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mardi 25 décembre 2007

ManouFoie gras poêlé au vinaigre balsamique





Ingrédients

- 2 ou 3 volailles d’envergure
- 1 litre de vinaigre balsamique
- 1 pitbull
- 1 plaque vitro céramique et 1 évier sur lesquels on peut compter
- 1 bac à glaçons

Recette

Chercher les volailles d’envergure. Eviter le genre sénateur ou préfet, qui n’ont certes pas besoin d’être gavées (bien que cela constitue un avantage de poids) mais qui font souffrir leur système digestif. Estourbir prestement les volailles avant d’en récupérer les foies. D’où l’expression « Avoir les foies ».

Courir à vive allure car les volailles d’envergure, malheureusement pour vous, sont souvent accompagnées. Heureusement pour vous, elles sont rarement accompagnées de piétaille courageuse. Avoir quand même en tête que la piétaille dispose de relations. Les brigades à quotas pourraient avoir vent de la chose. D’où l’expression « Brise Hortefeux ».

Vous arrivez devant chez vous, poursuivi par quelques teigneux persévérants. Jetez leur les foies au visage le temps d’ouvrir la porte. Récupérez les foies et refermez la porte. Un infernal cri de douleur se fait entendre. Deux bras sont coincés dans la porte. Sifflez. Terminator, votre pitbull attitré se jette sur les menottes et entreprend une dissection aussi méticuleuse que bruyante. D’où l’expression « Il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte ».

Vous pouvez vaquer à la préparation de votre recette. Assurez-vous avant tout de la fidélité de votre matériel. Effleurez la plaque vitro-céramique du doigt pour vérifier qu’elle ne vient pas de s’éteindre. De même, examinez votre évier qui doit être sec. Lavez les foies à l’eau claire et dites-vous bien une chose. « Une chose ». D’où l’expression « Qu’on se le dise ».

Prenez les foies à pleines mains et nettoyez-vous les aisselles avec. Découpez ensuite les foies en fines lamelles. Si vous ne pouvez vous en servir de lacets, faites revenir les lamelles très doucement dans une poêle. Souvenez-vous que le vinaigre balsamique est resté dans le coffre de votre voiture malgré toutes vos incitations à plus de compréhension. Descendez au garage pour le récupérer. Neutralisez la bouteille et remerciez le ciel que personne ne vous l’ai chipée. D’où l’expression « Fais confiance à Dieu, mais ferme ta voiture à clé ».

Sortez du feu les lamelles de foie gras. Disposez-les dans un bac à glaçons (vide). Recouvrez le tout du litre de vinaigre balsamique. Servez tiède entre le dessert et le café. D’où l’expression « L’hermine, c’est tout blanc avec le bout de la queue noir alors que le ramoneur, c’est tout noir avec une grande échelle sur le dos ».

Suggestions

- Je m’assure de la coopération du vinaigre balsamique en lui promettant une visite à Dysneyland PARIS.
- Il est possible de remplacer « Il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte » par « Ce qui n’est ni fait ni à faire doit être fait » mais pas par « Nul n'est prophète en son pays».


Du fin fond des Pyrénées je vous souhaite un ... Noël !

dimanche 23 décembre 2007

Tant-BourrinRéveillon

Fumeroles de vapeur échappées du plat de dinde aux marrons, au milieu de la table. Les assiettes se tendent. On se sert. On mange. On discute. Dans le coin du salon, là-bas, une guirlande multicolore clignote sur le vieux sapin synthétique qui doit en être à son quarantième Noël.

Bertillon mâche consciencieusement une bouchée de volaille, le regard perdu. Il a comme du vague à l'âme. Ou plutôt aux tripes. Oui, c'est ça, un spleen, une mélancolie souterraine qui le ronge là, aux plus profond de son être. Il se force à manger. A parler. A sourire même. A être dans l'humeur d'un réveillon. Mais il n'y est pas. Car il devine que certains autour de la table ne seront peut-être plus là l'an prochain.

Ses yeux passent de l'un à l'autre.

Son père. Si vieilli, si usé, si ridé qu'on eût dit une caricature monstrueuse du bel homme énergique qu'il fut naguère. Parlant avec peine. Les mains couvertes de tâches brunâtres et percluses de rhumatismes. Déglutissant difficilement. Son père si plein d'ardeur au travail autrefois... Hélas, cela faisait déjà si longtemps qu'avait commencé la dégringolade, si longtemps. Il lui suffisait de regarder la tapisserie aux murs du salon : elle avait près de quinze ans. Depuis, la vie de son père s'était peu à peu recroquevillée sur elle-même. Et Bertillon sentait que son père en peau de chagrin ne serait sûrement plus là pour fêter Noël dans la vieille maison familiale l'an prochain.

Sa mère. La mater dolorosa. Grimaçant sous la douleur de ses articulations, les cartilages usés, consumés de s'être trop dépensée. Sa mère qui a veillé sur ses jeux d'enfant dans cette maison comme elle veille aujourd'hui sur le père diminué, son ultime enfant, son ultime bébé, prêt à naître à la mort. Elle lui paraît si fragile désormais. Et les statistiques sont si froides, qui pointent implacablement la surmortalité chez les personnes âgées dans l'année qui suit un deuil. Si son père vient à disparaître, sa mère le supportera-t-elle ? De combien de pas le suivra-t-elle dans la tombe ? Bertillon frémit. Ses deux parents seront peut-être tous deux absents l'an prochain.

Sa soeur. Qui essaie de sourire en permanence mais qui n'arrive pas à masquer le voile de douleur et d'amertume qui lui voile la commissure des lèvres. Qui, trente ans plus tôt, attendait le Prince charmant. Et qui vit avec un gros lourd égoïste depuis vingt ans. Sa soeur qui boit, qui fume, qui se détruit discrètement. Qu'un cancer a commencé à grignoter il y a deux ans. Bertillon l'observe du coin de l'oeil. Par deux ou trois fois, alors que l'attention de la tablée n'était pas focalisée sur elle, il a cru déceler un rictus de souffrance sur son visage, comme venu du fin fond de sa tripaille. Le crabe aurait-il repris sa marche ? Et si sa soeur, elle aussi, venait à manquer à l'appel au prochain Noël ?

Sa nièce. Le même terreau à douleur que sa mère. Une môme complexée, souffreteuse, renfermée, qui s'emmuraille derrière la barrière de ses cheveux. Bertillon a toujours eu un mauvais pressentiment : elle sourit si peu, semble toujours ailleurs, il la devine dépressive et sent le suicide ou la drogue tout proches. Et ses parents qui ne veulent rien voir, entre une mère elle-même dépressive et un père décidément trop con.

Son beauf, justement. Le seul qu'il ne regretterait pas beaucoup autour de la table, mais aussi le seul dont la santé est éclatante. Un gros con, un trou à Castelvin qui boit, qui boit, qui boit. Non pour oublier un quelconque malheur, mais juste pour faire celui des autres. Le seul qui sera assurément là l'an prochain. A moins que, avec tout ce pinard en permanence dans ses veines, il ne finisse un jour par se viander en voiture...

Le coeur n'y est qu'à moitié. Bertillon ferme les yeux et se remémore les réveillons d'antan, plus festifs, plus gais, plus insouciants surtout. Depuis plusieurs jours, il n'arrive plus à penser à autre chose qu'au fait que c'est peut-être le dernier réveillon qui les réunit tous et que, l'an prochain,... Son regard erre sur les murs du salon qui ont vu son enfance et tant de bonheurs aujourd'hui si loin, si loin.

Onze heures trente. Bertillon se lève de table.

- Laisse, Maman, reste assise, c'est moi qui vais chercher la bûche !

Il revint quelques instants plus tard avec un plateau sur lequel trônait une pâtisserie industrielle achetée par sa mère au supermarché du coin.

- Tu ne prends pas de bûche, Bertillon ?
- Non, Maman, j'ai trop mangé, je fais une petite pause...

Ce fut sa nièce, la plus frêle de constitution, qui piqua du nez la première dans son assiette. Puis son père, sa soeur, sa mère, son beauf.

Bertillon repartit vers la cuisine, prit la boîte de somnifère vide et la jeta dans la poubelle. Puis il alla dans la remise. Il en revint avec la vieille carabine du père et une poignée de cartouches dans sa poche. Six cartouches exactement : une pour chacun et la dernière pour lui. Il arma le fusil et s'approcha de la table où tout le monde dormait.

Il n'avait plus aucune angoisse pour le prochain réveillon.

vendredi 21 décembre 2007

BofStreets of Paris

Depuis que je vis dans le sud, j'ai simplifié la chronologie des saisons : dès que les touristes arrivent, c'est l'été.
L'été commence à pâques, et les vacances de la toussaint achevées, c'est l'hiver. Simple.

L'hiver j'ai du temps libre, des bribes de semaine que je peux meubler par des balades. J'aime me balader à Paris, jamais j'y vivrai, faut pas déconner, mais y marcher des journées entières, je m'en lasse pas.

De passage début décembre, j'avais juste eu le temps d'y choper une crève monstrueuse, merci les gars.
J'y suis retourné lundi, histoire d'à mon tour disséminer le virus, bien fait.

Lundi, j'avais rendez-vous avec un rêve de gosse, voir en vrai le E street band. Après Springsteen tout seul avec guitare et harmonica, je voulais vraiment les découvrir avant que l'âge, l'arthrose et alzheimer n'aient fait trop de dégâts. J'ai pas été déçu, et mes oreilles non plus. Si c'est ça vieillir, je signe de suite.

Là-haut, j'ai aussi aperçu un groupe de blacks hilares se faire prendre en photo devant un musée tout neuf, découvert en vrai la mère de Norman Bates, vu des lions tristes sur la pelouse de Reuilly, et traversé un sous-marin.

Ça change un peu de mon village, faut admettre.

J'ai vécu aussi un phénomène étrange : gare Saint-Lazare, vers 18h, règne une agitation frénétique en apparence, mais ordonnée malgré tout. Car si les gens courent et se croisent en tous sens comme des électrons libres, les heurts sont inexistants. Jusqu'à l'apparition d'un électron sudiste perdu au milieu de la foule : là, ça dérape, collisions et ricochets, l'anarchie apparait.

Note à moi même : prévoir une pile à bœufs pour le prochain séjour.

mercredi 19 décembre 2007

AndiamoPremier baiser

Vous souvenez-vous de votre première pelle, galoche, saucisse, gamelle, patin, etc., etc ? Moi, OUI !

Mais je soupçonne tout le monde de s'en souvenir, même ceux qui jouent les blasés, les repus, les "j'en ai rien à s'couer" !

La première fille que j'ai embrassée, vraiment j'veux dire (le palot quoi !), j'avais une quinzaine d'années. Pas en avance ? Dans les années cinquante, c'était pas si fastoche que ça, et puis t'as fait beaucoup mieux toi ?

Donc, ma première "fiancée", on l'appelait "Pépée", va savoir pourquoi. C'était la frangine du beau-frère d'un copain, pas très grande, moi non plus à l'époque, brunette, frisée, pas très expansive, tout le contraire de moi, mais les extrêmes... dit-on.

Un dimanche, on avait rencard au cinéma "Le Prado", LE ciné chicos de Drancy : fauteuils rembourrés partout et, surtout, le balcon !

Nous prenons nos places, on n'offrait pas l'entrée aux demoiselles, trop fauchés pour ça, juste de quoi casquer notre ticket, et encore...

Nous nous installons, au balcon, dernier rang, le dos contre la cabine du projectionniste. Au-dessus, les rais de lumière, changeants, tourbillonnants, s'enchevêtrants dans une symphonie de couleurs, le film non-décrypté avant qu'il devienne visible sur l'écran !

Je me place à côté de Pépée... Première partie, les actus, dessins animés, documentaire : la préparation des rameurs pour la course Oxford-Cambridge ! Hyper bandant pour une mise en condition !

De temps en temps, un regard furtif sur ma voisine, guettant un encouragement, un sourire, une invite, un "vas-y-donc grosse bête !", un p'tit quelque chose qui me fasse penser : "ça y est, ça va être le grand jour, ELLE veut bien que je tente" !

Mais rien, une statue, un marbre, pas un cillement de paupières, pas un p'tit coup d'cul qui l'aurait rapprochée de mon siège. Moi, je ne pouvais pas me serrer davantage : plus et je pétais l'accoudoir !

L'entracte.... Et je n'avais toujours rien fait ! Les potes, qui bien sûr nous mataient, se foutaient de ma gueule : "Ouais, tu t'déballonnes, tu flippes, les foies, et tout, et tout".

Moi, un peu gêné : "attendez, ça va s'faire". Une "HICHE-LIFE" - on ne disait toujours pas "HIGH-LIFE" - pour se donner du courage, sonnette aigrelette, début de la séance... "the film" ! J'me s'rais bien tiré, oh oui, tout abandonner, prétexter la chiasse du siècle, le dégueulis latent, la nausée tord-boyasse, le "j'ai oublié le lait sur le feu" si j'avais pu ! Vite, un bonbec à la menthe ! J'peux pas lui rouler une pelle comme ça, j'viens de fumer une taf ! Putain l'haleine de cow-boy, ça va fouetter grave ! Michel me tend une "Valda", c'est bien, sauvé, merci la sève des Vosges !

Je crois bien qu'il passait "Thérèse Raquin" de Marcel Carné, avec Simone Signoret, Raf Vallone (tu sais le mec qui ressemblait à Burt Lancaster,et non pas Brut Lancastré !), Jacques Duby, etc.

Le film commence, j'aurais bien voulu qu'il soit déjà terminé, je n'en menais pas large, pourquoi fallait-il que ce soit toujours les garçons qui prennent l'initiative ? Aujourd'hui, si un mec plaît à une nana, elle est capable de lui faire du rentre-dedans ! Autrefois, lapuche, nada, et elles qui nous croyaient vachement courageux, entreprenants même, tu crois qu'elles se rendaient compte que l'on pétochait grave ? Dis, tu crois ?

Je me rapproche, pas fier, j'en mène pas large, j'ai l'bigorneau qui frémit même pas ! Je sens bien que mes copains me guettent, j'entends leurs ricanements à la con, les coups d'coude, l'air faussement détaché du greffier qui vient de lâcher une pêche sous le buffet, et qui se tire en loucedé, innocent, faux-cul, sournois, et tout...

Puis, hardi, je passe mon bras, le gauche, sur son épaule, elle ne moufte pas, mais ne tente pas un rapprochement non plus, faut que j'fasse tout, bordel, comme dans la vie (vont pas être contentes, tant pis !). Je me liquéfie, je transpire, je ruisselle, faut y aller, ne pas se dégonfler, je penche ma tête vers elle, elle ne tourne même pas la sienne ! Pas coopérative, c'est plus de la pudeur, c'est carrément la mise à l'épreuve, le parcours du combattant, les trois jours des anciens appelés du contingent, l'épreuve initiatique des tribus primitives !

Je me suis encore approché, je peux sentir son parfum, un truc léger, de la lavande peut-être ? Le genre "sent-bon" que l'on mettait aux bébés. Ça me fait tout drôle, je n'ai jamais ressenti ça auparavant, cette peur, et à la fois l'envie d'aller plus loin ! Un bisou furtif sur la joue, le baiser "papillon", comme sa peau est douce ! TOC, TOC, dans ma poitrine. Y'a dix minutes, j'roulais ma caisse devant les potes ! Putain, il est moins fier le garenne !

Alors je me penche davantage, incline la tête, nos bouches se touchent enfin...

Et, tout à coup, la fougue, nos dents se heurtent (ben oui, on savait pô, t'as été plus malin toi ?). A quinze ans, les dents sont solides ! Et puis, c'est la galoche, l'éléphant bleu, le car-wash, la douche haute-pression, la glotte karchérisée ! Putain, le détartrage ! Plus un morceau d'ragoût dans les chailles, les amygdales explorées à donf, c'est niagaresque ! On bave partout, on sait pas, ça dégouline, mais tellement merveilleux !

Ça y est, je l'ai fait, j'manque d'air, je suffoque, elle aussi sûrement, mais on ne veut pas lâcher le morceau, c'est trop bon, trop bon!. Et puis, tout en bas de moi, mon bonheur qui grandit, qui grandit...


Dessin Andiamo 2007

lundi 17 décembre 2007

Saoul-FifreOn a marché sur la dune

Entre madre (la mère en espagnol) et mar (la mer dans la même langue), il y a un D et un E de différence. En français, il n'y a qu'un E, en latin, qu'un T. Quand ma mère a perdu les eaux, ce jour là, il se trouve que je me baignais dedans, et zwib, je suis tombé sur une terre. Je ne me rappelle pas qu'on m'ait demandé mon avis, d'ailleurs je crois que l'usage est de ne point s'enquérir des désidératas des nouveaux-nés. Certains ont essayé, sans jamais obtenir de réponse clairement articulée.

Les faits bruts, immalléables, me sont tombés sur la gueule, et il a fallu que je fasse avec : je suis né à Tlemcen, dans une famille de colons, début 1956. Fin 55, des fellaghas (résistants) ont attaqué la ferme. Ma mère, qui me portait, a eu la trouille de sa vie. Elle l'a partagée avec moi, et je l'ai faite mienne durant de nombreuses années. J'émerge de notre peur petit à petit. C'est un travail de longue haleine. Dans la famille, tout le monde a morflé, chacun à sa manière, de ce déchirement du départ.

Et puis, plus de 40 ans plus tard, le simple fait de discuter d'un "retour" familial à Tlemcen a réavivé les plaies. Ça a somatisé sec dans la tribu.

Ma sœur aînée ne s'est pas sentie d'y aller, en tout cas pas avec sa fratrie. Elle flairait le piège.

Le corps de la 2ième a carrément pété un fusible. Tout était décidé, elle avait préparé le voyage de sa famille à elle avec beaucoup de rigueur et de soin, comme elle sait faire, et puis plouf, elle a attrapé une maladie de ouf : un virus qui s'est attaqué à sa myéline et qui l'a mise raplapla comme une carpette !

La 3ième était partante itou, mais on la sentait qui serrait les fesses. Le hasard a fait que son avion était en grève et qu'elle n'a pas pu en prendre un autre. Bon, ses 20 ans de psychanalyse sont peut-être un terreau prédisposant, toujours est-il qu'elle est tombée dans une dépression sévère dont elle a du mal à se sortir.

Nous les 3 garçons, on y est allés, d'accord, mais ça nous a bien secoués quand même.

Alors y en a qui me disent : "On aimerait bien la suite de tes aventures en Algérie ?" comme qui dirait "C'était chaud, le Club, cette année ?".

Ben c'est pas si facile que çà à écrire, si vous voyez ce que je veux dire ? Le seul truc vrai et important, dans cette affaire, et qui nous a noué les tripes d'émotion, là-bas, en permanence, c'est que nous appartenons de cœur à cette terre.

Et ce soir j'ai juste envie de vous la montrer dans sa nudité, vierge de présence humaine.

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samedi 15 décembre 2007

ManouPaires


















jeudi 13 décembre 2007

Tant-BourrinMon prochain album (7)

Cette fois, il faut regarder la vérité en face : ma carrière artistique connaît une petite période creuse. Qui n'est peut-être pas sans lien avec le fait que la sortie de mon prochain album traîne un peu. Retard peut-être légèrement lié au fait que j'ai déjà foutu par quatre fois les maquettes de mes enregistrements à la poubelle (voir , , , et ). Foutage à la poubelle faisant quelque part suite au peu d'enthousiasme que vous avez manifesté à l'égard des dites maquettes. Bref, vous me foutez ma carrière en l'air et je vous hais.

Et d'ailleurs, ça continue, au vu de votre froideur face à ma dernière mouture, j'ai piqué ma crise et foutu le feu à toutes les prises (et accidentellement à la console de mixage et, de proche en proche, à tout le studio d'enregistrement).

Bref, j'ai décidé de repartir de zéro.

Je me suis fourvoyé et je vais revenir aux sources, à des choses plus simples enregistrées dans un garage. Je vais donc me passer de producteur pour cette raison. Et aussi accessoirement un petit peu parce que je suis sur la black list des producteurs et que plus aucun n'accepte de travailler pour moi.

Et puis, soyons clairs, mon objectifs étant de refourguer des milliards de disques à la masse bovine des amateurs de chansonnettes, celui-ci aura d'autant plus de chances d'être atteint que je me cantonnerai dans un style primaire, proche du niveau des potentiels acheteurs dont vous êtes, amis lecteurs, les dignes représentants.

Voilà, c'est un enregistrement qui m'aura beaucoup marqué et je suis assez fier du résultat que je vous offre en exclusivité mondiale. Ça déchire grave la mort de la race de sa mère, non ?




Cliquez sur l'image pour voir la pochette en grand


Tant-Bourrin - J'gueule


Qu'est-ce c'est que ce connard qui m'fait une queue de poisson
Au volant de sa foutue bagnole ?
Au prochain feu rouge, je vais lui faire bouffer son caleçon,
Avec, en dessert, ses roubignoles !
Ah, j'gueule, j'gueule !

Quand c'est soir de match, je fais des stocks de chips et de bière,
Faut pas être à court de munitions !
Et je crie "bordel, tue-le, faut le tacler par derrière !"
D'vant mon poste de télévision
Ah, j'gueule, j'gueule !

J'aime pas les bouseux,
Les intellos, les journaleux,
Tout ça me soûle !
Les étrangers pas d'chez nous,
Les nantis en grève, ça me fout
Les boules, boules, boules, boules !
J'gueule, j'gueule !

Qu'est-ce que t'as, gros, con, dégage de là, tu veux ma photo ?
Me regarde pas de cet air bête !
Heu... attends, du calme, t'énerves pas, lâche-moi le paletot...
Aïe ! Non, s'il te plaît, pas sur la tête !
Aïe ! J'gueule, j'gueule !

(Téléchargeable directement ici)


Eh bien, vous allez pas le croire - c'est vraiment un mauvais comique de répétition ! -. de méchantes langues (oui, toujours les mêmes !) osent laisser entendre que peut-être il aurait éventuellement une vague ébauche de début de ressemblance approximative avec ceci...

Alors là, je dis stop ! Un groupe obscur et inconnu qui n'a d'ailleurs même pas le courage de mettre son nom sur la pochette ! C'est tout ce que vous avez trouvé, cette fois ?

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