Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 4 octobre 2006

Saoul-FifreMarianne

Marianne a 5 enfants...

...à torcher.

Elle avale la poussière sur les petites étagères spécifiques des mairies, face au regard concupiscent du président en exercice, et doit quelquefois supporter ceux de ses collègues, battus, morts, ennemis à la vie à la mort, beaux portraits retouchés, brochette de mecs qui sont arrivés à se faire accrocher à ces clous à force de cynisme, de charisme, de mensonges et de séduction naturelle. Nous ne connaîtrons surtout que son buste, à Marianne. Ce qui compte, c'est le bustier, et qu'il soit avantageux. Il était anonyme, dans les temps, et on lui a prêté un jour celui de Brigitte Bardot. Scandale. Non : pas les sous-vêtements. Scandale de principe. L'héroïne de "Et Dieu créa la femme" porte t-elle vraiment en elle les valeurs supposées de la République ? Et son bonnet phrygien n'évoque t-il pas un peu trop un préservatif ? Et encore : elle n'était pas connue comme compagnonne de route de Le Pen et n'avait pas encore fondé sa "République des animaux" ? Puis nous eûmes droit, je n'invente rien, à Mireille Mathieu (elle chantait si fort La Marseillaise, la pôvrette !), à Catherine Deneuve (politiquement très sur l'os), à Inès de La Fressange (attention à ne pas marcher dans la mode), à Laeticia Casta (la République Bonapartiste) et à la toute pimpante dernière arrivée : ÉVELYNE THOMAS ! Pour être honnête, il nous faut signaler un problème de rejet débouchant d'ailleurs sur la faillite de l'entreprise ayant obtenu le marché. Tous les maires ont retourné le buste dans son emballage d'origine, faisant jouer la clause de 7 jours sous la pression de leurs administrés. Un phénomène réflexe de renvoi massif. C'est leur choix.

Alors, à notre belle époque de parité hypocrite (aux femmes les circonscriptions perdues d'avance, aux hommes les fauteuils à roulettes sur les boulevards en béton lisse), avec la belle devise que le monde entier nous envie (Liberté, Egalité, Sororité), les femmes ne nous serviraient encore et toujours que deux seins-bols ? Allez, gorilles ! , comme gueule la motivante Marianne de Delacroix... Des symboles, toujours des symboles, les femmes et les enfants d'abord, mais pas en tête ! Et pourtant, dans le monde entier, des peuples ont élu des femmes pour les représenter et je ne crois pas qu'Indira Ghandi, Golda Meïr aient été moins "bonnes" que des hommes.

Vigdis Finnbogadottir, première femme président d'Europe, a été réélue trois fois de suite en Islande, depuis 1980 (16 ans !).

Chandrika Kumaratunga a épuisé ses droits à la réélection à la tête de son Sri Lanka.

En Irlande, c'est bien simple, ils ne veulent que des femmes : Mary Mac Aleese a succédé à Mary Robinson.

Gro Harlem Brundtland, premiere ministre norvégien en 1981, n'a pas fait les choses à moitié, ou plutôt si : dès son élection, elle a choisi moitié femme dans son gouvernement. Ha elles sont loin les "Jupettes-alibi" toutes virées au bout de 15 jours ! Gro a fini présidente de l'OMS.

Tarja Halonen vient d'être réélue pour la 2ième fois, et brillamment, présidente de la Finlande, avec de plus un parcours sentant son anticonformisme à plein nez : défenseuse des droits gays et lesbiens, mère célibataire, concubinage avec un divorcé... Bravo les finlandais pour votre ouverture d'esprit !

Toujours en Europe, Vaira Vike-Freiberga a été réélue présidente de la Lettonie en 2003. Elle vient de poser il y a quelques jours sa candidature au poste de Kofi Annan. Si elle gagne, il va falloir que les journalistes apprennent à prononcer son nom !

Angéla Merkel, bien sûr, la copine à Sarko tenante d'un hyper libéralisme qui fait bien oublier qu'elle vient de RDA.

Ailleurs nous avons Ellen Johnson Sirleaf, qui fut élue en 2005 première femme président d'Afrique. En Libéria.

Michèle Bachelet, torturée pendant les années Pinochet, prend sa revanche sur l'Histoire en prenant la tête du Chili, avec un programme d'amnistie des horreurs passées et de renouveau. J'en oublie certainement, mais les faits sont là : les femmes, environ 50 % de la population, selon les chiffres les plus généralement cités, sont ultra minoritaires en politique.

Et en France ? Et ben, queud de chez que dalle... On en a jamais eu. Quelques unes ont tenu les rênes mais sous le titre de "régentes", et sincèrement, je ne souhaite aucune Marie de Médicis à la tête de la France, ceci dit sans vouloir vexer nos amis italiens. Mais on sent un frémissement.

Michèle Alliot-Marie est prête. Elle a mis une petite culotte propre, au cas où, elle est au garde-à-vous, le balai dans le cul et le regard sur le cèdre bleu du Liban. Elle est dans les starting-blocks pour sauver la Patrie du danger socialiste. De Gaulle lui est apparu une fois où elle s'était assoupie dans une guérite et l'a confortée dans son avenir de gardienne de veaux et de cabris.

Marine Le Pen est prête. Elle a maigri de 15 kilogs. Elle continue les Fêtes de la Bière, mais s'échappe avant la choucroute. C'est son père qui n'est pas prêt à lui laisser la place. On ne peut pas faire confiance aux femmes. Ça pose nues sur des peaux de bêtes dans LUI... Regarde ta mère !

Martine Aubry est prête. Elle n'arrive même plus à se faire élire conseillère municipale de Lille, mais elle se présente quand même, pour faire chier sa camarade de classe Ségolène aux mensurations parfaites. Martine n'a pour elle que ses menstruations. C'est juste une petite jalousie entre filles. Ségo lui prêtera son miroir de poche, et tout rentrera dans l'ordre.

Ségolène est prête à donf, elle. Si elle est choisie par les militants, elle sera pas chienne ni rancunière, elle a une place de baby-sitter pour Fabius le gauchiste.

Je parle juste sur le plan du principe. Pour faire bouger les choses en France, il faudrait un signe fort, et une femme à la tête redonnerait du peps et de l'espoir à toutes les autres. Elle est d'accord pour y aller et elle peut pas être pire que les autres qu'on nous promet. Non, sans déconner, je vais vous écrire 3 machins et il va vous falloir trouver l'intrus. STRAUSS-KAHN. FABIUS. SOCIALISTE.

Bon, ceci dit, pour que je vote pour elle au 1er tour, il faudrait au minimum qu'elle me propose la botte devant micros et caméras !!

Ya pas encore écrit "américain" !

Dis-je en montrant mon front.

Mais pour une fois et pour changer, il me vient une petite envie de bander pour mon candidat !!

J'adore cette photo q:^)

mardi 3 octobre 2006

ManouINDE (3 et fin)

J’avais très, très, très envie de faire un copier/coller d’un mail de Saoul Fifrounet. Et par mégarde, j’ai réfléchi : je me suis dit qu’il valait mieux garder cela pour le jour probable où le chantage s’avèrerait nécessaire. Aussi, de cette infinie mansuétude frisant le coma éthylique prolongé, je me résous plutôt à vous poster une dernière série de photos d’INDE.

Non, ne me remerciez pas. Dieu m’a faite à son image et c’est bien fait pour vous.













lundi 2 octobre 2006

Tant-BourrinLe monde selon Tant-Bourriquet

Bon.
Inutile de barguigner.
Il faut se rendre à l'évidence.
Nous avons engendré un monomaniaque.

Je vous ai déjà glissé quelques mots, ici et , sur le léger penchant de Tant-Bourriquet pour son héros Oui-Oui.

Eh bien, sachez que cela ne s'arrange pas.

J'ai renoncé à tenir l'inventaire exhaustif des livres, vêtements et jouets estampillés qui envahissent la maison. Oui-Oui est partout, tout est foutu. Même la rue ne constitue plus un havre de paix : depuis quelque temps fleurissent des affiches pour un spectacle musical à venir au Casino de Paris. Oui, oui, vous avez deviné : il s'agit de "Oui-Oui et ses amis" !

Bref, Oui-Oui everywhere !

Et inutile de vous interroger longuement sur la vision Tant-Bourriquesque du monde qui nous entoure...


L'équipe de France de football cherche un successeur à Zinédine Zidane ? Tant-Bourriquet l'a trouvé...


Oui-Oui il va marquer, Oui-Oui il va marquer,Oui-Oui il va marquer !


Quel Président pour la France en 2007 ? Tant-Bourriquet a déjà la réponse...


Oui-Oui, un nouvel élan pour la France.


On passe la Joconde aux rayons X pour en détecter les secrets ? Tant-Bourriquet les connaît déjà !...


Un sourire étrange venu d'ailleurs...


Vous vous demandez d'où sortira le prochain chef-d'oeuvre cinématographique ? Tant-Bourriquet peut vous répondre...


Je ferai un domaine où Oui-Oui sera roi...


Bref, que cela soit clair une fois pour toute : le XXIème siècle sera un siècle de béni- ou ne sera pas.

dimanche 1 octobre 2006

Saoul-FifreCompte-rendu

Petite explication. Il est 1 h 15 du matin et je n'ai rien de prêt pour le blog et c'est mon tour de billet. On a été invité par des amis, pour tout vous dire, on était même invité à 2 endroits différents mais il a bien fallu choisir. Le repas fut particulièrement bien arrosé et j'espère que vous êtes sensibles à la graphie presque parfaite malgré mon état d'imprégnation avancé. J'ai un souvenir ému d'un armagnac de petit proprio de 1986, en particulier, mais les côtes de Blaye qui ont guidé notre repas, et le Lagavulin qui a initié le mien ne doivent pas être rejetés dans les tréfonds de l'oubli qui recouvre toutes choses. Bon. Ce titre ne veut pas dire que je vais me contenter d'un banal compte-rendu de repas. Non, vous méritez mieux et je ne mérite pas votre opprobe. D'accord, je ne sais pas écrire à l'avance et seul le premier jet, plein de sa naïve poésie, m'intéresse. Cette poésie a mis ce soir un genou en terre, elle a calé devant la vraie vie car, oui, il convient, même sur un blog, de ne pas oublier la vraie vie, et qu'est-ce qu'elle m'apprend, ce soir la vraie vie ? Et bien, elle s'impose à moi, à nous, car Margotte est là à côté de moi, qui pissons de rire à longs jets continus, à la lecture du mail de Bof...etc. Lui, vous le connaissez, c'est un commentateur de choc fidèle de notre blog, je lui fais depuis de longs mois des appels du pied pour qu'il rejoigne notre équipe de choc, mais là, j'en ai marre d'attendre sa réponse et j'ai sous les yeux un délicieux mail qui me parait tout à fait billetoïde et je ne fais ni une ni deux, et je le publie sans son autorisation. Sans craindre nullement d'éventuels cris de gorets. D'aucuns diront que son texte mériterait plus amples explications. Je ne suis pas d'accord : je trouve qu'il se tient debout tout seul.

Lire la suite

samedi 30 septembre 2006

Manou3 interludes

J'avais pris mon stylo, le plus beau papier dont je disposais et j'avais écrit mon désir de lui par le menu, détaillé les gestes que j'envisageais d’avoir en sa présence.

Plus j’écrivais, plus je m’imaginais l'effet produit sur cet homme quand il lirait mes mots. Plus mon désir de lui s’accroissait. Je construisais le plaisir à venir.

Il pouvait refuser, il pouvait craindre, il pouvait se moquer. Il ne fit rien de tout cela. Nous nous sommes rencontrés comme je l’avais écrit.



On entendait la fête, il faisait nuit
J’avais ses cheveux gris contre ma tête
De lui, j’avais voulu le jeu, l’étreinte
Les plaintes
Le plaisir assouvi

vendredi 29 septembre 2006

Tant-BourrinDétail

L'homme au costume gris acier marchait tranquillement sur le trottoir, au milieu des passants, d'une démarche un peu raide. Il scrutait alentour, les bâtiments, les voitures, les gens, d'un regard froid, presque métallique. Personne ne faisait particulièrement attention à lui. Et pourtant...


- La translation ondulaire du droïde s'est parfaitement déroulée. Les êtres frustres peuplant cette planète semblent le prendre pour un des leurs. Nous avons donc bien réussi à reproduire leur apparence physique et leurs vêtements.
- Parfait ! La transmission de données est-elle satisfaisante ?
- Transmission parfaite : aucune défaillance de capteur à signaler. La mission "éclaireur" est un succès total.
- Tant mieux pour les habitants de cette planète : si tout continue de bien se passer, nous allons pouvoir les placer en phase d'observation pour quelques siècles avant colonisation éventuelle. Restez quand même prêts à actionner la procédure de destruction si le droïde venait à être démasqué.
- Ce sera fait si besoin est. Même si...
- Même si ?
- Même si je trouve cela un peu cruel. Ces êtres sont certes frustres et leur apparence est monstrueuse, certes, mais j'imagine qu'ils éprouvent certaines formes de sentiments, d'émotions, et les détruire uniquement parce que le droïde éclaireur est découvert me semble...
- ...semble entièrement normal et relève de la prudence la plus élémentaire ! Nous ne disposons pas encore de suffisamment d'informations pour connaître le degré de développement technologique de ces êtres. Qui sait si, sous des dehors frustres, ils ne possèdent pas de moyens techniques leur permettant d'attaquer notre galaxie s'ils venaient à en deviner l'existence ? Nous ne pouvons pas faire courir le moindre risque à notre civilisation : si le droïde est démasqué, nous devons instantanément vitrifier cette planète, que cela soit clair.
- Clair. Je respecterai la procédure.


Les yeux métalliques de l'homme au costume gris acier continuaient d'enregistrer des milliards d'informations et à les stocker dans les circuits internes, au plus profond de lui-même, dans ce que les humains alentours auraient appelé son ventre. Et sur sa face impavide et figée, on ne lisait aucune vie, que la froideur du métal sous une fine pellicule couleur chair.


- Alerte niveau 2 ! Un échauffement trop élevé est signalé dans les circuits internes ventraux du droïde. Le niveau de refroidissement par aération est insuffisant !
- Comment est-ce possible ?
- Je crains que les étoffes que nous avons tâché d'imiter pour vêtir le droïde ne soient trop peu perméables à l'atmosphère de cette planète et que la prise d'air ventrale ne peine à évacuer la chaleur... Température toujours en hausse ! Nous approchons de la limite autorisée, les circuits ne vont pas résister !
- Il n'y a pas des centaines de solutions : envoyez l'ordre au droïde d'aménager un passage pour l'atmosphère ambiante au travers de ses vêtements !


L'homme au costume gris acier obéit immédiatement à l'ordre qui lui venait de là-haut, à plusieurs milliers de kilomètres au-dessus de sa tête, permettant une meilleure aération de ses circuits internes. Puis il reprit sa marche raide et mécanique.


- Ouf, la température interne a chuté. Tous les relevés reviennent à la normale.
- Les habitants de cette planète viennent sans le savoir de l'échapper belle !


Quelques milliers de kilomètres plus bas, la main d'un vieillard tapotait l'épaule de l'homme au costume gris acier.
- Excusez-moi de vous déranger, Monsieur, mais je tenais à vous signaler que votre braguette est ouverte...

jeudi 28 septembre 2006

Saoul-FifreVinaï II

Ce soir j'ai pas plus d'idée de billet que de poils sous les bras et de valises sous les yeux le jour de ma naissance. Autant dire peu. Alors je vais foutre la frousse à Matthieu en vous racontant mon week-end dans un bled paumé de chez isolé. D'ailleurs la commune mitoyenne (mais il faut passer une frontière et changer de pays) s'appelle Isola, je n'invente rien. Isola, l'ami Georges a insisté pour nous y faire monter. On était dans un putain de brouillard, enfin, dans un brouillard, on y voit un peu mais là, on barbotait plutôt dans une soupe de pois cassés froide et Monsieur voulait en sortir par le haut, émerger du nuage, se la jouer Saint-Exupéry, le courrier meurt mais se rend à l'adresse indiquée... Résultat : trempés jusqu'aux os par le brouillard, t'as déjà vu ça ? On a rien vu. Sur un panneau touristique, il y avait un poème à la gloire de Fausto Copi. Il fallait se mettre à 10 cm pour le lire. À un moment, notre hôte, tout fier de nous faire visiter sa belle région d'origine, nous dit :

- Regardez le lac !

- Quel lac ?

Ha effectivement, en s'accroupissant, on pouvait entr'apercevoir qu'il y avait de l'eau juste à nos pieds. Heureusement qu'il nous a prévenu, on allait glisser dedans ! Ha la beauté surnaturelle d'un lac de montagne ourlé de sa brume diaphane... Bon, passons. Le retour en bagnole fut stressant. On ne savait pas si on était à droite ou à gauche de la route, mais on savait qu'elle était bordée de précipices. D'aucuns exprimaient avec force leur motivation à terminer les 30 bornes restantes à pied. Les phares d'un camion s'allumèrent brusquement droit devant. Il nous esquiva avec élégance sur notre droite. Nos repères spatiaux se précisaient : nous mordions légèrement beaucoup sur la voie adverse et le précipice était donc un poil supplémentaire à notre gauche puisque le camion n'était pas tombé dedans. Après ce bref instant de folie britannique, nous tînmes le plus possible notre droite. Nous dûmes guetter pendant 15 kilomètres "un chemin sur la gauche", pour aller rendre visite à un membre de la famille. Georges avait du mal à nous aider dans notre recherche car la dernière fois qu'il avait vu sa cousine remontait à 10 ans et il faisait nuit. Après être passé 3 fois devant, nous en primes un au hasard et il se trouva que c'était le bon. Le bon vrai gros bien dilaté trou du cul du monde. La ferme d'alpage estival du berger et de sa famille. La saison se terminait, d'ailleurs. Le troupeau de 200 vaches redescendait lundi dans la vallée pour prendre ses quartiers d'hiver, avant les premières neiges. Nous allions rater ce spectacle hallucinant que la cousine nous décrivait avec ses mots émouvants :

- Quand je leur accroche la cloche du retour, mes vaches, on dirait des personnes. Elles savent. Elles sont contentes de revenir au village...

Bien qu'avec ce brouillard opaque à la con, le spectacle eut été surtout olfactif et auditif ? Enfin, à un jour près, nous sommes passé à côté de cette déshumance bovine. Pour nous consoler, nous lui avons vidé son stock de fromages et de saucissons, à des tarifs carrément tiers-mondistes d'avant-guerre, et l'avons écouté nous raconter sa vie ici, dans un français lettré et sans accent. C'est une turbine branchée sur une canalisation forcée, alimentée par une source, qui leur fournit l'électricité qui fait trembloter la lumière de l'ampoule, tourner le compresseur du frigo et la machine à traire. Elle est la seule femme ici, à s'occuper de son mari, de toute l'équipe de bergers, de la fabrication des fromages, des cochons, de la vente aux touristes, et comme cela lui laisse visiblement un max de temps libre, elle fait gîte rural et reçoit des bandes de 10, 12 enfants citadins ! Farniente est un mot d'origine italienne.

Le matin également, avec les bancs de brume au fond des vallées, il fallait aiguiser son regard pour voir les cèpes pointer sous les feuilles. La température frisquette, en revanche, rendait la montée vers le fort, fort agréable. J'ai déjà parlé de la beauté de l'utile. La richesse végétale de ce vallon me comblait de ses fruits : châtaignes, noix, noisettes, les plus gros cynhorodons que j'ai jamais vu, et des champignons, bien sûr. Cerise sur le gâteau : nul insecte et son cortège d'agaceries car le coin regorgeait de belles amanites tue-mouches, dans leurs robes rouges à pois blancs.

Une éclaircie inattendue me permit de prendre quelques photos non sépias, et nous pique-niquâmes en tout bien tout honneur sous l'église dédiée à Santa Anna dont la spécialité est la protection rapprochée des gros bourrins à la vue basse et à la vitesse excessive. Efficacité corroborée et prouvée statistiquement par les 2 murs d'abside de l'église couverts d'ex-votos jusqu'au plafond. Le fait qu'on ressorte indemne d'un accident de vélo contre un arbre ne me subjugue pas vraiment, ça m'est arrivé plus d'une fois, mais cela montre simplement que toute l'aide que nous prodigue Santa-Anna n'est pas encore répertoriée de manière exhaustive.

En attendant les filles (comment venir en Italie sans prendre le temps de renouveler bottes et bottines de ce cuir inégalé ?) nous préparons les braises avec un fagot de mort-bois glané en faisant les champignons, faisons chauffer la fine lauze et y faisons griller diverses saucisses. Salades, gros rouge qui tache pour nous, Champagne pour les filles, puis petite sieste bien méritée, le tout en se repassant les jumelles pour regarder et entendre les marmottes s'amuser, siffler et se goinfrer avant de plonger dans leur long sommeil hibernal.

Le soir, après cette sombre et désastreuse virée au cœur du gigantesque cumulo-nimbus qui englobait tous les sommets des Alpes du Sud, nos guides agréés nous emmenèrent dans un resto tenu par 2 frères guides de chasse en montagne. Onze plats. Sans compter le café-Fernet-Branca de Georges, ni mon café-génépi. Avec une soupe d'un autre monde, des herbes de montagne, du cerf, des cèpes en papillotes, de la polenta avec des tas de viandes, de sauces, des fromages qui cherchaient à s'échapper, des gâteaux qui croulaient sous la crême...

Et pour faire glisser tout ça, des cascades de leur vin pétillant juste ce qu'il faut...

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 >