Blogborygmes

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samedi 18 juin 2016

FrançoiseParis l'été.

La ville somnole derrière des stores baissés tandis que sous les portes cochères s’étalent des lambeaux de fraîcheur. Je marche lentement, disponible. Chaque angle de rue est une image endormie. Ici, le petit restaurant italien où… avec qui… peu importe. Avec Toi.

L’enseigne d’entreprise, la rue Française, six étages à gravir après une nuit blanche, j’avais une jupe longue de velours noir et une blouse de dentelle, tenue du soir incongrue parmi les grues immobiles. Le trou des Halles tenait lieu de grand Canyon, Marco Ferreri y tournait un western. Et sous ma jupe, sur la peau de mes cuisses, ta main impérieuse remontait. Je riais en m’agrippant à la rampe : « Arrête, tu vas me faire tomber », mais j’étais tombée depuis longtemps. Dans tes bras, dans la spirale du désir...

Rue Montorgueil, errance de mes premiers pas parisiens, peurs, découvertes, émerveillement. Un frisson court le long de ma nuque tandis que je croise un balcon de fer forgé. Il a dû se passer quelque chose, là. Les lieux gardent en mémoire de lascives secondes que je prends en pleine poire. Jamais rien ne s’oublie.

Paris torpeur. Ici j’errais triste, il y a longtemps, devant un manège qui me rappelait ta façon de me faire tourner dans tes bras jusqu’à ce que j’en perde l’équilibre et le souffle. A vingt ans, on croit que la vie s’arrête quand cesse de tourner le manège, plus tard on sait qu’il repart. Le propriétaire du manège agite au-dessus des enfants une peluche, il faut en saisir la queue pour gagner un tour gratuit. Petite, j’étais experte à ce jeu là. Pour le prix d’un ticket, je faisais dix tours. Je criais : « J’suis forte pour attraper la queue ! » Ce talent là ne s’oublie pas…

Paris bistrot. Le skaï vert collait à mes fesses, je te le confiais à l’oreille, tu répondais « Il en a de la chance, le skaï », tandis qu’un maître d’hôtel au délicieux accent nous préparait d’étranges cocktails. Bord de Seine où j’ouvris ta chemise. Tu avais des yeux dorés, des tourments pleins la tête que je me faisais fort d’effacer, ma bouche a le pouvoir d’aspirer les pensées tristes. Ce jour là, nous sommes passés à deux doigts de l’outrage public à la pudeur.

Du bout de ces deux doigts, j’ai effleuré ton gland. Frisson électrique. Ce jour là nous avons frôlé l’électrocution. Palais-Royal si tendre et théâtre d’Orsay. Je me souviens avoir trinqué avec vous sur un vin du Poitou, je me souviens m’être noyée dans vos prunelles si vertes, si myopes, comme un étang glacé un matin d’hiver. Vous aviez la perfection d’un désir idéal, d’une attente éternelle…

Goût d’alcool dans la bouche, sourires, fous rires. D’une boîte à l’autre, d’une musique « caliente, caliente » à l’autre, nous testons toutes les couleurs du rhum, feuille verte du Mojito, soleil couchant du Sosua Mama, traîtrise laiteuse du punch coco, sensualité de la salsa, « Etes-vous content de me voir, ou est-ce votre trousseau de clés ? » C’est l’heure où l’on dit des bêtises, l’heure on l’on rit de tout.

Paris, l’été. Soleil sur les miroirs des tours du Front de Seine, lumière fragmentée. Paris, ville kaléidoscope, je secouerai tes immeubles, j’agiterai tes murs pour créer de nouveaux rêves. Paris, ville puzzle de ma mémoire, je t’éparpillerai dans les os de mon crâne, remue-méninges pour te reconstituer pièce à pièce, recommencer le jeu, te voler au temps et vivre en trois minutes les vibrations de quarante ans.



Je riais en m'agrippant à la rampe : "arrête tu vas me faire tomber" !

(Ch'tiot crobard Andiamo, pour Françoise)

lundi 13 juin 2016

AndiamoC'était quand ?

Je t'ai rencontré par hasard, su' l'pont des arts, c'était une petite journée d'hiver, une journée au petit vent aigre.

On s'est regardés, tu m'as embrassé, ton baiser était chaud, et me promettait une éternité.

Nous sommes partis le long des quais, bras dessous dessus ou dessus dessous... Je ne sais plus, qu'importe c'était ton bras. Notre Dame face à nous, sa façade blanche, et devant elle cette estrade... Incongrue, laide et déplacée, je ne l'ai pas remarquée il n'y avait que toi, toi, et ton léger parfum, toi, ton regard si profond qu'il m'a fait voyager...

Pourquoi ? Pourquoi vouloir prolonger l'éphémère ?

Je suis resté, seul... Je navigue arrêté, la magie c'est furtif, la magie ça tient à un rien, une étincelle, un mot, une place, un pont, ensuite... Plus rien.

C'était quand ? Il y a une heure, un jour, un mois, un siècle, c'était hier...



Le Pont des Arts, le premier, celui chanté par l'ami Georges.

(ch'tiots crobards Andiamo)

mercredi 8 juin 2016

AndiamoPapillonnons un peu...

Mon dernier billet était un peu... Comment dire ? Un peu dure à avaler, triste, déchiran an an an ant !

Les Mômans m'en ont voulu ! Si, si (pas l'Impératrice hein ?) je l'ai bien sentU dans les commentaires...

Alors afin de me faire pardonner, et de rameuter un peu la gent féminine, et masculine, je poste quelques ch'tiots crobards qui plairont je l'espère aux deux genres.

Lou parpaïoun.

Les deux premiers parpaïouns faisaient partie d'un mobile (on voit encore les trous servant à passer les fils de nylon) que j'avais fabriqué en contreplaqué très fin, pour ma p'tite fillotte, il y en avait d'autres bien sûr, et notamment une jolie libellule aux ailes de rhodoïd. Son frère avait eu droit à des très anciens modèles d'avions, Sopwith Camel, Piper J3, Gee-Bee etc..

Le dernier ch'tiot crobard ne faisait partie d'aucun mobile !!

(Ch'tiots crobards Andiamo)

vendredi 3 juin 2016

AndiamoBonne nuit.

Elle s'est approchée doucement, tout doucement du lit, puis elle s'est agenouillée, elle a pris la main chaude, si fine, si fragile, puis la posée sur sa joue, alors doucement, tout doucement elle a murmuré une histoire...

C'est une histoire qu'elle lui avait inventée il y a bien longtemps, lorsqu'il était encore petit, une histoire rassurante, comme aiment entendre les petits enfants...

C'est l'histoire d'un éléphant très gourmand, mais alors très très gourmand !

- C'est pas bien d'être gourmand...

- Non, c'est pas bien mon chéri, tu as raison.

- Alors cet éléphant mangeait tout ce qu'il trouvait à portée de trompe, les régimes de bananes, les grosses pastèques dans le jardin du voisin, les figues chez la voisine, il tendait sa trompe au maximum afin d'en cueillir le plus possible !

- Un jour cet éléphant très très gourmand leva les yeux au ciel, et vit passer de gros nuages blancs...

- Oh mais c'est de la barbe à papa pensa t-il aussitôt, ah si je pouvais les attraper, je me régalerais assurément !

Alors il se rendit à l'autre bout de l'île sur laquelle il vivait, là où trônait une immense montagne.

Soufflant, suant, il grimpa à grand' peine, et quand enfin il atteignit le sommet, il se mit en devoir d'aspirer tous les nuages !

Quel régal ! Il en aspira tant et tant qu'à la fin de la journée il se sentait tout léger, un dernier pour la route dit-il en aspirant encore un gros nuage moutonneux...

A peine l'avait il avalé qu'il se souleva dans les airs telle une Montgolfière...

- C'est quoi une Montgolfière ?

- C'est un gros ballon que l'on remplit d'ait chaud afin qu'il vole.

- Alors notre gros gourmand s'éleva dans les nuages, survolant plaines et rivières, il avait peur bien sûr en voyant son village tout petit, les habitants pas plus grands que des fourmis ! Jusqu'au moment où les nuages digérés, il retomba lentement sur le sol ! Mais sa peur avait été si grande, que plus jamais il ne mangea de nuages.

La dernière phrase à peine prononcée, Maxence s'est endormi.

- Christelle ! Viens te coucher, appelle son mari dans la chambre à côté, ça te fait mal, c'est tout, allez viens ma chérie... Et comme pour lui il murmure, laisse le reposer en paix.

Pour se rendre dans leur chambre, Christelle traverse un couloir, une porte à gauche, cette porte donne sur le garage...

Précautionneusement Christelle a poussé la porte, et actionné l'interrupteur, dans le coin, un tas de ferraille informe, deux roues tordues, les pneus crevés, sur ce qui reste du réservoir de ce qui fut une magnifique moto, pend en lettres chromées, ce qui reste de la prestigieuse marque : "WASAKI"

dimanche 29 mai 2016

AndiamoN'oubliez pas les Mamans.

Pour ceux qui ont toujours leur Maman, ne l'oubliez pas !!

Je n'oublie certes pas les jolies Mômans de ce blog, et même celles à venir !

Bises à toutes (vous pouvez me rendre le bisou hein) ?



.Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.
(Victor Hugo)

(ch'tiot crobard Andiamo)

jeudi 26 mai 2016

AndiamoC'est quoi t'est-ce qu'on m'raconte ?

C'est quoi t'est-ce qu'on m'raconte... Hein ?

Pour faire suite au magnifique bifton de la Princesse Blogbo, Françoise (oui je l'appelle Princesse), qui vante les mérites de la cambrousse "Blutchienne" (de sa race), vous ne pensiez tout de même pas que j'allais en rester là ?

Alors voilà : il suffit que quelques clampins passent quelques jours au cul des vaches, pour dénigrer mon village ! Ils reviennent de Boue-sur-Vase, ou de Bermagneulle-sur-Serpentine, et crac on dénigre le plus beau village du monde, oui du M O N D E .

Je cite :

- Ouais ça schmoutte violent dans les strass,

- - Le Parigot (tête de veau, même s'ils ne le disent pas ils le pensent très fort) il ne sourit jamais ! Et eux "ils" me sourient dans le métro ?... Jamais !

- Le Parisien toujours pressé, il court tout le temps. Ca me fait marrer, quand il m'arrive de traverser une cambrousse (je traverse seulement hein, je ne m'arrête pas) et que je suis au cul d'un tracteur bien pourri, avec les émanations de fuel "Arabie Saoudite 2014" un cru de grande qualité ! Y'a pas que le tracteur qui fume !

- Et pis les vaches ? Hein les vaches, quand elles sortent une tarte du four, ça fait pas les choses à moitié, et toi pour peu que le matin tu aies encore les yeux collés, la tasse de café à la main, tu avances dans le pré, histoire de faire comme tout le monde, de ne pas faire ton pisse froid, en étant bien faux derche, faire semblant d'apprécier la qualité des pesticides qui fleurent bon au petit matin... Et FLOC ! Te voilà enlisé jusqu'aux chevilles, tu as collé un riboui dans une compote d' épinards bien fraîche !

Tandis que dans mon village on a des champs mais oui, des champs, ça t'étonne hein ? Les Champs Elysées, le champ de Mars, notre Dame des Champs, la rue des petits champs,et même le Pré Saint Gervais, Saint Germain des prés, la rue du pré aux Clercs ..

Et surtout nous avons la station de métro "Bel-Air" sur la ligne "6" Etoile-Nation... Alors mon village c'est-y point la cambrousse Dedieu ? Et sans le crottin ni les bouses !...



Les touristes nombreux se pressent dans mon village, ici un touriste Teuton en visite sur les Champs Elysées.

samedi 21 mai 2016

FrançoiseUn symposium, des saints pause y a.

Amis commentateurs qui venez régulièrement abreuver vos neurones à la source de ce blog, sans doute n'imaginez-vous pas l'extrême organisation et structuration qui préside à son élaboration et vous imaginez-vous que seul dans son antre notre bon Andiamo écrit à la plume d'oie les billets qui vous ravissent.

Que nenni, Seigneurs et Seigneuresses ! Sachez que depuis quelques années déjà, pour entretenir la flamme, se tient annuellement un événement haut en couleurs, en sons, en saveurs et en odeurs, j'ai nommé « Le symposium Blogorygmique », Blogborythmique, voire Blogborimique.

Après l'Auvergne, le Midi où le sacrifice d'un cochon accompagna nos travaux d'agréables libations et digressions sur la meilleure façon d'accommoder icelui en respectant les normes d'hygiène de l'Union Européenne, l'Ile-de-France où furent composées des chansons à la gloire de ce blog et de ses membres émérites, le 4ème Symposium s'est déroulé ce week-end de Pentecôte en Bourgogne métissée de Suisse et en petit comité, mais les absents- sauf T.B- ayant présenté un certificat médical non falsifié furent non seulement excusés, mais regrettés.

L'ouverture du symposium, précédée de libations entre Blutch, Blutchette et Célestine dès le vendredi, fut officielle le samedi soir. Autour d'un curry de cochon- décidément !- dont les épices ravirent le nez des convives tandis que le gingembre et les graines de moutarde enflammaient leur palais, nous évoquâmes tous les sujets cruciaux : le rôle des mots dans l'élaboration de la pensée et de la pensée dans le choix des mots, les aléas de la météo, la surprise de voir une femelle de chat noire engendrer une chatonne rigoureusement blanche- j'évite d'écrire le mot « chatte » qui provoque immanquablement des ricanements masculins intempestifs- l'ineptie de nos gouvernants, l'influence de l'éducation, nationale ou pas, dans l'éradication ou la prolifération de la connerie et enfin l'impérieuse nécessité de chanter pour digérer et de boire pour se réhydrater après les chansons. Répertoire éclectique, de Brassens- largement prééminent- à Françoise Hardy, en passant par Moustaki, Nougaro, Antoine, Brel et bien d'autres, la soirée se termina à 2h du mat'.

Si vous n'arrivez pas à écouter le morceau,
vous pouvez le télécharger ici

Si vous n'arrivez pas à écouter le morceau,
vous pouvez le télécharger ici

Lendemain tout aussi culturel, avec flânerie au soleil du matin, puis déjeuner des restes de la veille, et enfin balade pédestre le long de la Loire qui est, comme chacun sait, le dernier fleuve sauvage d'Europe, autant dire un ami pour nos âmes libertaires. Blutchette eut ensuite l'excellente idée de visiter Bourbon-Lancy, belle cité médiévale avec son bredin (idiot du village qu'on prononce « beurrrdin ») à la fenêtre et petite ville thermale dont le Casino assure la prospérité : monuments bien entretenus, lac, espace de jeux et de verdure, merci les machines à sous ! Dîner de gala le dimanche autour d'une fondue suisse- beaucoup d'ail, des fromages Suisses de contrebande et du bicarbonate de soude en fin de cuisson la rendant à la fois exquise et digeste- fondue qui incita à une paresseuse soirée autour de la tablette de Célestine, à la recherche de musiques ou de sketches que chacun voulait faire découvrir aux autres, confortant la devise des blogbos : « Tout est blog, tout est beau, à condition que chacun en profite ». D'où ces quelques photos et échantillons musicaux.

Pour les absents : le symposium 2017 est prévu sur les berges d'un fleuve que s'il avait tété plusq au NOOOORD, on l'aurait appelé La Seine, mais bon les gens du Sud ont les fleuves qu'ils méritent !!

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