Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 23 septembre 2009

AndiamoMoebius

Avril 1917 : la grande guerre s’enlise, les hommes, ceux que familièrement on appelle les poilus, sont à bout, le froid après ce terrible hiver, la vermine, la popote qui arrive froide, la boue qui vous pénètre partout, le courrier qui n’apporte même plus le réconfort.

Avril 1917, la vallée de l’Aisne, au lieu dit "le chemin des dames" où sera livrée l’une des plus sanglantes batailles de la grande guerre, l’armée Française sous les ordres d’un irresponsable, ne cherchant QUE sa gloire personnelle, au mépris de la vie de ses troupes : le général Nivelle, on lui devra cent quatre-vingt mille morts !

Le 16 avril à six heures du matin, les hommes montent à l’assaut, le but : pénétrer les lignes ennemies. En face, les mitrailleuses MG08 et Bergmann sont entrées en action, fauchant ces jeunes hommes, aux visages prématurément vieillis par l’horreur.

Parmi eux, Eugène Magnin, vingt-deux ans, après la bataille de la Marne dont il s’est miraculeusement sorti avec seulement, si l’on peut dire, une balle de Maüser qui lui a éraflé la cuisse, s’est retrouvé à nouveau dans l’enfer. Ses copains l’appellent "Quatre feuilles", en référence au trèfle du même nom censé porter chance.

Eugène avance sous le crépitement infernal et le pilonnage des obus de mortier. A côté de lui, il voit tomber des uniformes, impossible de distinguer et reconnaître les visages, c’est le carnage, la boucherie, des capotes en toile contre le feu nourrit d’une vingtaine de mitrailleuses... Une folie.

L’ordre de repli est donné par l’adjudant Champeau. Quatre feuilles ne se le fait pas dire deux fois, il rebrousse chemin et plonge littéralement dans la tranchée !

On compte les morts : quarante-deux, rien que dans ce petit morceau de terre creusé dans le sol de l’Aisne… Quarante-deux. Au total avec les autres : ça en fait combien ?

Le soir tombe, Eugène est de garde. La nuit est presque noire, seul un mince quartier de lune apporte une faible lueur. Prudemment, il lève la tête au-dessus de la tranchée. Il balaie du regard la campagne ravagée par les trous d’obus quand il aperçoit, à trois cents mètres tout au plus, une lueur. Pas celle d’un campement, ça ressemble à celle d’une fenêtre éclairée par une lampe à pétrole. Il la reconnaît facilement cette lueur, il vivait à la campagne, en Auvergne, près d’ Issoire, et cette lueur il l’a maintes fois aperçue lors de ses virées nocturnes, à la braconne, ou bien en revenant d’un rendez-vous avec une fille de ferme peu farouche !

Oh ! Pouvoir retrouver ne serait-ce qu’un instant la chaleur d’une maison, boire qui sait, un vrai café ?

Sa garde vient de commencer, il est là pour deux heures, plus loin Anselme l’autre garde s’est assoupi, rien d’étonnant après une journée pareille, il connaît bien Anselme. "La Marmotte", c’est son sobriquet… C’est dire !

Alors lentement, tel un chat, Eugène escalade la tranchée et commence à ramper vers la lueur. Peu de chance qu’on l’aperçoive du côté des boches, la nuit n’est pas assez claire.

Puis il se redresse à moitié et marche le dos courbé vers la fermette, car maintenant il en est sûr, il s’agit bien d’une fermette.

Il frappe… Quelques secondes, la porte s’ouvre, une très jolie jeune femme apparaît, cheveux blonds serrés dans un chignon, une robe simplette, grise à col blanc, sagement boutonnée, un visage magnifique, de grands yeux verts, sans fard, et un sourire…

-Entrez, je vous en prie.

Il essuie ses croquenots boueux au décrottoir situé sur le coté de l’entrée puis s’avance. La pièce est propre, Eugène pénètre dans la grande cuisine, une table immense, huit chaises, une cheminée dans laquelle brûle deux ou trois bûches. La jeune femme tire une chaise et l’invite à s’asseoir.

- Je m’appelle Clotilde et vous ?

- Eu…Eugène balbutie-t-il.

- Je vous sers un café ?

- Avec plaisir !

Il n’en revient pas, elle ne semble même pas apeurée, il y a une minute elle ne l’avait jamais vu, et là, elle lui prépare un café, comme si elle le connaissait depuis toujours.

- Tous ces bruits, toute cette fureur, ça ne vous effraie pas ?

- Avec du sucre le café ?

- Non, merci.

Elle lui apporte le café fumant, la jeune femme semble dans un autre monde. Ça n’est pas possible, ce calme, ce détachement, cette quiétude au milieu de l’enfer, songe Magnin.

Eugène commence à boire son café, une merveille, songe-t-il. Face à lui, Clotilde dénoue son chignon, sans quitter le soldat des yeux, puis lentement elle déboutonne sa robe, Magnin est stupéfait, elle accomplit ces gestes naturellement, sans provocation, pas comme une catin songe-t-il. Puis, sans se départir de son merveilleux sourire, elle lui tourne les talons et se dirige vers le fond de la pièce, ouvre une porte et entre, laissant l’ouverture béante.

Lentement, Eugène se lève et se dirige également vers le fond de la salle, pénètre dans la pièce.

C’est une chambre, Clotilde est allongée à demi-nue sur le lit, à terre un édredon tendu de satin rouge. Mangin s’approche, pose un genou sur le lit puis dépose un baiser sur les lèvres de la jeune femme…

Une bonne heure s’est écoulée depuis son départ, Eugène se rhabille en hâte, dépose un dernier baiser sur le sourire de Clotilde, puis retourne vers l’enfer, il doit impérativement rentrer avant la relève.

Tel un renard, il se retrouve à son poste. Anselme roupille toujours, doucement Eugène le secoue.

- Eh, La Marmotte, réveille-toi, ça va être la relève ! Si l’adjupète te voit roupiller, ça va chier pour ton matricule !

- Hein ? Ah, c’est toi, Quat’feuilles, j’dormais pas, t’sais… Juste un peu rêveur.

- Ouais, laisse tomber !

Un quart d’heure plus tard, c’est la relève assurée par "Riflette", un Breton, et "Pantruche", le titi de Belleville.

Le lendemain, cet obstiné de Nivelle ordonne un nouvel assaut, malgré les réticences des officiers et sous-officiers placés sous ses ordres, mais il la VEUT son immortalité, sa postérité, qu’importe les pauvres gars qui vont mourir…

Au coup de sifflet, les hommes apeurés, la trouille au ventre, escaladent à nouveau les échelles de bois et vont servir de cibles pour les boches.

On comptera cinquante-sept morts dans la tranchée de Quatre feuilles, morts pour rien, une fois de plus, une fois de trop.

Le soir, Eugène scrute en direction de la fermette. Rien, aucune lueur, la lune éclaire davantage, le ciel n’est pas voilé, il n’aperçoit même pas la ferme en silhouette, pourtant elle devrait se détacher sur le ciel un peu plus clair.

Pas d’assaut pour la journée du lendemain. Triste jour : Riflette a été évacué à l’arrière, une balle dans l’abdomen. Si avec beaucoup de chance il s'en tire, le front ce sera sans doute terminé pour lui… Pas sûr !

La nuit est noire. Eugène a pris son tour de garde. Plus loin, La Marmotte somnole, comme d’hab'. Eugène a escaladé les premiers barreaux de l’échelle, il regarde en direction de la maison et aperçoit la lueur. Son cœur fait un bond !

Un dernier regard sur son compagnon qui dort comme un bébé et, comme la dernière fois, Quatre feuilles, au prix d’une extrême prudence, parvient à la porte de la fermette.

TOC ! TOC ! Quelques secondes. La porte s’ouvre, la jeune femme apparaît, même chignon serrant ses cheveux blonds, même robe grise à col blanc, même sourire, ni étonnée ni apeurée, elle ne semble pas le reconnaître.

- Entrez, lui dit-elle

- Clotilde, tu ne me reconnais pas ? C’est moi Eugène… Enfin, il y a deux nuits, tous les deux, tu ne te souviens pas ?

Clotilde s’est approchée de la table, a tiré une chaise, la lui présente.

- Un café ? Interroge-t-elle.

Quatre feuilles est éberlué, tout se déroule de la même façon que précédemment.

- Avec du sucre le café ?

- Non, non, balbutie-t-il.

Elle lui apporte sa tasse, puis lentement défait son chignon impeccable, ses longs cheveux se déroulent…. Superbes, lentement elle commence à déboutonner sa robe, puis se dirige vers la chambre.

C’est surréaliste, pense Magnin. Comme un automate, il la suit, le désir est le plus fort, il l’aime, encore et encore, puis tout à coup, il se lève se rhabille à la hâte et regagne sa tranchée cinq minutes seulement avant la relève. Juste le temps de réveiller La Marmotte, la relève arrive.

Les deux jours suivant, rien. Chaque soir, Eugène est allé regarder par-dessus la tranchée. La journée, il s’abstient, se retient, lever la tête par-dessus les sacs de sable c’est trop risqué, il y a toujours un "Fritz" prêt à vous dégommer. Il n’a vu ni la maison, ni la lueur. Le troisième jour, encore un assaut, cinquante et un morts dans son secteur et on n’a pas avancé d’un pas, les Chleus sur leurs positions, les Françouses sur les leurs.

Enfin, le quatrième soir, Quatre feuilles aperçoit la lueur. Comme un fou, et au risque de se faire voir, il franchit rapidement la distance le séparant de son amour, il ne pense plus qu’à elle, il en est fou.

Il frappe. Clotilde lui ouvre. Comme la dernière fois, elle ne semble pas le reconnaître et le même scénario recommence.

La première étreinte passée, Eugène lui demande si elle le reconnaît, les grands yeux verts le regardent étonnés.

- Pourquoi, je devrais ?

Magnin est sidéré, elle ne le reconnait pas, alors il cesse de la questionner et ils refont l’amour.

De retour dans sa tranchée, Eugène se pose mille questions.

D’abord, le doublement du temps entre chaque apparition : un jour, deux jours, puis quatre jours,

Cette femme merveilleuse qui ne me reconnaît pas.

Et enfin toujours les mêmes gestes, le café, le chignon, puis les boutons de la robe.

Il lui revient en mémoire ce jour où, sur le foirail à Issoire, il avait vu un gramophone, une bien étrange machine munie d'un énorme pavillon en laiton, un rouleau fait de bakélite sur lequel reposait une aiguille, le tout actionné par un moteur à ressort, un peu comme une horloge.

L'homme qui présentait l'appareil avait longuement tourné la manivelle afin de bander le ressort, puis, après avoir posé délicatement l'aiguille sur le cylindre, il s'était légèrement reculé afin de s'amuser du regard ébahi des spectateurs. La chanson qui coulait du haut-parleur, c'était "la Madelon". Les paroles étaient inaudibles par moment, mais qu'importe !

Soudain se répétèrent les mêmes mots : vient nous serv... vient nous serv...vient nous serv....

Alors l'homme souleva légèrement l'aiguille puis la replaça un peu plus loin. Le rouleau est un peu rayé, formula-t-il en guise d'excuse.

Exactement comme le cylindre rayé, songea Eugène. Il repensa alors à la leçon que Monsieur Dambart son instituteur leur avait fait un jour :

- Prenez une feuille de papier, découpez deux bandes, collez les deux extrémités de l’une d’entre elles, puis prenez vos ciseaux et découpez cette bande par le milieu. Vous obtenez deux anneaux, n’est-ce-pas ?

- Oui M’sieur, avaient répondu le chœur des enfants.

- Maintenant, prenez l’autre bande de papier, faites lui faire un demi-tour, puis collez les deux extrémités, prenez vos ciseaux et découpez l’anneau en deux. Qu’obtenez-vous ?

- Un grand anneau, M’sieur !

- Voilà, vous avez réalisé une bande de MOEBIUS ! Vous pouvez à nouveau couper cet anneau, vous obtiendrez encore un nouvel anneau deux fois plus grand, et ainsi de suite jusqu’à l’infini !

Eugène n’attendit pas huit jours pour retrouver Clotilde : au sixième jour, lors d’un nouvel assaut, il fut touché par un éclat de schrapnel, son bras droit emporté, envoyé à l’arrière pour être soigné, les soins furent très longs et, bien sûr, il ne retourna jamais en enfer. Le 11 novembre 1918 mit fin à l’un des plus grands carnages de l’histoire.

Des années plus tard, il se rendit près du lieu où se trouvait la fermette. Il n’y avait plus que des ruines et, quand il demanda aux gens du village le plus proche quand la ferme en question avait été touchée, on lui répondit :

- Ah, la ferme du Barthélémy et de la Clotilde ? Elle a brulé en 1912, la Clotilde a brûlée vive, surprise dans son sommeil, et le Barthélémy, on l’a retrouvé pendu… Le désespoir, M’sieur, le désespoir !

dimanche 20 septembre 2009

Saoul-FifreJeune témoin du christ

Je sais pas d'où sortait ce truc chelou qui sonne un peu comme "témoin de jéhova", je ne me souviens pas de qui m'avait recruté, ni de pourquoi j'avais dit oui, toujours est-il qu'une fois par semaine, entre midi et deux, je me rendais derrière la rue judaïque, dans un monastère bordelais, pour m'occuper un tant soit peu de mon âme.

Le rapprochement parait zarbi, mais cela se passait à une époque parallèle à mon dernier billet

Renseignements pris , il semble que ce soient les fuckings jésuites qui lancèrent ce mouvement, ce qui ressemble assez au souvenir que j'en garde. Nulle sensation d'embrigadement, d'apprendre par cœur un catéchisme étriqué. Les jésuites sont bien plus fins, ils insistaient énormément sur ce que l'individu peut apporter au groupe, sur les idées personnelles, les actes forts qui seuls, peuvent nourrir le grand œuvre. Nous travaillions sur des thèmes, en se demandant comment les faire vivre, les incarner. J'aimais bien la bonne sœur qui nous drivait.

Dans un des liens, résultat de la recherche google que j'ai lancée pour pouvoir écrire ce billet, on parle des JTC comme d'un lieu privilégié d'éclosion de vocations sacerdotales et religieuses . Disons que je l'ai échappé belle et n'en parlons plus. Je m'en suis d'ailleurs échappé assez vite, pour pouvoir aller à la rencontre des autres barges, surtout ne pas afficher de préférences, ne pas faire montre d'injustice. Les mormons, les missionnaires, les charismatiques, les militants de tous bords et autres parleurs en langues, tous ceux qui sont persuadés dur comme fer de détenir la vérité et se trouvent bien altruistes de prendre sur leurs loisirs pour passer le message aux voisins.

Les imbéciles heureux qui croient en quelque chose.

Reste que je me demande encore ce que j'allais fiche dans de pareils coinstots car indubitablement, c'était moi, et c'étaient eux ! Il est probable que toute tentation d'explicative me ramène encore et toujours à mes premières années, c'est à dire à la guerre, à la violence, mais aussi à l'amour, à la passion de la découverte, en vertu du classique "tout se passe avant...".

J'éprouve un sentiment de fascination / répulsion pour l'être humain ; et si je me laisse aller sans me débattre, avec délectation, même, à la première tendance, je refuse catégoriquement la seconde.

Il y a sûrement une solution. L'homme est-il mauvais, définitivement imbuvable, même avec une sauce morilles-échalottes ? Cette idée de condamnation divine à rester vautrés dans la fange séculaire, me choque, me révolte. La perfection réservée à un hypothétique espace post-mortem me fait ricaner ; et s'il suffisait de vider cul sec un ciboire de sang du christ avec des morceaux de la vraie foi dedans, pour être absaoul, cela se saurait et les églises ne seraient pas désertes.

Pourquoi les vrais croyants, les exégètes en Code Céleste, ceux qui ont l'oreille, le portable perso de la divinité, sont-ils largement aussi et même pire ? Abus sexuels sur mineurs par personne ayant autorité, proxénétisme, viols, attentats terroristes sur civils innocents, justifications de la guerre "juste"...

Le péché originel, comme ils disent, et la malédiction du dieu vengeur qui s'ensuivit, est là, et bien là !

Mais de tous temps, connus, inconnus, femmes, hommes, laïques ou religieux, des gens se sont levés pour refuser le mal comme normal, comme inéluctable.

Pour moi, le premier de ceux-ci est le christ. Son message est clair, fondamentalement non-violent, et en totale rupture avec l'ancien testament, la torah des juifs, remplie de conflits, d'assassinats, de destructions et de conquêtes. Message de paix complètement incompris par les catholiques, repreneurs officiels de la marque "jésus", au point de terroriser plusieurs siècles avec leur Inquisition, d'exterminer toute tendance chrétienne ayant une lecture des évangiles légèrement différente et d'ailleurs d'en interdire carrément la lecture libre, sans parler de leur frénésie, courante à l'époque il est vrai, d'aller croiser le fer avec des hérétismes éloignés.

Dans son sillage humaniste, on peut relever l'ultramoderne De la servitude volontaire, d'Etienne de la Boëtie, puis Léon Tolstoï, La désobéissance civile, de Henri-David Thoreau, Joseph Proudhon, Gandhi, bien entendu, celui qui a eu le plus l'occasion de mettre la non-violence en pratique en mettant à genoux, à la seule force de son rouet, Churchill lui-même, et tout son commonwealth, avec le minimum de casse. Lanza del Vasto, à sa suite, avec son efficace Technique de la non-violence, qui a fait merveille pour obtenir un statut aux objecteurs de conscience et pour libérer le Larzac de ses militaires, sans oublier l'immense Martin Luther King.

Toutes lectures que je vous recommande chaudement, et que je vous recommande de recommander autour de vous, si vous n'avez pas perdu tout espoir de paix dans le monde.

Ah tiens, je me souviens de comment j'ai quitté les "Jeunes témoins du christ" !

Une de mes coreligionnaires, une fille, donc, car c'était mixte, voui-voui, se lança au cours d'une de nos réunions dans un panégyrique enthousiaste et passionné de son personnage historique préféré : Napoléon !

Mon sang ne fit pas 3 tours ni même 2, il ne fit qu'un seul tour, c'est mon dernier prix, j'te jure j'y perds, et je ne crois pas m'être mis en colère aussi fort depuis. Je lui ai sorti de tout, que si pour elle, c'était chrétien d'envoyer de la chair à canon mourir par millions pour assouvir son égo complexé de nain, ben elle avait pas tout compris au message du christ, que son nabotléon n'était qu'un voleur de terres aux peuples souverains, qu'un voleur de fils à leurs mères, qu'un assassin, qu'un lâche, qu'un démago mégalo, qu'un impuissant qui se vengeait comme il pouvait de ses lacunes, qu'un cynique égoïste qui avait fait de la france un hochet dans les griffes de nos voisins pour de longues années...

La bonne sœur m'écoutait hurler d'un air effaré, avec cependant dans l'œil me semblait-il, un rien de connivence.

Ce qui ne m'empêcha pas de partir en claquant la porte pour ne plus jamais y revenir.

La non-violence s'accommode fort bien, de temps à autres, d'une touche d'agressivité verbale.

jeudi 17 septembre 2009

Tant-BourrinEspèces de pauvres contes

Afin de préparer nos jeunes têtes blondes à la vraie vie qui les attend, j'ai décidé de retoucher légèrement les contes classiques en leur donnant un cachet plus... heu... contemporain !

Voici une première fournée qui sera peut-être suivi d'autres si vous en redemandez... et surtout si j'en ai envie ! :~)

C'est parti ! Il était une fois...


Peau d'âne

Sur son lit de mort, une reine fait promettre à son roi d'époux de ne prendre une nouvelle épouse qu'à la condition que celle-ci soit plus belle qu'elle.

Le roi promet, se disant in petto que ça ne sera pas trop dur, vu que sa reine d'épouse est en train d'agoniser des suites d'une ruade d'un cheval qui l'a complètement défigurée.

Une fois débarrassé de son épouse, le roi, Emile-Louis Ier, se dit qu'il ferait bien son affaire à sa propre fille, mais il la demande préalablement en mariage, il y a quand même des convenances à respecter.

Sur les conseils de sa marraine, pour ne pas avoir à se taper un vieux vicieux qui sent la pisse froide, fût-il son père, la princesse exige des robes de ouf de chez les plus grands couturiers, que seuls des émirs du pétrole ont les moyens de s'offrir.

Hélas pour elle, le roi paye cash. Il faut dire qu'il n'a aucun mérite, disposant d'un âne qui défèque de l'or en barre.

La princesse a alors l'idée de demander à son père la peau de l'âne en question. Celui-ci n'hésite pas et fait abattre et dépecer l'âne, ce qui prouve que c'est vraiment un gros pervers (le roi, pas l'âne), vu qu'il renonce par là-même à des tonnes d'or qui auraient pu lui permettre de s'offrir toutes les plus belles cover-girls du monde, et ce juste pour faire zig-zig avec fifille.

Sentant que papa ne va pas tarder à la faire sauter sur ses genoux, la princesse s'enfuit alors du château, revêtue de la peau de l'âne. Malheureusement, elle tombe sur une manifestation de PETA (People for Ethical Treatment of Animals) contre la commercialisation de fourrures animales et se fait écharper.



Le petit Pousset

Victimes d'un plan social, un OS et sa femme n'ont plus de quoi nourrir leur sept garçons, malgré le montant des allocations familiales. Ne pouvant, par hautes convictions morales, se résoudre à les trucider à coups de clé à molette, ils décident de les perdre en forêt, histoire qu'ils se fassent bouffer vifs par les loups, ce qui est en effet nettement plus moral.

Malheureusement pour eux, le plus jeune des enfants, le petit Pousset, surnommé ainsi en raison de sa constipation chronique, s'était caché dans un coin de la chambre parentale dans l'espoir de mater les ébats de ses parents. Pour le coup, il a tout entendu de leur discussion.

Le lendemain, pendant que le père mène ses fils faire une balade en forêt, le petit Pousset, qui a pris soin d'emmener sa bombe de peinture, fait discrètement des tags sur les arbres, afin que lui et ses frères puissent retrouver leur chemin.

C'est ainsi que les frangins regagnent le domicile familial le soir. Comme entre-temps la mère a gagné cinquante ducats en grattant un ticket de Tac-o-tac, les parents sont heureux de les revoir.

Malheureusement, vu la flambée des prix alimentaires liée au passage à l'écu, la gêne finit vite par se faire sentir de nouveau, et les parents décident de recommencer, mais cette fois-ci le père prend soin de confisquer sa bombe de peinture au petit Pousset.

Celui-ci ne manque pas de ressources : il sème derrière lui des joints qu'il avait initialement prévu de dealer le soir-même. Malheureusement, à l'heure de retrouver leur chemin, les frères s'aperçoivent que des putains de corbeaux ont bouffé tous les joints et chantent bizarrement dans les arbres en riant bêtement.

Perdus dans la forêt, les sept frères trouvent refuge dans une chaumière, dont l'habitante les prévient pourtant que son mari est un ogre pédophile qui se tape tous les petits enfants qui passent à sa portée. Les frères insistent, préférant se faire défoncer la rondelle que dévorer tout crus par une horde de loups sanguinaires. La femme les cache dans un lit mais l'ogre les découvre. Elle convainc toutefois son pédophile de mari d'attendre la nuit pour se faire son plan cul, histoire qu'un voisin ne passe pas à proximité, entende des choses et aille colporter des rumeurs : on a beau être épouse d'ogre pédophile, on n'en a pas moins sa fierté.

La nuit venue, le petit Pousset a l'idée d'échanger les casquettes de la fratrie contre les couronnes des sept filles de l'ogre. Pour le coup, celui-ci se tape sa propre progéniture.

Sentant que cela ne va pas suffire à calmer son rut prodigieux, les sept frères s'enfuient, bientôt poursuivis par le pédophile ogresque.

Fatigué néanmoins par ses prouesses sexuelles, celui-ci finit par s'endormir au pied d'un arbre. Le petit Pousset, qui n'en loupe décidément pas une, en profite pour lui piquer ses pilules magiques de Viagra, qui pèsent un demi-kilo pièce (posologie commune pour les ogres).

Le petit Pousset en avale péniblement une. Immédiatement, il se trouve flanqué d'une bite de sept lieues, grâce à laquelle il peut revenir en très peu de temps à la ville par bonds successifs, en utilisant la technique des perchistes et en criant à tout vent "houba houba hop !"

Ses frères, quant à eux, finissent bouffés par les loups : à chacun sa merde ! Ils n'avaient qu'à se prendre les choses en main !

Arrivé donc en ville, le petit Pousset s'empresse d'aller dénoncer ses parents à la DDASS. Avec un peu de chance, il ira en orphelinat et sera adopté par Madonna.



Le vilain petit canard

A sa naissance, un petit canard ne ressemble pas du tout à ses frères et soeurs : il est tout moche et subit leurs railleries. Celles-ci prennent toutefois rapidement fin lorsque toute la couvée est décimée par la grippe aviaire.

lundi 14 septembre 2009

AndiamoLe rêve américain




Pour commencer cette très jolie chanson de : Philippe Labro pour les paroles, de J. halliday et de E. Bouad pour la musique.


L’Amérique ? Elle m’a fait rêver quand j’étais gamin. Ouais, j’vous entends : "c’était il y a fort longtemps". Il n’empêche que je rêvais de ce pays fabuleux. Pour un gamin, les cow-boys, les gratte-ciels, les G.I. qui étaient venus nous délivrer, avec dans leurs musettes des chewing-gums, du chocolat, et pour les adultes des Lucky Strike, c’était quelque chose, car après cette saloperie d’occupation il n'y avait que dalle, le moindre morceau de tissu était une aubaine, force était aux ménagères de savoir coudre et tricoter, faire bouillir la marmite avec pas grand-chose, ils me font marrer avec leurs conseils : "dépensez moins, consommez plus".

Elles étaient bien obligées ces femmes de dépenser moins, vu que leurs époux pour la plupart, du moins dans mon quartier, gagnaient une poignée de fifrelins après des semaines de soixante heures !

Alors, le rêve américain, on allait le cueillir au cinoche, avec en fond sonore les musiques des grands orchestres américains : Count Basie, Glen Miller, ou encore Duke Ellington… The Duke !

J'ai toujours aimé les B.D., étant gamin. C'était Tarzan et les beaux dessins de Burne Hogarth, Mandrake le magicien dessiné par Phil Davis, la fantôme du Bengale et le serment du crâne, sous la plume et le pinceau de Lee Falk.

C'est sans doute pour cela que j'ai toujours aimé dessiner, bien plus modestement que ces maîtres bien sûr !

BUICK 1948 "convertible"

Mon Amérique à moi ce sont ces belles tires, avec des chromes partout, des voitures qui donnaient envie de les posséder, Cadillac, Buick, Pontiac, Chrysler… avec des pédales larges comme des couvercles de lessiveuses ! Avouons que ça a de la gueule. Ça me fait doucement marrer, la taxe carbone, quand je pense que ces endoffés de donneurs de leçons se déplacent en jets privés, le moindre trajet et ce sont cinq ou six mille litres de pétrole qui sont brulés, et moi on va me culpabiliser avec mes cinq litres au cent ? Eh bien non : rien à foutre, ils veulent du fric, un impôt déguisé, mais le doyen, il n’est pas né de la dernière hausse des carburants.

Harley-Davidson Sporster 1961.

Mon Amérique à moi, c’étaient ces belles motos, chevauchées par les HELL’S ANGELS, c’était aussi "l’équipée sauvage", le beau film en noir et blanc de Lazlo Benedek avec Marlon Brando.

Du haut de nos chevaux, nous regardions les fumées (Yves Simon)

Les beaux Westerns de Henry Hattaway ou de John Ford, les cow-boys justiciers sous les traits de Gary Cooper, de John Wayne, les "méchants" Jack Palance ou Edward G. Robinson, que n’avons-nous hurlé dans nos p’tits cinoches ? Assis sur les banquettes de bois, applaudissant à l’arrivée de la cavalerie qui venait délivrer les courageux pionniers, chariots en cercle, cernés par les farouches Apaches ou autres Cherokees !

Si tu veux de moi
Pour t’accompagner au bout des jours
Laisse-moi venir près de toi
Sur le grand chariot de bois et de toile.

Une jolie chanson interprétée par Pétula Clark dans les années soixante, ces bringuebalants chariots qui emportaient les courageux pionniers, plus à l’ouest comme aurait dit le professeur Tournesol ! Ils affrontaient mille dangers et sortaient toujours victorieux des épreuves, le "happy end était de rigueur" !

Et les cruels indiens ? Longtemps j’ai cru que c’étaient des sauvages sanguinaires ! Il faut dire que les films de l’époque ne leur faisaient pas de cadeaux ! Ils massacraient les femmes et les enfants, scalpaient à coups d’Opinel ravageur, fourbes et menteurs, voilà comme on nous les présentaient.

Jusqu’au jour où j’ai vu "la flèche brisée", avec Jeff Chandler, enfin un indien au grand cœur.

CUTTY SARK

L'évasion, c'était également ces grands voiliers, les Clippers, ces navires fins comme des lévriers, rapides, plus de neuf noeuds à l’heure (mieux que la Marie du port) et qui reliaient l’Europe à la côte ouest des Etats-Unis en doublant le cap Horn, certains reliaient l’Australie à la Californie, également la côte ouest des Etats-Unis, à la côte est, avant la mise en place du grand cheval de fer. D’origine britannique, ils furent copiés par les Américains.

Ils faisaient rêver ces magnifiques trois mâts, non ? Je vous ai dessiné l’un des plus fameux : le CUTTY SARK.

Hollywood ! L’antre de Merlin, la magie du cinoche, les blondes langoureuses, les rousses incendiaires, la belle Ava Gardner : le plus bel animal du monde, l’avait-on surnommée, qui l’a vue dans la "Comtesse aux pieds nus" ou dans "Mogambo" ne l’oubliera jamais, c’est mon cas ! Il y avait d’quoi titiller l’imaginaire ! Elles étaient intouchables, pas de presse PIPEULE, on ne savait rien de leur vie privée, auréolée de mystère, elles passaient sur nos pauvres écrans carrés, telles les fées de mes contes d’enfant.

Allez je n’ai pas résisté un ch’tiot crobard de la belle brune

A Drancy, se dressaient cinq tours : les quatorze étages, ce furent les premiers "gratte-ciels" construits en France, ils jouxtaient les bâtiments où les Juifs furent emprisonnés avant leur déportation durant l'occupation, la cité de la muette, qui abrita après guerre, un régiment de gardes mobiles.

Nous qui habitions dans des quartiers dits pavillonnaires, nous les enviions, tu penses crêcher tout en haut… Quelle chance ! Nous ne savions pas que, quelques années plus tard, ces mêmes cités deviendraient des enfers ! Mais minots, New-York nous émerveillait, tu penses.

Pour terminer, le mont Rushmore, un hommage grandiose des U.S.A, à ses grands présidents, Georges Washington, Thomas Jefferson, Théodore Roosevelt, Abraham Lincoln, qui ont fait ce que l’Amérique aurait dû rester : une machine à rêves.

Ch'tiots crobards : Andiamo pour Blogbo.

Après autant de boulot, je pars en vacances en pays Bigouden, je l'ai bien mérité n'est-ce pas ?

Si vous commentez, je vous répondrai dès mon retour.

Merci à toutes et tous.

vendredi 11 septembre 2009

Saoul-FifreLa fête à Nœud-nœud

Rentrée de collège 1970. Je rentre en 4ième. Je viens de faire le plus grand grand écart psychologique de ma vie . J'ai troqué la nature, sa rudesse, son calme, sa simplicité, contre la jungle urbaine dont je ne connais aucune règle. Ma mère est une veuve de guère (sic) : une fois ses dettes payées, les charognards de créanciers rassasiés, Crédit Agricole en tête, il n'est rien resté de la vente de la ferme.

Peu importe, il lui suffit de quitter cet endroit maudit où elle a été si malheureuse, et je la suis dans ce Bordeaux encore plus immense que mes grands bois périgourdins chéris.

La rentrée se passe sans anicroche. Juste effrayé par le nombre de lignes de bus, j'ai préféré aller au collège à pieds, en traversant le grand cimetière de la Chartreuse. Mes nouveaux camarades ne sont pas désagréables, seulement ils se connaissent de l'année dernière, le plan de classe est fait et je me retrouve relégué au fond de la classe, ce que je déteste. Je me fais remarquer en changeant de place plusieurs fois. Dès que je vois "un espace vide", je le squatte, tel un coucou sans gène. Les profs n'apprécient pas ces devoirs supplémentaires demandés à leur mémoire. Je finis par trouver mon nid dans "le coin des filles", je ne quitterai plus de toute l'année ce doux endroit.

Ma timidité maladive, la période un peu particulière que je traverse, avec ses efforts intenses d'adaptation, font que je reste très solitaire. J'ai des activités, je vais aux scouts , j'aide Frères des Hommes , je visite ma nouvelle ville, j'écume plusieurs bibliothèques, comme d'habe. Je fréquente plein de monde, mais personne ne vient chez moi et je ne vais pas chez eux. J'en déduis que ça se passe comme ça, à la ville.

Je lis le Sud-Ouest tous les jours et je tombe sur une info intéressante : il y a Fête foraine à Bordeaux ! Je sais pas si vous connaissez, mais la Foire aux plaisirs de Bordeaux, sur la grande place des quinconces, débarrassée pour l'occasion de ses voitures, c'était quelque chose ! Rien à voir avec les 2, 3 attractions que j'ai pu connaître dans ma petite ville de Dordogne. Là, il y a une grande roue, grande, immense, et puis toutes sortes de manèges, des circuits où les voitures peuvent se doubler, elles ne sont plus bêtement fixées sur leurs rails, et puis des chenilles, des combats de catcheurs, des monstres humains exhibés, on ne sait trop s'ils sont réels ou le résultat de trucages, enfin des baraques qui me font ouvrir de grands yeux.

Le hic c'est que je n'ai pas trop de sous, alors je déambule plus que je ne m'amuse, quand, chance, je me fais aborder par une espèce de titi bordelais de mon age, beaucoup plus déluré que moi. Il n'a cure de mes soucis pécuniaires, "Suis-moi !" me dit-il. Il me tire dans une auto tamponneuse, attend le coup de klaxon du départ de la partie, fait semblant de mettre un jeton dans la fente, et tape dessus avec beaucoup d'aplomb, tout en appelant un chef de piste qui, résigné, peu confiant dans la fiabilité de son matériel, sort un jeton de sa poche et fait démarrer la voiture.

Waw ! Je regarde mon héros avec admiration. Ça c'est du copain rentable et intéressant à connaître ! Nous nous amusons d'autant plus que ce goût d'interdit pimente notre plaisir. C'est l'avantage d'une grande foire : des autos tamponnantes comme celle-ci, il y en a une demi-douzaine, disséminées sur tout le périmètre, et nous remettons le couvert plusieurs fois, dans une impunité totale. Bon je sens bien que je lui suis redevable de notre bonne fortune et je lui paye quelques tours de manèges plus sophistiqués dont les tickets sont relevés juste avant le départ, interdisant toute arnaque.

Il connait les bons plans : à "La maison du rire", par exemple, il vaut mieux rester dehors que rentrer : il y a un balcon, tout en haut de la construction, spécial "filles en jupe". Quand le trajet intérieur les y mène, un assistant déclenche une soufflerie sous leurs pieds et nous reluquons pour pas un rond un remake de "7 ans de réflexion" avec des candidates à la succession de Marilyn Monroe. Ces stars-minutes sont bizarrement insensibles à la sincérité de nos applaudissements.

Il me fait aussi assister gratuit au "Combat des chefs". Devant la tente sont alignés une belle brochette de primates musclés. Il y a Brutus le gladiateur, il y a le bourreau de Tremblay-les-gonesses, cagoulé, Vauvert le diable, avec des petites cornes, l'Empereur des fortifs etc... Quand tous les spectateurs sont rentrés, il y a tellement de barouf qu'il nous est facile de nous glisser sans nous faire voir en soulevant un coin de bâche, par derrière. C'est rigolo, mais il ne faut pas longtemps pour comprendre que tous les combats sont truqués.

Comme toutes les fines choses ont du bon, nous nous serrâmes la main, mon nouvel ami et moi. Nous ne devions jamais nous revoir.

Et je restais là, encore étourdi par ces merveilles de la ville, le regard intériorisé, à digérer toutes ces nouveautés, quand je me sentis hélé par de grands fou-rires. Merde ! Des filles de ma classe ! Et pas la fine fleur. Des glousseuses, des trop maquillées, des groupies en plein age bête. On aurait été à Marseille, on aurait dit : "des cagoles". Elles m'ont apparemment catalogué dans la série des timides-bien élevés-pas dangereux, ce qui n'est somme toute pas faux.

Saoulfifre ! Tu tombes à pic ! On rêvait d'entrer là-dedans, mais toutes seules, tu comprends, on aurait jamais osé, tu vas nous protéger, toi. Je lève les yeux, nous étions devant "La maison hantée", un attrape-couillon dans lequel jamais je ne serais tombé de mon propre chef. Mais baste, prenons un ticket pour le temple des terreurs frelatées, je ne refuse jamais une expérience, même garantie minable sur facture.

Et nous voilà propulsés dans un tunnel noir comme l'enfer. J'ouvre le chemin, comme de bien entendu, et les 3 nanas entament un concours du plus beau cri hystérique, du plus conventionnel effet. Des ficelles censées imiter des toiles d'araignées nous glissent le long du visage, des rires démoniaques résonnent, avec un max de réverb', des spots verts ou violets flashent de grandes chauves souris qui remuent les ailes, agitées évidemment par des employés que l'on entend se déplacer dans des couloirs parallèles au notre. Les filles en rajoutent tant qu'elles peuvent, dans la peur feinte. Tout ça n'est qu'un alibi pour se coller à moi, me tripoter partout, me frotter leur poitrine dans le dos. Des squelettes font cliqueter leurs os, agitent leurs chaines et les filles se relaient pour me serrer dans leurs bras en me hurlant dans les oreilles : J'ai peeeeuuuurrr, Saoulfifre, sens comme mon cœur bat ?

Quel traquenard ! Voilà un escalier non prévenu, je me casse la margoulette, elles en profitent pour se coucher carrément sur moi, leurs gestes, soi-disant incontrôlés, se précisent, le viol, en cette époque lointaine, n'encourt pas encore la cour d'assises et elles en profitent, ces vierges folles ! Je me débats, me relève et essaye d'écourter le circuit des fantômes aux yeux verts étincelant sous le drap, des draculas aux dents rouges et des minettes à la sexualité surexcitée par l'obscurité et ses frissons.

Revenus à l'air libre, nous accélérons les adieux. Le lendemain au collège, j'aurai à supporter leurs sourires pervers, ces pucelles passeront l'année à ricaner sous cape en me lançant leurs œillades inopérantes car j'étais déjà irrémédiablement tombé amoureux ailleurs que dans leurs rets.

Tout ce que je peux vous affirmer sur cette "Maison Hantée", c'est que Satan l'habite !!!

mardi 8 septembre 2009

Tant-BourrinL'île aux enflures

Voici une petite chanson parodique, inspirée par l'actualité et dédiée à tous les affamés de fric sans morale qui ont gardé une âme d'enfant.

Enfin, une âme d'enfant gâté pourri, s'entend !




L'île aux enflures

Une parodie de Tant-Bourrin
d'après "l'île aux enfants" (Christophe Izard/Roger Pouly)


Téléchargeable directement ici



Voici venu le temps
Du fric triomphant
Dans l'île aux enflures
On s'enrichit à coup sûr
C'est le pays mafieux
Des traders véreux
Des banquiers pourris
Qui t'prêtent plus un radis

Ces pillards
En costard
Ne manquent pas du tout d'imagination
Pour que tout
Autour de vous
Sente la crise, la merde et la récession

Voici venu le temps
Du fric triomphant
Dans l'île aux enflures
On s'enrichit à coup sûr
C'est le pays mafieux
Des traders véreux
Des banquiers pourris
Qui t'prêtent plus un radis

Les smicards
Les zonards
Sont interdits de séjour dans cette île
Les bonus
Les petits plus
N'ont sûrement pas pour but d'emplir leur sébile

Voici venu le temps
Du fric triomphant
Dans l'île aux enflures
On s'enrichit à coup sûr
C'est le pays mafieux
Des traders véreux
Des banquiers pourris
Qui t'prêtent plus un radis

Si vous les
Insultez
Et les traitez d'affairistes immondes
Ils vous chient
Sur les bigoudis
Et continuent quand même à pourrir le monde

Voici venu le temps
Du fric triomphant
Dans l'île aux enflures
On s'enrichit à coup sûr
C'est le pays mafieux
Des traders véreux
Des banquiers pourris
Qui t'prêtent plus un radis

La la la la la la
La la la la la
La la la la la
La la la la la la la...

samedi 5 septembre 2009

AndiamoLe professeur Trougnard

Depuis fort longtemps, les hommes rêvaient de voyages intergalactiques, de parcourir des distances fabuleuses vers d’autres systèmes solaires voire d’autres galaxies.

Mais, hélas, les distances étaient et sont toujours colossales : on parlait d’années-lumière, de parsecs et même de méga parsecs !

Impossibles, les voyages intersidéraux étaient tout simplement impossibles, à peine si l’homme supporterait un confinement de quelques mois afin d’atteindre la planète la plus proche de nous, soit Mars. En regard des distances cosmiques, c’était encore le paillasson de la porte de la porte palière !

Même si on avait inventé un moteur capable de propulser un engin à une vitesse proche de celle de la lumière, il aurait fallu des années, ne serait-ce que pour approcher les étoiles les plus proches, et peut-être découvrir d’autres systèmes solaires, et par là-même une planète susceptible d’accueillir la vie.

Diplômé de la faculté de Bobinchgrad, maître de conférence intermittent et bénévole, titulaire d’une chaire vendue en leasing avec option d’achat à l’école très primaire de Boubou-lèz-Ridelles, le professeur Augustin Trougnard tentait, depuis de nombreuses années, de résoudre le complexe problème du voyage intergalactique sans efforts.

Puis, un matin, alors que sa tartine de confiture était tombée sur son pied, au lieu de se baisser pour la recueillir, il leva le dit pied afin de saisir plus facilement la tartine gluante…

Et là, tel Newton prenant une pomme sur le coin de la tronche, Papin regardant benoîtement le couvercle de sa bouillotte et enfin Archimède ayant l’humide révélation dans sa baignoire (si il avait pris une douche, ce brave Archie, on était baisés !), Augustin s’écria : EUREKA !

J'vous d'mande un peu : à quoi sont dues les grandes inventions ? Un pithécanthrope qui balance deux silex... Et TOC, il invente la pétanque (n'est-ce-pas T-B ?) ! Un berger qui oublie son casse-dalle dans une grotte... Et TOC, merci le Roquefort ! Un savant british qui trempe son doigt dans l'bouillon d'culture... Et TOC, la pénicilline !

Mais bon, revenons à Augustin et à sa tartine. L’idée était là, le trait de génie : si tu ne peux te déplacer dans l’espace, fais en sorte que ce soit l’espace qui se déplace à toi !

C’était tout con, encore fallait-il y penser ! Il se leva derechef, courut jusqu’à son bureau, saisit une craie "Robert" (les seules qui vaillent) et face à son grand tableau noir (il détestait les ordinateurs, ainsi que toutes les choses en "eur", son quatre heures, son percepteur, sa sœur…) et se mit à le couvrir de formules toutes plus complexes les unes que les autres, charge à son assistant de se coltiner les calculs, Augustin était le savant, l’autre l’épicier !

Oh ! Bien sûr, par le passé quelques hurluberlus avaient bien délirés, l’un d’eux avait même raconté avoir transformé une machine à laver à chargement frontal (Lavo 1200 speed) en engin interplanétaire… Foutaise.

Après plusieurs mois d’efforts et quelques essais peu probants, on raconta même (racontars de pisse-copies) que quelques téméraires ou simples d’esprits, tentés par l’expérience et soucieux de laisser leur nom gravé sur l’autel de la postérité (où vais-je chercher des conneries pareilles ?) n’étaient jamais revenus et erraient dans la quatrième dimension, ou dans un univers parallèle, et comme deux parallèles ne se rencontrent jamais ou presque, à condition de rester bien droites, on ne risquait pas de les revoir de si tôt.

C’est le théorème de Tallès : par un point pris hors d’une droite on ne peut mener qu’une seule parallèle à cette droite.

Moi je dis que ça dépend, j’en veux pour exemple : vous tracez une jolie ligne droite à Aubervilliers, puis vous faites un point une heure plus tard à Senlis, vous n’aurez jamais le bras assez long revenu à Aubervilliers, pour tracer la parallèle partant du point situé à Senlis, non mais !

Enfin un beau matin de juin, la machine était là. Cette fois, Augustin Trougnard en était sûr : tout était au point, on allait voir ce qu’on allait voir, la machine à courber l’espace temps allait révolutionner l’avenir, elle atterrirait là où la main de l’homme n’avait jamais mis le pied !

Séraphin Poileau avait été choisi pour être le premier à tenter l’incroyable aventure, il ne s’agirait que d’un tout petit essai, devant le mener aux confins de notre système solaire, un voyage de quatre heures tout au plus, lui avait-on assuré.

Si on avait dû utiliser les antiques fusées des années mille neuf cent quatre-vingt dix, il lui aurait fallu des années pour accomplir l’aller-retour. Simple supposition, car imaginez la quantité phénoménale de bouffe et d’eau qu’il aurait fallu emporter, même en recyclant, et en buvant sa propre pisse… Dans les années 2020, un équipage s’était retrouvé avec un filtre en partie défaillant lors d’une mission sur la Lune : durant quinze jours, leur eau avait eu le goût de pisse ! La gueule des épouses à l’arrivée quand les astronautes ont voulu rouler une pelle à leurs chères et tendres ! Pourtant, deux mois sans elles, ça ouvre l’imagination, non ?

Séraphin Poileau :

-Age : 35 ans.

-Marié conjointement de façon anarchique et en pleine conscience à Frénégonde Chapoutier.

-De cette union ô combien prolifique et féconde naquirent deux enfants : Aglaé, 6 ans, et Sidonie, 4 ans.

Il est l’heureux élu, retenu surtout pour son inconscience persistante, coutumière, et rédhibitoire.

Assis dans la capsule, des bretelles neuves, une musette en toile de Jouy passée en bandoulière, dans cette musette : un sandwich jambon-beurre, une chopine de rouge, une cigarette mal roulée. Il attend le top départ.

Derrière le hublot, le professeur Augustin Trougnard lui fait un sourire un peu crétin, il ne sait trop quoi dire en cet instant solennel, il lui faut absolument prononcer une phrase, un truc qui restera dans la postérité. Soudain, une fulgurance :

-A LA REVOYURE ! lance-t-il. Voilà une phrase que l’on gravera dans le marbre de l’acier pour les siècles à venir.

Une esquisse de salut militaire, un geste sec, Augustin vient d’appuyer sur le gros bouton rouge en forme de nez de clown. Les hautes autorités avaient pensé que ça dériderait l’atmosphère (elles pensent à tout les hautes autorités, vous avez remarqué ?). Un petit nuage bleuté entoure la capsule, l’image devient floue, l’intense champ magnétique brouille l’écoute (OUI, y’en a une), une vilaine odeur d’ammoniaque envahit la pièce, puis l’engin disparaît !

Toute la salle applaudit, comme en Amérique, même si quelques minutes plus tard tout pète ! Ils applaudissent, ils sont con… tents.

Solennellement Augustin se tourne vers l’assistance :

-Messieurs, rendez-vous ici même dans vingt-deux ans, quatre mois et cinq jours, afin d’accueillir notre héros Séraphin Poileau…

Ce qu’on n’avait pas dit à ce brave Séraphin, et pour cause, c'est que si le voyage pour lui ne durerait que quatre heures, par contre pour ceux restés sur terre, le temps continuerait de s’écouler normalement, soit plus de vingt-deux ans ! Einstein l’a parfaitement démontré dans son ouvrage "Oui-Oui et l’horloge magique".

C’est long vingt-deux ans, quatre mois et cinq jours, il risquait fort de ne plus reconnaître les siens ! Mais quelle importance en regard du grand pas qu’il venait de faire franchir à la science ?

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 >