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dimanche 28 septembre 2008

Saoul-FifreSiné Hebdo

Je le dis en préambule, Siné n'est pas ma tasse de thé. Le côté grande gueule qui préfère la formule en forme de coup de poing à l'argumentation, une légère touche de stalinisme, une tendance à avoir choisi son camp au berceau et ne plus s'être posé de questions depuis, tout un melting-pot de mauvaise foi me faisait me saisir de son œuvre avec des pincettes, bien que son coup de crayon reconnaissable à trente mètres sans lunettes soit excessivement jouissif à l'œil.

Son anticléricalisme systématique fleure bon le siècle dernier, je l'imagine très bien faire croaaa croaaa au passage des bonnes sœurs, comme un ado atardé qu'il est resté (80 ans, quand même !). Il se dit anarchiste. Je pense surtout qu'il s'est engueulé avec toutes les tendances de gauche et, aux dernières nouvelles, même avec le Fédération Anarchiste, qui par définition, ne peut réclamer le monopole des idées anars, par respect de la liberté d'expression.

Toujours est-il qu'une boule énorme, obèse, d'articles, de témoignages divers, d'alliances, de rancunes, de vengeances, de solidarités, de podcasts s'est cristallisée autour de la sanglante affaire Val/Siné, depuis Juillet.

Non, ce n'est pas possible que vous n'en ayez pas entendu parler. L'affaire démarre avec une rumeur (une info ?) que lance le président de la Licra Patrick Gaubert :

"le fils de Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l’épouser. «Dans cette famille, on se souvient finalement d’où l’on vient"

Philippe Val se fend d'un édito où il descend en flèche Denis Robert, le courageux journaliste free-lance qui a osé s'attaquer, tel un Don Quichotte couillu, à Clearstream, la puissante nébuleuse capitaliste. Quelle mouche a piqué Val ? On apprendra plus tard que l'avocat de Charlie-Hebdo est aussi celui de Clearstream. Fâcheux (fachos ?) mélange de genres.

La semaine suivante, Siné, furax que Val tire sur l'ambulance Denis Robert déjà exsangue financièrement, ruiné par les contre-poursuites judiciaires, envoie au journal un "Siné sème sa zone" un peu particulier : un bandeau "auto-censuré" barre une partie de sa prose (celle concernant Denis Robert) et dessous il reprend l'info Gaubert en y ajoutant son célèbre coup de griffe félin :

"Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il (JS) vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! "

Le grand scandale commence : c'est Claude Askolovitch qui tire la première salve et prononce le mot magique "antisémitisme", sans doute sur ordre de Val qui, avec sa lâcheté coutumière dira "je n'ai pas lu la chronique de Siné avant publication". Je veux pas médire, mais ce gars-là vole son salaire de rédacteur en chef ? Au sujet de sa capacité à affronter les problèmes avec courage et droit dans les yeux, on se souviendra de son "on se connaissait très peu, nous n'avons jamais mangé ensemble" lors de la condamnation de son ami Patrick Font qui a été son compagnon de scène pendant 17 ans, à sillonner la France en tous sens !

Et chaque camp de compter ses supporters, de tirer à boulets rouges sur le camp adverse. Val regroupe autour de son nombril une vingtaine de belles âmes attachées à la pérennité du système, de beaux contempteurs du souffle libertaire. Les autres portent Siné en triomphe, comme un dyonisos priapique qui serait le dernier rempart contre une épidémie galopante de politicus correctus.

Même les "traîtres" qui sont restés à Charlie-Hebdo à ménager la chèvre et le chou (ils se reconnaîtront), les cavanna, les charb, les wolinski l'on dit et répété : Siné n'est pas antisémite. Anti-sioniste oui, pro-palestinien à donf depuis toujours, oui, mais opposé à tous les racismes. Alors on ressort une vieille condamnation en 1985, pour des propos de mecs bourrés sur une radio libre. Siné s'était excusé, la Licra avait retiré sa plainte, mais l'avocat d'une tendance plus dure avait maintenu la sienne.

Mais on ne parle pas de la signature du même Siné en 1992, pour demander que la France reconnaisse sa responsabilité dans la Shoah ? On oublie que la maison de Siné a toujours été ouverte à tous, sans condition de confession, que dans les 10 000 signatures de soutien recueillies, il y a celles de nombreux amis juifs, que son ex-épouse était juive etc...

Hurler contre "l'antisémitisme" de Siné, c'est prendre le risque de voir se répéter l'histoire de Guillou et le loup. Quand les vrais loups montreront le bout de leurs crocs , personne ne réagira plus, lassés de ces polémiques entre apparatchiks sans réel fondement.

Il restera quand même un point commun entre Siné et Val : ils ont tous deux une passion pour les chats.

Mais ne vous trompez pas de chat : achetez Siné-Hebdo ! (et méfiez-vous des imitations)

vendredi 26 septembre 2008

AndiamoLes personnages de Bédés ont-ils une vie sexuelle III (le re-retour)

Eh bien bonjour les délires, rien ne vous arrête, vous en voulez du scabreux, de la licence, vous aimez ça, vous vautrer dans le stupre - j'ai jamais bien su ce qu'était le stupre, mais ça ne doit pas être dégueu, pour que toutes les religions le mettent à l'index (HI HI HI), ça doit même être foutrement attractif !

Tout le monde, je dis bien tout le monde, les mères de famille, les célibataires, les grabataires, les papis pervers, les jeunes, les ceux qui jeûnent, ceux qui postent en catimini, quand Germaine n'est pas sur leur dos...

Dis voir Emile, t'es ENCORE en train de regarder des vidéos d'cul, hein ?

Meu non, amour, j'écris dans un blog (tu verrais la gueule de la sylphide, si elle devait voler il lui faudrait une voilure de 747) !

T'écris toi ? T'es même pas foutu de remplir la déclaration d'impôts et t'écris ? T'fous pô d'ma gueule !

Et puis ça n'est pas tout, elles m'ont REDEMANDÉ de dessiner un homme nu, flamberge au vent, dressée comme un i majusCULe, une hampe magistrale, droite dans la tempête. Pas un agace-cul, non, non, un truc que ma pudeur m'interdit de décrire plus avant !

Satisfaire l'appêtit de ces charmantes lubriques, de ces petits anges libidineux, de ces refoulé(e)s de l'extase.

Voilà ma quête (S-F, je te connais, je n'ai pas écrit quèquète), j'ai ressorti mes crayons, pinceaux, l'encre de Chine et l'aquarelle, pour vous faire (peut-être) sourire.

En tout cas je me suis bien amusé à les dessiner tous ces héros !

A tout seigneur, tout honneur : notre cher Saoul-Fifre a émit le désir de voir Corto Maltese, le beau et ténébreux marin Britannique au service de la Royal Navy.

Né de l'imagination de Hugo Pratt qui nous a quitté en 1995, le "coup de patte" du papa de Corto, c'est quelque chose ! Cela paraît simple, le dessin est incisif, quelques touches d'aquarelle ou d'écoline, parfois de beaux "à plats" d'encre de Chine.

Il n'est rien de plus difficile que la simplicité.

J'ai voulu illustrer la rencontre plus qu'improbable entre Corto Maltese (né en 1887) et la belle Charlotte Rampling, dans le superbe film de Liliana Cavani, sorti en 1973, "Night porter".

Dans ce chef-d'oeuvre, Charlotte Rampling est lumineuse, malgré l'atmosphère pesante. L'essentiel se déroule dans un camp de concentration, au cours de la seconde guerre mondiale.

Quant à Dirk Bogarde, qui incarne l'officier Allemand, il est une fois de plus époustouflant, je l'avais déjà admiré dans le film de Joseph Losey, "the servant".

Je ne peux ni ne veux massacrer ces deux personnages, je respecte trop Hugo Pratt et Charlotte Rampling.

Je me suis fait aider par Tant-Bourrin pour vous insérer une jolie musique, qui colle très bien avec l'image. Merci à lui.


Découvrez Marlene Dietrich!

Et l'ami Lorent a récidivé ! Il en veut du schtroumpf fornicateur, de la schtroumpfette racoleuse. Pauvre PEYO du haut de son petit nuage bleu comme schtroumpf timide, il doit être vert de rage, ou alors il se marre bien. Allez, optons pour la seconde hypothèse, peut-être qu'en loucedé il dessinait des partouses monstrueuses avec les schtroumpfs.

Eh bien voilà ! Y'a qu'à demander... Comment on ne voit pas la schtroumpfette ? C'est comme le mouton dans la boîte du père Saint-Ex, on imagine, c'est tellement mieux !

Comme c'est curieux : personne ne m'a parlé d'IZNOGOUD ! ou alors je l'ai sauté (pardon ça m'a échappé), par contre il y a eu de la demande jugez plutôt.

Cassandre : Peter Pan et la fée Clochette ! Les tuniques bleues en sperme (pardon en perme, ça m'a échappé). Je les vois bien, ces solides gaillards, débarquant dans le saloon. Cassandre aussi les imagine bien, la lippe gourmande, l'oeil allumé, la narine frémissante, elle en a de l'imagination ! On verra ça plus tard.

Calune : Le beau Corto, qui déniaiserait Tintin, non mais ? Je suis scandalisé !

Freefounette : je ne sais pas ce qui a pu se passer dans sa jeunesse (il faudrait consulter le docteur Schneider) mais elle y tient à Bill et Caroline, elle en redemande. Promis je m'en occuperai la prochaine fois.

Ophise : originale Ophise : le génie des alpages de ce cher F'murr, tiens tiens... Avec Jehanne du même F'murr ?

Martine : tu te dégonfles m'a-t-elle écrit, après que j'ai dessiné un MEGNON chérubin, elle voulait du sgaï, du sarce, du goupillon, pas un bulot recoquevillé, du concret, du solide, de la barre fixe. Je te pose la question Martine : puis-je dessiner pareilles choses dans ce blog ?

Bof : il a fait le ménage dans ses méninges ! Il est allé réveiller le fantôme du Bengale ! Une B.D vieille comme mes robes (comme disait la bignole de mam'z'elle Angèle).

Le fantôme, créé par Lee Falk en 1936 (il était également le papa de Mandrake le magicien et son ami Lauthar) et dessiné par Ray Moore, je lisais ces histoires dans les "illustrés" des années 40 et 50. Ces "illustrés" s'appelaient Coq-Hardi, Hurrah, Vaillant (il portait en sous-titre : le journal le plus captivant) ! L'intrépide, Coeur vaillant (le journal des curés), Spirou, Tarzan, (ce dernier était au format des journaux de l'époque... Immense), tous ces "illustrés" n'existent plus depuis bien longtemps.

Iznogoud, de Tabary, les scénari (eh oui, c'est le RITAL pluriel) étaient bien entendu de MONSIEUR Goscinny. Quel homme ce René !

Je continue : Gi, elle, ce sont Chapi et Chapo qui l'interpellent comme on dit de nos jours.

CHAPI, CHAPO, qu'est-ce qu'ils cachent sous leurs grands chapeaux (sur l'air de : "Tata Yoyo")

S-F : décidément l'agriculture (bio), ça existe les hormones ! Six ou sept propositions (pas honnêtes du tout) ! En vrac : Corto Maltese, Achille Talon et Carmen Cru, Laureline, et même, je vous le donne en mille,... LE YETI ! Ne cherchez plus, on vient d'identifier Papy Pervers !

Sois exaucé mon bon Saoul-Fifre, sans toi qui, Blogborygmes ne serait qu'un Blog oh combien fade ! (elles brillent assez tes pompes) ?

Alors je livre à tes fantasmes féconds : LAURELINE et VALERIAN, du très bon Jean-Claude Mézières, pour les dessins, et de Christin pour les scénari, Christin, un scénariste formidable il a travaillé avec Enki Bilal, Anne Goetzinger (la demoiselle de la légion d'honneur), Jacques Tardy, Boucq. Et de plus ce Monsieur est professeur à la Sorbonne... Excusez du peu !

Revenons encore une fois sur Cassandre. Mais non, pas comme ça ! C'est juste une expression ! Elle était déjà contente, le sourire, elle a laissé tomber son torchon : la vaisselle ? J'verrai plus tard, une tite sieste crapuleuse par contre....

Les Bidochon, pourquoi pas ? Continue ma bonne Cassandre à me fournir de bonnes idées, merci. Et merci à Binet, pour son couple complètement déjanté.

Un p'tit dernier pour la route : BLUEBERRY, nobody en a jacté ! Et pourtant, Eddy Mitchell a écrit en préface d'un ouvrage de dessins, aquarelles, sépias, encre de Chine... etc, réalisé par Giraud (alias : Gir, Moebius) : "si vous aviez envie de dessiner, et que vous ouvriez un album de Giraud, vous reposeriez tout de suite votre crayon" ! La citation n'est sans doute pas très fidèle, je vous la livre de mémoire.

Là non plus point de scabreux, avec MONSIEUR Giraud... Respect, ça a l'air fastoche, ce trait décontracté, ces coups de plume, un peu de sépia par çi, un peu d'aquarelle par là, ne vous y trompez pas, c 'est extrêmement difficile, comme pour Hugo Pratt, ça n'est jamais gagné, ce sont des Seigneurs !

Ce qui est bien avec BLUEBERRY, c'est qu'il vieillit en même temps que ses lecteurs, il attrape au hasard de ses aventures des cheveux blancs, aux dernières nouvelles, il a le nez cassé !

Enfin espérons qu'il ne finira pas dans un déambulateur, ou sur un cheval à bascule !

En toute modestie, j'ai imaginé la rencontre entre : BLUEBERRY et CHIHUAHUA PEARL.

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Découvrez Ennio Morricone!

Et puis, et puis, je n'ai pas résisté, je vous ai mis une petite musique... Bien à propos. Celle là je l'ai mise tout seul... Bien retenu la leçon.

Concernant les autres B.D, c'est... (A SUIVRE)

mercredi 24 septembre 2008

Tant-BourrinUne grosse tagade

Pris sous le double feu de Cassandre et de Natpointg, je n'avais aucune chance de m'en tirer : me voilà tagué comme un train de banlieue !


Citer la personne qui vous a tagué

Bin, je les ai déjà citées en introduction mais, des fois que certains aient une comprenette diesel, je recommence : c'est Cassandre et Natpointg. Que leur nom devienne symbole de forfaiture pour les mille ans à venir. Et puis que des poils de cul de hyène putride leur poussent sous les narines, histoire de faire bonne mesure. Na !


Choisir un livre et l’ouvrir page 123

Là commencent les problèmes : s'il s'agit de faire partager un coup de coeur, la chose va s'avérer difficile tant il y en a eu depuis la quarantaine d'années que je sais lire (à commencer par "Oui-Oui et la gomme magique"). Les livres qui m'ont beaucoup marqué sont légion et en choisir un seul me paraît impossible. J'ai donc résolu la question en optant pour la facilité : choisir un de mes tout derniers coups de coeur, parmi mes lectures récentes.

Petit souci résiduel : deux livres m'ont vraiment scotché, cet été, dans des styles diamétralement opposé. Mais baste, je ne tranche pas : après tout, j'ai reçu deux fois le même tag, j'ai donc le droit prendre deux livres !


Recopier à la 5ème ligne les 5 lignes suivantes (version Natpointg) ou trouver la cinquième phrase et citer les 3 suivantes (version Cassandre)

J'opte plutôt pour la seconde version qui, d'un strict point de vue technique, permet d'éviter de commencer la citation au beau milieu d'une phrase.

Premier livre :

- Les hommes... dit-elle avec désapprobation.
- Il était assez vieux pour être mon grand-père, dit Sally. En fait, c'était mon grand-père.

Second livre :

La haine est une cruelle marinade : elle donne à la viande une saveur de déchet. En définitive, Matziev, même si le l'ai connu quand il a tourné ordure, valait bien mieux que lui. Au moins, une fois dans sa vie, il n'avait pas fait honte à sa qualité d'homme.


Indiquer le titre du livre, l’auteur, éditeur, année d’édition

Premier livre :

"Wilt 1 (ou comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore)" de Tom Sharpe, 1976
Edition du Sorbier, 1982, pour la traduction française

Second livre :

"Les Âmes grises" de Philippe Claudel - Editions Stock, 2003


Commenter votre choix (ça, c'est moi qui l'ajoute histoire d'éviter que ce pseudo-billet ne soit trop sec)

Tom Sharpe est un pur génie - et je pèse mes mots - de l'humour, hélas trop méconnu en France. En fait, j'ai lu cet été la série entière des Wilt (Wilt 1, Wilt 2, Wilt 3 et... oui, Wilt 4, y'en a un qui suit !) pour finir dans un état de démence rigolarde avancée. Je ne sais pas si ce genre de chose vous est déjà arrivée : lire un bouquin et commencer à pouffer tout seul, de plus en plus fort, reprendre la lecture, repouffer, en pleurer, s'essuyer les yeux, reprendre la lecture, exploser de rire, en repleurer, etc. Rarissime en ce qui me concerne, mais Tom Sharpe l'a fait ! Et si vous ne trouvez pas ces titres-là, vous pouvez prendre n'importe quel Sharpe de confiance : j'en ai déjà lu un certain nombre, on est rarement - pour ne pas dire jamais - déçu ! :~)

Rien de mieux pour calmer un fou rire que d'enchaîner sur le livre de Philippe Claudel. Bon, là, je vais pas vous en faire des tonnes, vu que le succès a été au rendez-vous, avec un prix Renaudot 2003 à la clé. Je confirmerai juste que c'est un livre énorme par son épaisseur, non pas centimétrique mais humaine : un somptueux voyage dans les tréfonds de l'âme, dont je suis sorti avec comme une grosse boule d'émotion coincée au fond du gosier. Et le tout avec beaucoup de style dans l'écriture. A lire...


Taguer 4 personnes dont vous souhaitez connaître les lectures et les avertir

Je ne vais bien évidemment imposer à personne en particulier cette vilenie, ou alors à tous les lecteurs de Blogbo dans leur ensemble. Bref, y participe qui veut. Et je pressens déjà que le Souf', cossard comme il est, va se jeter sur l'occasion !


Conclusion ?

Finalement, je m'aperçois que Cassandre et Natpointg m'ont permis de fabriquer un faux billet sans risque et à peu de frais alors que j'étais complètement à court d'idées et de temps.

C'est ballot, ça, je n'aurais pas dû les maudire pour mille ans ! :~)

lundi 22 septembre 2008

Saoul-FifreComptines pour adultes (13)

D'habitude, c'est Tant-Bourrin qui s'y colle. Nul rôle pré-défini entre nous là dessous, ce doit être chez lui une préférence pour ce genre de sujet scabreux et nauséabond, bien que je ne crache pas sur une petite cacaterie de temps en temps. Mais la preuve par le texte est là, notre TB national a souvent trouvé "matière" à inspiration dans ses plus basses œuvres. Si vous n'êtes pas bégueules, vous pouvez vous replonger dans ses productions les moins ragoûtantes ici ou , dans ses appétissants produits dérivés beurk et wrouar ou ses chansons merdiques !

Pour ma part, désirant amener une certaine atmosphère de solidarité en ce blog, et sentant dans ce sujet un air d'actualité grâce à la délicate Christine Angot nous racontant par le menu dans son dernier incunable comment son gynécologue préféré spécule à lui introduire son spéculum perso dans le fondement de son culte, je me suis lancé dans cette aventure moderne, d'autant qu'il y avait longtemps que je ne vous avais point moulé une petite "Comptine pour adultes"

Voici donc, sur un rythme staccato, une Marche des rois un peu scacato sur les bords et même au centre.

De bon matin
J'ai pris ton arrière-train
Devant l'express de six heures trente qua-atre
De bon matin
J'ai pris ton arrière-train
Quelle cohue au guichet sous tes reins !

Venait d'abord
Ce qui tient au corps
Des mets bien gras sous une sauce brunâ-âtre
Venait d'abord
Ce qui tient au corps
Dans ce tunnel, voulant sortir dehors !

Puis dare-dare
Tartar' des plus bizarres
Venaient les plats de la veille en mélan-ange
Puis dare-dare
Tartar' des plus bizarres
De la purée formant un gros cigare !

Mais, droit devant
Vient un mécréant
Qui prend ses aises, occupe toute la pla-ace
Mais, droit devant
Vient un mécréant
Jouant les empêcheurs de chier gaiement !

Chacun restant
Ferme dans son élan
La catastrophe était inévita-able
Chacun restant
Ferme dans son élan
L'explosion fit un bruit assourdissant !

Comme un typhon
Du sol au plafond
Tout se couvrit de merde avec enthousia-asme
Comme un typhon
Du sol au plafond
Tout fut crépi d'un bel enduit marron !

samedi 20 septembre 2008

AndiamoLe ventre de Paris

Ça n'est pas celui de Zola, ni celui de Carco. Paris, mon Paris que j'aimais, c'était plutôt celui de René Fallet, avec son petit monde de travailleurs, de petits commerces, des bistrots de quartier, avant qu'ils ne deviennent typiques, branchouilles ou bling-bling !

Les halles... Ce quartier, de Beaubourg à St Eustache, la rue St Denis, la rue de le grande truanderie, ou la rue Rambuteau, s'est vidé de son âme.

Bien sûr, des halles au coeur de Pantruche, ça n'était plus possible : chaque nuit, c'était un foutoir indescriptible ! Toutefois, avec le déménagement à Rungis, certains (même beaucoup) y ont trouvé leur compte.

Et puis, il faut bien que le monde avance : avanti o popolo alla riscossa... Andiamo !

Pourtant je l'aimais bien ce quartier quand, vers les deux ou trois heures du matin, on se retrouvait avec une bande de copains, qui sur une Vespa, ou une moto, après une nuit passée à gambiller au "Tourbillon" ou au "P'tit jardin", ou encore au "Royal lieu" sur le boulevard des Italiens, à côté du journal "le Monde" (aujourd'hui, il a déménagé, il est vrai que le monde déménage beaucoup en ce moment !).

Ce "dancing" accueillait des rombières en quête de fraîcheur, ne vous marrez pas ! A cette époque je n'avais pas dépassé la date limite de consommation ! Et puis quand tu as vingt berges... Hein ?

Alors nous débarquions dans un rade. Tout autour, ça n'était que diables poussés à grande vitesse, par des commis en blouses bleues, des chariots élévateurs, portant des piles de cageots impressionnantes, ça tanguait, tressautait, balançait dangereusement, miraculeusement ça ne tombait pas ! Saint Eustache veillait !

Tout ce monde s'interpellait, s'engueulait, s'insultait, se promettant la raclée du siècle... Paroles, paroles.

Des louchébèmes, tabliers maculés de sang, du résinet sur les pompes, petit calot qui avait dû être blanc rejeté en arrière du crâne, rentraient dans le troquet, commandaient des "blanc-secs", chacun sa tournée, le pif sans modération, les clopes sans bouts filtres, la monte ? A cru !

Bien sûr, aujourd'hui, ça n'est plus possible, les risques ne sont plus les mêmes, c'est une évidence.

Et puis, dans ce quartier, les chnecks qui tapinaient entre deux piles de cageots : "elle est là Dany" ? Oui mon p'tit gars répondait l'échassière en cuissardes, mais à c't'heure, elle est "sous presse" !

Les putes, tu sais, quand tu as dix-neuf ans, des outils en état de marche, un coup dans le porte-pipe, t'es pas regardant.

Comment c'est dégueulasse ? Alors il ya deux sortes de mecs : les timides qui n'ont jamais osé aborder une pute, et les menteurs !

Je ne suis pas spécialement timide, et puis je ne mens pas pour des conneries.

L'été dans ces rues, ça sentait les légumes frais, les fruits mûrs, des montagnes de melons au parfum entêtant attendaient les acheteurs. Des ôdeurs... la campagne à Paris, tu glissais sur les fanes de poireaux ou des feuilles de laitue, taches vertes sur le pavé. Avant soixante-huit, les rues de ce quartier étaient pavées, en Mai de cette même année on les a offerts au C.R.S, un peu brutalement il est vrai !

Alors on a goudronné : sur les pavés... le pétrole !

Dans les rades à cette heure avancée (ou matinale), ça grouillait de monde, curieux mélange des travailleurs de la nuit en pleine effervescence, et des noceurs un peu émêchés pour la plupart !

Il cohabitait bien ce petit monde, et puis le noceur du moment serait le bosseur du matin, mais dans quel état !

Je travaillais à l'époque dans une petite boîte de Bagnolet, et quand mon chef me voyait arriver le matin avec une tronche de "noceurenmanquedesommeil", compréhensif, il m'accueillait avec un grand sourire, et me refilait des boulots tranquilles, pas fatiguants, peinards... Charge à moi de lui raconter mes "fiestas" ! Ah le brave homme !

Quand on débarquait en pleine nuit après une soirée de guinche, on avait un p'tit creux, on s'attablait et nous commandions une "gratinée", la soupe à l'oignon, servie fumante, une belle couche de fromage fondu et des tranchettes de pain grillé, quand tu as la dalle, HUUM un délice ! Un p'tit coup de muscadet sur lie pour faire descendre le fromage et... remettez-nous ça, la patronne !

Souvent un petit orchestre accompagnait la soirée, deux ou trois musicaux pas plus : un accordéon, un batteur, parfois une guitare ou un "râcleux" pas plus.

Alors on "tangotait", on risquait une petite valse, si la tête ne tournait pas trop, entre les tables, peu de place, avec nos copines ou les nanas de la table d'à côté, c'était bon enfant, on lichtronnait un peu, sans être torchonnés !

Puis on rentrait, reprenant la moto, l'air frais nous tenait éveillé, on ne soufflait pas dans le ballon, on ne soufflait que dans les langues de belle-mères !

Avec le recul, je me dis que c'était bien "craignos" mais, fin des années cinquante, c'était comme ça ! Honnit soit qui mal y pense.

Evidemment, je vois mal de nos jours des halles au coeur de Paris, on a remplacé le boulot par la plage, les "gens de peu" (si, si, j'ai déjà entendu des nases employer cette expression !) qui vivaient dans ces quartiers, ô combien vivants, expulsés par la montée du prix des loyers, remplacés par des "bobos" qui pensent encore ces cons, habiter des quartiers "Apaches".

Les Apaches ont quitté Manhattan et les halles il y a bien longtemps, et l'odeur de la soupe à l'oseille a remplacé celle de la soupe à l'oignon.

dessin : Andiamo

jeudi 18 septembre 2008

Tant-BourrinTu finiras sur l'échafaud !

"Petit voyou ! Tu finiras sur l'échafaud !"

Eusèbe a six ans. Bien caché sous la paille dans la vieille fenière de bois, il pouffe en écoutant les invectives rageuses de son grand-père, qui vient de surgir, sa blague à tabac à la main, de la vieille ferme en torchis.

Eusèbe sait très bien pourquoi le papet vocifère ainsi : il vient de trouver une souris crevée au milieu de son précieux tabac. Et s'il accuse Eusèbe de cette forfaiture, c'est certes sans preuve, mais non sans raison : son vaurien de petit-fils est coutumier de ce genre de mauvaises plaisanteries, à croire qu'il a du sang de Malin qui lui court dans les veines...


"Espèce de cochon et de voleur ! Tu finiras sur l'échafaud !"

Eusèbe a onze ans. Bien caché dans les buis et les fougères, il glousse en écoutant les hurlements de Radegonde. Il ne fait pas qu'écouter d'ailleurs : son oeil se délecte avec lubricité des formes généreuses de celle-ci qui, nue sur la rive du cours d'eau dans lequel elle se baignait, cherche désespérément ses frusques.

Ses frusques disparues pour tout le monde, mais pas pour Eusèbe qui sait très bien où elles sont. Radegonde a juste entrevue une silhouette, mais elle n'a pas à chercher loin pour savoir qu'il ne peut s'agir que de ce fourbe d'Eusèbe : il n'y a que lui au village pour jouer ainsi des tours aussi pendables. Et il n'a que onze ans ! En voilà un qui promet !


"Sale petit voleur ! Tu finiras sur l'échafaud !"

Eusèbe a quinze ans. Bien caché dans un recoin au fond d'une petite sente, Eusèbe ricane en reprenant son souffle. Il sort la poularde de sa chemise. La poularde qu'il vient de dérober sur l'étal d'un marchand, là-bas, sur la place où se tient la foire du village.

Le marchand en question, un gratte-glaise du coin, a juste eu le temps d'apercevoir un quidam, de dos, qui s'enfuyait à toutes jambes. Il est convaincu qu'il s'agissait de ce mauvais jean-foutre d'Eusèbe, mais qu'y faire ? Ce gredin est coutumier du fait mais parvient à ne jamais être pris la main dans le sac. Que le diable l'emporte !


"Espèce de malfrat ! Tu finiras sur l'échafaud !"

Eusèbe a dix-neuf ans. Bien caché dans une arrière-salle d'une taverne mal-famée, il se fend d'une risée en comptant son butin, une bourse qu'il vient de dérober à un croquant à l'autre bout de la grand' ville.

La grand' ville où il est finalement venu s'installer : il était trop connu au village et il ne pouvait plus aisément y laisser libre cours à ses méchants instincts. Ici, au moins, il a le loisir de détrousser qui bon lui semble sans crainte d'être reconnu. Sa victime peut bien hurler au maraud tout son soûl, Eusèbe ne risque rien, à lui la grand vie ! Tavernier, une autre piche de vin !


"Assassin ! Tu finiras sur l'échaf...aaaaah !"

Eusèbe a vingt-trois ans. Bien caché dans la chambre pouilleuse qu'il loue depuis quelques mois, il a un sourire crispé en repensant à la face du père Lacroutz, toute pâle au spectacle de l'eustache bien affûté qu'Eusèbe lui avait brandi sous le nez. Quel mauvais hasard, quand même ! Venir s'installer à la grand' ville pour détrousser les bourgeois en toute quiétude, et tomber sur un pays de passage.

Eusèbe n'avait eu d'autre choix que celui de lui planter son couteau dans la poitrine pour le faire taire à jamais. Bah, il fallait bien que ça arrive un jour.


"A mort ! A mort, l'assassin ! A mort !"

Eusèbe à vingt-six ans. Au regard de tous, debout sur l'échafaud, il contemple la foule grouillante alentours qui éructe sa haine. Et il se souvient, il se souvient de toutes ces invectives qui, depuis sa prime enfance, le vouaient à l'échafaud.

La potence. La corde. Les pieds qui ne touchent plus le sol. L'air qui manque. Et puis plus rien. C'est fini. La foule rugit de plaisir.

Le bourreau range son matériel et repart vers sa demeure. Il enleve sa cagoule en route, à l'abri des regards dans une petite sente, et s'éponge le front.

Trois mois qu'il officie ainsi en tant que bourreau. Oubliés, tous les mauvais coups, heureusement impunis, qu'il avait commis dans ses jeunes années, jusqu'au meurtre du père Lacroutz qui l'avait amené à réfléchir sur ses actes et à s'amender.

Bien caché derrière les murs de sa chambre, Eusèbe sourit. Tous ceux qui l'avaient voué à l'échafaud avaient finalement eu raison : il y avait en effet fini.

Mais du bon côté de la corde.

mardi 16 septembre 2008

Saoul-FifrePortable

Étant de l'époque où l'adjectif "portable" avait pour unique signification "qui peut ou doit être porté", l'excitation grandissante de ma jeune garde au cours du repas de ce soir ne m'a pas ému outre mesure.

Eux ne l'entendaient pas de la même oreille. La plus grosse catastrophe à l'Est du Rio Bravo venait de s'abattre sur la maisonnée : plus un seul "portable", comme ils disent, opérationnel. Le câble du chargeur de l'un, mordu par le Tcha, déchiqueté, la carte Sim de l'autre, out, et la batterie du 3ième qui a coulé.

La température du repas a considérablement augmenté. Je commence à prendre conscience de l'importance pour eux de ce "transbahutable". Ils n'hésitent pas à m'agonir de questions techniques indiscrètes.

C'est vrai, je fais amende honorable, il y a quelques années j'ai acquis un de ces engins qui nous évitait de partir à la recherche de cabines téléphoniques - de plus en plus rares, d'ailleurs - quand nous étions en congés. Le reste de l'année, il traînait dans un tiroir et nous n'avons jamais communiqué son numéro à personne sauf à qui devait nous rejoindre sur nos lieux de vacances. Le prix de l'abonnement était ridicule, sans forfait de communications à consommer obligatoirement chaque mois et nous ne le rechargions qu'avant de partir.

Mais Papa, depuis que tu es client, tu dois avoir plein de points ? Me dirent-ils, l'œil plein de convoitise.

Ben, sûrement pas, on les intéresse pas, on reçoit pas de pubs sur la messagerie, je n'ai jamais activé mon compte sur Internet, on n'existe pas pour eux, je vous dis !

Mais si, tu dois avoir des tas de points, depuis le temps. Ils donnent des téléphones gratuits, des cadeaux !

Mais laissez-moi rire doucement, je vous parie que non, je les connais ces margoulins, ya toujours une condition cachée et là, c'est qu'il fallait s'inscrire ou un truc de ce style. Vous voulez parier ?

Zoé, toujours primesautière au delà du raisonnable, et bien motivée à l'idée d'avoir un portable "dernier sorti", me sort : Parier ? Moi je veux bien parier ! Tu me payes un cheval si je gagne !

Mais tu en as déjà un de cheval !?

J'arrive à rien avec lui, je veux un vrai cheval ! Et la voilà qui file sur le site, elle crée un compte avec un peu de difficulté, ils lui renvoient un mot de passe par SMS (entre temps, elle a trouvé une vieille carte SIM sortie on ne sait d'où), elle active le compte et bling badablang le bandit manchot lui crache ses gains : 3270 points !!

Bon ben je vois venir gros comme une maison le gag que je vais être obligé de me fendre d'un cheval-porte-clefs, ça fait pas un pli, ni deux, ni trois !

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