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dimanche 8 juin 2014

BlutchAvis de dérupée incontrôlée

J’avais menacé Mimik de le faire… Et bien c’est fait !

En faisant les à fonds dans le chenit du cagnard, j’ai retrouvé une épéclée de mots vaudois que je voulais pas mettre au ruclon, alors je vous les livre gratos.

Mais en fait, c’est pas de ça que je veux causer, même si Bottoflens ressemble au bouryon du monde, je veux vous causer de pau-é-sie.

Selon des avis circonstanciés, il semblerait que, selon la police, la fable de La Fontaine « le corbeau et le renard » soit dans les dix poèmes les plus célèbres de la langue française. Selon les manifestants, elle serait détrônée par l’Internationale et Bella Ciao*, qui passent aussi largement avant les vers bellicistes de Rouget de l’Isle.

Cette célébrité fait un de ces chnabre dans les chaumines, elle est presque aussi importante que celle de la meuglante à Clo-clo (Comme d’habitude), mais reste, néanmoins très nettement moins bon pour la crousille des héritiers du buveur d’eau.

Fort de ces constats, je me dis que tant qu’à aller foutimasser dans ce fourbi, autant aller voir ce qu’ils ont déjà bracaillé.

Pour l’Internationale, j’ai rien dégoté, sauf une citation de « l’Internationale néo-libérale » de Marianne, mais le bout que j’ai zieuté, c’était de la nioniotte.

Pour la Marseillaise, la seule que je puisse reluquer c’est celle de Ferré. Ecoute voir que c’est pas de la bedoume cette modà-là. :



Toutes tentatives dérobatoires devenant vaines, je me suis donc rué sur le rimaillage de Jean-Jean et j’y ai trouvé quelques perles.

Vous me connaissez…. si un tiolu a boratté pour moi, je ne vais pas bringuer pour lui laisser la place. D’autant plus que ces bofiauds n’ont même pas signé leur batoillage…



La version sociale …

Le cornard et le rebeau

Le corbeau sur un arbre perché
Ne foutait rien de la journée.
Le lapin voyant le corbeau,
L'interpella et lui dit aussitôt :
- Moi aussi, comme toi, puis je m'asseoir
Et ne rien foutre du matin jusqu'au soir ?
Le corbeau lui répondit de sa branche :
- Bien sûr, ami à la queue blanche,
Dans l'herbe verte tu peux te coucher
Et ainsi de la vie profiter.
Blanc lapin s'assit alors par terre,
Et sous l'arbre resta à ne rien faire,
Tant et si bien qu'un renard affamé,
Voyant ainsi le lapin somnoler,
S'approcha du rongeur en silence,
Et d'une bouchée en fit sa pitance

Moralité :

Pour rester assis à ne rien branler
Il vaut mieux être très haut placé.



En mode argotique…

Cave et le Vachard (Jeannot de Château-Lapompe)

Un Cave, bien planqué, kif un mac,
Bouffait en lousdé un calendos
Le gonze Vachard, sentant schlinguer l'matos,
Essaye de l'avoir à l'arnaque
"Hé ! ça boume Boss Lavedu,
T'es vraiment maous ! Et t'en jettes un jus !
Sans charrier, si ta goualante
Est aussi bath que tes fringues
Roule les mécaniques, t'es l'caïd du bastringue."
Esgourdant, fleur de nave se sent pus pisser ;
Et pour pousser sa goualante
Il desserre ses ratiches, laisse tomber l'calendo.
Le Vachard s'le morgane, et bonnit : "Mon poteau,
J' t'affranchis "si t'encaisse des salades
Tu te retrouves en deux coups les gros en calcif
Avec ton fromgi bouffé par le faisan
Qui t'l'a fait au boniment "
Le branque, allant au cri sur le ruban,
Renaude, fumasse, qu'on l'baiserait plus, bécif.



J’ai déjà espliqué que les vaudois ont l’âme pauétique. Mais si tu as été bercé trop près du mur ou que tu as besoin de te secouer la comprenette, regarde voir mes poètes de légendes.

Un Vaudois à la plume fleurie (comme seul sait le faire le Pays de Vaud, et de bien belle façon) n’a pas tant ouatassé que ça et entre une envolée lyrique sur les Diablerets et un pastiche sarcastique sur ces Pique-Meurons de Genevois, il a pondu une version vaudoise de c’t’histoire.


L'ami corbeau et l'ami renard

C't ami Corbeau, sur un arbre ganguillé
Tenait à plein bec une tomme.
C't ami Renard, le tarin chatouillé
Lui tint ce discours à la gomme :
Hé! salut c't ami Corbeau,
T'es rude joli, t'es même fin beau !
Crénom de sort, si ta batoille
Vaut ce plumage qui pendoille,
T'es le tofin des forêts du Jorat.
A ces mots, le Corbeau qui trouve ça estra
Ouvre tout grand son four
Et lâche ses dix-heures.
Le renard chipe la tomme et dit :
Pauvre niolu, méfie-toi toujours des lulus
Qu'ont la langue bien pendue.
Cette leçon vaut bien une fondue !
Le Corbeau dépité, conclut :
Ch'us tondu, j'ai perdu, plus jamais je s'rai eu !



Si y en a des qui n'ont rien compris, j'offre un service de traduction par commentaires différés...

Blutch.



Wouais, ben pour Bella Ciao, c’est pas parce que c’est en italien que ça compte pas et que même si les Ritals sont tous passés par Marseille et qu’il leur en est resté un petit rien dans le sens de la dismisura, ça vaut quand même.

Comme que comme y a rien à faire la potte, c’est bien mon droit de caresser mio Cugino dans le sens du poil…. Et puis, tout le bien que ça me fait d’écouter Bella Ciao ne nuit à personne…

Surtout que je suis partageur… Et que la youtzeuse n'est pas une feignole.


Comme promis, vous aurez la traduction après le prochain passage du doyen.

mardi 3 juin 2014

AndiamoLes vacances

Depuis deux jours, je sens bien qu'il se prépare quelque chose, on ne me la fait pas ! C'est pas la première fois qu'ils se préparent ainsi, enfin si, c'est la première fois sans les enfants.

D'abord il y a eu Sonia qui est partie. Je l'aime bien, Sonia, elle ne manque jamais de me caresser quand elle arrive, elle m'appelle "Poupougne". En fait, je m'appelle Jules. C'est joli, Jules je trouve, pas vous ?

Puis, il n'y a pas longtemps, c'est Pierre qui est parti, à Paris. Il fait "médecine". Je sais pas trop ce que ça veut dire, mais il paraît que c'est bien !

Il y a treize ans que je suis là, ils disent que je suis vieux ! Pfuuuu, vieux moi ? Mon maître a fêté ses cinquante-six ans et ma maîtresse cinquante-quatre ! Et moi je suis vieux à treize ans !!!

Mon maître, c'est Claude, et ma maîtresse Nicole. Ils sont gentils avec moi. Au début, ils m'emmenaient courir dans les bois à Chantilly, c'est pas loin de chez nous, j'aime bien Chantilly. Parfois, on croise des cavaliers dans les allées forestières. Ils me rappellent alors, afin de ne pas effrayer les gros bêtes qu'ils appellent chevaux. Ils sont grands et gros ces bestiaux-là, mais ils ont peur de tout ! Hi hi hi !

"Ils" ont entassé les valises et les sacs dans le garage, tout est prêt ! Nous sommes prêts, il n'y a pas si longtemps, ils emmenaient des seaux, des pelles, tamis et râteaux pour faire des châteaux de sable, les enfants adoraient ça ! On allait à "Biarrice", enfin un nom comme ça ou à peu près. J'aimais bien la plage de sable, et puis, parfois, avec mes grosses pattes, il m'arrivait de casser un peu le beau château de la belle au bois dormant !

Qu'est-ce qu'on m'engueulait ! Ils me jetaient même de l'eau salée sur mon beau poil fauve, c'est joli le poil d'un boxer..

Ça y est, mon maître m'appelle. Hop ! je saute dans la voiture... Enfin je dis HOP ! mais en fait mon dos me fait un mal ... J'allais dire un mal de chien ! OUAF !

Enfin je grimpe maladroitement dans le coffre qui se referme un peu brutalement. Doucement ! Je ne vais pas me sauver, j'y tiens à ma balade !

Tiens Nicole ne vient pas, j'ai même cru apercevoir une larme couler sur sa joue...

Oh la la, c'est long ! Je ne reconnais pas le chemin, c'est bien une forêt, mais pas Chantilly. L'Espace s'arrête, mon maître ouvre le hayon, il m'aide à descendre, il est gentil, il sait que j'ai un peu de mal maintenant.

Pourquoi il me change mon collier ? Sur l'autre il y a mon nom et mon adresse gravés dessus, et même un numéro qui commence par 06 !

Il me tient en laisse maintenant. Habituellement, en forêt, il me laisse courir !

Ben, pourquoi il m'attache ?.. Il s'en va... je ne le vois plus... WAF ! WAF ! WAF !....



Ça plombe un peu ? Selon Trente millions d'amis, au moment des vacances, 60 000 chiens et chats seront abandonnés !

mercredi 28 mai 2014

AndiamoDessins de (très) mauvais goût.

Toujours soucieux de satisfaire un lectorat de plus en plus exigeant, nous avons décidé (enfin j'ai décidé biscotte S-F et T-B sont aux abonnés absents) j'ai donc décidémenr décidé, en accord avec moi même, d'ouvrir une nouvelle rubrique qui s'intitulera :" DESSINS DE TRES MAUVAIS GOÛT."

Si le succès est éclatant comme je l'espère, il y en aura d'autres, et même à caractère licencieux, il faut attirer les foules, il paraît que ça marche !

(Ch' tiot crobard Andiamo)

jeudi 22 mai 2014

AndiamoTes châsses (2)

Voilà c'est Epamine qui a gagné le séjour sur Mars ! Elle s'emmerde ferme paraît-il !

Bon alors si elle joue (elle a une connexion internet là haut), on la rapatrie... Qui a dit : -NOOON pas ça ! Pas sympa, mais bon passons. Je vous ai fait une série de quatre ch'tiots crobards, à vous de deviner à qui sont ces gobilles, ces calots...

J'aurais pu vous dessiner un œil de bœuf, des yeux dans l'bouillon, un œil de perdrix, calé sur un orteil craspouille, un œil .. Tu sais celui des rosiers, mais si, celui où il faut couper, au-dessus, ou au-dessous j'sais plus et puis j'm'en fous ! Un œil de bronze !! Y'en a que ça fait marrer, ben oui.

Mais non ! Pas de ça chez moi, je m'y suis attelé et je vous ai dessiné quatre paires de châsses, et un bonus photo ! Il y a même des mecs, mais oui Mesdames pour vos beaux yeux.

Epamine applique toi si tu veux rentrer.



(1) T'as qu'une paire de mirettes.

Au poker des conquêtes

Jolie môme...

(Léo Ferré, Jolie Môme.)



(2) Yeux bleus, cheveux blancs, regard d'acier....

Il n'embrassait pas ses potes !



(3) Le regard tourné vers les grands espaces...

Il aurait pu chanter : I'm a poor lonesome cow-boy !



(4) T'as d'beaux yeux tu sais ?

Qui dira le contraire ?



(5) L'œil était dans la tombe et regardait Caïn

Totor Hugomuche

(Ch'tiots crobards Andiamo pour Blogbo, photo chopée sur internet)

samedi 17 mai 2014

Mam'zelle KesskadiePermis moto (prise 3)

Devant l’immense succès des tomes un et deux de mes aventures en moto, mon éditrice m’a invitée à en écrire la suite rapidement. Je la soupçonne de craindre que j’arrête d’écrire pour cause de décès accidentel.

Bref, je me suis dit : Pourquoi ne pas me trouver un surnom matante (NDLR Matante au québec, désigne une dame d’un certain âge, qui aimerait Mireille Mathieu, ex…) pour mes récits, étant mes aptitudes, mon âge vénérable et mon intérêt pour les vidéoclips de chats sur Facebook? J’ai pensé à Claudette, mais elle, c’est le côté quétaine de fifille, Georgette me plaisait bien ainsi que Dolorès, mais je me suis dit qu’en fin de compte, Jocelyne était fort bien pour une matante. Assumons. Je vous ai laissé au cours 1 sur 3. Le cours deux s’est passé sans trop d’incidents, en fait je ne me rappelle pas du cours et pour dire la vraie vérité , en arrivant au cours 3 de trois, une semaine plus tard, je ne me souvenais plus de rien. En tout cas, j’en avais la très certaine impression.

Mais si ! je me suis souvenu que j’ai enfin compris comment freiner avec la moto ! Utile, vous n’avez pas idée !

Bon, je vous explique. La moto a deux roues, donc, deux freins. Oui, je sais, une auto a quatre roues et un seul frein, mais pour une moto, pensez en gars. Mettons que deux freins, ça permet des variations intéressantes dans la conduite imprudente, en plus d’avoir plus de bébelles à ajuster. Bon, le frein pour la roue avant est au guidon, comme nos bicyclettes, le frein pour la roue arrière est au pied droit. Idéalement, il faut freiner des deux freins. ( pourquoi ne pas avoir mis un seul contrôle si on doit freiner en même temps?, voir plus haut). Pour ajouter à mon énervement et à ma capacité d’intégrer les éléments de conduite de la conduite de la moto, il y a aussi la clotche ( manette d’embrayage) que l’on actionne à gauche de la même manière que nos freins de bicyclettes.

Vous voyez tout de suite que de passer de freiner des deux freins avec les mains, comme sur une bicyclette, à freiner avec un frein et un pied, ce n’est pas simple pour une matante. Ce qui fait que la première fois que j’ai voulu freiner, je ne savais plus quoi faire, j’ai pesé sur le bouton panique ( qui éteint le moteur automatiquement) et j’ai freiné avec mon pied. Je n’allais pas vite, une chance ! Bon, que je me suis dit, il y a sûrement moyen de ralentir sans arrêter le moteur à tous les coups et je ne vais pas aller demander à monsieur Macho : heu.. rappelle moi donc comment on breake déjà ?

Je me suis donc référée au manuel de moto que j’avais étudié de fonds en comble pour me souvenir que tout était à droite. Donc, après cinq ou six de départs et arrêts, j’avais coordonné les deux manettes et le frein. Ce qui m’inquiète un peu, quand même, c’est qu’à chaque fois que je dois freiner, faut que j’y pense Pied et main, pied et main. Même quand je conduis mon auto, maintenant, j’essaie de penser à serrer le volant quand je freine, question d’intégrer pied et main. Donc, si vous êtes mon passager et que je vous serre le bras à chaque stop, ne vous en faites pas, c’est pour le bien de la cause.

Avant le cours, j’ai eu quelques petites tâches à faire, dont, me trouver de vraies bottes de moto. Oui, je sais, vous voyez régulièrement des motards en espadrilles, mais c’est parce qu’ils sont habiles à freiner. Pas moi. J’aurais usé mes souliers dans les premières quinze minutes, ma technique n’étant pas très au point. Fait qu’à la dernière minute, c’est rien que ce temps là qu’il me restait de libre, je me suis précipitée chez le vendeur de bottes de travail et tout et tout pour achat rapide et bon marché. La vendeuse, gentille comme tout, a découvert le secret d’une longue vie : prendre son temps. Ne pas trop se poser de questions et attendre, pour bouger, d’avoir donné 30 secondes de silence à son interlocuteur au-cas-où il aurait quelque chose d’autre à dire.

Elle, elle n’a pas besoin de freiner.

Elle me recommande une jolie botte pour dame. Trois pouces de haut de talons. C’est vrai que je ne suis pas très grande pour embarquer sur la moto, mais avoir voulu des échasses, je serais allée ailleurs. La pauvre était désolée, il n’avait plus mon point pour les seules bottes de femme avec une bonne semelle. Coup donc, est-ce qu’ils prennent pour acquis qu’on va être sur le siège arrière, donc, on n’aura pas besoin de freiner? Bon, finalement, elle a accepté de me vendre des bottes d’homme, avec des semelles de gars. Non sans avoir attendu trente secondes après que je lui ai dit oki pour bouger, d’un coup que je changerais d’idée. Dans ces cas-là, ne rajouter pas un mot, c’est trente secondes après le dernier mot. Chut. Partez avant elle pour rejoindre la caisse, au-cas-où elle vous suive toute de suite.

Je pars donc équipée de mes plus belles bottes de moto à vie ( mes seules en fait) mon coat, mon casse ( j’ai compris que je devais enfiler mes gants APRÈS avoir attaché mon casque, ça va mieux pour les quick releases, non, mais, ça ne parait pas, mais la moto, c’est plein de ces petits détails…) et des recommandations de mon frérôt, motocyliste chevronné, la première apporter une bouteille d’eau pour quand je me sentirai fatiguée et la deuxième, tout est dans la clutche!!! Apprendre à la laisser glisser, parce qu’elle est conçue pour endurer les glissements et que c’est la clé du contrôle en basse vitesse.

La clutche, la bouteille d’eau et mes bottes, ça devrait aller.

Nous en sommes donc au cours trois de trois. L’entraînement se déroule dans un stationnement et les exercices sont balisés avec des cônes oranges. Le groupe suit le moniteur qui nous explique en quoi consistent nos quatre exercices d’aujourd’hui. J’ai beau avoir pris mon concerta ( médoc pour le déficit d’attention), mais après trois explications, je ne sais plus lequel je dois ne pas varier de vitesse, tout ce dont je me souviens, faut arrêter dans les carrés et faire semblant de regarder notre angle mort ( 3points à l’examen).

Ma copine et moi regardons, sidérées, les cônes éparpillés qui forment en serpentin et on essaie de retenir par où en suivant les directives du moniteur. Et là, le mécréant ajoute : ceux qui seront habiles, faites-le à l’envers et il décrit un autre serpentin. (D’un seul mouvement, on s’est caché les yeux, non, mais, on est assez mélangées de même!)

On commence. On essaie des motos différentes pour s’habituer à conduites. Je suis pairée avec Bertha. Kawasaki 550. Bertha, parce qu’elle est pesante, pis elle a du caractère. Bon, faut démarrer ça. J’ai presque tout fait comme il le fallait, enlever la béquille, tourner la clé à On, mettre le bouton panique à On, ( celui qui nous sert quand on ne se souvient pas quoi faire), pas besoin du tchoque (étrangleur), mettre le pied sur le frein, la moto en première, on tient la clotche, pis…. Un blanc. Sais plus quoi faire pour qu’elle fasse vroum vroum.

Le moniteur passe à côté et pèse sur le bouton démarrer. Bertha a râlé tout de suite, la saloooope. Moi, je me suis contentée d’un sourire niaiseux.

Allons gaiement et en n’étouffant pas trop souvent au premier exercice. Il s’agit d’accélérer en ligne droite jusqu’à ce que le moniteur, droit devant nous, en plein milieu du trottoir qu’il faut emprunter, lève la main pour simuler la lumière rouge qui s’allumera à l’examen afin que nous fassions un arrêt d’urgence. Oki. Important, ne pas ralentir, avoir une accélération constante. Oki.

Je me mets en position, go ! Là, je vais être bonne, et j’étouffe le moteur en partant. P’tite gêne. On remet ça. Bertha et moi, on décolle bien, j’accélère, je pense frein=main droite, pied droit, main droite , pied droit, envoye Bertha on accélère et … L’inconscient de prof tourne la tête pour regarder l’exercice à côté du mien. Je fonce droit sur lui.

Panique. Je fonce droit sur un homme qui regarde ailleurs!!!!

Whoooooo Bertha! !!!! Clotche, décélère. Main droite, pied droit Heille, le prof, prépare toé prêt à jumper hors de ma route! J’ai beau avoir des bonnes bottes, Bertha est dure à arrêter une fois partie!!! Et bin, il se détourne, calme et lève sa tite main..

Il m’a fait la remarque que j’ai anticipé en ralentissant, mauvaise note. Mets-en que j’anticipais!!! Il a beau me dire qu’il me voyait du coin de l’œil, je connais ça les gars qui disent être capables de faire deux choses en même temps. Cré moé y a pas assez de cerveau mâle pour sauter hors de mon chemin tout en reluquant la tite demoiselle de l’autre exercice. M’enfin.

Autre exercice, tourner à 90 ◦. Départ, après une distance longue comme mettons trois mètres il faut tourner serré et pour faire le trajet en 8,4 sec et entre deux lignes. Ok. Bonne nouvelle ! J’ai réussi à le faire dans les temps ! Reste juste à le faire dans les lignes. Là j’ai dit : coup donc, pour cet exercice là, la vitesse doit –tu être constante ?

Le moniteur a secoué la tête.

J’imagine qu’il ne voulait pas dire : non mais, quelle cruche, mais plutôt, non, non, la vitesse peut varier. Laissez-moi mes illusions.

Bref, trois heures de péripéties, de l’Advil en arrivant avec de l’antiphlagestine pour les courbatures, et merci Marco pour le truc de la bouteille d’eau. Elle m’a donné une excuse pour prendre un break et du courage en pensant à toi.

À suivre…..

lundi 12 mai 2014

BlutchDu temps ou j'étais bouèbe

Putain, ça m'inquiète, depuis quelques temps, je me mets souvent à faire de la marche arrière.

Un des chintoques de service disait que l'expérience est une lampe que l'on a dans le dos pour éclairer le chemin parcouru... J'ai comme l'impression que je vais devoir envisager des phares à longue-portée...


Ma famille n’a jamais milité dans quoi que ce soit, mais les informations coulaient naturellement. Ma mère avait cette sagesse naturelle qui lui faisait chercher ailleurs ce que la propagan…Rheum !  

L’information officielle voulait se faire passer comme vérité toute nue et virginale. Il faut dire qu’elle avait une confiance assez limitée dans le monde politique, peut-être depuis qu’elle avait entendu « sur le poste » le conseiller fédéral (ministre) Pillet-Golaz dire, lors d’un banquet pantagruélique, que l’ouvrier peut dîner avec une tranche de pain et un cervelas (charcuterie infâme surnommée la raclure de plot). Il avait beaucoup fait, ce jour-là, pour assurer sa non-réélection à la législature suivante.

Je ne sais pas comment elle faisait, mais durant la guerre 36-45, elle savait ce que tout le monde voulait ignorer. Elle savait pour la déportation des juifs, elle savait qu’ils n’en reviendraient pas. Elle savait que les « erreurs » de bombardements alliés (sur la Suisse) étaient des mises en garde pour ne pas (trop) collaborer avec le Reich.

Elle a gardé très longtemps ce recul avec l’actualité et ses fils en ont hérité.

A la maison, on écoutait Sottens.  Sottens : Petit village vaudois sans histoire, hormis que c’est là que Radio-Lausanne avait établi son antenne et que les radios étaient alors identifiées par le nom de l’émetteur.

Donc sur Sottens, nous avions le droit d’écouter quelques émissions, malgré l’heure tardive (pour l’époque !). Parmi elles l’incontournable "Enigmes et aventures" le lundi soir avec le commissaire Gallois, le détective Durtal et son aide à tout faire, Picoche. Une sorte de Chauguise en trio, d’avant mio Cugino.
Un petit coup de nostalgie à partager ...

Alors que Radio-Paris en était encore à : « Bonsoir chers zôditeurs » avec la bouche en cul de poule pour le dire… Heu oui, ça, c’était après 45, parce que je vais vous parler de 1943 comme le début d’une radio différente : espiègle, râleuse, moqueuse, revendicatrice. Et dans ce temps-là sur Radio-Paris, c’était encore : Guten Abend liebe Hörer que la valletaille à Pétain ânonnait dans le poste. Donc en 1943 Radio-Lausanne ouvre son micro à l’humoriste et pamphlétaire Jack Rollan pour ses « Bonjour ». C’est lui qui dénoncera le coup du cervelas de Pillet-Golaz. Terreur des magouilleurs et des politocards véreux (pléonasme), il était bien souvent l’ultime recours des petites gens écrasés par des procédures malhonnêtes.

A l’époque des ballets roses en France, la Suisse avait aussi connu ce genre de divertissement pour grandes personnes. Comme il était convenu dans la presse d’en parler le moins possible, Jack Rollan ne manquait pas une occasion d’assurer le suivi de l’enquête. Les protagonistes de l’affaire avaient pu ainsi passer à côté d’une amnésie judiciaire… 

Comme on l’a vu avec Coluche et ses restos, il faut toujours des gugusses pour faire les travaux sérieux, c’est lui qui fonda la Chaîne-du-Bonheur en 1946 avec un autre animateur de la Radio. Le concept était nouveau,  les besoins étaient énormes. Durant des années, c’était une émission hebdomadaire d’appels de fonds, d’informations et de divertissements.  Les Téléthon, Sidaction et consort ont repris le système…(le compteur de pognon, les objectifs à heures fixes, les fiches de promesses lues à l’antenne, la surenchère des entreprises, tout était déjà inventé en 1946…) Actuellement, elle fonctionne sur des événements ciblés.  

Trublion de la morale, le parcours médiatique de Jack Rollan fut (forcément) chaotique. La radio veut le contrôler, il part et fonde son journal « le Bonjour de Jack Rollan » (bien sûr). Pour vous situer le journal, c’était un peu comme un Canard enchaîné qui se serait marié avec l’Os à moelle.

Les médias et lui, c’était je te haime. Je pars – reviens… mais oui - mais non… jamais pour toujours.

Touche-à-tout, il a eu un cirque, il a monté des spectacles seul ou avec toute une troupe. Il a eu aussi de nombreuses occasions de faire faillite  avec ses productions. Il collabora longtemps avec le quotidien genevois « la Suisse », jusqu’au jour où le Cardinal Daniélou eut la bonne idée de passer l’arme à gauche en escaladant le Mont de Vénus d’une prostipute…

Le papier (introuvable) était drôle, mais le red en chef l’avait trouvé raide d’ironiser sur l’ecclésiastique macchabée. Le billet fut censuré, Jack est parti.

Quelques liens en cascades


Cet homme, connu du monde entier de la Suisse romande est parti sur la pointe des pieds.

Il tire sa révérence un jour de mai 2007, après une ultime consigne à ses amis :
«Je ne veux ni église, ni cathédrale, ni télévision, presse ou radio; je veux le Léman et surtout pas de faux-culs, ni d'emmerdeurs. Alors ne parlez pas de ma mort avant l'adieu final.»

Dans sa vie, il a tout fait et fait de tout : photo, journalisme, musique, chanson, mise en scène, comédie musicale, conférences, tout jvoudis ! Finalement, j’aurais pu aussi le caser parmi mes poètes de légende…

mercredi 7 mai 2014

AndiamoDialogue avec la Camarde

J'aurais pu commencer par :

Comme une femme de petite vertu
Elle arpentait le mur du...
Cimetière !

Mais bon c'eût été un horrible plagiat, et laissons à Georges ce qui appartient à Brassens.

Je l'ai vue ce matin-là, j'allais dire un petit coucou à quelqu'un que j'ai beaucoup aimé... Pourquoi l'imparfait ? Je l'aime toujours, en plus nous portons le même nom, ça se fait beaucoup dans les familles.

Elle était assise sur ce qu'il est convenu d'appeler une pierre tombale, sa faux posée à terre, grande lame d'acier un peu rouillée, son linceul un peu mité, ses longs cheveux "filasses" gras et emmêlés, le teint cireux, pas bandante du tout la Camarde !

Alors je me suis approché et nous avons un peu bavardé. Je la sentais déprimée, pas bien dans sa... j'allais écrire PEAU ! Ben non, c'est "pas bien dans ses os" qui me paraît mieux convenir.

- Alors ma grande, un coup d'mou ? (un peu familier ? Ouais, mais sept ans de Blogborygmes, en même temps, ça marque !)

Elle a levé vers moi ses grands yeux d'opale et là, TOC ! Illico le coup de foudre, putain ses yeux ! Moi, les yeux, c'est mon péché mignon... Je ne résiste pas, ou très mal !

- J'en ai marre de faucher, tailler à coups de serpe, massacre à la tronçonneuse, personne ne m'aime !!

Et là, je vous assure, j'ai vu une larme couler sur sa pauvre joue toute pâle ! Alors je me suis assis près d'elle, elle a obligeamment étalé son suaire, afin que mon cul ne reposât pas sur le marbre un peu froid de la pierre d'Eglantine Beaupré (le nom un peu effacé gravé sur la tombe). Familièrement, je lui ai passé le bras autour du cou et, naturellement, elle a posé sa tête sur mon épaule, j'en ai été tout émoustillé !

- Tu n'as pas peur de moi ? m'a t-elle dit entre deux sanglots.

- Euh non... Enfin pas trop, ai-je fanfaronné.

- Étonnant ! Habituellement tes contemporains flippent un peu en me voyant !

- Oui, je sais, mais tu sais belle gosse, j'ai déjà bien vécu ! J'ai bon nombre de proches et de copains qui sont déjà passés par la case oubliettes sans avoir touché 20 000 balles ! Tu fais fort tout de même, tu fauches comme une malade ! Exemple : dans la famille Dugland, je voudrais le grand-père, et PFIUUU, tu fauches, d'un grand coup de lame. Et tu t'en pètes des dommages collatéraux, même si c'est un môme qui est à côté ! A croire que tu le fais exprès !

- Oui, bien sûr, tu as raison, et c'est bien ce qui me désole, mais enfin ça ne me dit toujours pas pourquoi tu ne me crains pas ?

- Voilà, depuis un bon moment, j'ai accepté ma fin, je sais et c'est bien la seule chose dont je sois certain, c'est qu'un jour tout ça finira, et puis je me dis mais il ne faudra pas le répéter, hein ? Je me dis que s'il existe d'autres vies, et bien je rencontrerai peut-être des jolies personnes que j'ai croisé un peu trop tard dans cette vie-là, et là j'aurai toutes mes chances !

- Mais ça n'existe peut-être pas ce que tu me racontes ?

- Ouais, je sais bien que tu ne diras rien, mais tu vois belle gosse, même si ça n'existe pas, et bien ça n'est pas grave, car au cours de cette vie que j'ai vécue, j'ai été très heureux, j'y ai fait de fabuleuses rencontres. Des belles personnes vraiment, je t'assure, des êtres que je n'aurais jamais dû rencontrer et ce grâce ... à INTERNET ! Tu sais, belle môme, la toile c'est un peu comme la téloche, tout le monde critique, crache dessus, mais au fond le soir beaucoup, vraiment beaucoup de gens, sont scotchés devant leur bel écran plat à laides. Pardon : à leds ! Et en plus, à longueur de temps, ils tapent sur leurs claviers à s'en péter les phalanges, phalangines, phalangettes.

En disant cela, je lui comptais les siennes !

- Le net, c'est kif-kif, je me plais souvent à le dire, internet c'est comme l'auberge espagnole : tu trouves ce que tu y apportes ! Apporte de la merde, internet te rendra de la merde, apporte de belles choses et tu trouveras de jolies choses, des belles personnes.

- Et moi, tu me trouves comment, m'a-t-elle demandée à brûle-pourpoint ?

- Euh... Pas mal, pas mal du tout, tu vois un petit coup de peigne, un peu de rose sur tes lèvres, et je pourrais...

Elle ne m'a pas laissé finir ma phrase, elle m'a roulé une pelle ! Pas une pelle de fossoyeur, je vous vois venir, un patin, une galoche, une gamelle, pareille que dans "Tant qu'il y aura des hommes" avec Brut l'Encastré, tu te souviens ? Quand il roule dans les vagues avec Deborah Kerr ! Non ? Tu es trop jeune...

Quand nous nous sommes séparés, elle m'a demandé :

- Et toi, tu veux finir comment ?

- J'y ai songé, vois-tu, je veux être incinéré et que l'on prévienne tous ceux que j'aime en leur écrivant, ou plutôt en "textotant".. Tu sais ce que ça veut dire ?

- Dis donc, je suis vioc, m'a t-elle répondu, mais je ne suis pas un baltringue ni un goyo !

- Oh la, calmos ! Voilà ce que j'aimerais que l'on dise : "Andiamo ne fume plus depuis "X" années (on verra au moment opportun). Si vous voulez le voir refumer, rendez-vous au crématorium des Joncherolles le : tel jour, à telle heure" !

Sur ce, elle est partie dans un grand éclat de rire.



La Camarde telle que je l'ai vue (parole de scout)

(ch'tiot crobard Andiamo)

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