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jeudi 15 septembre 2011

Saoul-FifreLes canassons

Je m'aperçois avec stupéfaction, mon cher Tant-Bourrin, que je ne prends pas assez souvent la peine de te parler de mes branquignols d'équidés, tes congénères, en quelque sorte.

Au départ, l'Esprit "Cheval", c'était plutôt ma belle famille, des gens zarbis toujours au grand galop le long des longues plages camarguaises, dans des raidillons de garrigues ou à l'ombre des traverses forestières limousines. Le père de Margotte connaissait par cœur la généalogie de tous les pur-sang arabes du monde, mis bas ou prêts à naître mais ce mec plus qu'ultra ne possédait qu'une petite jument née sous la tente d'un bédoin, au milieu d'un désert de la corne arabique.

Pour la petite histoire, cette Djeïda fut donnée à Jacques Chirac, alors ministre de l'industrie, par Sadam Hussein, pour marquer poliment le coup après un modeste achat de quelques centrales nucléaires françaises. Elle qui rêvait d'intégrer le musée du Président, à Sarran, fut confiée au haras de Pompadour, puis prit sa retraite chez nous, quelques années plus tard. Destinée en dégringolade.

Perso, même s'il m'est arrivé de monter, jeune, dans un haras, et plus tard de prendre quelques leçons avec Margotte et son père, je me suis toujours méfié de ces véhicules au déplacement aléatoire et au klaxon intempestif. Et si l'on m'incitait en insistant à grimper dessus, je n'ai jamais poussé ma monture au delà du trot enlevé.

Et très sincèrement, aujourd'hui comme depuis toujours, si je dois faire quelques kilomètres, je préfère encore prendre le vélo. Vous l'avez compris, le meilleur ami de l'Homme n'est pas celui de Saoul-Fifre, il n'a pas accès à mon mur Facebook, il n'a pas l'adresse de mon blog et je le laisse debout dehors au lieu de lui proposer une anisette à l'ombre dans un fauteuil.

Ceci dit, à force, des liens se tissent. Un beau soir, un ami monta à la ferme avec un van et dedans ce van il y avait la jument de sa copine (de ch'val !). Il fixa tout seul le prix de la pension, nous topâmes là et il lâcha la jument dans une clôture que j'avais. Puis ce fut la fille d'une amie qui nous emmena son champion de concours incomplet, puisqu'il refusait la rivière, ce trouillard. Et ainsi je devins aubergiste pour chevaux, en une sorte de glissement progressif.

Même si le cheval est un bestiau éminemment stoïque aux intempéries, il lui faut un abri, ça rassure sa proprio. Oui je dis "sa" car le proprio du cheval est toujours une fille, vous allez pouvoir briller dans les afters parisiens avec ce scoop. Dans les débuts d'une liaison, son compagnon la suit en trottinant d'un air énamouré, lui porte la selle, les sacs de grains, l'écoute des heures lui réciter le carnet de santé de "Roudoudou", ses coliques, tous les soucis et tout le plaisir que lui a donné son "Pioupiou" ou son "Dindin" chéri. Certains copains poussent l'abnégation jusqu'à les accompagner en VTT dans leur tour en colline.

Et puis, assez rapidement, la proprio vient toute seule.

Faut dire que son hongre "Nadier" est un véritable despote qu'elle seule peut supporter. Il est gâté-pourri et n'obéit à aucun ordre. Quand par hasard elle réussit à l'engager dans le chemin qui mène à la colline, "Nadier" ne tarde pas à exiger le divorce et le couple revient en deux paquets : le hongre au petit trot, tout fier d'avoir échappé à la ballade, et sa maitresse un quart d'heure plus tard, toute courbaturée de sa chute.

L'Amour monstre existe aussi en version zoophile.

J'en ai visité, des "clubs", des "ranches", des "écuries"... Des quadrillages de paddocks minuscules équipés d'un abri de deux mètres sur deux... Le pauvre cheval solitaire regarde à distance soigneuse ses voisins équins, dans la cellule d'à-côté. Il a essayé de s'en rapprocher mais une bonne décharge électrique l'a dissuadé de recommencer. Il déprime sec en plein cagnard et il est bien trop claustro pour aller dans l'abri. Il s'ennuie d'une force que vous ne pouvez imaginer. Et c'est souvent sur demande de sa patronne, qui a peur que les autres vilains chevaux fassent du mal à son gros poussin, qu'on le condamne ainsi à l'isolement sensoriel total.

Les mustangs vivent libres, en troupeau, avec une vie sociale dense et une hiérarchie stricte, garante de paix et de sécurité pour tous. Ils sont affectifs, tactiles, joueurs. Ces comédiens en herbe s'amusent à s'impressionner en lançant des ruades spectaculaires, à distance de sécurité, puis ils se mettent tête-bêche et se chassent mutuellement les mouches avec leurs queues, en un soixante-neuf plus utilitaire que coquin. Ils s'embrassent, se reniflent, se lèchent, se frottent contre l'autre et, à intervalles réguliers, se lancent des défis et démarrent de folles courses-poursuites.

Jamais je n'accepterai cette mode des boxes et des mini-paddocks individuels, ça me choque profondément. Chez nous, les chevaux vivent en troupeau. Quand un nouveau pensionnaire arrive, il y a présentation aux résidents. Selon son caractère, il va frimer, être agressif, ou cool, a priori. Il y a certes un risque la première journée et nous restons là pour intervenir au cas où. Je touche du bois, mais nous n'avons jamais eu de gros problèmes avec ce système basé sur la confiance.

Un jour un bourrin est arrivé (il y a des branques aussi chez les bêtes). Il a mordu assez profondément un des autres, le troupeau était tout désemparé. Non mais vous avez vu ce voyou ? Il mord !! Mais qui a donc pu faire son éducation ? Dans quelle époque vivons-nous ?

Ils l'ont boycotté. Mais pas qu'un peu ! Dès que l'autre mal élevé s'approchait, il y avait esquive et fuite vers les copains. Un cheval qui mord ? Non mais je rêve ? En un rien de temps, il y eut le troupeau solidaire d'un côté, et "Dents d'la merde", seul, à l'amende, puni, sans amis, de l'autre côté. Il se mit à déprimer et sa proprio partit essayer autre part.

Le vrai chef démontre sa supériorité, certes, mais tout en préservant l'avenir de la relation et l'indispensable cohésion du groupe.

Là nous avons une petite tribu de punks à crinières qui fonctionne super et l'ambiance est bonne. Mais régulièrement, je vois débarquer des filles qui voudraient bien leur-petit-paddock-personnel-à-elles. Je leur explique gentiment comment aime, vit, s'exprime et s'intègre un cheval et si elle ne capte pas bien, pour cause de tunnel ou autre, je lui montre tout aussi gentiment la sortie.

Car ce respect sans condition de la nature profonde du cheval porte ses fruits.

Nous n'avons pas de chevaux cherchant à s'échapper, comme n'importe quel prisonnier lambda. Et si l'un passe les fils, par hasard, il tourne autour du parc, pressé qu'on lui rouvre, pour retrouver les copains.

Le véto vient rarement, et pourtant la moyenne d'age est de haut niveau.

Quand nous rentrons dans le parc, chacun remue des épaules pour se faire cajoler en premier.

Et, morceau de sucre sur le seau de granulés, quel beau cadeau que le spectacle de ces galopades impromptues dont l'un donne le départ, sur un coup de tête, juste pour célébrer la joie d'être ensemble et pour se dégourdir les paturons.

Tu vois, Tant-Bourrin, tu n'as aucune crainte à avoir : si tu viens ici (et que tu ne mords pas), tu seras bien traité.

dimanche 11 septembre 2011

AndiamoQuand Bush rit...

Tout le monde se souvient exactement de ce qu’il faisait ce jour là ! Personnellement je me souviens parfaitement de l’endroit où j’étais et ce que j’y faisais.

Je pense qu’il est assez exceptionnel, qu’un évènement marque autant les esprits.

Je n’ai pas écrit ce billet en occultant les 2 973 victimes ! Loin de moi cette idée. J’ai simplement voulu employer ce ton afin de ne pas pleurer.

Tous les copains
Suivaient l’sapin
Le coeur serré
En rigolant
Pour faire semblant
De n’pas pleurer

(Georges Brassens)



Quand Bush rit, disait-on, c’est qu’il n’a rien compris !

Un matin radieux vient de se lever sur Manhattan. Telles des phallus monstrueux, les « Twin Towers » se dressent insolemment dans le ciel d’azur, pas au-dessus des nuages, puisqu’il n’y en a pas !

Ce matin, Georges W. Bush rend visite à des petits écoliers. Il est distrait ce Georges : il tient un livre à l’envers !

A quoi songe-t-il en ce matin du 11 septembre ? Il songe qu’il est LE président du plus puissant pays of the world et des environs.

Il pense aussi au bol de corn-flakes qu’il a avalé ce matin, et à la part de tarte aux pommes qu’il a baffrée après la bouillie infâme des flocons d’avoine trempés dans du jus de soja (transgénique le soja).

Cette part de tarte était pour son épouse, elle avait calé la veille au soir et avait déclaré à son Georges de mari :

- JO ! Don’t bouffe my part please, it’s for me tomorrow !

- Sûr, Laura, don’t touch… I cross my hart !

Sur ce, il avait tracé une croix sur son cœur, laissant sur sa chemise immaculée une tache de ketchup « Heinz », dont il avait abondamment arrosé ses flocons de maïs.

Bien sûr, ce ne sont pas exactement ses propos, mais ça leur ressemble.

Il est là, assis face au gentil écolier, bien propret, white de préférence, quand soudain…

Andrew Card, son chef du personnel, s’approche :

- Monsieur, we are attacked !

- Why ? Répond Georges dans un anglais très pur.

- A-TTA-CKED ! Monsieur.

D’un bond l’ex-pochtron s’est levé !

- Mettez les chariots en cercle ! Les femmes et les enfants au centre, bien à l’abri derrière les barils de poudre ! Apportez-moi ma Winchester, ainsi que mon six coups « Remington new model army 1858 »

- Six coups ? Monsieur ne pensez vous pas que vous vous vantez un peu ?

- Faites ça que j’dis, c’est qui qui commande here ? Tu sais mec, tu vas paumer ton trou du cul, ouaip, et t’entendras pas tomber les morceaux ! Sûr… Ouaip !

Il est comme ça, Jo, un peu vulgaire, un Texan bon teint, calviniste mais vulgaire.

Il a retrouvé son bel accent du sud, Georges. Un accent qui sent bon le T-bone, les fayots rouges et le bison pas frais !

- Mon Stetson, mes santiags et mon lasso, sellez mon mustang ! Putain, « ils » vont voir ce qu’il en coûte de s’attaquer au pays le plus puissant of the world (et des environs), les « beardeds » !

La caisse qu’il retenait depuis ce matin, fruit d’une lente décomposition des haricots rouges qui accompagnaient la tête de cheval ingurgitée la veille au soir, explose au beau milieu de la classe, répandant son odeur nauséabonde. Subtil mélange de serpillière moisie et de blaireau en rut.

- God bless you ! Balbutie l’institutrice, qui ne s’attendait certes pas à ça !

On lui en appris des trucs et des machins à dire si LE président : rit, trébuche, sort une vanne à la con, genre : "how do you do…Yau d’poêle !"

Mais on ne lui a pas dit quoi faire ou quoi dire si LE président lâche une caisse. Daisy a improvisé, voilà tout….

Goguenard, LE président lui a rétorqué avec son à propos et humour habituels :

- Encore un qui ne payait pas son loyer, alors je l’ai expulsé ! Étant donnée l’odeur, il m’aurait gâché l’tiroir sous peu !

Il a été pilote de F102, ce Jojo-là ! Pendant la guerre du Viet-Nam, il s’est engagé dans la garde nationale : la baston, ça n’était pas pour lui !

Il reprendrait bien du service, un peu comme l’alcoolo dans le film « independance day ».

Je ne sais pas vous, mais moi ça m’a fait marrer : un pochtron qui pilote un biplan pourri, dans le film il s’agit d’un PT 17 « Stearman » des années trente. Ce pilote fait de l’épandage et, tout à coup, on lui confie un F 18 « black knight », sans préparation ni entrainement !

Waouh ! Trop forts les Yankees…

C’est un peu comme si après avoir appris à monter sur un tricycle, on vous collait le cul dans une formule 1… Et roule ma poule !

D’accord, c’est de la S-F me direz-vous, mais on est loin de Stanley Kubrick !

On n’a pas trouvé de Stentson, ni de santiags ou de lasso, encore moins un mustang. Piteusement, il est monté à bord de « Air Force One », destination… un lieu sûr !

On lui mettra l’index sur le bouton rouge, il attendra bien sagement les avis de son état-major, avant d’enfoncer peut-être ? Ce doigt qui le démange… Mais qui le démange….

mercredi 7 septembre 2011

Tant-BourrinComment aider un co-blogueur à surmonter une panne d'inspiration

Imaginons (cas totalement fictif, toute ressemblance avec une situation existante ou ayant existé ne saurait être que fortuite) que vous soyez un blogueur jeune, beau, intelligent et talentueux et que, dans un accès de faiblesse coupable, vous ayez accepté de dispenser vos fulgurances géniales sur un blog écrit à plusieurs mains.

Imaginons encore (hypothèse tout aussi improbable que la précédente) que, parmi les multiples mains en question, se trouvent deux grosses paluches velues, couvertes de terre, de glaise et de morve mêlées.

Imaginons toujours (mais où vais-je donc chercher tout ça ?) que ces pognes quasi-animales soient emmanchées sur des bras d'allure simiesque au bout desquels se trouve un individu fruste et rural, originaire d'Outre-Périphérique.

Imaginons encore et toujours (dreamland est proche) que le bouseux mal dégrossi en question qui, bon an, mal an, éructait quelques grognements sous forme de billets sur le blog, ne poste plus rien depuis deux mois, prétextant une panne d'inspiration.

Imaginons pour finir (je le répète, tout cela est absolument fictif) que vous en ayez marre de vous taper le boulot tout seul (aidé, il est vrai, par un individu du énième âge, carburant visiblement à la coke) et que vous vouliez remotiver le bouseux susnommé, dont les initiales pourraient (exemple totalement aléatoire) être SF.

Vous y êtes ? Bon, alors, maintenant que le tableau est dressé, que faire ?

Les 0,3 lecteurs qui se sentent concernés par ce cas de figure particulièrement fréquent n'ont qu'une chose à faire : suivre le guide, pour une petite revue des méthodes envisageables !



Méthode de l'apitoiement

Procédure :

Malgré son allure semi-animale et ses manières qui ne le sont pas moins, votre co-blogueur a sûrement un cœur que l'on peut attendrir. Pourquoi ne pas profiter de cette faiblesse en essayant de l'apitoyer sur votre sort ? Pour cela, rien de plus simple : écrivez-lui (si tant est que vous ayez acquis la certitude qu'il sait à peu près lire) une lettre déchirante dans laquelle vous lui expliquez que ce blog est toute votre vie mais que vous n'en pouvez plus d'en supporter seul la charge, que votre santé se dégrade, que vous allez mettre fin à vos jours si personne ne vient à votre rescousse, le tout accompagné d'une photo de vous laissant découvrir votre face ravagée par la souffrance. Pour cela, une petite astuce : faites-vous photographier pendant l'écoute du dernier disque de Lady Gaga, vingt secondes sont généralement suffisantes pour devenir la douleur incarnée. En toute logique, votre co-blogueur devrait fondre instantanément à la lecture de votre courrier et se remettre illico à la tâche.

Avantages :

Méthode utilisable à distance, aucun déplacement nécessaire.
Méthode faisant appel aux quelques traces d'humanité présentes dans l'âme de votre co-blogueur.
Récupération possible du CD de Lady Gaga pour faire un joli dessous de verre.

Inconvénients :

Risque de retrouver votre photo largement étalée dans les médias sociaux assortie de commentaires peu flatteurs.
Risque non négligeable de sous-estimation du sadisme de votre co-blogueur et de renforcement de sa volonté de ne plus écrire.



Méthode du chantage

Procédure :

Votre co-blogueur a sûrement une vague forme de respect pour les croulants anciens et un peu de commisération pour ses co-blogueurs : si ce n'est pas le cas envers vous (voir méthode de l'apitoiement), ça le sera sûrement pour un autre de vos co-blogueurs passablement blet âgé. Faites une descente chez votre co-blogueur du énième âge, armé d'un fusil à pompe. Prenez-le en otage et en photo, le canon appliqué sur sa tempe. Envoyez la photo à votre co-blogueur bouseux, assortie du commentaire suivant : "si tu n'écris pas rapidos un billet sur le blog, je flingue le vieux"... Logiquement, effrayé à la perspective d'avoir un mort sur la conscience, il devrait s'atteler immédiatement à la tâche.

Avantages :

Méthode un peu musclée donnant à vivre le frisson de l'aventure.
Valorisation de votre ego en montrant à vos co-blogueurs qui est le chef.

Inconvénients :

Nécessite l'achat d'une arme à feu.
Risque de sous-évaluation de l'insensibilité de votre co-blogueur bouseux.
Risque de réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans.



Méthode de la torture physique

Procédure :

Les méthodes à distance ont-elles échoué ? Qu'à cela ne tienne : passez à l'action et faite une descente au-delà du Périph', dans cette zone sale et malodorante que d'aucuns appelle la campagne et où réside votre co-blogueur. Profitez d'une de ses nombreuses siestes avinées pour le ligoter solidement. Vous allez maintenant pouvoir passer aux choses sérieuses : une petite séance de torture jusqu'à ce qu'il promette de se remettre à l'ouvrage. Pour cela, c'est simple : enfournez-lui un entonnoir dans la bouche et déversez-y une à une la centaine de bouteilles de Champomy que vous aurez pris soin d'emmener avec vous. Logiquement, l'aversion des co-blogueurs bouseux aux boissons délicates est telle qu'il devrait demander grâce assez rapidement.

Avantages :

Résultat obtenu en direct live.
Spectacle réjouissant de la face de votre co-blogueur, qui devrait passer par un joli assortiment de couleurs successives.

Inconvénients :

Obligation de gâcher quelques bouteilles d'un nectar divin.
Déplacement nécessaire dans une région glauque et mal famée, avec des risques de mauvaises rencontres.
Risque de projections de vomi susceptibles de tâcher votre beau costume de chez Dior.



Méthode chirurgicale

Procédure :

Le blocage mental de votre co-blogueur glaiseux trouve assurément son origine quelque part dans le magma gluant qui lui tient lieu de cervelle. Pourquoi dans ces conditions ne pas s'attaquer directement à la source du problème en procédant vous-même à une trépanation ? Ouvrez la boîte crânienne, tranchez au scalpel ce qui semble passablement bloquant (au feeling), un peu de mastic pour refermer le trou, et le tour est joué ! Vous voilà en présence d'un nouveau co-blogueur plein d'allant qui va vous torcher au moins trois billets par jour et vous permettre ainsi de goûter un repos bien mérité...

Avantages :

Résultats immédiats.
Peu de traces extérieures visibles compte tenu de la tignasse abondante de votre co-blogueur.
Possibilité de ne pas reboucher le trou avec du mastic et d'y mettre un bouquet de fleurs, histoire d'agrémenter un peu le crâne de votre co-blogueur.

Inconvénients :

Nécessite de faire au préalable une dizaine d'années d'études de médecine.
Nécessite également une certaine aptitude au bricolage pour manier convenablement la perceuse à percussion.
Risque de transformer votre co-blogueur en psychopathe sanguinaire en cas de coup de scalpel mal ajusté.



Méthode à l'insu de son plein gré

Procédure :

Vous préférez la jouez profil bas et ne pas faire de vagues ? Pas de problème : il existe une méthode adaptée ! Louez les services de quelques détectives privés avec pour mission de récupérer discrètement le moindre écrit de votre bouseux de co-blogueur. Il ne vous restera qu'à transcrire la chose par écrit, et hop, quelques billets à refourguer à vos crétins de lecteurs !

Avantages :

Méthode douce.
Conservation de rapports cordiaux avec votre co-blogueur (mais est-ce vraiment un avantage ?)
Possibilité de récupérer un grand nombre de billets.

Inconvénients :

Tarifs élevés des détectives privés.
Qualité littéraire douteuse des billets récupérés.
Risque important de perte des derniers lecteurs après la publication de 14 listes de courses, de 18 post-its divers, de 93 pages d'éphéméride, d'une lettre d'adhésion à la FNSEA, d'un bulletin de réabonnement à "France-Labours", de 27 grilles de mots croisés à moitié remplies du magazine en question et de 31 feuilles de papier-toilette usagées (collectées par les détectives dans un excès de zèle).



Méthode forte

Procédure :

Toutes les méthodes ont échoué ? Très bien ! Fi des méthodes trop sophistiquées : allez droit à l'essentiel et utilisez la force brute, même s'il vous en coûte (car vous êtes un être fin et cultivé) ! Faites une descente chez le bouseux co-bloguant et allez lui casser la gueule pour lui apprendre les bonnes manières. Ça devrait le ramener à un peu plus de zèle dans l'écriture...

Avantages :

Un bon défoulement.
Résultat immédiat.

Inconvénients :

Risque de trous de fourche dans votre beau costume de chez Dior.
Risque de déchirures à coups de faux dans votre beau pantalon de chez Dior.
Risque de morsures de chien sur vos belles chaussures Berluti.
Risque de chevrotines dans des parties sensibles de votre anatomie.
Risque d'épandage de lisier sur votre cuir chevelu.
Risque de moissonnage-battage.
Risque d'écrasement dans un pressoir à huile.
Risque de sulfatage de gueule.
Risque de servir de repas à une dizaine de porcs.
Risque de mort violente.



Voilà ! Selon toute vraisemblance, une fois testées toutes ces méthodes, votre problèmes devrait être résolu. Définitivement.

Merci qui ?

Merci Blogborygmes !

mardi 30 août 2011

Tant-BourrinLes Blogbobandes dessinées (6)

Ça vous dirait, un petit strip des membres de Blogbo ? Oui ? Eh bien en voilà huit d'un coup pour vous exaucer, sous la forme d'une nouvelle fournée de Blogbobandes dessinées !

Pour ceusses qui débarquent de leur cambrousse perdue, je rappelle que ça bande sec ici depuis longtemps, , , , et itou...

Le tout, je le rappelle, est réalisé avec l'aide de , qui pallie légèrement ma nullité crasse en matière de dessin...

And now, enjoy ! :~)




Saoul-Fifre : métempsychose toujours !


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Tant-Bourrin : ne pas se tromper dans l'addiction


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Andiamo : dépiste-âge


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Mam'zelle Kesskadie : ordre de bourses


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Saoul-Fifre : lard primitif


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Tant-Bourrin : l'art de s’accommoder des restes


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Andiamo : cou de vieux


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Mam'zelle Kesskadie :


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vendredi 26 août 2011

AndiamoLe météore

L’écran radar veille…

A bord de l’ « Alfacentaury » , tout est calme, les giros fonctionnent parfaitement, guidant notre astronef aussi sûrement qu’un TGV sur ses rails !

Les « autres » roupillent… Enfin, quand je dis « roupillent », je devrais dire « léthargisent » !

Ouais, je sais : terme impropre ! Mais vu qu’ils sont plongés dans le coltard depuis plusieurs semaines, personne n’est là pour me reprendre.

J’ai un peu l’impression de vivre « 2001 : odyssée de l’espace » ! Ce vieux film que j’ai vu à la cinémathèque, une vieillerie en 2D, faut être sacrément accro aux antiquités pour aller passer deux heures et demie devant pareil film ! Ce Kubrick, tout de même : quel as pour l’époque !

Tout à l’heure, je réveillerai Paul, ce sera son tour de « veiller », c’est la consigne : un membre d’équipage veille sur les autres durant quinze jours, puis retourne faire « dodo ». Etant donné que nous sommes dix, on roupille 18 semaines ! Elles sont bien loin les trente-cinq heures… AH ! AH ! AH !

Putain, v’là que je me marre tout seul ! PFFFIU, je déraille moi !

TIÛÛÛT… TIÛÛÛT… TIÛÛÛT… TIÛÛÛT…

C’est quoi ce truc ?

Alerte rouge… Alerte rouge… Champ de météorites très compact…. Collision inévitable…. Alerte rouge… Alerte rouge… Impact dans :

- 15 minutes et 35 secondes. TIP… TIP… TIP…

- 15 minutes et 30 secondes. TIP… TIP… TIP..

- 15 minutes et 25 secondes. TIP…TIP…TIP…

- Ta gueule, merde, j’ai compris, j’suis pas sourd, bordel !

Impossible de sauver les autres : le temps de réveil est de trois heures, et encore en brûlant certaines étapes ! Leur dire adieu… Oui, leur dire adieu, puis enfiler mon scaphandre.

Lentement, Nicolas a passé la main sur chacun des « sarcophages », s’attardant davantage sur celui de Marjorie…

Puis il a enfilé son scaphandre, vérifié les branchements.

Quand le choc s’est produit, ouvrant une brèche dans la coque, Nicolas a été littéralement aspiré, la dépressurisation l’a propulsé dans le vide. Par miracle, son scaphandre n’a pas été déchiré.

Il reprend lentement ses esprits, couché sur ce qui semble être un morceau de roche… Non, c’est de la glace, un fragment de comète sans doute.

Ce bloc est blanc, suffisamment grand pour qu’il se tienne debout. Plus loin, tournoyant sur lui-même et présentant à chaque rotation son flanc déchiré, l’Alfacentaury blessé à mort.

Nicolas a baissé la tête, une prière silencieuse pour ses compagnons, une larme pour Marjorie…



- Comment va-t-il, Docteur ?

- Aucune amélioration, Madame Danglot…

- Appelez-moi Marjorie, Docteur !

- Soit, vous savez, Marjorie, depuis son AVC, votre mari Nicolas ne bouge pas du carreau blanc de sa chambre, il refuse de poser le pied sur un carreau noir, prétendant qu’il va tomber dans le vide sidéral, et que ce carreau blanc… c’est un morceau de comète !

vendredi 19 août 2011

Tant-BourrinComing out

Il est grand temps pour moi de soulager mon âme, je n'ai que trop tardé.

Les plus anciens lecteurs de ce blog se souviennent peut-être d'une vilenie que j'ai commise voici plus de cinq ans en révélant urbi et orbi, au prix d'une expédition nocturne dans sa ferme, les goûts musicaux douteux de Saoul-Fifre.

Depuis, tout cela me travaille et je n'en dors plus la nuit : avais-je le droit de faire cela ? Chacun n'a-t-il pas le droit d'écouter des grosses merdes disques chansons faciles d'accès et d'une qualité artistique passablement discutable ?

Et puis, surtout, avais-je le droit de révéler cela alors que moi-même j'ai dans ma cédéthèque personnelle quelques disques que ne me vante pas de posséder dans les salons distingués où l'on cause ?

Car, en effet, je vous dois la vérité, je fais mon coming out pour expier ma faute envers ce pauvre Saoul-Fifre : voici quelques disques que je conserve soigneusement cachés chez moi (planqués dans des pochettes de Rachmaninov, Duruflé et autres Fauré) et que j'écoute souvent en cachette...

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mardi 9 août 2011

AndiamoSarah Fouchtra

La petite Sarah était née il y a... PFIUUUU… C’était exactement l’année - si ma mémoire est Bonn (comme on dit outre-Rhin) et elle l’est ! - l’année où la récolte des châtaignes était si abondante qu’on en donnait même aux pauvres ! Car habituellement on ne prête qu’aux riches ! De mémoire d’ovaires peints, on n’avait jamais vu ça !

La famille Fouchtra habitait à la fin du village… Ou au début, tout dépend d’où vous venez. J’ai toujours pensé que c’était con de déterminer l’entrée ou la fin d’un village. A moins d’habiter un bled qui se termine en trou du cul de lazor (cul de sac pour les puristes, y’en a je le sais), je ne vois pas bien comment on pourrait décider, arbitrairement et réciproquement, du début ou de la fin.

En tout cas, c’était une pauvre masure, faite de bouses de vaches et de paille tressée en guise de toit. Le père Fouchtra labourait et la mère Fouchtra mastiquait : elle était employée chez un vitrier (j’en vois qui rigolent, toujours l’esprit à la gaudriole, nos commentateurs et commentatrices). Ce bonhomme était un besogneux, lutineur de grande classe, ne lésinant jamais sur le devoir conjugal :

- Ch’est gratis, autant qu’j’en profite... Cha alors ! répétait-il à la cantonade !

La mère Fouchtra, une luronne, ne crachait pas non plus sur le guignol, et à force de taquiner l’animal, elle se retrouva engrossée de belle manière.

La gestation dura vingt-deux mois, y’avait toujours kékechose à faire ! Et point moyen de trouver le temps de se poser pour mettre bas, expliquait-elle dans son langage un peu rustre à ses voisines, curieuses, intriguées, de la voir trimballer pareille « devanture » aussi longtemps !

- Point besoin de le nourrir tant qu’il est là, disait-elle en tapotant son bide démesurément arrondi, dévoilant dans un large sourire le désert de sa bouche, dans laquelle s’emmerdaient encore quelques chicots bien noirs.

Enfin, la délivrance arriva le neuf octobre. Ce beau matin, la mère Fouchtra n’avait rien de spécial à faire. Il faisait un temps de chien, la tempête soufflait en rafales violentes sur la chaîne des Puys, père Fouchtra, désœuvré, commençait à loucher de façon lubrique sur sa femme…

- Ch’vas encore y passer ! songeait-elle en voyant son vieux tomber les bretelles.

C’est alors que la première douleur la tordit littéralement ! Elle s’allongea sur le sol et accoucha comme une bête, à même la terre battue !

Se penchant au-dessus de sa femme, père Fouchtra s’exclama :

- Vingt dieux, chè une fumelle ! J’aurions préférence pour un garçu, ma ché une fumelle… Tant pire ! Ch’fra avec…

- Au lieu d’raconter des conneries, prends ton « Laguiole » et coupe moé ch’cordon !

- Ché vré cha ! Coupe z’y chon cordon, che me les chèle moé !

La voix provenait de la fillette nouvellement née ! Médusés les deux péquenots reluquaient leur progéniture.

- Cha alors, elle cause, articula père Fouchtra.

- Dis point d’conneries mon homme, articula la nouvelle maman.

- Ch’t’assure la mère que ch’en dis point !

C’était tout de même invraisemblable, une nouvelle née qui parlait !

Comme elle était née un dix octobre, on la baptisa Sarah du nom de la sainte du jour.

Tout le village venait voir et surtout entendre le phénomène. Des journalistes de « La Montagne », très sérieux journal du centre de la France, étaient même venus, crayons et calepins en main, afin de noter les mots et phrases proférés par la petite Sarah Fouchtra.

- Ché vous ches cons d’journaleux ? Interrogeait la petite depuis son berceau, fabriqué à partir d’un vieux tonneau coupé dans le sens de la longueur par son bricoleur de paternel.

- Ça alors, ne cessaient de répéter les visiteurs, ça alors !

- Eh oui ! Elle répète tout ch’qu’elle a entendu dans le ventre de cha mère… expliquait le père pas peu fier.

A la une du canard, Gravillon Jolieflaque (un ancêtre de Pierre Bellemare) avait écrit un article, dans lequel il relatait les exploits verbaux de la petite paysanne. Le journal avait triplé son tirage durant plusieurs jours !

Tout se déroula pour le mieux jusqu’au jour où... Félicien, le colporteur qui passait par ces montagnes une fois l’an, tirant sa carriole à bras, remplie d'un fouillis invraisemblable : lacets, rubans, boutons, œillets, ciseaux de couturières, aiguilles, quelques jolies pièces de dentelles qui serviraient à parer les robes que les femmes confectionnaient pour les cérémonies. Enfin toutes sortes d’objets bien utiles que l’on ne fabriquait pas soi-même.

Donc ce Félicien ayant appris, comme tout un chacun, l’évènement incroyable que représentait la petite Sarah Fouchtra, se rendit d’un bon pas jusqu’au pauvre logis des heureux parents.

La nuit tombait, étendant son ombre inquiétante sur la verdoyante vallée (c’est beau, n’est-il pas ?)

Toc, toc, toc… Il tire la chevillette et la bobinette choit !... Ou le contraire, démerdez-vous !

Le père Fouchtra ouvre…

- Chalut Félichien, quel bon vent t’amène ?

A ce moment précis une petite voix monte du demi tonneau

- Félichien, tu « m’arranges » bien mieux que mon connard de père Fouchtra !

- Tais-toi donc, chale mioche ! Hurle la mère Fouchtra, se précipitant vers le berceau, et appliquant derechef sa main sur la bouche un peu trop bavarde.

- Chalop, tu m’as donc fais les cornes, fumelard ! S’écrie père Fouchtra.

Saisissant son esclop, il en assène un vilain coup sur la tronche du colporteur, dont la cervelle en profite pour prendre son indépendance !

Les gendarmes sont montés, puis ont emmené père Fouchtra, menottes aux poignets, jusqu’à Riom. Le jugement intervînt quelques mois plus tard. A l’époque « la bascule à Charlot » n’avait guère le temps de rouiller. Père Fouchtra fût condamné à être raccourci, et la sentence exécutée quelques semaines plus tard !

Quant à Gravillon Jolieflaque (toujours ancêtre de Pierre Bellemare), il écrivit un superbe article, relatant l’incroyable évènement. Depuis la naissance de la petite Sarah, jusqu’à l' éxécution de son pauvre papa.

Il conclut son article par cette phrase : « AINSI PARLAIT SARAH FOUCHTRA »




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