Blogborygmes

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dimanche 23 septembre 2012

Tant-BourrinOn connaît la chanson !


On demande à Gunther, d'origine teutonne,
De goûter à la soupe et voir si elle est bonne.
Il prend une lampée, ses papilles frissonnent :
Un parfum authentique en lui soudain résonne !
Oui, mais quoi ? Qu'est-ce donc ? Sa mémoire déconne.
Il trouve enfin : de l'ail ! Aux anges, il chantonne...





Goût de... Goût de... Goût de... Goût d'l'ail frais ! Schön !




Tant-Bourrin le blogueur a confié à sa femme
La charge de porter bien haut son oriflamme
Ou, si vous préférez, de faire sa réclame.
Mais il apprend un jour - et là, c'est un vrai drame ! -
Qu'au sud de l'équateur, pas le moindre quidam
N'a entendu son nom ! Fort irrité, il blâme
Sa moitié : "un demi-globe pour moi se pâme,
C'est trop insuffisant ! Tudieu, qu'est-ce que tu rames !"
Et pour qu'elle se hâte à la fin il s'exclame...





Hémisphère ? Tant-Bourrine, magne !




Le vieux magasinier a perdu la boussole.
Il fulmine et gémit, il crie et se désole.
L'inventaire est foireux, et tout va de traviole :
Il a bien trop de lits stockés dans l'entresol.
Il faut s'en départir, reprendre le contrôle
Des stocks, faire des lots et en donner l'obole
Aux hôpitaux du coin ou même aux écoles.
Deux semaines durant, aidé du petit Paul,
Il empaquette un lot par jour, puis il y colle
une étiquette : "lits". Et quand enfin son rôle
Est fini, il dit à son aide qui somnole
D'attribuer les lots et les mettre en carriole...





Alloue quatorze lots d'lits, p'tit Paul !

mercredi 19 septembre 2012

AndiamoShocking !

A l'heure où la guerre fait rage en Afghanistan, à l'heure où la crise est mondiale, à l'heure des commémorations des attentats du 11 septembre, à l'heure où...

C'est quoi t'est-ce donc qui fait la UNE (et même la deux et la trois) des journaux ? Hein c'est quoi t'est-ce donc ?

Les doudounes princières ! Mais voui, les doudounes de Kate Middleton...

C'est William longues chailles qui n'est pas content, ah non ! Le monde entier a vu de quoi il se contentait !

Alors Blogbo qui n'est jamais en reste, afin de devancer l'actualité brûlante, publie les premières photos de l'intimité de la REINE, mais oui.

Et pour la première fois bien avant CLOSER, VOICI, VOILA, FRANCE-DIMANCHE et même GALA !

Blogbo présente :


L'ESSAIM DE LA REINE !


Allons Kate ne fais pas la gueule, tu es tellement plus jolie quand tu souris ))

(photos piquées sur le net, merci à eux)

dimanche 16 septembre 2012

Saoul-FifreLe cœur de la colline

Écouter "battre le cœur de la colline", selon la belle remarque de Martine

Oui, une bonne partie de ma vie se résume à ça, une sorte d'arrière-plan permanent au film de mes occupations, sa bande-son et son décor, et en odorama, bien sûr.

Là, je viens de mettre la dernière main à ma récolte d'amandes, j'en ai déjà parlé ici mais cette époque est révolue et notre nouvelle machine, au bradassé et à moi, est nettement plus moderne. Elle ressemble à ça, mais l'odeur du bois et des feuilles vertes un peu malmenées est la même qu'avant.

Et le soir, à la fin du chantier, quand le soleil effleure l'horizon, nous entendons, venant du "pucier", un maquis bien épais qui domine l'amanderaie et qui a échappé au feu, les mêmes grognements impatients qu'à chaque récolte.

La machine n'est pas parfaite et, soit qu'elle laisse tomber quelques coques autour du tronc, soit que les vibrations les expédient trop loin, en dehors de la corolle, il reste assez d'amandes sur le sol pour régaler une harde de sangliers. Nous avons travaillé pour eux, maintenant ils sont pressés de venir se goinfrer. Ils veulent faire partie du premier service mais ils savent d'instinct que tant que le proviseur et son adjoint bloquent la porte de la cantine, il serait malséant de forcer le passage.

Alors ils prennent leur mal en patience mais on les entend depuis le champ se disputer entre eux et s'accuser mutuellement de notre retard à partir.

Allez, dis-je à Denis, vingt heures zéro sept, l'heure de l'anisette ! Si on les laisse s'énerver plus longtemps, ils vont se venger sur les arbres !

Quand la camionnette arrive à la cour de la ferme, elle double un faisan mâle effaré. Sans doute un rescapé du lâcher traditionnel "pour les vieux", un lâcher de faisans d'élevage effectué ... le jour de l'ouverture (authentique !) par la société communale.

Le pauvre faisan ne sait vraiment pas ce qui lui arrive. Il était tranquille avec ses pôtes dans une grande volière, on s'est jeté sur lui, on l'a bourré avec plein d'autres dans un carton minuscule et puis le couvercle a fini par s'ouvrir mais il avait à peine commencé à goûter à cette magnifique luzerne en graines qu'un festival d'explosions a commencé tout autour de lui.

Il ne se rappelle plus comment il est arrivé ici mais c'est nettement plus calme.

Juste il se dégotte une poulette et ce sera le paradis.

mercredi 12 septembre 2012

Tant-BourrinDe grandes épreuves sportives trop méconnues (3)

Je vous avais fait découvrir, voici plus de deux ans, dans deux billets ( et ), quelques épreuves sportives de haute tenue mais hélas méconnues du grand public car boudées par des médias trop stéréotypés et enclins à n’idolâtrer que les pousseurs de baballe millionnaires du football.

J'ai décidé aujourd'hui d'en rajouter une petite couche, afin de mettre dans la lumière quelques épreuves pittoresques dont je ne vous ai pas encore parlé, en espérant que cela vous donnera l'envie d'aller soutenir ces valeureux sportifs qui méritent mieux que l'anonymat injuste qui est leur lot.

Allez, tous au stade !



Le débit des psaumes

Cette épreuve, très en vogue au sein de l'église catholique, consiste à réciter une centaine de psaumes le plus rapidement possible. Une salle est d'ailleurs généralement réservée à sa pratique dans les presbytères, appelée "salle du jeu de psaumes". Hélas, quelques cas de dopage sont venu ternir l'image de ce sport, quelques curés n'hésitant pas à ingérer du vin de messe pour se délier la langue.




La "Boute du rom"

Les compétiteurs de cette sympathique épreuve sont généralement des hommes politiques. L'épreuve consiste à essayer de faire remonter une côte de popularité en envoyant les forces de police démanteler quelques camps de roms. Ces derniers vont se réinstaller un peu plus loin, ce qui permet d'entretenir le jeu sur longue période.

A noter que la compétition se déroule à intervalles irréguliers, mais généralement en période de crise économique.




Le trop fait de Champion

Cette magnifique compétition se déroule de temps à autre dans les entrepôts des magasins Champion, à chaque fois qu'un lot de livarots périmés est découvert dans les stocks. Les magasiniers se répartissent alors en deux équipes dont le but est d'envoyer au plus vite un livarot trop fait dans le camp adverse. Cela permet d'admirer généralement un jeu alerte et rapide à une touche de balle, les joueurs étant particulièrement motivés pour ne pas garder à proximité une chose aussi malodorante.




Le seau à la perce

Même s'il ne s'agit pas à proprement parler d'une épreuve sportive mais plutôt d'une discipline, nous ne pouvions pas résister à l'envie de donner sur celle-ci un coup de projecteur amplement mérité.

Le principe est simple : alors qu'un adversaire met un tonneau de vin en perce, il s'agit de saisir le plus rapidement possible un seau et d'aller le positionner pour récupérer le maximum du précieux breuvage. A noter que le champion du monde en titre, un dénommé Saoul-Fifre, a inventé une technique de seau bien particulière (et qui porte désormais son nom) : pour gagner du temps, il plonge et s'allonge bouche ouverte sous le jet.




Le trou d'oeuf rance

Cette épreuve, qui se déroule une fois l'an en juillet, soulèverait vraisemblablement l'enthousiasme des foules si elle était un tant soit peu médiatisée. Elle consiste à rassembler près de 200 compétiteurs dans un entrepôt non ventilé et de déposer au milieu un œuf pourri dans lequel on pratique un trou pour qu'il dégage un doux parfum sulfuré.

Est déclaré gagnant celui qui résiste le plus longtemps à l'évanouissement. Un maillot jaune lui est décerné, afin qu'il soit assorti à la couleur de son teint après l'épreuve.

A noter que, sur le même principe d'assortiment, un maillot vert est attribué à celui qui s'évanouit le plus vite, et un maillot à pois récompense celui qui a la plus belle crise d'urticaire.


samedi 8 septembre 2012

AndiamoJe pars

Voilà autant tout vous dire : je pars !

Avec l'argent que T-B a gagné à l'euro million, je me suis offert ce petit truc (voir photo plus bas, non ! Pas la Dame, la photo juste en dessous.). Je lui ai juste un peu forcé la main au T-B :

-Si tu ne lâches pas un peu de monnaie, je révèle à tous, là où tu te planques !

Alors généreusement, mais oui, il m'a tendu une (petite) valise de biftons.

Merci Tant-Bourrin, Andiamette et moi même te remercions. D'ailleurs, Andiamette te dédie son plus joli sourire.

Quant à moi j'ai investi dans les chantiers navals, parce que : elle le vaut bien !

(Photo du bateau envoyée par Françoise à votre serviteur)

mardi 4 septembre 2012

AndiamoLes claques

C’était tout de même une époque où l’on savait vivre, et bien vivre !

Le Chabanais ; le Sphinx ; le One two two… Des noms qui n’évoquent sans doute pas grand’chose pour vous : autres temps, autres mœurs !

La first classe, la crème s’y retrouvaient ! Madame veillait sur « ses filles », ne badinait pas avec l’hygiène, ni sur le langage, ah mais non ! Les mal-apprises, les harangères, les rapides du clapoir étaient mises à l’amende…

- Lisette, c’est quoi ce : « casse-toi pauv’con » ?

- Euh…

- Un franc cinquante d’amende !

- Mais Madame ?

- Tu renaudes Lucette ?... Deux francs ! Excusez-la, Monsieur Lucien, les bonnes manières se perdent. L’ invention du cinématographe, cette diablerie pour midinette en mal de Prince charmant, leur perturbe le cerveau, j’l’interdirai, moi, cette invention satanesque.

- Nique, Madame Germaine, nique.

- Oh Monsieur Lucien !

Ça n’étaient pas des vulgaires boxons pour bidasses aux glandes surchargées ou pour prolos venus arroser la paie de la semaine, que nenni.

Pas davantage pour des adjupètes de mes deux, encasernés à Sarreguemines ou à Hénin–Beaumont, ah mais non ! Du lupanar de haute volée, du trois étoiles dans le guide de la lubricité, les Panthéons de la gaudriolle, ils auraient mérités une fresque au sommet de l’Arc de triomphe.

Je la « vois », moi, la fresque : des Hétaïres en tenues vaporeuses, alanguies comme des modèles de ce bon Monsieur Ingres. Allongées sur des méridiennes de velours grenat, nonchalamment éventées par des négrillons en tenue de grand Vizir… Avouez que ça aurait eu une autre gueule que la fresque guerrière, fusse-t-elle de Rude. Bien plus enrichissantes pour les générations futures que ces bas-reliefs glorifiant les tueries passées ou à venir, les batailles d’amour, les seules qui vaillent !

Comme disait Luis de Gongora : « A batallas de amore, campo de plumas » !

Le Chabanais : situé dans la rue du même nom, au 12. Dans le très chic deuxième arrondissement, près du Palais Royal. Tu vois l’endroit ? Ce ne sont pas les puces de Clignancourt ni la rue Blondel !

Ce fabuleux établissement accueillit Edouard VII, qui fit fabriquer une baignoire en cuivre, que l’on remplissait de champagne. Il fit également fabriquer un fauteuil pourvu d’étriers métalliques…. Hue cocotte !

Pierre Louys et Guy de Maupassant ont honoré les lieux.

La chambre Japonaise, la chambre Louis XV, ainsi que la chambre Hindoue, sans omettre le cabinet Mauresque ont vus des ébats dignes du divin Marquis !

Finalement, la baignoire fut acquise en 1972 et offerte à Salvador Dali, puis installée dans sa chambre de l’hôtel Meurice, rue de Rivoli…

Le Sphinx : sans doute le plus luxueux lupanar des années trente, les propriétaires Paul Carbone et François Spirito associés à d’autres. Le haut du pavé de la pègre Parisienne de l’époque, la « femme » de Carbone n’était autre que « Manouche ».

Il était situé au 31 Boulevard Edgar Quinet, près de Montparnasse, dans le XIV ème. Il a compté jusqu’à 65 pensionnaires et pas moins de 5 sous-maîtresses !

Un monde, un reste d’Empire, poussières de grand siècle. .. Tout ce que Paris et ses environs comptaient comme personnalités s’y retrouvaient : Joseph Kessel, Blaise Cendrars, Francis Carco, Et même Marlène Dietrich ainsi que la grande Frehel, qui venait y pousser une goualante.

L’un des plus célèbres, dont le nom est encore sur toutes les lèvres (si j’ose dire) : le One two two.

Situé au 122 rue de Provence (d’où son nom) dans le VIIIème, près du magasin du Printemps et du boulevard Haussmann. Il s’élevait sur sept étages ! Volets blancs, toujours clos, bien sûr…

Il fut ouvert en 1924 par Monseur Jamet et sa femme Fernande, à qui je pense parfois (qui se faisait appeler Doriane), une ancienne prostipute du Chabanais. Ce magnifique établissement fut fermé en 1946 par les soins de Marthe Richard (puisse-t-elle brûler en enfer pour l’éternité).

Dans ce magnifique établissement de haute tenue, on pouvait au gré des passages dans les différentes chambres faire « le tour du monde » : une cabine de paquebot transatlantique, une cabine de l’Orient express reproduite à l’identique, le grenier à foin pour les nostalgiques de la ruralité, La chambre Egyptienne avec Cléopâtre (pas une momie je vous vois venir), la chambre Grecque aux colonnes doriques, et enfin la galerie des glaces avec miroirs pivotants…. Il y a de quoi rêver Messieurs !

Et même, pour les masos : la chambre des supplices avec, s’il vous plaît, mise en scène de la crucifixion !

Oh ! Bien sûr, tous les lupanars n’étaient pas aussi luxueux ! Loin s’en faut, et certains tenaient plus de l’abattage que des frivolités bon chic bon genre. Les pauvres filles qui y « travaillaient » n’avaient guère le choix, ni l’humeur primesautière : esclaves, voilà ce qu’elles étaient.

Savez-vous qu’au 22 de la rue Bayard, siège de R.T.L aujourd’hui, figurait le « Panier fleuri » un boxon ? Ce panier fleuri, ça n’était pas la first classe, je vous le concède.

Aujourd’hui, à Paris, les tapins fleurissent partout, du bois de Boulogne en passant par celui de Vincennes, et sans omettre les boulevards des Maréchaux avec les camping-cars garés à la queue leu leu (expression qui trouve ici toute sa valeur).

Etait-ce mieux, ? Devrais-je dire moins mal ? Je ne sais pas, mais ce qui est certain c’est que je regrette de ne pas les avoir connus…. Voilà c’est dit !



Pour vous et rien que pour vous j’ai inséré un lien.

Il s’agit d’un extrait du film de Gilles Grangier et Georges Lautner, dialogues Michel Audiard (excusez du peu) datant de 1965, intitulé : "un grand seigneur". C’est un film à skeches, que j’avais vu en son temps à Paris bien sûr.

L’extrait proposé est une scène de tribunal, et franchement cet extrait vaut son pesant de cacahuètes. Allez bonne rigolade. (regardez, même si c’est un peu long, ça en vaut VRAIMENT la peine)

http://kroulik.blogspot.com/2008/02/un-grand-seigneur.html

vendredi 31 août 2012

Saoul-FifreLe premier orage post aestivum

Il est taquin.

Il s'approche, l'air de rien, dégagé, faisant sa sainte n'y touche...

Le soleil brille, le regard porte jusqu'au Luberon mais en un rien de temps la vapeur d'eau invisible dans l'air se condense, la lumière s'éteint et ce farceur fait retentir à notre oreille un gros coup de tonnerre.

Hou ! T'as eu peur, hein ?

Ben c'tte blague ? Je cours en soufflant comme un phoque jusqu'à la maison pour débrancher le forage, deux cartes électroniques à trois cent euros l'une ça suffat comme ci, et je tourne sur moi-même pour dépister un éventuel départ de feu.

Un éclair qui tombe sur la végétation complètement déshydratée de fin d'été, ya pas mieux, on touche au génie du barbecue, la colline s'embrase comme si on avait appuyé sur un bouton et c'est parti mon kiki. J'ai assisté deux fois au phénomène, un orage sec, c'est un pyromane à l'efficacité garantie, c'est un trucage dans "Les dix commandements", tu sais, quand Y. avec son carton en zig-zag recouvert de papier-chocolat il met le feu au buisson ardent ?

Bon, les deux fois, la pluie s'est mise doucement à tomber dix minutes plus tard et l'orage a éteint l'incendie qu'il avait allumé. Mais sans cette crise de remords in extrémis, zou maï c'était reparti pour le ballet rouge des pompiers et des canadairs.

Notre vie ne renouvellera-t-elle jamais son programme télé ?

Dans le feu récent, pas trop éloigné de chez nous, dont parle Bof, je n'y suis pour rien, l'orage non plus. C'est le fils du maire qui a craqué l'allumette, juste pour faire bisquer son père.

Oui mais un orage peut aussi amener l'eau espérée. Un éclair mieux positionné, plus finaud, a déchiré la poche d'eau céleste et les trombes s'écoulent. Ça ravine oui, mais ça mouille et c'est le principal.

Plus besoin d'arroser le potager.
Je vais pouvoir enfin déchaumer, rentrer de quelques centimètres dans ce sol dur comme de la pierre.
Les fruits d'automne vont finir de mûrir, les coings pouvoir se ramollir un peu, les olives se remplir les joues, les figues se gorger de jus, les grappes s'alourdir.

Et puis les sangliers cette nuit vont descendre de la colline. Ce sont bêtes d'habitudes. Leur première nuit d'après orage m'est réservée. Mes terres riches en matière organique abritent de gros vers de terre qui ont passé l'été enfouis à grande profondeur et qui remontent dès qu'ils sentent l'humide. C'est le dessert des suidés et la première pluie automnale leur est sacrée. Ils viennent fouir, fouiner, fouisser, s'en foutre jusque là, de la protéine tendre. Un ver, ça va, trois cent vers, quel bon jour les gars !

La pleine lune éclaire a giorno la campagne. Je me suis installé pénard sur l'Avto, face à un de leurs passages traditionnels. Ils arrivent en me faisant poireauter juste un peu, comme pour un rendez-vous amoureux. Il y a toute la smala, la femelle dominante, ses petits, là ils portent encore la livrée, ils sont curieux, ouverts, n'ont pas encore acquis la paranoïa de l'animal sauvage traqué. Les "accompagnants", oncles, tantes, cousins, tanguys, labourent tout ce qu'ils peuvent, reniflent, grognent sur une odeur peu ou trop connue. Les odeurs mécaniques du tracteur chaud camouflent la mienne, ils lui tournent autour, intéressés. C'est un spectacle intense, allez : j'allume les phares pour y voir mieux. Ça ne leur fait ni chaud ni froid, une partie engourdie de leur cerveau doit simplement leur souffler qu'il est un poil tôt pour le lever du soleil mais ils s'en branlent avec une branche, en fait.

Ils ont fini d'engloutir tout ce qui est comestible dans le coin. Ils s'éloignent tout en se grommelant leur contentement. Ils sortent d'une bonne douche sur ces poussières d'Eté collées de sueur et ces tonnes d'eau cadeau du ciel ont ramolli cette terre aride dure à leur groin.

Eux aussi adorent le premier orage.

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