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vendredi 19 janvier 2018

BlutchLa tribune des 100 salopes, opus 1

(heu non car ça a déjà été utilisé pour 343 femmes dont l'Histoire a retenu l'exemplarité de leur engagement ).

Que je vous dise d’entrée que j’aime trop la Femme, la Liberté, l’Egalité et la Fraternité pour ne pas réagir lorsqu’une forme de bienpensance à la con les malmène et les enferme toutes les quatre sous prétexte de les protéger.

Il y a en France une culture de la victimisation des Femmes dont elles sont les premières victimes. Au lieu de pondre de kilomètres de lois stériles qui ne résoudront rien pour la tranquillité des femmes et qui va au mieux délinquantiser tous les mecs, l’Etat ferait mieux de sensibiliser tout un chacun au respect des autres. Si si, c’est possible avec des gens normaux. La seule inconnue étant de savoir si le Français moyen est un type normal…

Ce n’est pas respecter la Femme que de l’enfermer dans un rôle de victime potentielle. Pire, si elle se persuade d’être victime, elle fera, inconsciemment, tout pour l’être.

Donc, cette « Tribune des 100 salopes », on en parle beaucoup, mais bien peu l’on vue et pas grand monde pour la replacer dans son contexte.

Cette tribune, pour provocatrice qu’elle soit, répond à deux autres formes de provocations :

- Des lois, toujours des lois, encore des lois pour vouloir régenter les mœurs des gens. Mais surtout les asservir et les culpabiliser. Grand retour aux temps obscurs de l’Inquisition.

On criminalise maintenant le recours aux prostituées. Si c’est pour éradiquer le viol, c’est raté, ça irait même plutôt dans le sens contraire.

Il faut, semble-t-il, une loi pour pouvoir réprimer les « frotteurs » du métro ! Mais quelle loi pourrait faire la différence entre une bousculade de cohue et un geste délibéré ?

Où se situe la limite entre le geste accidentel et mal maitrisé qui fait frôler une croupe en mettant la main dans sa propre poche et balancer sciemment sa patte sur le baigneur de la dame ?

Comment décréter qui dit la vérité entre la version de la dame et celle du monsieur ? Ce sera donc obligatoirement la version de la dame qui sera retenue. Je ne vois guère d’autre solution que de faire des wagons hommes et des wagons femmes. Mais il faudra aussi des quais et des couloirs différenciés, et restera encore le problème des trottoirs…

Ou alors on apprend à vivre ensemble et se respecter.

Donc la logorrhée législative continue, mais il y a plus grave à mon sens. Et comme c’est le point de départ de tout ce sbrinz, et du coup de gueule des 100 femmes, commençons par « Balance ton porc ».

Première incohérence : pourquoi « TON » ?

« mon porc », « mon viol » ! « mon cancer » ! On ne peut guérir que des choses que l’on rejette, donc il faudrait parler de CE porc, CE viol, CE cancer.

"Balance ton porc" est l'illustration de la haine de certaines femmes envers la masculinité.

Les puissants de ce monde ont toujours abusé du droit de cuissage. Pas tellement pour leur satisfaction sexuelle, mais surtout pour imposer leur supériorité. Interrogé sur les raisons de l’affaire Lévinski, Clinton avait dit que c’était pour la plus mauvaise raison qu’il soit. Il avait imposé cette fellation parce qu’il était en position de pouvoir le faire.

Ce n’est pas parce qu’il existe des Weinstein, Polanski, DSK et consort, qu’il faut considérer que tous les hommes sont des prédateurs. Lorsqu’il y a un harcèlement… Là, une petite précision lexicale s’impose :

Le harcèlement est un enchaînement d'agissements hostiles répétés visant à affaiblir psychologiquement l'individu qui en est la victime.

Donc, disais-je, en cas de harcèlement, il y a des preuves et la loi permet de les réprimer. Que ce ne soit pas simple, c’est une autre question. De là à jeter en pâture dans les réseaux sociaux des types dont la faute est d’avoir fait à une dame une avance non-désirée, il y a un monde et ce monde nous amène au totalitarisme.

J’explique : Balance ton porc est une institution de délation du plus bas étage qu’il soit. Quoi que, à bien y réfléchir, y a-t-il une délation "haut de gamme" ?

Exemple :

Monsieur Machin, travaillant chez Truc a envoyé un dessin coquin à Madame X qui n’apprécie pas du tout. Avec un peu de bon sens, elle a la possibilité d’aller vers Machin et de lui dire de cesser ses envois, et qu’en cas de récidive, l’affaire prendra une autre tournure. Elle peut même demander à une collègue d’être présente. Il y a alors la voie hiérarchique et la plainte pénale comme voie possible. Dans tous les cas, Machin a alors la possibilité de s’excuser et de s’expliquer. On pourra alors peut-être découvrir que Machin est victime d’une machination pour lui nuire. Parce que finalement, si actuellement je veux la place de Machin, la voie la plus rapide est d’envoyer ce dessin coquin depuis l’ordi de Machin, en deux temps trois mouvements, sa place devient libre...cqfd.

Dans le cas de « Balance ton porc », Machin est nommément et publiquement stigmatisé, sans qu’il puisse se défendre. Ca fait un buzz, Truc n’a pas envie de voir le nom de sa boîte dans cette affaire et licencie Machin pour calmer le jeu. Il y a dans ce cas quelques points de droit qui me défrisent aux entournures, pour ne pas dire que ça me révulse :

1° En dénonçant publiquement Machin, Madame X se fait justice elle-même et c’est formellement interdit par la loi.

2° Machin est privé du droit de se défendre (qui fut pourtant accordé à Barbie, Papon et tous les terroristes ou prédateurs sexuels…)

3° Pour une faute bénigne dont il peut faire amende honorable, Machin n’a pas le droit à l’oubli ; sur le WEB et les réseaux sociaux ça n’existe pas.

4° Pour une peccadille, Machin perd son boulot.

5° Rendre public un délit avéré s’appelle de la diffamation et si la dame a inventé la chose, c’est de la calomnie. Deux délits réprimés par le code pénal.

6° En favorisant les 5 premiers points, « balance ton porc » s’en rend pleinement complice.

Sous prétexte de harcèlement, il y aura forcément nombre de règlements de comptes sans un quelconque rapport avec la sexualité. La liste est longue des frustrations qu’une femme peut éprouver :

Salaire inférieur aux collègues, une promotion qui n’arrive pas, vengeance d’une amante délaissée, etc.

Une femme frustrée peut être une sacrée garce. C’est même une spécialité féminine parce que garce n’a pas de masculin… 😊

Les choses peuvent d’ailleurs être très relatives, voir surprenantes… J’avais vu une cliente de la boîte où j’étais en apprentissage dénoncer un ouvrier parce qu’il lui avait manqué de respect.

En lui rapportant sa voiture après réparation, ce goujat ne fut pas sensible à son joli déshabillé et ne l’embarqua pas pour Cythère à la cosaque… Il lui avait donc manqué de considération. Chacun voit le savoir-vivre selon ses désirs… Heureusement pour l’ouvrier, la femme était bien connue des chefs de service qui avaient aussi bénéficié de son ouverture... d'esprit.

Des institutions de délation, on en a connu beaucoup et leurs organisateurs avaient des noms plus prestigieux que cette Sandra Muller qui trouve dans ce « Balance ton porc » plus de notoriété que par sa plume : Des noms ? Staline, Hitler, Mussolini, Franco, Pétain, Salazar, etc. Bref, Madame Muller est en bonne compagnie…

Du temps de la milice, il y avait une boîte à lettres pour les dénonciations, maintenant, il y a Twitter, Facebook et autres pissotières.

« Balance ton porc », c’est l’institutionnalisation des graffitis de chiottes.

Si au moyen-âge on mettait les délinquants au pilori, sur la place publique, ça se faisait APRES un jugement (dont on peut douter de l’impartialité, mais là, c’est pire car il n’y en a pas !).

Cette polémique sur les « gestes inappropriés » me rappelle un incident qu’un cousine avait vécu étant ado. Elle s’était retrouvée face à un exhibitionniste qui devait avoir trop pensé à Fernande. Au visu de la chose elle lui avait dit : « Vas te rhabiller gros cochon. » Il s’était enfui la queue entre les jambes (pourtant ma cousine ne s’appelle pas Lulu) et la cousine s’était bien foutue de sa gueule… Ce qu’une ado a pu faire, une adulte devrait aussi pouvoir le faire… Le grand perdant de l’histoire fut le psy dont ma cousine n’eut pas besoin.

Bref, « balance ton porc » est juste une outrance de plus pour faire passer des lois toujours plus liberticides. Puceau 1er va-t-il nous donner la liste des positions du Kama-Sutra qui seront encore autorisées dans l’hexagone ?

La pénalisation des clients de prostiputes va plonger ces dernières dans la clandestinité et des conditions de travail encore plus inhumaines et dégradantes. Elle met aussi d’autant plus en danger l’ensemble des femmes par une recrudescence des viols hors cadre familial.

Il est des études dont la France passe comme chat sur braise (j’ai failli écrire « sur baise ») : L’une d’elle démontre que plus les sociétés sont permissives en matière de sexualité et moins il y a de violences sexuelles. Le simple bon sens devrait dédiaboliser la sexualité, mais avec la bande de torturés du zigouigoui qui nous sert de caution morale, on n’est pas encore rendu dans un monde de bisounours…

- La Tribune des 100 femmes: Je ne suis pas certain que ça puisse intéresser grand monde, donc je ne ferai pas un billet là-dessus.

- Le cas Brigitte Lahaie: J'en ai parlé en commentaire, donc je n'y reviens pas dessus.

- La Lettre de Leïla Slimani: Cette magnifique lettre est consultable sur le commentaire de La Baladine, dans le billet précédent.

Il y a encore bien du boulot avant que le vœu de Leïla puisse se réaliser parce que dans cette société de compétition et de course au matérialisme engendrant des prédateurs de tous ordres, même si ça devrait couler de source, on ne peut pas éviter d'être prudent.

samedi 13 janvier 2018

AndiamoPatte croche.

Brassens l'a chanté la "patte croche" dans sa magnifique chanson "Entre la rue Didot, et la rue de Vanves".

Passait une belle Gretchen au carr'four du château

Entre la rue Didot et la rue de Vanves

Callypige à prétendre

Jouer les Vénus chez les Hottentots

Entre la rue de Vanves et la rue Didot

En signe d'irrespect je balance aussitôt

Entre la rue Didot et la rue de Vanves

En geste de revanche

Une patte croche au bas de son dos.

Ah bien sûr, entre porter la main sur les rotondités de la gent féminine, et leur sussurer un petit compliment, il y a un monde, un gouffre que je n'ai jamais franchi.

Michèle Morgan elle même z'et en personne, a déclaré un jour que le plus joli compliment qu'on lui avait adressé, était le petit et discret sifflement sur son passage, bien entendu pas le sifflet tonitruant du supporter de foot après la dixième canette de bibine ! Mais la légère modulation admirative.

Catherine Deneuve et quelques autres viennent de prendre le contrepied de "balance ton porc", pourquoi ? A l'évidence depuis l'affaire Weinstein, il y a un déchaînement médiatique sur ce genre de comportement ignoble, et c'est bien normal, il est inadmissible qu'un homme (ou une femme pourquoi pas ?) profite de sa position hiérarchique afin d'obtenir de son ou de sa subalterne une prestation sexuelle.

Je viens d'entendre et je n'en croyais pas mes oreilles, petites, jolies au demeurant, que Brigitte Lahaie la femme qui tire plus vite que son "hombre" a déclaré, je cite : "une femme peut jouir durant un viol" ! On croit rêver, dans les films pornos aux scenari sordides sans doute, mais dans l'horreur de la réalité j'en doute fortement.

Mais de là à condamner comme une agression le fait de porter une main à l'épaule, ou de faire un compliment à une Dame, je pense qu'il y a "abus".

Les anglo-saxons notamment les Américains se sont insurgés contre ce manifeste porté entre autres par Catherine Deneuve, alors que depuis une paire d'années il est autorisé aux femmes Newyorkaises de se promener torse nu dans les rues ! Et ce au nom de l'égalité des sexes : ce à quoi un homme a droit, une femme doit avoir droit également.

Personnellement je m'en fou, rappelons que ces mêmes Ricains il y a trois décennies étaient choqués par la mode seins nus sur nos plages, alors qu'en France il était parfaitement interdit à ces mêmes femmes de se promener en ville dans cette tenue.

Hypocrites les Américains ? Tiens donc... J'ai un copain qui lorsqu'il était encore en activité se rendait très souvent aux Etats Unis pour son boulot, Un jour alors qu'il résidait dans un hôtel, on le transfère dans une autre chambre pour une raison que j'ignore, le soir au moment de se coucher il se rend compte que son pyjama était resté dans la chambre qu'il occupait précédemment. Il compose sur le bigophone de l'hôtel le numéro de la dite chambre, et il tombe sur une Dame, il demande à cette brave Dame de bien vouloir vérifier si son pyjama se trouvait dans la salle de bains.

Quelques minutes plus tard c'est le préposé à l'accueil qui le rappelle en lui disant qu'une femme affolée venait de l'appeler car un Monsieur lui faisait des avances !!!

Bien sûr l'employé a rassuré la Dame, et lui a assuré que le Monsieur en question ne connaissait pas les usages américains, et que gna gna gna...

Je pense que n'importe quelle femme Française serait allée vérifier la présence ou non du dit pyjama, puis en cas de réponse positive aurait prié le personnel de l'hôtel de rapporter l'objet au propriétaire.

Enfin doit on toujours choisir les extrêmes ? Plus aucune paroles gentilles à l'égard des femmes, ainsi je n'appellerai plus Françoise "ma Princesse", et Célestine "belles châsses" ? Ne pouvons nous pas être modérés avant tout ? Le bon sens aurait il disparu ?

Tout ça pour dire que nous sommes peut-être en train de virer "Ricains", c'est à dire faux derches, et procéduriers, il faut bien que tout le monde bouffe... Même les avocats !

lundi 8 janvier 2018

AndiamoMonsieur Hergé.

Trente cinq ans bientôt que Monsieur Hergé nous a quitté...

Tintin, a bercé mon enfance... Ouais je sais c'était il y a fort longtemps, je vous entends d'ici mauvaises petites langues, il n'empêche que j'ai lu et relu tous les albums, je les connaissais par cœur et ce grâce à mon petit voisin Daniel.

Mes parents ne pouvaient pas nous offrir ces albums beaucoup trop chers, mais mon petit voisin, fils unique mais pas du tout dans la mentalité de l'enfant seul, me prêtait volontiers ses albums. Le soir en rentrant de l'école, goûter d'une main, quel goûter ? Une solide casse dalle fait d'un bon morceau de pain de deux livres, avec du chocolat ou une banane écrasée, voire du beurre étalé et saupoudré de sucre , vachetement bon !

Et là assis en tailleur sur le tapis du salon, je relisais pour la ènième fois, le crabe aux pinces d'or, et son Karaboudjan, ou bien les sept boules de cristal, et son cauchemardesque Rascar Kapak ! Boum! Quand vot'moteur fait Boum ! Chantaient les Dupont, Dupond, avant que n'explose leur moteur dans "Au pays de l'or noir" !

Quand j'ai eu la trentaine, j'ai acheté toute la collection des Tintin, avec en premier "Objectif Lune" et "On a marché sur la Lune" Waouh quelle aventure!

Mon préféré ? Sans doute Tintin au Thibet, qui raconte une formidable histoire d'amitié !

Une petite anecdote concernant Tintin : j'avais un copain dessinateur de son état, Pascal Massonnat pour ne pas le nommer, ce Pascal ayant eu besoin d'un album Tintin, sans doute afin d'illustrer l'un de ses propres albums (à l'époque il n'y avait pas internet), achète l'album.

C'est lui qui raconte : "j'ouvre le bouquin et aussitôt j'ai eu envie de manger une biscotte tartinée de confiture ! Comme lorsque rentrant de l'école avant de faire mes devoirs, je mangeais une ou plusieurs biscottes à la confiture, tout en relisant un Tintin" ! Sa petite madeleine en quelque sorte.

Je vous ai fait deux petits crobards, un modeste hommage au Monsieur qui a enchanté mon enfance.

(ch'tiots crobards Andiamo, pour Blogbo)

dimanche 31 décembre 2017

AndiamoComment j'ai vendu des appareils de massage.

J'ai des potes qui ont vendu des machines à laver, c'était dans les années 60, l'âge d'or de l'électroménager ! Vous n'imaginez pas tout ce qu'on pouvait fourguer à l'époque, il suffisait de frapper et on vous ouvrait ! Incroyable, comme dans les évangiles : "Frappe et on t'ouvrira".

Ces copains devaient d'abord faire une démonstration chez la ménagère, tant qu'ils vendaient des aspirateurs, c'était parfait, mais pour placer une machine à laver ! Il fallait être deux, et ça n'était pas trop, car il fallait monter la machine à laver dans l'appartement ! Se coltiner parfois 6 étages sans ascenseur, se brancher sur le robinet de l'évier pour l'arrivée d'eau, une canne en équilibre sur le bord du même évier pour l'écoulement, et ... En voiture Simone, c'était parti pour une bonne heure de lessive !

Ils en ont démerdé des slips douteux, des draps innomables, des soutifs craspouilles, puis repartis la lessive faite, sans avoir fourgué le lave linge censé apporter la sérénité dans les foyers prolétariens !

Et puis parfois le miracle, un bon de commande dûment paraphé ...

Votre serviteur, qui à une époque en a eu marre de pousser la lime, tourner ou fraiser de la ferraille qui ne lui avait rien fait, a décidé de changer radicalement de profession.

Suite à la lecture d'une petite annonce parue dans "Le Parisien libéré" publiée par un laboratoire (ils n'avaient pas peur des qualificatifs) , cette annonce disait vouloir recruter des "collaborateurs" afin de faire bénéficier les populations affligées de maux en tous genres, des bienfaits de la technique moderne, et de la recherche médicale... Amen !

Car il s'agissait de fourguer des appareils de massage par impulsions électriques, de basse tension of course. L'appareil se présentait sous la forme d'une mallette en simili cuir noire, avec dedans des petites plaques en zinc reliées par câbles électriques à la machine infernale. Au préalable on disposait ces plaques que l'on avait pris soin de gainer à l'aide de sortes d'éponges trempées dans de l'eau salée, afin d'obtenir une meilleure conductibilité, sur les zones à traiter , généralement pour de l' arthrose, arthrite, douleurs musculaires, etc...

Bien sûr l'engin disposait d'un potentiomètre afin de régler la fréquence des impulsions, rien de bien dangereux, cela procurait des massages assez doux, rien de violent .

Rencard pris pour une formation, enfin un baratin de trois plombes dans un local miteux du XVIII ème arrondissement, un mec assez jeune nous a expliqué à moi, et à trois ou quatre jeunes requins aux dents longues, l'art de pénétrer chez les gens sans y avoir été invités !

Facile kinoudilemonsieur, vous sonnez (ben tiens) on vous ouvre, et là les deux pieds sur le paillasson après avoir dit bonjour à la Dame ou au Monsieur, vous faites "le cheval" ...

Ah ah ! C'est quoi kiraconte Doyen ? Et bien voilà : faire le cheval, consiste à s'essuyer les pieds comme si vous alliez pénétrer dans l'appartement, et immanquablement (ou presque) la personne s'efface afin de vous laisser entrer !

Bon je ne sais pas si cette méthode fonctionnerait encore de nos jours !

Dès le lendemain me voilà parti sur les routes de ma chère banlieue nord, qui venait tout juste d'être baptisée neuf cube, en lieu et place du plus prestigieux 75 ! J'en ai sillonné des rues au volant de ma R8, j'en ai grimpé des étages, sapé façon Milord, chemise bleue, cravate, pardessus croisé, pompes noires. Jean-baskets que nenni ! La sape ça en jette quand tu veux inspirer confiance ! Et là croyez moi, je rentrais là où je voulais, une tronche qui inspire la sympathie ça ne s'explique pas.

Ce qui est toujours d'actualité dans le porte à porte, il faut d'abord se rencarder auprès de la bignole. :

- Bonjour Madame Bigoudi, les laboratoires Duchmol m'envoie afin de contacter une Dame qui habite cet immeuble, nous sommes bien au 12 de la rue Brise-miches ?

- Si fait, qu'elle répond la mère Bigoudi, toute jouasse à l'annonce qu'un laboratoire s'intéresse à son immeub' .

- Mais voilà Madame, j'ai oublié ma fiche... Suis je distrait ! Et je ne me souviens plus du nom de cette Dame, ce dont je suis sûr par contre, c'est qu'elle souffre d'arthrite.

- Ah mais c'est bien sûr (tiens voilà Bourrel) il s'agit de Madame Mouchabœuf, la pauv' elle peut plus arquer, c'est moi que je lui ramène ses commissions. C'est au troisième droite, et pis y'a pas d'ascenseur, hein ?

- Chère Madame vous me sauvez !

- Alors essuyez bien vos ribouis avant d'emprunter l'escalier, j'viens de l'faire reluir', et j'ai pas k'ça à fout' !

Et voilà l'turbin, restait plus qu'à monter les étages, tirer la bobinette, et attendre que la chevillette choit !

Alors j'y allais de mon petit baratin :

- Bonjour Madame Mouchabœuf ! (appeler les gens par leur nom, alors qu'ils ne te connaissent pas, ça impressionne), c'est gentil chez vous, les petits sur la photo ce sont vos enfants ?

- Non mes petits enfants !

- Déjà grand mère ? Incroyable ! Vous êtes une très jeune Mamie alors !

Voilà, les rassurer, leur donner le sourire, leur parler d'eux, de leur arthrite qui les fait souffrir, mais souffrir, et vous, avec dans la petite mallette, le remède à leurs maux...

- Mais combien ça coûte ?

- Allons Madame Mouchabœuf, je vais d'abord vous démontrer les bienfaits que cet appareil peut vous apporter, où sévit cette méchante arthrite ?

- Là dans l'épaule droite Docteur...

- Ah non Madame, je ne suis pas médecin, pas du tout, ne m'appelez pas Docteur !

La Dame baissait la manche de sa robe et je lui appliquais les électrodes, une séance de 10 minutes pas plus.

- Vous sentez le massage doux et bienfaisant Madame ?

- Oh oui, je sens déjà que ça me fait du bien.

Passées les dix minutes j'arrêtais la machine. Et là commençait la partie la moins facile pour moi : la vente ! C'était tout de même un appareil un peu cher, j'avais beau argumenter que le prix de l'appareil représentait le montant d'un paquet de gitanes par jour, durant X mois (je ne me souviens plus du prix, il y a si longtemps) Forcément on touchait une clientèle assez démunie, et c'était très difficile. J'en ai vendu un seulement, en un peu plus d'un mois ! Je ne sais pas si ça a suffit à couvrir mes frais d'essence, alors j'ai arrêté, et je me suis lancé dans l'assurance vie, sympa l'assurance vie, mais je n'ai pas fait un rond !

Point d'histoires salaces, j'en vois qui sont déçus ! Ils s'attendaient à des histoires de mec qui se retrouve dans la penderie à poil, biscotte l'arrivée impromptue du mari, catcheur à ses moments perdus salle Wagram !

J'avais 25 ou 26 ans, les Dames que je visitais avaient dépassé largement l'âge de ma mère, tout est relatif disait ce cher Albert, aujourd'hui je les trouverais bien jeunettes !

Bon la prochaine fois je vous raconterai comment j'ai vendu des enclumes à la sauvette, à la sortie du métro de la porte de Pantin.

Nous sommes le 31, je vous souhaite à toutes et tous un joyeux réveillon, et une bonne année.

mardi 26 décembre 2017

BlutchLa Petite Elfe

Merde alors, ça aurait du être Noël et ce n'est pas spécialement un conte très adapté pour ce jour-là, alors je laisse un jour de plus au billet de Célestoche et ça augmentera ainsi sa fréquentation de la rédaction...:-). Mais attention, le thon (au mère cure) va changer, ce qui vous indiquera que je sais aussi faire autres choses que de déconner.

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mercredi 20 décembre 2017

celestineLa fente de timidité

Sommée, enfin non, disons pressentie, par notre cher doyen, de bien vouloir bouger mon auguste fion, afin que de commettre un bifton sur cette non moins auguste plate-forme à haute teneur intellectuelle, que le monde entier et ses environs nous envient avec des regards cupides et néanmoins jaloux, je ne puis qu’obtempérer à une requête exprimée de façon si élégante et spontanée par le susdit.

Me voilà donc dans l’obligation morale de trouver dard-dard un sujet de thèse, vaguement inquiète d’être obligée d’y passer la nuit, quand vlatipa qu’à force de traîner mes guêtres dans les bas-fonds mal famés du darknet, ledit sujet m’est tombé tout droit dessus telle la misère médiévale sur le clergé de la basse Lorraine, au temps de la grande famine, clergé qui comme chacun sait, n’avait plus, à cette époque-là, une seule quiche au lard à se mettre sous le chicot noir et branlant.

Ah ! Quelle félicité que cet heureux et opportun hasard qui m’a fait connaître un phénomène absolument prodigieux et totalement inconnu du quidam moyen (si tant est que l’expression ne soit pas pléonastique (Pléon qui est, comme, vous le savez le frère de Gymn et le cousin de Schol.)) Un phénomène dont je me demande comment il a pu échapper à ma légendaire sargassité d’anguille en bout de course ?

Mais de quoi parle-t-elle, vous direz-vous sans doute, en pratiquant pour cela une salutaire inversion du sujet et du verbe, comme il est de bon thon chez les sardines... Et pourquoi autant de circonvolutions oratoires et de contours sémantiques à consonances maritimes et piscicoles ? Au fait, allons, au fait !

Alors voilà. Foin du suspense insupportable, qui risque de finir par vous donner des poussées d’urticaire géant, selon le bon principe qu’il ne faut jamais abuser de la patience de ses lecteurs favoris, sous peine de réactions cutanées totalement anarchiques.

Je vais donc vous parler d’un fait scientifique avéré concernant nos amis les arbres, et que l’on appelle « la fente de timidité ».

Je vois d’ici s’allumer dans vos yeux égrillards et passablement lubriques une lueur lascive et concupiscente à l’idée que je puisse évoquer en toute impunité un truc vaguement sexuel.

Eh bien non. Au risque d’essuyer votre déception presque palpable dans l’atmosphère moite et chaude de ce blog, la réponse est non. Enfin, pas vraiment. Attendez que je vous explique.

Prenez donc deux ou trois arbres lambda poussant tranquillou bilou dans leur forêt de Gastine, les uns à côté des autres comme de juste. Le profane ne verra que des arbres poussant les uns à côté des autres comme de juste. Mais un œil aigu et avisé remarquera, en observant la ramure desdits arbres en contre-plongée, que les feuilles des uns respectent une sorte d’espace vide afin de ne pas toucher les feuilles des autres, que les professeurs Nimbus de la botanique appellent poétiquement « la fente de timidité ».

Chacun garde en quelque sorte son quant-à-soi. Son cercle vital, par une espèce de pudeur toute arbustive (pudeur qui est, je vous le rappelle, tout le contraire de l’escartefiguerie).

-Dites donc, vous ! bas les feuilles, malappris ! Nous n’avons pas gardé les écureuils ensemble, que je sache, alors prenez vos distances !

-Oh, désolé, je ne voulais pas vous causer de mélèze !

La fente de timidité, non mais, c’est-y pas émouvant ? Et d’une mignonnitude absolument fondante, de la part de ces grands échalas, chênes, érables, frênes centenaires, pudiques comme des pensionnaires du couvent des oiseaux.

Ah…la nature ne cessera jamais de m’étonner.

Et vous, sauf votre respect, ça vous la coupe aussi, ce truc, non ?

vendredi 15 décembre 2017

AndiamoTourner les pages.

Castelniquon, féodal château qui se dresse fièrement sur son piton rocheux, dominant la campagne Périgourdine.

Le seigneur Acelin de Castelniquon preux chevalier , qui eût l'honneur de participer à la quatrième croisade , en l'an de grâce 1202, et ne revînt que deux années plus tard. Le Pape Innocent III avait ordonné cette croisade afin de reprendre le Saint sépulcre tombé aux mains des impies... Des Musulmans ! Elle fut placée sous le commandement de Boniface de Montserrat, Baudoin de Flandre, sans oublier Geoffroy de Villehardouin. (merci wiki... etc)

Une fois Acelin avait aperçu le noble visage de Boniface de Montserrat, son âme en avait été transfigurée, d'autant que la rencontre s'était faite alors que le Seigneur Boniface besognait allègrement une robuste gardeuse d'oies, Acelin n'avait eu à ce jour nulle pensée lubrique d'aucune sorte, cela avait été une révélation, ni plus ni moins.

Rentré en son domaine, le jeune Acelin de Castelniquon se mit en devoir de quérir noble et légitime épouse, il rentra aux vendanges, aux moissons ce fut chose faite.

Le chapelain unit le seigneur de Castelniquon et la douce Mahaut , fille du Seigneur de la Troussette son lointain cousin. ( ouais ben ça s'faisait beaucoup à l'époque... Hein ? )

Dès la nuit des épousailles le Seigneur se rendit compte que la douce Mahaut n'était plus encombrée par sa capsule de garantie, une luronne cette Mahaut, qui en moins de temps qu'il en faut à un tire-laine pour te goupiller la bourse, lui avait appris en une seule nuit, le joyeux laboureur et son araire diabolique, le curage des douves, les machicoulis magiques, et le pont levis Teuton !

Flapi, retourné comme une vieille poulaine, le pourpoint en loques, Castelniquon n'avait point fière allure dès matines. De ces assauts sauvages naquirent deux beaux marmots... Des jumeaux, une Damoiselle, un Damoiseau, La Damoiselle fut prénommée Gersinde (vous marrez pas) et le Damoiseau Hildebran (repos vous pouvez fumer).

Ils grandirent, le chapelain s'occupait de les instruire, leur apprenant l'écriture, le latin et le grec, quelques saints cantiques, et autres prières. Puis vînt l'adolescence, hormones, testostérone, et poussée d'acné commencèrent à les tourmenter.

Un beau jour de Printemps, le chapelain tout estransiné fit irruption dans la grande salle dans laquelle Messire Acelin, et sa juste épouse Mahaut se reposaient

- Messire, Messire, le chapelain tout estransiné fit irruption dans la grande salle dans laquelle Messire Acelin, et sa juste épouse Mahaut se reposaient.

- Parle chapelain, ordonna le Seigneur.

- Ah Messire je suis en grande confusion, je viens de surprendre le jeune Hildebran votre fils, louchant sous la jupaille retroussée de sa sœur Gersinde !

- Ne te trouble point chapelain, ordonne à mes enfants de venir céans ! Il est temps qu'on les instruise des choses de la vie.

- Certes sire .

Gersinde et Hildebran se tiennent droit, la tête légèrement inclinée en signe de respect devant leurs parents.

- Ma descendance oyez moi attentivement et prestement, nous avons à notre dépendance des pages qui sont là afin de satisfaire nos besoins coutumiers. Vous ma fille afin de parfaire votre instruction, vous irez de page en page, et vous mon fils, vous tournerez les pages !

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