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samedi 12 mars 2016

AndiamoChauguise et les roses.

Il fait un temps de chien sur la capitale ce matin là. Pluie glacée de novembre, en ce lundi matin les boutiques du Sébasto sont bouclées, ce qui fait dire immanquablement à notre commissaire :

- Le lundi c’est chibre au lit !

Les pognes dans les fouilles il remonte jusqu’au 36, après avoir acheté son canard au coin du quai de la Mégisserie (mais vous le savez depuis le temps), la flotte qui tombe l’empêche d’ouvrir sa feuille de chou, et ça le flanque de mauvaise humeur.

Il arrive au 36, monte à l’étage pousse la porte de son « casino », et balance son journal sur le bureau, la « une » vante encore l’exploit de l’aviation française, un Mirage II vient de franchir le mythique « mur du son » au-dessus de Melun-Villaroche !

Julien fait irruption dans le bureau de son patron, les joues rouges, et passablement essouflé…

- Fais voir tes bras Dugland, demande Chauguise.

Julien lève les bras légèrement.

- Voilà patron !

-C’est bien ce qu’il me semblait Dugland, tu as deux pognes, on ne t’a pas appris à frapper ? CAPITO ?

- S’cusez moi patron, on vient encore de retrouver un cadavre avec une rose…

- Meeeerde et c’est où ?

- à Saint Denis rue du Landy.

- Fais chauffer Titine on y va ! Me regarde pas comme ça je t’expliquerai, tu verras que pour les locdus dans ton genre faudra inventer un cinéma portable afin de leur indiquer le trajet ! En passant devant « Le Châtelet » un énorme calicot et en lettres rouges « Le chanteur de Mexico » de Francis Lopez, avec en vedette l’incontournable Luis Mariano.

Chauguise entonne à tue-tête : mes chicots, mes chiiiiii….cots !

- Très drôle, lâche laconiquement Julien.

(vous êtes gâtés, j'ai même dégoté l'affiche)

Le Sébasto, à la suite le Boulevard de Strasbourg, un à droite, un petit bout du Magenta, puis tout de suite à gauche, un clébard manque d’y perdre le bout de la queue , une mémère qui hurle à l’assassin, et les voilà rue du faubourg Saint Martin, jusqu’à Stalingrad, la rue de Flandre, à gauche sur le Boulevard Mac Donald (pas le fourgue de hamburgers hein ?) la porte d’ Aubervilliers l’avenue Totor Hugomuche, puis les quais du canal de Saint Denis et la rue du Landy.

- Vous savez patron que chaque année se tient une foire, et ce depuis le moyen âge.

- Mouais répond aimablement Chauguise, tout en se dirigeant vers un attroupement en contrebas le long de la berge du canal aux eaux peu ragoûtantes. Des lardus en képi et pèlerine écartent les badauds à grands coups de : « cirulez y’a rien à voir » !

La petite bruine a redoublée, Chauguise enfonce un peu plus son bada sur son crâne, et ses pognes dans les vagues de sa gabardine, sa Boyard papier maïs s’est éteinte, il en mâchouille le bout.

Une femme est allongée, la trentaine, entièrement nue sous la pèlerine qu’ un flic a étalé sur le cadavre… Par respect, balbutie t-il à l’intention du commissaire.

- Vous avez bien fait mon vieux, lui murmure notre commissaire.

- Bon virez moi ces clampins y’en a marre ! On dirait que la mort ça vous fait bander tas de cons ! Hurle Chauguise hors de lui…

La foule s’écarte, les lardus finissent de virer deux ou trois charognards. Délicatement Chauguise soulève la pèlerine, visiblement la jeune femme a été étranglée, puis déshabillée et son corps déposé ici le long de ce canal qui relie la Seine à hauteur de Saint Denis, jusqu’au canal Saint Martin. Un quartier d’usines, d’hôtels pour Maghrébins, de bistrots dans lesquels on te sert un bleu de Bercy propre à te faire oublier que tu viens d’un pays où il fait chaud et beau !

Mais le plus curieux c’est cette rose que les victimes, celle-ci étant la troisième, portent sur leur visage, la tige dans la bouche et la fleur juste au milieu du front, éclat rouge vif sur le visage blême de la morte.

On a à faire au même dingue ! Putain c’est qui ce cinglé ? Faut faire fissa Dugland rien ne l’arrêtera, il va continuer j’en suis sûr, et à chaque fois il dépose le corps près de la flotte ! Une femme retrouvée quai des grands Augustins, une autre canal Saint Martin face à l’hôtel du Nord, et cette pauvre femme sur le canal de Saint Denis…

Le retour au 36, Chauguise ne moufte pas, il a rallumé le mégot de sa Boyard, Julien fronce le nez.

- Merde Dugland ! Tu veux pas que je fume des eucalyptus pour te faire plaisir ? C’est moi l’taulier... UNDERSTAND ?

Ils arrivent sur le coup de midi au 36, l’heure sacro sainte de la jaffe.

- Allez viens Dugland je t’invite à « ma » cantine chez Nicole, rue Séguier, c’est lundi et le lundi c’est ?

- Raviolis ! Répond Julien. . - Dis pas d’conneries, le lundi c’est petit salé lentilles, de la lentille du Puy, et un p’tit salé à t’en bouffer les phalanges, un Bourgueil pour faire passer le tout. Si tu veux épouser ma fille faut que j’t’apprenne à vivre !

Nicole leur a servi le petit salé et la bouteille de Bourgueil, les deux verres ballons se vident et se remplissent au rythme de la polka des mandibules, leur virée les a affamés.

Chauguise entre deux bouchées parle avec Julien de « l’affaire » ça lui permet de faire le point, Julien le sait, il ne moufte pas.

- Primo trois jeunes femmes, entre vingt et trente ans, jolies, bien foutues, et cette putain de rose dans la bouche, et les mortes allongées près de la flotte. D’accord les deux premières étaient des putes, pour la troisième on ne sait pas encore… L’I.J me téléphonera tout à l’heure, mais je suis à peu près sûr que c’est une tapineuse.

Un camembert de derrière les fagots, un café serré... Le repas est terminé.

- Tu me mettras ça sur ma note Nicole, hein ? Lance Chauguise en sortant.

- Oui mon biquet lui répond-elle.

- Mon biquet ? Interroge Julien.

- Ouais, ouais ça va, on va pas en faire un claquos….

Retour au quai des orfèvres, la pluie s’est arrêtée, à peine arrivé la sonnerie du téléphone, Chauguise décroche l’antique biniou en bakélite noire.

- Ouais ? C’est toi Fernand…. Alors ?..... Je m’en doutais une tapineuse, merci vieux !

Chauguise est rentré chez lui au 40 de la rue du Mont Cenis sur la butte Montmartre, Juliette l’a attendu pour dîner.

- Fallait pas m’attendre ma Juju, tu sais bien que Papa rentre toujours à des heures impossibles… Il est bien loin le « dur » du 36 avec sa fifille adorée, un vrai pot de miel tout à coup !

- Tu sais on ne se voit guère, alors si je ne t’attendais pas pour dîner, je ne te verrais plus du tout, mon Papa !

- T’es gentille ma Juju.

Juliette a préparé une omelette aux cèpes, elle est allée les chercher rue Mouftard, avec un Juliénas c’est pas dégueu !

- Tu sais Papa ça fait un an que Claude notre copain des beaux arts est mort !

- Ah oui ce jeune qui s’était fait poignarder par une prostipute « rue des Rosiers » celle de Saint-Ouen pas celle du IV ème arrondissement !

- Oui Claude Deleau, il fêtait ses dix neuf ans avec des copains, il avait un peu bu, et puis il avait voulu aller voir « les Dames » en disant cela Juliette a baissé le ton et les yeux !

- Ca avait mal tourné je m’en souviens, il avait insulté une pute, deux autres s’étaient interposées, l’une d’elle avait sorti une lame et avait piqué le jeune garçon au foie… Manque de bol elle lui avait tranché une artère, il est décédé en quelques minutes…. On l’avait emmené à l’hôpital Marmottan tout proche, mais les toubibs n’ont rien pu faire…

- Attends ! Soudain Chauguise s’est levé, sa serviette de table tombe sur le parquet…

- Putain de Dieu… La rue des Rosiers, Deleau, trois putes… Oh la vache j’ai compris !

Aussitôt Chauguise se rue sur son téléphone et appelle Julien.

- Allo Dug… Julien ? Fonce au trente six démerde toi , retrouve moi le blase des trois prostiputes trucidées, et compare avec le blase des trois grognasses impliquées dans l’affaire de la rue des Rosiers à Saint-Ouen y’a un an. Fissa je veux la réponse pour hier !

- Papa tu exagères pas un peu, t’as vu l’heure ?

- Ouais ben il a pas six ans, il pionce pas à c’t’heure là ! Demain il commencera un peu plus tard, et voilà !

- Ca m' revient Juju, le tribunal avait conclu que les putes n’avaient fait que défendre leur peau, il était sacrément enragé ton Claude !

- D’abord c’était pas MON Claude, il avait bu... Et puis mourir à dix neuf ans c’est bête.

- Ouais !

Une heure plus tard le biniou sonne chez Chauguise, Juliette a décroché… Commencent les minauderies.

- Bon Juju passe moi le biniou, ton DUG... Julien, peut attendre, tu le reprendras APRES !

- Alors Dug… Julien ?..... Je m’en doutais ce sont bien elles ! Ouais, et t’as l’adresse du père de Claude Deleau ?... Bon alors demain à cinq plombes et demi devant chez moi, il faut vingt minutes à peine pour aller à la Bastille cueillir ce Fernand Deleau, le vengeur à la rose.

(ch'tiot crobard Andiamo)

lundi 7 mars 2016

Oncle DanBonjour l'ambiance (4)

Je vous ai parlé en décembre d'une rentrée scolaire dans un collège de Jésuites puis, le mois dernier, de l'instruction religieuse qui nous était prodiguée de façon systématique et intensive.

Mais pourquoi un tel acharnement ?

Pour le comprendre, faisons abstraction de vous et de moi. Je sais, c'est difficile, mais essayons un instant... Vous êtes prêts ? Oui ? Nous pouvons alors affirmer, avec un risque d'erreur tout à fait marginal, qu'il existe peu de Saints "vivants". En revanche, les martyrs sont légion. Le Saint, expert dans l'art de l'auto flagellation, n'a de cesse de trouver une mort particulièrement pénible et affreuse, comme s'il n'y avait pas de sainteté sans volupté de la souffrance.

Saint André et sa croix, Saint Sébastien et ses flèches, Sainte Hure et ses jeûnes sont de grands classiques. Naturellement, j'avais un faible pour ce prophète du nom de Daniel, qui n'avait jamais pris un bain de sa vie et dont l'odeur de sainteté coupa l'appétit des lions les plus affamés. Au collège, notre imagination perverse trouvait davantage son compte avec les tortures infligées aux malheureux Jésuites qui sont allés évangéliser le Canada, le Japon ou l'Ethiopie aux XVI° et XVII° siècles.

Plus de deux cents d'entre eux sont morts martyrs pendant cette période. Les indiens du Canada les suspendaient par les poignets à la cime de jeunes arbres, choisis en fonction de leur poids, pour que leurs pieds viennent frôler le sol préalablement recouvert de braises rouges. L'arbre faisait ressort et ramenait toujours le supplicié vers le feu, jusqu'à l'épuisement et l'asphyxie. Combien de membres coupés, d'ongles arrachés, de crânes scalpés, de corps écorchés vifs puis brûlés a t'il fallu offrir à Dieu pour bâtir son Eglise ? Elle s'est édifiée sur la souffrance de ces hommes, massacrés pour avoir voulu imposer une religion qu'ils croyaient être la seule qu'un être humain pût admettre.

Ces hommes hors du commun puisaient leur volonté et leur courage dans leur conviction de posséder la Vérité, et ces lectures nous imprégnaient du postulat à la base de leur apostolat : le Jésuite a raison.

Dès notre retour au collège (après la récollection évoquée le mois dernier), un de ces disciples de la Compagnie de Jésus était chargé de nous rappeler tout au long de l'année cet article premier du règlement de la Maison : Le Jésuite a raison.

Ayant fait vœu de célibat, de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, les Pères jésuites sont prêts à consacrer leur vie à l'exécution de la mission supérieure dont ils sont investis. Nos lectures nous l'avaient fait comprendre, et comme nous n'envisagions pas, à priori, de suspendre nos éducateurs aux arbres du parc, la partie promettait d'être serrée.

Pour mieux cerner la personnalité complexe du Jésuite, il faut savoir que son curriculum vitae comprend nécessairement deux ans de noviciat à l'issue desquels il prononce déjà des vœux perpétuels, deux ans de juvénat pour compléter sa formation intellectuelle, trois ans de scolasticat de philosophie, le temps de préparer une licence de philosophie ou de sciences, deux ans durant lesquels il sera professeur ou surveillant avant de commencer un nouveau scolasticat, de théologie cette fois, qui dure quatre ans et au terme duquel il devra encore subir un an de probation avant d'être admis au sein de la Compagnie.

Ce parcours d'une quinzaine d'années avant d'accéder à l'Ordre convoité, composé uniquement de noviciat et juvénat sans chocolat, et de scolasticat sans radada, donne un avant goût de la profondeur des motivations et de la vocation de ces hommes. L'état d'esprit dans lequel ils en émergent, l'esprit jésuite bien sûr, est celui d'un grand Corps dont ils ont accepté l'influence par une adhésion prolongée et constante. Centralisé et très hiérarchisé, il se compose de "frères" qui, par incapacité ou humilité, n'ont pas accédé aux études supérieures, et de "Pères profès" qui sont entrés dans la "societas professa" et parmi lesquels seront choisis les pères supérieurs reconnus "aptes à gouverner", aptus ad gubernationem. L'un comme l'autre est un jésuite. Le second ne se voit confier sa charge que pour un temps limité, après quoi il rentrera dans le rang et sera soumis, avec obéissance, à l'un de ceux qui lui était naguère soumis.

Le Jésuite dépend étroitement de son supérieur immédiat et se doit d'exercer une autorité sans faiblesse sur ses subordonnés, mais le moment venu il devra consentir à l'holocauste de sa volonté propre et exécuter de nouvelles tâches dans un esprit de disponibilité totale et de docilité aux directives reçues. "Unir à l'initiative, sans laquelle on ne fait rien, la dépendance qui humilie et aide à purifier les intentions de l'apôtre", voila son objectif, et rien ne l'en détourne. Pour l'atteindre, il fait en sorte que son obéissance chasse ses scrupules et lui apporte l'indifférence. Ce détachement est la vertu majeure du jésuite. Il lui faut taire sa propre volonté qui doit se confondre avec celle de son Ordre. Cette nécessité l'exerce quotidiennement à la dissimulation. Ignace de Loyola n'a t'il pas écrit dans ses "Constitutions": "Toutes les forces doivent s'appliquer à cette vertu qu'est l'obéissance... Chacun doit être convaincu que quiconque vit dans l'obéissance, doit se laisser guider et diriger...comme s'il était un cadavre qu'on peut transporter n'importe où et traiter n'importe comment, tel encore le bâton du vieillard qui sert partout et à tout usage..." Résumons-nous. Le jésuite est obéissant mais autoritaire, indifférent et dissimulateur. Il est volontaire mais exigeant, sans scrupules et rusé, la fin justifiant les moyens.

Cela explique pourquoi la vie du collège jésuite repose sur une discipline très stricte ...

J'avais besoin d'être "suivi" et je fus mis dans une école où les enfants étaient "suivis".

Après les Sœurs, puis les Frères, voilà que j'étais suivi par les Pères. La filature était serrée. Je me retourne encore en courant.

(à suivre)

jeudi 3 mars 2016

AndiamoBoris Vian.

Les chansons de Prévert me reviennent

De tous les souffleurs de vers...laine

Du vieux Ferré les cris la tempête

Boris Vian s'écrit à la trompette

Cette chanson de la Souche m'est revenue alors que sur Paris à l'heure où j'écris il tombe de gros flocons : les giboulées de Mars, les bien nommées.... Il est des êtres comme ça, qui meurent très jeunes, mais qui ont vécu en peu de temps, ce que d'autres n'auront jamais vécu en une vie deux fois plus longue...

J'ai connu un homme qui est décédé à 32 ans, toubib de son état, il ne venait pas d'un milieu très "favorisé" payait ses études en déchargeant les camions à Lille, s'offrait à des prix dérisoires les costumes d'occase de ses copains de fac, plus, beaucoup plus favorisés que lui !

Comme on dit "il brûlait la chandelle par les deux bouts" ! Sa propre mère disait de lui : "on a l'impression qu'il veut vivre vite, tout connaître rapidement, il me fait peur" !

Peur justifiée, à 32 ans accident de la route, mort sur le coup !

Ceci pour vous parler de Boris Vian, lui aussi a vécu en 39 ans seulement, ce que beaucoup aurait voulu vivre en trois vies !

Touche à tout de génie : ingénieur de Centrale, musicien, écrivain, scénariste, peintre, dessinateur, humoriste, il avait même préparé 48 émissions de radio destinées à une radio New Yorkaise, ces émissions traitaient du jazz. En 1937 il avait intégré le Hot club de France. Inventeur de génie ! Il avait imaginé, pensez donc : un piano cocktails, instrument avant gardiste s'il en fut, on aurait composé des cocktails tout en jouant du piano ! Ah la belle invention ...

Né en 1920, je ne vous apprends rien en vous disant qu'il avait 25 ans à la libération, il a hanté les nuits de Saint Germain des prés en compagnie de Juliette Gréco au "Tabou", j'y suis allé parfois Ô c'était il y a fort longtemps.

Il a même écrit à la façon des auteurs Américains sous le pseudo de Vernon Sullivan, le fameux roman "j'irai cracher sur vos tombes ". Je l'ai lu j'étais tout minot, ce bouquin était au milieu de tant d'autres dans la bibliothèque paternelle, chez moi point de tabous, tous les bouquins étaient accessibles, et ça ne nous perturbait pas, je vous avoue que je préférais et de loin les aventures de Tintin et Milou, à celles du Roi Pausole (Pierre Louys) , ou de Nora la guenon devenue femme (Félicien Champsaur), ou encore d'Aphrodite du même Pierre Louys ! Comme quoi il est bon de laisser les mômes faire leur choix.

Dans cette bibliothèque véritable caverne d'Ali Baba, il y avait même un carnet rempli de chansons de corps de garde, compilées par les soins paternels, et illustrées par lui même ! Il avait un sacré coup de crayon mon paternel !

Quant aux autres ouvrages de Monsieur VIAN, je ne vous ferai pas l'affront de vous les citer !!

Alors j'ai voulu lui faire un petit tout petit clin d'œil, et dire : "merci Monsieur VIAN" !

(ch'tiot crobard Andiamo)

vendredi 26 février 2016

AndiamoCrise énergétique... Mon cul !

J'entends à longueur de journée : "Bientôt on manquera de pétrole, bientôt on manquera de gaz, le nucléaire ? Pouah" !

Imaginons un instant qu'une centrale nucléaire de la vallée du Rhône, Cruas-Meysse par exemple, une belle centrale : quatre réacteurs nucléaires de 3600MW au total !

Imaginons un instant qu'il se produise un incident, ben oui ça pourrait arriver ! Il suffit que le responsable en chef de la sécurité, s'adonne à des plaisirs coupables avec la fille du chef de la sécurité incendie, lui même occupé à papillonner avec la cantinière homosexuellement liée (par intermittence) avec la fille du pharmacien.

C'est clair dans votre esprit ? Tant mieux, mais vous êtes bien les seuls.

Alors tous occupés à gamahucher allègrement, ils ne surveillent plus les écrans de contrôle, et quand enfin ils se rendent compte de ce qui se passe... Trop tard ! La cocotte minute leur pète en pleine tronche...

Tchernobyl puissance dix, Fukushima ? Un pet d'chien à côté ! Ah le beau champignon, pour peu que le mistral souffle ce jour là, adieu jolie Provence, plus belle la vie à Marseille ? Mouaf,

Remettez vous, Tonton Andiamo a LA solution !

J'en connais une qui doit respirer, elle habite à proxénète, et déjà elle se voyait briller la nuit, et ce sans phosphore ajouté, une luciole en quelque sorte ! Mais oui...

On ferait comme le savant un peu barjo de "Jurassic Park", cloner puis élever des dinosaures, surtout les herbivores, genre Diplodocus, Tricératops, Sauropodes et autres Ornithopodes... etc.

Pourquoi me direz vous ? Afin de récupérer le méthane ! Ah la vache ça doit balancer des caisses épouvantables ces bestiaux au vu de la quantité de végétaux absorbés, une vache de belle taille à la puissance 100 à l'aise ! Après le pétrolifère : le pètolifère !

Des usines disséminées un peu partout, vous imaginez ? Les grosse bêbêtes le fion branché sur des tuyauteries commacks, boules Quiès o-bli-ga-toi-res pour tout le personnel, biscotte les coups de canon, la "groß Bertha" à côté ? C'est la Sainte vierge qui pète en chaussons !

Et de plus lorsque le bestiau arrivera en fin de vie, et ne fournira plus assez de gaz, même pour allumer une clope, et bien on le bouffe ! Quelle quantité de barbaque, imaginez...

- M'sieur Sanzot une entrecôte s'il vous plaît.

- Vous serez combien M'Dame Bouillard ?

- Une vingtaine, M'sieur Sanzot.

- Je vais vous couper une belle côte de Diplodocus M'dame Bouillard.

Aragon n'avait pas raison, ça n'est pas la femme qui est l'avenir de l'homme, c'est le Brachiosaurus !

(ch'tiot crobard Andiamo)

dimanche 21 février 2016

AndiamoVous croyez aux revenants ?

Cette histoire est authentique, j'aurais préféré qu'il en fût autrement, mais bon...

Veille de Noël, il y a une cinquantaine d'années, la femme est assise dans son fauteuil en compagnie de son fils, ils regardent la télé, en noir et blanc la télé, seulement deux chaînes, eux n'ont que la première chaîne, on va tout de même pas changer un poste pour avoir une seconde chaîne ! Ca coûte bien trop cher.

En fin de journal le présentateur, sans doute Claude Darget, Léon Zitrone ou Georges Decaunes va savoir c'est si loin... Annonce qu'un homme âgé de 32 ans, son épouse 26 ans, et leurs deux fillettes respectivement âgées de 4 ans et 9 mois, ont trouvé la mort dans un accident de la route, sur la nationale 6 à hauteur de Belleville sur Saône, suite à un choc frontal avec un camion, les quatre occupants de la 404 sont morts sur le coup ! Annonce faite en cette veille de Noël, afin d'inciter les automobilistes à plus de prudence.

S'en suit un bref commentaire, le chauffeur de la 404 s'est sans doute endormi au volant, car il s'est déporté brusuement sur la gauche sans raison apparente, le chauffeur du poids lourd n'a rien pu faire.

La femme a bondit de son fauteuil : "ce sont EUX" s'est elle écriée !

La veille au soir sa fille, était passée et lui avait dit au revoir, elle descendait dans le midi, avec son mari et leurs deux fillettes.

- Soyez prudents ! Avait recommandé la Maman.

- T'inquiète avait répondu la jeune femme avec un large sourire.

La journée s'était écoulée tranquille, on ne recevait pas de nouvelles toutes les cinq minutes en ces années soixante, point de téléphone portable, point de téléphone du tout d'ailleurs ! Ou alors chez très peu de gens.

Après l'annonce de la télé, le grand fils est allé chez la voisine, elle avait un téléphone, alors l'annuaire sous les yeux il a composé le numéro du commissariat de la ville où habitait sa sœur, un flic a décroché et quand le jeune homme a demandé s'il s'agissait de Monsieur et Madame Untel, le flic a bredouillé, puis il a dit, pensant que l'homme au bout du fil n'entendait pas :

- ça n'est pas à moi de le lui dire...

Afin de confirmer, le garçon a appelé l'ORTF, et là on lui a donné le nom des victimes... L'horrible doute était confirmé.

Les gendarmes dépéchés sur place à Bellevile sur Saône avait prévenu les parents de l'homme, mais pas ceux la femme, elle ne portait plus son nom de jeune fille, alors...

Cette femme je l'ai connue, pendant plusieurs mois elle a vécu comme un zombie, son fils m'a confié que lorsqu'elle a su que c'étaient eux, elle a hurlé "comme un animal" c'est l'expression que son fils m' a rapporté.

Les obsèques ont eu lieu dans la région Toulousaine, un joli cimetière au sommet d'une colline, dominant toute la vallée...

Cette femme je la connaissais suffisamment bien, elle n'était pas plus croyante que la moyenne, plutôt moins ! Ne croyait ni aux fantômes, OVNIS, diableries, et autres fadaises du même acabit !

Les pieds solidement posés sur la terre, nés en 1914, son père mort des suites de la guerre, un mari ayant fait la guerre de 39-45, l'exode pour elle avec trois têtards accrochés à ses jupes ! Ses fils plus tard, appelés en Algérie, enfin la totale..

Alors les "Bondieuseries", les "Alléluiah" et autes "Pater Noster" c'était pas pour elle, et après ce qui lui était arrivé, encore bien moins !

Chaque fois qu'elle le pouvait elle se rendait dans ce cimetière du Lauragais, ça lui faisait du bien disait elle. Elle pleurait souvent bien sûr, mais sans geindre, toute seule dans son coin "pour elle" comme elle disait, n'étant pas du genre à se répandre !

Un jour qu'elle était entrée dans le cimetière, en approchant de la sépulture, elle "les vit" au bout de l'allée ! Son mari décédé deux ans avant l'accident des enfants, sa fille, son gendre et les deux fillettes, ils souriaient , se tenant par les épaules, comme des gens heureux..

Elle m'a dit : " j'en suis restée comme deux ronds de flan" ! Expression qui lui était familière.

Moi un peu sceptique j'ai répondu : " Tu as cru les voir" ?

- Non vus ! Ecoute je ne sais pas ce que c'était, un mirage, une projection de mon esprit, je ne sais pas, mais ce que je sais, c'est que je les ai vus ! Et ils étaient heureux.

De ce jour m'a t-elle confié, je n'ai plus pleuré, et c'est vrai !

Une fois ou deux nos avions évoqué cet instant, son histoire n'a jamais variée, je crois sincèrement que ce jour là cette Dame avait effectivement vu quelque chose.

Je ne crois : ni aux fantômes, ectoplasmes, et autres zombies, elle non plus n'y croyait pas, il nous arrive parfois de vivre des évènements irrationnels qui nous dépassent, ne cherchons pas à tout expliquer.

(ch'tiot crobard Andiamo)

mardi 16 février 2016

FrançoiseMerci Patron.

"MERCI PATRON" TONIQUE, DRÔLE ET EFFICACE!

800 spectateurs, 200 au moins qui attendent dehors! De quoi faire rêver tous les réalisateurs heureux lorsqu'ils annoncent que leur projection a attiré 100 personnes... Salle bondée, avec beaucoup de jeunes venus voir "Merci Patron", réalisé par François Ruffin, journaliste et fondateur du journal FAKIR, "fâché avec tout le monde ou presque". Vu la foule, il a aussi beaucoup d'amis, beaucoup de "petites mains Fakiriennes" qui ont permis, tout comme les contributeurs, à faire naître ce film.



L'histoire est simple: Bernard Arnault, homme le plus riche de France, PDG de LVMH, a licencié des centaines de salariés, dont le couple Klur, qui bossait dans une usine de costumes Kenzo (Kenzo appartient à LVMH). Rien que de très banal, on ne construit pas une fortune colossale sans casse sociale. Mais voilà: les Klur n'ont plus que 3 euros par jour pour vivre, et devant l'accumulation de leurs dettes, l'huissier va saisir et vendre leur maison, le seul bien qu'ils ont réussi à s'offrir en trente ans de travail.

C'est alors qu'intervient François Ruffin à qui Marie-Hélène, déléguée CGT et ex-LVMH a présenté les Klur. Sous le prétexte drôlatique de "réconcilier la France d'en haut et celle d'en bas", Ruffin se fait fort d’obtenir de Bernard Arnault qu'il sauve ce couple dans la misère.

Je ne vous raconte pas la suite pour ne pas déflorer le suspense. Car du suspense, de la rigolade et de l'admiration devant l'opération montée et réussie par Ruffin et les Klur, il y en a. On ne s'ennuie pas une seconde, on rit aux larmes, on s'indigne aussi, mais au final ce western social qu'est "Merci Patron" distille des enseignements propres à réveiller quelques milliers de désabusés qui marmonnent aujourd'hui "C'est fichu, ça ne sert à rien de manifester, lutter, se révolter."

Premier enseignement: on ne gagne pas en se terrant sur son terrain, on gagne en allant sur le terrain de l'adversaire et en utilisant ses faiblesses, car il en a toujours. Deuxième enseignement: il y faut la ténacité d'un pittbull qui refuse de rendre l'os qu'il a réussi à mordre. Troisième enseignement: l'humour est une arme de destruction massive lorsqu'on apprend à l'utiliser.



Certains détails du film font mouche: madame Klur, le teint abîmé par la misère et l'élocution hésitante de ceux qui sont asservis, se transforme physiquement et mentalement au fur et à mesure qu'elle prend confiance en elle et que la force change de camp. Autre détail: Ruffin, expulsé sans ménagements de l'AG des actionnaires de LVMH n'est alors que le trublion d'un petit journal militant. Lorsque le vent change, le négociateur de LVMH évoque avec un mélange de fureur et de respect "le groupe FAKIR"!

"Merci Patron" est encore ce soir en avant-première à Paris, il a été déjà présenté un peu partout en France en présence de Ruffin et d'interlocuteurs gonflés à bloc, comme Mickael Wamen condamné à de la prison ferme pour son action syndicale contre les licenciements chez Goodyear ou Frédéric Lordon l'un des seuls (avec le regretté Bernard Maris) à apporter un discours d'économiste différent de la pensée unique. Après ces avant-première, sortie en salle à partir du 24 février. Allez-y, emmenez-y vos enfants, vos amis, non seulement vous passerez une bonne soirée mais vous leur donnerez de l'espoir et de la gniaque. (toutes les dates de projection sur http://www.fakirpresse.info/ )

A la sortie, on se demandait ce qui fait courir François Ruffin: l'envie de faire de la politique ou l'envie d'être un grand cinéaste? La réponse est donnée par son fils qui lui dit en montrant son livre illustré: "Robin des bois, il enlève l'argent des riches pour le donner aux pauvres". Ce qui fait courir François Ruffin, c'est l'envie d'être Robin des Bois et d'entraîner dans cette aventure un maximum de personnes. Enfin, je crois...

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19560135&cfilm=243117.html

jeudi 11 février 2016

BlutchMes poètes de légende, tome 5

Le Bel Hubert

J’ai menacé Saoul Fifre il y a peu de lui asséner de la poésie agricole et je mets toujours mes menaces à exécution….



C’est un poète garagiste de la campagne jurassienne (la vraie, celle du canton du Jura) et accessoirement fou de deuch. Son champ d’inspiration c’est précisément la vie des champs et ce qui va avec.

Là encore, peu de choix sur le ouèbe, mais peut-être assez pour vous donner envie d’en savoir plus, c’est tout le mal que je souhaite à son chiffre d’affaires…

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