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jeudi 22 février 2007

Tant-BourrinUne petite mélodie

Brian Rutton était le plus grand architecte du monde, le plus innovant, le plus audacieux. C'était, tout du moins, son propre avis. Hélas pour lui, celui de ses contemporains était légèrement différent : d'aucuns ne voyaient en lui qu'un tâcheron de seconde zone, les autres ignoraient tout simplement son existence, engoncé qu'il était dans un anonymat qui lui collait à la peau.

Et pourtant Brian ne rêvait, depuis toujours, que de célébrité. Les psychanalystes de bazar auraient pu dire de lui qu'il cherchait à compenser en permanence sa petite taille - un mètre soixante-deux sous la toise - par une débauche d'énergie entièrement vouée à faire de lui le meilleur dans la voie qu'il s'était fixée. Et cette voie était celle de l'architecture.

Durant les premières années de sa vie professionnelle, malgré ses efforts, tous ses projets innovants étaient restés dans ses cartons, faute d'un écho favorable du côté des décideurs et il avait dû subsister en faisant du tout-venant, en dessinant des cubes de béton comme il en fleurissait déjà des millions à travers le monde.

"Un concept, juste un bon concept, voilà se qu'il me faut", se répétait-il sans fin dans une amère litanie. Mais, hélas pour lui, il avait beau imaginer des bâtiments hélicoïdaux, trapézoïdaux ou patatoïdaux, il avait beau recourir à tous les matériaux, béton, verre, bois, rien n'y faisait. Et comme rien dans sa vie privée ne venait compenser ses échecs professionnels, Brian Rutton, au fil des ans, s'aigrissait.

Et puis il y eut le jour de l'idée. L'idée de sa vie. Comment celle-ci lui était-elle venue à l'esprit ? Brian n'aurait su le dire. Toujours était-il que l'époque était de plus en plus aux préoccupations environnementales, que les articles de journaux et les émissions télévisées se multipliaient sur la problématique de la sauvegarde de la planète, des économies d'énergie et du recyclage. C'est dans ce contexte particulier que la lueur avait jailli un matin dans son esprit.

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mercredi 21 février 2007

Saoul-FifreMettre Ophise à l'amande

Et elle le mérite ! Non vraiment : planter ses arbres fruitiers au printemps , quelle hérésie ! Et puis les arguments invoqués (beaucoup d'herbe, creuser un trou de 1 m x 1 m...), je ne vois même pas de quoi elle veut parler ?

Non, pour planter un arbre, c'est simple, mais il faut le faire comme il faut. Ce n'est pas pour faire joli qu'on plante un arbre en hiver ? C'est tout simplement qu'il est en repos végétatif, en dormance, et qu'on peut lui faire subir des trucs (la taille, la transplantation...) qu'il serait un peu catastrophique de lui appliquer en pleine activité. Cette règle de base n'est donc pas à transgresser.

Il n'est pas non plus absolument nécessaire de creuser un gros trou. Si la terre est bonne, meuble, l'arbre arrivera très bien à descendre ses racines, surtout s'il est bien arrosé. Si elle est dure, quelques coups de barre à mine, tout en faisant levier, feront très bien l'affaire. L'important est plutôt de choisir un arbre jeune, vigoureux, qui développera une racine-pivot courageuse, et qui fera le travail à votre place. Ne pas oublier l'engrais de fond PK (il y en a du bio) ou du fumier, ou du compost en quantité. Sans nourriture, votre arbre ne fera rien.

Ophise veut un amandier . Son jardin est "légèrement au dessous de la Loire", ce qui me laisse un peu sceptique, mais elle a trouvé une variété donnée comme adaptée , et donc, pourquoi pas ? Je constate avec plaisir que son fournisseur lui propose 2 formes d'arbres, mais toutes 2 en RACINES NUES. Il n'est pas question de planter des racines nues au printemps !! Que ce soit bien clair q:^) ! On peut à la limite accepter de planter des arbres en pot, mais ils sont bien plus onéreux et sans grand intérêt : la plupart du temps, on fait l'erreur d'acheter de grands arbres "pour gagner du temps". En fait, ils végètent et sont toujours rattrapés par des scions d'1 an bien plus vigoureux.

Ophise s'inquiète de la date de Février donnée comme date de floraison. Ce n'est pas vraiment dangereux pour l'arbre. S'il gèle, elle n'aura pas de récoltes, c'est tout, mais ça m'arrive en Provence aussi, de temps en temps. Le choix d'une variété auto-fertile est bien sûr judicieux, surtout si l'on n'en veut qu'un. L'amandier est vraiment un arbre simple à mener. Il fructifie sur bois de 1 à 5 ans et ne nécessite donc une taille (un élagage, plutôt) que tous les 4/5 ans. En Provence, il est assez rustique questions maladies. Le seul problème sérieux que nous ayons est un hyménoptère qui pond ses œufs dans l'amande qui se retrouve vérolée que c'est une pitié de voir ça. Mais à moins que ces saloperies prennent le train sans payer, vous n'en avez pas encore chez vous ?

Écoute, Ophise, tiens-nous au courant, et si tu veux des précisions, n'hésite pas à m'écrire

mardi 20 février 2007

ManouMémoires de porc-épic (Alain MABANCKOU)



Outre que Byapel n'est pas gros (il m'a expressément demandé de le préciser dans un billet), il possède une qualité essentielle : la générosité. J'ai dans les mains ce livre qu'il m'a offert dont je vous sers un extrait.

"Il y a quelques heures à peine, je veux dire aux premières lueurs de l'aube de ce dimanche où je te parle, j'ai secoué la poussière qui recouvrait mon ventre et mon derrière, je n'avais pas perçu tout de suite pourquoi aucun villageois n'était passé près de ces deux grosses pierres où je m'étais retiré toute la nuit, j'ai compris par la suite que ce jour est un jour de repos, autrement j'aurais vu les chasseurs, les tireurs de vin de palme et autres paysans qui vont aux champs dès l'apparition de l'aurore, et donc, avant de quitter les deux pierres, je progressais de guingois, je ne sais pas comment j'ai débouché devant cette rivière pour une fois désertée par les canards sauvages et les autres animaux, je voulais la franchir à un endroit où l'eau était moins profonde, j'ai préféré l'éviter de peur de me noyer, et c'est en cherchant à la contourner que je suis parvenu jusqu'à toi, voilà pourquoi depuis ce matin, mon cher Baobab, je suis assis à ton pied, je te parle, je te parle encore même si je suis certain que tu ne répondras pas, or la parole, me semble-t-il, délivre de la peur de la mort, et si elle pouvait aussi m'aider à la repousser, à lui échapper, je serais alors le porc-épic le plus heureux du monde".

Merci Byby.

lundi 19 février 2007

Tant-BourrinForum 1926

Je suis tombé l'autre jour sur un vieux magazine des années 20, le numéro 233 du 25 novembre 1926 de ''Madame''. Je le gardais précieusement par-devers moi en prévision d'un éventuel manque d'inspiration ou de temps pour faire un billet : un petit scan d'une ou deux pages, un commentaire du genre "regardez comme tout ceci est délicieusement désuet", et le tour serait joué, me disais-je.



Mais en parcourant les pages jaunies, je suis tombé sur une rubrique intitulée ''De l'une à l'autre''. Et j'en suis resté saisi par l'incroyable modernité qui s'en dégageait.

Le principe de cette rubrique était celui d'échanges entre lecteurs, via le courrier. Les lecteurs écrivaient en choisissant un pseudo et en précisant éventuellement à quel message précédent ils répondaient (chaque intervention était affectée d'un numéro). Il en résulte l'impression étrange, bien des décennies avant l'explosion d'internet,... d'un forum informatique !

Oui, un forum. Stylé, certes - point de MDR et autres LOL ici -, mais un forum tout de même, avec ses débats, ses conseils, ses amitiés... Ces gens-là étaient des précurseurs de génie sans le savoir.

Pour vous en faire profiter, j'ai retranscrit une partie des quatre pages d'échanges ci-dessous. Hélas, ici, point d'historique des débats : on a des réponses à des messages publiés dans des numéros précédents de la revue et dont on ignore la teneur, ce qui donne parfois un caractère abscons à celles-ci. Mais, mystérieusement, alors qu'initialement je pensais dégager un effet humoristique de tout cela, je me suis peu à peu senti gagné par l'émotion en découvrant ces tranches de vie étalées, cette humanité, ces doutes, ces manières surannées, ces auteurs aujourd'hui tous dans la tombe. Et même les messages futiles, les publicités cachées, n'arrivent pas à effacer totalement cette sensation.

Je vous laisse apprécier...

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dimanche 18 février 2007

EpicteteRéflexion du 18 Février

Aucun fait nouveau ne peut être vu par la pensée. Il peut éventuellement être compris par elle, verbalement, à une date ultérieure, mais la perception d’un fait nouveau n’est pas une réalité pour elle. Elle ne peut résoudre aucun problème psychologique. Lorsque j’entends une chose telle que « la pensée est toujours vieille », ma pensée commence à traduire et à interpréter. Cette traduction et cette interprétation sont basées sur les expériences d’hier, de sorte qu’invariablement je traduis selon mon conditionnement. Le croyant et l’incroyant sont à ranger dans la même catégorie, ils débutent tous les deux par une conclusion et raisonnent à partir d’expériences qui proviennent de leur conditionnement.

samedi 17 février 2007

Saoul-FifreObsédé du sec

La pluie fait des claquettes, paraît-il, je le sais par ouï-dire, mais pas chez nous, ou alors quand je suis pas là, ou bien je dors, mais ici l'eau, c'est un peu comme la neige ou la mer : il y a des zigues qui n'en ont jamais vu.

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vendredi 16 février 2007

ManouFugue étudiée (2)




Casser le rythme

Marcher
Prendre un verre
Ou le train pour la mer

Pieds nus

S’arrêter
Passer l’heure

Le lit
Une orgie de sommeil
Ton corps
Mes mains contre tes hanches
Le mouvement des branches
S’ouvrir

Sortir
Sentir le vent
La rue
Les bruits

Ecouter

Les nuits
Et tous les autres jours

Prendre le temps de faire

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