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dimanche 20 février 2011

Saoul-FifreBon Anniv' Olivier

Je vous ai déjà parlé de mon débarquement dans cette Provence accueillante comme un digicode plein de vomi. L'accent chantant et le sourire plein de dents, c'est la vaseline pour faire passer l'esprit de lucre et la détestation de l'étranger. Je m'y sentais comme un poisson des tropiques paumé au milieu d'un banc de sardines au large de la Laponie.

Et avec le recul, en y ayant réfléchi longuement et calmement, la petite lueur boréale qui me fut promesse d'un peu de chaleur humaine se nommait Olivier.

Nous étions collègues, embauchés presque en même temps dans cette petite boite de monteurs en téléphonie. Le patron était raide, je n'avais jamais rencontré un salaud pareil, un vrai rat, il avait d'ailleurs une gueule de fouine. Le boulot était dur, on était poussé au cul, il fallait lui construire des installations impecs, sans malfaçons, le pire étant de retourner sur un chantier et de se farcir le sourire sardonique de l'abonné qui s'était plaint "à qui de droit" de billevesées.

Aujourd'hui, on parlerait de harcèlement mais à l'époque, on baissait la tête et on serrait les dents. De toute façon, dans une petite entreprise de moins de 10 salariés, on savait qu'on avait droit à rien et que la moindre plainte ne nous obtiendrait qu'un doigt nous montrant la porte. Dans cette ambiance glauque, et si on y ajoute mon statut d'immigré de frais, and a long way from home, avoir un bon copain était une chance extraordinaire.

Olivier connaissait bien le secteur, l'emplacement des centraux, des sous-répartiteurs. Ça n'a l'air de rien, mais ce genre de connaissances valait de l'or en barre. On était lâchés dans la nature, sans aide. Le listing avec adresses précises existait bien mais était jalousement gardé par les gars de France Télécom. Et merde. Le boulot était suffisamment dur comme ça pour que l'on ne perde pas 2 heures à chercher tout au fond d'un lotissement ou d'une cave l'armoire bien cachée où nous devions tirer nos "ficelles"?

On nous donnait trop de travail, bien sûr sans primes de rendement ni heures supplémentaires. Nous étions "mensualisés" et je rentrais souvent à la maison à la nuit, n'ayant même pas pu tout faire. C'est Olivier qui m'a "déniaisé", m'indiquant la rentabilité correcte d'une journée, celle qui ne me ferait pas engueuler le lendemain. C'est lui qui m'a appris à rendre des dossiers "abonné absent", pas vu pas pris, en m'approchant à quatre pattes des boites aux lettres pour y glisser un "avis de passage". Des installations que nous n'avions absolument pas le temps matériel de terminer.

Un imbécile a fait chanter un jour à un surexcité "La solitude, ça n'existe pas". Oui mais quand on s'expatrie, c'est un peu dur au début quand même. C'est encore Olivier qui m'a refilé les premiers éléments de ce qui devait devenir un réseau d'amitié en béton précontraint, fidèle, généreux, sur qui nous pouvons toujours compter vingt-cinq ans plus tard.

Grâce à la gestion pointue de cette bestiasse de patron, la boite fit faillite, je m'orientai vers l'agriculture mais Olivier resta dans le milieu de la téléphonie. Il en gravit les degrés, technicien, chef d'équipe, de chantier, de secteur pour finir par monter sa propre boite, récemment. Un vrai gars du combiné. Nous n'avions pas encore de portable , ni nous ni nos enfants, qu'Olivier jonglait déjà avec deux ou trois de ces engins, à usage privé ou professionnel. Ils sonnaient à tout bout de champ, en plein milieu du repas... On ne mouftait pas, c'était normal, c'était Olivier.

Là il a le dernier et l'avant-dernier I-phone. Avec sa clef G3, son mur Facebook et ses nombreuses applications, on dirait un gros bébé pourri-gâté au pied d'un sapin de Noël. Mais c'était son anniversaire, là. Quel cadeau offrir à quelqu'un qui a tout ? À un vrai gars du téléphone qui a, comme moi, commencé sa carrière en bas de l'échelle, à planter des poteaux à la barre à mine ?

La qualité du matériel PTT n'est plus à démontrer. En galvanisé massif, ça ne bronche pas sous les intempéries, ça résiste à tout. Olivier m'ayant toujours aimablement fourni ces diverses pièces désormais cultes, pour mes bricolages à la ferme, je décidai de le remercier par une œuvre faite avec ces boulons, ces tire-fonds, ces tendeurs, ces plaques de serrages, ces cornières à trous que nous avons tellement utilisés quotidiennement que, même écartelés, démembrés, tordus, soudés, sciés, j'étais bien certain qu'il les reconnaitrait comme frères au premier coup d'œil.

C'est une fille qui danse. C'est un peu le symbole de la femme idéale qu'il cherche avec constance et acharnement depuis qu'il est né. Il en a essayé suffisamment depuis mais, jouant de malchance, ce n'était jamais la bonne.

Celle-ci est solide. Mon souhait est qu'elle lui fasse de l'usage.

mercredi 16 février 2011

AndiamoLes magnans

Le plateau de Peyrebeille, le haut Vivarais. L’hiver a été rude, Mathilde a surveillé avec un soin jaloux les graines qui ne sont autres que les œufs du Bombyx du mûrier.

Pour les tenir au chaud, afin de favoriser l’éclosion, elle a disposé ces œufs dans un petit sac de toile fermé par un lacet : une coulisse, servant également de lanière, puis précautionneusement elle a glissé le petit sachet entre ses seins généreux. « Bien au chaud » comme elle dit, en riant aux éclats !

Quand les œufs écloront, donnant naissance à des vers blancs que l’on nomme ici : magnans (goinfres en Provençal), commencera le véritable travail. Il faudra les nourrir, car ils sont voraces, et leur nourriture c’est la feuille du mûrier. Il faut en cueillir énormément, à s’en arracher la peau des mains.

Quatre repas par jour, c’est leur ration !

Quand ils se nourrissent, leurs mandibules font un tel vacarme qu’on les entend dans toute la maison. Il est vrai que seul un plancher de châtaignier, sépare le grenier du reste de l’habitation.

Ce châtaignier, le bois dans lequel l’Ardéchois naît, le bois dans lequel l’Ardéchois meurt. Ce bois sert aussi bien à fabriquer les berceaux, que les cercueils ! Et entre deux, il les nourrit, c’est l’osmose parfaite entre l’homme et cet arbre.

Pourtant cette tâche est nécessaire, même vitale, dans ces régions désolées aux hivers si rudes, où la terre est peu généreuse.

Les « échamps » comme on les nomme par ici, ce sont les terrasses cultivées, taillées à flanc de montagne. Au moindre orage, il faut remonter la terre, à dos d’homme pour les plus pauvres, à l’aide d’un âne ou d’un mulet pour les plus nantis.

Lorsque les vers auront tissé leurs cocons, un long fil de soie, de huit cents à mille deux cents mètres de longueur ! Il faudra les ébouillanter, pour tuer la larve, et récupérer les cocons de soie, puis les envoyer à Lyon. Cette soie qui vêtira les bourgeoises de la « haute », après être passée entre les doigts habiles des canuts.

Ce travail épuisant, harassant, rapporte quelques sous. Cet argent sert à se procurer les choses que l’on ne produit pas soi-même, comme les outils ou un âne pour aider aux tâches. Pour le reste, c’est l’autarcie, quelques poules ou lapins, un cochon, sa pauvre terre pour les légumes. La vie des paysans à la fin du XIXème siècle, ça n’était pas celle des images toutes faites, dans l’esprit des gens d’aujourd’hui, qui pensent que c’était une vie « saine » au grand air à bouffer bio.

Que nenni, on ne bouffait pas à sa faim ! Les pommes et patates qui passaient mal l’hiver, et qu’il fallait manger, quand bien même elles étaient un peu moisies, sous peine de crever de faim ! La viande pas tous les jours… Loin s’en faut.

Les soirs d’hiver, on se serrait devant la cheminée, le ventre cuit, le dos glacé, les mêmes histoires ressassées cent fois, les mains toujours occupées, éplucher les châtaignes pour la soupe du lendemain ou le filage pour les femmes. Sur ces plateaux du haut Vivarais, il fait « un froid de loup » à la mauvaise saison, le reste de la maison n’est pas chauffé, alors on ne traîne pas pour aller au lit, récupérer un peu de chaleur.

Mathilde a surveillé les magnans avec un soin jaloux, après leur éclosion, aidée en cela par sa fille Cécile, la cadette Nicolette est encore trop jeune pour aider.

Un matin, alors qu’elle distribue les feuilles de mûrier récoltées dès potron-minet, elle aperçoit dans le grouillement blanchâtre, un magnan plus gros que les autres et légèrement orangé.

Il ne se nourrit pas de feuilles, mais attaque et mange les autres vers. Elle le prend délicatement, puis s’apprête à l’écraser d’un coup de talon, craignant une maladie quelconque, pouvant anéantir le reste de l’élevage.

Le magnan entre son pouce et son index, elle le porte à hauteur de ses yeux. Elle ressent une douce chaleur à l’extrémité des ses phalanges. Étonnant, car habituellement ils sont froids !

Elle renonce à le jeter à terre, elle est comme « vapée », des images multicolores s’enchevêtrent dans sa tête, un bien-être l’envahit. Délicatement, elle repose le ver parmi les autres.

Les magnans ont bien « profités », ils ont quasiment augmenté leur taille initiale de près de quatre-vingts fois ! Alors ils s’agrippent aux branches que l’on a arrimées, et commencent à tisser leur cocon de soie.

C’est la phase la plus délicate. Ils tissent leur cocon durant quarante-huit heures environ, et ce sans interruption. Un orage peut tout gâcher, le bruit les dérangent, ils peuvent interrompre leur tissage à tout moment.

Le magnan orangé lui continue de se nourrir, n’ayant plus de vers à sa disposition, il s’attaque aux cocons et dévore les larves présentes à l’intérieur. Mathilde l’a isolé dans un coin du grenier, c’est son petit secret, pourquoi fait-elle cela ?

Elle-même n’en a aucune idée, elle le fait : c’est tout !

Le « collecteur », comme on le nomme ici, est passé, il a pesé la récolte, cinquante kilos seulement, c’est une toute petite année ! Il a estimé la qualité, a donné quelques pièces, emporté les cocons…

Ce matin, Mathilde, comme à son habitude, se rend au grenier. Surprise ! SON magnan a commencé à tisser son cocon, une teinte orangée comme lui, il est énorme. Il faut dire que le vers était gros lui aussi, deux fois plus imposant que ses congénères !

Le soir avant de se coucher, Mathilde, prétextant un rangement, lampe à pétrole à la main, se rend au grenier. Le cocon est là, énorme, de la taille d’un bonnet de dentelle, comme ceux que l’on met aux nouveaux-nés.

Elle est comme fascinée. Sa main se porte vers l’étrange pelote, puis son geste s’arrête. Dans sa tête, les mêmes images qu’il y a un mois : kaléidoscope de couleurs enchevêtrées. Elle reste prostrée.

- Alors, qu’est-ce que tu fiches ? Tu vas descendre, oui ?

C’est la voix de Fernand, son mari, qui l’appelle depuis le bas de l’escalier.

Fernand, ça n’est pas un malin. Aujourd’hui, on dirait qu’il est brut de décoffrage, un peu rustre, primaire, mais courageux. A la tâche, il vaut deux hommes dans la force de l’âge.

Avec Mathilde, il est gentil, pas prévenant, ça n’est pas bien la coutume que les hommes se laissent aller à montrer leurs sentiments, mais il l’aime bien, Mathilde le ressent.

- Ho !

Elle se secoue.

- J’arrive ! lance-t-elle.

Les jours suivant, rien ne change, le cocon est là, figé, lente métamorphose...

Puis au matin du trente-deuxième jour, Mathilde comme à son habitude se rend au grenier. Le cocon orangé est éventré.

Dans la caisse, une chose bizarre : quinze centimètres de haut environ, un œil unique et noir comme le jais, qui la fixe. L’étrange kaléidoscope se remet en route dans sa tête, des images de sang, de viande, de nourriture, de sang frais : manger… Tout de suite…

Mathilde se rend au poulailler, elle est dans un état second, Fernand est aux champs, sa fille garde les trois malheureuses chèvres. Elle se saisit de l’une des poules.

La volaille tenue par les pattes, elle rejoint le grenier, dépose le poulet dans la caisse hébergeant la drôle de créature. D’un mouvement brutal et rapide, cette dernière a bondit sur la galline et l’a saignée comme le ferait une belette.

Mathilde est horrifiée, mais aussitôt des images colorées et apaisantes envahissent son esprit, elle se calme, se détend, et sourit même à l’étrange chose qui se délecte du sang de sa victime, que quelques soubresauts agitent encore.

Le lendemain, Mathilde occupée à « tremper » la soupe, ressent tout à coup l’impérieux besoin de se rendre dans la remise, là où sont alignés les clapiers. S’essuyant les mains sur son tablier, elle cesse son travail et, tel un automate, se dirige vers les petites cages. Elle ouvre l’une d’elles, saisit un beau lapin par les oreilles, puis entre dans la maison, toujours dans un état second, grimpe l’escalier menant au grenier et, devant la caisse de son magnan, elle pose le lapin devant la "chose" qui se précipite sur sa proie et la saigne immédiatement.

Deux jours se sont écoulés, Mathilde « entend » à nouveau l’appel de la bête. Lentement, elle gravit l’escalier, retrousse sa manche, s’approche de la caisse.

La bouche collée à la pliure de son avant bras, les dents aigües ont facilement trouvé la veine, la "chose" se repait du sang de la femme.

C’est alors que Nicolette, sa fille cadette surgit, sa tête est coiffée d’une casserole en cuivre, elle joue à la guerre, avec le Toine, le fils du voisin.

- Maman ! Qu’est-ce que tu fais ?

Mathilde ne répond pas, elle est dans un état second.

La chose veut prendre possession de l’esprit de la fillette, malgré ses efforts elle n’y parvient pas, le « casque » en cuivre fait obstacle ! Horrifiée, Nicolette s’approche…

- Laisse ma Maman ! hurle-t-elle. Puis se saisissant de l’un de ses esclops, elle commence à frapper l’horrible bestiole, qui lâche prise, se pelotonne sous les coups furieux de la fillette.

Un coup plus violent, le crâne éclate, un dernier soubresaut, la « chose » est enfin immobile.

Mathilde revient à elle…

- C’est quoi ça ? murmure-t-elle en regardant la bouillie informe allongée dans le fond de la caisse.

- J’sais pas M’man, mais elle te faisait bobo !

(ch'tiot crobard Andiamo 2011)

samedi 12 février 2011

Mam'zelle KesskadieCe qu'on apprend chez les Ursulines

J'ai cinquante et un ans. Vous le savez, non pas parce que vous avez une excellente mémoire, mais parce que je mémérise à tout bout de champs avec mon âge. Ne vous en plaignez pas, quand je change de mémérage, c'est mon poids ou mon célibat (même en kilos, mon poids reste supérieur à mon âge, ne l'ébruitez pas). À tout prendre, prendre le chiffre le moins haut, celui de la balance ou du certificat de naissance.

Donc, ayant toujours été douée pour les questions existentielles et assez peu pour les réponses, je continue à les poser. C'est ainsi qu'un lundi pm, encore à la course joual vert (ch'val vert est un sacre, un juron) entre une commission et le chaudron que je dois rendre à ma mère, je me retrouve au CLSC (centre local de service communautaire), avec ma mère. La question : quand est-ce que j'apprendrai que ??

Voyez le contexte : merci maman pour ta soupe. Si j'ai deux minutes pour une petite commission ? (voir leçon précédente sur la traduction simultanée du langage maternel, le non n'existe pas dans la réponse de la fille. Sauf dans la locution : "Non, ça ne me dérange pas"). Ok. On y va. Au CLSC.

- Maman, il faut prendre un numéro.

Mère : non, non, c'est juste une petite chose que j'ai à demander.

- Maman, on prend un numéro et on va attendre dans la salle d'attente.

Mère n'écoute pas. Elle est à un pied (environ 30 cm) derrière le monsieur qui est en train de se faire servir au guichet. Elle prépare l'offensive et se montre à la préposée par la gauche du monsieur. Celle-ci ne bronche pas. Mère recule et pince les lèvres. Houille! Un pincement de lèvres maternel est synonyme de guerre déclarée. Elle se déporte à la droite du monsieur qui raconte quelque chose au sujet de sa facture de téléphone (non, les CLSC ne s'occupent pas des factures de téléphone, juste des messieurs qui jasent). La préposée l'ignore encore. Mére recule, croise les bras. Me regarde. J'agite le numéro que j'ai cueilli. Elle fait sa préposée au guichet et m'ignore.

Un monsieur entre derrière nous. Il me regarde. Maman le regarde avec l'air de dire : prenez votre tour, c'est moi qui est ici. Croyez-moi, ma mère sait se faire comprendre !

La salle d'attente est bondée.

Vous pensez que le tout influence la détermination de Yolande ? Autant que cela influence la facture de téléphone du monsieur devant nous, qui a fait du progrès, il a remis son porte-feuille dans son pantalon. Il ne lui reste plus qu'à boutonner son manteau d'hiver, ajuster son foulard, mettre un gant, l'autre gant. J'cré ben que j'ai appris son numéro de téléphone par cœur par le temps qu'il y arrive.

Ma mère voit une éclaircie, c'est-à-dire que le sieur a jeté un coup d'œil à la porte. Elle se précipite, non, elle ne le bouscule pas, elle le contourne. Quand même ! Ma mère a fréquenté l'école normale des Ursulines de Québec ! (je vous parlerai un jour de cette fréquentation dont je connais plus de détails que celle qu'elle a eue avec mon père).

Madame, dit-elle de sa petite voix de vieille, en tendant sa main de petite vieille qui a un papier recyclé où elle a noté qu'elle devait venir au CLSC chercher une barre d'appui pour entrer dans le bain (barre que j'ai amplement prescrite aux petits vieux du temps que j'étais ergothérapeute en CLSC. Le destin se venge, que personne n'en doute !) et déclare sur un ton de petite vieille auquelle tu ne vas quand même pas rien refuser : "je ne prendrai pas beaucoup de temps".

La préposée, nullement émue, beaucoup d'expérience dans la petite vieille pressée, n'en démords pas. Prenez un billet.

La face de ma mère ! Non seulement un pincement de lèvres, mais un menton relevé, un sourcil froncé, et un bras qui ramène la sacoche sur son devant, signe d'indignation et de mécontentement profond.

Moi : Maman, tout va bien, regarde, j'ai un numéro, viens on va aller s'assoir.

Mère dubitative regarde le monsieur après nous et se rend devant le fait que lui non plus n'ira pas directement à la préposée. Elle vient de perdre une bataille, mais pas la guerre.

Elle s'assoit. Je la regarde dans les yeux et articule : Maman, reste ici. Je vais aller téléphoner à mon client, tout va bien.

Tout va bien... Quelle fantaisie que de penser que la fille de Yolande va être en retard à cause que la préposée ne veut pas entendre que ce que demande ma mère, c'est juste une petite chose !!!! Que le reste de la salle d'attente ait des préoccupations ne lui traverse ni l'esprit, ni la collaboration, encore moins , le désir d'obéir à une règle qui ne s'applique pas à son cas.

Point.

Donc, elle se retourne vers son voisin le plus immédiat, et croyez-moi que dans la salle d'attente, les sièges sont assez immédiats, merci, et lui demande de changer de billet.

Il a l'outrecuidance de refuser !

Moi, riant pas trop fort, dur combat, je lui dis : comment ? Vous osez refuser à ma mère ?!

Lui, pas trop certain, mais rassuré quand il m'entend rire. Au fait, je me demande de quoi il avait peur, de mon gabarit, de mon rire ou de ma mère.

Toujours est-il que je lui redis de rester tranquille, que j'allais téléphoner et que je reviendrai dans cinq minutes.

Évidement, toute la salle d'attente suivait le déroulement du tragi-comique incident, qu'est-ce qu'il y a d'autres à faire ? Surtout pas de se mêler de ses affaires ???

Donc, je vais à l'auto, je téléphone. Le tout a duré au moins trois minutes quarante secondes. Je me précipite pour aller tenir compagnie à ma mère, qui elle, sort triomphalement avec sa barre d'appui.

Ben oui, un monsieur a eut pitié et lui a offert (qu'elle dit) son billet pour qu'elle passe plus vite.

Bon, j'ai réussi à ne pas trop rire et à reconduire sécuritairement ma mère chez elle.

J'ai cinquante et un ans, disais-je, et j'en ai encore à apprendre sur le savoir-faire de ma mère. Hi que j'ai hâte d'être vieille et de marchander mes billets !

mardi 8 février 2011

Tant-BourrinMon prochain album (11)

Je sais, je sais : deux années de silence, ça vous a paru bien long. Peut-être imaginiez-vous même que j'avais renoncé à ma fabuleuse carrière artistique qui ne va pas tarder à décoller tel un pois sauteur du Mexique vers le sommet des hit-parades ? Tsss, ce serait mal me connaître ! Je crois en ma destinée et tous ceux qui m'ont mis des bâtons dans les roues en seront réduits un jour à me supplier de les laisser me lécher les orteils.

Non, en fait, au vu de votre réaction, aussi glaciale qu'un sourire de Poutine, lorsque que je vous ai présenté ma dernière maquette d'album pourtant vachement chiadée, j'ai décidé de bouder un peu. Na.

Et il faut dire qu'il y avait de quoi, merde ! Surtout que votre manque d'enthousiasme était déjà perceptible à l'écoute de mes maquettes précédentes (, , , , , , , et itou).

J'ai donc décidé que vous ne me méritiez pas. J'ai dit.

Mais après deux ans de réflexion intense, j'ai réalisé que sans acheteurs, j'aurais du mal à vendre mon prochain album de la mort qui déchire sa race.

Alors je reviens, mais soyez sympas cette fois, hein ?

D'autant que j'ai sous le bras une nouvelle maquette si puissante que j'ai l'impression de manipuler de la nitroglycérine. Un putain de concept-album qui laissera une trace brûlante dans l'histoire du rock !

Malheureusement, alors que j'avais eu une ligne de crédit illimitée pour ma maquette précédente (grâce à mon ami Bernard), j'ai dû cette fois faire avec les moyens du bord et partir à la chasse aux sponsors pour trouver le financement de mon projet. En particulier, il me fallait de quoi rémunérer les enfants de l'école primaire Hippolite Laganache pour leurs chœurs en leur offrant un goûter. C'est fou ce que le prix des BN a augmenté !

Au final, j'ai fini par trouver un fromager du Nord auquel j'ai réussi à vendre mon idée de concept-album chantant les louanges des produits de sa région. Il n'a certes pas accepté de financer mon projet en monnaie sonnante et trébuchante, mais il m'a fourni gratuitement cinq quintaux de Maroilles dont la date limite de consommation était légèrement dépassée.

Cela m'a permis d'offrir le goûter promis aux enfants (après tout, le Maroilles est meilleur pour la santé que les BN) et, en revendant quelques fromages sous le manteau, j'ai pu réunir de quoi payer la production de cette maquette que je vous propose d'écouter.

Attention, chef-d'œuvre ! Ça va décalaminer vos portugaises !




Cliquez sur l'image pour voir la pochette en grand

Tant-Bourrin - Un vieux débris de Maroilles


Dis donc Ninon, quelle infection !
Dis donc Ninon, ça pue, ça cogne !
Comme un parfum de troufignon...
Peuchère, ça sent la charogne !
Hé, peuchère, ça sent la charogne !

T'affole pas, c'est juste un vieux débris de Maroilles
T'affole pas, c'est juste un vieux débris de Maroilles

Dis donc Ninon, quelle infection !
Dis donc Ninon, ça pue, ça cogne !
Comme un parfum de troufignon...
Peuchère, ça sent la charogne !
Hé, peuchère, ça sent la charogne !

T'affole pas, c'est juste un vieux débris de Maroilles
T'affole pas, c'est juste un vieux débris de Maroilles

(Téléchargeable directement ici)


Alors ? Plutôt décoiffant, non ?

Un seul petit truc me chiffonne : mon mécène fromager, quand je lui ai fait écouter mon tube, a pris une drôle de couleur, dans des tons violacés, s'est tenu le cœur et est tombé à la renverse.

Bah, c'est sûrement l'émotion, le syndrome de Stendhal. Je le comprends : moi-même je me sens presque tomber en pâmoison quand je m'écoute.

En revanche, c'est plutôt au bord du nervous breakdown que je suis quand j'entends les mauvaises langues qui pérorent encore et laissent entendre qu'il y aurait peut-être un soupçon de début de commencement d'ébauche de ressemblance entre ma maquette et ça !

Pfff, je préfère ne pas répondre, il y en a qui ne manque pas d'air !

Heu... d'ailleurs, à propos d'air, je me demande si c'est une bonne idée d'avoir stocké les cinq quintaux de Maroilles dans mon salon. Je sens que je vais avoir du mal à tout écluser...

Un Maroilles en prime avec chacun de mes CD, ça serait peut-être une bonne idée ?

vendredi 4 février 2011

AndiamoLes solutions d'Onc Andiamo II

Il y a deux ans, je vous avais livré quelques solutions afin d’éviter :

- Les repas de réveillons onéreux,

- La belle mère envahissante,

- Des dépenses somptuaires en faveur d’adoléchiants boutonneux, et pas toujours méritants,

- Etc.

Devant l’immense succès (comment, j’exagère ?) remporté par ce billet, j’ai décidé de vous faire bénéficier de mon IMMENSE expérience dans le domaine du : comment emmerder ceux qui voudraient vous emmerder !

1) Les mômes des autres… Ils sont un peu comme les pets, il n’y a QUE les siens que l’on supporte !

Vos amis, sœurs, frères, etc., vont débouler avec leurs chiards, pour le sempiternel repas dominical.

Des modèles ! Studieux en classe, polis, ne parlant que si on les interroge. Alors que les vôtres n’en foutent pas une rame, doivent être rappelés à l’ordre pour dire bonjour, coupent la parole aux adultes, mangent comme des gorets : des mômes normaux en somme !

Quoi de plus énervant ? Les parents sont là, étalant les résultats scolaires, montrant comment leur dernière sait bien placer ses mains en couronne. Pensez ! Quinze jours qu’elle pratique la danse « classique » ! Elle est douée, nous a affirmé son PROFESSEUR, lâche l’autre conne de belle-sœur en faisant sa bouche en cul de poule !

Ah ! Ça agace, et il y a de quoi, je vous comprends, je suis passé par là !

Alors voilà, suivez LE conseil d’Onc’ Andiamo.

Laissez les parents étaler les prouesses de leur progéniture acnéique, les gamins jouent ensemble dans la chambre des enfants… Au docteur ? Peut-être !

Puis au bout d’une demi-heure, prenez l’air le plus détaché du monde et déclarez :

- Nous revenons d’un voyage dans les Caraïbes. Patrick et Charlène ne sont pas biens, nous avons pris rendez-vous avec le professeur Mollard, le spécialiste des maladies tropicales, car nous craignons beaucoup, surtout avec le choléra qui sévit dans ces régions en ce moment…

Et là, vous verrez la tronche des deux abrutis virer au vert. Ils prétexteront une casserole de lait oubliée sur le feu et appelleront leurs chers anges, leur intimant l’ordre de se rhabiller et de partir au plus vite !

- Vous ne voudriez pas que notre appartement parte en fumée ?

- Ben non !

- Alors on rentre ! N’embrassez pas vos cousins, et excusez-nous, une autre fois peut-être ? Et tenez nous au courant, ça n’est peut-être pas aussi grave !

Et hop ! Partis. Bien sûr vous n’aviez pas préparé un repas pour huit personnes, seulement pour vous quatre… On est si bien en famille !

La belle-doche qui rapplique à l’improviste ?

A l’improviste certes, mais curieusement toujours au moment du dîner !

- J’avais une tite course à faire dans l’quartier, alors j’chu v’nu faire un p’tit bécot à ma fillotte ! Hummmm, ça sent bon chez vous, c’est quoi dans le grand faitout, qui mijote et qui sent si bon ?

- Une soupe à la culotte Belle-Maman, et de la ragougnasse de tétons de négresses. Vous resterez bien avec nous pour dîner ?

- Euh… Une autre fois peut-être, j’ai un reste de tarte aux nouilles qui m’attend... Au revoir, vous embrasserez Véronique pour moi.

Et voilà, ça n’est pas compliqué, vous êtes resté poli, avenant, vous l’avez même invitée, mais elle n’est pas restée, ainsi votre épouse ne pourra pas vous faire l’ombre d’un reproche ! Le gendre i.dé.al !

Vous êtes invités chez une amie de votre épouse ?

Elle est moche, imbaisable, elle va encore vous bassiner avec « les feux de l’amour » ou l’élection de la dinde de l’année : une Bretonne ! Tu sais où elle peut se le foutre son menhir, la Bretonne ?

Pas de panique ! Voici le moyen de faire plaisir à tout le monde tout en échappant à la soirée...

Tout d’abord, allez chez le marchand de farces et attrapes du coin, achetez (ou volez-les) deux « boules puantes ».

Rentré chez vous, précipitez-vous aux toilettes : prétextez la chiasse du siècle !

- Tu sais Minou, si tu n’es pas bien, on peut rester, je vais téléphoner à Bertille afin de décommander, vous déclare votre épouse attentionnée.

- Non Bibiche ! J’aime trop ta copine et son mari (supporter du PSG) pour décliner l’invitation.

- T’es gentil Minou ! (et toc la bourgeoise dans la poche).

Vous arrivez chez la bonne copine, après avoir tourné une demi-heure avant de dégauchir une placarde, vous sonnez, tout en vous tenant le ventre et en sautant d’un pied sur l’autre.

A peine la porte ouverte, vous vous précipitez aux cagoinsses (deuxième porte à droite, suivez les mouches !) et là vous émettez quelques borborygmes destinés à imiter le bruit d’un intestin en surcharge, puis vous écrasez une boule puante.

Retour vers le salon, la télé est allumée : tu penses ! C’est la retransmission du match de la demi-finale de la ligue des clubs non vainqueurs de la coupe départementale, des clubs engagés… Vachement crucial !

Bien sûr, vous trainez l’odeur de la boule puante… La gueule de vos hôtes !

Prenez votre air crétin (même pas à se forcer) et bredouillez un : s’cusez moi, j’ai la boyasse en charpie, ça me prend tous les quarts d’heure…

La copine qui hume, tord le nez, retient un haut de cœur.

- Ben dis donc, ça m’a l’air sérieux ! On SENT bien que tu n’es pas dans ton état normal, t’as bouffé un putois ? Ça te prend tous les quarts d’heure dis-tu ? Tu devrais rentrer chez toi, c’est peut-être dangereux… Marcel, n’allume pas ta cigarette… On ne sait jamais !

- Ecoute, je suis désolé, mais effectivement, je pense qu’il serait plus raisonnable que nous rentrions… Une autre fois peut-être ?

Et voilà, et vu l’état de l’atmosphère après votre passage, ils ne sont pas prêts de renouveler l’invitation !

C’est marrant, vous avez remarqué ? Vous possédez une petite bicoque à la cambrousse, quand vous l’avez achetée, il y avait pas mal de travaux à effectuer. Pas l’ombre d’un copain, tout le temps qu’ont duré les travaux !

Maintenant qu’elle est pimpante, fraîche et accueillante, tout le monde rapplique les week-ends ainsi qu’aux grandes vacances !

Pas de panique ! J’ai la clef qui leur fermera définitivement la porte de votre charmante villégiature.

Avant l’arrivée des importuns, ne tondez pas la pelouse, cueillez les haricots verts, allez acheter une dizaine de kilos d’abricots, videz quelques seaux d’eau additionnés de brou de noix dans le sous-sol.

Quand vos amis arrivent, discrètement allez écraser la seconde boule puante (je vous avais bien dit d’en acheter deux !) dans le sous-sol.

Auparavant, vous aurez chaussé vos bottes. En entendant la voiture, sortez en prenant l’air affolé :

- T’arrives bien Robert : y’a la fosse septique qui a débordée, prends une paire de bottes dans la remise, et viens m’aider s’il te plait, il va falloir écoper ! T’es pas trop dégoûté au moins, Robert ?

- BEEEUUUU non… SLUUUUURP ! Le voilà qui appelle RAOOOUUUUL !

Au même instant, votre charmante épouse se précipite vers sa « bonne » copine :

- Thérèse (celle qui rit souvent), comme tu me fais plaisir, je ne m’y attendais pas ! Mais si tu veux manger ce soir, il y a les haricots verts à préparer, puis nous allons faire des confitures, car il ne faudrait pas perdre tous ces bons abricots que le voisin nous a donnés.

Faites-moi confiance : en voilà deux que vous n’êtes pas près de revoir !

Et enfin, le réveillon GORE !

C’est koitesse ? allez-vous me dire.

Rien de plus simple, marre des faux derches qui viennent s’empiffrer au moment du réveillon ? Ceux qui vous disent :

- Tiens Gaston, on pourrait réveillonner chez toi : la fosse septique fonctionne à nouveau, et puis tu as un grand séjour dans ta cambrousse, ce serait formidable ! Lucette et moi nous apporterons la bûche….

Ben tiens !

La veille du réveillon, rendez-vous chez votre poissonnier préféré, achetez : des huitres, des oursins, des pinces de crabes (bien grosses ce sont les plus dures), des bigorneaux, et enfin des amandes de mer.

Avant que vos invités arrivent, disposez dans de grandes assiettes, aux emplacements des convives : les pinces de crabes, les huîtres, les oursins, les amandes de mer et… les bigorneaux.

Vous aurez auparavant prévu d’acheter une pince genre casse-noix, et un couteau à huîtres, PAR COUPLE.

Après l’apéro (pas de champagne… Trop cher !) On passe dans la salle à manger…

- OH ! Des fruits de mer ! Quelle bonne idée ! entament dans un chœur parfait vos invités.

Et vous, à ce moment-là, prenez votre voix la plus suave et déclarez :

- A la guerre comme à la guerre… Chacun se débrouille (oui, j’ai écrit débrouille).

Un détail encore : mettez sur la table plusieurs rouleaux de "sopalin".

Et maintenant : que le spectacle commence !

Les couteaux à huîtres qui ripent… AÏE ! OUILLE ! Les oursins (une bestiole qui adore la viande) Putain ! Ça pique ! Les casse-noix qui pincent la peau des mains quand ils ripent sur les grosses pinces de crabes…OUH LA LA !

Et les amandes de mer… T’as déjà ouvert des amandes de mer ? Pas fastoche !

Alors on assiste au ballet des feuilles de sopalin, qui rougissent à vue d’œil, à la jolie toile cirée (surtout pas de nappe en tissu elle serait gâchée) qui se constelle de points rouges, aux jolis pinçons qui prennent une teinte bleuâtre.

Quelle belle harmonie de couleurs, quel doux concert de gémissements… Un bonheur !

Et je vous assure que plus jamais on ne vous cassera les pieds (oui j’ai écrit pieds) à venir réveillonner chez vous !

En conclusion : on dit merci QUI ?

lundi 31 janvier 2011

Saoul-FifreL'auto trop fit

Oui l'auto en fit trop, nous dirons-nous quand nous vivrons enfin dans la société solaire, gratuite et jubilatoire que Reiser appelait de ses vœux.

L'autotrophie, c'est le cadeau que fit au monde le Père Noël et dont nous avons profité, sans le comprendre et sans nous poser de questions, pendant des siècles.

Trophos, en grec, la nourriture : qui se nourrit tout seul, comme un grand, de l'air du temps, sans exploiter, sans polluer, en toute indépendance. Autorenouvelable, il est bien là, le mouvement perpétuel auquel ne croient pas les spécieux, qui se propage sans problème depuis la nuit des temps et qui continuerait itou presque ad vitam aeternam s'il n'y avait l'intervention de l'Homme, toujours aussi godiche et vicelard. Car il a suffi que les scientifiques commencent à comprendre comment fonctionnait le phénomène, au XVIII et XIX ièmes siècles, pour qu'ils veuillent faire les malins et imiter la Nature, au lieu de rendre un culte à ces arbres si doués, comme faisaient les Celtes.

L'autotrophie, c'est, pour simplifier, ce que savent faire tous les végétaux, gratuitement. Grâce à leurs pigments chlorophylliens, ils captent la lumière, puis ils sniffent du gaz carbonique, pompent quelques minéraux dans la terre et fabriquent avec :

- De la biomasse, c'est à dire des légumes, des fruits, tous les végétaux, des médicaments, des herbes de Provence, des isolants, des tissus, des fleurs, des instruments de musique, des colorants...

- De l'oxygène (on en a pas : on meurt)

Je signale quand même aux abrutis qui nous gouvernent que tous les ingrédients cités sont gratuits et inépuisables. Dans le cas du gaz carbonique, je me suis laissé dire que l'on en avait de trop, raison de plus de développer la filière végétale. Quand aux minéraux nécessaires, toutes les plantes secrètent des acides qui savent décomposer la roche-mère et se fournir en potasse et en phosphates, entre autres.

Reste le problème de l'azote. Une terre pauvre en azote va se couvrir naturellement de légumineuses, plantes sachant fixer l'azote de l'air. À la mort de ces plantes, elles restitueront cet azote aux autres plantes. Et toutes les bêtes du Bon dieu mangeant ces végétaux, Humains compris, ont pris la bonne habitude, depuis toujours, de faire un caca riche en azote qui devrait revenir, en bonne logique, à ses anciens propriétaires. La boucle est bouclée. Les chinois ne s'embarrassent pas de ces scrupules mais nous pourrions réserver le compost de caca humain aux cultures pour animaux (maïs, colza, foin...) et le fumier de nos amis bovins, ovins, gallinacés etc... à notre usage (jardins, vergers, céréales...)

La preuve que cela marche à la perfection c'est l'arbre dans sa forêt. Le forestier ne s'en occupe pas. Point d'engrais, chimique ou bio, de traitements fongicides, de désherbants et autres insecticides.

De l'eau, de la terre, de l'air et de la lumière, et roule ma poule ! Ya plus qu'à récolter les chênes ou les sapins majestueux :

- Les gros troncs bien droits, sans nœuds, pour les meubles, les charpentes, et tout le reste, qui était en bois et qui est maintenant en plastoc.

- Les petites branches, les troncs tordus, pour le chauffage. On entend souvent : le chauffage au bois, c'est contraignant. C'est désormais faux pour les maisons individuelles ou les immeubles, à condition d'avoir prévu le silo à copeaux dans les plans initiaux. Le système se régule tout seul comme une bête chaudière à fuel ou à gaz.

Quand mon alcoolique anonyme, Tant-Bourrin, répète à tout bout de champ que l'énergie est trop bon marché, il parle du nucléaire et du pétrole, qui n'intègrent pas leur coût de démantèlement et de retombées écologiques. L'usine solaire, Photosynthez Incorporated Company travaille gratuitement, sans grèves, sans fatigue, sans marges injustes, sans pressurer le tiers-monde. Au contraire, elle est plus rentable dans les zones tropicales, à condition de maitriser le facteur eau.

Elle demande bien sûr de la main d'œuvre ou de la mécanisation, ne soyons pas contre le progrès. Mais pas de forages couteux, de recherches minières, de corruption. Vous savez combien ça coûte un dictateur ?

L'agriculture peut être utilisée pour corriger les excès actuels. Quand j'entends parler d'eutrophisation des lacs à cause des lessives à la potasse, je me dis : chouette ! Ya qu'à la récupérer, c'est de l'engrais ! Quand en Bretagne ils se plaignent du développement des algues à cause des résidus azotés des porcheries, je leur dis que les goëmoniers ont toujours ramassé les algues sur les plages. Et ils les revendaient très cher comme engrais ! Et là, ils pourraient même se faire subventionner par les zinzins (les investisseurs institutionnels) ! Dans la Nature, rien ne se perd, tout se transforme, il faut juste être là au bon moment pour récupérer la bonne molécule.

Il faut vraiment se débarrasser du système capitaliste, ya pas photo ! Ce qui est gratuit et décentralisé ne les intéresse pas ! Ils mettront toutes leurs forces dans la bataille pour que nous n'allions pas dans cette direction ! Comment voulez-vous qu'ils mettent un compteur sur le soleil ! Ils préfèrent exploiter jusqu'à la lie un produit que nous savons bientôt épuisé sur lequel ils peuvent prendre des marges ou des taxes énormes, sans aucune pensée ni respect pour les générations futures.

Plus le pétrole sera dur à extraire, rare et donc cher, plus ils gagneront d'argent.

Achetez une voiture électrique et rechargez-la au soleil, même en roulant !

Sinon, une découverte me semble intéressante, celle du Professeur Hideki Koyanaka. Si Procrastin est dans les parages, j'aimerais bien qu'il nous donne son avis autorisé. Le lien est en anglais et je n'ai pas tout saisi. Il s'agirait d'une photosynthèse artificielle dix fois plus efficace que la naturelle, qui déboucherait sur la fabrication de sucres et d'éthanol.

Alléchant, non, et ceci grâce à du dioxyde de manganèse, un produit pas hors de prix ? Vous croyez vraiment que les pétroliers vont laisser faire ces braves chercheurs ?

Si ce n'est pas un fake.

jeudi 27 janvier 2011

Mam'zelle KesskadieYATVLP

Tout commence quand on fête ses 50 ans. N'essayez pas d'y échapper, les conjoints, amis, font des surprises partys pour être certains que vous allez fêter ça. Les mécréants. Ça continue avec des pertes de mémoire. Des lunettes de lecture. Des questions style : "avez-vous votre carte de rabais de l'âge d'or ?" On recommence à trouver les petits bébés intéressants, surtout qu'on ne peut plus en avoir. Notre fille nous demande de ne pas sortir à tel bar et tel bistrot, parce qu'elle y va. De toute façon, on pourrait pas y aller, parce que fiston est parti avec notre auto. On est cassée comme lorsqu'on était étudiant au Cegep parce que nos enfants sont étudiants au Cegep, et ce n'est plus seulement que nos boucles d'oreilles qui disparaissent des tiroirs, mais aussi les condoms. Bof, de toute façon, ça nous tente moins qu'avant.

Bref, arrive le moment pénible, mais auquel on s'habitue, de la visite médicale. Les questions changent aussi avec le temps. Notre principale préoccupation n'est plus ce qui se passe en bas du nombril, mais en plus bas : nos genoux font mal, y a des orteils qui ne rentrent plus dans les souliers. Et v'là tit pas que des tests s'ajoutent :

La mammographie.

Chanceuse que je suis, cette année, il a oublié les tites bouteilles pour le dépistage du cancer du colon dont je vous épargne la procédure.

LA MAMMOGRAPHIE : cours d'introduction aux procédures avec histoire de cas, la mienne.

Gardons en tête, ici, que ce que les hommes remarquent en premier chez moi c'est :
1. si je ne suis pas visible et qu'ils ne sont pas sourds, mon rire.
2. si je suis visible, ce n'est pas mes yeux, mais le triple D qui s'ajoute au descriptif de ma pointure du soutif. Les lettres devraient être: YATVLP. je vous laisse compléter l'acronyme.

Le test débute le matin par les précautions à prendre : pas de déodorant, pas de poudre, pas de parfum. La journée va être longue pour mes collègues, mon rendez-vous est à 15:00. Et innocente comme je le suis, j'ai un dîner de copines ergo. j'aurais donc dû réserver dans un resto végétarien qui sent l'encens ou dans une pataterie, question de masquer les odeurs ! Mais non : au St-Hubert. On va être six.

Simonac.

Une chose à la fois : ce qu'on va mettre pour la journée mémorable. Je prends quelque chose qui ne me fera pas trop suer. Non, pas de robes, mais une jupe, on n'oublie pas qu'on va enlever le haut. Tiens, il y a longtemps que j'ai pas mis cette jolie petite blouse blanche.

Pertes de mémoire, vous dis-je, je m'en vais manger au resto : St-Hubert, sauce, blouse blanche, YATVLP.

J'arrive donc plus tôt pour m'assurer d'une table décente. J'ai bien fait, elle veut squezeer six femmes matures autour d'une table qui sans être minuscule, nous permettrait d'apprécier l'épilation faciale de chacune sans mettre de lunettes de lecture. On se souvient que si je ne suis pas à jeun pour le test, j'ai omis une partie de la routine matinale qui maintient les liens sociaux j'ai nommé : le déodorant. Vous en doutez ? Ciel, vous n'avez pas eu d'ados rébarbatifs à la douche assis à côté de vous dans l'auto par une belle journée chaude récemment ? Eh bien, sachez que j'ai failli ne plus en avoir, une chance que sa porte était barrée, il a échappé à l'expulsion.

Donc, St-Hub, blouse blanche, déo zéro, et cinq copines, dont la nouvelle ergo qui se joint à l'équipe. Précaution première : la bavette. N'écoutant que mon orgueil, je déploie élégamment mon châle sur le devant de ma personne, c'est fou ce qu'il fait frais dans un St-Hub ! Tout le monde travaille, on n'a que une heure pour manger, donc pas trop le temps d'empester, tout va bien.

Deuxième étape : la mammographie. Se rendre à l'hôpital à temps. Difficile d'oublier, je ne pense qu'à ça. Je trouve un stationnement, je me rends au troisième étage. Zut, pas de mammographie. Un service de dialyse je crois, la physiothérapie et l'ergothérapie. Étant ergothérapeute de profession, je supplie le ciel en l'interpellant, crisse ! Pourvu que personne que je connais ne me sente, je veux dire, me voie !

Doutes, suspicions et inquiétudes dévorantes : auquel des deux hôpitaux de notre belle région, hôpitaux qui portent le même nom pour ne pas faire de chicanes entre les médecins et créer un sentiment d'appartenance aux deux endroits pour le personnel médical et pour confondre la population, auquel des deux services, m'interrogeais-je dans le doute et la sueur dont l'aisselle non préservée me titstaillait la narine et la préoccupation, devais-je présenter mon YATVLP ?

Un long moment de solitude, il me reste cinq minutes pour éclaircir le malentendu, faire 15 minutes de route, 15 minutes de stationnement si je me suis méprise, le tout , dans la joie, la bonne humeur et sans déo.

La dame aux renseignement, après un long moment où elle tourna le dos à ma personne, se retourna, je ne sais si c'est pour s'enquérir de la provenance de l'effluve douteuse ou pour reprendre son devoir, déploie sa science en m'indiquant que c'est au deuxième étage. Heureuse femme qui est derrière sa vitre, se protège des voleurs de sacoche, des virus de grippe et des odeurs de la clientèle.

Arrivons donc aux faits et au deuxième étage. Moment de suspense. Je tends ma feuille, tremblante et à bout de bras à la secrétaire en espérant que je suis à la bonne place. Mais oui ! Tout n'est pas perdu !

Joie de courte durée, le temps de suivre les tites flèches blanches sur le plancher qui m'amène à une porte fermée, mais avec une pancarte qui donne la marche à suivre.

1. Déposer la requête dans la boîte ici présente. tchek.

2. Se déshabiller. on va attendre un peu pour le tchek.

3. Mettre la jaquette ouverture dans le dos. (Heu... je suis bien au service de mammographie. Me semble qu'ils prennent la radio par en avant ???) On va attendre pour le tchek pour celui-là aussi, j'cré ben.

4. Si ce n'est pas déjà fait, enlever toute trace de poudre, de déodorant ou de parfum à l'aide de débarbouillets fournies dans la salle de jaquettes. bon, ils ne disent pas de traces de sueur, mais je ne veux pas avoir la mort par suffocation de la technicienne sur la conscience, pour ne pas dire, sur la poitrine, je vais tchéquer là aussi. Par contre, avoir su, simonac, je ne me serais pas privée ainsi que mon entourage, du confort moderne toute la journée !

5. Revenir s'assoir et remplir le formulaire. Pas de problèmes, on va faire ça.

Salle de déshabillage, jaquettes, je choisis la jolie mauve. Petite salle de déshabillage, on size fit all, et c'est pas mon size fit all. Mais bon, on fait avec. Petite jaquette mauve.. oups ! Ne prenez pas la tite jaquette mauve, ni fushia. Elles deviennent transparentes au lavage, et ciel qu'elles sont lavées souvent ! Donc, je rajoute jaquette bleue standard par dessus, et je sors pour remplir le questionnaire. Tchek.

Une page de; Avez-vous ... écrit avec des caractères aussi grands et gros que ceux des bouteille de pilules. NOTE À L'ADMINISTRATION DE L'HÔPITAL: Les mammmographies s' adressent principalement aux femmes qui portent des lunettes de lecture et qui ont des pertes de mémoire, qui vous dit qu'elles ont pensé les mettre dans leurs sacoches après avoir lu un menu de ST -Hub? han bon, une chance que j'en ai trois paires, j'en ai trouvé une.

Ensuite, on attend, dans l'angoisse et en jaquette bleue.

La technicienne apparait et dit notre nom. Ici, on a le choix de faire semblant que c'est pas à notre personne qu'elle s'adresse et que nous sommes assises en jaquette par hasard et pour lire un roman, on peut faire semblant de chercher nos lunettes dans la sacoche (penser à les enlever de dessus de notre tête avant) ou dire: Bbbbbbon jour.

Soyons brave et qu'on en finisse.

Première étape: enlever la jaquette. Me semblait aussi que par en arrière....

Deuxième étape: Elle prends deux petits cercles autocollants, verts, du genre que l'on mets autour des trous de feuille de cartable pour ne pas que la feuille se déchire sur l'anneau et nous les tends.

Malheureuse, non! ce n'est pas pour mettre sur votre feuille de questions que vous lui avez tendues. c'est pour les mettre sur vos mamelons, question que le radiologiste sache où ils se trouvent sur la radio.

Un long moment de solitude pendant que la technicienne lit votre questionnaire, et que vous attendez debout, en jupe, torse nu, avec les mamelons décorés en verts. Avez-vous déjà eu peur de la caméra cachée ?

Vient le moment fatidique de l'examen. Imaginez une tablette en stainless steel, hauteur de la poitrine. La technicienne va essayer de faire fitter votre tablette sur la tablette.

Première étape. Levez le bras en l'air, l'autre comme ça. Ensuite, elle s'empare d'un sein à la fois et l'installe. En la voyant soulever ma masse, j'eus la pensée : j'espère qu'elle a eu son PDSB (programme de déplacements sécuritaires, bref, de déplacer les poids pesants). Il s'agit également de coller le plus la tablette avec notre corps, de tourner notre tête à l'est, de regarder au nord, de placer nos pieds vers le sud (j'exagère, mais je vous jure, c'est l'impression qu'on a). Voilààaàaàaàaàaàaà. Et elle fait descendre le presse-toton. Ici, plusieurs légendes urbaines circulent. du moins, je croyais que c'était des légendes.... mais c'est vrai qu'ils squeezent l'appendice en espérant en faire une galette. je pense que c'est une procédure subventionnée par les chirurgiens esthétiques, question de recruter de la clientèle post tests. Par contre, ça ne fait pas mal. le plus dur, c'est de ne pas rire en pensant à vos copines qui sont moins nanties que vous et qui vont se faire étirer la petite chose sans avoir rien à étirer.

Et oups, indications de ne pas respirer, on prend la radio.

Quand elle a donné la dernière instruction, j'étais déjà en hyperventilation. Heureusement que la presse à toton me tenait solidement debout, je me serais écroulée.

Et on recommence pour l'autre côté. et on remets ça pour en faire une en angle. Et on finalise avec l'autre côté en angle.

C'est tout!

Vraiment pas de quoi en faire un plat, encore moins, un paragraphe de dissertation. :-)

À la prochaine!

P.S. : YATVLP c'est l'acronyme de Y AS TU VU LA PAIRE ? Et ça se dit quand on me paye un café! loll

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