd tombé sur le sol, quelque part dans les étages supérieurs. Des coups de marteau. Les postes de télévisions qui s'allumaient et hurlaient dans les appartements alentours.

Le brouhaha était désormais féroce et le violentait physiquement. Ses muscles se raidissaient, comme pour essayer d'encaisser les coups.

Depuis quand ne supportait-il plus ainsi le bruit ? Depuis... depuis... sa mémoire douloureuse s'encotonnait de flou. Il se souvenait seulement du cri primal, de ce cri de métal qui rebondissait encore, des années plus tard, sur les parois de sa boîte crânienne... Et ce cri se fondait en harmoniques dissonantes avec le boucan alentours, dans la salinité des larmes qui lui coulaient maintenant sur les joues.

Une perceuse à percussion se mit à faire trembler l'immeuble. Des rires d'enfants résonnaient. Une scène de ménage dans l'appartement voisin. Un bruit d'essorage de machine à laver. Une seconde perceuse.

Il se leva, en proie à des affres insupportables, tambourina sur le mur en hurlant "Assez ! Assez ! Silence !"

Mais rien ne semblait devoir faire cesser l'agressive clameur de vie de l'immeuble. Et rien non plus ne paraissait pouvoir apaiser la folle rage qui l'animait maintenant, lui qui cognait dans les murs à s'en fracasser les phalanges, éructait, pleurait, suppliait pour que cesse l'épouvantable fracas, pour que s'éteigne enfin le cri de métal.

Une vitre explosa sous son poing. Sang. Eclats. Il prit un morceau de verre et s'en entailla profondément les veines de ses poignets.


- Pas beau à voir, le macchabée, hein ?
- Tu parles, vu ce qu'il en reste, ça doit faire au moins trois mois qu'il traînait là ! Le légiste confirmera ça... Faut dire que le coin n'est pas très fréquenté, ce n'est pas étonnant qu'on ne l'ait pas trouvé plus tôt... T'as reçu les infos sur lui ?
- Oui, si les papiers sont bien à lui, c'est un type qui avait disparu complètement de la circulation depuis trois ans. Veuf. Femme et deux gamins morts dans un accident de bagnole dont il a été le seul survivant. Très gros problèmes psychiques suite à ça : plusieurs séjours en HP et tout le tintouin, jusqu'à ce qu'un jour il parte sans laisser d'adresse...
- Mouais, un louf, quoi !... Ça devait faire plusieurs mois qu'il squattait ici... Plutôt glauque, comme environnement. Et il devait pas trop être dérangé par les voisins, ça fait au moins un an que le quartier à été vidé de ses derniers habitants... Je me demande d'ailleurs qu'est-ce qu'ils attendent pour raser enfin ces vielles masures et lancer le chantier du nouveau centre d'affaires...
- Sûr qu'il devait être tranquille ! Ç'en est même oppressant, ce silence... Enfin bon, apparemment, un suicide de marginal... On va sans doute pouvoir vite classer le dossier...
- Oui... Pauvre type, quand même ! Crever comme ça, tout seul, sans un bruit...

jeudi 25 mai 2006

Saoul-FifrePoéter plus haut que son luth, le retour.

Byalpel s'impatiente. Mais non, Bibi, ya pas de quoi ! Ho, ils sont stressés ces parigots, ya pas le feu ? Et chez Blogbo, on est pas le genre à écrire des billets sur les pompiers de Paris, ni sur les tours Eiffel à Sion ! Nous.

Résultat des courses :

Écoutez, je suis ébahi, ébaubi, sur le cul, sidéré, stupéfié et merveillé. Par la qualité de vos productions. Donc j'ai décidé de changer les règles, et puis c'est vrai : j'adore changer les règles en cours de concours, c'est très chrétien, ça, les premiers seront les derniers, les seconds passent au cinquième rang et les derniers continuent à être les premiers à se faire troncher car il ne faut pas rêver, il y a de moins en moins de pratiquants de l'Amour du prochain, et il faudra toujours des pré-datés pour les prédateurs.

Vous êtes tous gagnants, je le dis franchement, je ne suis pas arrivé à vous départager.

J'aimerais tout d'abord remercier le gagnant du 1er Prix du poème-sans-thème-imposé-mais-vachtement-bien-torché-quand-même, j'appelle sur le podium Monsieur Matthieu, qui, plutôt spécialiste des nouvelles, s'est lancé pour l'occasion, et brillamment, dans une rafale de rimes de la plus belle eau.

Je tiens ensuite à féliciter le gagnant du 1er Prix de l'Amour-maternel-et-de-la-mauvaise-camaraderie. J'appelle Monsieur Byalpel, qui s'est rapproché très très près du ton de mon premier poème, mais en moins ridicule cependant. Belle prémonition.

J'appelle maintenant le gagnant du 1er Prix du mineur-fatigué. Oui, Monsieur Bof...etc ! Vous avez gagné ! Quelque chose vous le susurrait à l'oreille et aujourd'hui, vous avez la confirmation de votre intuition. Après un tel coup d'essai, vous devriez recommencer, renouveler ce coup de maître ? Nos colonnes vous sont ouvertes, vous le savez.

J'ai le plaisir de décerner céans le 1er Prix de la-non-poésie-non-rimée-mais-qui-en-jette-pourtant-méchamment. J'appelle Monsieur Badibuh auprès de moi pour lui transmettre verbalement mes félicitations. Ainsi que mes excuses. : je ne comprends que pouic au jeu actuellement organisé sur votre blog, et puis bon, il est vrai que le temps me manque un peu, mais j'y vais régulièrement...

C'est avec une grande sincérité que je vous offre ce magnifique plâtre d'art passé au papier de verre, symbole du 1er prix du poème-le-plus-adorablement-mignon-du-lot. Merci, Anne, et... encore et à nouveau merci pour cette pièce limpide et émouvante.

J'appelle sur le podium le gagnant du 1er Prix de similitude. C'est peut-être vous, Monsieur Tant-Bourrin qui avez le mieux réussi à "imiter", sans l'avoir jamais lu, je le précise, mon texte intitulé "Bois-Joli" (honteusement piqué à Colargol, d'ailleurs). Mais vos rimes ne sont pas aussi pourries, les bons sentiments y sont moins gluants, vous ne vous êtes pas assez "laché", quoi..

J'aimerais que quelqu'un de la salle aide à monter sur le podium la gagnante du 1er Prix du raccourci-qui-tue. J'appelle Mamasha, notre doyenne, et l'auteur de ce petit texte très beau car très vrai. Merci du fond du cœur pour votre regard perçant.

Je suis content enfin de remettre son 1er Prix, celui-de-la-violente-lucidité, à notre chère ab6, qui a mis certes la fléchette dans le 1000. C'est sans doute ce que je ressentais, mais sans du tout pouvoir l'exprimer. Et l'eusse-je exprimé, que ce cher Monsieur Cazalis ne m'aurait point ajouté à sa sélection...

Bien, choses promises, choses dodues, voici un texte que j'ai pondu peu de temps après. C'était la guerre du Vietnam, on parlait beaucoup de bombes au napalm, et j'ai essayé d'exprimer mon dégoût.

Vietnam en folie

Morves de folles
Morves en verve volent au vent
Mauves, vertes et molles,
Larves torves se sauvent en volant.
Orves mortes qui bavent
Sur de brèves môles
Que violent de vils caves.

Au vent, morves volent,
morves de folles...

mercredi 24 mai 2006

Tant-BourrinChat - rat - deux (4)

L'envie de pondre de longs billets denses et touffus étant provisoirement partie voir ailleurs si j'y suis, je vous propose aujourd'hui un nouveau petit divertissement à base de charades.

Mais pas n'importe quelles charades : des charades 100% Blogborygmes, des vraies créations, pas de simples copier/coller de trucs glanés à droite ou à gauche... Nous avons le respect de nos lecteurs, nous ! :~p

Plutôt qu'une longue explication sur le principe du jeu et sur l'à-peu-près infâme y régnant en maître, je vous invite à parcourir les trois séances précédentes de charades, , et itou.

Les propositions de réponses sont à donner dans les commentaires, de la coopération naîtra peut-être le sans-faute !... Les éventuelles réponses non-trouvées seront dispensées à une date non-fixée, selon mon bon vouloir.

La thématique de cette série de charades tourne autour des grands poètes français (un peu de culture et de finesse dans un monde de boeufs)...

A vos marques ! Prêts ? Partez !


Charade n°1

Mon premier se chope parfois la grosse boule
Mon second est ce que dit le mari de Pauline en apprenant que sa femme est perdue en forêt
Mon tout est un grand poète


Charade n°2

Mon premier est l'information selon laquelle la célèbre actrice Halle Berry visiterait le Louvres puis la Galerie nationale du Grand Palais
Mon tout est un grand poète


Charade n°3

Mon premier est la médaille d'or de basket-ball aux jeux olympiques de Moscou en 1980
Mon tout est un grand poète


Charade n°4

Mon premier est le commentaire narquois et moqueur d'un pied-noir sur le passage d'un type qui se prétend l'envoyé de dieu
Mon tout est un grand poète


Charade n°5

Mon premier est un slogan d'écolo breton
Mon tout est un grand poète


Charade n°6

Mon premier est un vêtement joliment coloré, fait de mon second
Mon tout est un grand poète


Charade n°7

Mon premier est le mamelon d'une Iranienne d'origine extrême-orientale
Mon tout est un grand poète


Charade n°8

Mon premier n'apprécie pas de rouler en Citroën
Mon tout est un grand poète


Charade n°9

Mon premier est chose impossible (ou alors, c'est que la castration à été mal faite)
Mon tout est un grand poète


Charade n°10

Mon premier est ce que l'on dit lorsque l'on s'enquiert auprès de Monique du goût bizarre d'un apéritif anisé fabriqué dans le 9-3

mardi 23 mai 2006

Saoul-FifrePoéter plus haut que son luth

Bon, les 2 textes dont je parle , vous les aurez pas, ça c'est fait, comme dit Twig , l'ex-chomeuse (merci Villepin q:^).

Par contre, comme vous avez bien gambergé, bien rêvé, bien fantasmé dessus, ya qu'à faire un jeu ! Les poèmes foireux en question, c'est vous qui allez les imaginer et les écrire. Mettez-vous en situation, vous avez 13 ans, vous êtes un petit bouseux solitaire mais lecteur boulimique, naïf, timide. Vous lisez un entrefilet dans le Sud-Ouest qui demande l'envoi de poèmes qui participeront à la "Foire aux Poètes", manifestation prestigieuse organisée par "Les Amis de la Poésie", association incontournable qui rayonne dans tout le bergeracois. Il se trouve que vous-même taquinez également la muse à vos moments perdus. Vous vous dites : "Et pourquoi pas moi ?", et vous envoyez une de vos œuvres...

Et l'attente commence. La sélection est rude, les concurrents nombreux et talentueux. Un seul vaincra ! Mais le jeu en vaut la chandelle et personne ne pourra dire que je me suis fichu de vous, car le premier prix, ce n'est rien de moins que mon 3 ième texte ! (Non, les 2 premiers, on n'en parle plus, je vous dis...)

Le vainqueur le recevra dans sa boite mail et en fera bien ce qu'il voudra : il le gardera jalousement et égoïstement pour son usage personnel, ou bien le donnera généreusement en pâture à la blogosphère bavante, humide et excitée, et les youyous enthousiastes lui rendront hommage.

Allez, go, faites pêter vos "Premiers poèmes"...

lundi 22 mai 2006

Tant-BourrinLa généalogie, c'est moche !

Réfléchissez-y à deux fois avant de vous lancer dans votre généalogie...

On s'imagine découvrir des ancêtres ressemblant peu ou prou à ceci...

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dimanche 21 mai 2006

Saoul-FifreLe ridicule ? Même pas mal !

Vous moquez pas, cœurs de brutes, le ricanement facile aux lêvres : j'avais 13 ans, ça faisait plaisir à ma mère, ça lui changeait les idées et elle devait considérer que ça me changerait les miennes, vu que son mari venait de mourir (24 juillet 69)...

sa mère itou (4 aout 69)...

et puis cette lettre (11 aout 69)...

Marrant, non, comme la vie s'accélère, comme elle se ramasse, se concentre, s'affine, trouve un sens, se formule ? La poésie est-elle solution, explication, refuge, consolation ? Ou démiurge, héraut de malheur ?

Mais n'insistez pas, je ne pousserai pas l'abnégation et le sens de l'auto-dérision jusqu'à vous faire lire les 2 œuvres en question. Fallait-il que la poésie soit en perte de vitesse et en manque de bras, en 69 et en Périgord, pour que ce mec en soit réduit à sélectionner mes poèmes de Fête des mères ?

Une question angoissante demeure pourtant, et me taraude, lancinante :

"Dans le fond, de ce concours, avait-il le choix dans la date ?"

samedi 20 mai 2006

Tant-BourrinUne histoire doublement canine

Ma vieille mère-grand, l'autre jour au bistrot,
Faillit bien s'étrangler en avalant son riz.
Mon sang ne fit qu'un tour, je me dis "trop, c'est trop" !
Mamie n'a plus de dents, c'est bien ça l'avarie !
Alors j'ai acheté un clébard plein de crocs
Pour prémâcher les plats de ma Mémé chérie...

Moralité :
Je donne toutou pour mâcher riz, mâcher riz
Toutou pour mâcher riz, mâcher riz
Toutou pour mâcher riz, mâcher riz
Toutou pour mâcher riz, mâcher riz


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