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mercredi 11 février 2009

AndiamoLe cauchemar

- Allons Madame Cauchois, remettez-vous, calmez-vous, ici vous n’avez rien à craindre.

Irène Cauchois, soixante ans, vient de raconter pour la énième fois, son cauchemar récurrent au Docteur Mouchaud.

Elle se couche tous les soirs vers vingt-deux heures trente, vingt-trois heures, selon la durée du film passant à la télé.

Avec son mari Claude, ils se sont abonnés à un bouquet satellite, étant tous deux à la retraite, histoire de combler le temps libre, avaient-ils déclaré en guise de justification.

Cet abonnement leur dispense des films à profusion, ils adorent cela, les films, surtout les productions Américaines. Bruce Willis, Harrison Ford, Julia Roberts ou Richard Gere les comblent d’aise.

Le mot FIN à peine apparu sur l’écran, ils vont se coucher, pipi-room, un baiser du bout des lèvres, le bonn’ nuit rituel, elle s’endort facilement, Madame Cauchois.

Au beau milieu de la nuit commence le cauchemar, toujours de la même façon.

Une horrible sensation de froid intense au niveau du cou, puis elle ressent la glaciale reptation d’un serpent glissant lentement d’une oreille à l’autre. Malgré le froid du reptile, elle transpire abondamment, son pouls s’accélère, le cœur s’affole, bat la chamade, une douleur atroce lui cloue la poitrine.

Cette douleur est due à son angine de poitrine, laquelle est traitée par son médecin, le bon Docteur Mouchaud.

Puis la reptation reprend, cette fois dans l’autre sens. Elle se débat, suffoque, hoquète, jusqu’au moment où, harassée, tremblante, clouée au matelas par l’horrible douleur, elle se réveille. Claude est là, heureusement, il lui tient affectueusement la main, la rassure :  

- Réveille-toi, Irène, c’est encore ton horrible cauchemar ! Voilà, c’est fini, ma chérie, apaise-toi !

- Alors, Docteur, je me calme, la douleur s’apaise lentement, quel soulagement ! Heureusement, mon Claude est là !

Affectueusement, Monsieur Cauchois a pris la main de son épouse.

Claude Cauchois, soixante et un ans, bel homme, grand, bien conservé, les tempes argentées, l’œil vif, sportif, ses quatre-vingts kilomètres hebdomadaires à vélo ne lui font pas peur, sans compter ses mille mètres crawl, quarante bassins tout de même, en moins d’une demi-heure, accomplis chaque vendredi à la piscine municipale.

Irène est plus mémère : après ses deux enfants, elle a conservé tout l’excédent de poids pris au cours de ses grossesses, ensuite, le quotidien, un travail sédentaire, peu de goût pour l’effort, préférant la tapisserie au vélo ou à la natation.

Et puis cet infarctus, survenu trois ans plus tôt, les urgences à Bichat, depuis un régime strict.

- Bien contrariants, ces cauchemars, déclare le Docteur Mouchaud. Vous savez, Madame Cauchois, votre cœur est bien fatigué et ces  crises qui font augmenter de manière alarmante votre rythme cardiaque au point de provoquer des malaises vous menant au bord de l’infarctus m’inquiètent beaucoup… Vraiment beaucoup, je vais vous prescrire un petit tranquillisant. Oh !  Pas quelque chose de violent, dans votre état, avec votre angor, plus votre arythmie chronique, il est évident que ce serait absolument contraire, par contre un petit décontractant pris une heure avant le coucher, devrait vous aider à vous débarrasser de cet horrible cauchemar.

Rassérénés, Madame et Monsieur Cauchois regagnent leur petit pavillon de banlieue situé dans une rue tranquille de Chaville.

La journée s’écoule, quiète et monotone.

Le soir, quel bonheur ! Le quatrième volet des aventures d’Indiana Jones : le royaume du crâne de cristal ! Tout un programme…

Après le générique de fin, Irène et Claude vont se coucher, Madame s’endort quasiment instantanément, sans doute le  décontractant pris une heure auparavant, Claude ne tarde pas à la rejoindre.

Deux heures dix-sept, Claude a ouvert un œil, toutes les nuits aux environs de deux heures, il se réveille, et cela depuis de nombreuses années.

Précautionneusement, il écarte la couverture, se lève, remet la couverture en place, s’éloigne sur la pointe des pieds, ramasse au passage sa robe de chambre, posée sur le pied du lit.

Il n’allume pas : sa maison, il la connaît par cœur. Capable de la parcourir en pleine nuit sans rien heurter, il se dirige vers la cuisine.

Une légère odeur de nourriture flotte encore dans la pièce. Il se dirige, toujours dans le noir, vers le grand réfrigérateur-congélateur, ouvre la porte de ce dernier, fait glisser la ceinture de sa robe de chambre, la roule en  spirale , puis la pose sur l’une des étagères du congélo, il referme doucement la porte.

Avec d’infinies précautions, Claude tire l’un des tabourets rangés sous la table, allume le petit néon situé au-dessus du plan de travail, puis il ouvre tranquillement la pochette contenant son portefeuille.

Il a sorti une photographie : elle représente une jeune femme, mince, jolie, un sourire angélique découvre ses dents magnifiques, elle semble lui dire "je t'attends".

Claude caresse amoureusement la photographie, un sourire sur les lèvres, puis la remet en place.

Une vingtaine de minutes plus tard, il se lève, remise le tabouret sous la table, ouvre le congélateur, saisi sa ceinture, et se dirige vers la chambre, tel un chat.

Le voici debout, près de sa femme. Lentement, il déroule la ceinture glacée, applique l’une des extrémités près de l’oreille d’Irène, puis lentement, très lentement, il déplace le ruban de tissu gelé sur le cou de Madame qui commence à s’agiter.


Dessin Andiamo 2009

lundi 9 février 2009

Tant-BourrinLes Blogbobandes dessinées (2)

Je vous avais proposé, il y a quelque temps, une petite série de comic strips mettant en scène vos héros favoris, c'est-à-dire nous, la bande à Blogbo.

Je n'avais pas à l'époque prévu d'en faire un thème récurrent de billets mais, encouragé par une cohorte de lecteurs enthousiastes qui m'ont supplié de faire une seconde série, j'ai changé mon fusible des pôles et suis reparti sur pour y faire dorer une nouvelle fournée (car, je le rappelle, je ne sais pas dessiner et ai besoin d'une légère assistance informatique).

Voilà le résultat !

Et rendez-vous pour l'épisode 3... peut-être un jour ! :~)




Tant-Bourrin : bon chiant ne saurait mentir


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Saoul-Fifre : on n'est pas sec-terre !


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Andiamo : mets de l'huile de coude !


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Mam'zelle Kesskadie : le bar des cinquante ans


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Tant-Bourrin : une histoire de ouie-ouie


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Saoul-Fifre : on s'en végète une petite ?


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Andiamo : remembers only


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Mam'zelle Kesskadie : la lettre à ellipse


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samedi 7 février 2009

Saoul-FifreBaptême si vil

Je dois avoir une tête à être parrain, c'est pas possible autrement.

Ils n'ont même pas eu la décence d'attendre ma majorité, à quatorze ans, ils me tombaient dessus et me mettaient un bébé braillard dans les bras, me faire ça à moi qui ai les oreilles si sensibles. Et puis évidemment, la totale, le riz à la sortie de l'église, les rubans, les dragées, le costard obligatoire, et ça m'est une vraie souffrance, la cravate, les souliers qui craquent, le col trop raide, m'enfin que voulez vous y faire, faut reconnaitre que ça dure pas des mois. Un petit effort, merde, ça va pas te tuer ?

D'autant que dans le cortège, il y avait une amie de la famille, de mon âge, belle, si belle que l'on n'aurait pas dû le lui permettre, rapport aux dégâts sentimentaux collatéraux possibles. Glups, pur et dur désir que le notre, pourquoi n'y a t-il pas un bouton "pause" dans la vie, pour savourer ces instants, ou même, "rewind", et pourquoi pas, grands dieux, qui qui l'est pas d'accord ?

Quelques années plus tard, rebelote. Après le filleul, la filleule. Ceux-là m'avaient subtilement acoquinés avec une marraine d'un tout autre monde, la femme d'un banquier de haut-vol. Si je n'ai fait tâche qu'un seul jour, c'est lors de ce baptême, mais rassurez-vous, j'eus d'autres maintes occasions de passer pour un pèquenal mal débourré. Les parrains-marraines devant s'occuper du cadeau principal, une croix en or massif, genre, avec chaîne de forçat, j'ai donc pu me ridiculiser aussi grâce à mon impécuniosité chronique. La famille venant à ma rescousse essentiellement pour éviter son propre déshonneur.

Maintenant, avec le recul, je dois reconnaitre que j'ai un bon feeling avec mes filleuls. Lui me ressemble beaucoup, en moins bien, faut pas exagérer, et nous nous comprenons, il peut parler avec moi de sujets qu'il évitera d'aborder avec ses parents, plus pénétrés de l'importance de l'apparence et de la réputation. Description euphémistique, hé hé. Bon, on habite pas la porte à côté et je ne suis pas trop donneur de nouvelles, mais la relation est bonne.

Ma filleule, elle, ha, elle, j'ai une grosse admiration pour elle, toujours du côté du vivant : lycée agricole, puis fac de Bio, jusqu'à la thèse, et puis marre du milieu insécurisant et sans doute gonflant de la Recherche, elle veut revenir au concret, à la terre, elle étudie la possibilité de cultures rares, de niches pointues. Se créer son emploi, quoi, En période de financements en chute libre, c'est pas con...

Et puis hier soir, ya calune qui me maile comme quoi elle veut me passer la troisième couche. Elle veut organiser pour la calunette, avec son accord, un baptême républicain !

Avec un maire à la place du curé, de la sangria à la place du sang du christ, de l'eau de vie qui remplacera l'eau bénite, pas de signes de croix, mais d'ébriété, des rondelles de saucisson faute d'hosties et des discours de politique générale plutôt que des lectures d'évangiles.

Je ne voudrais pas paraitre rabat-joie, enfin, je veux dire, pas plus que d'habitude, quoi ? mais je n'accepterai d'être à nouveau parrain que si ce baptême est célébré dans une église catholique, apostolique et romaine, au dessus de fonts baptismaux dûment consacrés à cet usage, avec le curé décoré de toutes ses fucking fanfreluches baptismales, non mais c'est vrai, quoi, sinon c'est la porte ouverte à toutes les hérésies barbares et une cérémonie qui a largement fait ses preuves de sérieux dans le respect de la tradition a vite fait de se retrouver caricaturée en finale de jeux olympiques de tee-shirts mouillés.

Mais non, calune, je déconne, allez respire un bon coup, mais z'oui : j'accepte avec joie d'être un des parrains de la calunette, sans conditions, tu peux même choisir un maire UMP, si tu préfères !

Vive la république ! Vive la france !

jeudi 5 février 2009

Mam'zelle KesskadieLe plus pathétique

Je sais que vous allez avoir envie de rire.

Pour ma part, je suis partagée entre le fou rire et les larmes de désespoir.

Voici mon compte-rendu, mes chummes chéries.

Le prince d'Égypte a continué sa cour avec insistance. Au téléphone, il est très gentil, sauf qu'il a un accent libanais et parle anglais et bégaie parfois ce qui rend la conversation difficile.

Il veut venir me voir. Pas de problèmes, mais je demande à le voir sur la webcam avant.

Bon, j'ai une connexion téléphonique, donc la webcam saute. Il me dit qu'il boite, mais bon, j'ai pas vraiment noté étant donné la pauvre qualité des images que je reçois.

Il a l'air assez bien, un peu grassouillet, mais moi, je lui trouve un air respectable qui ne me déplaît pas.

Donc, on prend rendez-vous.

Ah oui, j'oublie, il me dit qu'il fait cinq pieds cinq.

Il prend l'autobus parce que son auto est en réparation, il est de Montréal.

Pas de problèmes, je vais aller le chercher.

Seigneur, Dieu du Ciel, je le vois descendre de l'autobus.

Il me va au menton, non, soyons généreuse, au nez. il marche comme un vrai canard, la légère boiterie fait que je dois marcher super lentement pour qu'il me suive jusqu'à l'auto. Il sent le patchouli.

il m'a apporté un souvenir qu'il me remet derechef : une porte-carte en simili cuir marqué Montréal avec une feuille d'érable et une feuille d'érable en simili-brass trois couleurs marqué Montréal.

J'en avais les bobettes mouillées... d'avoir envie de rire !!!!

Et comme je lui ai promis qu'il pourrait au moins m'embrasser, il l'a fait en arrivant sur la bouche... yéârk !!!!!!! Une sainte chance que je lui ai jamais promis un french kiss, câlisse, ça m'aurait guéri la libido pour le restant de mes jours...

Bon, je me dis, il a peut-être des qualités cachées... va falloir que je lui en trouve vite, il est onze heures et je suis pognée avec lui jusqu'à huit heures à soir...

Aussitôt embarquée dans l'auto, je sais que je pourrai pas tenir. je me mords les lèvres constamment pour ne pas rire.

Comme toute bonne femme affreuse dans ces situations-là, j'imagine ma gang de chummes sur le siège arrière en train de se bidonner et je suis pas capable, mais pas capable...

Dieu Merci, il doit aller à la pharmacie parce qu'il a oublié ses médicaments, pour le cœur, pour la haute tension, pour le diabète. J'ai pas osé écouter la fin, j'avais peur d'entendre le mot viagra.

Une demie-heure de négoce avec le pharmacien pour qu'il reçoive de la médication...

Je me sentais séduite... par l'idée horrible de le laisser là...

Pendant ce temps, je dis que je dois aller à la toilette.

Là, j'ai fait le bottin complet de toutes mes connaissances de bitches sur mon cellulaire pour trouver une disponible, merci Carole, elle l'était. Je lui dis : tu me rappelles dans une demie-heure, mon père est mourant, pis il faut que j'aille à l'hôpital...

Pis là, je raccroche, soulagée.

De retour avec mon nabot, tout le temps qu'il me parle, je me dis qu'il va falloir que je fasse cet appel-là l'air catastrophée, pis si Carole niaise, je serai juste pas capable de pas pouffer de rire.....

J'ai mal aux joues de me retenir.

Là bon, on va déjeuner. Je trouve une terrasse. Ô horreur, qui vient s'assoir juste à côté de moi ?

La pire langue sale de tout l'hôpital où je travaille !!!!!!!

Heureusement, je le soupçonne de ne pas parler anglais. J'ai juste peur qu'il veuille me prendre la main...

Ce qu'il fait quand nous sortons du restaurant.

On avait l'air de Blanche-neige avec le huitième nain... j'enlève ma main au plus sacrant en lui disant qu'ici, tout le monde me connaît et qu'on pourrait penser qu'il est mon boyfriend.

I am not your boyfriend ?

Stie, ça fait pas une heure qu'on se voit, non !!!!!!

Bon, Carole me téléphone et m'aide en gardant un ton catastrophé (vive les cellulaires, mon Dieu, il m'a sauvé la vie) et là, les filles, je suis assez désespérée que j'ai réussi à pleurer pour de vrai !!!!! De vraies larmes sortaient de mes yeux !!!!!! Je devais aller le reconduire à l'hôpital pour aller au chevet de mon père qui est aux soins intensifs...

Je me serais battue d'être aussi vile, mais je me demande ce qui était mieux, de le laisser partir en lui disant qu'il est une horreur ou que mon père est entre la vie et la mort ?

Bref, j'étais pas capable, j'ai choisi le mensonge.

Alors, là, il me reste une heure à passer avec lui.

Il veut m'acheter plein de trucs la prochaine fois qu'il vient à Ottawa. On s'assoit dans un café, et il fait quoi ?

Non, il a pas regardé les autres femmes, nous étions seuls.

Non, il a pas pris ma main (je la gardais précieusement sur mes cuisses).

Non, il a pas essayé de me pogner les cuisses.

Il a pogné le journal et s'est mis à lire !!!!!!

Je n'en pouvais plus d'être séduite par son besoin d'érudition !!! Cliss, on vient de se voir, et il lit devant ma face le journal d'Ottawa !!!!!!

Enfin, l'heure fut venue de le remettre à l'autobus.

Il m'a demandé si on allait se revoir. J'ai dit non. Qu'un gars qui lit son journal devant moi, chu pas capable. Et que plein d'autres petits détails (dont les petits mensonges qu'il m'a dit sur lui...) font que je ne pense pas que nous ayons une relation.

Il était triste et a dit qu'il n'aurait pas dû venir.

Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas savoir que mon père serait à l'hôpital (moi non plus d'ailleurs) et qu'il fallait se voir pour savoir si nous étions compatibles.

Il m'a donné un bec sur la joue en partant.

Les filles, je trouve ça pathétique d'être looser de même. Pas beau, bégayant, boiteux, petit et comptable (scusez pour les CA ET CGA et autres comptabilités...).

Je suis triste et en même temps, j'ai envie de rire à m'en faire mal aux côtes.

Je vais prier pour lui, qu'il rencontre une femme qui va l'aimer, il est généreux à sa façon.

Et je vais prier pour que ça m'arrive pu...

Mam'zelle Keskadie encore en état de choc, toute seule, un dimanche pm, mais contente de l'être !

mardi 3 février 2009

AndiamoRencontre du troisième (sale) type

- Ho Pascal ! Allez viens on va s’en j’ter un.

Midi, attablés à la terrasse du café "Les Platanes", Francis, en compagnie de Fernand et Milou, vient d’interpeller le paysan en bleu de travail, casquette délavée rejetée en arrière, croquenots crottés aux pieds.

- Putain con, c’est pas de refus, fait’na chalor a far badar tots los luserts e tots los picataus dau païs, la suor me devala dins la jôtas dau cuôl ! (1)

Tous se marrent de bon cœur.

- Oh Gaston ! Une mominette pour le gamin !

Le patron arrive et en profite pour remettre la tournée aux trois autres.

- Té Pascal, tu ne les as pas revus tes Martiens ?

L’interpellé rosit.

- Fas cagua, Francis, arrête, HO ! Vous n’allez pas m’emmerder toute l’existence avé cette histoire, j’aurais bien voulu vous y voir moi, quand l’espèce de gros limbert gris est descendu de son engin bizarroïde, j’en suis encore tout estranciné !

Deux ans plus tôt, alors que Pascal travaillait à sa vigne, coupant les sarments, binant les pieds...

- Cette vigne, ça t’occupe toute l’année, le sécateur ça te bouffe les pognes, grommelait-il, et ces cons de Parigots, qui z’y comprennent rien ! Leur putain de pinard, ils le font venir de partout. Toi, tu t’escagasses pour une poignée d’olives, et encore pas bien grosses les olives. Au cul de l’âne, il les sentirait pas passer !

Il est là à parler tout seul, comme souvent, il sourit même en voyant dans sa tête les olives au cul de l’âne !

Puis, petit à petit, il prend conscience d’une présence. Il se retourne et là, sur le chemin, à quelques mètres de lui, il voit un truc bizarre, de la taille d’une très grosse voiture, de couleur grise. Aucun reflets : cette chose semble absorber la lumière. Il ne l'a pas entendu arriver. A côté, une créature, un peu plus petite que Pascal, son "visage" ressemble un peu à celui d’un lézard, il est gris lui aussi, mais légèrement brillant, comme si il portait une combinaison très fine et parfaitement ajustée à son corps.

Le "visage" de cette chose n’exprime aucun sentiments. Lentement, elle lève un petit objet, de couleur orangée, le dirige vers Pascal, avant qu’il ait pu comprendre quoi que ce soit, il se sent tout engourdi, comme paralysé, un peu "vapé"… Puis plus rien, le black-out… Le trou de mémoire.

Quand il reprend conscience, le soleil est déjà bas sur l’horizon. Pascal se secoue, comme un chien qui sort de l’eau, se frotte les yeux, sa bouche est sèche, râpeuse, lentement ses idées se rassemblent.

- Voyons, je suis arrivé vers deux heures, il regarde le soleil : ben il est cinq heures environ, qu’est-ce qu’il m’est arrivé ? Le boulot n’a pas avancé !

Il a parlé à voix haute comme à son habitude.

Quand il rentre au village : une vieille église, son campanile en fer forgé, la place et ses platanes centenaires, marché le Samedi et le Mercredi, le reste du temps la pétanque, LE café du village au nom très original, "Les Platanes", et les piliers, attablés, là.

- Ho Pascal ! Qu’est-ce qui t’arrive ? On dirait un hanneton qui a pris un coup d’béret !

- Oh fan, je suis tout ensuqué, si j’vous raconte, vous allez vous foutre de ma gueule ! Oh, Gaston, une mominette !… Non, un grand pastaga ! J’ai une de ces soifs !

A peine servi, Pascal écluse son godet cul sec.

- Peuchère, tu vas nous avaler la Durance, et l’Ubaye avec !

Pascal enchaîne :

- Si vous saviez : y’a un Martien ou je ne sais quoi, qui a atterri dans ma vigne !

- Tu es sûr que tu n’as pas un peu chargé sur le rosé ce midi ? Depuis que la Vivette elle est au cimetière, il me semble que tu leur vois souvent le cul aux bouteilles, à défaut de voir celui des femmes, lui répond Milou d'un air goguenard.

Sans relever la boutade, Pascal continue.

- Eh bé voilà : j’étais dans ma vigne, là-haut, au mas de Bouffaréo, il était deux heures, quand tout à coup, j’ai senti une présence…

Les trois autres écoutent, attentifs.

- Je me suis retourné et j’ai vu un engin de la taille d’un gros 4x4, à coté y’avait une chose… Un truc, c’était pas humain !

- Le pastaga, lâche Milou !

- Te vas ‘massar un pastisson, grand colhon (2) ! Si tu continues, je sais bien ce que j’ai vu, fan ! Puis après, j’sais plus bien, c’est vague, je me suis "récupéré" trois heures plus tard, ensuqué, comme après une cuite, j’avais pas bu nom de Dieu ! Juste un verre ou deux en mangeant, pas de quoi retourner un mulet !

- Eh bé Pascal, tu vas finir avec un entonnoir sur la tête, lâche Fernand, tout en montrant sa bouche édentée.

- Mais non, j’suis pas fada, fan de chichourle, tu m’prends pour un colhon !

Pascal se lève, un peu furieux :

- Bon, j’préfère aller soigner mes chèvres, elles sont moins bêtasses que vous !

- Oh, tu veux mes bottes ? s’esclaffe Fernand.

- Coulhon vaï ! rétorque Pascal.

Le lendemain, comme chaque soir, après la journée, on se retrouve aux "Platanes". Francis tient le journal.

Ouvert devant lui, "La Provence", il commente les évènements :

- Vé ! Encore une disparition, ça commence à en faire un paquet ! Une femme, cette fois, du coté de Pélissanne, putain con t’as eu chaud, toi, Pascal, ce doit être ton "Martien" qui fait le coup, mais t’es trop vieux, ça ne lui aura pas plu ! Te seis mas ‘na meschanta carna (3), dans l’fond c’est mieux pour toi.

Tous se marrent, et on remet la tournée.

Après l’adiussiat rituel, Pascal rentre chez lui, la maison est bien vide depuis la disparition de Vivette, il suspend sa veste de bleu au crochet près de la cheminée, puis se dirige vers l’escalier de la cave, allume la petite ampoule poussiéreuse pendue au plafond, et se dirige vers le grand congélateur, soulève le couvercle.

Dans la pénombre, et combiné au froid du congélo, le jeu de lumière fait légèrement briller sa peau aux reflets un peu argentés, sa main plonge dans le bac et en remonte un bras, un peu grassouillet, la peau est douce et nacrée, assurément celui d'une femme, ce soir Pascal mangera de la daube.



Un grand merci pour ANNE qui m’a traduit en langue d’OC les quelques phrases qui émaillent ce petit billet, encore MERCI.

En voici la traduction :

(1) Il fait une chaleur à faire bailler tous les lézards et les pics-verts du pays : la sueur me desend entre les fesses !

(2) Tu vas ramasser une tarte grand couillon.

(3) Tu n’es qu’une mauvaise carne.

dimanche 1 février 2009

Tant-BourrinMon prochain album (10)

Je le devine bien, vous étiez fous d'inquiétude de ne plus avoir de nouvelles de ma formidable carrière artistique qui ne va pas tarder à décoller. Eh bien, rassurez-vous : je séjourne toujours en Californie et ne suis pas resté les bras croisés au cours des mois de silence radio qui viennent de s'écouler !

Mon ardeur légèrement douchée par le peu d'enthousiasme manifesté par vous, chers lecteurs et lectrices et potentiels acheteurs et achetrices de mon prochain album, à l'écoute de ma dernière maquette, à peu près équivalent à la froideur dont vous aviez fait preuve vis-à-vis de mes précédents essais (, , , , , , et itou), j'ai donc décidé de détruire tous mes enregistrements à grands coups de rangers et de repartir entièrement de zéro.

Finalement, l'énergie brute et primaire, ce n'est pas ce qui convient à vos oreilles de bourgeois encroûtés qu'un pet de travers suffit à effaroucher. Non, il vous faut du doux, du mélodieux, du bien produit ultra-sophistiqué, sans aspérité.

Je décidai donc de changer de nouveau de look et optai pour un smoking, volé emprunté loué chez un fripier des meilleurs tailleurs de la ville, et commençai à déambuler dans les quartiers les plus huppés à la recherche d'un salon où taper l'incruste l'on cause. C'est ainsi que, outre m'empiffrer de petits fours et engloutir des litres de champagne, j'ai sympathisé avec un type aussi bourré que moi gentleman féru d'art qui a su détecter en moi un génie du show-business en devenir.

Comme il me paraissait être pété de thunes un esthète prêt à soutenir financièrement la création artistique, je lui ai proposé de financer la production de mon prochain album qui allait naturellement se vendre par milliards à travers le monde et constituerait donc, en sus, un excellent placement pour lui avec une rentabilité à peine imaginable.

Coup de bol, il m'a baragouiné que c'était OK et que j'avais carte blanche, pour ne pas dire carte bleue. Et d'ailleurs, il était tellement torché enthousiaste qu'il me confia réellement sa carte Platinium assortie du code, en m'assurant que j'avais crédit illimité pour produire mon album.

Vu les conditions glauques relativement sobres dans lesquelles j'avais dû enregistrer mes précédentes maquettes, inutile de vous dire que cela n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd !

Je commençais à chercher un studio digne de ce nom. Je rachetai donc ceux de la Métro Goldwyn Meyer ainsi que tout le quartier environnant sur un rayon de 20 km, car il ne faut pas lésiner : je ne souhaitais pas avoir la visite d'importuns pendant que j'enregistre et me donne tout entier à mon Art.

Puis, après avoir réalisé que les studios en questions étaient en fait des studios cinématographiques, je les fis équiper entièrement en matos audio. Et quand je dis "matos audio", je parle de ce qui se fait de mieux au monde en la matière. Et pour le plaisir, je fis tout dorer à l'or fin avec mes initiales gravées dessus : on a beau n'être qu'à l'aube d'une carrière fulgurante, on n'en a pas moins son petit amour propre !

Ensuite, je recrutai le strict minimum pour mes sessions d'enregistrement, à savoir 3500 ingénieurs du son, 15000 musiciens (dont à peu près tous les orchestres philharmoniques de la planète), un petit millier de producteurs, 20000 agents d'entretien, 300 restaurateurs (les plus grands noms, ça va de soi), 160 coiffeurs, 240 manucures, 16000 masseuses et environ 30000 personnes pour toutes les menues tâches du quotidien. Le strict minimum, quoi ! Ce n'est pas parce mon nouvel ami payait tout que j'allais abuser, vous me connaissez !

Bref, je vous passe les détails, après six mois d'orgi de travail acharné durant lesquels je donnai le meilleur de moi-même, je peux vous assurer que le résultat est à la hauteur de mes ambitions : grandiose ! Nul doute que les gros boeufs fins auditeurs que vous êtes allez vous précipiter sur mon CD dès qu'il aura été pressé à douze milliards d'exemplaires et sera disponible dans le commerce !

D'ailleurs, comme je suis généreux et pas avares de mes deniers, je vous offre gratuitement un morceau de ce qui promet d'être le plus grand disque de tous les temps. Un morceau dont la sophistication de la musique n'a d'égale que la profondeur du texte, sur un thème puissamment subversif. Ça fait bouillonner le cérumen, hein ?




Cliquez sur l'image pour voir la pochette en grand


Tant-Bourrin - Nadine la sardine


Nadine la sardine
Est partie en week-end
Avec ses copines
A Châteauroux dans l'Indre

Dans leur boîte en fer blanc
Au Shopi de la ville
Ce fut si troublant
Elles m'ont fait envie

Car j'ai bon goût
Oui, si bon goût
Oh, j'ai bon goût

Dans sa robe d'huile
Elle était la plus belle
Nous eûmes une idylle
Au fond de ma gamelle

Nadine, ô Nadine
C'était là ton destin
Nos amours se terminent
Dans mes intestins

Car t'as bon goût
Oui, si bon goût
Oh, t'as bon goût
Oh, bon goût

Nadine la sardine
Est partie en week-end
Avec ses copines
A Châteauroux dans l'Indre

Dans leur boîte en fer blanc
Au Shopi de la ville
Ce fut si troublant
Elles m'ont fait envie

Car j'ai bon goût
Oui, si bon goût
Oh, j'ai bon goût
Oh, bon goût

Car t'as bon goût
Oui, t'as bon goût
Oh, t'as bon goût
Oh, bon goût

(Téléchargeable directement ici)


Une seule chose m'étonne un peu : c'est la réaction de mon ami. Déjà, pour commencer, il a débarqué dans le studio, blême, avec un relevé de compte dans sa main tremblante. Et quand, fier comme Artaban, je lui ai fait écouter la maquette, il est devenu encore plus pâle que pâle et s'est mis à marmonner, le regard comme fou : "50 milliards de dollars !... 50 milliards de dollars !... et en plus pour ÇA !!!!"

Et ce que je comprends encore moins, c'est pourquoi il est plus tard allé inventer dans les journaux que les 50 milliards avaient été perdus dans un montage financier frauduleux, alors qu'il aurait pu fièrement annoncer à la face du monde qu'il avait investi un peu d'argent sur le plus talentueux auteur compositeur interprète que la Terre ait jamais porté, c'est-à-dire moi !

Ah, oui, au fait, je ne vous ai pas dit le nom de mon ami, il mérite bien que je lui fasse un peu de publicité : c'est Bernard Madoff.

Hein ?... Quoi ?... Qu'est-ce qu'il y a encore ???... Ça ne va pas ENCORE recommencer ??? Des mauvaises langues (des jaloux, oui !) semblent avoir l'outrecuidance de laisser entendre que tout cela ressemblerait peut-être de façon presque imperceptible à ceci...

Alors là, je suis scié. Mais je ne vais pas en rester là : je vais intenter un procès en diffamation à tous ces médisants et mettre des cohortes d'avocats sur le coup, na !

Et, d'ailleurs, je vais demander à Bernard s'il peut m'en prêter quelques-uns des siens, il paraît qu'il en utilise beaucoup en ce moment...

vendredi 30 janvier 2009

Saoul-FifreRégression

Ha j'adore écrire des billets de vieux con, surtout depuis que je suis assuré du soutien indéfectible et redondant de mon aîné Andiamo. Enfin, je me comprends : quand je dis "j'adore", c'est faux, j'aimerais de tout mon cœur que la matière me manque, que mon analyse soit bancale, que n'importe quel optimiste béat me ridiculise en 2, 3 coups pleins d'évidence, mais malheureusement, il suffit juste d'un peu de mémoire, et la mienne, pourrie, est encore de trop : le progrès recule, ô oui ô oui, ils nous enculent.

Nous vivons tous convaincus que le monde va vers le mieux, que nos grands-parent étaient des primitifs à peine descendus de leur branche et que nous seuls avons su évoluer en bien, en ne conservant que la malignité du singe, notre ancêtre.

Et ce mythe mensonger a la dureté et la durabilité de la carapace de la tortue têtue puisqu'il nous manipule depuis que l'homo ça pience et plus particulièrement depuis le fardier de Cugnot.

En vérité, je vous l'affirme, les choses et les gens évoluent en bien ou en mal, c'est selon, et je n'en veux pour preuve que mon expérience, identique à tant d'autres.

Quand j'étais petiot, le secret des correspondances privées était un commandement d'ordre divin gravé dans le marbre PTT. Si pour une raison ou pour une autre (mauvaise adresse, enveloppe tombée dans l'eau...) une lettre ne pouvait être remise à son destinataire, elle prenait la direction de Libourne. Là, une petite équipe, assermentée, avait seule le droit d'ouvrir le pli litigieux à la recherche d'un élément permettant de finaliser le noble travail postier : acheminer le message à son destinataire, sans que nul ne l'intercepte.

Aujourd'hui, n'importe quel enquêteur peut se faire communiquer nos mails, nos textos, nos mouvements de banque et pister notre carte bleue. Cela fait 20 ans que l'on nous a révélé l'existence de la NSA et du système ÉCHELON. L'outil n'a pu que s'affiner. Bien que tout soit perfectible.

Quand j'étais petiot, les routes étaient sûres : il y avait peu de véhicules et ils ne roulaient pas vite. Ça parait dingue, mais n'avaient pas encore été inventés : les ceintures, les sièges bébés, les éthylo-tests, les radars. Il y avait bien une vitesse maximum mais rien pour mesurer son dépassement. On pouvait rouler bourrés ! Pas de niqueurs d'amortisseurs à passer à 5 à l'heure maximum. Pas de contrôles techniques. C'était de l'économie durable, les pare-chocs attachés avec du fil de fer !

Aujourd'hui, ô misère, enfin, vous m'avez compris.

Quand j'étais petiot, il y avait une gare dans le moindre petit village, avec des trains tout le temps, et pas chers. Si on remonte encore un peu en arrière, il y avait même une troisième classe ! Les pauvres pouvaient voyager pour des nèfles. On achetait son ticket pour un trajet et si on changeait d'avis, il restait valable toute l'année. On pouvait le refiler ou le revendre à quelqu'un... Quand on ratait son train, on prenait le suivant. On descendait à une station, à la poursuite de cette jeune fille au manteau rouge, puis on reprenait son voyage, trois mois plus tard. Avec le même billet. Le train, c'était la liberté qui pelotait la poésie.

Aujourd'hui, toutes les petites lignes qui desservaient les villages de montagne et autres tréfonds culiers ont été démontées. On a revendu les gares et les maisons de garde-barrières. Le prix du ticket change toutes les deux heures : attention il remonte, vitevitevite, hé merde il a rebaissé, je l'ai acheté trop vite. On se croit en train de jouer en Bourse, mais pour revendre les titres et faire des bénefs, macache ! Votre billet est nominatif, inéchangeable et valable sur ce seul train. Ou alors c'est que vous l'avez payé dix fois le tarif de base, et dans cet unique cas là, vous avez six minutes chrono pour courir l'échanger au guichet contre une place dans le train suivant. S'il en reste. Où que vous habitiez, il vous faut passer par Paris pour aller autre part. Il n'y a plus que six lignes : Paris/Biarritz, Paris/Brest, Paris/Lille, Paris/Strasbourg, Paris/Marseille et Paris/Toulouse est sur la sellette (rentabilité limite).

Quand j'étais petiot, on titillait le levier qui faisait venir la demoiselle des PTT et on lui demandait par exemple le numéro de Manou (le 69 à Asnières). Le prix de l'appel local était de quelques centimes et l'on parlait tant qu'on voulait, de tout et de rien. Le service après-vente était global et gratuit : sur simple appel (gratuit) au 13, un réparateur débarquait illico et réparait la panne, comme son titre l'indiquait. Il changeait le poste si c'était le poste, retirait le fil si c'était le fil, replantait un poteau si un chauffard l'avait fauché à ras, changeait les para-foudres s'il y avait eu un orage, le tout gratuitement, sans essayer de vous culpabiliser et avec le sourire dû à tout client.

Aujourd'hui, le marché des céphalalgiques est soutenu à bout de bras par les ceusses essayant de comprendre les grilles tarifaires des opérateurs de téléphonie. Les petits qui se croient malins, bien imbibés du concept libéral, mettent les entreprises en concurrence, alors qu'elles se sont arrangées dans leur dos depuis lurette, pour bien les plumer. Et bien sûr, évitez de tomber en panne, car salée sera la facture. L'attente avant la mise en relation, puis l'exposé des doléances est payant. On vous menace, vous qui n'y connaissez rien et qui appelez au secours : "vérifiez bien que la panne ne se situe pas à l'intérieur de votre logement, sinon notre technicien sera obligé de vous facturer sa prestation". Alors là, normal, vous demandez "combien ?", et la réponse vous file un tel coup de taser que vous raccrochez.

Je n'évoque même pas ceux qui manifestaient aujourd'hui pour tenter de sauver quelques bribes d'avantages acquis. Le code du travail a été déchiqueté, haché menu, mixé, centrifugé, jusqu'à en obtenir une pommade à consistance de vaseline, si vous voyez ce que je veux dire ?

L'Etat nous prend pour des cons, l'Etat nous rend cons.

Et d'entendre l'autre Napoléon le petit tenant à rappeler ... que le service public appartient au public après avoir tout fait pour le privatiser et le démanteler, et ben ça me fait légèrement mal aux seins, sans du tout me remettre dans le chemin de la bonne humeur.

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