Blogborygmes

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mercredi 11 mai 2011

Tant-BourrinEst-ce bien assez sonnet ?

Comme un verrat crasseux affalé dans la fange
Ou le Souf' alangui après un bon litron,
Un zeste malheureux sur le presse-citron,
La crotte molle au cul du bébé que l'on change,

Comme un bout de chiffon plein d'huile de vidange
Dont la forme équivoque est celle d'un étron,
Comme une grosse tache au milieu du plastron,
Comme un prurit anal douloureux qui démange,

Comme un slibard douteux traînant sur le parquet,
Un rugbyman K.O. après un gros taquet,
Comme un tube usagé d'aspirine du Rhône,

Comme des poils frisés au fond du lavabo
Ou le débandement des membres de Blogbo,
Ci-gisent sous ces vers mes ultimes neurones.

mercredi 4 mai 2011

AndiamoZouzou Pontiac (une enquête de Chauguise)

Il fait beau ce matin, Chauguise a horreur des vacances forcées, aussi prend-il ses trois semaines de congés comme ça lui chante, au gré de sa fantaisie.

Ainsi, en ce joli matin du mois d’août 1952, il se rend au 36 quai des orfèvres à pied depuis la station Châtelet. Il aime bien finir cette partie du chemin en flânant, il écoute et regarde la rue, il adore.

Ce matin, les crieurs de journaux ont un « gros morceau » : l’affaire Dominici.

Il y a deux jours, dans la nuit du 4 au 5, toute une famille d’Anglais : le père, la mère et leur fillette âgée de 7 ans ont été assassinés d’une façon horrible… La petite Elisabeth tuée à coups de crosse de fusil ! Principal accusé : Gaston Dominici, 75 ans, patriarche de la grand’terre, c’est ainsi que l’on nomme le domaine qu’il exploite à Lurs, commune des Basses Alpes (le département s’appelle maintenant Alpes de Haute Provence… Ça ne l’a pas relevé pour autant) !

Chauguise a acheté le Parisien (libéré) au jeune crieur qui se trouve à l’angle de la rue Saint-Denis et du quai de la Mégisserie, puis, tout en parcourant distraitement la « une », il est entré dans la cour pavée du 36.

Crafougnard son jeune adjoint, l’attend.

- Bonjour patron ! On vient de recevoir un coup de téléph…

Chauguise ne le laisse pas terminer sa phrase.

- Mouais, minute ! Laisse-moi l’temps de me poser, j’vois pas d’fumée, il ne doit pas y avoir le rife !

- Ben si… Justement, il n’y a peut-être pas le feu, mais un cadavre tout chaud, aux studios « ECLAIR » d’Epinay sur Seine !

- Epinay ? Mais Juliette y fait actuellement un stage !

- Ju… Juliette est là-bas ?

- Bon, on y va Dugland, et fissa… Capito ?

- Vous connaissez le chemin, patron ?

- Ouais, tu sors à la porte de la Chapelle, l’avenue Wilson à la Plaine, puis Saint-- Denis, après… J’expliquerai !

La traction avant passe devant les énormes réservoirs de la porte de Paris à Saint-Denis. Ils renferment le gaz de ville produit à partir du coke, sur les immenses terrains appartenant à Gaz de France.

Après un « à gauche » spectaculaire ayant donné une frayeur à deux clebs et une mèmère au carrefour appelé « le barrage », la quinze six cylindres se pointe devant l’entrée des studios « Eclair », situés à la limite d’Enghien-les-bains.

Un gardien en uniforme se pointe. Chauguise lui flanque sa carte rayée bleu, blanc, rouge, sous le pif …

- Ouvre fissa, je suis le commissaire Chauguise !

La barrière actionnée manuellement se lève. Crafougnard embraye et s’arrête un peu plus loin.

Trois hommes et deux femmes sont là. Visiblement, il est attendu.

- Par ici, Commissaire, suivez-nous.

Un grand hall, des projecteurs, des décors en trompe-l’œil, et là, assise dans un fauteuil de toile avec son nom inscrit au dos…

Zouzou Pontiac, et à ses cotés le grand Louis Voujet !

Chauguise s’est arrêté, il a rejeté son bitos troué en arrière afin de mieux voir.

- C’est qui ? demande Crafougnard.

- Tu ne les reconnais pas Dugland ? C’est Zouzou Pontiac et Louis Voujet, ils ont joué ensemble dans : « Du résiné plein les rigoles » !

- J’vois pas !

- Ah bien oui, t’étais encore dans les loukès de ton dab ! Et la célèbre réplique : "T’as d’beaux ch’veux tu sais ?", "Brossez-les moi !" qu’elle lui répond.

- Ben dites donc, elle n’est plus toute jeune !

- T’aurais vu les « roberts » de la donzelle à l’époque, à faire pâlir Martine Carole, en personne ! Et puis pour tirer la gazelle, j’aime autant t’dire que je n’aurais pas chargé mon fusil avec du gros sel, elle était sacrément bien viandée la gerce !

Chauguise et Crafougnard sont conduits dans les loges. Avachie dans un fauteuil, le teint cireux, une très jeune starlette, la tête renversée en arrière, a visiblement cessée de consommer de l’oxygène !

La maquilleuse est là, prostrée sur son tabouret.

- J’étais en train de lui « faire » les ongles, quand tout à coup elle a hoqueté, puis sa tête a basculée… Comme vous la voyez là, je n’ai touché à rien.

- Mouais, articule Chauguise, en tournant lentement autour du corps. C’est le flacon de vernis dont vous vous êtes servi Mademoiselle ? dit Chauguise en montrant le petit récipient.

- Oui… Oui, Monsieur le Commissaire.

- Dugland, prend un chiffon et rebouche ce flacon, ne le touche pas à mains nues ! Puis emballe-le comme il faut dans une feuille de papier, on va le porter à fin d’analyse à Couillette.

Julien s’exécute.

- Ne touchez à rien, les gars du labo vont passer également : bouclez la pièce.

Georges Souclot le metteur en scène est là

- Mais, et mon film ?

- Vous reprendrez plus tard, pour l’instant je suis obligé de boucler… Verstehen ?

- Bon, bon, d’accord… Tout le monde rentre, c’est fini pour aujourd’hui !

Juliette un cahier d’écolière sous le bras, s’avance vers le duo infernal :

- Bonjour Papa !

Un gros bisou qui claque.

- Bonjour Julien !

Un autre bisou, moins sonore sur la joue, mais beaucoup plus tendre.

Chauguise regarde, sourcil relevé :

- Ouais, c’est comme dans les histoires de cocu : le principal intéressé est le dernier prévenu !

- Mon p’tit Papa, t’es fâché ? Tu sais, Julien et moi, c’est sérieux, depuis l’affaire du rapin, nous nous sommes revus !

- Fâché non !

Puis s’adressant à Julien :

- Toi, je te préviens, si je vois UNE SEULE larmichette au coin de l’œil de ma fille à cause de toi, j’te plombe comme un scaphandrier… Cappice ?

- Euh… Oui, patron.

- Bon, on n’a plus rien à foutre ici, on rentre ! Allez Juju, profites de la voiture, on te raccompagne à la maison, ton boss t’a donné ta journée !

- Papa ! Ne m’appelle plus Juju, je ne suis plus une petite fille…

- Pour moi : OUI !

Julien revient à petite allure, afin de profiter au maximum de la présence de Juliette.

Tu sais Papa, Zouzou Pontiac et la petite qui est morte s’étaient disputées…

- Ah bon ? Raconte…

- Voilà : il y a une scène au cours de laquelle Zouzou Pontiac pose tendrement sa main sur celle de Louis Voujet. Cette scène devait être filmée en gros plan, et le metteur en scène, Monsieur Souclot, avait fait appel à une doublure un « body double » comme on les nomme dans le cinéma, beaucoup plus jeune la doublure, car il trouvait que Zouzou avait les mains un peu ridées !

Ça n’a pas plu du tout à Miss Pontiac, elle a engueulé vertement la pauvre Sylvette, c’est le nom de la jeune fille qui est décédée.

- C’était quand ?

- L’altercation a eue lieu avant-hier, Papa…. Je crois.

- MMMMH….

Un peu plus tard, Julien a garé la Citroën devant le quarante de la rue du Mont Cenis, il est descendu afin d’ouvrir la porte à Juliette.

- Ah dis donc, t’es bien galant… Pourvou qué ça doure ! a lâché Chauguise, un petit sourire au coin de la bouche.

A peine arrivés, Chauguise suivi de Julien ont porté le flacon de vernis à ongles au labo tenu par Bourrieux dit « Couillette ».

- Tiens Couillette, lâche ce que tu fais et analyse-moi ça vite fait… Fais gaffe, ça contient peut-être un truc violent !

- Si je lâche ce que je tiens là, ça va faire BOUM, c’est de la nitroglycérine !

- Fais pas l’con, Couillette ! Je plaisantais.

Après avoir délicatement posé l’éprouvette dans un support et enfilé des gants de caoutchouc, Bourrieux prend le flacon que lui tend Julien. Il en retire le papier journal qui l’enrobe.

- Donne-moi la feuille lui dit Chauguise, c’est la UNE de mon canard !

Tiens, la voilà, et revenez quand je vous sonnerai, je vais me mettre au boulot, et personne dans mes pattes quand je bosse !

Chauguise, les pieds sur son bureau, lit tranquillement le journal.

- Vous pensez que c’est le « vieux » Dominici qui a fait le coup patron ?

- Penses-tu, il couvre ses fils ! A son âge, il s’en fout, ce qui compte dans l’esprit de ce paysan d’un autre âge, c’est que SA terre continue à vivre… Le reste, il s’en balance !

Quant au commissaire qui a été désigné pour enquêter, je le connais bien : c’est le commissaire Edmond Sébeille, de la brigade mobile de Marseille, on a fait l’école de police ensemble. Dans son genre, c’est un marle !

Deux heures plus tard, le téléphone sonne, c'est Bourrieux.

- Tu peux descendre, Chauguise, j’ai terminé.

Chauguise et Julien sont arrivés au sous-sol, Couillette les attend, large sourire.

Eh bien, ça n’était pas de la tarte, j’ai ramé… Enfin un peu, c’est violent ce qu’il y a dans cette saloperie de flacon…

-Bon accouche ! Je n’ai pas que ça à foutre, interrompt poliment Chauguise.

Voilà : c’est du venin de : Azureus de Dendrobates, plus communément appelée « grenouille de dards ». Cette appellation provient des Amérindiens d’Amérique du Sud qui enduisaient leurs flèches avec les sécrétions de cette bestiole ! Une jolie petite grenouille de couleur bleue… D’où son nom « azureus ».

C’est le venin le plus puissant sur terre, 2 microgrammes suffisent pour tuer un homme ! Cette saloperie mélangée au vernis à ongles, la pauvrette n’avait aucune chance ! Seule consolation, elle n’a pas eu le temps de souffrir.

- Bon, et bien Dugland, il ne nous reste plus qu’à fouiller : enquête de voisinage, la bignole de Miss Zouzou, etc. La routine, quoi !

Zouzou Pontiac habite rue de la Faisanderie, dans le très chic XVIème arrondissement. Julien gare la quinze entre une toute nouvelle Cadillac modèle 1952 « convertible » et une Rolls Royce « Silver Wraith » de 1950 !

- On fait un peu parents pauvres, vous ne trouvez pas, patron ?

- Critique pas, Dugland, y’a seulement trente berges, t’aurais eu un vélo !

Julien pousse la porte de l’immeuble cossu. Une immense entrée, dalles de marbre, et plantes vertes à profusion. Il frappe à la porte de la loge. Apparaît une femme entre deux âges, maquillée comme un modèle de Van Dongen !

- Vous désirez ?

- Police, annoncent dans un ensemble parfait nos duettistes, tout en exhibant le carton magique.

- Zouzou Pontiac, c’est bien ici ?

- Oui.

- On peut entrer ?

- Bien sûr, je vous en prie…

- Dites voir, Madame : Zouzou Pontiac elle est mariée ? Si j’en crois « Samedi soir » *

Ravie qu’on l’interroge, la bignole se « vide » littéralement.

- Oui, mariée à un vieux banquier bancal ! Elle rit de sa boutade dévoilant sa bouche édentée. Mais elle a « quelqu’un » !

- Ah bon ? Vous pouvez nous en dire davantage ? questionne le commissaire.

- Oui, c’est un Monsieur Pascal, je ne connais pas son nom de famille, il vient la voir plusieurs fois par semaine quand « Monsieur » est en voyage… Ce qui lui arrive souvent, vous savez ce que c’est : les affaires. Et ce Pascal en profite pour faire sa petite « affaire ».

Elle rit à nouveau, dévoilant le désert de son clapoir.

Mise en confiance, par le sourire du commissaire, elle se lâche tout à fait. Ce Monsieur Pascal, il travaille au jardin des plantes dans le…

- Oui, on connaît ! Merci Madame… Madame ?

- Cruchon… Germaine Cruchon.

Après avoir pris rapidement la tangente, le duo se retrouve dans la rue.

- Non mais quelle conne ! T’as vu ça, Dugland ? J’aurais pas voulu l’avoir pour voisine durant l’occupation ! Allez, en route, rue…

- Cuvier patron, dans le Vème.

- Ben tu progresses, bravo !

Julien s’est garé, le patron a présenté sa carte au gardien chef, puis a demandé à voir un certain Pascal.

- Ah ! Pascal Lechauve ? Vous le trouverez, c’est lui qui « soigne » les reptiles, deuxième allée à droite !

Le cueillir, puis lui faire avouer que c’était lui qui avait « récolté » le venin sur le dos de la grenouille, à l’aide d’un coton tige, pour le remettre ensuite à Zouzou Pontiac, ne fut le résultat que de deux ou trois mandales !

Zouzou Pontiac ne termina jamais le film… Et pour cause. Le budget fut confié à Christian Jaque qui sortit la même année : "adorables créatures", avec pour interprètes principaux : Martine Carole et Daniel Gélin.


* Samedi soir était à l'époque un journal grand format, relatant les potins des stars. L'équivalent de la presse people aujourd'hui.

(Toujours sympas les "Blogbos" je vous ai dessiné le commissaire CHAUGUISE... Alors heureuses ?)

samedi 30 avril 2011

Tant-BourrinChat - rat - deux (8)

Allez, depuis près d'un an, j'ai quelque chose à me faire pardonner auprès du lectorat féminin de ce blog : c'est d'avoir consacré ma dernière salve de charades à des footeux en short qui puent la transpiration et l'EPO.

Alors, pour mettre un peu de baume sur la plaie purulente, j'ai concocté un nouveau bouquet de charades, toutes plus sophistiquées et raffinées les unes que les autres, consacrées à la chanson autour de la plus belle ville du monde (inutile de vous préciser laquelle !... Non, Souf', ce n'est pas Bouseux-sur-la-Plouque !). Nettement plus romantique, isn't it ?

Avant de donner le top départ du jeu, je rappellerai juste que le principe même des charades tant-bourrines est l'à-peu-près infâme et qu'il ne faut donc pas hésiter à se tordre un peu les méninges. Si vous n'en êtes pas convaincu(e), jetez plutôt un œil sur les éditions précédentes, , , , , , et itou. Inutile en revanche d'aller chercher sur Gogol, ces charades sont home-made et donc parfaitement inédites... Oui, Monsieur !

Dernier point : je suis un chouia ovaire-bouquet en ce moment et je ne vais pas guetter le moindre de vos messages dans ma boîte mail. Je vous propose donc de poster vos propositions de réponses directement dans les commentaires et de vous entraider. Si d'aventure une ou plusieurs charades vous échappaient, j'en donnerai la solution à une date non fixée, selon mon bon vouloir.

Voilà, maintenant, c'est à vous ! On va voir si vous connaissez la chanson ! :~)

A vos marques ! Prêts ? Partez !



Charade n°1

Mon premier est une mamelle peu appétissante
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde



Charade n°2

Mon premier est une gorgée d'alcool qui arrache méchamment
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde



Charade n°3

Mon premier est le constat dressé devant quelqu'un qui nie sa vraie nationalité française et se proclame slave
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde



Charade n°4

Mon premier est ce que l'on dit lorsque l'on vient à la rescousse d'un chroniqueur très controversé
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde



Charade n°5

Mon premier est ce que l'on dit pour exhorter quelqu'un à marier harmonieusement les choses
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde



Charade n°6

Mon premier est une troupe d'homosexuels qui se produisent sur les planches
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde



Charade n°7

Mon premier est ce que répond en mauvais français le touriste incrédule quand on lui annonce qu'il s'est trompé d'avion et qu'il n'est pas au Brésil
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde



Charade n°8

Mon premier est la réponse d'un pied-noir quand on lui demande : "pourquoi tu ne vas pas voir ailleurs si j'y suis ?"
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde



Charade n°9

Mon premier est ce que disait son producteur à Louis Jouvet pour l'inciter à utiliser les antisèches écrites sur le décolleté de sa partenaire sur scène
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde



Charade n°10

Mon premier est une invitation à poser les jalons d'un village ou d'une plus grande agglomération
Mon tout est le titre d'une chanson sur la plus belle ville du monde

mardi 26 avril 2011

Saoul-FifreLe roi des cons

Des jours et des jours que je suis dans la préparation de mes semis de printemps, particulièrement dévoreurs d'hectares cette année. Et que je te broie les mauvaises herbes, et que je te les détruis par des passages croisés de "disques", un deux trois passages, plus un dernier avec la herse, pour bien affiner le lit de semence, afin que la graine se trouve si bien à son aise dans son petit nid moelleux qu'elle va y germer à vitesse grand V, si bien sûr le Grand Aygadier est d'humeur à relever la martelière retenant les eaux du ciel. Ça en fait des va-et-vients, du gasoil brulé et ensuite il faut atteler le semoir, bien le régler pour que la graine soit déposée à la bonne profondeur, ni trop ni trop peu, puis le rouleau pour bien rappuyer...

Et si par malheur il pleut avant que tout le processus soit bien fini, et ben il faut recommencer.

Je suis donc là, sur mon char d'Avto, un peu angoissé par les incertitudes de mon activité, plus dictées par le hasard que par des lois physiques gravées dans le bronze de toute éternité et, tout en restant concentré sur la rectitude de mes passages, je me laisse aller à jeter régulièrement un coup d'œil autour de moi pour voir où en est la concurrence.

Ben oui quoi : la concurrence. Car la Nature elle aussi est en pleine action primesautière. Le Printemps est sa saison "sexe" et en ce moment, elle ne pense qu'à "ça", je vous le garantis. L'accouplement "charnel" entre fleurs mâles et femelles n'étant pas raisonnablement envisageable chez les végétaux, il est plus juste de parler de masturbation intensive du côté des garçons et d'attente active voire attractive du côté des filles, toutes corolles ouvertes et pistils tendus dans l'espoir d'une caresse du vent ou de la visite d'un insecte pollinisateur, l'un ou l'autre porteur du petit cadeau tant attendu.

La production de pollen est à son maximum et quand yen a plus yen a encore, ai-je envie de dire. Quand mon tuyau d'échappement accroche en bout de raie une branche de cyprès un peu trop longue, c'est un véritable essaim jaune vif qui me tombe dessus et m'enveloppe. Et tout en regrettant que mon tracteur n'ait pas de cabine, je remercie la providence de ne pas m'avoir voulu allergique.

Quand le vent s'en mêle, ce sont de vastes nuages épais que l'arbre libère et chaque grain de pollen s'envole gaiement vers son destin, sa fleur-sœur aléatoire, en chantant va où le vent te mène d'Angelo le speedé.

Mais par calme plat, c'est à de véritables éjaculations que l'on peut assister : l'arbre crache son sperme, il le pulse, le fait jaillir comme si un tuyau de compresseur pneumatique était caché dans la branche ! Comme chez le concombre d'âne, capable d'éjecter ses graines à plus d'un mètre, l'existence d'une "pression interne" chez des végétaux ne laisse pas que de m'épater.

En levant le nez, je peux assister à une autre armada conquérante, celle de mes adversaires, de mes concurrents directs. Sans aucune pudeur, sous mon propre nez, l'Empire des Mauvaises Herbes contre-attaque. Leurs graines ailées, vaisseaux aux formes bizarroïdes, sillonnent le ciel à différentes vitesses et directions selon les caprices du vent car les coucheries dont j'ai parlé tout à l'heure, c'est bien joli, mais il convient maintenant que la graine, fruit de ces torrides fécondations, trouve le logement adéquat où élire domicile. Prises en stop par le vent, l'eau, les vêtements (ces petits cônes-velcro si irritants sur vos lainages) ou carrément après un passage par l'intestin d'un oiseau ou autre animal sauvage, ces graines feront tout pour s'éloigner de leur géniteur et coloniser le plus vaste territoire.

Technique remplie d'aléas divers certes, mais la quantité de pollen initiale est tellement gigantesque et le nombre de semence en résultant si élevé qu'un peu de gaspillage, de destruction, de ratages ne nuit en rien à l'efficacité du système naturel.

Et c'est comme ça qu'en s'en remettant au hasard, aux éléments naturels, sans gasoil, sans travail, sans inquiétude, sans argent, à la je-m'en-foutiste, quoi, la Nature arrive à semer de rouges champs de coquelicots, bien réguliers, du travail de pro, vraiment, si beaux qu'un jour un peintre du dimanche se prenant pour Van Gogh a posé son chevalet devant, pour l'immortaliser.

La honte.

Je suis vraiment le roi des cons de me compliquer la vie comme ça !

Alors que ce serait si simple et rémunérateur de me lancer dans la récolte du pavot ?

lundi 18 avril 2011

Mam'zelle KesskadieFaut c'qui faut

Faut c'qui faut, écrivais-je donc.

Ma silhouette s'est encore arrondie avec les bancs de neige (congères), le printemps fait tout fondre, hélas, tout fondre la neige et force est de croire que je ne suis pas faite de glace.

Signal d'alarme : initiative requise, qui flashe rouge non pas sur le pèse-personne, je n'en ai plus. En effet, dans un suprême effort pour tenter de contrôler ma sempiternelle dépression, j'ai renoncé aux négatifs inputs de ma vie : une ou deux copines, le téléjournal, toute autre page du journal que les sports et les arts et spectacles et la balance (dite pèse-personne). Donc, le flash rouge se dévoile quand j'enlève le seul pantalon que je réussis encore à enfiler et que la trace laissée par mes crimes alimentaires est rouge et en plein dans la ceinture.

Merde, comme qui diraient mes copains français.

Alors, on remets ça comme en quarante, toujours comme disent les copains français et je songe à l'exercice physique. Oui, c'est une entorse à ma résolution de ne pas contempler du négatif, mais c'est une mesure d'urgence.

Une copine vient me proposer la piscine. Au moins, on est au frais. Ouais.

Première étape: le maillot de bain. Or, si l'achat d'un maillot est une torture mentale pour l'homo sapiens de taille moyenne, imaginez la taille plus que supérieure.

N'écoutant que mon courage, et regrettant la burka que je n'ai pas, je vais au magasin spécialisé dans les tailles fortes.

Ciel, le premier modèle essayé me va. Je peux coincer tous les amas de chair, supérieurs, médians et inférieurs. Même pas un poil qui dépasse, au propre comme au figuré. Le hic, il est en trois ou quatre épaisseurs, possède une gaine incorporée, des élastiques à l'épreuve d'une pression des hauts fonds pour retenir tous bas fonds, bref, il rajoute un ou deux kilos au poids total que j'apporte à la couche terrestre. Vous connaissez le principe d'Archimède ? Achille Talon ? Et bien, haute probabilité que je fasse le même effet à la piscine, avec la même verve.

Il est hors de prix ? Qui a dit que c'était un argument valable ?

Donc, premier matin. Je veux dire, première aurore.

Je veux bien croire que des milliers de gens se lèvent avant moi, cependant, concernant le 5h30 AM, si j'ai 51 ans et que je n'ai jamais fait partie de cette populace, c'est qu'il y a anguille sous l'oreiller, n'est=il pas ?

Sonnez les matines, Frère Toque, s'il a réussi à se lever, je peux, moi aussi. Sœur Kesskadie, roulez en bas de votre lit et enrobez-vous dans ce très b.. dans votre maillot et continuez la roulade jusqu'à votre auto.

Même le chien est resté couché. C'est vrai que lui, il est poilu, et personne ne lui dit rien sur sa pilosité, on n'a pas la même description de tâche dans la vie.

Je passe prendre la copine qui entre sans dire un mot dans l'auto. Une fonction cérébrale qui se réveille à la fois, l'aire de Broca était pas encore à "on", pas un mot, mais l'hypothalamus et la rate fonctionnant, nous sommes parties en rire comme des folles. Ce qu'il faut être, n'est-il pas, pour ...

La piscine est de longueur olympique. Savez-vous c'est long combien long une longueur olympique? Long comme un jour sans pain pour une grosse madame. Long, longtemps, m'a vous dire. J'ai eu le temps d'épuiser toutes les nages de repos que je connaissais entrecoupées de trois ou quatre brasses de crawl et le temps également de revoir ma vie au complet avant de terminer la première longueur. Il fallait revenir. Heureusement que la graisse aide à flotter et qu'il n'y a pas de temps limite pour la traversée de l'océan du retour.

L'image se coupe.

On voit la même scène de réveil, mais c'est le lendemain matin. Le maillot n'a pas eu le temps de sécher les nombreuses épaisseurs de tissus en 22 heures. Avril canadien, on ne sort pas mouillé dehors. Il faudra enfiler la choses trempée dans le vestiaire à la piscine. Le froid raffermit les chairs, réveille l'esprit rapidement, c'est pourquoi l'hypothalamus et l'aire de Broca ensemble ont fait que le cortex auditif s'est mis à vibrer aux sons gutturaux de Tabarnak d'estie d'câlisse que c'est frette.

Et on remets ça comme en quarante, comme disent les copains français.

Quatre matins sur cinq.

La prochaine fois : l'entrevue pour une job. (en québécois, job est féminin, et repos masculin. On est réalistes par icitte).

mardi 12 avril 2011

AndiamoVenezia




Ça n’est pas tous les jours que l’on fête un anniversaire de mariage, alors ne mégotons pas ! Choisissons la ville la plus romantique qui soit… Mais non pas Hénin-Liétard !


Venezia la bellissima !

Tout d’abord : le voyage ! J’ai beau avoir pris maint fois l’avion, je suis toujours émerveillé !

J’ai horreur des gens blasés, c’est toujours un moment magique, lorsque un appareil de plusieurs tonnes prend son envol !

De même pour mes modèles réduits, je suis toujours étonné de les voir voler, j’en parlais récemment avec le vice-champion du monde de voltige (F3A) Benoit Paysant-Leroux : eh bien, pour lui, c’est la même chose, il a su garder ses yeux d’enfant !

Donc ce joli voyage, temps splendide et survol des Alpes encore enneigées à cette époque de l’année.


Un bel hôtel avec vue sur le palais des doges et la place Saint Marc….


Allez je suis sympa, je vais vous épargner la place Saint Marc et ses pigeons à la con (tiens au fait il y en a beaucoup moins). Une petite partie du palais des doges, entièrement nettoyé, fera l’affaire !


Un petit contre-jour sur l’église de la Salute, un soir en rentrant à notre hôtel, après une journée bien fatigante, à Venise on marche BEAUCOUP, et de plus des centaines de ponts à gravir… Bien sûr ! Rien à dire, on admire…


Je vous le disais plus haut, on marche beaucoup dans Venise, des endroits plus calmes, des petits canaux, des ponts bien romantiques... Ben oui, je suis romantique... Parfois !


Allez un autre !


Au détour d’une ruelle, une boutique…


Ne pas oublier Murano et Burano.

Cette photo je l’ai prise à Burano justement, je n’étais pas “boraccio”, mais je pense sincèrement que les maçons Italiens devraient arrêter le lacrima christi quand ils construisent un campanile !


Les voici les jolies petites maisons multicolores de Burano.



Arrivederci Venezia….

Devant l’hôtel, nous attendons la vedette qui nous reconduira à l’aéroport, quatre jours c’est bien court !

A l’arrière-plan, San Georgio….

mardi 5 avril 2011

Tant-BourrinL'interrogatoire

- Vous ne pouvez pas faire ça, je connais mes droits ! J'exige la présence d'un avocat !

- T'entends ça, Riton ? Monsieur a des droits ! Mais s'il n'y a que ça pour te faire plaisir, je peux t'y faire goûter, à mon droit ! Et à mon gauche aussi en prime !

- C'est... c'est scandaleux ! Je... je... je vais porter plainte et vous entendrez parler de moi !

- Oh mon dieu ! (voix de fausset sur un ton affecté) Monsieur va porter plainte, hou la laaa ! J'ai peuuuur ! Je ne sais pas si je vais en dormir cette nuit ! (reprenant un ton normal) Bon, fini de déconner ! T'as peut-être oublié pourquoi t'es ici ? Tu crois que t'es en position d'exiger quoi que ce soit ?

- Mais... heu... je... je n'ai rien fait !

- Mais ouais, gars, t'as rien fait ! Et on est juste là entre amis pour s'offrir une petite sauterie ! Tu te fous de nous ?

- Non, non ! Et d'abord, arrêtez de me tutoyer, je vous prie, c'est très inconvenant !

- Du calme, Ton Altesse ! Garde tes grandes envolées pour le juge d'instruction ! Et maintenant, tu vas tout nous raconter, bien sagement, et après on pourra aller tranquillement faire dodo !

- Raconter ?... Mais quoi ? Je n'ai rien fait !

- Dis donc, tu manques sérieusement d'imagination dans tes réponses, j'ai déjà entendu ça ! Tu veux vraiment qu'on te rafraichisse la mémoire ?

- ...

- Tu sais combien ça peut te coûter de produire et d'écouler des faux billets ?... Vingt ans ferme ! Alors, si tu veux que le juge soit clément, t'as plutôt intérêt à la jouer conciliante !

- Des... des faux billets ?

- Oui, des faux billets ! Regarde ça ! Et ça ! Et ça ! Et encore ça ! Ça ne te dit rien, Monsieur Tant-Bourrin ?

- Mais... heu...

- Et le fait qu'on t'ait pris en flag', en train de fabriquer le présent billet pour ton blog subversif, ça ne te dit rien non plus, hein ?

- Mais... mais...

- Bon, puisque t'es pas du genre loquace, on va tout te rappeler, et puis après tu vas gentiment signer tes aveux complets ! Alors, depuis bientôt six ans, camouflé derrière une activité de blogueur, tu fabriques et écoules régulièrement de faux billets, prétextant un manque d'inspiration ou dieu sait quoi. Correct ?

- Bin... heu...

- OK ! Note, Riton : Monsieur est d'accord !... Bon, plus de cinq ans qu'on est sur ta trace, mais, à chaque fois, tu la jouais fine et on arrivait trop tard : le faux billet était déjà en circulation et toi, t'étais Sainte-Nitouche-j'y-suis-pour-rien ! Mais là, depuis quelques jours, on sentait que t'allais faire la connerie qu'on attendait : trois semaines sans rien produire sur ton blog, ça crevait les yeux que t'allais te sentir obligé de lâcher un faux billet dans la nature !

- ...

- Rien à objecter ? Et ce faux billet, nous y sommes en plein dedans, hein ? Mais on t'a enfin pris sur le fait, mon salaud ! Il nous reste plus qu'à choper le receleur... A qui tu les refiles, tes faux biftons, hein ?

- Bin... heu... à mes lecteurs, quoi !

- Tes lecteurs ? Ils sont plusieurs, en plus ? Et ils sont où, tes lecteurs ?

- Bin... là ! Regardez : vous voyez ce mur blanc translucide avec des grosses lettres écrites à l'envers ? C'est l'envers de l'écran : les lecteurs sont de l'autre côté.

- Ah ouais ? Tiens, c'est vrai, j'avais pas fait gaffe ! On devine même un peu la forme de leur tête par transparence !

- Heu... vous allez les arrêter eux aussi ?

- Un peu, mon neveu, que je vais les arrêter ! Recel de faux billets, ça va leur coûter cher à eux aussi ! (se tournant vers l'écran et pointant un doigt menaçant) Hep, vous, le lecteur qui êtes en train de lire ce faux billet ! Au nom de la loi, je vous arrête dans votre lecture !

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