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mercredi 13 novembre 2013

AndiamoLe petit benêt

Mes acolytes roupillent... Chuuuut ! Ne les réveillons pas ! Alors j'ai gribouillé un ch'tiot crobard, histoire que ce blog ne s'endorme pas trop à l'instar de S-F et T-B ! (ouaip, je balance)


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vendredi 8 novembre 2013

AndiamoCharline

C’était une journée où la saison vacille, une valse hésitation entre hiver et printemps, pas assez chaud pour être au printemps, ni assez froid pour être encore en hiver.

Alex profitait d’une journée de RTT pour flâner sur les quais. Il aimait bien se balader le nez au vent, s’attarder devant l’étal d’un bouquiniste, feuilleter un vieux bouquin, humer l’odeur des vieilles bibliothèques dans lesquelles ils avaient été soigneusement rangés durant des décennies, puis, leurs propriétaires décédés, les héritiers ne voulant pas s’emmerder avec ces vieilleries, bazardaient le tout pour une poignée de clous !

On y trouvait parfois des trésors. Je ne veux pas dire des ouvrages de grande valeur, mais à valeur sentimentale. Ainsi, un jour, il avait trouvé un journal de Spirou datant de sa jeunesse. Il en avait fait l’acquisition pour 3 euros seulement, une aubaine avait-il pensé.

En le feuilletant, il avait retrouvé une partie de son enfance quand, en rentrant de l’école, il s’asseyait sagement sur le tapis du salon, une tartine de beurre plus confiture à la main, et de l’autre il tournait fébrilement les pages de son illustré, s'émerveillant des aventures de Jean Valhardi ou de Blondin et Cirage… Sa p’tite madeleine en quelque sorte.

Le Pont Neuf, la conciergerie en toile de fond, il la vit arriver : taille moyenne, rousse, la démarche féminine en diable, une femme somptueuse, épanouie, très jeune assurément. Elle portait une robe assez courte, mais pas trop, bleu marine, avec dans le bas deux bandes blanches assez larges, cela lui fit repenser à l’émission « DIM DAM DOM » dans laquelle des filles hyper sexys apparaissaient vêtues de robes semblables !

Le fond de l’air étant encore un peu frais, elle avait enfilé une sorte de caban bleu marine, des bottes de cuir terminaient la tenue, un sourire indéfinissable errait sur ses lèvres laissant apparaître une dentition parfaite.

Soudain, elle s’arrêta net devant l’étal d’un bouquiniste, tenu par un vieux bonhomme assis sur une chaise pliante en toile, engoncé dans une canadienne hors d’âge, un « brûle-gueule » enfoncé dans sa bouche en partie édentée, il reniflait le « scaferlati » à cent pas. Il avait dû en cramer des ballots de foin avant de s’imprégner de la sorte !

Le regard de la femme se porta sur un bouquin au format classique, elle le prit délicatement, le porta à son visage comme pour s’imprégner de son odeur, de son parfum, en le respirant elle fermait les yeux, un plaisir visiblement intense l’assaillait. Elle l’ouvrit délicatement à la page de garde, et deux grosses larmes roulèrent sur ses joues.

Je m’approchais, ému, bouleversé par le spectacle, je n’ai jamais pu supporter de voir pleurer une jolie femme, et celle-ci dépassait en grâce tout ce que j’avais vu.

- Ça va Madame ? questionnai-je bêtement.

- Oui, ça n’est rien, ça passera… Merci.

La voix était à l’image de la femme, profonde, harmonieuse et fragile à la fois. Je regardais le bouquin qu’elle tenait à la main, il s’agissait d’une édition originale de "Chroniques martiennes" de Ray Bradbury. Bradbury était décédé l'année précédente, et j'ai pensé que c'était ce décès récent qui la mettait dans un pareil état, après tout elle n'était pas la seule à avoir eu un coup de cœur pour cet écrivain génial !



- C’ est un bouquin assez rare, lui dis-je.

- Oui, et hélas je n’ai pas pris beaucoup d’argent, je ne pensais pas faire des achats, mais là je me serais bien laissée tenter… Surtout CELUI-là !

Je me suis alors tourné vers le fumeur de pipe.

- Combien ?

J’ai vaguement entendu 50 euro entre deux jets de salive et un claquement du tuyau de son brûle-gueule contre un ou deux de ses chicots.

- Je vous l’offre, vous avez tellement l’air d’y tenir !

- Ah ça non ! Je ne peux pas accepter, c’est une somme tout de même.

- Bon, vous me rembourserez…

- Alors d’accord !

J’ai payé, le vieux a empoché la poignée de talbins, les collant comme ça à même la poche intérieure de sa canadienne crasseuse.

- Vous savez, je vais vous rembourser, j’habite rue Lafayette, là, me dit-elle en pointant son index en direction de la rive droite.

- Je connais, charmante Madame : j’y suis né, rue Lafayette !

- Incredible ! me répliqua-t-elle, un sourire malicieux au coin de ses jolies lèvres à peine soulignées d’un trait de rose.

Je me penchais par-dessus le mur de pierre bordant le quai Conti et je lui dis :

- Bon, y’a pas l’feu à la Seine ! Si on allait boire quelque chose ? Un petit café nous ferait du bien.. Non ?

- Excellente idée !

Nous fîmes demi-tour. Arrivés place Saint Michel, je l’entraînai dans un bar de la rue Saint-André des Arts.

Je m’effaçais afin de la laisser entrer la première…

- Et galant avec ça ! ironisa-t-elle.

- Vous n’avez pas tout vu encore…

Nous nous sommes assis, les enceintes diffusaient en sourdine des standards américains, Count Basie, The Duke, Miles Davis, Satchmo, Ella chantant "summertime", etc.

Nous avons commandé un café pour moi, un thé pour elle. Ainsi j’en bois deux, m’a–t-elle confié, les théières contiennent toujours deux tasses ! Elle riait en disant cela, contente de sa trouvaille, à ce moment là on aurait dit une gamine, une furieuse envie de l’embrasser m’a pris.

Elle tenait son livre serré contre sa poitrine, c’est à ce moment là que je lui ai demandé comment elle s’appelait.

- Charline, m’a-t-elle dit avec son large sourire que je commençais à connaître, et j’aime beaucoup mon prénom !

- Il est peu commun en effet et vous va bien... Je suis d'une banalité ! Il ne me reste plus qu'à vous demander si vous habitez chez vos parents !

- Et vous ?

- Euh, non, il y a longtemps que n'habite plus chez eux !

- Je vous demandais votre prénom, a-t-elle ajouté en souriant.

- Oh pardon ! Alexandre, mais appelez moi Alex comme tout le monde… Faites voir votre livre s’il vous plaît ?

- Pour l’instant il est le vôtre : vous l’avez payé, n’oubliez pas, et elle me tendit le petit bouquin.

Un léger parfum de renfermé s’exhala lorsque j’ouvris l’ouvrage, puis je revins à la page de garde et tout en haut je vis LA dédicace, une écriture fine, celle de Bradbury assurément, j’avais déjà vu sur internet des pages manuscrites de cet auteur de génie.

Pour ma Charline, pour qui le temps…
S’arrêta à matines.

Your Brad' for the life…

Le livre me tomba des mains, heureusement la table l’empêcha d’aller à terre.

- Non, dites-moi que cette dédicace n’était pas pour vous ?

Elle me regardait, des grosses larmes coulaient maintenant sur ses joues devenues toutes pâles.

- Non, ça n’est pas possible, Charline… Je peux vous appeler Charline ?

- Oui, répondit-elle entre deux sanglots.

- Voyons, le livre est paru en 1950. Même si à l’époque vous n’aviez que 17 ou 18 ans, ça vous ferait aujourd’hui… 80 ans ! Allons, ne me prenez pour un imbécile, je vous trouve sympa, voire plus, mais tout de même !

- Ce livre je l'avais oublié sur une table à la terrasse d'un café il y a... Et puis ça n'a plus d'importance la date, l'époque, le temps.

Alors elle ouvrit son sac et en sortit un permis de conduire, pas le permis à trois volets, non les anciens roses, format nouvelles cartes d’identité, il était si vieux qu’on y voyait à peine les inscriptions, toutefois j’ai pu lire :

CHARLINE RIBIER

Née à : Chagny (Yonne) le 15 mars 1902

Suivait : pour le préfet de l'Yonne… Le : 12 juin 1920... Un gribouillis illisible.

Et juste à côté une photographie en noir et blanc, patinée par le temps.

lundi 4 novembre 2013

FrançoisePlutôt que d'attendre la saint Glin-glin

Dans le cadre de l'opération sanitaire « Sauvez Blogbo ! », voici, après la magistrale leçon de style administratif, un précis de vocabulaire à l'intention des moins de 40 ans s'il en passe par ici :) L'histoire n'a aucune importance, seul compte le fait qu'elle est racontée avec des mots et des expressions courants jusqu'au début des années 70 et quasiment oubliés aujourd'hui, comme quoi les mots, c'est comme les objets ma pauv' dame, ils font de moins en moins d'usage.


Aline avait à peine enfilé son chandail et son duffle-coat que sa mère remontant du cellier où elle conservait les pommes tapées et la confiture de vieux garçon l'apostrophait : « Où vas-tu encore vadrouiller ? »

La jeune fille tira sur sa couette gauche, signe infini d'énervement. Sa daronne virait vraiment croulante, pour ne pas dire PPH...

« Je vadrouille pas, je vais réviser ma compo de latin chez Martine.
– Tu ne vas pas plutôt courir le guilledou ? Avec Martine, ça ne m’étonnerait pas, en voilà une qui verra le loup avant que l'envie m'en reprenne...
– Là, maman, tu pousses mémé dans les orties ! Martine, c'est une vachement grosse tête : prix d'excellence l'an dernier, premier prix de français et de maths, 1er accessit de latin et d'anglais. C'est pas de la gnognotte, quand même !
– N'empêche : je donne pas cher de sa vertu... Elle n'a pas les yeux dans sa poche quand elle reluque les garçons. Je te fiche mon billet qu'elle en a déjà embrassé plus d'un. »

Le grand-père Valentin, qui écoutait la conversation depuis son rocking-chair, sortit de son gilet une montre gousset :

« T'as pas fini de l’enquiquiner, cette gamine ? Il est à peine six heures du soir, y a pas péril en la demeure, on peut dire que tu te fais du tintouin pour rien. »

Aline regarda le vieil homme avec reconnaissance. La mère soupira :

« Bon, vas-y, mais fais fissa, je me suis levée dès potron minet et j'ai le dos en capilotade. Mieux envie d'aller au plume que de faire la bamboula. »

Aline sortit sans demander son reste en haussant les épaules. Sa mère avait toujours un pet de travers et se montait le bourrichon pour rien. Il y avait belle lurette qu'elle n'y faisait plus attention. Heureusement que le grand-père, lui, comprenait les jeunes. Faut dire qu'il avait mené une vie de patachon.

A 14 ans il avait été déniaisé par une amie de sa mère, une modiste au port modeste mais belle femme, qui lui avait susurré un tiède après-midi d'été : « T'as jamais contemplé la feuille de vigne à l'envers, mon biquet ? Eh bien viens, je vais te montrer... »

Bou Diou, le ramdam que ça avait fait quand la bonne les avait surpris en pleine action dans la petite chambre à donner ! Plus question de commander un seul chapeau à la maudite modiste : la maman du grand-père s'était résignée à sortir en cheveux... tandis que son fils séchait le patronage pour passer ses jeudis après-midi dans l'arrière-boutique où plus d'un chapeau de feutre fut baptisé par sa jeune fougue quand la modiste l'enjoignait de « faire attention ».

Le mari de la modiste, qui délaissait l'épouse pour cause d'activité politique épuisante bien que modestement cantonale se doutait-il de son infortune ? Nul ne le savait, si ce n'est qu'on l'avait un jour entendu murmurer en regardant sa femme : « Vaut mieux être cocu que ministre, on n'assiste pas aux séances. »

Faire les 400 coups avait plutôt réussi au grand-père. A 88 ans, il était frais comme un gardon et toujours gaillard et biberonnait son Dubonnet comme d'autres de l'antésite.

Aline arriva en courant chez Martine qui faisait ses devoirs, son mini K7 sur le bureau:

– J'ai enregistré un 45 tours à la dernière boum, dit-elle. Les Platters. Ecoute-moi ça : « Only you... »

Sans déc', c'était du slow de first catégorie, de quoi emballer en trois minutes chrono. Même une Sainte Nitouche n'y résisterait pas. Du reste, Martine avoua à Aline que cette chanson lui avait fait rencontrer l'homme de sa vie.

« Il est grand et beau comme un camion avec des mirettes bleu turquoise, des boucles brunes et un sourire Colgate. Bref une vraie réclame. Mais tu sais la meilleure? Il s'appelle Calmat et bien sûr ses parents l'ont prénommé Alain.
– Pourquoi Alain ?
– Tu yoyotes ou quoi ? A cause d'Alain Calmat, voyons ! Le champion de patinage. La mère de mon amoureux avait le béguin pour lui quand elle le voyait à la télé...
– Dis-moi : tu viens de dire « ton amoureux ». Vous en êtes où sur l'échelle de Richter ?
– Séisme de force 5 : avant même la fin du slow, il m'a roulé une pelle d'enfer, 30 secondes en apnée, j'en étais toute tourneboulée.
– En somme, résuma Aline, c'est un champion de patin artistique. »


Jeunes godelureaux qui venez en ces lieux, songez à celles et ceux capables de comprendre tous ces mots et expressions surannés, tout en percutant grave sur les lol, mdr, j'te surkiffe, je plussoie et autres wesh et boloss dont nous abreuvent les réseaux sociaux. Trop cool, not ?

jeudi 31 octobre 2013

BlutchCirculaire E.N.

Vous me connaissez, hein. Toujours un peu don Quichotte, prêt à secourir la jolie veuve et l’orpheline post-pubère…. Je récidive encore.

Célestoche se plaignant régulièrement de la dysenterie verbeuse de l’EN (Éducation nationale) et bien qu’elle ne corresponde pas aux deux catégories ci-dessus nommées, je me suis dit en aparté et les yeux dans les yeux qu’il devait bien y avoir à l’EN des veuves et des orph…. P’tain je m’égare. Qu’il devait bien y avoir un moyen de simplifier la tâche de ces dirlettes (et dans la foulée (tant qu’à faire (et même si c’est pour moi de moindre intérêt)) de ces dirlos). Fort de la découverte des 912 sigles en vigueur à l’EN, j’ai tenté, avec la complicité passive de quelques-uns d’entre eux, de réduire ce genre littéraire au plus près du néant qu’il véhicule.

Je vous fais grâce des trois pages de mise en garde quant à l’urgence de lire cette circulaire et de l’importance d’en avoir bien intégré les éléments moteurs dans le canevas organisationnel du projet éducatif en cours de validation temporaire, afin de pouvoir l’appliquer au mieux dans le projet général de la réforme institutionnelle du ministère qui permet à une foultitude de pseudo-chômeurs d’être de pseudo-actifs dans un monde tellement fermé sur lui-même qu’il tourne en rond comme une tarière cherchant, dans le schiste, du gaz de pet.

Il va sans le dire que les destinataires de la circulaire donneront quittance de la bonne interprétation des points soulevés par ce document sous forme d’une réponse écrite résumant leur façon d’intégrer les points de haute philosophie pédago-psychiatriquo-débile soulevés dans le dit document. Elles/ils le feront sous huit jours, sans se perdre dans les petits détails, dans une réponse circonstanciée dont la longueur idéale se situera entre les Bienveillantes et l’intégrale en 12 volumes In folio de la Bible commentée.

J’en suis donc directement venu à l’essentiel, le résumant en trois points emblématiques et non moins explicatifs du désarroi neuronal de leurs auteurs.

nb : Afin de ne pas entrer en conflit de droits d’auteur avec la valetaille à Peillon, les exemples sont fictifs, mais comme toujours, la réalité ne dépasse-t-elle pas la fiction ?

Message à TB : J’ai déjà bien abusé de ton calme olympien avec un certain Baron, je ne vais pas te demander de trouver la signification de ces sigles à la con…

- Selon le BOEN, tous les BP des BTP sont soumis à autorisation de la Dafco si le Daet n’en dispose pas autrement.

- Les DGS prendront note que dorénavant et à partir de maintenant, les AAC seront remplacés par les AAENES. Par ordre du Ministre Buridan qui n’admet pas une concurrence hiérarchique, ils veilleront spécialement à ce que l’AE ne soit pas enlevé du service de l’AAENES.

- Les ECTS du DHCP parrainé par la BBC et certifié Toefl devront être en adéquation avec le PEDT de la FNASEPH (à tes souhaits) pour tout ce qui concerne les AVS gérés par les MDPH.


Traduction qui, pour n’être pas très académique, ne perd rien de sa limpidité :

- Selon la feuille de chou à Peillon, tout le papier-cul des bétonneurs est soumis aux verbeux du bourrage de crânes en continu, si l’inutile du service technique n’en dispose pas autrement.

- Les grands pachas des diverses castes se sortiront les neurones du popotin pour ingurgiter que c’était trop simple d’avoir un attaché à l’administration centrale et qu’il vaut mieux que depuis tout de suite, ces ligotés du bulbe sachent qu’ils sont bien dépendants de l’Énorme Nullité et son corollaire supérieur. Ils sont en outre avertis qu’enlever à ces services les adjoints d’enseignement pourrait détériorer l’image de marque de ces ex-AAC, mais que c’est néanmoins très figuratif de l’ensemble de ces bourreaux-crades …

- Les bureaugrattes du sinistère chargé de la pérennisation de la langue de Voltaire sont priés d’aller se faire voir ailleurs plutôt que de pourrir la vie des francophones avec leurs sigles à la con en sabir US. D’autant qu’en plus c’est lâche de le faire sur le dos des handicapés en éventualisant une possibilité de ne pas les laisser incultes et sur celui des larbins bénévoles qui font le boulot dont ils se dégoûtent.

Dans les années 80 l’enseignement en France était au bord du gouffre, depuis, il a fait un grand bon en avant…

Avec toute ma compassion pour son agonie, déjà bien avancée. Et mes sincères condoléances pour les générations futures.


Lexique :

AAC : Attaché d’administration centrale
AAENES : Attaché d’administration de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur
AE : Adjoint d’enseignement
AVS : auxiliaire de vie scolaire
BBC : Britich Broadcasting Corporation
BOEN : bulletin officiel de l’Education Nationale
BP : brevet professionnel
BTP : bâtiment et travaux publics
Dafco : délégation académique à la formation continue
Daet : Délégué académique à l’enseignement technique
DGS : Direction générale des services
DHCP : Dynamic host configuration protocol
ECTS : Européan crédits transfer system
FNASEPH : Fédération nationale d’associations au service des élèves présentant une situation de handicap (l’inventeur de ce sigle prêche pour sa paroisse…)
HSE : heure supplémentaire effective
MDPH : maison départementale des personnes handicapées
PEDT : projet éducatif territorial
Toefl : Test of english as a foreign language

dimanche 27 octobre 2013

Tant-BourrinComme un blog errant

Boudiou, je m'aperçois que cela fait deux ans et demi que je n'avais rien produit de sonore sur ce blog.

Or, je le sais (je reçois régulièrement de pleines brouettées de lettres enflammées de la part de mes admiratrices éperdues), mes couinements mon art lyrique consommé, ma tessiture exceptionnelle et mon sens échevelé du rythme vous manquaient bougrement.

Alors, soyez heureux : me revoilou, avec un petit détournement de derrière les fagots ! Bon, pour ce qui est du thème de la chanson, je dois l'avouer, j'ai peut-être tendance à me répéter légèrement. Et je sais que les thèmes récurrents, ça raye l'émail ça finit par lasser les lecteurs fidèles, mais je n'y peux rien : y'a vraiment plus que ça qui sort !

Allez, en attendant, sortez la boule à facettes, allumez les enceintes et montez le son : en avant la zizique !




Comme un blog errant

Paroles : Tant-Bourrin
Paroles originales et musique : Serge Gainsbourg (Comme un boomerang)


Téléchargeable directement ici

Ça sent le crash et le bogue
Sur votre site adoré
Nos neurones se déloguent
Un par un, tout délabrés
Allez voir un proctologue
Si ça vous fait mal à la raie

C'est évident que ce blog
Est en train de somnoler
J'entends d'ici vos cris rogues
Pour qu'on cesse de glander
Et pour enfin que l'on aug-
mente la production d'billets

Ça sent le crash et le bogue
Sur votre site adoré
Nos neurones se déloguent
Un par un, tout délabrés
A trop croupir dans le smog
D'une moquette un peu trop fumée

Et cependant qu'elle vogue
Et prend l'eau de tous côtés
Le Doyen sur la pirogue
Reste le seul à ramer
Même si parfois il maug-
rée après ses coéquipiers

Ça sent le crash et le bogue
Sur votre site adoré
Nos neurones se déloguent
Un par un, tout délabrés
Il faudrait un neurologue
Pour tenter de tout réparer

Le Souf' s'enfile des grogs
Fait de fumier fermenté
Pendant que moi je me drogue
Champomy, choco au lait
Nos destins sont analogues
On est tels des piles usagées

Ça sent le crash et le bogue
Sur votre site adoré
Nos neurones se déloguent
Un par un, tout délabrés
Va falloir jeter aux gogues
Nos cerveaux réduits en purée

Pas besoin d'un astrologue
Pour dire ce qui va s'passer
Car nul doute que ce blog
Va finir fossilisé
Et les paléontologues
Un jour seront bien étonnés

Ça sent le crash et le bogue
Sur votre site adoré
Nos neurones se déloguent
Un par un, tout délabrés
Allez voir un proctologue
Si ça vous fait mal à la raie

mercredi 23 octobre 2013

Oncle DanLe lac de Bethmale

Les fidèles lecteurs de ce blog ont tous remarqué que Blogborygmes ressemblait à un de ces gros navires de luxe qui a connu de belles années de gloire, et dont les ponts résonnent encore des fêtes les plus somptueuses, mais dont les moteurs sont tombés en panne l'un après l'autre. Sauf un, le plus vieux mais le plus solide, qui résiste toujours. On savait fabriquer, monsieur, en ce temps-là !

Un peu à la dérive, et pour ne pas finir comme le Costa Concordia, le majestueux Blogborygmes fait résonner dans les brumes insondables de la blogosphère ses appels de détresse, dans l'espoir ténu d'un secours occasionnel et incertain.

Incertain, car il est toujours risqué pour les petits de jouer dans la cour des grands, même s'il peut arriver qu'on ait besoin parfois d'un plus petit que soi.

Personnellement, je pense que l'équipage est atteint de Mankdinspiratiomanie. Evidemment, je souhaite de tout cœur me tromper car je suis moi-même atteint de cette maladie grave dont les phases de rémission sont rares et de plus en plus espacées.

J'ai d'ailleurs déjà raconté à mes petits enfants ce qui m'était arrivé alors que mon état avait subitement empiré, et que mon seul espoir était de « me baigner à minuit, la nuit de la Saint-Jean, dans le lac de Bethmale où veille la sorcière, dont la robe verte et bleue donne ses couleurs à l'onde... ».

J'étais sceptique. On l'eut été à moins. Toutefois, les photos de personnes atteintes de Mankdinspiratiomanie découvertes par hasard dans une vieille encyclopédie médicale, m’avaient persuadé de me rendre sans plus tarder au lac de Bethmale.

J’aurais dû tout laisser tomber lorsque la nuit tomba et que ma vieille voiture tomba en panne à proximité d’un cimetière abandonné. C’était certainement l’un des cimetières les plus désolés que Dieu ait jamais créés pour la punition des hommes.

.......

Excusez moi d’avoir interrompu un instant ce récit, mais la mélancolie de ce paysage me prend encore à la gorge quand j’y pense.

Une auberge se trouvait à proximité, et malgré ses allures de château en ruine, je fus particulièrement satisfait d’apercevoir la faible lueur de ses fenêtres perçant la brume rampante.

Le bruit de l’antique sonnette que j’actionnai en arrivant, déchira l’air du vestibule qui semblait plongé dans le silence depuis des siècles. Le maître des lieux, un homme au teint livide, vivante incarnation de l’ennui, me fit comprendre d’emblée qu’il était inutile de nourrir le moindre espoir de trouver un garagiste avant le lendemain, et cela dans le meilleur des cas.

La collection complète des clés qui pendaient au tableau de la réception ne me laissait aucun doute sur mon parfait isolement, et je ne m’étais jamais autant senti vulnérable loin de mes bases dans cet environnement hostile. Le mobilier et la décoration étaient monacaux. On aurait dit qu’un immense linceul d’affliction enveloppait tous les êtres et toutes les choses.

J’aperçus la patronne (je devrais dire la matrone) par l’entrebâillement d’une porte donnant sur les appartements privés du gérant. Vautrée sur un divan, cette bourgeoise dodue au regard de hyène tourmentée lança dans ma direction une œillade interrogative où frétillait la flamme vacillante d’une libido crépusculaire. L’épine dorsale traversée par une onde de terreur, je me hâtai de décliner mon identité et de m’enquérir du chemin le plus court pour accéder aux chambres.

C’est alors qu’apparut, surgi de nulle part, un gnome boutonneux et emprunté, affligé d’une laideur embarrassante et duquel émanait la sensualité brûlante d’un croque-mort diabétique en préretraite. Il tenait à la main un chandelier allumé qui faisait danser sur son visage de diaboliques ombres peu rassurantes.

Constatant ma perplexité, la patronne qui s’était extirpée de son divan, m’expliqua qu’une partie de l’hôtel était victime d’une panne d’électricité depuis le matin. Son apparition dissipa mes dernières hésitations et je suivis le croque-mort dans un couloir obscur jalonné de trophées de chasse.

Je passai une nuit agitée par les pires cauchemars.

Le lendemain, dans une salle aux dimensions de cathédrale, le gnome me servit son visage aride (et à rides) en même temps qu’un café noir épais, quasi solide, apte à ressusciter toute personne morte depuis moins de deux heures.

Le garagiste que l’on avait sorti de sa douche sous la menace de mon impatience, refusa obstinément de réparer ma voiture lorsque je m’enquis du chemin le plus carrossable pour me rendre au lac de Bethmale, ajoutant qu’il ne voyait que l’idiot du village pour m’accompagner dans un tel endroit.

Ayant exprimé le souhait de le rencontrer immédiatement, il me dit que je venais de le quitter, puisqu’il s’agissait du serveur de l’auberge.

Je suppliai l’humanoïde de me conduire au lac de Bethmale, ce qu’il fit moyennant une forte somme dont le montant me fit douter un instant de son idiotie, mais la guérison était à ce prix.

Arrivé sur place, il m’expliqua qu’il n’existait pas de sorcière à la robe verte et bleue, que la Mankdinspiratiomanie était incurable et que l’idiot du village n’était pas toujours celui qu’on pense.

Voilà pourquoi je souhaite de tout cœur que Blogborygmes ne soit pas atteint de cette maladie.

vendredi 18 octobre 2013

AndiamoLes trois villes sœurs (suite)

Face au joli château de la Grande Mademoiselle, fait de briques (mais pas de broque), s'élève la collégiale "Notre Dame et Saint Laurent O'Toole", magnifique édifice construit entre le XIIème et le XIIIème siècle.

Pourquoi le nom d'un saint irlandais ? Laurent O'Toole, évêque irlandais, alla rendre visite au King of England : Henri II Plantagenêt... Et puis tiens, j'm'en va vous narrer l'entrevue :

Laurent O'Toole, qui n'est pas encore un Saint, a pris le train à Saint-Lazare (qui lui est un Saint). Quoi ? Y'a pas de train au XIIème siècle ? Tu y étais toi au XIIème siècle ? Bon, c'est moi que j'raconte, d'abord.

Alors Lolo arrive à Rouen, vêtu d'une belle chasuble pourpre et or, et d' une jolie mitre qu'il tient à deux mains (plus tard on en fera une chanson : prends ta mitre à deux mains mon cousin...) Une belle ville, Rouen : proprette et tout, un magasin Carrefour à l'entrée, un Leclerc à la sortie (ou inversement), comme partout ! Il arrive devant le château :

- TOC TOC TOC, c'est Lolo !

- Entrez, mon évêque, franchissez le pont (le Pont l’Évêque, désolé Saoul-Fifre, je n'ai pas pu m'empêcher ), c'est pour quoi t'est-ce que vous radochez dare-dare ?

- Je voudrais rencontrer "the King" Riton le deuxième de la lignée des Plantagenêt !

Alors on introduit (en tout bien tout honneur ) Lolo, qui se retrouve devant Riton second.

- Keski t'ferait plaisir mon Lolo ? (familier avec ça)

- Ben écoute, si tu pouvais arrêter de persécuter mon bon peuple irlandais, tu deviens grave un max Riton, va y'avoir du schkroum, ça va chabler sévère !

- Te mouronnes pas mon Lolo, pars calmos, j'vas leur foutre la paix, t'entendras plus parler de moi !

Dans cette grande pièce, il y avait un courant d'air pas possible, Lolo chope la gigite et dévisse la boîte à dominos quelques jours plus tard.

Il fut recueilli par les chanoines d'Eu et mourût en odeur de Sainteté le 21 mars MCLXXXII...

Voilà tout s'explique !

Vous me connaissez un peu ? Les belles églises, collégiales, cathédrales, etc., j'adore, mais pas les salades vendues inside !

Alors j'ai sorti ma boîte en bois, quelques plaques de verre et je vous livre mes Daguerréotypes...



La collégiale : une grenade ou deux pour faire sauter les caisses garées devant ?


La nef... Bon Dieu quelle lumière !


L'abside et l'autel, et toujours cette magnifique lumière !


On y trouve un "banc d'œuvre"réalisé en MDCCXXXI, ma che lavoro !


Un orgue magnifique, l'œuvre de Louis Isoré en MDCXIV


A la suite, deux charmantes rues typiques de la ville


Pour terminer, l'abside de Notre-Dame et Saint-Laurent, et toujours les bagnoles !



Tout est relatif... Une petite anecdote :

Un jour, je rentre dans une boulangerie à Eu afin d'y acheter une baguette. Je discute avec la vendeuse, j'adore discuter avec les gens du cru, ça donne à peu près ça :

Moi : Quelle ville charmante et calme, vous avez bien de la chance.

- Calme ? me répond l'accorte vendeuse de miches.

- Ben voui (devant chez moi il passe environ dix mille bagnoles par jour, j'exagère à peine) !

- Je préfère là où j'habite, il n'y a rien, je suis au milieu des bois.

- Et vous ne vous ennuyez pas ? Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire (je joue les trois singes tu as remarqué) ?

- Pour sûr non, j'aime pas le potin !

Le POTIN, il y avait belle burette que je n'avais pas entendu ce mot !

Je vous assure que c'est une ville hyper tranquille... Enfin pour moi, comme quoi tout est relatif, ça n'est pas Albert qui m'aurait contredit.


P.S : Vu que mes deux acolytes ne veulent plus en jouer, si parmi vous quelqu'un ou quelqu'une veut écrire un p'tit bifton, il ou elle ne se gêne pas. Benvenuto, Blogbo vous ouvre largement ses portes : BIENVENU SUR NOS LIGNES !

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