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mardi 30 mars 2010

Tant-BourrinConsultez les pages blanches !

Voilà.

Il faut bien que ça arrive de temps en temps. Trop de boulot la semaine, trop de flemme le week-end, pas d'inspiration. Résultat : queud. Nada. Pas le moindre début de commencement d'ébauche d'esquisse de billet.

Me volilà donc contraint de vous annoncer une page blanche.

Mais comme chez Blogbo nous sommes des pros, je ne vais pas vous l'annoncer tout platement et sans fioriture, non, je vais vous l'annoncer de moultes façons, genre les "exercices de styles" de Queneau.


La méthode faux-cul

Hein ? Quoi ? Pardon ? Un... billet ? Ah boooon ? Je devais faire un billet aujourd'hui ? Vous êtes sûr ? C'était pas le tour de Saoul-Fifre ? Ah bon ? C'est ballot, ça m'est complètement sorti de l'esprit ! Bon, bin, tant pis, hein ! Quand le tour est passé, il est passé ! Je ferai plus attention pour mon prochain billet !


La méthode agressive

Non, y'a pas de billet ! Et alors ? Ça te défrise, lecteur de mes deux ? Déjà que je supporte que tes yeux de bovin décérébré viennent salir ce blog en posant leur regard torve dessus, manquerait plus que tu viennes chialer en réclamant plus de billets ! Non mais ! Des chieurs comme toi, j'en bouffe dix au petit déjeûner ! D'ailleurs, j'ai les adresses IP de ceusses qui se croient tout permis dans les commentaires : s'ils continuent, je pense que je vais aller leur rendre une petite visite musclée, histoire de leur remettre les idées en place ! Capito ?


La méthode opportuniste

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La méthode marseillaise

Oh fatche ! Je vous avais concocté un billet de trois milliards de kilomètres de long, une vraie saga genre les "Rougeauds macache", mais y'a une météorite qui est tombée sur la maison, qui a traversé le toit et s'est écrasée pile sur mon ordi. Tu parles d'une tuile ! Bon, bin, tant pis, vous attendrez le prochain billet !


La méthode statistique

L'analyse exhaustive de l'échantillon de billets signés par Tant-Bourrin révèlait jusqu'à hier la présence de trois billets de type "page blanche" sur 440 billets au total, soit une probabilité d'occurrence de 0,682% pour ce type de billet défectueux. Ce quatrième rebut fait bondir cette probabilité à 4 sur sur 441, soit 0,907%, révélant par là-même une certaine usure chez le rédacteur susnommé.


La méthode versifiée

Hélas, point de billet, chers lecteurs et lectrices
L'encre de mon stylo ne voulait plus couler
Ma muse a mis les bouts, j'ai le cerveau qui crisse
J'ai failli, honte à moi, je suis un vrai boulet


La méthode publicitaire

Déjà mise en pratique ici


La méthode amnésique

Un billet ?... Qu'est-ce que vous appelez un billet ? Un truc écrit sur un... quoi ? Un blog ? C'est quoi, un blog ? Et qui est ce Tant-Bourrin dont vous me parlez ?... Et d'abord, qui êtes-vous ?


La méthode franche

Bin ouais, je n'ai pas fait de billet aujourd'hui. Bin, non, je n'ai pas honte. Bin, non, j'avais pas envie, c'est tout ! Bin, oui, je me fous des lecteurs, pourquoi ?


La méthode non discriminatoire

Déjà mise en pratique ici


La méthode Zen

Afin de lutter contre le fléau du stress et d'ouvrir votre esprit à la plénitude, j'ai décidé de vous initier au Zen. Première leçon : faites une méditation introspective d'une heure en contemplant la page blanche ci-dessous.


La méthode musicale

Déjà mise en pratique ici


La méthode fait divers

BOURRINVILLE - 30 mars 2010 - Un billet de grande valeur dérobé sur un blog.
Un billet de grande valeur, mis en ligne sur Blogborygmes, un des blogs les plus prestigieux du monde, a été dérobé dans la nuit du 29 au 30 mars 2010. Alors que son rédacteur, Tant-Bourrin, avait programmé sa mise en ligne automatique à 0h11. En fin d'après-midi, le billet a mystérieusement disparu peu avant que celle-ci soit effective. Les malfaiteurs ont tout emporté du billet, n'en laissant pas le moindre mot. Ce matin, Blogborygmes arborait une page blanche à l'emplacement où aurait dû figurer le précieux billet. Les policiers, rendus sur place, n'ont pour l'heure pas recueilli d'élément susceptible d'orienter l'enquête.


La méthode promotionnelle

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La méthode greenwashing

La consommation énergétique d'Internet explose, à la fois du fait des équipements informatiques des internautes mais également en raison de la croissance vertigineuse du nombre de data centers, de plus en plus énormes et énergivores. Ce billet, qui pourrait sembler de prime abord n'être qu'une vulgaire page blanche, relève en fait d'une démarche éco-citoyenne : en incitant le lecteur à passer moins de temps devant l'écran, en sollicitant moins les serveurs distants, c'est de l'énergie et du CO2 que nous économisons. Pour vous, pour nous, pour la planète !


La méthode viticole

La méthode préférée de notre ami Saoul-Fifre ! Cliquez ici !

samedi 27 mars 2010

AndiamoSquash

La petite balle rebondit. L’effet imprimé par la raquette rend son rebond imprévisible, des balles liftées presque à chaque fois.

Eric n’en peut plus : il transpire abondamment, son tee-shirt bleu commence à ressembler à une planisphère, la sueur y a imprimé des taches faisant penser à des continents !

Près de lui une femme : trente-cinq ans environ, épanouie comme l’on dit, grande, mince, vêtue d’un polo blanc. Dessous : ni soutien-trucs, ni redresse-machins, la sueur laisse apparaître les aréoles brunes de sa poitrine, qui bouge à peine malgré les déplacements rapides de la jolie rousse.

Epuisé, Eric s’arrête, lève le pouce en signe de renoncement. STOOOOP ! hurle-t-il, en accompagnant son cri d’un sourire à l’adresse de sa partenaire.

En arrivant vers dix-huit heures, comme à son habitude, pour sa partie de squash en compagnie de Joël, son ami et partenaire, on lui a appris que ce dernier avait été renversé, alors qu’il sortait de son bureau !

Ça n’était pas bien grave, mais le chauffard avait pris la fuite. Joël s’en était tiré avec quelques contusions et devait rester un jour ou deux en observation à l’hôpital Bichat.

Une jolie rousse est à l’accueil, discutant avec la réceptionniste.

- J’ai tout entendu, excusez-moi : vous êtes, il me semble, sans partenaire pour votre squash ?

- Oui, mais bon, ça n’est pas bien grave, je vais aller rendre visite à mon ami.

- A cette heure, les périfs sont à saturation ! Si un p’tit squash avec une femme ça ne vous fait pas peur, vous pourrez toujours rendre visite à votre ami un peu plus tard.

Même pas de périphs à prendre, du squash de Montmartre à Bichat, ça n’est vraiment pas la mer à boire ! Par la rue Vauvenargues, trajet direct : porte de Saint-Ouen.

Piqué au vif, Eric a accepté la proposition. Après coup, il se dit qu’il aurait eu mieux fait de refuser, car il s’est fait laminer.

- Ce fut un plaisir de me faire humilier par une jolie femme. Maintenant, la douche, puis direction Bichat.

Il tend la main en direction de la femme.

- Eric Molinas, se présente-t-il

- Sylvie, répond à son tour la femme, en serrant fermement la main tendue.

- A demain pour une autre partie ? J’ai droit à une revanche, si toutefois vous êtes libre…

- Libre comme une balle de squash ! A demain donc.

Elle tourne le dos, son short « a minima » laisse voir des rondeurs qui émeuvent Eric. Elle doit porter des strings… Ou alors que dalle, comme pour le soutif !

A l’étage du service trauma, Eric a retrouvé Joël. Ce dernier a le bras en écharpe, une petite luxation de l’épaule droite, a-t-il expliqué. Ça n’est pas bien grave, mais pour le squash, c’est râpé !

- Aucune importance, a ironisé Eric, je t’ai DEJA remplacé et, crois-moi, je n’y perds pas au change ! Tu verrais le canon….

- Raconte à un pauvre mourant, gémit Joël en prenant une voix chevrotante.

- Ferme les yeux… Ça y est ?

- Yes Monsieur !

- Un mètre soixante-dix, soixante kilos, 95-62-96

- 95 A,B,ou C… Voire D ? demande Joël.

- B, et arrête de fantasmer ! Et attends le meilleur : c’est une ROUSSE aux yeux verts !

- Son âge ?

- Trente-cinq, pas plus.

Le lendemain, Eric est au rendez-vous rue Achille Martinet, dans le XVIII ième. Sylvie est déjà là, vêtue d’un débardeur blanc à fines bretelles. Dessous, elle ne porte rien, cela se devine, cela se voit. Le même micro short d’un blanc immaculé moule son petit cul. Le regard d'Eric glisse sur les jolies jambes. Sylvie s’en aperçoit et lui renvoie un sourire amusé.

Comme la veille, la redoutable adversaire le trimballe littéralement. Au bout d’une demi-heure, Eric, en eau, souffle court, au bord de l’apoplexie, demande grâce.

- Mais où avez-vous appris à jouer ? Chapeau, Miss !

- J’ai vécu un moment à Montréal, c’est là-bas que j’ai appris. Il faut dire que j’avais un bon professeur.

Elle baisse un peu les yeux en prononçant cette phrase, ses lèvres ont légèrement tremblées.

Elle se ressaisit :

- Et votre ami, comment va-t-il ?

- Bien, très bien, merci ! Il sort demain, mais pour le squash, il est sur la touche pour un moment. A propos de squash, vous devez vous ennuyer avec un partenaire aussi médiocre que moi ?

- Pas du tout, lui répond elle en le regardant droit dans les yeux, vous me plaisez beaucoup !

Surpris Eric pique un fard, la soudaine déclaration l’a pris de court.

- Si on dînait ensemble ? propose-t-il histoire de reprendre la main. Je connais un petit restau à deux pas d’ici, rue Championnet : « chez Babette ». C’est un endroit très sympa, à la bonne franquette comme on dit !

- Ah oui ! J’en ai entendu parler : hors-d’œuvres et vin à volonté ! Avec plaisir mon Seigneur.

- Je passe vous prendre ?

- Non, j’y serai à vingt heures, ça ira ?

- Oui, bien sûr…

Vingt heures tapantes, Eric entre « chez Babette ». Ce petit restau de la rue Championnet est plein à craquer, comme tous les soirs. L’ambiance y est bon enfant, les tables à touche-touche facilitent les contacts. Soudain, il aperçoit au milieu de la salle un bras levé, c’est celui de Sylvie, elle a squatté une table.

Un large sourire accueille Eric.

- Je suis arrivée un peu en avance, ça m’a permis de bloquer une table.

- Je suis confus, c’était à moi de vous précéder.

- Mais non, vous êtes à l’heure, c’est moi qui suis en avance ! C’est une manie, j’ai horreur d’être en retard, et je n’aime pas attendre non plus !

Le dîner est plutôt sympa, la queue devant le buffet de hors-d’œuvre, chacun picore au petit bonheur dans les saladiers appétissants.

Le repas terminé, Eric et Sylvie se retrouvent rue Championnet, devant le restaurant.

- Je suppose que vous êtes venue en voiture ?

- Perdu ! A pied.

- Alors je vous raccompagne ?

- Si on allait plutôt chez toi ?

Le brutal tutoiement, puis la proposition, laissent Eric pantois. Sylvie a passé son bras autour du sien.

- Où est ta voiture ? questionne-t-elle.

Ils sont blottis l’un contre l’autre, nus, tendrement enlacés. Eric admire le corps superbe collé au sien. Elle a sacrifié à la mode : son corps est entièrement épilé. Eric aurait préféré… Etant donné qu’elle est rousse… Mais bon !

Chaque jour, ils se sont vus. Eric est raide dingue, Joël ne le reconnait plus. Avant Sylvie, qu’il trouve magnifique, a-t-il avoué à son ami, Eric n’avait eu que des passades, des maîtresses d’un soir, au plus quelques mois comme cette gentille brunette Cathy, une fille mignonne sans plus, gentille, sérieuse.

Elle était tombée amoureuse du beau sportif qu’Eric était à l’époque. Puis un soir, alors qu’ils étaient réunis tous les trois, pour un petit dîner du samedi soir, Eric était entré dans une rage folle à propos d’une salade un peu trop assaisonnée…

- T’es bonne à lape ! T’es trop conne, voilà, je traîne un boulet ! Même pas fichue d’assaisonner une salade correctement, tu n’es qu’une tache. Tu te rends compte Joël ? Elle voulait que je lui fasse un gosse ! Non mais, douée comme elle est, j’imagine la tronche de ce qu’elle aurait fait !

- Arrête Eric, tu deviens odieux, avait dit Joël en se levant.

- Attends, j’ai essayé de lui en faire un, j’suis trop gentil… Même ça elle ne sait pas le faire ! Tu veux que je te dise Cathy : ça n’est pas un ventre que tu as, mais un cimetière !

Cathy avait éclaté en sanglots, ramassé ses quelques affaires, puis sans un mot avait jeté le trousseau de clés sur la table… Etait partie.

Plus jamais ils n’en avaient entendu parler.

Deux jours sans Sylvie, Eric tourne en rond. Que m’arrive-t-il ? Jamais il n’a ressenti cela. Sylvie ne lui a donné ni adresse ni téléphone, d’ailleurs elle n’a pas de portable.

- Les balles de squash non plus, lui a-t-elle rétorqué alors qu’il la questionnait à ce sujet, et pourtant elles vont là où elles le veulent ! N’est-ce pas, mon grand sportif ?

Et pan ! Une allusion aux « torchées » qu’il prenait régulièrement.

Le troisième jour, calé dans son canapé, alors qu’il se repasse pour la énième fois l’excellent film de Stanley Kubrick "2001 odyssée de l’espace", le carillon de la porte d’entrée le tire du vaisseau spatial ! Sylvie est là, debout sur le palier.

- Entre, je t’en prie.

D’un pas hésitant, la femme est entrée, elle reste là.

- Je ne peux pas rester, je suis venue te prévenir… Des ennuis, comprends-tu ? Je ne peux pas t’expliquer.

- Sylvie, dis-moi, je t’en prie… Ne me laisse pas comme ça… Je peux t’aider.

- Non, je ne veux pas te mêler à ça, c’est mon histoire, je t’aim ... je tiens trop à toi, je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose.

- Tu m’aimes, Sylvie, ça t’a échappé, j’ai bien entendu. Je t’aime aussi.

- Oui, je t’aime, Eric, lui répond-elle en se blottissant dans ses bras.

Doucement, tendrement, il l’entraîne. Tous deux s’assoient sur le canapé.

Ils sont nus, Sylvie est tout contre Eric, absente. Pourtant, quelques minutes plus tôt, elle était déchaînée et hurlait des « je t’aime ».

- Dis-moi, Sylvie, je t’en prie, raconte, je VEUX t’aider.

- Je t’avais dit que j’avais vécu à Montréal. Là-bas, j’ai connu un professeur de squash…

- AH ! C’est donc cela, ironise Eric.

Sans relever, Sylvie poursuit.

- Nous avons vécu un bon moment ensemble. Au début, tout allait bien, mais sa profonde nature a repris le dessus, il m’a trompée, humiliée, alors je l’ai quitté…

- Mais…

- Laisse-moi terminer, Eric. Loïc, c’est son nom, il m’a retrouvé voici cinq jours, sans doute par l’intermédiaire du club de squash. Depuis il me harcèle, il est très violent, c’est la première fois qu’il se fait larguer, cet horrible macho ne l’encaisse pas ! J’ai peur, alors j’ai pris mes précautions.

Ce disant, elle saisit son sac à main, l’ouvre.

Eric aperçoit un pistolet, plonge la main dans le sac et sort l’arme.

- T’es folle, que vas-tu faire avec ça ?

- T’inquiète, amour, il n’est pas chargé, c’est seulement pour lui faire peur ! Allez, remets-le en place.

Eric a reposé le pistolet dans le sac, ils ont refait l’amour. Au petit matin, alors qu’il dormait encore, elle est partie.

C’est la sonnerie du téléphone qui l’a réveillé.

- Eric, viens vite… J’ai peur, j’ai fait une bêtise.

- Calme-toi, amour, où habites-tu ? Je ne connais toujours pas ton adresse !

- Rue Darwin, au numéro trois, deuxième étage, porte face.

- Nous sommes presque voisins, j’arrive !

- Eriiiic… Il y a un code : 357 M.

- Noté.

Ce dimanche matin, la circulation est fluide, quasiment inexistante. De Jules Joffrin, où est situé l’appartement d’Eric, à la rue Darwin, il ne lui faut que quelques minutes. Il gare sa pompe sur un bateau, puis trouve rapidement l’immeuble. Le temps de composer le code, il monte les deux étages, délaissant l’ascenseur.

Au second, la porte palière de l’appartement du milieu est ouverte. Eric entre.

- Sylvie, t’es là ?

Aucune réponse, Eric s’avance, pénètre dans le salon. Un homme est allongé, sa tête repose dans une flaque de sang. A un mètre de lui environ, un pistolet… LE pistolet que Sylvie lui a montré cette nuit, Eric le reconnaît, alors il se penche, puis tâte la carotide de l’homme à terre. Rien. Visiblement, il est mort, le trou béant au milieu du front ne lui laissait aucun doute, cela se confirme. Alors qu’il se relève, un cri derrière lui.

C’est une femme, tablier bleu, cheveux gris, pantoufles fatiguées aux pieds. C’est la bignole, elle recule visiblement effrayée.

- Attendez, Madame, ça n’est pas ce que vous croyez !

La sentence est tombée : crime avec préméditation.

Sylvie a joué la fiancée éplorée, arguant que Eric et elle, ça n’était qu’une passade, mais que lui était viscéralement jaloux. Ses empreintes retrouvées sur le pistolet l’accusaient formellement.

Vingt ans… S’il se tenait bien d’ici onze à douze ans il pourrait sortir.

- Molinas, t’as un parloir !

- Moi ?

- Ben oui, y’a pas d’autre Molinas dans la cellule, répond Georges le maton.

Dans le couloir, où visiteurs et détenus sont séparés par un plexiglass percés de trous, genre hygiaphone, Eric aperçoit Sylvie.

- Toi t’es gonflée, ma salope, après m’avoir enfoncé au procès, tu ne manques pas d’air !

- Appelle-moi Cathy, Eric. Cathy Rinval : c’est mon nom !

- Qu…Quoi ? C’est toi, Cathy ?

- La vraie Cathy est morte, je l’ai tuée, à coups de botox et de chirurgie esthétique : à sa place Sylvie Talloires, c’est fou ce que quelques milliers d’euros peuvent faire !

J’en ai chié, pour devenir ce que je suis, pas moins de dix interventions, réductions du volume de mes seins, d’un bonnet « C » je suis passé au « B », abrasion du maxillaire inférieur, afin de réduire le menton, tu m’as assez reproché mon menton « en galoche » ! Le nez aussi, bien sûr, raccourci et moins « épaté ». Les pommettes ? Un peu de botox pour les rendre plus saillantes. Je te passe les liposuccions, et surtout les heures de musculation, afin d’obtenir le corps de rêve qui t’a tant fait fantasmer !

Ce que tu as pu me faire marrer avec tes : je t’aimeeeeeu !

Le meilleur ? Les trois centimètres que j’ai gagnés grâce à une méthode Néerlandaise qui consiste à pédaler des heures et des heures la jambe tendue au maximum, lorsqu’elle est au bas de sa course… C’est douloureux, très douloureux.

Quant aux jolis yeux verts, avec les lentilles de contact, ça a été un jeu d’enfant. Joignant le geste à la parole, elle retire les prothèses oculaires et le regarde de ses jolis yeux noisette, qu’il n’avait jamais su admirer.

Quant à ton ami, il ne croira jamais que c’est moi qui l’ai un peu « bousculé » avec une voiture de location, afin de te rencontrer. Je ne suis pas trop maladroite, les cours de conduite sportive sans doute !

Mon ventre est un cimetière Eric ? Pas pour tout le monde : j’attends un enfant de Joël...

mercredi 24 mars 2010

Saoul-FifreVéhicules auto et musculomobiles

Avec mes trois sœurs comme ainées directes, autant dire que j'étais seul au monde, dans notre ferme isolée. Bon, nous faisions des choses ensemble, c'est vrai, j'ai raconté ailleurs comment nous tricotions de concert, faisions du tricotin, et j'ai même appris la sténo avec elles.

Mais ça allait un moment, les filles. Sans parler de nos différences d'âge, nos centres d'intérêts n'étaient pas les mêmes, il faut se remettre dans le contexte de l'époque, les activités étaient très sexuées. Non, Françoise , je n'ai pas dit "sexuelles". Donc je filochais aussi souvent et aussi loin d'elles que je pouvais. À pied d'abord, puis en vélo, quand j'en eus un, ce qui ne tarda pas, car m'en offrir un pour mon anniversaire permit à mes parents de ne plus avoir à me mener à l'école primaire, à 6 kilomètres.

N'empêche que ça devait coûter bonbon, une bicyclette, car je me souviens d'une effervescence inaccoutumée, ce jour là, l'importance était palpable, la passion présente. Je peux aujourd'hui confirmer n'avoir pas déçu les attentes familiales. Le vélo a effectivement eu une importance envahissante dans ma vie. Le premier n'avait qu'une seule vitesse et pourtant, miladiou, que mon Périgo est vallonné !

Toujours est-il que le plaisir que je prenais quotidiennement à appuyer sur mes pédales me fit prendre en grippe les moteurs à explosions, ces machines dangereuses, bruyantes, coûteuses et malodorantes. Un jour mon oncle, qui devait démonter un moteur de tracteur, me proposa de le faire avec moi. À une offre qui aurait dû faire sauter de joie au plafond n'importe quel ado, je répondis "Niet" et je repense encore avec remords à son air triste et déçu, lui qui pensait me voir saisir cette occasion unique.

J'ai pris depuis, bien obligé, des cours de mécanique, mais je n'ai jamais ressenti bruler en moi cette étincelle que je voyais briller dans les yeux de mes camarades garçons quand on parlait voiture. J'ai continué à pédalouiller à mon rythme ou bien à prendre le train , ou bien à faire du stop . Puis j'ai rejoint la cohorte des pauvres mais travailleurs, tenaillé par la faim. J'allais au boulot en vélo, ou bien on faisait du co-voiturage. Quand je suis devenu monteur en téléphone, il fallait bien un véhicule de fonction, mais bon, on travaillait toujours à deux, alors il suffisait que mon collègue ait le permis, et ça roulait comme ça.

Mais un jour, le patron en eut marre. Ce n'était pas pratique. Si le collègue était malade, je bloquais tout, et puis il y avait des chantiers qui ne nécessitaient qu'un ouvrier... Ya pas d'bon dieu, faut qu'tu passes ton permis ou qu'tu prennes la porte !

Et merde. Je me suis inscrit aux cours, ça n'a pas trop mal marché et j'ai eu mon permis tout neuf à l'âge de 22 ans. Pour obéir aux statistiques des assurances (qui se méfient des jeunes conducteurs), j'ai eu mes deux seuls accidents la première année, un à cause de la neige, l'autre à cause du whisky, ou à cause des glaçons, je me souviens plus. Mais je l'jure, dès que j'ai su à peu près le mode d'emploi de ces jerricanes sur roues, j'ai toujours été sage au volant : le pied toujours au plancher, on oublie jusqu'à l'existence des freins et on terrorise tellement la voiture de devant qu'elle ralentit pour vous laisser passer. Y en a même qui s'arrêtent.

Non je déconne. Mais c'est vrai que je me suis un peu laissé embobiner par la voiture. Je suis passé de la position d'adversaire résolu à celle de compagnon de route complice. Par contre, les tendances de l'industrie automobile actuelle me dépassent complètement. Tous les gadgets, les trucs électroniques, ça me bloque. La clef qui refuse de démarrer le moteur car tu as tapé le code une fois de trop, je supporterais pas.

J'ai toujours conduit de vraies voitures. Des voitures mythiques, que l'on reconnait à 500 mètres sans lunettes. Avant, les voitures avaient des formes et chacune sa personnalité. Aujourd'hui, soi-disant pour des raisons d'aérodynamisme et de consommation, elles se ressemblent toutes. L'argument de la consommation est d'une hypocrisie rare puisqu'elles sont trop puissantes au vu des limitations de vitesse, de toute façon. Sans parler des mégalomanes complexés par leur petit zizi, accros aux 4 X 4.

Une des premières voitures que j'ai apprécié, c'était la R 12 break de mon frère. Sympa. Bon petit moteur qui nous a tracté une caravane dans des routes de montagne sans broncher. Élégante, simple, bien équilibrée, rien à dire. Ensuite, j'ai eu une 4 L, c'est solide, carré, volume intérieur optimisé, les PTT roulaient en 4 L, c'est vous dire le sérieux. Et puis j'ai conduit une deux-chevaux. Là c'est le top du fun : à 110 km/h grâce à une légère descente, on prend les virages à la corde, à deux doigts du tonneau. Si vous avez un équipier, enfin, un passager, vous le faites se pencher à l'extérieur en rappel, comme sur un dériveur au près. Waw, on est passé en frôlant la bouée ! Citroën était vraiment le roi des amortisseurs, mécaniques ou hydrauliques, avec les DS, ID, etc... .

Margotte aussi, fait dans les modèles à succès, vendus à beaucoup d'exemplaires. Hé, garantie de qualité ? Quand je l'ai rencontrée, son garagiste lui avait bricolé une Coccinelle bleu, jaune et orange, à partir de 3 carcasses. Ça roulait bien mais ce n'était pas destiné à passer inaperçus. Elle avait aussi une Traction Avant, une belle Onze légère noire de 1957, dans laquelle nous nous sommes mariés, snobs comme nous sommes.

Comme à la campagne, il faut des utilitaires, nous avons opté pour des Fiorinos de chez Fiat. Ouais Andiamo, crie avec moi : "Forza Italia !". Sincèrement, j'ai entendu des critiques, mais je ne les abonde pas : no souçaille, tellement que nous avons repiqué au même modèle quand elle fut trop vieille. Pas une option, tout mécanique, ça nous va impec. Puis le hasard nous a mis en présence d'un magnifique Volvo 240 break. Là aussi, comme avec la Coxx, on a vraiment l'impression d'être à l'abri dans ce genre de voiture. Que c'est celui qui va vous rentrer dedans qui va avoir mal. C'est sécurisant. Quand je vois les pare-chocs en fibre de verre des voitures modernes, je prends peur. Le 240, c'est un propulsion arrière, c'est la voiture préférée des norvégiens ou des suédois pour aller faire du gymkhana et des dérapages contrôlés sur les canaux ou les rivières gelées. Moi je contrôle rien. Sur une autoroute suisse enneigée, je me suis retrouvé coup sur coup à faire deux tête-à-queues avec réception dans les congères, depuis je fais gaffe.

Une chose me parait ici, certaine et évidente, c'est que sur l'échelle de la mort la plus nulle, celle dans un accident de la route tient le haut du pavé.

dimanche 21 mars 2010

Mam'zelle KesskadiePour José, animateur sur NRJ, qui essaye d'arrêter de fumer II

Rebonjour José,

Me revoici, Imelda, Veuve du curé de la paroisse des Saintes-Senteurs-des-pieds de Jésus, recyclée en tireuse de bonne aventure parce que tireuse de balle molle, j'ai pas la touche. Je suis plutôt flatteuse.

Me revoici, telle la promise terre élue dont parle l'évangile que tout le monde réclame ! Pas toi ? Ttttutttutttuttuttt. Pourtant, il n'y a que miel et lait sur ma langue ! Ok, ça a un peu suri, mais bon, c'est quoi, du yogourt pro-actif, tu penses ?

José, entrons tout de suite dans le sujet, tel un adolescent avide de venir aux faits.

La deuxième carte du tarot que j'ai tirée pour toi et ton cheminement dans la lumière de l'abstinence de la cigarette est... Je sens que tu frémis encore plus que le matin que tu shakes parce que tu veux une pof ! C'est le Jugement. Ok, tu aurais aimé mieux les amoureux ou quelque chose du gendre, mais l'univers te parle du Jugement !

Non, le jugement n'est pas pour le fumeur, mais bien pour le non-fumeur ! Non, ce n'est pas le célèbre préjugé qu'embrasser un fumeur est aussi pénible qu'embrasser un cendrier, même avec une gomme dedans ! En fait, embrasser un fumeur est assez intéressant vu qu'il a les lèvres en forme pour les avoir exercées mais bon... bon... je m'égare !

Je ne juge pas le fumeur. Souvent, il est le seul à prendre sa pause au bureau. Il regarde, d'un air effaré du mouton qui s'est échappé de l'abattoir, ses collègues se tuer à l'ouvrage sans arrêt. Il aime mieux se tuer en se faisant plaisir, qui peut le blâmer ? On a un regard méprisant pour lui parce qu'il est dehors en grelottant pour fumer, mais c'est le seul qui aura au moins deux poffes d'air pur parce que l'air du bureau est irrespirable. Et on veut qu'il arrête d'avoir du fun sous prétexte qu'on juge que c'est mauvais pour sa santé !!!!!!

Non-fumeurs, que le Jugement soit sur vous ! Avez-vous assez de fun dans la vie pour inciter un fumeur à joindre vos rangs ! C'est ce que se tuait à dire mon défunt mari-curé à ses paroissiens. Si les chrétiens avaient plus de fun à être vertueux, il manquerait de place dans les Églises. Il s'est tué à l'ouvrage d'ailleurs. Raide, mais heureux.

Encore pire, les professeurs et les parents. On dit qu'ils donnent le mauvais exemple, qu'ils rendent l'air autour des enfants mauvais pour leur pauvres petits poumons. Laissez-moi vous dire qu'à entendre les enfants hurler, se chicaner pis chiâler dans les catéchèses pourtant hautement instructives, j'aurais ben aimé ça que leurs tits poumons sont un peu plus maganés, que le ciel me pardonne !!!! Qui sommes-nous (oui, toi tu es José et moi Imelda, mais zencore), qui sommes-nous pour jeter la pierre aux pauvres adultes qui en tirent une en faisant une pause ? Mieux vaut encore qu'ils tirent une cigarette qu'ils tirent au pistolet sur une jeunesse !

Mais zalors, penseras-tu en te grattant le menton et en mâchouillant ton cure-dents à la menthe pour te distraire, comment aider ces pauvres êtres à traverser les difficultés inhérentes de la vie sur terre sans qu'ils s'envoient au paradis en se tirant dans la tête ou qu'ils préfèrent l'enfer de leur boucane ?

Toujours en suivant les conseils qui sont sur le site du défi j'arrête !

St-José-de-la-taquinerie-vache-et-écœurante, appelez les fidèles fumeurs aux plaisirs sans fumée.

Imelda, alias Mademoiselle Keskadie

jeudi 18 mars 2010

Tant-BourrinRecherche essentielle

Toute découverte scientifique majeure est généralement le fruit d'années d'études et de labeur, c'est un fait. Mais il advient parfois qu'un petit coup de pouce du hasard fait basculer un destin.

Prenons l'exemple d'Arno Trubint : qui aurait pu imaginer que ce chercheur insignifiant, qui s'échinait depuis près de dix ans à calibrer l'impact de différents régimes d'alimentation sur l'activité de la xanthine oxydase du foie du rat adulte, ferait un jour une découverte scientifique majeure, apte à bouleverser le paysage énergétique mondial ? Personne assurément, si le destin ne s'en était malicieusement mêlé.

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lundi 15 mars 2010

AndiamoMa France

Je dois porter la scoumoune !

Il y a quelque temps, j’écrivais un billet : jeux presque interdits, et paf !... dans la foulée, un tsunami aux îles Samoa !

Je prépare une série de cht’iots crobards et de photos (persos) afin d’illustrer la merveilleuse chanson de Jean Ferrat « ma France » et notre poète décède !

J’ai sollicité à nouveau l’aide de Tant-Bourrin afin de mettre en place la vidéo, regroupant des ch’tiots crobards que j’ai fait (à l’exception du marché qui est de Bill Marshall, une aquarelle que je lui avais acheté il y a fort longtemps).

Je dois avouer que T-B a fait fort comme d’hab, un grand merci à lui… Que serais-je sans toi ?

Les photos sont aussi les miennes, le dessin représentant un puits de mine, m’a été inspiré par une photo de GI, merci à elle, une grande photographe de talent, je vous invite à visiter son site.

Ce billet n’était pas « programmé » pour ce jour, ce sont les circonstances qui font que nous avons voulu rendre un petit hommage à ce grand poète.

ch'tiot crobard : Andiamo



samedi 13 mars 2010

AndiamoVous avez dit : conquête ?

Certes personne ne les attendaient… Surtout pas là !

Les Américains avaient posé les premiers le pied sur la Lune : un petit pas pour moi, un grand… Gna, gna, gna, gna !

Puis, en 2011, sans rien dire, ni effet d’annonce, ni quoi que ce soit, les Russes s’étaient posés sur Mars ! Et rebelote : un petit pas pour nous, un grand… Gna, gna, gna, gna !

Cinq ans plus tard, les Chinois explorent Vénus ! 450° à la surface tout de même, bel exploit technique.

Mais pas de : gna, gna, gna, gna... A la place : un grand pas pour nous, et rien que pour nous ! Et devant les écrans du monde entier… Un magnifique bras d’honneur !

Il n’y avait rien à glaner sur cette bouillante planète, seulement de l’esbroufe, du vent : montrer au monde entier de quoi ils étaient capables.

Seulement un petit hic… Tout petit hic : la firme chargée de fabriquer les plots d’atterrissage en matière à haute résistance aux températures élevées, pour d’obscures et mercantiles raisons de prix de revient, avait honteusement merdé sur la qualité du matériau !

Quelques secondes après avoir posé le module sur le sol vénusien, les plots se mirent à fondre !

Ils se liquéfièrent littéralement, se fondant en une osmose parfaite avec la roche. Si bien que lorsque l’équipage voulut repartir afin de rejoindre l’étage resté en orbite et dont la mission était de les ramener sur la Terre, le module fut incapable de décoller !

Le pauvre équipage périt sur le sol surchauffé. Quant au rescapé resté en orbite d’attente, il tenta de revenir sur terre, mais à la suite de manœuvres aussi hasardeuses que douteuses, il rata complètement son entrée dans l’atmosphère terrestre et fut propulsé quelque part entre Saturne et Neptune !

Quant au directeur de la firme auquel avait été confié la fabrication du train d’atterrissage, il fut livré à la vindicte populaire place Tian’ Anmen !

Et enfin, trois ans après les Chinois, les Français et leurs amis Belges posèrent le pied sur EUROPE, l’énoooorme satellite de Jupiter ! Personne ne les attendaient, surtout pas là !

Putain la gueule des Ricains, Russkofs et autres Tongs, même les Rosbifs, évincés. Toujours là pour prendre le meilleur, mais ne pas participer, indépendance oblige !

Ce 29 Juillet 2019, Gaston Bouchard, Maurice Beulmans, Philémon Chagneul et Gustave Heindrycx se posent sur Europe, après six mois, trois jours et sept heures d’un long mais pas trop chiant voyage. Ils avaient eu la sage précaution d’emporter des jeux de cartes. Dingues de belote, ils ont tout de même ruiné douze jeux de trente deux brèmes !

Gaston Bouchard, le capitaine, est le premier à ouvrir la porte du sas. CRRRR, fait-elle en pivotant sur ses gonds. Six mois dans le froid, ça mine un peu la mécanique tout de même.

Devant ses yeux incrédules s’ouvre un paysage paradisiaque, des arbres, une rivière, un ciel un peu chargé de nuages. Une douce température baigne ce petit Eden. Il lui faut prononcer une phrase, quelque chose qui restera dans les manuels d’histoire (remplacés depuis belle « burette » par des clés U.S.B.).

- Euh… Ben… J’pisserais bien un coup moi ! (surtout après le blanc de Graves que nous venons de boire afin d’immortaliser l’événement) se dit-il in petto.

Nos trois mousquetaires (qui étaient quatre comme nous le savons tous) descendent les barreaux de l’échelle de coupée et se retrouvent sur le sol Européen.

Le plus jeune de l’équipe, le Belge Maurice Beulmans, déroule le double drapeau Franco-Belge (comme les entremets d’autrefois, vous n’avez pas connu bien sûr !) dont l’emblème central représente un coq dressé fièrement sur une chope de bière. On avait pensé à mettre une grosse frite dans le bock mais ça n’aurait pas été sérieux.

- Au nom une fois, allez, allez, de nos deux grands pays, je déclare une fois, que ce stallelite… euh.. sallelite, ça est vexant une fois, ce satellite… ouf !... est annexé à compter d’aujourd’hui une fois, à nos deux pays, conjointement et réciproquement, dans un but d’équité par consentement mutuel, et en toute connaissance de cause ! Nous sommes là pour conquérir une fois, et nous le ferons, sais-tu ?

Une légère brise fait gracieusement onduler la bannière.

Nos quatre hommes s’avancent précautionneusement, quand soudain, écartant les hautes herbes, surgissent des êtres à l’apparence humaine. Pour toute parure, ils portent sur leurs bides un gland tressé, ils sont superbes, jeunes et beaux, les hommes comme les femmes sont parfaitement glabres, pas un poil ni un cheveu. Ils avancent les mains tendues en avant, en signe d’accueil.

Un peu interloqués, nos conquérants restent stoïques, ils tendent également leurs mains, le contact a lieu. Et là une foule de renseignements et de questions affluent dans leurs cerveaux, depuis l’étrange histoire des Klongs (c’est le nom qu’ils se donnent) à la demande de la recette des moules frites.

Les Klongs, d’aussi loin que l’histoire leur a été racontée, ont surgi comme ça, spontanément, sur ce monde où la technologie était à son comble, l’énergie à profusion sans que nul ne s’en occupât, des mégapoles, les voyages intersidéraux leur était communs, nul ne travaillait, la nourriture était présente dans leurs assiettes sans que l’on su comment elle y était parvenue.

Et puis, à l’inverse des humains, petit à petit, ils s’étaient débarrassés de toute cette technologie, patiemment, pas à pas, pour en arriver au dépouillement actuel. Exactement la démarche inverse de celle des humains.

Ils étaient végétariens, à une toute petite exception près toutefois, bah ! Il faut tout de même se faire plaisir de temps en temps, leur avaient-ils avoué.

Quelle bande de larves, songent nos pieds nickelés, voilà une conquête qui aura été bien facile !

Entourés par la tribu joyeuse et exubérante, nos astronautes sont entraînés vers le village fait de branches et de feuilles.

Tout n’est qu’harmonie : des enfants complètement rasés eux aussi jouent à même le sol, avec des petits cailloux ou des branchettes, d’autres jouent avec des piles de boîtes.

Au beau milieu du village trône une construction complètement anachronique : une sorte de pièce voûtée en matériau très dur, fermée par une lourde porte vitrée !

Étonnés, nos quatre hommes s’approchent, tâtent, hument, promènent leurs doigts sur la construction, un peu comme les singes dans "2001 odyssée de l’espace". Étonnant, étonnant, ne cessent-ils de répéter.

L’un des autochtones s’approche, prend la main de Gaston Bouchard. Ce dernier a aussitôt l’explication : voilà, cette salle sert pour nos petits plaisirs, seule construction que nous ayons conservée de notre ancienne technologie. Vous voyez nous sommes très proches, nous avons également nos faiblesses !

La nuit tombe, ça n’est pas la nuit noire, mais plutôt un clair obscur, l’immense disque de Jupiter, toujours visible, envahit tout l’horizon, la tache orangée en forme de ballon de rugby est bien visible.

Quatre femmes se sont approchées, superbes, minces, des hanches parfaites, une poitrine haut perchée…

- Si j’me penche un peu trop près, déclare Philémon Chagneul, j’vais m’crever un œil !

Gentiment, elles les conduisent vers l’étrange construction, en ouvrent la porte de verre. Malgré son poids, elle ne présente aucune résistance.

Plusieurs tables sont alignées. Les gracieuses sylphides invitent l’équipage à s’allonger, puis elles entreprennent de les déshabiller. Je passe sur les plaisanteries plus ou moins graveleuses de nos compères restés plusieurs mois sans présence féminine.

Ces gracieuses créatures sont allées chercher de grands rasoirs type coupe-choux. Peu rassurés, les hommes se sont assis. Un grand sourire, une douce pression de la main, les voilà à nouveau allongés. Avec une grande dextérité, nos quatre grâces commencent à raser les hommes, ceux-ci rient de bon cœur surtout lorsqu’elles attaquent les parties intimes, ce qui a pour effet de les mettre dans tous leurs états, petits gloussements des raseuses !

Le rasage terminé, les quatre jeunes femmes s’absentent un petit moment, puis reviennent chacune portant une petite calebasse. Dans ces récipients une sorte d’huile ou d’onguent. Soigneusement, langoureusement, elles oignent le corps des hommes, qui semblent apprécier hautement le traitement, au vu de la modification importante qu’une partie de leur individu a prise…

Elles se reculent, admirent leur travail. D’un sac en raphia tressé, elles extirpent des petites feuilles séchées, puis les disposent sur les corps nus, ce qui fait rire les hommes qui semblent beaucoup apprécier ces petits attouchements.

Elles se baissent et extirpent du dessous des tables des sortes de sangles faites d’un métal très souple, et commencent à ceinturer nos compères.

- Je sens que ça devient HARD, lâche Gaston Bouchard, une tite séance bondage ça va pas être dégueu.

Les autres se marrent, l’œil lubrique, la lippe gourmande.

Un petit baiser furtif sur les lèvres et les masseuses se retirent à reculons avec de grands sourires prometteurs.

La lourde porte se referme, les mains menottées sous la tête, Gaston, Maurice, Philémon et Gustave, observent la grande agitation qui tout à coup se déroule sous leurs yeux : de toutes parts des hommes et des femmes sont arrivés, ils ont dressé ce qui semble être des grandes tables, apporté des bancs en osier, alignés des écuelles taillées dans le bois, et surtout des grands couteaux en os.

Sur la porte, l’une des femmes, qui tout à l’heure s’était occupée d’eux, pose ses mains. Gaston la fixe intensément.

- Vous avez dit CONQUÊTE ? hurle la voix dans sa tête.

Le regard égrillard fait place à la panique, la sueur commence à ruisseler sur le torse des conquérants. Il est vrai que depuis le départ des jolies Dames, la température a augmenté… Fortement augmenté.

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