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lundi 30 octobre 2006

ManouInitial





J’entends le bruit du vent gagner du terrain sur l’enfant

Je sens le temps

J’attends


Que tu grandisses

Et te frottes à la vie

Car j’aimerais t’apprendre

A ne jamais baisser les bras

Malgré les bas

dimanche 29 octobre 2006

Tant-BourrinMa petite méprise...

J'ai entendu tout à l'heure une publicité sur une radio dite périphérique, comme on disait au siècle dernier. Bien fait pour ma gueule, me rétorquerez-vous, je n'ai qu'à ne jamais laisser traîner l'aiguille de mon poste à galène du côté de ces fréquences-là. Pas faux. Mais ce n'est pas le sujet.

Cette pub, disais-je donc, est une publicité à destination des PMI pour un établissement bancaire. Et, l'inventivité des publicitaires étant ce qu'elle est, c'est-à-dire un marais stagnant aux remugles souvent nauséabonds, le spot était illustré par les deux premiers vers de la chanson de Bashung "ma petite entreprise". Un morceau qu'on nous ressort par ailleurs ad nauseam à toutes les sauces dès qu'il s'agit de parler des PME/PMI, tant dans la pub que dans le domaine de l'info, les journalistes TV étant pourvus d'autant d'originalité décoiffante que les publicitaires.

Ouais, super ! Bashung, chantre de l'esprit d'entreprise, ça le fait !

A part que non.

Parce qu'après les deux premiers vers de la chanson, il y en a d'autres. Et quand on sait lire entre les lignes, on comprend vite que la petite entreprise qu'évoque Bashung... hem... ne concerne pas vraiment le monde du travail !

     (...)
     Et mes doigts de palper
     Palper là cet épiderme
     Qui fait que je me dresse
     (...)

Bashung est d'ailleurs très clair à ce sujet dans une interview données à RFI : "Pour le mec de la chanson, la dernière entreprise qui peut exister, c'est son amour pour cette femme. Il vit son amour comme un mec qui pointe, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, il travaille dans cette entreprise amoureuse, il va se plaindre d'avoir des vacances parce qu'alors il ne peut pas aimer".

Evidemment, la chose était trop subtile pour être perçue par des publicitaires à l'esprit bovin pour qui, hors le premier degré, point de salut.




Un autre cas de malentendu intéressant : la chanson "born in the USA" de Bruce Springsteen. Perçue unanimement comme un hymne à l'Amérique triomphante, aux US über alles. Vous êtes-vous déjà penchés sur les paroles ? Non ? Eh bien, allons-y, alors (traduction approximative)...

     Né dans un bled paumé
     J'ai pris mon premier coup quand j'ai heurté le sol
     Tu finis comme un chien qui a été trop battu
     A passer la moitié de ta vie à te planquer

     Né aux USA
     Je suis né aux USA
     Je suis né aux USA
     Né aux USA

     Après m'être fait choper dans une rixe dans mon bled
     Ils m'ont collé un fusil dans les mains
     Et ils m'ont envoyé dans un pays lointain
     Pour aller tuer des jaunes

     Né aux USA
     Je suis né aux USA
     Je suis né aux USA
     Je suis né aux USA
     Né aux USA

     De retour chez moi, à la raffinerie,
     Le chef du personnel m'a dit "Fiston, si ça dépendait que de moi..."
     Je suis allé voir le responsable des vétérans
     Il m'a dit "fiston, tu ne comprends donc pas ?"

     J'avais un frère à Khe Sahn qui combattait les Viet Cong
     Ils sont encore là, lui a disparu
     Il aimait une femme à Saigon
     J'ai une photo de lui dans ses bras

     A l'ombre du pénitencier
     Près des torchères de la raffinerie
     Ça fait dix ans que je rôde sur la route
     Nulle part où fuir, nulle part où aller

     Né aux USA
     Je suis né aux USA
     Né aux USA
     Je suis un vieux ringard aux USA

     Né aux USA
     Né aux USA
     Né aux USA
     Je suis un vieux qui s'en balance aux USA

Voilà, les choses sont claires : il n'est pas question ici de chanson clamant la fierté d'être Américain, il s'agit au contraire d'un portrait au vitriol d'une Amérique qui envoie ses gamins au casse-pipe et les accueille ensuite en parias (il faut dire que le Viet-Nam était la première guerre jamais perdues par les USA).

Une méprise liée aux trois seuls mots du refrain captés par les non-anglophones.

Une méprise tellement forte que Ronald Reagan voulut utiliser la chanson comme hymne de campagne en 1984, au grand dam de Springsteen qui s'y opposa immédiatement.

Comme quoi, même certains anglophones n'y ont rien entravé !




Allez, une dernière méprise, très connue : "le temps des cerises", chanson dans laquelle beaucoup voient une vibrante oeuvre militante.

Sauf que non.

Le texte de la chanson a été écrit en 1864 par Jean-Baptiste Clément, qui vivotait chichement en essayant de placer ses créations, et a été mis en musique plus tard par Antoine Renard en échange d'une pelisse (c'est dire si le show-business a évolué depuis !). La chanson a alors connu un joli petit succès qui a fait qu'elle sera chantée sur les barricades pendant la Commune, sept ans plus tard. Chantée simplement parce que c'est un air populaire qui plaît, rien de plus, tout comme "la Madelon" sera chantée par les Poilus de 14-18.

En fait, la chanson n'est rien d'autre qu'une gentille bluette innocente, il suffit d'en lire les paroles...

     Quand nous en serons au temps des cerises
     Et gai rossignol et merle moqueur
     Seront tous en fête
     Les belles auront la folie en tête
     Et les amoureux du soleil au coeur
     Quand nous chanterons le temps des cerises
     Sifflera bien mieux le merle moqueur

     Mais il est bien court le temps des cerises
     Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
     Des pendants d'oreilles
     Cerises d'amour aux robes pareilles
     Tombant sous la feuille en gouttes de sang
     Mais il est bien court le temps des cerises
     Pendants de corail qu'on cueille en rêvant

     Quand vous en serez au temps des cerises
     Si vous avez peur des chagrins d'amour
     Évitez les belles
     Moi qui ne crains pas les peines cruelles
     Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
     Quand vous en serez au temps des cerises
     Vous aurez aussi des chagrins d'amour

     J'aimerai toujours le temps des cerises
     C'est de ce temps-là que je garde au coeur
     Une plaie ouverte
     Et Dame Fortune, en m'étant offerte
     Ne saura jamais calmer ma douleur
     J'aimerai toujours le temps des cerises
     Et le souvenir que je garde au coeur

Ce n'est qu'après la Commune que certains exégètes se mirent à voir dans ces paroles un hommage vibrant au désespoir des combattants, en se référant notamment aux "gouttes de sang" du second couplet. Thèse renforcée par le fait que Jean-Baptiste Clément, de retour d'exil, dédia sa chanson à une infirmière morte pendant la Commune.

Mais, qu'on le veuille ou non, la chanson a été écrite AVANT les événements sanglants de 1871.

Il n'en demeure pas point que c'est une belle chanson et une belle légende à laquelle j'en envie de continuer à croire malgré tout.




Voilà, c'est tout pour ce coup-ci. La prochaine fois, je vous montrerai que "j'ai besoin d'amour", la chanson de Lorie, cache en fait une violente diatribe antilibérale et altermondialiste. En attendant, brossez-vous les dents et au dodo !

samedi 28 octobre 2006

ManouBlues




Il se contrôle lui-même

Il part et il arrive à l’heure

Envers et contre tout, il fait son job

Réfléchir c’est désobéir, dit-il

Lasse, je lui réponds « mentir c’est quelquefois survivre »


Entre l’individuel et le commun

Entre la poire et le fromage

J’avais souvent du mal à comprendre ma place


En désintox du couple infernal boulot/micro, je ne répondrai à vos coms qu'à partir de jeudi.

vendredi 27 octobre 2006

Tant-BourrinRave chaude

Vu que le Souf' et la Manou se sont déjà livrés tous deux à l'exercice (et avec quel talent !), j'ai pleutrement décidé de transmettre le bâton merdouilleux à mon ancêtre, le Chevalier Hippobert Canasson de Tant-Bourrin, dont vous avez pu suivre les aventures sur ce blog (lecture des chapitres I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX et X conseillée - Test de connaissances optionnel).

Vas-y arrière-arrière-arrière-grand-papy, c'est à toi...

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jeudi 26 octobre 2006

ManouLa joueuse de go (Shan sa)

Un extrait de « la joueuse de go ». L’auteur, San Sha, est une chinoise venue s’installer en France en 1990. Elle écrit ce livre en français. Des phrases courtes. Un style particulièrement imagé.

« Au fur et à mesure que je découvre le corps de Min, centimètre par centimètre, il devient une terre infinie. Je l’explore, j’écoute le soupir de sa peau, je lis la carte de ses veines. Nous inventons des jeux subtils. Avec le bout de ma langue, je dessine des caractères sur sa poitrine pour qu’il les devine. J’offre mon ventre à sa bouche, mon sein à son front. Min rampe sur moi en position de prière, à chaque mouvement, il doit réciter un poème. Ses cheveux me chatouillent et me font rire. Pour me punir de ma moquerie, il entre brusquement en moi. C’est le monde qui se déchire. Ma vue se trouble, mes oreilles bourdonnent. J’enfonce mes doigts dans mes cheveux, je mords le coin du drap. Les yeux fermés, j’entrevois dans les ténèbres les couleurs vives d’immenses drapeaux qu’on agite. Des contours se forment et se déforment, des êtres surgissent et s’évanouissent. Je vais mourir. Soudain j’ai l’impression d’être double. Une partie de moi-même me quitte et flotte en l’air. Elle me contemple, m’écoute gémir, râler. Puis en s’élevant, elle disparaît vers une hauteur inconnue, oiseau franchissant le col d’une montagne. Je ne l’aperçois plus. »

Tout le livre n'est pas aussi voluptueux puisqu'en toile de fond est décrite l'invasion de la Mandchourie par le Japon. L'héroïne principale s'échappe de sa famille rigide par le jeu de go. Lors de ces parties en plein air elle rencontrera un espion japonais.

mercredi 25 octobre 2006

Tant-BourrinGerbe d'or

Avez-vous apprécié ce repas dispendieux
Mais divin, chère amie ? Ce petit vin d'Alsace,
Tous ces mets délicats et ces desserts, tudieu !
Mais qu'avez-vous, chérie, pourquoi cette grimace ?
Vous n'allez tout de même pas gerber, ô mon Dieu,
Ce repas hors de prix tout droit sur mes godasses ?



Moralité :
Z'allez pas vomir ça là, là, là, là, là ?
Z'allez pas vomir ça là, là, là, là, là ?
Z'allez pas vomir ça là, là, là, là, là ?




Tout en délicatesse, isn't it ?

mardi 24 octobre 2006

Saoul-FifreChassez, mais sans glier, SVP ?

J'étais avachi sur le siège de mon tracteur et je regardais un documentaire interactif sur les labours d'Automne dans la France profonde. Ou l'inverse, je ne sais plus. Impressionnantes, ces nouvelles techniques 3D, on s'y croirait ! L'odeur du gas-oil, les vibrations du gros diésel soviétique, les flash-backs au bout de chaque raie de charrue... Putain, même les hirondelles qui profitaient du remue-ménage que je causais au biotope pour se gaver de moucherons. Tout y était, de la belle ouvrage, comme dans la vraie vie. Il ne manquait que des cubes de lard enveloppés dans des papiers-chocolat multicolores et un grand verre de lait de mâle kangourou (Pascal n'est pas là, j'emprunte son créneau sans façons) pour que mon bonheur soit complet. D'un autre côté, je ne prends jamais l'apéro tout en conduisant le tracteur.

On était peut-être vraiment dans la vraie vie, finalement ?

Une famille de sangliers traversa le champ juste sous mon nez. Subjugué, je mis au point mort (pour mettre en pause la Playstation, appuyer sur "Start", je sais c'est débile, et pour éteindre votre PC, aller dans le menu "démarrer"). Ça galopait ferme, comme si leur vie en dépendait. Leur vie en dépendait : je venais de voir une voiture de chasseurs se garer un peu plus loin, peu auparavant. La mère obliqua sur la gauche, suivie de ses 7 petits, déjà bien grandelets. Ils ne portaient pas la "livrée", cette fourrure rayée que les marcassins perdent avant la fin de leur première année. De toute façon, ça ne voulait rien dire, ceux-là étaient des croisés, des hybrides, des "cochongliers" ou des "sanglochons" : une laie sanglier pure ne fait pas plus de 3 ou 4 petits. Et les marcassins croisés n'ont pas de rayures. Et ne portent pas non plus de mocassins de marque, ce qui aurait pu expliquer leur nom, mais il va nous falloir chercher l'étymologie autre part. Les 3 accompagnants bifurquèrent vers la droite, dans un petit bois, pour semer les chiens, mais le 3 ième fila encore dans une autre direction. Les accompagnants sont des adultes, mâles ou femelles, qui s'intègrent à une harde par peur de la solitude. Une sœur de la mère qui n'a pas été prise cette année, un jeune mâle de l'année dernière, le père, des fois, s'il promet d'être sage et de ne pas emmerder les femelles... La stratégie du groupe semble être de ne pas mettre tous leurs gênes dans le même piège. Chacun pour soi, et les survivants se retrouvent où vous savez.

Les chasseurs arrivent dans le bosquet, sur les traces de leurs klébards. Un coup de feu claque. Je rentre instinctivement la tête dans les épaules. L'histoire des Panou-panous me revient en mémoire. C'est marrant, à cet instant précis, elle ne me fait plus rire du tout. Les mecs exultent, ou insultent leurs chiens, ou les exhortent, je comprends pas trop leurs beuglements approximatifs. Un jeune déboule du couvert à toute allure, l'air de vouloir battre son propre record de 100 m départ élancé. Il a dû voir son pôte s'avaler une bastos, mais n'est pas du tout, mais alors pas du tout jaloux de ne pas avoir été associé à la distribution de friandises. Il tricote des jambons et trace aussi vite qu'il peut vers un abri de chênes kermès un peu plus loin. Les chasseurs ne l'ont certainement pas vu, mais le problème, c'est les chiens. C'est pas des chiens de coussin à leur mémère ! Ils ont l'aboiement caractéristique des chiens à sangliers sélectionnés pour leur courage. Ils sont pas prêts de leur lâcher la grappe. Et tel chien, tel maître. Je les ai reconnus : ce sont mes voisins viandards, ils ne lâchent le morceau que tué, mariné, cuisiné, digéré !

Je les vois se consulter près de la bagnole quand tout à coup, ils appellent les klebs et se mettent à courir. Ils ont dû en repérer un qui s'enfuyait. Le fusil pète un bon coup, l'odeur devait être meurtrière car ils remontent en se transbahutant à deux un cadavre. J'ai fini de disquer mon morceau et en partant, je passe près d'eux :

- Alors, ça fait boum ?

- On en a fait deux, l'autre on l'a blessé, il est quelque part dans la baragne...

- Ça tombe impec : on est trois, ça nous en fera un chacun ?

Ils se détournent, l'air sombre, et foncent dans les ronces. 'tain, ceux-là, pour leur arracher un sourire, il faut le leur sculpter au rasoir ? Je sens que je gène, je ne m'attarde pas...

Le soir à table, mon fils aîné nous raconte qu'il a vu un sanglier mort dans un fossé au bord de la route.

- Quoi ? Où ça ? C'était pas dans le virage de Fenière ?

- Ben ouais... Pourquoi ?

- Je sais lequel c'était ! C'est celui que les autres nuls des Grandes Bories ils ont blessé ! Qu'est-ce que t'as fait ?

- Ben j'ai fait demi-tour au prochain rond-point et quand je suis arrivé, y avait des mecs en fourgon avec les warnings, qui le chargeaient, le sanglier.

- Mais t'es vraiment le roi des mous ! Tu vois un sanglier mort, tu piles, tu le charges, tu me l'amènes, on le dépèce, et on le met au congèle, bordel ! Me refais pas 2 fois ce coup là, hein q:^) ?

- Enfin, c'est toujours les 2 autres charognards qui l'auront pas eu...

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