Blogborygmes

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mardi 5 septembre 2006

Saoul-FifreSi

Si la médecine
Faisait moins de bruit,
La pénicilline
Mourrait dans la nuit.

Si les pénélopes
Allaient au bordel,
Le mot de "salope"
Les mettrait hors d'elles.

Si les véhicules
Faisaient de la bile,
Toutes les vésicules
Quitteraient la ville.

Si les canonnières
Buvaient des canons,
Les marchants de bière
Seraient au cabanon.

Si la présidente
Était fille publique,
J'irais lire Dante
Dans sa raie publique.

Si les mecs en taule
Ont capitulé,
C'est qu'au Capitole,
Eux, ils ont du lait.

Si l'œuf de colombe
Était trop opale,
Ce serait une bombe
Sur le Christ au bal.

Si la clarinette
Jouait plus obscur,
La petite rainette
Partirait en cure.

Si l'électrophone
Chantait Giraudoux,
Chez ma nièce aphone,
Moi, j'irais tout doux.

Si la Forêt noire
Couvait des grizzlis,
Adolf, en peignoir,
Resterait au lit.

Si purpre la gourme
Rovait l'agre tulne,
garsinnate l'ourme
Soulanerait l'ulne.

Si les couvertures
Demain faisaient grève,
Chérie, la toiture
Verrait tous nos rêves.

Si la camelote
Était interdite,
Certain que sa côte
Monterait très vite.

Si la marguerite
Perdait ses pétales,
Riraient les guérites
Connes et génitales.

Si son frigidaire
Avait des orgasmes,
Ce vieux milliardaire
Aurait bien moins d'asthme.

Si l'hebdomadaire
reçoit quelques bosses,
C'est le ministère
Qui le trouve trop rosse.

Si la poésie
Rendait l'âme en teigne,
Par La Boëtie,
Je prendrais une beigne.

Et si Tant-Bourrin
S'inscrit à Vincennes,
C'est la course obcène
D'un grand broute-en-train !

lundi 4 septembre 2006

ManouINDE 1991 (1)

Pour contourner l'inhibition psychomotrice, accompagnée de dégoût de la vie, de tristesse, de sentiments de culpabilité, d'idées de suicide (cf dépression -Dictionnaires SUCCES 1987-), je me suis offert un scanner permettant de numériser les diapositives.

1991. Retour en Inde, au Rajasthan plus exactement. Le pays est pauvre. J’ai ressenti le même choc qu’au GUATEMALA devant le dénuement, les couleurs, les odeurs prégnantes. Quelques photos (à vous de trouver l'intrus) :










dimanche 3 septembre 2006

Tant-BourrinFragrances seine-et-marnaises

En ouvrant un vieil album de photos, je suis reparti, l'autre jour, une vingtaine d'années en arrière, à cette époque où je découvris pour la première fois le monde professionnel dans le fin fond du Sud seine-et-marnais.

Trois années exaltantes à vivre des expériences humaines inédites et à profiter, jeune célibataire que j'étais, de la vie culturelle foisonnante de Montrou-Bouillonne (nom de ville légèrement maquillé, les connaisseurs auront reconnu de quel bled il s'agit).

Bon, je débranche le générateur d'ironie. Je me suis fait chier comme un ragondin crevé pendant trois ans dans un trou désespérant cerné de champs de betteraves et de corbacs, à faire un boulot tout aussi désespérant.

Et comme il fallait bien occuper les week-ends, il m'arrivait de me balader dans les villages alentours avec mon vieil appareil photo et d'immotaliser en noir et blanc la sublime beauté qui constituait alors mon environnement quotidien.

Voici une petite sélection de clichés. Je les avais proposés au Syndicat d'initiatives de Montrou-Bouillonne mais, mystérieusement, ils avaient été refusés. Bizarre, non ?


Cliquez sur les images pour les agrandir


Le monument aux morts de je ne sais plus où par grand beau temps. Youpi, y'a d'la joie !


Un pittoresque petit café et sa terrasse bondée. Ça donne envie de s'arrêter, non ?


Waterloo et sa morne plaine sont enfoncés !


Avec des tas d'bett'raves pour uniques montagnes, et de noirs poteaux comme mâts de cocagne...


Un microclimat exceptionnel !


Des sites touristiques à vous couper le souffle !


Profitez de l'offre exceptionnelle d'abonnement à Canal moins !


Le plus dur est de résister à l'envie de se jeter à l'eau...


Un environnement préservé !


Service de location de voiture envisageable...


Mais au milieu de ce noir et blanc grisailleux, c'est aussi pendant ces trois années que j'ai rencontré Tant-Bourrine...

Tant-Bourrine sur fond de Seine-et-Marne paradisiaque...

... et depuis, je ne prends plus que des photos en couleur ! :~)

samedi 2 septembre 2006

Saoul-FifreLa craie et le crayon

Une vie tirée à la règle
Un corps dessiné sans passion
Des lunettes sur l'œil d'un aigle
À midi, chacun sa ration

Mais..., un tracé file à la fenêtre
Le compas ne fait plus de ronds
Un feutre a enjolivé l'être
Il grave aux ciseaux leurs deux noms

Un bonheur fixé à l'équerre
Des yeux dont on connaît le fond
Le tableau noir de ses paupières
Sous un front tendu de carton

Mais..., les fougères ont de ces caresses
Et le dessin a fait un bond
Il continue par politesse
Mais il a changé sa façon

Un sourire un peu à la traîne
Dans le style gond de prison
Mais la pelote en pure laine
Ne fait pas de nœuds sans raisons

Et..., l'oubli était fait pour la peine
Comme la gomme, à effacer
Le rideau tombe sur la scène
Le décor va être changé

vendredi 1 septembre 2006

EpicteteReflexion du 1 Septembre

Personne ne peut me déranger, il n’y a que moi qui puisse me déranger. Quand je ne supporte pas un événement, c’est parce qu’il réveille en moi des choses que je ne supporte pas. Chacun a son petit lot d’événements qu’il ne supporte pas, parce qu’il a un lot de peurs qu’il ne supporte pas. Certains ne supportent pas la vue du sang, d’autres la violence, d’autres la pauvreté, d’autres de voir mourir des gens, de vieillir, peu importe. Ce que je ne supporte pas, ce sont les coups que cela crée en moi. Je me rends compte de cela, je suis attentif à la sensation……..Et je n’ai pas de réflexion proprement dite sur la pensée ; seulement me rendre compte que je suis l’auteur de mon propre dérangement.

jeudi 31 août 2006

ManouPremier nu

Dans le cadre de la journée mégalomaniaque sponsorisée par BYALPEL le 22 août, je vous présente également une des premières photos de moi, nue. Je n’ai rien flouté. Mon père s’en était chargé lors de la prise de vue.


A ma naissance je pesais 2 kilos, vomissais régulièrement en exhibant un splendide teint jaune. « Quel gros pigeon malingre ! » s’extasiait le pédiatre à ma mère. 44 années et 50 kilos plus tard, que dire ?
Je vomis moins, mais il m’arrive d’avoir le teint terreux.

Appliquons la méthode de « littérature définitionnelle » (*) à :« Je vomis moins, mais il m’arrive d’avoir le teint terreux ».

1 ) Je rejette brutalement par la bouche modérément, néanmoins il a lieu que la carnation de mon visage soit couleur de la terre.

2 ) Je repousse avec violence par la cavité de la partie inférieure du visage en communication avec l’appareil digestif d’une retenue qui porte à garder en toutes choses une certaine mesure, malgré cela il se produit que la couleur de la chair de la partie antérieure de ma tête se présente d’une impression produite par les diverses radiations constitutives de la lumière, en l’occurrence de la troisième planète du système solaire.

3 ) ...

Stop ! J’ai des carottes sur le feu, des courses à faire, une bibliothèque à vider …

(*) Trouvée dans « Abrégé de littérature potentielle » : à partir d'un énoncé donné, on remplace chaque vocable signifiant par une de ses définitions d'un dictionnaire donné. On réitère l’opération sur le nouvel énoncé obtenu, et ainsi de suite.

mercredi 30 août 2006

Tant-BourrinLooping

Tchic... tchic... tchic... tchic...

La main araignée se déplace sur la table et s'approche du regard qui brille, au-dessus d'un grand sourire qui anticipe.

Qui anticipe quoi ?

Bin, le saut de la main araignée, pardi !

Et d'ailleurs, hop, la main araignée, suffisamment proche de sa proie, a bondi et la pique de furieux guili-guili dans une déflagration de rires enfantins.

Prends garde, car l'araignée est lààààà !

Les rires enfantins de Tant-Bourriquet - car vous l'avez déjà deviné, c'était lui la proie - qui résonnent et réveillent tout à coup un écho sur les parois osseuses de mon crâne. Un écho vieux de quarante ans. Un écho de mes propres rires, quand j'avais à peu près l'âge de Tant-Bourriquet.

Et je revois la main araignée qui me tournait autour, s'approchait et me sautait dessus. La même main araignée à laquelle j'ai redonné vie spontanément, simplement, sans calculer, pour faire rire Tant-Bourriquet autant qu'elle m'avait fait rire à son âge.

La même main araignée ?

Non, en fait, pas tout à fait : la mienne était boiteuse, elle avait une patte coupée, deux phalanges de l'annulaire que mon père avait perdues au boulot, bien des années plus tôt.

Une main araignée boiteuse mais tellement aimante et chatouillante. Une main araignée qui avait dû faire rire mes frères et ma soeur autant que moi. Et puis qui est entrée en hibernation : nous étions grands, et on ne fait plus rire les grands avec une main araignée. Alors elle a dormi, dormi...

Et la main araignée boiteuse, plus flétrie, plus tachetée de brun, est sortie un jour de sa torpeur. Une main araignée boiteuse et vieillie, mais toujours hilarogène pour mes neveux et nièce.

Mais les petits-enfants grandissent aussi, et la vieille main araignée boiteuse se trouva bientôt fort désoeuvrée. Alors elle repartit se plonger dans le sommeil.

Et puis vient Tant-Bourriquet, le petit-fils qu'on n'attendait plus, le petit retardataire de la vie.

Mais la main araignée boiteuse, plus ridée que jamais, ne se réveilla pas. Elle resta inerte, paralysée sur le bras d'un fauteuil d'une maison de retraite, au-dessous d'un regard qui brillait pourtant d'amour.

Et un jour de novembre, on sut qu'elle ne se réveillerait définitivement plus. Tant-Bourriquet sera le seul petit-fils a n'avoir pas connu la main araignée boiteuse.

Araignée du matin, chagrin...


En fait, je n'avais jamais repensé au jeu de la main araignée depuis des décennies.

Et puis ça m'est juste revenu comme ça, d'un seul coup. J'ai fait tchic, tchic, tchic et ma main s'est métamorphosée dans les yeux de Tant-Bourriquet. J'ai fait guili-guili et le rire a explosé dans sa gorge.

La boucle est bouclée : voilà, Tant-Bourriquet arrive à peu près à l'âge de mes premiers souvenirs, et je sais que tout ce qu'il vivra projettera de-ci de-là en filigrane de vieilles images enfouies, en un immense looping de quarante ans.

Mais un looping qui n'existera que dans ma tête, la vie de Tant-Bourriquet n'appartient qu'à lui et son chemin sera forcément - et c'est tant mieux - différent du mien.

Allez, viens, Tant-Bourriquet, je vais te refaire la main araignée !

Araignée du soir...

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