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mardi 13 mars 2007

Saoul-FifreComptines pour adultes (9)

Manou fait des promesses inconsidérées . Bon, il est exact que personne ne sait précisément si Epictete a répondu à Calune et que ce point de doctrine mériterait une analyse plus poussée ou un témoignage digne de foi. Mais au cas où Manou déciderait de se lancer dans la chanson martiale et de nous filer des frissons partout à coups de grosse caisse et de clairons, j'ai décidé (ma bonne âme me perdra) de lui venir en aide et d'au moins lui éviter l'infamie de prononcer des paroles guerrières.

Comme chantait Barbara dans À mourir pour mourir :

Il est d'autres combats
Que le feu des mitrailles
On ne se blesse pas
Qu'à vos champs de bataille
Qu'à vos champs de bataille

ou bien

Et vivre passionnément
Et ne se battre seulement
Qu'avec les feux de la tendresse...

dans Perlimpinpin

Voici donc une "Marseillaise" plus conforme à son climat d'origine, plus chaude, plus brûlante...

Allons au fond de la matri-ice
Y jouir et puis récidiver...
Contre ta motte, entre tes cuisses
Son grand dard, son gland s'est levé
Son grand da-ard, son gland s'est levé...
Enfoncez-vous dans vos compagnes
Rugissez, Eros est fada
Qu'il vienne juter dans vos doigts
Ou gorger vos fesses de frangipane...

Vos charmes si païens !
Pâmés, nous défaillons...
Tronchons, tronchons !
Que le sang afflue
À nos joues vermillon !

Les autres comptines pour adultes sont ici là-bas là aussi ici itou tout là-bas même là et clique aussi là-dessus

lundi 12 mars 2007

ManouContre le jeu video ou tout contre ?





"De nombreuses études ont montré que la pratique du jeu video développait diverses compétences. D'abord la capacité traiter l'information en parallèle: pouvoir manier plusieurs données à la fois en les contrôlant, et savoir gérer des systèmes d'interruption de tâches (arrêter un processus en cours pour prendre en compte l'urgence, puis revenir à la tâches précédente en la reprenant au bon endroit). Les jeux video améliorent également la gestion de l'inattendu: évaluer une situation et prendre la bonne décision. Ils développent l'art de trouver des données que l'on n'attend pas et de les exploiter. Le sens de l'à-propos, en un mot. Enfin, ils accroissent les capacités d'anticipation. En résumé, ces jeux développent l'adaptabilité à des situations très différentes. Une qualité requise dans le monde du travail actuel. Tout se passe comme si les jeunes sentaient que derrière leur pratique ludique se cache un enjeu plus fondamental de mise en cohérence avec le monde d'aujourd'hui."

Jacques Perriault interrogé par Pascale Krémer (Le monde 2 - N° 141)

dimanche 11 mars 2007

Tant-BourrinLe sursis

Pourquoi avait-elle donc participé à ce concours stupide ? Calune avait beau fouiller et refouiller sa mémoire, elle ne pouvait s'en souvenir. Ou plutôt, si : elle se souvenait d'une folle impulsion, stimulée par son goût du jeu, qui lui avait fait franchir le pas, malgré la perspective d'un funeste premier prix.

Et elle avait gagné.

Et voilà qu'elle tremblait. Car se retrouver propulsée au rang d'héroïne d'une nouvelle de Tant-Bourrin n'était pas une sinécure, loin de là. Elle avait lu les derniers cits de ce sombre individu, et elle avait vite compris qu'il ne faisait pas bon en être le personnage principal : tous ses héros mourraient immanquablement à la fin des nouvelles.

Et comme une idiote, elle s'était creusé la cervelle deux jours durant pour gagner le concours et, par la même occasion, la place du mort. Elle maudissait sa terrible inconséquence, maintenant que la nouvelle était commencée. Mais l'heure n'était plus aux regrets, elle était à l'effroi, l'effroi d'une fin terrible programmée, l'effroi d'un rouleau compresseur livré à lui-même qui écrasait tout sur son passage, l'effroi de sentir qu'il lui restait peu de temps à vivre.

Elle avait bien essayé d'infléchir la détermination bornée de l'auteur - de son auteur, maintenant qu'elle avait rejoint le rang de ses personnages de fiction - en lui envoyant un courrier électronique. Pour lui dire qu'elle préférait renoncer à son prix. Pour le supplier de lui laisser la vie sauve. Pour l'émouvoir en faisant valoir son statut de mère de famille. Mais rien n'avait pu infléchir la détermination bornée de celui-ci : la nouvelle était désormais commencée et Calune se retrouvait tristement engluée dedans.

Ses tripes étaient nouée. Elle avait préféré ne pas sortir de chez elle en se faisant porter pâle auprès de son employeur. Barricadée, verrouillée et double-verrouillée chez elle, terrée au fond de son lit, immobile. Ne rien faire, ne pas bouger, il ne pourrait peut-être rien lui arriver ainsi... Mais ce fou de Tant-Bourrin était capable de faire tomber une météorite sur la maison. Ses yeux s'emperlaient de larmes d'angoisse.

Elle regarda vers le bas du billet en cours. Elle discerna que la fin approchait, il ne restait que deux paragraphes après celui-ci. Comme dans un cliché de roman de seconde zone, elle revoyait sa vie qui repassait devant ses yeux. Faire durer les phrases, faire durer les paragraphes. Mais celui-ci se terminait déjà.

Et l'avant-dernier paragraphe commençait. Elle n'osait plus respirer : c'était souvent vers ce niveau du récit que l'irréparable arrivait pour les héros de Tant-Bourrin. Dans le silence assourdissant qui l'encoconnait, le battement de son coeur résonnait comme un solo de batterie. Crescendo.

Le dernier paragraphe. Elle regarda vers le bas du billet. Plus que quelques phrases. Il lui sembla même distinguer le mot "survécu" dans la dernière phrase. Elle n'osait pas y croire et pourtant, cela semblait bel et bien vrai : la nouvelle de Tant-Bourrin se terminait et rien de funeste ne lui était arrivé. Peut-être s'était-il finalement laissé attendrir ? Oui, sûrement, car cette fois, cela se confirmait, il ne restait plus que quelques mots à venir. Elle soupira d'aise et sourit radieusement : elle avait survécu à une nouvelle de Tant-Bourrin !

samedi 10 mars 2007

Saoul-FifreDemande à la poussière

C'est la 1ère fois qu'Eliane vient à la maison. Ma fille l'a rencontrée chez une amie, a sympathisé et l'a invitée pour le week-end. Une jeune fille bien polie, cette Eliane, quoiqu'un peu timide. Son père nous l'a emmenée, a un peu tiqué sur nos voitures pouraves, sur le merdier hétéroclite entassé devant la maison et sur ma tronche d'évadé de l'asile, un peu comme Pascal , mais en plus bedonnant et hirsute. Il est reparti en lançant à sa fille un sibyllin "Tu me téléphones dès que tu veux rentrer". Et elle est restée là, silencieuse, les bras croisés sur son sac, sur le pas de la porte.

Je lui dis : "Zoé est chez sa grand-mère, à côté, je vais lui téléphoner et lui dire que tu es arrivée. Je savais que Zoé attendait des amies, mais toi tu n'es jamais venue ici, je me trompe ?"

- "Non". Elle regarde autour d'elle, un peu terrorisée par les piles de revues en déséquilibre, tous les bibelots, les trucs, les outils, les alignements de livres, de statues, de bouteilles, de vêtements, de tableaux, toute notre frénésie, nos tentatives de cacher notre peur du vide... et par notre chienne Caillera qui lui renifle le cul.

Zoé arrive enfin , lui fait la bise et se dirige vers l'escalier, pour monter dans sa chambre.

Eliane ne bouge pas, et demande d'une petite voix : "Est-ce que je dois enlever mes chaussures ?"

Et mon second fils, qui est en train de goûter sur la table du coin cuisine, c'est à dire de se barbouiller la gueule de chocolat chaud à l'aide d'une tartine de pain, et qui n'avait rien dit jusque là, lui lance :

- "Putain, t'as peur de rien, toi ! T'as pas vu comment c'est crade par terre, chez nous ?

vendredi 9 mars 2007

ManouLe poulet basquaise est à la Tarentaises ce que tes yeux de braise.

Point barre.



Remettons un peu d’ordre dans la recette du poulet basquaise si souvent galvaudée. En fait, c’est réellement d’une simplicité obscène, il suffit de remplacer :

1 poulet par 1 policier des plaines,
1 kg de tomates par 1 kg de tomates,
Des poivrons taillés en lanière par des menottes taillées en pointe,
De l’ail par une pastille d’eau de Javel,
Des oignons émincés par de jeunes athlètes ambidextres,
1 verre de vin blanc par 1 bouteille de cocktail molotov 0%,
1 bouquet garni par 1 paire de menottes (Tiens, ça fait deux paires de menottes),
4 cuillères à soupe d’huile d’olive par 1 plumeau à poussière,
1 cocotte par 1 éolienne.

Dans un suprême élan de créativité, vous pouvez ensuite remplacer :

Le policier des plaines par une horde échevelée des coyotes à foie jaune,
Le kg de tomates par 1 kg de tomates (incontournable),
Les menottes taillées en pointe par un ficus millénaire,
La pastille d’eau de Javel par 10 gélules de décontractant,
Les athlètes ambidextres par une ronde de desserts,
La bouteille de cocktail molotov par du glutamate liquide,
La deuxième paire de menottes par deux magnifiques jeunes femmes touaregs imberbes,
Le plumeau à poussière par une séance de massage shiatsu,
L’éolienne par une poussette pour jumeaux.

Voilà, le tour est joué.

Je vous épargne le rappel de la préparation que tout le monde connaît.

Suggestion :

- Il est recommandé d’utiliser uniquement des policiers élevés en libre parcours.

jeudi 8 mars 2007

Tant-BourrinMa décision est prise

Vous êtes sûrement déjà parfaitement au courant si vous avez lu la presse ou regardé les journaux télévisés ces derniers jours, on n'y parle que de ça : après une longue hésitation, j'ai finalement rendu publique ma décision ce week-end.

Dans le cas très improbable où vous n'en sauriez encore rien, je vous laisse la découvrir en vous proposant un enregistrement sonore de mon discours, ce dimanche, au Palais des Congrès de Bourrinville.


Si vous n'arrivez pas à écouter le fichier audio,
vous pouvez le télécharger ici

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mercredi 7 mars 2007

EpicteteRéflexion du 7 mars

Tombe de Roger COUDERC 12 Juillet 1918 – 25 Février 1984 MAUVEZIN

La tranquillité est un état de la compréhension, et devenir est contraire à cette compréhension. Devenir fait naître le sentiment du temps, et ce sentiment ne peut que retarder la compréhension. Le « je serai » est une illusion causée par l’importance que s’attribue le moi.

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