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dimanche 9 décembre 2007

AndiamoMon petit monde

Mon quartier, c'était un quartier populaire, mais pas racaille. Il y avait bien des "arsouilles", pas plus qu'ailleurs ! Il y vivait des personnages assez cocasses, zarbis parfois, des travailleurs, des ouvriers d'usine, de ceux qui ont fait les trente "glorieuses", sans le savoir qu'elles étaient glorieuses. S'ils avaient su, je pense qu'ils auraient demandé avec plus d'insistance leur part de GLOIRE et de gâteau !

Tout d'abord MA voisine ! Une femme très forte, pour ne pas dire gravos, le mètre soixante, quatre-vingt-dix kilos à l'aise, et j'te compte pas les poignées d'amour ! La mère Dubout, texto ! Même dans son comportement, je crois bien que les premiers "gros mots" que j'ai appris, je les lui dois. Ça se retient mieux que la règle de trois ou les accords du participe passé !

Elle avait un ami qui, chaque matin, avant de partir bosser, passait la voir afin de l'aider à s'habiller. Elle était coquette. Ainsi, il lui laçait son corset.

Contenir quatre-vingt-dix kilos de graisse, endiguer les fuites de saindoux, emprisonner deux loloches de dix livres chacune, à l'aise, n'était pas une mince affaire.

Ah, comme j'aurais aimé le voir, s'arc-boutant sur le lacet, un pied calé dans le bas du dos de la sylphide, ahanant, soufflant, suant, s'épongeant le front d'un revers de la main, jurant, tempêtant, la bave aux commissures des lèvres !

Et quand, après tant d'efforts, la juste récompense arrivait sous forme d'une petite phrase de remerciement : "Ça-y-est ? Ben c'est pas trop tôt, feignasse !"

Ce brave bonhomme était Alsacien. Quasiment chaque jour, elle l'injuriait copieusement. Ça commençait toujours de la même façon, un rituel, la grand-messe en quelque sorte : "Tête de boche ! Fumier ! Ordure ! Vas donc la retrouver, ta morue ! (il était marié)... et enfin l'injure suprême : "COCU !"

Toute la famille vivait là, son fils et sa bru. un jour, un petit-fils est arrivé. La harpie s'est faite miel pour le bambin, la vraie mémé gâteau, elle l'appelait : "ma bézette", va savoir d'où elle sortait ça ! Il lui arrivait de l'engueuler, ça n'était pas bien méchant, jamais plus qu'un : "fumier de lapin !"

Mais attention, il faut y mettre l'accent - parisien bien sûr - bien traînant, une harengère, Madame Angot, Madame Sans-Gêne, Arletty dans "Hôtel du Nord". J'écoutais, ça me faisait marrer, jamais ma mère ne m'a bouché les oreilles ou fait rentrer quand les bordées d'injures volaient bas.

Bon, c'était comme ça, on allait pas en faire un cake. Les jours où elle ne gueulait pas, on s'inquiétait presque, qu'est-ce qu'elle nous couve la mémé ? Elle s'rait pas malade des fois ?

Le père Henri : un petit bonhomme, toujours en "bleus de chauffe". Il se déplaçait sur un Solex, le modèle antique, kif-kif celui des curés d'antan, le truc à l'ancienne, avec le levier pour débrayer le galet lorsqu'on était à l'arrêt.

Il faisait un de ces foins ! Quand il passait, t'aurais dit l'homme orchestre : ZIM ! KLANG ! POUT ! POUT ! (j'imite bien, hein ?)

Quand il partait au boulot le matin, de bonne heure, la musette sur le dos lui battait les miches. Dans les sacoches du cyclo, la gamelle, un demi-pain de deux livres, deux ou trois réservoirs supplémentaires, mais pas du kérosène, comme les zincs, du gros bleu, pas du genre fine-gueule, du treize degrés à la tireuse, du qui te laisse des traces sur les moustaches, du qui te fait secouer l'échine quand t'en descends un guindale cul-sec, le rouquin du prolo quoi ! Vingt ans de régime de ce nectar-là et tu voyais des gaspards en maillot de mataf dans tous les coins !

Parfois, quand il rentrait le soir, le Solex penchait dangereusement, la chopine traînait dans le caniveau. Bacchus veillait, respectueux des amoureux de la dive, chacun les siens, et l'ancien n'a jamais pris une gamelle !

Il portait une "fouillasse" qui marquait l'heure. J'explique : en partant le matin, sa casquette était bien droite, pile poil dans l'axe, mais au fur et à mesure que la journée avançait, la fouillasse changeait d'position, un coup sur le coté, plus tard, en avant, quasiment sur les yeux, et puis dans la soirée, complètement en arrière, sur la nuque, elle marquait l'heure j'te dis !

Un autre qui était bien folklo, c'était notre proprio. Il crêchait dans une petite baraque en bois et en toile goudronnée, au fond de notre jardin - mais non, c'est pas la cabane de Cabrel ! Il vivait là avec sa femme, adorable, toujours le sourire, énorme, deux cent vingt livres au bas mot, quasiment impotente, mais d'une gentillesse !

Lui, son mari, grand, sec, osseux, les muscles en long, comme les araignées !

Toujours attifé de la même façon, un froc sans âge, gris, des poches aux genoux, que t'aurais dit des sacoches de vélo. Une large ceinture de flanelle, crado, ses bretelles taillées dans de vieilles chambres à air - mais si, je n'invente pas ! -, et pour finir le portrait, une casquette de gazier, cradingue comme t'imagines pas !

Il cultivait, près du canal de l'Ourcq, un petit jardin "ouvrier" comme il en existait tant autrefois. Ils ont presque tous disparus aujourd'hui, remplacés par les austères bâtiments de la préfecture de Bobigny. Amen !

Il s'en allait, chaque soir, dès l'arrivée du printemps, sur son vieux clou, la bêche, le râteau, une binette accrochés à l'aide de bouts de ficelle au cadre, devant lui, sur le porte-bagages, un seau rempli d'une partie du contenu de la tinette.

Imagine l'équipage, le vieux, dessous le vélo, les outils de jardinage et là, juste sous son pif, la tinette !

Ah, combien de fois n'ai-je rêvé qu'il se ramasse une tartine, pas méchante, sans plaies ni bosses, une main à terre, et s'étale le nez dans sa merde ! Après un dérapage pareil, à coup sûr, on l'aurait appelé : "le père la colique" ! Ça n'est jamais arrivé, comme quoi, même les prières les plus modestes ne sont pas toujours exaucées !

Voilà, c'était mon quartier, point de notaires, ni d'aristos, encore moins de ministres, habitaient ces banlieues, qui n'étaient plus la campagne mais pas encore la ville. Ça n'était plus des sentiers, pas encore des rues. Un copain, chaque soir faisait brouter ses deux chèvres sur les trottoirs garnis d'herbe, les gens élevaient encore quelques poules et lapins. La vie coulait, non pas sans soucis, car les habitants n'étaient pas bien riches, mais sans bruit, ni sonneries de téléphone, la téloche n'existait pas, nous écoutions Zappy Max sur "Radio Luxembourg".

Mon Prince, on a les voisins du temps jadis qu'on peut !


vendredi 7 décembre 2007

Saoul-FifreDame Nature

Au moins aussi énervé que Pascal , je n'ai eu cependant aucun mal à trouver mon titre.

Pascal est un garçon plein de sensibilité, à la culture multiforme, avec un goût avéré pour les constructions intellectuelles, les logiques imparables. C'est un touche-à-tout passionnant. Il a longtemps été en pole position dans notre blogroll, mais comme nous n'aimons pas les longues listes obèses, et que son blog tourne rond et n'a nul besoin de notre publicité, son lien a sauté au bénéfice de nouvelles découvertes.

S’il y a bien une chose dont je suis certain, c’est que nous sommes le fruit le plus souvent involontaire d’un plaisir éphémère, que nous vivons par le hasard de quelques réactions chimiques, et qu’un jour ça s’arrête. C’est de la bête mécanique. Une sombre histoire d’interactions aléatoires entre des nuages électroniques d’atomes. Point final.

Je suis entièrement d'accord avec Pascal. Point final, oui ! Mais Pascal ne s'arrête pas là, il s'énerve contre la machine de la Vie, il la juge, il la conchie, il nous fait partager sa haine (ou sa peur ?) de la Nature.

C'est totalement injuste et insensé

Lui, le scientifique rationnel (Le problème est que la logique reste tout de même la seule chose qui s'est avérée opérationnelle pour comprendre le monde jusqu'à présent, et ce dans absolument tous les autres domaines), il s'insurge contre l'arbitraire, le hasard des lois naturelles, ce sont elles, hou les vilaines, qui font mourir Fred Chichin dans la souffrance à 53 ans et Papon paisiblement à 96 ans !

Dans les commentaires, il est tout à fait d'accord avec Artef@ct qui stigmatise la tyrannie de la Nature et la loi de la jungle inégalitaire...

Mon dieu, que d'agressivité envers cette pauvre Nature qui ne leur a rien fait ! Enfin, j'en sais rien ? Quand on était mômes, on disait : "Toi, t'as pas été gâté par la Nature !". Une explication à ce qui ressemble bien à de la rancune est peut-être à chercher de ce côté ?

Il est aussi marrant que le billet tourne vite à une engueulo contre un mec appelé "Dieu", alors que Pascal, comme moi, n'envisage pas la possibilité de ne serait-ce que l'hypothèse de son existence ? Alors pourquoi cette colère tonnant dans le vide, ces brillantes démonstrations appliquées au moulinage de l'air ? Il y a belle lurette que j'ai rangé le divin barbu dans le tiroir des vieilles lunes ridicules, et je n'éprouve du coup bien sûr plus le besoin de lui reprocher quoi que ce soit. Tout en respectant infiniment les individus et leurs croyances, sauf quand elles viennent grignoter ma propre liberté.

Pendant des milliards d'années. La Nature a fait tourner la Terre, tant bien que mal. Elle y a fait éclore la Vie, elle s'est adaptée, en faisant disparaître des lignées complète de nuls, des espèces entières qui n'avaient rien à foutre à cet instant et à cet endroit. Hypothèse exemplaire et probable : un gros astéroïde percute la terre de façon à ce que l'axe des pôles bascule. Les grands sauriens se retrouvent dans les glaces ou dans le désert sans rien à croûter. Dans la famille dinosaure, je voudrais le père ? Il n'est plus là. La mère ? Non plus. En fait il n'y en a plus un seul. Dommage.

J'emploie des mots comme "dommage" "bien" "mal" "nuls", mais l'Homme et son orgueil de prédicateur de sauvages, de dompteur de fauves, qui veut la Nature à sa botte, qui veut l'exploiter, la racler jusqu'à l'os, au nom de sa Civilisation adorant le Veau d'Or, n'est pas encore apparu. L'espèce humaine, c'est une virgule de merde sur le carrelage immaculé de l'Univers éternel. Et à la vitesse supersonique où il a réussi à polluer la Terre, à modifier son climat, à inventer des armes capables de la détruire entièrement plusieurs fois, je dirais pour faire ma Cassandre que l'Homme est vraiment une minuscule virgule merdique et qu'un bon coup d'éponge de Dame Nature ne va pas tarder à l'effacer, lui et son Etat de Culture, s'il ne se ressaisit pas et n'apprend pas, justement, à respecter un peu plus la Nature, à la connaître et à découvrir sa force de proposition.

Est-ce que la Nature va réussir à s'affranchir de la tyrannie de l'Homme ? Voici la question à poser, et non l'inverse ! Les abeilles sont en train de crever, comme sont morts les papillons multicolores de mon enfance, assassinés par les poisons des traitements. Le coupable, ce n'est pas le Colonel Nature, dans la bibliothèque, avec un couteau ! C'est bien cet Homme civilisé, cultivé, désireux de créer les conditions d’un plus grand bien-être matériel ou intellectuel. Cinq beaux fruits par jour, sans taches disgracieuses ni piqûres d'insectes, comme les exigent parait-il les consommateurs. Mais si les abeilles disparaissent, plus de pollinisation des fleurs, plus de fruits.

Descendez au tombeau tous les musiciens géniaux que vous voulez, mais rendez-nous les abeilles. Préférez les produits bios, impitoyablement non-traités.

Et arrêtez de critiquer la Grande Zoé, spirale de la Vie qui est là de toute éternité et qui perdurera itou, sans nous, sans faire la morale à personne, sans nous prendre la tête avec du sens et sans promulguer de lois. Elle plane impassible au dessus de nos égoïsmes nombrilistes, de nos mesquines trouilles à l'idée d'être incorporés sans sommations au Grand Cycle.

Les vers raffolent des gens indispensables.

C'est le dessert du lombric.

mercredi 5 décembre 2007

ManouEspaces

















lundi 3 décembre 2007

Tant-BourrinLe blogbodico (3)

Après le premier tome, après le deuxième tome, voici très logiquement le troisième tome du Blogbodico. Il est en revanche probable que le quatrième tome ne soit pas pour tout de suite : c'est un peu la facilité, ce genre de billets, c'est du quasi-mécanique à pondre et j'ai l'impression que je pourrais vous en torcher quarante sans vraiment me fouler, aussi ai-je envie de passer un peu à autre chose... Alors, profitez, c'est encore chaud et y'en aura plus de sitôt ! :~)




Alibidineux : (n.m.) Excuse foireuse d'un conjoint fautif pour se justifier après une absence suspecte. - De cinq à sept hier au soir ? Mais... heu... j'avais beaucoup de travail et j'ai dû rester au bureau, ma chérie ! - Ah oui ? Et c'est tout ce que tu as trouvé comme alibidineux ?


Anti-pas-trique : (n.m.) Aphrodisiaque. Les anti-pas-triques sont très prisés dans la doctrine tend-trique.


Brocolissimo : (n.m.) Plante crucifère particulièrement gazogène. - Oh punaise, mon salaud, t'as lâché une sacrée caisse ! - Oui, brocolissimo taille XL !


Cracravate : (n.f.) Chez les gros mangeurs peu distingués, bande d'étoffe qui se noue autour du cou et qui devient généralement peu râgoutante au fil des repas. Quel porc, ce Jean-Paul ! Sa cracravate était toute blanche en début de semaine, elle est maintenant toute cracramoisie !


Elec-trique : (adj.) Qui a du sexe à pile. J'aimerais qu'il soit élec-trique mais, hélas, tout ce qu'il a, ce sont des gaz !


Foutre-ball : (n.m. anglicissisme) Testicule. Si tu n'arrêtes pas de m'emmerder, je vais shooter dans tes foutre-balls et ça va faire but dans tes amygdales !


Imprimante religieuse : (n.f.) Périphérique d'un ordinateur permettant d'éditer des traitements sur papier et dont les risques importants de panne (bourrage, cartouche vide, etc.) font naître un vague sentiment religieux chez l'utilisateur sous forme de prières à chaque lancement d'impression. - Elle a l'air bien, ton imprimante, elle ne bourre qu'une fois sur deux. C'est quelle marque ? - C'est une Epsaume !


Margagarine : (n.f.) Corps gras comestible d'origine végétale favorisant le transit intestinal. T'aurais vu la vitesse à laquelle sont sortis mes étrons après que j'aie mangé de la margagarine : de vraies fusées !


Orgasthme : (n.m.) Point culminant du plaisir sexuel chez une personne asthmatique, caractérisé par un mélange de gémissements de jouissance, de bruits de suffocation et de quintes de toux. La Dame aux Camélias avait beaucoup d'orgasthmes.


Pampelunettes : (n.f.pl.) Paire de verres enchâssés dans une monture portée sur le nez pour améliorer la vision pendant la feria de Pampelune. - Oh, regardez donc l'adorable petit chevreau qui vient vers moi ! - Mets tes pampelunettes, papi, c'est un taureau d'une demi-tonne qui te fonce dessus !


Pare-fumier : (n.m.) Produit odorant destiné, chez les paysans, à masquer les émanations de fumier. Eh, la Jeanne, mets-y-toi donc ta robe du dimanche et du pare-fumier : ce soir, on dîne au village !


Passe-partouse : (n.m.) Carte d'abonnement permettant de prendre part à toute les parties fines de la Capitale. Son passe-partouse lui a permis d'être introduite dans le grand monde.


Primovaire : (n.f.) Glande génitale femelle dont l'éclosion se produit au printemps. Et dans l'exquise tiédeur du printemps naissant, les rues grouillantes de minijupes exhalaient la douce odeur des primovaires.


Quiprococo : (n.m.) Méprise qui fait prendre une personne pour un militant communiste. Salut camarade, dis-moi, tu n'es pas venu à la dernière réunion de la cellule... heu... désolé Monsieur le Baron, c'est un horrible quiprococo ! - (homonyme keep-rococo : mouvement architectural visant à préserver le style rococo)


Réciproctologie : (n.f.) Fesse à fesse. La réciproctologie, qu'est-ce que c'est cul-cul !


Sodomicile : (n.m.) Lieu d'habitation dont l'entrée principale se trouve sur la façade arrière et non sur la rue. Pour venir à mon sodomicile, n'oublie pas de descendre à l'arrêt.


Tétonique : (n.f.) Etude attentive des seins. Certains experts africanophiles sont spécialisés dans la tétonique des blacks.


Torticouillis : (n.m.) Douleur rhumatismale des parties génitales masculilines. J'ai dû trop me tripoter hier au soir, je me suis réveillé avec un méchant torticouillis.


Triquoter : (v.i.) Avoir une légère érection. Je dois me plier aux désirs de mon mari qui triquote en permanence : il faut que ça m'aille à l'endroit et que ça m'aille à l'envers !

samedi 1 décembre 2007

BofLe coté obscur

Pôpa,Môman : "Jeune padawan, dans la vie, poli et patient tu seras, ainsi la sérénité tu atteindras.
Jeune padawan : "Ainsi ferai-je, ô mes géniteurs, en toute circonstance, calme et aimable je serai"

Trente ans plus tard :

-"Service assistance jaune et rouge bonjour, Céleste à votre service, que puis-je faire pour vous ?"
-"Ben, j'ai ma boite vivante là, elle bouge encore, mais je la trouve un peu mollassonne, surtout du coté téléphonie. J'ai trois secondes d'autonomie avant déconnexion, c'est peu je trouve."
-"Effectivement monsieur Padawan, bien, vous allez suivre mes instructions et nous allons voir ça de plus près. Allumez, éteignez, changez les filtres, changez le téléphone, plongez-la dans l'eau, plongez-la dans l'huile, dansez la lambada avec."
-"Non, marche pas."
-"Et comme ça ?"
-"Non."
-"Et si vous faites ça ?"
-"Non, toujours pas."
-"Bien, monsieur Padawan, je suis en mesure de vous dire que le problème vient de votre ligne téléphonique, je vais donc déclencher une expertise qui solutionnera votre problème dans les 5 jours."
-"Bien bien, ça vient pas de la boite vivante alors ?"
-"Non monsieur Padawan, les symptômes sont formels, ça vient de votre ligne. Je fais le nécessaire de suite."
-"Je vous remercie, bonne fin de journée."
-"A vous aussi monsieur, jaune et rouge à votre service."

Douze jours plus tard :

-"Service assistance jaune et rouge bonjour, Saïda à votre service, que puis-je faire pour vous ?"
-"Voilà, j'ai un souci avec ma boite vivante, on m'avait promis une expertise de ligne sous 5 jours voilà déjà 12 jours, et je ne vois toujours rien venir, que ma boite vivante qui clignote et son téléphone qui coupoie."
-"Bien, effectivement, je vois qu'une expertise est programmée, en attendant, avez-vous allumé, débranché, changé le téléphone, changé les filtres, plongé dans l'eau, plongé dans l'huile, et dansé la lambada avec votre boite vivante ?"
-"Oui, j'ai fait ça déjà, et plus encore, j'avoue même quelques incantations et un sacrifice rituel de poulet grippé, mais sans effet."
-"Alors monsieur Padawan, je vais vous demander de patienter encore quelques jours, l'expertise ne devrait pas tarder."
-"Ok, d'accord, mais vous êtes vraiment certaine que ça ne vient pas de la boite vivante ?"
-"Non monsieur Padawan, je suis catégorique, ça ne peut venir que de votre ligne."
-"Je vous remercie, bonne fin de journée."
-"A vous aussi monsieur, jaune et rouge à votre service."

Quatorze jours plus tard :

-"Service assistance jaune et rouge bonjour, Raoul à votre service, que puis-je faire pour vous ?"
-"Et bien, j'ai signalé un dysfonctionnement du téléphone relié à ma boite vivante voilà bientôt un mois, j'ai tenté une relance voici quinze jours, et vous me voyez aujourd'hui toujours dans l'attente bienveillante d'une intervention de votre service."
-"Vous m'en voyez désolé, monsieur Padawan, il est vrai qu'une expertise est programmée, mais je ne saurais vous dire à quelle date exacte elle sera effectuée. En attendant, avez-vous pensé à allumer, débrancher, changer le téléphone, changer les filtres, plonger dans l'eau, plonger dans l'huile, et danser la lambada avec votre boite vivante ?"
-"Ah, bon................................................................... Raoul ?"
-"Oui, monsieur Padawan ?"
-"Tu sais quoi Raoul, ça fait plus d'un mois que ta boutique elle se fout de ma gueule. Tout ça, j'en suis sûr, pour un jour me dire que, finalement, c'est la boite vivante qui déconne. Alors Raoul, tu vas gentiment expliquer à monsieur jaune et rouge en chef qu'il se dépêche de m'en refiler une fonctionnelle, sinon je renvoie celle qui me sert actuellement d'éclairage d'appoint, pour qu'elle lui fasse office de thermomètre, et il pourra se servir de mes contrats mobile et internet pour faire glisser plus facilement, je ré-explique ?"
-"Ce ne sera pas nécessaire monsieur Padawan, en accord avec ma direction, jaune et rouge sera heureuse de vous livrer à domicile une nouvelle boite vivante dès demain matin, en espérant vous compter longtemps parmi les clients fidèles de jaune et rouge, une bonne journée monsieur Padawan."
-"Tchao ma poule."

Douze heures plus tard, boite vivante toute neuve, et téléphonie opérationnelle, alléluia.

Pôpa, Môman, désolé.

Le coté obscur, c'est mal.

Mais c'est efficace.

jeudi 29 novembre 2007

AndiamoEnfance

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, j'ai l'impression parfois, que l'enfance ne m'a jamais quittée, mais que c'est moi qui l'ai larguée, petit à petit.

Quand les garçons commencent à regarder le cul des filles (autrement que pour le botter !), les protubérances sous leurs pulls-overs, ils regardent avec de moins en moins d'intérêt leurs "Dinky-Toys", les trouvent même horribles, plutôt tartes avec leurs jantes nues, par manque de pneus, leurs peintures écaillées.

Le petit harmonica (le ruine-babines, comme disent nos chers Québécois), avec ses plaques sur le dessus, nickelées, gravées d'un "HOHNER" magique, qui nous rappelle les colonies de vacances à Doulaincourt, la colo de Drancy.

Elles ne nous émeuvent même pas, les traces de nos dents de lait, laissées juste au-dessus des ouvertures carrées, bien rangées, encore un peu de bave séchée, bien dure.

On fait une petite moue de dégoût, on ouvre le couvercle de la poubelle, et, dédaigneusement, entre le pouce et l'index, on laisse choir le petit instrument, KLONG !, quelques années de bonheur aux ordures.

Alors, on commence à se brosser les dents trois fois par jour. "Miracle !" s'écrie la Maman émerveillée, mon goret serait-il devenu propre ? Le père sourit, il a tout compris LUI, vu qu'il en a fait autant !

Et puis le garçon se coiffe, si, si, tout à coup, il découvre l'usage de cet instrument, qu'il croyait réservé uniquement à la grande soeur, il se mouille les cheveux, se colle même du "PENTO" !

C'était une crême blanche, "hair dresser" était imprimé sur le tube, il fallait se mouiller les tifs, puis on se mettait un peu de cette crême, dans le creux de la main, et on l'appliquait sur toute la chevelure, parfois on en mettait un peu trop, alors de longues rigoles blanches dégoulinaient sur le front, et là, soigneusement, on lissait nos cheveux, puis on se faisait un "cran" avec le plat de la main.

Vous marrez pas, les gamins, z'êtes pas mieux avec vos gels à la con et vos coiffures du genre "paquets de pétards" avec les mêches dans tous les sens ! Moi, avec mes cheveux frisés de Rital bon teint, bien emmerdé j'étais !

J'enfilais mon premier "black-jean", tout noirs ils étaient les jeans - eh oui, on a eu les blues-jeans bien après - si bien que les potes qui ne parlaient pas le patois, disaient "un black-jean bleu".

Plus question de porter les pulls tricotés main par la Maman, avec des motifs "chérubins", des nounours ou des biches à la queue leu leu, ça f'sait pô viril tu penses ! On sortait juste en chemise, avec un foulard en rayonne noué façon cravate, les pompes italiennes vachement serrées, si étroites, que j'en avais chopé des cors aux pieds. Moi qui avais des pieds de nouveau-né, j'me suis retrouvé avec des ribouis de facteur !

Alors on allait voir les filles, un peu godiches elles aussi. Mais attention, pas question de les appeler, ça ne se faisait pas, le Papa aurait renaudé vilain, pas touche à fifille ! Dans les années cinquante, les nanas ne sortaient pas ouvertement avec les garçons, surtout pas avant leurs dix-sept ans. Il fallait se faire transparent, vaporeux, furtif, tout en catimini. Pour les appeler, on sifflottait un air convenu à l'avance, et puis une copine un peu plus délurée arrivait à convaincre ses parents de la laisser sortir. Ça semble un peu concon, surrané, mais le changement s'est opéré dans les années soixante, c'était COMME ÇA !

Les filles commençaient à troquer leurs socquettes pour des bas bon marché, de marque "Tire-Bouchonné", du plus bel effet, ils plissaient forcément ces bas, étant donné qu'elles avaient encore des cannes de passereaux ! Les sandalettes se remplaçaient doucement par des escarpins à tout petits talons ou des trotteurs, leurs nattes se dénouaient, laissant flotter de longues chevelures, dans lesquelles j'aurais bien frotté mon nez, doux parfum d'eau de Cologne du "Mont St Michel"...

Tourné le coin de la rue, loin du regard des parents, elles sortaient de leur premier sac à main, un tube de rouge à lèvres, "Rouge Baiser", tu sais, la gonzesse, dessinée trois-quart face, un bandeau noir sur les yeux, et des lèvres d'un rouge ! (Ça existe encore ?) Le tube chourré à la grande soeur tenu d'une main, dans l'autre un petit miroir, elles suivaient minutieusement le contour de leurs jeunes lèvres, appliquant le rouge vermillon, qui les rendraient inaccessibles, GARBO la Divine !

Elles marchaient devant les garçons, feignant de les ignorer, eux, nous, deux ou trois mètres derrière, on roulait nos caisses, des biens p'tites caisses, juste des caissettes ! On les charriait gentiment, pas hardis dans le fond, puisqu'on attendait d'être au cinéma pour peut-être, peut-être, oser les embrasser.

J'en connaissais une qui me plaisait beaucoup, une blondinette, mignonne, jolie, mais elle en préféra un autre, ça commençait déjà !

On allait au cinéma, les garçons avaient jetés leurs billes, abandonné le vieux "MECCANO" rouillé, donné leurs "NOREV", et leurs "SOLIDO" à un jeune cousin, les filles abandonnaient définitivement leurs baigneurs "NOBEL", et leurs poupées "RAYNAL", "TARZAN" et la "SEMAINE DE SUZETTE" avaient servis à allumer le vieux GODIN.

Personne ne se doutait que notre enfance se terminait, pour les yeux d'une petite blonde, ou pour un grand brun, qui fumait des "WEEK-END".

mardi 27 novembre 2007

Saoul-FifrePutsch

Je l'avais repéré, ce gros œuf dans le nid de ma pomponnette préférée.

Sur le coup je m'étais rengorgé, prenant à mon compte ce surcroît de gloire quantitative. Fallait-il que je lui aie bien bourré la spermathèque pour qu'il en sorte une énormité pareille ? Aujourd'hui, sachant ce que je sais, à savoir que cet œuf n'était pas de moi, qu'il a été déposé perfidement par cette pourriture de patron au cul d'une de mes petites, que c'était un œuf étranger au poulailler, un œuf 7 fois maudit de la race limousine à sélectionner en priorité pour les éliminatoires, un œuf qui sentait sûrement le vomi fermenté, un œuf que j'aurais dû piétiner, lapider, gober, offrir aux rats ?

Cette putain de brouillade potentielle en coquille, ha vanitas vanitatis, un bon petit avortement psycho-thérapeutique en forme d'omelette et je serais resté peinard sur mes terres, le Grand Blanc qui fait l'entretien courant de son modeste harem, à l'abri de toute concurrence.

Bon ça c'est le passé, et mon présent il est pas joli-joli, moi je vous le dis, quel gâchis, une entreprise si saine, Ô mon dieu que j'ai honte, c'est dur de ne plus être quand on a été, je souffre d'une vraie souffretance, que celles de Yaël, d'Abs et de tous les autres palestiniens c'est de la gnognotte, en comparation...

Quand ce con d'œuf a éclos, il en est sorti un vraiment beau petit. Ici, c'est pas du tout une ferme d'engraissement, la croûte il faut se lever un maffre comac pour se la gagner, la distribution de grain elle est symbolique et on est plutôt habitués à des petiots rastègues et maigrichons. L'autre, là, ( Ô putain il m'a lancé son regard numéro 7, ça va barder pour mon matricule ), c'était un vorace, il profitait superbien, il piquait la part de ses frères et sœurs, un vrai coucou, en 1 mois il était déjà gros comme sa "mère", en fait, c'était pas sa vraie mère, vous avez compris, sa vraie mère ça devait être la mère Denis avec des plumes ?

Bon un coq ça s'occupe pas trop de l'éducation des poussins, mais quand il y a eu "la présentation de la nouvelle couvée au reste du poulailler", moi et le petit rouge on l'a pris entre pointes pour lui expliquer la vie provençale, à l'autre Géant du Mont Faillon. Il a vite compris qui c'étaient les chefs. Bon, Petit Rouge, je l'aime pas, c'est vrai, mais il est comme moi, il a du sauvage dans les veines. Petit, mais teigneux. C'est pas un grand dadais tout mou qui va faire sa loi ici !

Je vous dis pas le bizutage. Systématique et minuté. On lui a tout fait. Après être passé entre nos pattes, il connaissait les moindres techniques de l'humiliation. Comment casser un coq. Comment anihiler dans sa tête quasi creuse toute velléité de faire son malin. D'ailleurs on a un peu déconné car ça a été un peu lui donner le bâton pour nous faire battre plus tard. Il avait droit à rien, on se relayait pour lui foutre les chocottes. Pendant qu'il tremblottait en surveillant de loin l'un de nous, l'autre arrivait par derrière et le faisait bondir de terreur et filer en courant. On le laissait pas s'approcher du blé, et pourtant il continuait à grossir, ce con ! Il était gros 4 fois comme nous mais il filait doux sans demander son reste dès qu'on haussait le sourcil. Les poules, il fallait pas non plus qu'il s'en approche. À deux, on lui avait bien rentré dans le crâne la règle numéro 1 "Tes couilles, qu'à faire joli sur la photo que le patron il a promise à Calune, ne serviront". Pas plusseu, pas moinsseu... Quand tu croises une poule, tu lui dis "Excusez-moi Madame de vous avoir dérangé, je ne vous importune pas plus longtemps". Quand tu nous croises, tu prends l'air angoissé, oui comme ça, très bon, t'es un marrant, toi, et tu files ventre à terre à au moins 20 mètres !

On l'a harcelé comme ça pendant deux ans. Nous on rigolait, on l'appelait le plus grand des nuls, ça nous sciait qu'on arrive à l'impressionner alors qu'on devait lever le bec pour le regarder. Bon d'accord : grand ou petit, du coin ou d'ailleurs, c'est vilain de passer à tabac un poulet, à moins d'aimer le paradoxe. Bref. Il est sans doute écrit quelque part que tout Eden inclut sa propre fin, ne serait-ce que dorénavant, en le tapant dans Google, ben on tombera sur Blogbo.

Un matin le gros coq se réveilla de mauvais poil. Il devait en avoir ras le panache de toujours courir, c'était crevant, à force. Je me mets à lui faire les gros yeux, pour ne pas manquer à la tradition, à lui mimer un retourné d'ergot dans la tronche, il bronche pas, ce ouf ? Ha tu veux faire mumuse, que je lui dis, je vais me faire un petit entraînement, tu vas me servir de punching ball... Mais il reculait pas, l'enflure ! Et puis sa taille ? Il avait juste à frapper du bec de haut en bas, alors qu'il fallait que je saute en l'air ? Bon, technique galvaudée, j'ébouriffe mes plumes pour paraître plus gros, j'écarte à moitié les ailes, mais tu parles qu'il savait pertinemment mon gabarit de porte-plume. Ma crête se violaçait foncé de colère mais je sais pas, il s'en foutait, il avait pris THE décision of sa vie, c'était se battre ici et maintenant, ou bien se contenter ad libitum d'une vie mouisée.

Et ça je le sentais, ô oui putain je le lisais dans ses yeux son mental déterminé, ce regard bovin de débile agréé ne pouvant contenir qu'une seule idée à la fois, oui mais cette idée c'était : "Cherche pas, t'es mort !"

Ahouille !! J'ai pris son grand bec sur le sommet du crâne, il veut me trépaner ou quoi ? Ben oui : les oreilles, l'œil, il me picore la tête à toute berzingue, ça doit être bon, je bat des ailes, il s'en fout, il continue, bon ça va un moment mais les meilleures choses ont une fin, je me tire, j'ai ma pâtée sur le feu. 'tain, il m'a saigné, l'obèse, j'en ai plein les yeux, j'y vois plus rien. Ha si, il s'en prend au petit rouge, maintenant ?

Mais c'est la révolution ?

J'ai tenté le tout pour le tout, je suis retourné à l'attaque. Il m'a fini, vidé, liquéfié, lessivé, essoré, déchiqueté. Maintenant quand j'entends son cocorico de frimeur, je réflexionne plus. Tous les traumatismes me remontent sous forme d'images horribles sanglantes insupportables, je baisse la tête et je fuis, le bec au ras du sol, droit devant, mur ou pas mur, roncier ou pas roncier, je fonce, je reste pas là.

Je le souhaite à personne, ce qu'il nous fait subir. Ouais j'en entends qui disent : "Bien fait !", mais je suis pas d'accord, j'ai pas été élevé pour vivre ça, j'ai pas l'habitude, je vous jure que je souffre à donf, que la souffrance de Matthieu , c'est un orgasme, à côté, moi la souffrance de Matthieu, elle me fait rigoler mais il faut pas trop que je rigole, j'ai pas encore bien cicatrisé.

Si je cicatrise un jour.

Quelle vie de fiente ! C'est dur d'être dans l'opposition...

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